De cet auteur, Mohamed Nedali, j’ai également lu le Poète de Safiqui m’a laissé un agréable souvenir de lecture.
Le jardin des pleurs se déroule à Marrakech. Le narrateur, Driss,est un jeune assez ordinaire. Après des études médiocres, un bac mention passable, il aspire à une situation tranquille de fonctionnaire et choisit l’école d’Infirmiers. Pour réussir le concours, il va dénicher un piston : une bouteille de pastis à son oncle, un chevreau offert à une personnalité influente, et le tour est joué. Pour une affectation à Marrakech même tarif. C’est bien sûr de la corruption. Mais cela ne va pas chercher loin, et tout le monde achète ces passe-droits.
En revanche, lorsque sa femme Souad est agressée par un commissaire de police, Driss découvre l’autre versant de la corruption. Certains personnages sont intouchables, d’autres sont vénaux. Pour le citoyen ordinaire l’Etat de Droit ne fonctionne pas. Acculé à des procès sans fin, Driss en arrive à « écrire au Roi » et même « écrire à Dieu » . Il en vient à débloquer.
Ce roman commence d’un ton léger, ironique, d’une comédie pour se transformer en tragédie dans la deuxième partie. Les anecdotes sont amusantes, le style enlevé, la lecture agréable. La dénonciation de la corruption est graduelle, du cadeau d’une bouteille, à la ruine en fin de roman. L’auteur dénonce le système policier, judiciaire mais aussi l’incurie du système de santé qui ne cherche pas à guérir les pauvres patients mais plutôt à s’enrichir à leurs dépens.
J’ai eu envie de suivrePassage à l’Estdans le Caucase, les algorithmes de ma Kindle m’ont proposé Sous les cyprès d’Eyoub et j’ai sauté sur l’occasion. J’ai fait autrefois la promenade sur la Corne d’Or à Istanbuljusqu’au cimetière d’Eyoub, j’y retournerais volontiers. Le patronyme de l’auteur en –ian, me laissait entendre qu’on parlerait des Arméniens et de l’Arménie…. Il ne m’en fait pas plus pour télécharger un livre!
De Gümri alors appelée Alexandropol, à Granville dans le Cotentin. De chapitre en chapitre nous sautons de 2014, au décès du père du narrateur, en 1914 à la veille de la Révolution quand l’Empire Russe s’étendait jusqu’au Caucase. Grandes traversées dans l’histoire et la géographie. Avec des escales à Constantinople, Bolis, la Ville,et à Venise – la promenade dans Venise est particulièrement agréable.
C’est la quête des racines et de l’histoire familiale du narrateur, Alexis, natif de Granville, de parents normands qui enquête sur son grand-père arménien qu’on lui a interdit de fréquenter. Que cache cet ostracisme familial? C’est l’histoire de trois générations de combattants dans la première Guerre mondiale et les armées blanches, dans la seconde et la guerre d’Algérie. Patriotisme et héroïsme guerrier : pas forcément ma tasse de thé. En filigrane, des femmes au caractère bien trempé.
Une histoire très romanesque, agréable lecture mais le côté historique reste un peu superficiel.
Un grand merci àDominiqueivredelivres qui a chroniqué ce livre que j’ai immédiatement téléchargé.
à quoi tient, ma, notre appétence pour la géographie et pour ses motifs ? Ils sont, me semble-t-il, comme des buttes-témoins de notre culture enfantine. Comme une parcelle de notre passé et des paysages jadis traversés, les dimanches ou durant les vacances. »
Au fil de l’abécédaire j’ai parcouru de nombreux paysages à la recherche de « motifs » tels qu‘alpages, bocage, brumes et brouillards, Chemin, col, colline..Piémont, plaine, plateau jusqu’à Verger…
J’ai reconnu mon bocage percheron, et le Dévoluy dans les mots de Philippe Jacottet, la Brenneet ses étangs, landes et marais…
Célébration de la Géographie physique et aussi de la Géologie, comme m’a touchée ce distingo entre le Granite des géologues, roche rugueuse et intrusive et le Granit (sans e) des tailleurs de pierre, des maçons creusois:
« Granit, c’est le son de la pointe ou du ciseau cognant la pierre »
A fil des pages, j’ai découvert, reconnu, rêvé, de roches, de paysages, des plantes, des parfums. Et j’ai adoré.
