Pâques à la campagne autour de l’agneau pascal

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 

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9 heures, le village est  encore endormi ;  à l’église, ce matin, seulement les voix des femmes. La dame de la taverne arrose sa terrasse plus tard que d’habitude. Les gros nuages menaçants d’hier soir ont disparu. Il fait déjà chaud.
La dame nous a fait cadeau de deux œufs rouges décorés avec un motif blanc au pochoir: une feuille d’arbre, ainsi que de 2 sablés qu’elle a préparés elle-même.

Virée dans la campagne

Nous en avons assez des bondieuseries et des visites de monastère !

But de la journée : la campagne environnante.

But inavoué : se faire inviter dans un village à partager l’agneau pascal rôti.

Réserve naturelle

Au dessus des Météores, la montagne a été classée Réserve Natura 2000. De là, la vue est magnifique : à l’est la plaine de Thessalie, Trikala toute blanche, au sud les monastères et les rochers, au-delà les sommets enneigés. Des panneaux avec des cartes de randonnées sont installés au col mais tout est en grec, sans échelle,  pas trop lisible.
Un affût en bois a été construit sans doute pour l’observation des rapaces, aigles et percnoptères. Malheureusement, il est fermé. Nous nous consolons vite en herborisant : les anémones sauvages sont merveilleuses, roses, mauves et rouges. Il y a également de toutes petites fleurs  jaunes  avec des taches noires sur le cœur « Gaille midi », trois belles orchidées roses. Je suis comblée.

Les troupeaux et les chiens

La promenade commencée sur un chemin de crête, tourne court : un chien blanc nous dissuade énergiquement de poursuivre plus avant. Au tournant suivant de la petite route, la vue est encore plus belle. Je commence un dessin. Au-dessus de nous, les vaches paissent, surveillées par six chiens bien trop occupés par leur travail de berger pour venir vers nous. Dominique reste prudemment près de la voiture, en cas d’attaque. Elle lance du pain à une jolie chienne brungé très efflanquée et craintive. Les cloches du village se mêlent à celles des vaches qui remontent. Je viens à peine de terminer mon dessin qu’un autre troupeau surgit, accompagné de cinq ou six molosses.

Eskopi, le jour de Pâques

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L’agneau à la broche dans chaque cour

Les étables sont de basses cabanes bricolées de bric et de broc, recouvertes de tôle ondulée. Le village de Vlachava s’étage sur la  colline, la route ne le traverse pas. Eskopi correspond exactement au stéréotype de « village-grec-le-jour-de-Pâques » : maisons basses blanches, tonnelles de vigne et buissons de lilas en bouquets violets. Dans les cours, tournent des agneaux embrochés. Je demande la permission de photographier un vieux monsieur. En face, une vieille dame en noir surveille la cuisson de ses deux agneaux. Des hauts-parleurs diffusent de la musique grecque. Nous traverserons plus tard d’autres villages, mais aucun ne nous paraîtra aussi festif.

Au bord du ruisseau

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Quand les chênes sont remplacés par les platanes, un ruisseau coule toput près. La pause-apéro est très réussie, dans le creux du ruisseau coulant sur du grès gris. Les têtards s’agglutinent sur les bords sableux du lit peu profond, là où il n’y a pas de courant. Deux sortes de vasques sont creusées dans les  rochers ; celle du bas est profonde et très peuplée : grenouilles énormes qui coassent, notonectes, nèpes que j’observe avec curiosité ;  la vasque  du haut ressemble à une coquille d’où s’échappe une petite cascade sous un jeune platane aux feuilles encore duveteuses. D me fait la surprise de servir les pistaches et noix de cajou de Kalambaka qui accompagnent le jus de cerise. Je ne résiste pas à la tentation de tremper mes pieds dans l’eau fraîche, attention cela glisse !

Nous poursuivons la virée au hasard. Traversons des villages, certains décevants : pas d’agneau à la broche. Dans d’autres, les gens sont attablés dehors sur de longues tables.

Nous cherchons notre coin pique-nique avec beaucoup de soin et poursuivons un chemin de terre qui traverse une chênaie coiffant une montagne. A un tournant : deux belles tortues, la toute petite que Dominique avait trouvée hier était plus craquante, mais celles-ci me plaisent bien. Notre emplacement est ombragé : une belle pelouse sous des amandiers avec vue sur la plaine et les crêtes au loin.

