Assouan : achats au souk

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

 

Assouan – achats au souk épices

 Dans la première boutique nous achetons deux coupelles d’albâtre pour 10 euros.

Les marchands d’épice ont allumé des morceaux d’encens qui fument. Les odeurs d’épice et d’encens se mélangent dans un parfum très fort. Pour nous appâter, un commerçant dépose une pincée de poudre dans la main et  fait deviner. Nous reconnaissons l’anis, le cumin (facile !) mais nous calons devant une masse grisâtre de racines et de tiges emmêlées : c’est du lotus. Si nous la plongeons dans l’eau elle reprendra son volume et dégagera son parfum.Cela se vend au poids et vaut quelques piastres le gramme. Sur la balance deux pieds atteignent 20 LE. Il ne faut pas oublier de marchander, nous les emportons pour dix. Cela vaut sans doute moins et qu’est -ce que cela donnera de retour à la maison ?  Mystère !

nappes

J’ai envie d’une nappe damassée . La mise à prix est de 19 euros, on arrive à s’entendre pour 20 euros les deux nappes. Malheureusement le marchand n’a pas en magasin le bleu foncé que je souhaite. Nous renonçons – pensant trouver du bleu ailleurs – quoique le vert foncé et le jaune me plaisent bien,. Bien que le souk soit grand, il y a peu de marchands de nappes. Un autre commerçant veut faire affaire. Il assure « du bleu, il y en a ! » nous discutons du prix, il demande 35 livres, je maintiens mon offre à 20 Euros les deux. Nous nous en allons, il ne nous rappelle pas. Nous cherchons ailleurs. Puis revenons, acceptons un compromis 20 euros et 5 LE. Il nous offre des chaises et nous plante seules dans son magasin. Il y a plein de bondieuseries coptes très kitsch, un crucifix électrique comme veilleuse, des fioles à parfum, des animaux sculptés. On pourrait tout embarquer. On nous fait confiance. Au bout de dix minutes, il revient bredouille, il a cherché des nappes bleues chez tous ses collègues. Dommage ! En tout cas je me suis bien amusée.

D’Assouan à Gournah en convoi

Premier voyage en Egypte 2002

Fleurs rouges

 

 

Photos des arbres en fleurs
Pour la première fois depuis notre arrivée en Egypte, le ciel est sans un nuage. Lumière idéale pour les photos. Nous devons patienter une demie-heure le départ du convoi. Aujourd’hui, les militaires sont particulièrement consciencieux. L’un d’eux passe un miroir emmanché sur une longue tige sous les véhicules pour examiner sous le chassis des voitures et des cars.

Je pars photographier les arbres aux grosses fleurs rouges. Je découvre, en passant, le Club des Officiers, l’endroit le plus luxueux de la ville, entouré de  jardins très bien entretenus. Les arbres rouges sont beaucoup plus loin que je ne le pensais. Je surveille l’heure à ma montre. Quand je reviens au car, D,très énervée,  me dit  que j’ai failli retarder le convoi.

Voyage en convoi
Le voyage dure trois heures.  Les gens, en famille dans les champs, coupent la luzerne à la main.  La  récolte de la canne à sucre bat son  plein, elle est mécanisée, elle. Des douzaines de tracteurs avec des remorques pleines attendent devant la sucrerie de Kom Ombo. Les tractoristes dorment sur leurs sièges. Cette faculté qu’ont les Egyptiens de dormir n’importe où  me sidère : les felouquiers, les cochers des calèches, les chauffeurs de taxi dorment sur place dès qu’ils ont un moment. Peut être est ce la chaleur ?

Les hérons gardes-bœufs (ou des aigrettes) sont très nombreux quand un fellah laboure son champ, ils sont peu farouches.
L’oasis le long du Nil est vraiment une bande très étroite. Tout est cultivé merveilleusement mais quelquefois la largeur n’excède pas quelques centaines de mètres.

Nur el Gournah : Tombes des Nobles

 

 

Nous arrivons à midi avec grand plaisir à Nur El Gournah. Nous rentrons « à la maison ».
Les billets d’avion sont bien là dans la valise que nous avons laissée. J’ai eu drôlement peur!  Il faut confirmer le vol par téléphone. Le numéro est au Caire. Impossible de téléphoner de chez Mahmoud, le téléphone est restreint aux appels locaux. Ashraf m’emmène à Medinet Habou à la cabine et me prête sa carte de téléphone.