J’ai aussi marché en très bonne compagnie, l’auteur cite Borges, Jacottet, Giono, Lacarrière, Kenneth White, Ramuz, Elysée Reclus, Gilles Clément, George Sandet j’en oublie….de moins connus que j’aimerais fréquenter qui sont soigneusement répertoriés dans les nombreuses notes.
Jose Ribera (1591 -1652) est né en Espagne, il arrive à Rome en 1605 juste avant la fuite du Caravage en 1606, en 1616 Ribera part à Naples.
Plus sombre et plus féroce que le Caravage, sa peinture est présentée comme « ténébrisme et extrême férocité du réalisme ».
Allégorie des cinq sens : l’odorat
La présentation du Petit Palais adopte l’ordre chronologique, avec les premières salles de sa production romaine puis napolitaine. On entre dans la première salle tendue de rouge où sont accrochés de grands portraits de philosophes, mendiant et deux tableaux des Allégories des cinq sens.
Un philosophe
Le philosophe ci-dessus est un modèle que le peintre fera souvent figurer dans ses compositions : avec son crâne chauve, rond, ses oreilles décollées. Je m’amuse à le chercher et à le retrouver au cours de l’exposition.
Une autre série est celle des Apostolados, les Apôtres, même format, même posture sur un fond le plus souvent très sombre avec un éclairage oblique.
Saint Barthélémy (je retrouve le chauve)
De grands tableaux sur des thèmes religieux sont très construits, éclairage clair-obscur caravagesque
Le Reniement de Pierre
le Reniement de Pierreme fait penser à un tableau de Caravage à Saint Louis des Français.
Jésus et les docteurs
A côté des grands tableaux religieux, une série de portraits des Apôtres, un cycle des saints martyrs et des Philosophes. Les grands penseurs sont représentés en haillons témoignant peut-être de la richesse intérieure contrastant avec l’aspect extérieur.
Esope
Ribera s’intéresse aux marges de la société, prend pour modèle la plèbe napolitaine, une gitane, les scugnizzi de Naples.
Le pied-bot
Grand tableau en pied d’un couple de barbus, l’un d’eux est une femme allaitant un enfant. Cette femme a vraiment existé. Un autre tableau très marquant est l’enfant au pied-bot. Goût pour les infirmités, les monstruosités.
martyre de Saint Bartélémy
Ribera fut aussi un virtuose de la gravure. Certaines caricatures témoignent aussi du goût du burlesque, qui annonce Goya. Certaines études de martyres ont été croquées sur place s’inspirant des tortures de l‘Inquisition active à Naples, alors espagnole. Un monsieur dans l’exposition a montré bruyamment sa réprobation, Non! d’après lui « l’Inquisition ne torturait pas, ne mettait pas à mort ». Saint Barthélemyaprès être crucifié est même dépecé, un tableau représente l’arrachement de la peau.
Apollo, et Marsyas
La plupart des tableaux illustrent des sujets religieux mais le peintre ne s’est pas interdit les grandes compositions mythologiques. Le supplice de Marsyas grimaçant s’apparente aux souffrances des martyrs. le Silène ivre est aussi monstrueux.
Certains tableaux sont plus clairs, plus souriants, colorés. Deux grands paysages dans les bleus sont agrestes, paisibles, de minuscules pêcheurs tirent des filets, un homme allume un feu… Décidemment, le peindre a plusieurs cordes à son arc!
C’est donc une bien belle et riche exposition. En introduction, un podcast de RadioFrance : des Midis de Culture
J’aime les surprises . Rien ne me ravit autant que la découverte d’un peintre inconnu dans un musée de province!
Alexandre Antigna (1817 – 1878) est un peintre orléanais, comme Corsaire qui édite sa biographie par Christian Jamet, historien de l’art. Biographie illustrée, 190 pages .