Un panneau signale une église, toute petite, basse, endommagée par le tremblement de terre de 1995. On a reconstruit un porche moderne ouvert. Les fresques du narthex (fleuve rouge qui descend vers l’enfer à droite, porte du paradis à gauche),  tout est visible de l’extérieur. Les fresques sont récentes, 18ème, un peu décolorées, oranges et bleues, mais soignées pour une église aussi perdue.

perdues en forêt

Comment retrouver la route ? Revenir en arrière par le mauvais chemin ou chercher la sortie vers une autre route ? J’ai entrevu des maisons plus loin. J’en conclus que le village suivant ne doit pas être bien loin. C’est une grave erreur : les maisons sont en ruine, abandonnées. Le chemin se creuse d’ornières de plus en plus profondes. Nous arrivons à une étable vide. Les animaux ont effacé la piste avec leurs sabots. Un pauvre renard mort gît, c’est le troisième que nous voyons. Il faut rebrousser chemin. Je me repens amèrement d’avoir conseillé cette direction. Dominique a l’air de bien s’amuser dans son rôle de pilote de rallye. Elle me propose de marcher. Elle m’attendra plus loin pour faire refroidir le moteur. Cette forêt est peuplée, les buissons bruissent de toutes sortes de passages d’animaux : tortues, lézards, oiseaux, geais, pies et corbeaux. Dominique déniche un petit caméléon. Finalement elle parvient au bout de la piste, mais voici que nous avons raté la petite route d’Eskopi. Nous rentrons par la route de la plaine, large et droite qui rejoint Kalambaka. La mauvaise humeur et la fatigue gagnent.

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Nous terminons la  balade où nous l’avions commencée, sur le petit col au-dessous de Vachlava, au-dessus des troupeaux de vaches, sur une pelouse rase, sous les amandiers, fleurie de magnifiques asphodèles. Je ne résiste pas au plaisir de dessiner les asphodèles. J’envoie mon SMS « entre amandiers et asphodèles… ! » Nous attendons le coucher du soleil pour rentrer à Kastraki.

La fête au village

C’est la fête sur la place : les femmes chantent. Les hommes dansent en ligne, costume sombre, chemise blanche et cravate. Malheureusement, c’est la fin, nous avons raté les danses. Notre courette est remplie de très vieilles, toutes de noir vêtues. La femme de Nikos leur apporte un gâteau qu’elle vient de sortir du four. Elle nous offre deux parts brûlantes dans une assiette d’un feuilleté à l’omelette sucrée chaude. Ce n’est pas franchement l’heure des sucreries, mais l’attention nous touche beaucoup. Elle nous a déjà fait des cadeaux ce matin. De plus c’est délicieux. Je me contenterai d’une salade grecque pour dîner.
A la télévision, très belle émission musicale, il me semble reconnaître Theodorakis.

Thessalie et arrivée au Pélion: Milina

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 


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Traversée de la Thessalie..

La route est facile par Kalambaka, Trikala, Larissa et Volos, deux heures en grande partie sur des 4 voies entre des champs de maïs irrigués dans la plaine jusqu’à Larissa, puis du blé sur les contreforts des collines. Dès qu’un espace  n’est pas cultivé, les coquelicots s’épanouissent en un tapis rouge violent.

Volos et le Pélion
Volos :  tout est fermé le lundi de Pâques. La route du Pélion longe d’abord la côte assez urbanisée, petites maisons blanches, tavernes tout le long des plages de galets. Nous faisons un arrêt devant la plus jolie taverne qui soit, sur une plage abritée par une belle oliveraie, maison à étage, tables bleues, chaises de bois, dentelles aux fenêtres encadrées de  volets bleus,  grecs. Je me trempe les pieds dans la mer, c’est frais. La route quitte ensuite le bord de l’eau. Le paysage devient sauvage, un peu comme en Corse . A Milina, le relief s’adoucit.

Arrivée à Milina

Milina est une petite station balnéaire étirée le long de la mer. Les cafés ont installé leurs terrasses au bord de l’eau. Il règne une charmante animation, ce lundi de Pâques. Les boutiques sont ouvertes, cafés et restaurants sont pleins Sur le parvis de l’église, le pope est sorti, entouré d’une foule endimanchée.

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Notre gîte : studio Panorama

Les Studios Panorama sont à la sortie du village, on ne peut pas manquer le grand écriteau qui surmonte le portail. Nous garons la voiture à l’ombre des  eucalyptus sur le bord de l’eau et levons les yeux pour découvrir les maisons blanches, perchées très haut sur la pente. Des escaliers très raides grimpent tout droit dans le verger. Nous sommes atterrées : non seulement, il faut monter les bagages, mais ensuite D se sentira prisonnière là-haut. Découragées, nous déchargeons valises et sacs. Mentalement, je maudis Internet.
Un homme aux cheveux blancs et sa femme nous attendent de l’autre côté de la route. Ils ne parlent que le grec. Le vieux sort son téléphone pour appeler Sakis. Puis il me tient un  discours d’où ressort le mot « lift », empoigne nos valises et nous conduit à une  plateforme : le « lift ». Plutôt qu’un ascenseur, c’est un funiculaire dont les roues de fer glissent sur deux rails tandis qu’un câble métallique s’enroule autour d’un bidon. Des herbes poussent sur le ciment. Une belle giroflée rose violacée se trouve juste sous la plateforme d’arrivée peinte en gris clair. Elle est équipée d’une rambarde à l’avant et à l’arrière mais sur le côté c’est le vide. Nous sommes loin des « normes de sécurité européennes ». Pour l’actionner, le bouton du bas « kato » pour descendre, celui du haut « pano » pour monter, c’est facile à retenir. Le départ est brusque, il faut s’accrocher à la rambarde. Ensuite l’ascenseur s’élève entre les terrasses de citronniers en fleurs et en fruits, d’orangers et d’oliviers qui embaument. Je compte huit terrasses – huit étages – et arrive sur une terrasse dallée, fleurie de magnifiques rosiers, entre deux maisons blanc.

