Tataouine – Djerba

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

Marabout vu en quittant Douiret
Marabout vu en quittant Douiret

Nous raccompagnons Latifa à Douiret et prenons la route de Tataouine, petite ville très animée et assez étendue. Tataouine est la ville des cornes de gazelle. Les pâtisseries sont nombreuses. La meilleure, selon Latifa, est Chams. Comme tout est écrit en arabe je renonce à chercher. En revanche, nous nous arrêtons dans une pâtisserie qui est aussi pizzeria et shwarma. On déjeunera d’un « libanais », version tunisienne de ce que nous appelons un « grec ».

De Tataouine à Houmt Souk le GPS annonce 2h de route sur la route 115 toute droite qui ne traverse que deux localités. A la sortie de Tataouine, le sol est sableux planté d’alfa puis els oliveraies deviennent de plus en plus florissantes. Les beaux arbres s’étendent sur u n sol orange, propre et labouré.

Le niveau d’essence baisse dangereusement. Nous n’avons pas vu un seul kiosque sur la route depuis Matmata. (on aurait dû chercher à Tataouine) . Au croisement avec la RN 1 vers Médenine, nous hésitons, demandons à des jeunes qui nous disent qu’il y en a à 50m sur la grande route. Ce n’est pas une station-service, seulement quelques bidons et un entonnoir. Le vendeur ne veut pas nous en vendre (c’est peut être du gasoil, il ne parle pas français) . on réduit la vitesse pour économiser le carburant.

La route traverse une étendue très plate avec les buissons violacés des plantes halophiles : c’est encore un lac salé El Melah. Juste avant la Chaussée Romaine, enfin ! une station service. On mégote et on met 5DT (le minimum).

Houmt Souk
Houmt Souk

On avait fantasmé sur la Chaussée Romaine. C’est une route surélevée qui relie l’île de Djerba au continent sur 7km. Un nom enchanteur mais peu de poésie. D’un côté une rangée de pylônes conduisant l’électricité et de l’autre une grosse canalisation pour l’eau douce. Ni barques, ni oiseaux. Un trafic intense, des camions. On touche l’île sans s’en rendre compte.  Barrage de policiers qui nous font passer sans même nous arrêter.

De Douiret à Chenini

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Chenini mosquée des 7 Dormants
Chenini mosquée des 7 Dormants

Par la route Chenini- Douiret : 20km

Promenade avec Latifa

Par le sentier : 9.5km.

Sous un beau soleil, Latifa m’entraîne vers l’ancien village abandonné en 1985 – pas tout à fait : deux familles sont restées avec leurs troupeaux. La dame nous salue, le berger retient son chien qui gronde à notre passage. »Il y a des loups dans la campagne, les chiens doivent être féroces » explique Latifa. Les chiens sauvages qui rodent sont aussi dangereux, certain peuvent même être enragés. A passage, Latifa me montre la pompe solaire. Une canalisation apporte l’eau aux habitations. Les oliviers de Douiret sont de grands : on ne les taille pas. C’est même dans les environs que se trouve le plus gros olivier de Tunisie.

Douiret sous le soleil du petit matin
Douiret sous le soleil du petit matin

Le sentier s’élève à flanc de la montagne et arrive sur une sorte de plateau arrondi « le dos de la montagne » . Un SMS arrive dans mon téléphone « tiens ici il y a du réseau ! ». La vue est très dégagée jusqu’à Tataouine dont on voit les antennes. Du temps du Protectorat, Tataouine c’était le bout du monde, le bagne.

Dans les creux, on voit de temps en temps un olivier ou deux, un champ fraîchement labouré pour les semis de l’orge. De grosses touffes d’alfa poussent sur le plateau. On en fait toute sorte de  sparterie : couffins, paniers, corbeilles. Pour en couper une poignée je dois me servir de mon couteau : c’est du solide ! Nous herborisons. Des buissons d’armoise se blottissent malgré le froid et le vent : « bon pour l’estomac en tisane». Une plante inconnue aux feuilles et aux tiges très épaisses peut remplacer le tabac «  C’est pour chiquer, on la mélange avec l’armoise. Ici les vieux chiquent. Les jeunes réfèrent fumer »Des flèches bleues balisent un marathon qui doit être très difficile.

Latifa à la source
Latifa à la source

A la descente sur Chenini le romarin prospère sur le versant plus ombragé. A l’abri de certains rochers il y a même de la mousse et des lichens, témoins d’une humidité permanente. Nous faisons un détour par une belle source protégée par une arche de ciment. L’eau est claire, froide ; On a construit un abreuvoir rond pour les ânes et une mangeoire.