La première partie Les années de formation (1817-1845) présentent le jeune peintre dans sa ville : Orléans . J’ai apprécié apprendre comment un peintre apprenait le métier, d’abord à l’école de dessin dépendant de la municipalité selon « l’ancienne méthode » qui formait à la gravure, formation rigoureuse. Puis, à vingt ans le jeune peintre rejoint la capitale auprès d’un maître – Norblin – célèbre à Orléans pour son grand tableau La mort d’Ugolin. Le jeune Alexandre surnommé « en tignasse » se forme dans l’atelier du Père Suisse, « académie ouverte » fréquentée plus tard par Corot, Manet Cézanne et Renoir. Il suit l’enseignement de Delaroche qui lui transmet un grand sens de la mise en scène théâtrale et qui stimule ses élèves par des concours. En 1869, Antigna est admis ) l’Ecole des Beaux-Arts où le dessin est la discipline-reine et l’enseignement complété par des cours d’Art antique et de mythologie selon le modèle académique. En 1841, il présente un e Naissance du Christ au Salon. C’est donc un parcours académique classique.
Dans la seconde partie Sous la bannière du réalisme, l’auteur contextualise l’œuvre dans la perspective historique. Antigna est le peintre des pauvres gens. Il vit dans un quartier surpeuplé où la précarité, conséquence de la Révolution Industrielle, est criante. Une nouvelle classe émerge « l’espèce ouvrière » . Comme Courbet, Antigna va peindre des miséreux, des mendiants, des familles indigentes. La très belle peinture de Courbet : Les Casseurs de pierreillustre ce propos. Ce tableau détruit dans les bombardements de Dresde est extraordinaire. Antigna va subir des critiques féroces pour ce parti-pris « peintre rabat-joie qui cultive la misère« , « peintre des engelures », « gros mélodrames bien pantelants hier l’incendie, aujourd’hui l’inondation «
La Halter forcée
Ces tableaux L’éclair, L’incendie, la Halte forcée sont impressionnants. Le peintre met en scène des femmes et des enfants dans une mise en scène dramatique.
Mais Antigna ne s’engagera pas politiquement comme Courbet. par la suite il va même accepter des commandes officielles avec la visite de Napoléon III à Angers auprès des ouvriers de Trélazé dont la grève a été réprimée sauvagement, puis ayant souffert d’une inondation de la Loire.
Le scandale , à Orléans, sera déclenché par tout autre chose : un grand tableau de Baigneuses nues qui va choquer les bien-pensants et l’évêque d’Orléans Dupanloup.
Antignava aussi trouver son inspiration lors de ses voyages, à Gargilesse, il rencontre George Sand. La Bretagne sert aussi de cadre à ses compositions, il y peint des scènes pittoresques mais il a tendance à embellir la réalité
La troisième partie : l‘Apaisement (1860-1878)
Après les années 60, il obtient des reconnaissances du pouvoir impérial, des commandes, des décorations. Les tableaux sont parfois symbolistes. La couleur égaie des scènes d’enfants. Aimable peinture qui ‘intéresse moins.
J’ai apprécié ce voyage au cours du XIXème siècle, en très bonne compagnie. C’est donc une très agréable et très instructive lecture. Néanmoins, j’aurais apprécié peut être moins d’illustrations mais de plus grands formats. Seule la Visite de S.M. à Angers occupe une double page.
De Kiki de Montparnasse, je ne connaissais qu’une image, la photo de son dos prise par Man Ray.
Catel et Bocquetont mis en lumière cette « clandestine de l’Histoire« . C’est le 4ème roman graphique que je lis dans cette collection après Olympe de Gouge, Anita Conti et Joséphine Baker. Les auteurs ont appliqué la même recette : une grosse BD (336 pages) en noir et blanc avec des chapitres séparés par des pages illustrées d’une maison sous une adresse et une date. Une chronologie pour remettre de l’ordre dans les idées. Une série de fiches biographiques pour les personnages secondaires illustres, et enfin une bibliographie. Travail historique sérieux!
Kiki de Montparnasseest née Alice en 1901 à Châtillon-sur-Seine, petite campagnarde délurée plus encline à l’école buissonnière qu’aux grandes études. A 12 ans, elle monte à Paris gagner sa vie comme bonne chez une boulangère qui l’exploite. Un sculpteur l’engage comme modèle .
En 1918, elle s’installe à Montparnasse et continuera à poser pour les artistes. Elle fait la connaissance de Modigliani, Soutine, Kisling, Foujita...et devient Kiki. Elle partage la vie d’un peintre polonais Maurice Mendjisky mais continue à poser pour tous les artistes de Montparnasse s’essaie elle-même à la peinture et mène une vie très libre sans dédaigner alcool ni drogues..