Il nous faut encore gravir une vingtaine de marches de marbre blanc pour entrer au studio. Et nous voici chez nous !

Notre appartement est composé d’une très vaste salle à vivre avec un coin cuisine, une table et deux chaises, un canapé. La chambre est toute blanche avec un grand lit au couvre-lit blanc, une armoire blanche. Seule la tête de lit, les tables de chevet et la porte en bois sombre ressortent. Même les lampes sont blanches. Lorsqu’on ouvre la fenêtre pour aller sur le balcon on est stupéfait. La vue est encore plus spectaculaire que sur la photo d’Internet. On plonge dans la mer. La baie est splendide avec son petit port de pêche à nos pieds où sont amarrés seulement trois bateaux, la petite île toute proche (700 mètres), la côte verte et, au loin, les crêtes de Thessalie.
Sakis nous montre la piscine sur la terrasse supérieure (10ème étage), carrelée de bleu, profonde de 3m. Dès que nous sommes installées, je descends au village faire les courses. Je rencontre Olga assise à une terrasse de café. Tous les magasins sont ouverts jusqu’à 9 heures du soir sans même une interruption pour la sieste.

Première baignade

Après le déjeuner sur le balcon, nous montons à la piscine. J’hésite longtemps avant de me jeter à l’eau. Comme toujours, ce sont les premiers allers-retours qui coupent le souffle. Avec le mouvement, le corps se réchauffe et s’habitue à l’eau froide,je compte les longueurs,trente en tout. Les immenses parasols se déploient à l’aide d’un cordon et d’une poulie, mais il y a un « provlima » d’après Athanassios, le père de Sakis qui s’installe près de nous, sous l’olivier.

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Nous partons explorer la côte en direction du sud. A un kilomètre ou deux de la maison, un petit restaurant et une marina ; plus loin, dans un petit chantier naval on répare et entretient de très beaux voiliers.  Quand la côte est basse, la plage se réduit à quelques cm de graviers. Puis la route grimpe dans une garrigue et dans des oliveraies. Quand la côte est plus rocheuse, nous découvrons des criques inaccessibles. Le spectacle est à couper le souffle. Parfois, une maison est tapie dans la végétation ou blottie dans sa petite anse. Sous une oliveraie très bien entretenue, un port miniature : une belle maison blanche à étage avec un escalier extérieur flanquée d’une aile et d’une cour carrée sur un petit quai arrondi. Parfois une bergerie de tôle est bien cachée dans la végétation. Nous aimerions faire un arrêt, prendre des photos. Rien n’est prévu pour stationner. La route est si large que deux semi-remorques pourraient se croiser, il n’y a guère de circulation. Je propose de laisser la voiture tout simplement sur le bord de la route. Finalement, je dessine la belle maison, assise sur l’asphalte, les jambes pendantes. En une heure, il ne passera que deux ou trois voitures.

Nous avons rendez-vous avec Sakis pour le coucher du soleil à 19H45. Le soleil encore haut, orange, éclaire d’une lumière chaude les rochers et la digue. Les crêtes deviennent de plus en plus nettes, roses puis violines. Un banc de nuages l’engloutit. Il en ressort une boule rouge, zébrée de fines bandes noires qui va se cacher derrière les montagnes.
La nuit est tombée, au village, toutes les boutiques sont ouvertes. L’animation du midi fait place à une calme soirée. Les Athéniens venus pour le week-end pascal préparent leurs valises ou sont déjà sur les routes.

Pélion :Milies, le petit train – Afissos, Jason, les Argonautes

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 


Oiseaux du matin

6H30, le pépiement des oiseaux annonce le lever du jour. Les moineaux se perchent sur l’auvent de l’appartement voisin. La mésange bleue a fait son nid dans le tuyau d’aération, elle picore un jeune abricotier. Les hirondelles volent en escadrille, rasant les oliviers. Sur l’eau, un groupe de mouettes suit le bateau du pêcheur. A la piscine, les hirondelles ont fait un joli ballet, se poursuivant et plongeant à la surface de l’eau – pour chasser ? – pour boire ?- se rafraîchir ? L’une touche l’eau bruyamment un court instant, suivie immédiatement par une autre.

Mer d’opale

Au petit matin, l’eau est un miroir lisse, argenté. Une brume opalescente noie les crêtes qui se confondent avec les îles. Le bateau orange agite l’eau. Le pêcheur relève ses filets. Il ne s’éloigne pas et reste à une centaine de mètres de la côte.
Au petit déjeuner, nous le retrouvons sur la jetée en face du café en train d’enlever les poissons des filets. Il y a aussi de belles seiches. Les hommes du village sont là pour apprécier la pêche du jour. Le poissonnier a arrêté sa camionnette rouge. Dans ses cuves, sur de la glace, des sardines – 4€ le kilo – nous en achetons pour 2€, pour moins, il ne vend pas.