Au détour du chemin, un minaret blanc flanqué de trois coupoles : c’est la Mosquée des 7 dormants six chrétiens emmurés avec leur chien, qui se réveillent après 300 ans de sommeil après la conquête musulmane et qui se convertirent. Le chien est figuré par un rocher triangulaire en haut de la montagne, veillant sur le monument. Il y a une légende analogue à Ephèse dans une grotte. La petite mosquée est tapissée de nattes de roseaux. Autour de la mosquée, un petit cimetière. Latifa me montre la différence entre une tombe de femme qui porte en son centre un gros caillou érigé. Pas de plaque ni nom, parfois une coupe pleine d’eau (de la pluie d’hier ?)

Chenini
Chenini

Le village de Chenini occupe les deux versants d’un pic isolé. A son sommet : la forteresse. A mi-pente : la mosquée blanche. Sur les versants de nombreuses maisons ruinées ou pas, encore habitées pour certaines. L’autre côté est envahi par les touristes ; en bas à côté d’un vaste restaurant il y a un parking pour les cars. Comme dans tous les lieux touristiques sévissent les inévitables faux guides, les enfants mendiants cherchant à « changer » quelques centimes d’Euros contre des billets, les marchands des souvenirs affreux, les magasins avec des vraies roses de sables, les fausses géodes et des poteries hideuses.

Douiret:

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Douiret
Douiret

15h, nous approchons de Douiret dans un décor de western.  Des montagnes tabulaires  se détachent les bancs de roche plus compacte, agrémentés de quelques palmiers. Sous la pluie, Douiret est désert. Deux femmes en costume rouge enveloppées de leur vaste châle blanc à rayures colorées, quatre hommes dans leur burnous montent sur une piste vers le ksar.

Arrivée sur une plateforme, sous les ruines. Aucune indication. Ici non plus,  pas de réseau Orange. Je continue à pied. Au tournant je découvre une maison, une porte ouverte :Latifa nous attendait.

Douiret : les chambres dans le ksar
Douiret : les chambres dans le ksar

Elle nous conduit à un escalier qui grimpe à une terrasse. Notre chambre est dans le ksar. C’est une suite troglodyte composée d’une grande chambre avec deux lits et d’une petite avec un grand lit. Nous choisissons cette dernière éloignée de la porte et bien chaude. Des couvertures mousseuses, épaisses et fleuries recouvrent les lits. On en met une deuxième sur le nôtre. Pas de chauffage dans les chambres troglodytes, c’est inutile ! Nous avons même eu trop chaud pendant la nuit et j’ai enlevé mes chaussettes de nuit et le châle indien que j’enroule pour dormir depuis Gabès. Pourtant dehors il gèle presque. On grelottait dans la salle à manger en parka. J’ai alors remarqué la pierre de taille : la salle à manger est ajoutée et non creusée dans la roche.

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Deux thèses s’affrontent à propos de ces habitations troglodytiques. Selon l’une, les Berbères  s’y enfermaient pour résister aux nombreux envahisseurs, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Ottomans… Selon Patrick, ce n’est pas une stratégie défensive mais plutôt une excellente adaptation des Berbères à un climat particulièrement contrasté, glacial l’hiver et torride l’été. Il me revient à la mémoire la visite à l’Albaicin à Grenade.

Le dîner est simple et revigorant : chorba piquante à souhait, brick à l’œuf exquis, léger, couscous pimenté mais carottes et navets éteignent le feu de la harissa, j’ai pris du piment vert très fort par erreur.

Latifa arrive après le dîner avec le thé et des cornes de gazelle (invention de Tataouine, rien à voir avec les cornes de gazelles marocaines qui sont sablées, celles du sud-tunisien sont frites et dégoulinantes de miel, fourrées aux amandes, dattes et sésame).

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Latifa nous parle de l’Association qui rénove le village en partenariat avec des associations étrangères italiennes, espagnoles et françaises. En plus du projet d’hôtellerie et de la restauration de l’ancien village ruiné, il y a l’irrigation grâce à une pompe solaire (aide espagnole), une bibliothèque et de l’aide à la scolarisation des enfants orphelins ou démunis(France) . L‘association bénéficie aussi de subventions de l’Etat. Elle compte 10 permanents : 8 hommes et 2 femmes (Latifa et sa sœur). En 1985 les villageois ont quitté l’ancien village. 1986, création de l’Association. Il a fallu d’abord obtenir l’accord de tous les propriétaires. Les gens du village s’emploient à la restauration. Pour ne pas commettre d’erreur il faut connaître la culture berbère et employer des matériaux et des techniques traditionnels.