Tombes des Nobles

tombe de Ramôsé

Après une petite sieste, nous visitons deux tombes de Nobles : Nakht et Ména.
En  route, nous trouvons un petit guide de treize ans. Il parle bien Anglais et il exerce son autorité sur une bande de gamines qui nous assaillent. Il a beau être tout petit et maigrichon, avec une coupe de cheveux enfantine et un sourire d’ange, il a déjà une grande prestance. Nous distribuons chicklets aux fillettes qui se disputent. L’une d’elle vient avec deux Euros, et veut huit livres, ce qui est un change correct. Nous lui disons que nous n’avons pas la monnaie ?
Les tombes sont très belles.La vie aux champs, les vendanges, un vol de canards y sont représentés ainsi que des musiciennes et des chanteuses. Il y inflation dans le prix du bakchich depuis la semaine dernière, 5 livres contentaient un gardien qui avait fermé les yeux quand nous avions pris des photos, le gardien ici est furieux et demande de rajouter deux livres.

Comme je n’ai plus de monnaie, la fillette de tout à l’heure survient fort à propos, elle propose de changer mon billet de 10 livres, un euro et six livres. Cela arrange bien nos affaires et les siennes. Les touristes donnent des pièces d’un euro aux enfants qui sont contents parce que cela fait quatre fois plus que le billet d’une livre ensuite ils ne savent plus quoi faire de nos pièces.La banque ne leur échangera pas la petite monnaie. Le petit guide est vexé que je ne lui donne que 4 LE, il me rend les billets avec dégoût. Il reviendra bien vite les rechercher.

Soirée
Nous rentrons à pied par l’agriculture en prenant les colosses de Memnon pour repère. A la tombée de la nuit un vent fort soulève des nuages de poussière.

 

Gournah : Deir El Bahari, temple d’Hatshepsout

Premier voyage en Egypte 2002

 

Montgolfière
7 heures, un curieux bruit me tire du lit : comme un souffle puissant juste au dessus de nos têtes.  Une énorme bulle verte – une montgolfière – survole la maison. La flamme s’élève dans un bruit de chalumeau.

le temple d’Hatshepsout à Deir El Bahari.

L’ édifice en terrasse est vraiment impressionnant. Dans un cirque  de falaises roses, les terrasses s’enchâssent, comme naturellement, dans la roche.
Pas un nuage, il fait très chaud. Nous grimpons les rampes très bien (trop ?) restaurées pour arriver aux colonnades. La troisième terrasse est interdite, on nous dit que Moubarak doit venir demain (ce n’est pas vrai, il est à Washington).

Une conférencière commente les fresques et les bas reliefs protégés par une barrière, dans l’ombre, qui racontent l’expédition d’Hatshepsout au pays de Pount. La végétation  est luxuriante, les animaux, africains : girafes, éléphants et babouins. Il y aussi des soldats, des marins. Les barques sont chargées de marchandises. La pesée des trésors sur une balance, ressemble à celle d’Osiris – la pesée des âmes – sauf qu’ici la plume de Maat et le cœur sont remplacés par trois bœufs d’un côté et de l’autre un monceau de trésors.

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Malheureusement on ne voit guère la reine. Son successeur Thoutmosis a fait marteler ses traits et il ne reste plus que le fantôme de sa silhouette dans les fresques représentant les divinités.

Dans une aile : le temple d’Hathor, la vache y est représentée sous diverses formes.

Il fait vraiment très chaud à onze heures sous un soleil sans nuages. Nous rejoignons la Vallée des Artisans par un sentier qui passe par un petit col. La promenade n’est pas bien longue, deux kilomètres environ. Quitter les sites contrôlés, et marcher au jugé dans la montagne thébaine,  a un petit goût d’aventure.

Gournah : l’école derrière le gîte de Mahmoud

Premier voyage en Egypte 2002

 


Dernier après midi

Sur notre terrasse, simplement le bonheur de se reposer devant le paysage, maintenant familier, les colosses de Memnon. Dans la salle à manger d’été sur les banquettes à l’ombre. Je commande un dernier kerkadé.