Au début des années vingt, Man Ray l’introduit dans les cercles dadaïstes avec Tzara, chez Picasso et les surréalistes. Nous allons croiser et les Surréalistes, BretonCocteau. Kiki s’essaie aussi au cinéma. Elle est la muse des films expérimentaux surréalistes mais le cinéma américain la dédaigne, trop fantaisiste pas assez pro!
Nous la suivons dans ses aventures qui se terminent parfois très mal….A vous de lire!
J’ai beaucoup apprécié les scènes de café très vivantes et amusantes. En revanche, je suis restée sur ma faim en ce qui concerne les œuvres des artistes. Les amours et les brouilles m’ont un peu lassée. Kiki n’a pas l’envergure d’Anita Conti ni de Joséphine Baker!
La série policière des Juge Ti occupe une belle place sur une étagère depuis de longues années. Distrayante, exotiques. En rentrant de l’Exposition du Musée Guimet : La Chine des Tang,j’ai eu envie de m’y replonger. Avec les images des objets et sculptures.
Belle dame avec une fleur
Le Juge Ti débarque dans l‘île des Fleurs – île dédiée aux plaisirs, restaurants, maisons de jeux, commerce d’antiquités, et surtout prostitution haut de gamme. Les hôtels étant complets on le loge dans le Pavillon Rouge où deux drames ont eu lieu. A vingt ans d’écart, deux jeunes hommes s’y sont suicidés. Désespoir d’amour après le refus de la Reine des Fleurs.Coïncidence qui aiguise la curiosité du magistrat, d’autant plus que les circonstances semblent identiques.
Et si c’était un meurtre?
Il s’ajoute à cela la mort suspecte de la Reine des Fleurs du moment.
Le Juge Ti mène l’enquête. Enquête bien embrouillée avec des rebondissements et des personnages tout à fait inattendus. Il faut être bien attentif aux noms chinois que j’ai un peu confondus au départ.
Lecture fluide, facile, très agréable, sans prétention.
Chacun des volumes composant la Recherche contient le récit d’une soirée parisienne, nous y retrouvons toute cette société du Faubourg Saint Germain. Le prince de Guermantes a fait construire un nouvel hôtel avenue du bois et la Princesse de Guermantes n’est autre que Madame Verdurin. Quelques nouveautés mais aussi permanence des souvenirs comme les pavés inégaux sur le chemin des jardins des Champs-Elysées pris autrefois, enfant, avec Françoise
« comme un aviateur qui a jusque-là péniblement roulé à terre, «décolle» brusquement, je m’élevais lentement vers les hauteurs silencieuses du souvenir. Dans Paris, ces rues-là se détacheront toujours pour moi en une autre matière que les autres. »
En route il croise Monsieur de Charlus accompagné par Jupien, après une attaque, le baron est assez pitoyable, aveugle, mais toujours entreprenant avec les jeunes gens.
Un autre pavé inégal lui fait remonter tous ses souvenirs : la madeleine, les clochers de Martinville, les images de Combray et de Venise.
Le maître d’hôtel fait patienter le narrateur dans la bibliothèque pour ne pas interrompre le morceau de musique qui se joue au salon. Il y fait toute une méditation sur les souvenirs
« de la jouissance immédiate, chaque fois le miracle d’une analogie m’avait fait échapper au présent. Seul il avait le pouvoir de me faire retrouver les jours anciens, le Temps Perdu, devant quoi les efforts de ma mémoire et de mon intelligence échouaient toujours »
Et voici le Temps Retrouvé qui affleure par un jeu de mémoire :
je m’étais dit en cataloguant les illustrations de ma mémoire : « j’ai tout de même vu de belles choses dans ma vie
Et ce retour de la mémoire est une condition pour écrire.
Or, à toutes ces idées, la cruelle découverte que je venais de faire relativement au Temps qui s’était écoulé ne pourrait que s’ajouter et me servir en ce qui concernait la matière même de mon livre.