Toujane et la route des Ksour

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Toujane
Toujane

Petit déjeuner chez Patrick

Patrick a cuit le pain du petit déjeuner et déposé deux coupelles mystérieuses en plus du miel, de la confiture de coing et des yaourts. L’une d’elle contient de la halva émiettée, l’autre une pâte couleur terre mouillée, brun foncé grumeleuse d’aspect peu engageant. C’est la bisa, pâte de sésame, lentille, parfumée à ‘anis et au thym. Chaque famille en possède une recette originale et secrète. A la première bouchée le goût de l’anis ressort, mais après une bouchée de pain on sent plus le thym. Le miel de Matmata est épais, coloré et très odorant, on reconnait le romarin. Même dans les chaleurs torrides de l’été, les abeilles trouvent des fleurs de romarin et de sarriette.

Surprise au départ

Nous sommes prêtes pour 8h mais le pare-brise de la voiture est gelé. Pas de raclettes à neige dans le Sud tunisien. On met le chauffage et on attend. Je remarque une curieuse couronne de plexiglas autour du cratère de la cour troglodyte : c’est contre les scorpions attirés la nuit par la lumière qui se laissent tomber dans le patio.

La route vers Toujane

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La route de Toujane tourne en épingles à cheveux. Nous roulons vers le soleil levant particulièrement éblouissant ce matin. A l’entrée de la ville un café a installé un mirador pour photographier le village d’en haut : des fumées s’élèvent dans le matin, les terrasses forment une mosaïque blanche, brune et claire.

Toujane

Au village, nous croisons des hommes de tout âge et même des enfants encapuchonnés dans des burnous bruns. Capuche pointue, manches vides pendantes. Nous avons pris pour un  manchot le premier que nous avons vu d’autant plus qu’il était bancal et contrefait. Tous ont adopté cette solution pour ne pas se geler les mains. Les kilims tissés à Toujane sont suspendus aux façades malheureusement nous n’avons pas le temps de rendre visite aux tisserands et j’ai peur de me laisser tenter par un kilim rouge aux nombreux motifs qui me fait de l’œil.

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La route descend dans la plaine. Elle traverse des cultures maraîchères et des oliveraies irriguées. Nous traversons Metameur et Médenine pour prendre la route de BenGueddache sur le conseil d’un homme que nous avons emmené au marché. Je découvre un peu tard comment programmer Ksar Allouf sur le GPS. Sans notre passager nous n’aurions jamais trouvé le ksar perdu. Les maisons dispersées dans la montagne ont des toits hémicylindriques pittoresques. L’oued a creusé un canyon dans lequel s’engage la route.

Ksar Allouf

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»Vous êtes arrivés ! » Clame Madame GPS à une intersection sous une mosquée blanche et un bosquet de palmier. Un homme vient à notre rencontre et indique une piste très raide. Plus haut,  elle et cimentée,  la voiture grimpe allégrement.  Comme un gros nid de guêpes, les loges du ksar s’accumulent sur la crête. Les ksour tunisiens ne ressemblent pas aux châteaux marocains de même nom (comme le tagine à l’œuf tunisien diffère du tagine marocain). Les ksour sont des greniers. . chaque famille possède quatre loges ou gorfas, une pour le grain, une pour l’orge, une pour l’huile et la dernière pour les dattes. Ce ksar a 1300ans et fut abandonné il y a une cinquantaine d’années.

DSCN5199 - CopieLes loges sont alignées avec le plafond en berceau, des marches d’escalier pour atteindre le niveau haut. Au fond de la cour, il y a une petite mosquée, la maison de l’imam et une huilerie. Dans la mosquée le plafond est décoré de motifs berbères et de versets du Coran. L’huilerie est construite autour d’un pressoir avec une grosse meule de pierre. Un petit dromadaire tournait inlassablement autour du pressoir pour écraser les olives. La pâte était ensuite pressée dans deux petits pressoirs dans des loges latérales. Quand le dromadaire devenait trop grand vers 10ans on l’égorgeait pour en faire un méchoui. Triste destin pour cet animal qui tournait sans jamais voir le jour !

huilerie
huilerie

Ksar Joumaa

La toute petite route se faufile dans le canyon passe devant une mosquée minuscule dont le minaret mesure à peine 1m signalé par 4 ampoules cylindriques qui dépassent du toit. Perché sur une colline nous reconnaissons le ksar à ses arches et gorfas. Mais comme y monter ? Nous essayons la piste par derrière qui s’arrête dans les vergers à quelques centaines de mètres. Le guide Géo précise que la  piste est carrossable. Nous la trouvons à la sortie du village sur la route principale. Un beau panneau coloré annonce un salon de thé, un restaurant et même des chambres d’hôtes. Le ksar a été refait à neuf, restauré, cimenté, chaulé. De belles jarres et des instruments agricoles ont été artistiquement dispersés près des portes des chambres. Salon de Thé et Restaurant sont fermés. Le tout est en parfait état mais le ksar a perdu son authenticité et son charme.