L’école
Des voix enfantines ânonnent en chœur. On dirait une école ! Juste derrière nous, derrière le mur de terre qui jouxte l’enclos des chèvres et le wc du restaurant.
Les enfants  sont assis par terre. Seul mobilier scolaire : deux tableaux noirs encastrés dans le torchis.

Des dizaines d’enfants sont arrivés là sans qu’on s’en rende compte. Les deux maîtres en galabieh claire, étonnamment silencieux, s’occupent des plus petits. Un groupe de fillettes se tient  face à un tableau  couvert d’écriture. L’une d’elle tient une badine et suit le texte, les autres lisent à haute voix. Une autre la remplacera A l’ écart, les garçons les plus grands assis en tailleurs par petits groupes, lisent le Coran, chacun a le sien.
Dans l’encadrement de la porte, les « parents d’élèves »attendent, accompagnés d’autres enfants et des femmes de la maison de Mahmoud. Tout le monde suce de la canne à sucre.  Une femme m’ en offre un tronçon,  et me l’épluche avec ses dents.

D  fait des photos et distribue des dragées de chewing-gum-gum. Si j’étais à la place du maître, je ne serais peut être pas ravie de notre intrusion. Les deux instituteurs ne manifestent aucun signe d’agacement. Étrange école, sans table, sans bancs, sans cahiers ni livre. Est-ce  l’école coranique ? En plus de l’école d’Etat,? Est-ce l’étude ? Personne ne nous renseigne. Dans les écoles les enfants sont en uniforme, pas ici.

Dernière soirée à Louxor

Premier voyage en Egypte 2002

 

 Nous hâtons les adieux. Il faut traverser le Nil avant la fermeture du pont à six heures.

Musée de la Momification

Le musée de la Momification est moderne, cher, bien présenté: de belles vitrines bien éclairées dans une pièce sombre. La visite n’est pas bien longue.

    Son et lumière à Karnak

Louxor by night
Nous prenons une calèche pour aller à Karnak.     Le parcours est commenté de façon grandiloquente, c’est la loi du genre. Si on ne fait pas trop attention au texte pompeux, c’est une occasion magnifique de revisiter le temple.
Ensuite nous allons poireauter de longues heures. Court intermède : derniers achats de Halva et de gâteaux dans le quartier des souks très animés, c’est là que nous aurions dû aller plutôt que de rester sur la corniche déserte !
Salle d’embarquement, les boutiques hors taxe font diversion, on achète pour trois fois rien des fioles à parfum. Une boutique a la très bonne idée de passer des vidéos sur l’Egypte Antique : ultimes révisions.

VERNANT VIDAL-NAQUET : Œdipe et ses mythes

Lire pour la Grèce

J’avais emprunté ce titre à l’occasion de notre voyage en Grèce, l’an passé. Je l’ai oublié, au Louvre. C’est bien la première fois que je perds un livre de bibliothèque. On préférait que je le remplace plutôt que de me faire payer. Hélas, il est épuisé. Je l’ai trouvé presque un an plus tard, en occasion, sur Amazon. Voilà donc un livre bien cherché et bien désiré. Je ne sais si l’attente a été pour quelque chose dans le plaisir de  lire.

Cette étude de mythes (insister sur le s du pluriel) a été un grand plaisir.

Chacun connaît le complexe d’Œdipe ainsi que l’essentiel de la tragédie. L’étude à la loupe par les deux hellénistes réserve de nombreuses surprises. Vernant fait un sort à l’analyse psychanalytique surtout quand elle est étendue aux autres mythes de l’Antiquité grecque. Ce n’est pas son propos. Il insiste sur le fait qu’Œdipe ne connaissait pas Jocaste pour sa mère ni Laïos pour son père.