Argalasti

Argalasti, est une petite bourgade avec deux stations-service, un dispensaire, un vrai supermarché moderne. Rien de hideux ne défigure le village. De nombreuses domatia à louer sont proposées dans des maisons privées à un seul étage.

Milies se voit de loin avec ses  maisons dispersées au flanc de la colline, cachées dans la verdure. Les toits de lauzes caractéristiques coiffent des maisons blanches aux balcons fermés en saillie au premier étage avec des ouvertures originales.

Le train de Miliès à Volos

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Miliès
Milies, petit village perché au milieu du promontoire du Pélion, aux maisons pittoresques. Départ du petit train touristique. Je me propose de suivre la voie ferrée,  belle promenade sans problèmes.
  Nous trouvons facilement la gare miniature avec son bâtiment crépi de jaune et son écriteau, les horaires à la craie sur l’ardoise  les aiguillages miniatures. C’est un vrai train, construit à la fin du 19ème siècle pour relier les régions agricoles du Pélion à Volos. Aujourd’hui, un tronçon de 28km est encore exploité le week-end comme attraction touristique. Les rails écartés de 80 cm, reposent sur de petites traverses sur le ballast. La voie court dans une tranchée coupant les rochers et passe sur des ouvrages d’art : pont de pierre aux hautes arches et pont métallique à clair voie.
Sur le sous-sol schisteux, les genêts sont florissants. Leur parfum est entêtant. Je n’en ai jamais senti de si odorants. Deux sortes de cistes, rose et jaune pâle, sont aussi répandus. Je marche d’un bon pas sur le parcours, tout en ligne courbe. L’ingénieur qui a conçu
le tracéà fait remarquableest le père du peintre Chirico. En 28 km, le train doit arriver à la mer, la pente est si régulière que je n’ai senti ni la descente, ni la montée au retour. J’avais prévu de rebrousser chemin au bout de 4km et je m’étais fixé comme but un grand tournant. 50 m avant, je rencontre un  petit serpent qui rampe tout doucement devant moi. Je m’approche pour le photographier. Il se retourne brusquement, me menace en sifflant et en tirant sa petite langue. Il s’enroule face à l’ennemi. Déconfite, je recule et fais machine arrière.

le bourg de Miliès

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Bibliothèque

D, entre-temps, a fait la visite de Miliès. Elle me pilote dans les petites rues très animées. La place, sous un platane géant, est occupée par un restaurant : table aux nappes rouges, cuisine très soignée – un peu trop chic, peut être. L’église est décorée de fresques aux couleurs très vives. Un baptême s’y déroule. La petite fille a un chapeau transparent. On distribue des dragées et de la glace dans des coupelles de plastique rose. Nous sommes vraiment mal attifées à côté des invités du baptême et n’osons pas rentrer pour visiter l’église.
La bibliothèque est perchée dans un bâtiment, au-dessus de la place. C’est une vraie bibliothèque de prêt, moderne avec des ordinateurs. Peu à voir pour celui qui ne lit pas le grec. Deux beaux livres d’ornithologie illustrés de planches en couleur, du matériel de démonstration d’électromagnétisme (j’avais le même à Schweitzer quand c’était le programme de 4ème). Le petit musée est encore plus réduit : une pièce dans la mairie.

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Afissos

Jason et les Argonautes sont partis d’Afissos. Nous nous y installons sur une des trois plages. Des gens se baignent, tranquillement, comme en plein été. Première excellente surprise : plage de  sable et non de galets ! Deuxième surprise : l’eau est fraîche ; une fois trempée, je nage le long de la plage vers une petite pointe en schiste vert. L’eau est tellement lisse qu’on voit mon sillage : des petites bulles qui éclatent à la surface. Je suis surprise d’avancer tranquillement sans avoir froid. Les rochers et les arbres se reflètent dans le miroir. Des bancs de poissons transparents croisent. Il y a aussi de petites méduses qu’il vaudrait mieux éviter. Je regrette de ne pas  avoir mon masque.

Métaphore!

Entre deux baignades, café frappé dans un bar de plage. Un camion de frites McCain nous bouche le paysage. Comme d’habitude, je lis ce qui est écrit en Grec. Quand un mot est connu, je lis vite, globalement. Quand je déchiffre lettre par lettre, c’est plus laborieux. Le camion de frites est une métaphore. Xénon n’est ni un gaz rare ni un philosophe, c’est le propriétaire des garçonnières (écrit en caractères helléniques, c’est plus original !).

Trikeri et la pointe du Pélion

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

Vers la Pointe du Pélion

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Vers la Pointe du Pélion, 30 km séparent Milina de Trikeri.  C’est toujours le même enchantement de découvrir, crique après crique, l’eau verte à travers les oliviers et la garrigue. Certaines sont accessibles uniquement par bateau. Une ferme aquacole a grillagé les abords d’une pointe. Plus loin, au creux des rochers, les baraques d’une bergerie, à éviter à cause des chiens.