La route de Ghomrassen

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Par la grande route et Medenine, 41km, en suivant une flèche 31km seulement. Tout se passe bien, la petite route conduit à un village, puis le goudron disparaît. On interpelle des villageois. Le pouce en l’air indique que c’est la bonne route. Le GPS est d’accord. Nous suivons une grande piste bien tracée, bien lisse ; Des travaux d’adduction d’eau se font le long de la piste : une tranchée, des rouleaux de tuyaux noirs. Tout va bien tant que le sous sol est argileux, la piste est jaune, lisse, bien douce. Dès que le substrat devient rocheux, la petite voiture doit éviter les rochers qui affleurent

Une fourchette nous plonge dans l’incertitude. Le GPS semble nous indiquer de continuer tout droit puis il se bloque, la piste se divise, se ramifie pour disparaitre dans les broussailles. Où sommes-nous ? Pourquoi le GPS est-il inerte ? La solution est la même pour tous les appareils électroniques : débrancher et laisser la machine se réinitialiser.  Le triangle figurant la voiture est au milieu de nulle part. Retour à la fourche, on prend la piste de gauche, tout s’arrange, le GPS est content, le dessin de la « route » est repérable sur l’écran. Il reste 7km de piste sans aucune garantie de carrossabilité. Après une bonne demi-heure les maisons de Ghomrassen sont en vue. Mais il commence à pleuvoir. Pour refroidir la voiture et pour se donner du courage, on pique-nique d’un œuf dur, yaourt et une vache qui rit, chips et dattes.

Il pleut à verse quand nous traversons Ghomrassen. La citadelle Kalaa est introuvable, le mausolée SidiArfa inaccessible en voiture. Sous l’averse nous n’avons guère le goût au tourisme aquatique. La falaise est trouée de grotte comme un gruyère. L’urbanisation récente masque els structures anciennes. Partout on construit de grandes villas en ciment de plusieurs étages.

On renonce à visiter Guernassa sous la pluie.

Sonia Delaunay au MaM de Paris – les couleurs de l’abstraction

PARIS EN EXPOS

sonia delaunay bal bullier

Exposition temporaire jusqu’au 22 février 2015

Une belle exposition colorée célébrant une grande dame née en Ukraine en 1885, décédée à paris en 1979. Peintre de Finlandaises à la manière de Gauguin au début du siècle, puis passée à l’abstraction avec son mari Robert Delaunay. Peintre mais aussi conceptrice de tissus, de costumes de scène, de vêtements, décoratrice, c’est une plasticienne qui a su couvrir des champs immenses en imposant ses couleurs, le rythme et la géométrie qui n’excluent pas l’humour et parfois la figuration.

sonia delaunay cendrars

J’ai été surtout sensible à ses rencontres avec Cendrars et la couverture d’une édition accordéon du Transsibérien, avec Tzara, Diaghilev et tant d’autres. L’exposition traverse le 20 ème siècle et l’Europe avec bonheur. Toutefois la fin m’a semblé un peu répétitive, les grands tableaux, chacun, très réussi, se ressemblent trop. à l’infini et j’ai décroché.

Matmata, 31 décembre – Réveillon au Trait d’Union

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Matmata : visite mal guidée

Sur le conseil de Patrick, j’entre à l’Office de Tourisme chercher un guide  officiel pour  et négocie le prix 12DT.

Le jeune homme qui se présente a une vingtaine d’années. Il se mouche bruyamment dans ses doigts, a un téléphone vissé à l’oreille, ne daigne même pas arrêter sa conversation pour nous parler.

Première visite: une habitation troglodyte. La dame offre du thé, du pain chaud, du miel est dans une coupelle avec de l’huile. Aucune explication de la part du guide à part ces trois phrases : « tu m’écoutes ! – tu dois laisser quelque chose à la famille – «  quelques minutes plus tard : « on met les voiles ».

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Rien de mieux à l’Hôtel où on a tourné Starwars : cour peinte en jaune criard et blanc. Entrée payante pour voir un costume en plastique et visionner une cassette quelques minutes. L’hôtel sert éventuellement d’Auberge de Jeunesse.

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3ème visite : le Musée (3DT) bien fait, avec des explications très complètes punaisées au mur, que je n’ai pas le temps de lire, à cause du guide malappris. Pas de synagogue rupestre bien que nous étions convenus de la visiter. Au bout de ¾ d’heures je suis ravie de me débarrasser du malotru.

Le Gite de Patrick : Trait d’Union

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Situé à l’entrée de Tijma, l’entrée est très discrète. Dans la cour carrée s’ouvrent cinq chambres au nom de villes. La nôtre est Gabès, à la décoration choisie, sobre : un filet de pêcheur dans un coin, de belles éponges, les lampes de chevet dans des gargoulettes percées de la pêche aux poulpes. Une petite cavité dans la paroi était utilisée pour les ablutions avant et après les rapports sexuels, sorte de cabinet de toilette privé. Étonnée par la taille et la régularité des chambres j’ai demandé à Patrick s’il les avait élargies : « Surtout pas, ces troglodytes ont été creusées depuis des siècles. Toucher à la structure compromettrait l’équilibre dans le loess. » a-t-il répondu. Les autres chambres sont si très belles qu’un magazine de décoration a envoyé un photographe professionnel en reportage.