L’antiquisant nous fait découvrir d’autres mythes, inconnus de moi ,autrement plus étranges : Œdipe, le héros au pied enflé, celui qui boîte, celui qui ne marche pas droit…. Œdipe, celui qui sait et déchiffre l’énigme de la Sphinge mais qui ne sait rien de lui-même. Le même Œdipe qui est allé à Delphes et y a cherché son identité mais qui a mal interprété   l’oracle. Le clairvoyant qui s’est aveuglé. Œdipe le roi qui assume le rôle du pharmakos, le bouc émissaire. Œdipe qui ne voulait pas connaître ses origines craignant de se découvrir de basse extraction alors, justement qu’il est fils de roi. La tragédie prend alors tous ses sens cachés. Vernant nous fait aussi découvrir la naissance de la tragédie au 5ème siècle. Sens cachés, double langage des oracles et des dieux, retournement de situations…

La richesse de cette étude est telle qu’une seule lecture n’est que déchiffrement, et que je vais avoir de la peine à rendre ce livre.

Bucarest/Paris en chanson! Florin Chilian – DIX (10)

Encore une mélodie  pour un court voyage  de 4 minutes, envoyé par un ami roumain

Florin Chilian – DIX  (10)

 

Dix événements étranges et un miracle
Vous ont amene chez moi, dix
Dix peintres sont tous surpris sans cesse
Comme tu est si belle

Dix jours passent, c’est absurde, que je ne sais pas
Je ne sais pas comment, je ne sais pas où, je ne sais
Meme si je vais vivre dix vies avec toi
Tout serait si peu

Deux étoiles, en parallèle
Des etoiles –  larmes nouees et
Leur lumières sont
Tous, pour vous

Quatre princes, trois châteaux
Des eaux, des chaînes magiques et
Tout le ciel au-dessus
Tous, pour vous

Dix événements étranges et un miracle
T’ont amene chez moi, dix
Dix peintres sont tous surpris sans cesse
Comme tu est si belle

Dix jours passent, c’est absurde, que je ne sais pas
Je ne sais pas comment, je ne sais pas où, je ne sais
Meme si je vais vivre dix vies avec toi
Tout serait si peu

Sept fées, toutes les bonnes
Des lucioles-espoirs dans la nuit et
Les nains des contes
Tous, pour vous

Neuf(9) mages qui arrivent ce soir
Un fer à cheval, en haut, loin
Les trésors de mon  coeur
Tous, pour vous

Dix événements étranges et un miracle
T’ont amene chez moi, dix
Dix peintres sont tous surpris sans cesse
Comme tu est si belle

Dix jours passent, c’est absurde, que je ne sais pas
Je ne sais pas comment, je ne sais pas où, je ne sais
Meme si je vais vivre dix vies avec toi
Tout serait si peu

j’ai trouvé à la mélodie et surtout à son interprétation un air latin d’Italie mais mon correspondant roumain n’est pas d’accord!

lire pour la Grèce : Nikos KAZANTZAKI : Lettre au Greco

Lire pour Voyager/voyager pour lire

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Nous avions visité près de Cnossos, la maison de Kazantzakis, blanche et fleurie. A l’intérieur, ses livres et des photos de mise en scènes théâtrales.

Je croyais deviner l’auteur à travers Zorba. Le narrateur et son manuscrit sur Bouddha, c’était lui. Le personnage de Zorba tellement puissant avait occulté celui de Kazantzakis. Je l’imaginais très différent de celui que livre cette autobiographie. Je l’imaginais, comme Zorba, Crétois puissant et bon vivant. Je découvre un homme rongé par la quête inquiète de Dieu, de l’âme, très mystique détaché des plaisirs terrestres. Enivré à la vue d’un amandier en fleur ou de la contemplation des étoiles mais dédaignant le vin fuyant la femme. Gratte-papier et rat de bibliothèque.

Grand voyageur. Ses voyages sont plus des pèlerinages que des aventures. Ce n’est pas l’aventurier Zorba ! C’est le pèlerin qui parcourt la Grèce, Homère et la Bible à la main. Que ses pas mènent au Mont Athos, à Jérusalem, au Saint Sépulcre, puis au Sinaï où il manque de se faire moine au monastère sainte Catherine. Puis il parcourt l’Italie et séjourne à Assise.

A Paris, il découvre Nietzche et part sur ses pas. A Vienne, Freud, une curieuse maladie psychosomatique lui déforme le visage pour fuir une relation charnelle avec une femme. De Paris et de Vienne, peu de descriptions. Sa vie semble s’être cantonnée aux bibliothèques et aux salles de conférences.