Kotes, le plus ravissant port de pêche

Sur la droite, une route mène à Kotes.La végétation est luxuriante et multicolore, gros coussins ronds, orange, bleus, jaunes, verts,  juxtaposés, premier plan d’une photo de mer turquoise, à l’horizon les lignes de crêtes vertes et bleuissantes des collines du Pélion, des îles et de la Grèce continentale. Au détour du chemin, les couleurs vives d’un port min D’énormes buissons bleus, jaunes, mêlés à des euphorbes orangés attirent le regard. Je descends la route à pied pour prendre des photos. Je reconnais parmi les buissons des sauges. Fleurs, feuilles sont de grande taille mais le parfum est caractéristique. Les jaunes sont différentes : les fleurs sont regroupées en sortes de pompons étagés sur la tige principale et les feuilles n’ont pas l’odeur habituelle. Je ramasse des feuilles de sauge officinale pour la cuisine. Ce matin, en faisant frire l’omelette du pique-nique,On regrettait l’absence d’herbes aromatiques.

Au détour du chemin, les couleurs vives d’un port minuscule, quelques maisons chaulées, une taverne toute bleue, des bateaux et des filets multicolores.

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la remmailleuse

 


Kotes est le plus ravissant port de pêche qu’on puisse imaginer sur les bords de la mer Egée. Pas une fausse note, aucun artifice. Non plus la nostalgie d’un  endroit oublié. La taverne est bien vivante. Les remmailleuses de filets aussi. D  lie connaissance avec l’une d’elles pour faire son portrait. Jupe en jeans, figure aimable, elle est curieuse de savoir d’où nous venons.


Je m’installe sur un banc à l’ombre d’une tonnelle pour dessiner. Les vieilles dames sont curieuses « Ti kanis ? ». L’une d’elles est très vieille, sa natte blanche lui descend au dessous des fesses. Sa voisine fait mine d’arroser ses plantes pour nous surveiller. Je resterais volontiers toute la matinée à dessiner les bateaux, les gréements, les lignes de crêtes. Je regrette le grand bloc laissé à Paris. Dessiner au crayon est frustrant. Ce sont les couleurs qui sont belles. Dommage que je n’ai pas ma boîte d’aquarelles.
Nous nous promettons de revenir ici vendredi.

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taverne bleue

 

Trikeri, gros bourg au flanc de la colline

A l’entrée de Trikeri, une grosse école – un collège peut-être – fermé. Les Grecs sont en vacances. Une bande d’adolescents nous salue : « Heil Hitler ! », cet accueil nous rafraîchit. Trikeri est un gros bourg au flanc d’une colline, composé de maisons cubiques au toit à quatre pans en tuiles rouges.

Promenade dans les ruelles pavées. A l’ombre d’un  platane et d’un acacia en fleurs, sur la place, trois kafénéion avec des chaises de bois et des tables carrées où sont attablés les vieux du village. Les jeunes sont entassés dans un coin, au café moderne, sur des chaises métalliques. J’aurais bien aimé profiter de l’ombre de la placette en sirotant mon café frappé. Mais que choisir ? Côté chaises de bois, seulement des hommes, côté fauteuils une ou deux adolescentes sont mêlées aux garçons. Nous grimpons dans les ruelles. Les maisons blanches avec des volets et des grilles bleus ont notre préférence. Nouvelle senteur : ici abonde le seringat, une boule blanche déborde des jardins dans la rue. Quand nous arrivons sur la place du village, une vieille nous aborde. Je fais tous les compliments que je connais en grec. Il suffit d’un  « kalimera » pour adoucir les contacts souvent rugueux. Quand ils ne parlent pas anglais, les gens sont souvent bourrus avec nous ; dès que j’étale mes quelques mots de grec, ils deviennent charmants.

Aghia Kiriaki, petit port

Suivant les conseils du Petit Futé, nous nous dirigeons vers Aghia Kiriaki. Encore un petit port avec des bateaux multicolores et des jardins fleuris. Je complimente une dame pour ses clivias rouges. Elle me fait entrer dans le jardin. A l’entrée de Aghia Kiriaki, le chantier naval entretient ou répare de très gros voiliers et des ferries. Il est disproportionné par rapport au village. Nous prenons l’apéro sur le port dans une jolie taverne bleue : chaises laquées bleu vif, nappes bleu clair avec des motifs jaunes.
Pour explorer la pointe de la presqu’île, la route part de l’entrée de Trikeri et serpente dans la garrigue autour d’antennes rébarbatives, puis descend. Tout autour, de l’eau : des crêtes, des côtes ; des îles, des promontoires. Nous avons tellement tourné dans les lacets que je ne sais plus où est le continent. Ces côtes sont elles celles d’Eubée, du Pélion ou de Thessalie ? Il me semble que nous avons joué à ce jeu idiot qui consiste à tourner autour d’un  bâton pour perdre le sens de l’orientation.

débarcadère pour l’île de Trikeri

En bas de la route, un parking et un débarcadère. Une vedette fait des allers-retours pour la petite île de Trikeri où un panneau illustré vante des cottages de rêve. Nous trouvons le lieu de pique-nique idéal : assises sur des rochers plats (du marbre sans doute) avec pour dossiers de vieux oliviers. Des cistes roses font des taches de couleur. La mer est légèrement ridée par un petit vent frais. L’eau contenue dans les trous des rochers est tiède. Je laisse tremper mes pieds, arrive une, puis deux, puis cinq crevettes qui pédalent sur mes orteils, grattent avec leurs minuscules pinces, je les sens  à peine. Elles sont si jolies avec leurs carapaces transparentes zébrées, le bout de leurs appendices orange et leurs si longues antennes.