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Les salles d’eau et la cuisine se trouvent dans la maison accolée aux grottes. Chaque chambre a sa salle de bain particulière. Vaste, simple, douche à l’italienne, bel évier de pierre, une échelle en guise de porte-serviette.

Le dîner du 31 décembre

La salle à manger est allongée, voûtée avec deux niches de grande taille : une salle au fond qui fait un petit salon avec des banquettes taillées dans la roche. La grande salle est occupée par une longue table – la table d’hôtes où nous partageons le dîner avec une famille franco-tunisienne avec 3 enfants, Patrick, Habib et son fils mais sa femme qui a cuisiné ne viendra pas. Le tagine est délicieux avec des herbes odorantes. La chorba est très douce et verte (les autres fois elle était plutôt rouge) parfumée, avec de l’orge et des pois chiches. Les petits morceaux d’agneau sont particulièrement tendres. En plat principal : de l’agneau sur un lit de légumes : pommes de terre, poivron vert, tomates grillées. La viande est si tendre qu’on la croirait confite. « Non, m’assure-t-on, c’est l’agneau du coin qui est particulièrement savoureux » Habib apporte un grand plat de fruits, mandarines, oranges et dattes puis des cornes de gazelles avec du thé.

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La famille tunisienne a prévu un réveillon privé : champagne et champomy qu’ils dégusteront dans leur chambre.

Nous nous couchons tôt. Il faut se lever demain !

Le musée berbère de Monji Bouras à Tamezret

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Notre programme étant chargé j’avale quelques dattes avant de me lancer dans le village de Tamezret à la recherche du Musée berbère de Monji Bourras sous la mosquée. La mosquée chaulée de blanc se voit de loin mais les ruelles forment un labyrinthe et je perds de vue le minaret. Des flèches à la peinture bleue me conduisent chez Mangi qui, prévenu par Patrick, nous attendait.

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Visite polyglotte, en Français, Anglais et Arabe. Sa maison est à moitié troglodytique : on a évidé la montagne en prenant appui sur un banc de roche épais et solide puis déblayé les matériaux qui seront utilisés pour les façades. On ne devine pas tout de suite que des grottes se cachent. Le moulin familial est à l‘entrée de la grotte, tout près le mortier, creusé dans le sol. Sur le linteau de la porte de la chambre,  Monji lit une inscription en langue berbère, apparentée aux langues celtiques, selon lui. Cette chambre est située juste sous la mosquée. Ici débouche un tunnel communiquant avec la maison voisine construite sur le même banc de roche. On a déblayé par le tunnel les roches plus minces entre plancher et plafond. Dans la Réserve, les provisions, surtout le grain, sont stockées ans des jarres géantes, si la conservation excède un an, il vaut mieux enterrer la jarre qui sera mieux isolée, la forme pointue d’amphore convient le mieux à ce mode de stockage.

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Le plafond de la cuisine est noir de suie, un système de collecte des fumées les conduisait à une cheminée parfois très éloignée des habitations enterrées, indétectables d’un ennemi éventuel.

Les Berbères achetaient parfois des esclaves noirs, leur donnaient leur nom de famille, leur devaient protection mais les esclaves n’avaient aucun droit à l’héritage et les mariages mixtes étaient proscrits. La chambre des esclaves se trouvait à l’écart, un tunnel leur permettait de fuir.

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Avant la conquête par les Arabes, les Berbères étaient chrétiens juifs ou animistes. On retrouve des traces dans la symbolique berbère après l’islamisation forcée. Le poisson, symbole de la multiplication, symbole chrétien, figure à l’entrée des maisons, les commerçants enterraient un poisson sous le seuil de la boutique pour attirer la prospérité. Une coutume dans le mariage est le saut au dessus d’un poisson, sept fois, mais le sept serait  un symbole juif.

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Les voiles des femmes portent ces symboles. Le drap de laine est d’abord trempé dans la chaux pour être ainsi feutré. Il est ensuite trempé dans la teinture jaune en premier, puis rouge puis indigo. On l’a noué à la manière du batik en des points précis pour obtenir des points rouges ou jaunes figurant 3 croix (le Christ et les deux larrons) ou les 4 éléments terre, feu, eau, air). Le voile est ensuite rebrodé/ La teinture est l’affaire des femmes mais les hommes brodent. On retrouve d’autres symboles syncrétiques, les zigzags pour la Trinité,  l’étoile de David…Une autre technique consiste à utiliser au tissage coton et fil de lin blancs. Le motif n’apparait qu’après teinture : le coton devient rouge tandis que le lin reste blanc.