Découverte de Bouddha. Puis Berlin, des femmes juives semblent le détacher du bouddhisme et le conduire à Lénine.

Moscou, Saint Sépulcre rouge ! Communion avec les foules révolutionnaires. Encore l’esprit mystique !

De retour en Crète, il semble s’apaiser et trouver l’écriture.

Toutes les préoccupations mystiques, son inquiétude et sa recherche de l’âme, surprennent. J’ai parfois du mal à accrocher. L’écrivain est tellement sincère et puissant que mes réticences fondent. Quand il rencontre enfin Zorba, je me laisse convaincre. Description tellement vivante de la Crète.  Puissance d’évocation de tous les mythes fondateurs. Enfant, il racontait la Vie des Saints, gorgé d’Homère et de mythologie antique, la Grèce semble complètement animée. Tous les personnages réels ou imaginaires forment une légende qu’il se plaît à réécrire. Aussi bien quand il évoque Albert Schweitzer qu’Ulysse, son grand père paysan, ou un aïeul corsaire. J’ai envie de relire Zorba.

 

Vassilis Alexakis : Le Premier Mot – Stock – 459p.

LIRE POUR LA GRECE???

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Voire : l’essentiel du roman se déroule entre le boulevard Haussmann et à Montparnasse. Le voyage le plus aventureux étant une visite au Musée de la Préhistoire à Saint Germain en Laye, par jour de grève du RER ! Alexakis écrit directement en Français. Et pourtant je me trouve baignée dans la culture grecque. Par le bonheur des mots.

La narratrice raconte son frère Miltiadis, un brillant universitaire, professeur de lettres comparées, à Paris qui a quitté Athènes en 1967 à la suite de la prise de pouvoir des colonels et qui y vit avec Alliki, grecque elle aussi et leur fille Théano qui parle, elle, français. Le roman commence à la veille de Noël qu’ils fêteront en famille. Le soir du 1er de l’an,(p200) Miltiadis succombe à une hémorragie. La narratrice rentrée à Athènes reprend l’avion pour Paris et elle y restera quelques semaines. Peu d’action, aucun suspens, l’intérêt est ailleurs.

L’intérêt est dans le plaisir de la conversation. Les protagonistes sont bavards,  presque tous des universitaires, des linguistes,  aussi neurophysiologistes (une apparition de Changeux), ou préhistoriens. Plaisir des mots, le mot provenant de son contraire le silence mot/muet , absence des mots pour la jeune sourde qui s’exprime par la langue des signes, mots exotiques, du sanscrit au livonien ou au basque…origine ancienne des mots, Miltiadis s’amuse à construire des phrases françaises uniquement avec des mots d’origine allemande, ou arabes .  Son chef d’œuvre est l’histoire du « philosophe Polyandre, poète,  du triomphe d’Eros, démiurge de l’épopée satirique démocratie phagocytée par la politique et d’une anthologie d’aphorismes blasphématoires, critique de cinéma à ses heures eut un épilogue tragique, ostracisé par le Tyran Monotone Archéoptéryx, il fut saponifié par électrolyse au monastère monophysite de l’Eucharistie, à Nécropole. ». Jubilatoire !

Avant sa mort, Miltiadis a exprimé le souhait de connaître le premier mot de l’humanité.  Sa sœur, la narratrice, se lance dans une quête très sérieuse auprès des sommités scientifiques pour trouver ce mot de l’origine. Le premier mot ressemble-t-il aux balbutiements des bébés ? A-t-il été prononcé par les premiers hommes autour d’un feu ? Ou chanté en marchant lors de la longue migration qui a emmené Homo sapiens d’Afrique en Europe ? De longues digressions étayent ces hypothèses. Plus ou moins sérieuses, ou farfelues…

La Grèce n’est pas oubliée. La narratrice sait qu’en perdant son frère elle a perdu le témoin de leur enfance en Grèce, de leurs parents décédés. Elle a le pouvoir d’entendre les fantômes de ses parents et entretient un dialogue permanent avec Miltiadis après sa mort. Classant des papiers et retrouveson journal racontant de pittoresques évènements survenus pendant ses vacances dans les îles…