Il poursuit sa méditation en réfléchissant sur la théorie littéraire
je sentais que je n’aurais pas à m’embarrasser des diverses théories littéraires qui m’avaient un moment
troublé — notamment celles que la critique avait développées au moment de l’affaire Dreyfus et avait
reprises pendant la guerre, et qui tendaient à «faire sortir l’artiste de sa tour d’ivoire», à traiter de sujets
non frivoles ni sentimentaux, à peindre de grands mouvements ouvriers, et à défaut de foules, à tout le
moins non plus d’insignifiants oisifs — «J’avoue que la peinture de ces inutiles m’indiffère assez», disait
Bloch — mais de nobles intellectuels ou des héros.
D’où la grossière tentation pour l’écrivain d’écrire des oeuvres intellectuelles. Grande indélicatesse. Une oeuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix
La découverte dans la bibliothèque du prince d’un exemplaire de François le Champi le ramène à Combray, à son enfance, sa grand-mère qui aimait tant George Sand!
Ayant conscience du Temps perdu de sa collection d’images, de sensations, de goûts…il va pouvoir écrire son livre!
« vous savez, mes amis, que je ne mens pas quand je vous raconte que je suis entrée dans les palaces de rois et de reines, dans les maisons des présidents. Et bien plus encore. mais je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique et boire une tasse de café. Cela m’a rendue furieuse. »
Quand on a parlé de la panthéonisation de Joséphine Baker je ne la connaissais pas du tout . Cela évoquait « j’ai deux amours… », la ceinture de bananes, mais rien d’extraordinaire à mes yeux. J’ai découvert son rôle de résistante et cela me suffisait pour imaginer sa présence au Panthéon.
Catel&Boquet m’ont fait découvrir Olympes de Gouges et, puis récemment, Anita Conti avec la même volonté de mettre le projecteur sur des femmes oubliées ou méconnues.
J’ai apprécié la construction de courts chapitres toujours bien situé, dans le temps et dans l’espace, retraçant la vie de l’héroïne. J’ai bien aimé le graphisme et surtout le soin dans le décor et l’architecture. La biographie est suivie de tout un appareil de notes : chronologie, fiches biographiques des personnages secondaires croisés dans la BD, bibliographie…
J’ai découvert l’enfance à Saint Louis, Missouri, misérable, certes, mais tellement musicale. Joséphine avait une personnalité bien marquée et dès le plus jeune âge, a manifesté son indépendance. Elle se marie à 13 ans pour devenir une femme, se fait remarquer dans les bars et théâtres par son physique, son don pour la danse, ses facéties et sa personnalité. Remariée à 16 ans, elle ne se soumet pas à ses maris et mène toujours sa carrière de vedette jusqu’à Broadway où elle se fait remarquer par Caroline Dudley, épouse d’un diplomate français qui l’entraîne à Paris. Après les Ballets russes, les ballets suédois, le ballet mécanique qui mobilisent l’avant garde, elle a l’idée d’une Revue Négre en faisant venir des musiciens et danseurs américains. Sidney Bechet est avec elle sur le paquebot qui traverse l’Atlantique.
En Europe, pas de ségrégation, Joséphine peut entrer dans tous les lieux à la mode. C’est pour elle, un véritable soulagement et elle en sera toujours reconnaissante à Paris. Elle connaît un véritable triomphe. Le lecteur a le plaisir de croiser au fil des pages tout le gratin, de Cocteau au Corbusier, Colette, Georges Simenon et tant d’autres.
Pendant la guerre, son engagement dans la Résistance la conduit en Afrique du nord, Maroc et Algérie et même dans la Corse nouvellement libérée où elle vit un crash aérien (sans conséquences)
Vedette internationale, elle enchaîne les spectacles et les tournées, les extravagances aussi. Elle retourne voir sa famille et retrouve la ségrégation. Elle aura toujours à cœur de lutter pour les Droits civiques des Noirs, cause dans les lieux publics huppés blancs des scandales et se voit même accusée de communisme. On la découvre auprès de Martin Luther King….
Son utopie famille arc-en-ciel composée de 11 enfants adoptés, d’origines, religions, couleurs différentes, dans son château des Milandes la mènera à la ruine financière. Mais c’est une autre histoire.
Notez que le livre a été publié en 2016 et la panthéonisation date de 20 21.
Une belle collection de femmes illustres! je viens d’emprunter Kiki de Montparnasse que je vais découvrir.