Est-ce ainsi que les vrais policiers travaillent ? Sont ils aussi consciencieux ?
L’inspectrice Elinborg ne dispose que de maigres indices : un châle qui sent le curry et la présence de la drogue du viol. Personne n’a rien vu, ni rien entendu, sauf une vieille folle obsédée par les ondes élecro-magnétiques. Et pourtant, patiemment Elinborg dénouera l’intrigue après mains tâtonnements et interrogatoires dans un village de taiseux – les Islandais ne semblent pas très bavards. Traques aléatoires et minutieuses.
L’auteur ne nous épargne aucune piste même très éloignée, même les culs de sacs. Je perds patience et m’accroche pour la suivre. Dans un polar, il faut de l’action, sinon quoi ? Cela traîne deux cent pages… et puis, cent pages avant la fin, sans crier gare, enfin ! Quelque chose se dénoue, et je me laisse entraîner.
Finalement, je comprends pourquoi les bloggeuses de ma connaissance ont recommandé cet auteur. Regard sur une Islande que je ne connais pas, mais surtout un roman autour du thème du viol, le fait que le policier soit une femme n’est pas indifférent.
C’est le roman de Céphalonie, 1940 – 1993, racontant trois épisodes tragiques de l’occupation italienne et allemande et le massacre des Italiens par les Nazis en 1944, la guerre civile grecque qui suivit la seconde guerre mondiale et le séisme de 1953 qui ravagea toute l’île, puis la reconstruction, le début du tourisme. Roman historique, donc, qui embrasse toute l’histoire de Céphalonie puisque le Docteur Yannis essayait de la raconter et que sa fille Pélagia continua l’œuvre inachevée.
Roman historique, roman de guerre racontée par un soldat italien, Carlo, l’omosessuale, enrôlé pour l’amour des hommes. Guerre en Albanie dans les neiges et le froid des montagnes de l’Epire, puis occupation de Céphalonie. Carlo comprend rapidement la vanité des campagnes fascistes, dégoûté de la guerre il se conduit en héros pour sauver ses camarades. Il faut être gonflé pour mettre des mots (grossiers) dans la bouche de Mussolini et de Metaxas ! L’analyse des stratégies hésitantes et des erreurs du commandement italien est-elle rigoureuse ? Les positions très sévères envers les partisans communistes de l’ELAS et les atrocités qu’ils auraient commises m’ont interpellée. Je suis souvent perplexe devant les romans historiques. Je regrette que JEA ne soit plus là pour combler mes lacunes.
Ne pas se laisser abuser par la couverture montrant un couple s’embrassant sur un ponton, ce n’est pas un roman à l’eau de rose. C’est aussi un roman d’amour. Pélagia se fiance à Mandras, un jeune et beau pêcheur qui partira à la guerre et rentrera méconnaissable.
L’occupation italienne impose le logement d’un capitaine italien. Il y a du silence de la Mer dans le récit. Rejet de l’occupant mais cohabitation obligée. Le capitaine Corelli est un musicien, c’est aussi un amoureux chevaleresque.
La peinture de la vie Grecque et des villageois est un peu folklorique. Peut être égaient ils vraiment ainsi dans les années 40 ? Empathie pour cette société archaïque avec ses fêtes, la vie paysanne, les animaux, mais aussi critique de la situation des femmes. Les femmes du roman sont fortes et actives mais elles subissent encore les préjugés traditionnels.
Louis de Bernières est un britannique dans la tradition des Durrell ou Fermor et Chatwyn, amoureux de la Grèce, mais l’écriture n’a pas le souffle de ces écrivains. C’est un excellent livre pour Céphalonie
Je n’aurais pour rien au monde laissé passer un livre avec un titre pareil! D’autant plus qu’il était chaudement recommandé par Dominique lire ICI
1463, la condamnation de François Villon est cassée par Louis XI, le poète disparait sans laisser de traces. Cette disparition est source d’inspiration pour le romancier qui peut imaginer une suite sans le trahir.
1463, dix ans après la prise de Constantinople. Louis XI veut unifier la France, il entre en rivalité avec l’autorité papale, surtout en Avignon. Le pape Pie II est mort, avec lui, s’évanouit la dernière Croisade. A Florence, au vieux Cosme va succéder Laurent le Magnifique. C’est également le début de l’imprimerie. Et le début de la Renaissance.