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La légende de la Reine Berbère, la Kahina qui résista enfermée dans le Colisée d’El Jem est encore vivante dans les motifs de certains voiles et dans les parures de la mariée imitant les arches du Colisée.

Monji raconte avec passion la culture berbère, la langue berbère. Après la Révolution, son fils fut le premier enfant à porter un prénom berbère. Après la visite de la maison-musée, un plateau et une théière sont arrivées comme par magie. Un jeune couple reste, très sympathique. Lui est Irakien et vit à New York. Il parle Arabe mais a des yeux verts et une peau très claire : il est Turkmène. Monji le questionne sur la langue utilisée par les Turkmènes, sur la situation en Irak avec Daech. La conversation est amicale. Nous avons oublié que nous visitons un musée, devisons entre amis en sirotant un très bon thé aux amandes.

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Le soleil brille par intermittence. Sur la route du retour vers Matmata, des maisons blanches dans la montagne attirent notre attention. Une route y conduit, défoncée par endroits mais encore carrossable. Je découvre des troglodytes effondrées, d’autres discrets encore occupés, des jardins cachés, des palmiers. On arrive à un oued ? Surprise agréable, pas spectaculaire, un endroit paisible.

La route vers Matmata et arrivée

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Lever tôt par 3°C. Avant de quitter Douz, nous faisons un crochet par la place des artisans où un petit marché de fripes est installé. On déniche des gants en polaire blanche neuf pour 3dinars. La pâtisserie des cornes de gazelle est encore fermée. J’achète deux petites roses des sables. La vendeuse de cartes postales nous fait cadeau de la carte.

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100km exactement entre Douz et Matmata dans une plaine sableuse où les épineux bas sont clairsemés. Au loin les chaines de montagne violacées se découpent sous les nuages de plus en plus épais. A 80km de Douz, la route s’élève par des virages dans une montagne rocheuse. On retrouve les petites oliveraies et les palmiers à l’abri des barrages retenant l’humidité –configuration que Majdi nous a montrée à Zeraoua. A un col, des flocons de neige volettent. La route tortille jusqu’au village perché de Tamezret. Une petite rue dangereusement effondrée s’insinue entre les maisons et s’élève au sommet ; S’il ne faisait pas si froid on se promènerait volontiers.

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Les abords de Matmata sont ravinés. L’érosion a creusé des fentes. Nous voyons les premières maisons troglodytes creusées dans la masse terreuses. On les devine à peine : un porche arrondi, une façade chaulée, une ouverture arrondie béante. Elles se fondent dans le paysage. On remarque surtout les gros 4×4 noirs des touristes garés devant.

Matmata-Ancienne est au carrefour des routes de Douz, de Médenine et de Gabès. Quelques restaurants et superettes, des constructions anarchiques. Beaucoup de jeunes circulent à mobylettes à l’affût des touristes perdus, proposant leurs services. Nos chambres d’Hôtes Trait d’Union se trouve à Tijma un peu plus loin, sur la route de Gabès. La vue est étendue, je crois deviner la mer (je me leurre sans doute elle est distante de 40km). Le gîte de Patrick est invisible de la route. Suivant les indications, nous arrivons sur un parking et ne voyons rien qu’une porte close. Je téléphone. Pas de réponse. Je grimpe à la butte, trouve une femme habillée de fuchsia, de vert et de bleu turquoise qui parle très mal français. Elle connaît Patrick, bien sûr. Peut être est il parti faire les courses à Matmata Nouvelle ? Un peu alarmées, nous sommes prêtes à repartir quand un grand monsieur aux cheveux longs et à la longue barbe blanche s’approche C’est Patrick. Il ne gère plus les réservations. Nous arrivons trop tôt. Les chambres ne sont pas prêtes.  Check in à 14h. IL  nous reçoit dans la grande salle à manger creusée dans la roche, chaulée de blanc. Le froid piquant dehors est oublié, pourtant il n’y a pas de chauffage. Patrick nous conseille de retourner à Tamezret où nous sommes passées. La visite de Matmata est guidée. Les guides officiels se trouvent à l’Office de Tourisme.

Nous retrouvons à Matmata les Siciliens de Palerme que nous avons rencontrés à Tozeur attablés devant une chorba bien chaude et bien épicée.

Murmure des civilisations

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Murmure des Civilisations
Murmure des Civilisations

Salah rentre, accompagné de sa cousine enveloppée dans une épaisse djellaba de laine blanche, les mains décorées au henné – nouvelle mariée avec son mari en jogging gris ; il leur fait la visite guidée du Murmures des civilisations et me propose de me joindre à eux.