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Après le repas nous trouvons pour la sieste un endroit encore plus confortable mais il fait un peu frais pour se baigner, le vent s’est levé et le soleil est voilé.

Sur la piste dominant la Mer Egée

Au retour, D avise une piste qui monte droit vers la crête. Nous aurons sans doute un beau point de vue ! La Hyundai Atos grimpe bien. Nous découvrons la Mer Egée bleu marine foncé, agitée de petites vagues complètement de notre golfe Pagasitique avec son eau d’opale si calme.
La côte, aussi, est singulière, en pente abrupte, très rocailleuse. Une végétation très rase tente de s’y accrocher. La lavande stechade pousse ici avec du thym très odoriférant. La piste se poursuit en corniche. Peut être mène-t elle à Platanias ? De toutes les façons, nous n’avons guère le choix, il n’y a pas de place pour faire demi-tour. D se sent une âme de pilote de Rallye . Elle conduit hardiment sur piste. Je suis du coté du précipice et je pense à Louis de Funès « sur un arbre perché », je pense, bien sûr, à une crevaison possible, aux chutes de pierres qui barreraient la route…L’aventure est excitante mais j’aimerais bien que nous arrivions quelque part. la piste arrive à des baraques de tôles, bergeries de chèvres ou de moutons. Sur un rocher, un énorme chien noir, (après réflexion, c’est peut être une chèvre) . Nous remontons prudemment les vitres de la voiture. Dans la descente la piste devient encore plus mauvaise avec des pierres aiguës et des cailloux qui roulent. Je retiens mon souffle. Un petit troupeau de moutons broute l’herbe juste au dessus du vide. Il ne faut pas les effrayer. Les moutons sont bêtes et se jettent parfois des barres rocheuses en montagne. La piste est interminable. A un tournant, nous apercevons un chien puis un autre. En tout il y en a cinq. Heureusement le berger assis sur un rocher n’est pas loin. Il est vieux, buriné avec ses cheveux tout blancs. Je lui demande:
– « combien de km reste-t il à parcourir sur cette piste ?
 « D’où venez -vous ?
– «  De France
– «  cela le fait rire: « aftokinita kaputt ! ». Il y aurait assez de place pour manœuvrer et faire demi- tour si les chiens ne s’en mêlaient pas. D a surtout peur d’écraser le plus petit qui se plante près des roues. Leur maître n’esquisse pas un geste pour les rappeler. Il nous laisse nous débrouiller seules. « pas de provlima avec les chiens ». Le retour est moins angoissant. Puisque nous sommes passées une fois…Il se déroule plus rapidement que l’aller. Nous devons quand même passer l’obstacle des moutons qui prennent la fuite en courant devant la voiture, puis passer le grand troupeau de chèvres noires aux cornes recourbées.

Versant oriental du Pélion : Tsangarada -Milopotamos- Lambinou

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 

Tsangarada
Nous nous étions habituée à l’été avant l’heure. Ce matin, l’atmosphère est embrumée, le ciel voilé, la mer laiteuse. Nous bifurquons vers l’est une dizaine de km après Argalasti.

Une végétation florissante
La route traverse d’épaisses forêts de pins et d’autres résineux et s’élève en altitude. Le versant oriental du Pélion, baigné par la Mer Egée est couvert d’une végétation nouvelle. La garrigue plus touffue fait place aux arbres à feuilles caduques : châtaigniers de grande tailles, cerisiers, noyers et même dans les jardins des marronniers en fleurs exceptionnellement grandes et fournies. Au sol, fougères aigles et ronces font un épais tapis contrastant avec les rocailles et les épineux du versant occidental. Dans les jardins, les camélias, rhododendrons, hortensias et fuchsias sont florissants. Comme partout, les ravines sont le lieu de prédilection des platanes ainsi que les places des villages. Celui qui orne Tsangarada est exceptionnel : son tronc, ou plutôt ses troncs jumeaux, sont de la dimension d’un baobab. Ses branches latérales sont si lourdes qu’on a construit un pilier de pierres maçonnées pour l’étayer
.
Maisons thessalio-macédoniennes