François Villon se trouve au centre d’une trame de machinations, au service du roi de France mais aussi des Médicis qui utilisent ses talents pour persuader l’imprimeur Fust de s’installer à Paris
« La copie de la République que Villon vient de tenir entre ses mains, Platon expose comment la cité doit être gouvernée. Ce texte confirme Louis XI dans son dessin politique […..]Le roi de France cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican afin de consolider le sien propre. Or, une industrie naissante mine soudain la suprématie papale. A la différence des moines copistes[…]les colporteurs de Fust assurent à leur tour en toute candeur, la distribution d’œuvres clandestines astucieusement maquillées en psautiers ou rituels très catholiques »
L’établissement de l’imprimerie de Fust n’est que la première étape de l’intrigue, il faut imprimer des œuvres de premier plan. Et c’est là qu’intervient la Confrérie des Chasseurs de Livres. Personnellement, je n’aime ni les confréries ni les sectes, encore moins l’ésotérisme. Pour les chasseurs de livres, je ferais une exception.
« le lien invisible d’une passion partagée, une passion vive et intense[…] la passion pour tout ce qui touche les livres» m’est sympathique »sous les auspices de Lorenzo le Magnifique, avec l’argent des facultés dont l’Académie platonicienne… », ils vont chercher « les collections de la confrérie de Jérusalem, qui datent d’avant Rome même […] des historiens latins et des chroniqueurs juifs dont Flavius Josèphe… », les restes de la Bibliothèque d’Alexandrie après l’incendie.
Les aventures de Villon prennent une autre tournure, il s’embarque pour la Terre Sainte, non pas sur les chemins balisés des pèlerins mais para les sentiers détournés de la Galilée, du Lac de Tibériade. Guidé par un gitan et Aïcha la belle Berbère, il rencontre des moines, des rabbins, même un Essénien et se trouve encore au centre d’un autre marchandage, Gamliel le rabbin veut sauver les juiveries dispersées. Contre un manuscrit portant les paroles de Jésus il veut acheter la paix et la promesse qu’il n’y aura plus de Croisades apportant la désolation dans les communautés juives européennes.
La dernière partie racontant les avatars du manuscrit précieux m’a moins captivée que le début du livre. Les textes bien réels des Anciens qui ont marqué l’Humanisme et la Renaissance, m’auraient suffi.
Omar est boulanger. Il escalade le mur à l’aide d’une corde pour rendre visite à Nadia dont il est amoureux. Il court aussi très vite. Avec ses deux copains d’enfance, Tarek et Ajmad, il s’entraîne à la résistance armée. Trois copains inséparables.
Une opération tourne mal, un soldat israélien est tué, Omar, après une course-poursuite à vous couper le souffle est fait prisonnier.
Sous la torture, n’importe qui peut parler. Rami, l’israélien, tente de manipuler Omar, lui propose la liberté en échange de Tarek. Omar, pense s’en sortir en jouant double-jeu.
S’insinue le doute. Dans la petite bande, y a-t-il un traitre? Omar a-t-il donné ses camarades? En plus de la suspicion, s’insinue la jalousie, la rivalité amoureuse.
Thriller très bien mené où les poursuites donnent un rythme très rapide dans les ruelles, la tension ne se relâche pas même dans les rencontres entre Omar et Nadia.
Tout d’abord, il n’est question ni de poésie, ni de Gaza. L’action se déroule pour part à Tel Aviv, et pour part dans les sous-sols de la Sécurité à Jérusalem, avec deux excursions, l’une sur les bords de la Mer Morte, l’autre à Limassol, Chypre.
Thriller très noir. Un officier des renseignements israélien, chargé d’interroger des Palestiniens pour éviter des attentats-suicides peut-il agir selon les procédures légales ? Peut-il rester humain et non pas une brute ? La réponse est claire : les procédures légales ne donnent rien. Le narrateur, officier, recruté pour sa culture, son ouverture d’esprit, pour avoir des résultats, va déraper jusqu’à la bavure – il étrangle un témoin, pas même suspect. Son supérieur, figure paternelle, bienveillant, d’un calme étrange, trouve dans la religion la sérénité. Comment être serein ? Il protège le héros, tente de lui faire garder l’équilibre, alors que, même après le drame, ce dernier revient aux interrogatoires, comme un drogué à sa came.
Une autre mission se déroule en marge. Le policier doit se faire passer pour un écrivain débutant pour approcher une romancière, Dafna amie d’un poète gazaoui dont le fils est un chef de réseau terroriste. Le poète atteint d’un cancer en phase terminale doit être soigné en Israël et s’installe chez Dafna. Une curieuse intimité s’établit entre le poète et l’officier, presque de l’amitié. Jusqu’où le conduira cette mission ? …Bien sûr, pas question de dévoiler la fin.