Le grand père de Salah a édifié la maison en 1934 selon un plan en L. Salah a complété les deux autres côtés du patio en construisant les chambres. Sept chambres, le chiffre 7 est sacré, si on voulait occuper chacune des chambres il faudrait rester une semaine.

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Les chambres racontent les civilisations qui se sont succédé. Elles portent un prénom féminin.

Rokaya raconte la fondation de Douz au 17ème siiècle par deux marabouts, symbolisés par les deux couleurs : rouge-marabout et vert-Islam. Une frise de triangles verts et rouges court autour de la pièce ; Cinq traits verticaux représentent les 5 doigts de la main – main de Fatima ou 5 piliers de l’Islam. Le sac de la mariée en fourrure contient le khôl et les accessoires de maquillage. Au mur l’armoire traditionnelle : le Chattar est partagée en deux, un côté pour la femme, l’autre pour le mari. Suspendus, le burnous marron et la cape de laine blanche.

Yeza est le nom de la belle femme berbère. la chambre est décorée à l’inspiration de la Préhistoire. Au cadre autour du lit sont suspendues des peaux de bêtes. Par terre, elles remplacent les tapis. Deux lances entrecroisées sont contre le mur. Des peintures imitant les peintures rupestres mettent en scène des chasseurs. Devant le lit, un très gros et très ancien coffre rouge sang fut teint avec l’écorce de la grenade.

 Tanit
Tanit

 

Tanit est la déesse de la beauté punique. La salle utilise des motifs romains rappelant que les Romains sont aussi passés par Douz.

Nakhla est dédiée au palmier – arbre du Paradis – en remerciement au palmier qui a permis aux nomades de se sédentariser. Tous les murs et accessoires sont en bois de palmier. La voûte est lambrissée de tronc scié. Deux petits palmiers décoratifs trônent sur l’étagère.

Mabrouka
Mabrouka

Mabrouka est le nom de la mère de Salah. A l’origine Salah voulait représenter le passage des Ottomans et la nacre aurait été la matière les symbolisant. Mais la nacre est introuvable à Douz. Il a chois un autre thème : le Tissage avec la pyramide à degré pour symbole, les couleurs, orange et jaune.

Chirazed
Chirazed

Chirazad est la chambre arabo-musulmane au décor noir et blanc soulignant l’arc outrepassé avec un magnifique miroir et un baldaquin de princesse des mille et une nuits.

La cuisine est carrelée de carreaux colorée et possède un plan de travail en pierre. Des plats de toutes tailles ornent un mur. Guirlandes de poivrons et épices complètent le décor.

Le mieux est l’ennemi du bien. La lessive sur la terrasse au vent et au soleil n’a pas séché comme je l’imaginais. On a eu la malencontreuse idée de compléter le séchage sur le radiateur. Tout a brûlé. Il nous en coûtera 100dinars pour le remplacer, et encore ! au magasin il n’y avait pas. Ils vendent plus de climatiseurs pour la chaleur. Salah l’avait fait venir de France.

La Maman de Salah a fait un chorba bien épicée et un ragoût de fenouil excellent. Nous restons la soirée à bavarder. Salah développe un humanisme généreux, un peu confus peut être, basé sur le respect des traditions et l’ouverture culturelle ainsi que le respect de l’environnement.

Dans le froid, on se blottit sous trois grosses couvertures ; Douz bruit des rumeurs de mariages. Les Tunisiens sont en vacances, saison des mariages. Feux d’artifice, tambours, musique traditionnelle mais aussi électronique.

Un thé au Sahara – circuit des oasis de Douz

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

Thé au Sahara
Thé au Sahara

 

 

Trouvé dans Géo p231

La route de Zaafrane quitte Douz et traverse une belle palmeraie. Les dattiers sont florissants. Les petits jardins sont des rectangles bien verts. Partout on travaille. Les tas de fumier attendent d’être épandus. La pluie tombée hier a lavé la poussière. Le ciel bleu se reflète dans les flaques.

Zaafrane est un grand bourg en ciment sans intérêt particulier. D’après le guide Géo, l’ancien village a été ensablé et on en retrouverait des vestiges en faisant une promenade à dromadaire. A droite, la palmeraie à gauche les premières dunes du Sahara contenues par des palissades en feuilles de palmier.

Thé au Sahara

enclos de canisse
enclos de canisse

Des maisons basses dispersées nous fait quitter la route. Les animaux sont parqués dans  de curieux enclos carrés de canisses, planches et branchages. Moutons, chèvres s’y entassent. Un cheval est symboliquement enfermé dans un carré de quatre planches. Une chèvre e liberté allaite deux chevreaux nouveau-nés ; le blanc est debout sur ses pattes et tête, le petit noir est à peine capable de se lever.