Les maisons à encorbellement de style thessalo-macédonien sont très caractéristiques de la région avec leur toit recouvert d’épaisses lauzes de schiste argenté. Les angles des pans sont soulignés de pierres horizontales. Les cheminées, les petites tours cylindriques sont coiffées d’une pointe. Le plan du bâtiment est compliqué avec son balcon en saillie et parfois la terrasse d’angle encadrée de deux balcons perpendiculaires, l’édifice forme alors un L. De la voiture ces constructions ont beaucoup d’allure. Mais quand on s’arrête , je suis un peu dépitée : ces maisons sont toutes neuves! Elles sont construites en série pour abriter des appartements à louer  et portent des noms anglais: « Jack’s home ». Dispersées dans les jardins fleuris, elles ont du charme mais l’ensemble est un peu artificiel.
On cherche, sans la trouver, la place du village avec son kafénéion. Le guide d’écotourisme propose une belle randonnée de Tsangarada à Doumchari, 2H3O de marche. Il est un peu tard. Le relief est très escarpé. Et si le sentier était mal tracé ? Et si c’était plus long que prévu ? Je n’ai même pas une carte.

La plage de Milopotamos

Milopotamos, carte postale, nous avait séduites. Sous le ciel gris, l’eau grise, nous sommes  déçues. Sur la photo, le sable blanc éblouissant ressortait sur la mer émeraude… Un petit canyon, occupé par un beau ruisseau bordé de magnifiques platanes, débouche dans une autre petite crique où s’élève  une chapelle avec un toit de lauzes, sa cloche à l’extérieur et un tapis de fleurettes roses.
Une  promenade pédestre  relie Milopotamos à la plage de Lambinou en suivant le chemin côtier. 5oom plus loin, des branchages bouchent le sentier, heureusement que D n’est pas partie m’attendre à Lambinou ! Pour le pique-nique, nous n’avons rien trouvé de frais, j’espérais acheter au moins un tyropita pour compléter la boîte de farcis.
Lambinou
Au dessus de Lambinou nous assistons à un curieux phénomène : le nuage remonte de la mer Egée tandis que le ciel paraît bleu. La plage de Lambinou est déserte, encaissée, rochers gris clair, sable blanc et mer turquoise. J’essaie de me baigner mais la mer Egée est plus froide que notre calme Golfe Pagasetique. Dominique a lu dans les guides que la côte orientale du Pélion est plus humide (la végétation renforce cette théorie). Sur notre côte, peut être fait il beau ?

Monastère de Paou

Après Argalasti, une route(ne figurant pas sur nos cartes) descend vers le monastère de Paou qu’on devine au loin à sa belle rangée de cyprès. C’est une imposante bâtisse grise. Les bâtiments en bon état sont disposés autour d’une cour soignée et décorée de grosses jarres (genre des pithoi crétois). J’entre timidement. Il n’y a personne. Au milieu de la cour, l’église byzantine, (dans le style des églises croates, plus haute que larges, à la place du  transept des églises latines deux hauts cylindres de pierre finement décorée avec une série de petites fenêtres découpées dans du marbre blanc avec des arcs en arabesque). Le porche est aussi délicatement sculpté avec des motifs de croix et d’aigles. A l’intérieur des chœurs enregistrés accueillent le visiteur. Nous pouvons à loisir détailler les fresques, qui redssemblent à des bandes dessinées.

Baignade
La journée se poursuit mieux qu’elle n’avait commencé. Le soleil brille. Nous trouvons une petite anse où sont tapies quelques maisons (domatia pour l’été). La petite plage de galets est vide. Nous nous installons à une extrémité sur des rochers et je me baigne comme en plein  été.

Pour terminer la journée  le coucher de soleil vu du balcon est somptueux. Il a plu quelques gouttes. Les nuages se colorent de rose, orange, violet. Les crêtes de Thessalie violettes sont beaucoup plus nettes que par beau temps

Pelion – Lafkos – village perché

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion


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nuages et pluie

Les prévisions météo sont mauvaises. Les nuages, dès le matin, n’annoncent rien de bon. La mer est brillante et verte. Nous devions retourner au petit port de Kottes. J’ai peur d’être déçue. Cet endroit était magique : une perfection de calme, d’harmonie et de couleurs. Sous une lumière défavorable, je crains de ternir cette image radieuse.

les courses au village de Milina


Nous nous levons sans empressement.

Pour retarder toute initiative, nous allons voir si l’on vend des langoustines sur le port. Elles sont très chères : 20€ le kilo. Le pêcheur veut écouler toute sa marchandise, il mélange grosses et petites crevettes, gambas et langoustines, pèse le tout : 800g. C’est beaucoup trop et surtout trop cher. Il nous fait un  prix 12€ au lieu de 16€. Nous lui laissons le sac, un peu gênées. Il faudra désormais éviter le kafenion où il se tient ! Difficile, il fait l’angle avec la rue commerçante où se trouvent le supermarché, les deux boucheries et le boulanger.


Nous prenons une petite rue de traverse et découvrons tout un quartier de Milina que  nous ne soupçonnions même pas : petites maisons, jardins soignés, orangers croulant sous les fruits…Je suis contente de voir que notre petit village n’est pas seulement une enfilade de tavernes sur le port.
Le boucher est bien aimable mais il ne parle pas du tout anglais. Devant nos mines perplexes, il a une idée « côtelettes ? » il rentre dans sa chambre froide et ressort avec des côtes porc premières ou échine. Avec des courgettes, nous aurons un repas équilibré !

le sentier de Lafkos à Milina
Sakis m’avait raconté à Athènes qu’il existait une promenade entre Milina et Lafkos.  De la station-service de Lafkos, gagner le square et descendre les marches sur la gauche.