Le site archéologique est beaucoup plus petit que celui de Phaistos. Pas de cour centrale ni de Propylée, seulement des appartements royaux tapissés de gypse. Nous sommes un peu saturées de sites minoens. Nous n’avons pas de plan Nous nous promenons tranquillement sous les grands pins qui embaument sans trop nous soucier de comprendre.
AGIOS GIORGOS
Plage déserte découverte hier : Agios Giorgos. Elle n’est plus tout à fait déserte mais la famille qui était installée décampe à midi. La nouveauté c’est le vent. La mer est agitée jusqu’aux îles Paximadia,avec des moutons en pleine mer. Notre crique est très abritée, quelques ondulations de grande amplitude arrivent irrégulièrement. Une petite risée survient par rafales et se déplace à la surface de l’eau en faisant des interférences. Quand je nage avec le masque sous l’eau, je ne sens rien de cela, c’est un monde calme pacifié, les poissons ignorent totalement l’agitation de la surface.
Nous avons trouvé une sorte de grotte pour pique-niquer à l’ombre. Après 3 heures passées dans l’eau et au soleil nous allons chercher de l’ombre à la taverne. C’est la plus jolie taverne qu’on puisse imaginer en balcon au dessus d’une plage déserte, quelques tables toutes simples sous une tonnelle de vigne. A 2h, il n’y a personne, en dehors d’une vieille en noir qui parle toute seule, et d’un gamin qui sert nos consommations habituelles : un ouzo et un café. Il fait frais. Je ne me lasse pas le contempler la risée qui court à la surface de l’eau. Je lis « Le Christ Recrucifié ».
et au large les îles Paximadia
De Kokkinos à Iraklion : 70 km sur une route assez encombrée de camions passeant par un col près de Gergéri. Ensuite des vignobles jussqu’à Iraklion.
dernière soirée à la mer
Nous retrouvons notre Pension, la propriétaire nous reconnaît et nous a gardé une chambre.
Sur cette côte-ci, le vent soulève de grosses vagues, impossible de se baigner. Nous passons le reste de l’après midi à la terrasse de la taverne « hollandaise » de l’autre côté de la route au bord d’une mer très houleuse. Le spectacle des gros rouleaux d’eau verte qui se brisent dans une grande quantité d’écume blanche nous occupe jusqu’au coucher du soleil.
Nous commandons une moussaka et des souvlakis. Enfin de la moussaka ! Quelle erreur ! L’interprétation hollandaise de la cuisine grecque est bouillie, sans goût, dégueulasse, nous quitterons la Grèce sans avoir mangé une bonne moussaka !
Un autre circuit du guide Nelles nous mène dans la montagne. La route asphaltée,mais très pentue, grimpe d’abord dans les vignes sur les premiers contreforts du mont Ida. A Gergéri, arrêt panorama sur les collines, la plaine de Messara et la mer de Libye. La route emprunte une sorte de corniche à la limite entre cultures et montagne rocailleuse et sauvage.
Moni Vrontisiou
Entre Zaroset Vorizia, nous prenons en stop une paysanne en noir chargée de paquets et un vieil homme qui nous remercie quand nous le lâchons en pleine campagne devant le monastère de Moni Vrontisiou.
Devant l’entrée du monastère, deux platanes énormes font de l’ombre sur la placette. Une fontaine ornée de délicates sculptures d’Adam et Eve qui sont abîmées, et d’énigmatiques têtes chevelues, crache une eau fraîche et abondante. Un pick-up stationne. Deux hommes remplissent des bombonnes.
Le monastère est ouvert aux visiteurs. Nous nous déguisons avec nos jupes longues. Un pope épluche des légumes dans la cour en écoutant la radio. Dans l’église, des fresques et des icônes, mais rien d’extraordinaire.
Moni Valsimero
Le monastère de Moni Valsimero, très réputé se trouverait à Vorizia. Le village est très tranquille. Nous montons à l’église – fermée. On nous avait assuré au kafénéion qu’elle serait ouverte. Nous y rencontrons un couple de français. Une paysanne passe. Je lui demande en Grec où se trouve la clé. Elle nous offre une grappe de raisin noir délicieux. Certains grains ont séché. Ils ont le goût du raisin de Corinthe. La dame nous montre la maison du pope. Nous redescendons au kafénéion où une dame m’explique que nous nous sommes trompées d’église. Il faut parcourir 2 km en voiture.
Moni Valsimero est en restauration. Une équipe de maçons, de couvreurs, de restaurateurs et des photographes s’affairent avec du matériel sophistiqué. Tout ce monde ne nous laisse pas beaucoup en paix pour admirer les fresques. Dommage ! Elles sont magnifiques, colorées variées, vivantes, d’innombrables scènes racontent l’Histoire Sainte et ressemblent à une bande dessinée. Ce sont les plus belles de la région.