Les maisons basses en ciment, parfois en briques rouges non revêtue. Partout, des tas de briques. Il semble que chacun agrandit à sa guise sa cour.

DSCN1328 - Copie

Juste à l’orée des dunes, nous arrêtons la voiture pour grimper sur le  sable. Des enfants jouent. Des animaux sont parqués. Tandis que je photographie les chèvres deux femmes arrivent, main tendue. On se présente avec mon maigre arabe. Le mari parle français. Fatma et l’autre dame nous invitent au thé. Elles arrivent portant deux verres. Nous les suivons dans la cour. Près de la natte se trouve déjà un brasero avec une bouilloire. Un plateau est posé sur un guéridon métallique, au dessous, une coupelle en verre avec l’eau pour rincer les verres. Au  milieu de la cour, un palmier, autour du palmier dans le rond pour l’arrosage, quelques haricots, fèves, persil et coriandre. Jardin minuscule de moins d’1m2.

Fatma apporte des cadeaux
Fatma apporte des cadeaux

Fatma déroule son tapis bleu nuit. Je me déchausse et m’agenouille avec eux. On apporte un fauteuil en plastique blanc pour Dominique qui ne peut s’asseoir par terre. Les enfants s’approchent. Une dame disparaît pour cuire du pain. Le mari propose une ballade à âne ou dromadaire dans les dunes .Fatma revient avec une bouteille d’1.5L d’eau pleine de dattes, puis un lourd collier odorant. Les cadeaux s’accumulent. Ils n’acceptent d’argent ni pour les dattes ni pour le thé. Ce sont des cadeaux ! Que leur offrir ? Je n’ai que ma petite boite de crayons de couleur, les échantillons de produits de beauté et des caramels.

Le chantier

DSCN5143 - Copie

Le goudron cède la place à un chantier. Nous roulons sur une large piste de sable où travaillent les engins. On construit une route en hauteur au milieu d’un lac salé, prolongement du Chott el Jerid. Avec la pluie il y a pas mal d’eau, des roseaux et de l’herbe verte. Sous le soleil l’aspect est très différent de ce que nous avons vu hier.

Promenade dans le sable

les dunes
les dunes

La dune est retenue par des feuilles de palmier formant une barrière. A l’arrière poussent des buissons épineux gris bleuté.  Des tamaris  parsèment la dune. Je franchis une autre haie sèche, les buissons ont disparu. Il ne reste que quelques arbustes. Après, plus rien que le sable que la pluie de la nuit a cimenté en une couche ferme d’un bon centimètre et demi d’épaisseur qui s’écrase à peine sous mes pas. Un arbre isolé au loin me sert de cap. Peu après l’arbre, il me faut rentrer. Je suis mes traces. Combien de temps le sable garde-t-il l’empreinte de mes pas ? C’est variable. A un moment, je ne vois plus rien. Je ne me suis pas fixé de repère. Sans boussole je risque de dévier. Au loin la ligne verte de la palmeraie, le bruit des voitures sur la route me guident. Presque arrivée à la route, je me souviens d’un bouquet d’eucalyptus perché sur une butte. J’y retrouve les empreintes de mes semelles et celles, plus grandes de Dominique. La voiture se trouve juste derrière.

DSCN1340 - Copie

Chott el Jerid sous le soleil

Es Sabria est « la porte du désert », dernier point d’eau avant le Sahara selon le guide vert Géo, doit être bien petit parce que nous le dépassons sans nous en apercevoir et arrivons à El Faouan où il y a encore une palmeraie. La route oblique plein Ouest vers l’Algérie contournant le Chott el Jerid , étendue plate à perte de vue. La fine couche de sel fait penser à de la gelée blanche (il fait un temps glacial, j’ai deux épaisseurs sous le pull irlandais et la parka et j’ai encore froid). Avec le  soleil, nous guettons les mirages. Est-ce un mirage, ce reflet qui imite ? C’est peut être de l’eau, il a plu toute la nuit. Et ces immeubles qui ressemblent à des îles des mirages ou des dunes ? Un mirage ou notre imagination ?

Sur la carte, une piste raccourcit la route par Zarzine et Touiba. Ce n’est pas une piste mais une route goudronnée qui traverse les villages sans qu’on ne s’y arrête.

14h30, nous sommes de retour à Douz . Salah n’est pas là. Je dessine dans la cour. Une promenade à dromadaire était prévue mais je préfère profiter du cadre plutôt que de retourner dans les quads et les ULM. Notre cour est si agréable qu’elle mérite qu’on s’y arrête. Nous avons besoin aussi de mettre de l’ordre dans nos affaires. Les coquillages de Gabès ont pourri dans le sac de toilette qui exhale une odeur de poisson pourri pestilentielle. Nous avons de la lessive à faire. Justement il y a une corde à linge sur la terrasse. J’ai jeté à regret les porcelaines.