Le site de Gortyne est très étendu. Les vestiges de cette ville romaine sont dispersés dans les oliviers. La visite est très différente de celle des palais de Cnossos ou de Phaistos.
De la route, la basilique Saint Tite est bien visible. Il ne reste plus que l’abside et deux chapelles latérales en belle pierre, taillée en blocs énormes. La grandeur du monument impressionne. Nous avons l’habitude de rencontrer des minuscules chapelles byzantines. Ici elle est à la taille des monuments romains.
Gortyne st Tite
Nous cherchons les autres antiquités. Ne voyant rien, nous reprenons la voiture. C’est une erreur. La recherche de la cité détruite est l’occasion d’une belle promenade dans les oliviers. Une via romaine dallée le long de l’aqueduc nous conduit au prétoire. Là, nous découvrons de nombreux murs, des colonnes et une statue derrière des grillages. Une équipe d’archéologues italiens, une cohorte d’étudiants et de terrassiers grecs manient la pelle, la pioche, remplissent cagettes et brouettes. Le site est fermé aux visiteurs. J’interpelle en italien les archéologues. Rien n’y fait : refus ferme. Nous verrons donc Gortyne derrière son grillage. Temple d’Apollon, et temple des dieux égyptiens, toujours enfermés.
Temples romains dans l’olivaie
Nous foulons un tapis de graminées sèches très doux aux pieds. Les oliviers donnent une ombre agréable. De temps en temps, je cueille des figues mûres. La chaleur est accablante dès le matin. Retour au parking, puis visite de l’Odéon, petit théâtre renfermant les fameuses inscriptions en boustrophédon du code de Gortyne.
Boustrophédon : comme la charrue et les boeuf, se lit de droite à gauche puis de gauche à droite…
Au sommet de la colline : l’Acropole, trop chaud et trop tard pour y grimper.
J’ai bien aimé cette visite, au hasard, sans guide ni explications. Apparition poétique d’une ville ancienne dans les oliviers.
9H, les rues de Rethymnon encore vides, s’animent petit à petit.
La mosquée et les deux minarets, lesmaisons vénitiennes, Les balcons de bois fermés, sorte de vérandas, sont caractéristiques de cette ville. Les rues commerçantes ont un parfum oriental de souk. Trop nombreuses boutiques pour touristes peu regardants (T-shirt, céramiques de mauvais goût …) mais aussi des trouvailles : un coiffeur à l’ancienne avec ses cages de canaris et son matériel vétuste, le marchand d’icônes et de bondieuseries, le safran vendu tel qu’il est récolté dans les étamines de crocus.
coiffeur barbier à l’ancienne
Citadelle vénitienne
La citadelle vénitienne occupe une grande superficie. La pierre blonde est belle. Les volumes architecturaux sont surprenants : remparts découpés, guérites et créneaux, mais aussi cubes et coupole de la mosquée, demi-cylindres des magasins ou des arsenaux vénitiens, curieuse construction avec un toit en pyramide.
citadelle vénitienne ou ottomane?
L’heure de l’apéro
Nous cherchons une terrasse sympathique pour rendre un pot en regardant les badauds passer. Dédaignant les cafés en bord de mer avec leurs fauteuils rembourrés, les terrasses chics sous de grands stores, pour nous attabler sur de simples tables en bois avec des chaises de bois paillées. On nous sert l’ouzo avec les mézés : fromage de brebis, tranches de tomate et olives, le tout pour 750 drachmes. Curieusement, il n’y a que des femmes grecques attablées, c’est bien rare. Vers midi et demie, nous sommes heureuses de quitter la ville chaude pour rentrer chez nous.
Spili
les lionsd de la fontaine de Spili
Arrêt gyropita à Spili, bourgade sympathique à mi-chemin. La place est rafraîchie par une curieuse fontaine vénitienne toute en longueur où l’eau est crachée par quinze lions. C’était plutôt un mauvais plan : la circulation dans l’impasse de la fontaine est infernale, une bétonneuse coince l’autobus sur la grande route qui bouche tout le trafic. Tout le village s’en mêle, la tension monte, nous ne savons plus comment sortir de là, on se lance dans des manœuvres en marche arrière risquées …
Baignade à Kokkinos.
Sur la plage de Kokkinos, les vagues sont juste assez hautes pour que la baignade soit amusante, et pas assez pour qu’elle soit dangereuse. Selon la plage, le vent, l’heure, l’état de l’eau change et les baignades sont très variées.
Nous avons suivi le circuit proposé par le Guide Nelles .
Apodoulou
A 8h30, le soleil sort à peine de la montagne, nous quittons la route de Réthymnon au-dessus d’Aghia Galini. Première étape à Apodoulou : nous découvrons la petite chapelle byzantine cachée dans les oliviers. Sa façade est ornée de trois arcs brisés, son toit de tuile est plat, tout simple. A l’intérieur, il faut s’habituer à la pénombre pour apercevoir les fresques à demi effacées : Saint Georges, à cheval, est bien reconnaissable. Il faut de l’imagination pour retrouver les scènes de l’Evangile. Les personnages portent de curieuses sandales, les visages sont expressifs, les chevaux très bien dessinés.
Nous trouvons un site minoen, probablement une ville avec ses maisons de petite taille. Plus loin une tholos enterrée sous une colline plus petite que ceux observés en Argolide mais sur le même modèle.
Aghios Yorgos
Oliviers
La route s’élève au flanc de la montagne, bien goudronnée. A l’entrée de Fourfouras, encore une chapelle sous des oliviers magnifiques. Jusqu’ici nous avons surtout vu des oliveraies irriguées avec des arbres jeunes plantés en rangées régulières. Là, les arbres sont vénérables, noueux, creux, tordus. Autour de l’emplacement du plant d’origine ont poussé des rejets qui ont eux –mêmes vieilli, se sont creusés si bien qu’ils forment un cercle de plusieurs mètres de diamètre. J’aime à penser qu’ils sont à la fois très vieux et immortels. Ils donnent toujours des fruits puisqu’ils portent une bâche enroulée pour la récolte. Je vais en quête de l’arbre photogénique qui représentera dans l’album les oliviers crétois.
Dans le village de Fourfouras, le calme est rompu par l’arrivée des marchands ambulants annoncés par de la musique traditionnelle. Nous les retrouverons à chacun de nos arrêts. Ils suivent le même circuit que nous. La camionnette jaune du boulanger, le pick-up vert du marchand de légumes qui annonce au micro « karpouzi, domata.. ». Passe aussi un autre pick-up chargé d’une encombrante pile de chaises et de tables de jardin en plastique .Les maisons habitées sont chaulées décorées avec des pots de basilic, des géraniums mais beaucoup moins de fleurs qu’au Lassithi. Des buissons de jasmin embaument, mais de nombreuses maisons tombent en ruine.
Visari
Nous redescendons à Vizari, une tour (un moulin ?) en ruine pour chercher un autre chantier de fouilles : une basilique en ruine, très grande, mais très en ruines.
A Platania, pas de platanes. A Moni Asomaton, pas de monastère, à la place une école d’agriculture précédée d’une belle allée de palmiers. Nous cherchons un autre site archéologique à Monastirakiau pied d’un village perché. Un enfant nous ouvre l’église, il y encore des fresques. Nous livrons à un véritable gymkhana dans les rues étroites du village. La Nissan Micra réagit drôlement bien à ce parcours acrobatique. La ville minoenne est encore un labyrinthe de pierre peu lisible pour le profane, mais encore en bon état, certains murs ont 1.50 m de haut.
A côté d’Amari, encore une jolie chapelle avec trois arcs comme à Apodoulou.
Apéro à la terrasse de la taverne au carrefour de Moni Asomaton où nous retrouvons les marchands ambulants.
Thronos
Dernier étape du circuit : Thronos, une belle église, fermée et les ruines de la ville ancienne de Sivritos qu’on atteint après une belle grimpette il reste les fondations d’un temple antique mais plus de colonnes, surtout une jolie vue.
Pique-nique dans un vallon
Pour le déjeuner, nous dénichons la plus mignonne chapelle qu’on puisse imaginer, pas ancienne mais située dans un vallon vert près d’un champ de luzerne entourée de très hauts cyprès, à l’ombre d’un noyer et d’un énorme figuier. Nous nous installons sur le parapet dans une ombre très fraîche. Il y a du vent et des figues pour le dessert.
La journée des ânes
Âne et ânier
Retour par la route de l’aller mais le soleil de l’après midi écrase la montagne qui a perdu ses couleurs.
C’était vraiment une journée différente des précédentes, rien de spectaculaire, mais de jolies surprises : journée des chapelles. C’est aussi la journée des oliviers et des ânes. Toute la journée nous les avons vus attachés dans leur pré souvent au soleil, ou rentrant des champs chargés avec leurs maîtres, un groupe de paysans ont même posé, les femmes, des œufs dans les mains. Vers midi, ils étaient chargés d’herbes ou de paquets. J’ai demandé la permission à un vieil ânier de photographier son âne mais il n’a pas compris et s’est installé en gros plan devant mon objectif.