Deux chapelles et un monastère

A la sortie du village, un écriteau promet deux chapelles et un monastère. En avant ! Les nuages se dissipent avec le vent. La lumière est agréable. La piste suit un chemin de crête dans le maquis fleuri de cistes roses mauves et jaunes, de bruyères très hautes presque arborescentes mêlées aux arbousiers et aux chênes verts. Nous passons devant les chapelles blanches au toit de lauzes, poursuivons la piste sur trois kilomètres sans voir le monastère. Un incendie a ravagé le maquis il y a quelques années. Des troncs calcinés d’oliviers sauvages, de genêts et de chênes verts se dressent, secs et gris entourés par des buissons de rejets partant de la souche. Comme nous redescendons sur le versant oriental, côté Egée apercevons des châtaigniers dispersés. Au retour, nous ratons la 2ème chapelle mais nous arrêtons à la première qui est vraiment très jolie, accompagnée d’un  chêne vert en fleurs avec son gros tronc renflé et son feuillage touffu rongé horizontalement par les troupeaux ; Comme l’église du monastère, elle est flanquée sur trois côtés d’absides demi-cylindriques coiffées de petits toits de lauzes. Ouvrant vers la mer, un porche moderne. La vue est magnifique. Les îles se découpent, comme vues d’avion, en contours tortueux et festonnés. Malheureusement je n’ai pas mon matériel de dessin.

Lafkos

A Lafkos, le « square » est indiqué par un  panneau « plateia ». C’est la place du village avec l’église (moderne, très laide) ses platanes et les kafénéios. Le coin gauche d’où part le sentier est en chantier. Les ouvriers sont très aimables, le plus vieux m’indique la direction tandis qu’un plus jeune m’emboîte le pas « provlima ! » : un gros trou, on répare l’adduction d’eau ou les égouts. Je trouve enfin un bon chemin dallé avec des marches soulignées par des  dalles redressées verticalement. Le suivre ne va pas de soi : il tortille entre les vieilles maisons ? Dans une ravine, il se perd dans l’herbe. Je me trompe de versant et arrive devant un tas de ronces. Demi-tour !

Dès qu’il quitte le village, le sentier muletier pavé est bien entretenu. On a coupé  les broussailles. Je me félicite d’avoir emporté mes bâtons de marche, la pente est raide et les vieilles pierres,  lisses et glissantes. Je dois marcher avec précaution pour ne pas me tordre les chevilles. Une chapelle blanche a été édifiée en face de la fontaine en pierre taillée. L’eau s’écoule dans une rigole de pierre. Je marche sur la gouttière sous les platanes. Milina est beaucoup plus étendu que je ne le pensais, je traverse des quartiers neufs inattendus. Le long de la vallée sèche sont plantés des noyers, dans les jardins des grenadiers en fleur, des orangers et des légumes. Je croise le pope, très grand, lunettes de soleil. Il a plus l’air d’un  play boy que d’un curé.

De son jardin sort la mère de Sakis qui me reconnaît tout de suite:
 «d’où viens-tu ? »
 « de Lafkos »

  Elle me fait signe de la suivre. Dans ses bras, des poireaux et des épinards. Nous montons au premier étage d’une maison de six appartements. Appartement modeste mais  une grande cheminée d’angle. Elle me fait asseoir m’offre à boire. La conversation languit un peu : je dis tout ce que je sais en Grec « je nage dans la mer » « l’eau de la piscine est plus chaude.. » Etc.…. Elle me montre ses épinards. Elle va faire des feuilletés pour ce soir, sort un  tupperware et le remplit de feuilles de vigne encore chaudes qui ont cuit dans la passoire de la cocotte minute et qui sentent très bon.

A la plage
Mais la mer est changeante. Le vent du nord ride la surface de l’eau plus froide aujourd’hui. Quand je nage contre le vent, mon visage est tout éclaboussé. Le premier tour dans l’eau a été bref. Ensuite je me suis aguerrie. A 16H30 nous plions bagages. Un écriteau « Bélian »  nous inspire. Nous suivons un ruban de ciment rainuré qui descend raide dans les oliviers. Je retiens mon souffle. Il faut faire confiance aux freins de la Hyundai.  Nous arrivons à des propriétés privées qui ont bouché la route en laissant un très petit espace pour faire demi-tour. Un étroit passage entre les grillages permet d’atteindre deux belles plages. L’accès étant très difficile elles doivent rester désertes !

La chapelle de Lafkos

Il souffle un vent glacial. Je suis recroquevillée pour dessiner. D me fait une commande : elle délimite le cadrage et les éléments du tableau : un pin parasol isolé, la vieille charrue rouillée, les îles, la montagne. Elle aimerait que je dessine aussi le coucher du soleil !

Nous rentrons justement pour 19H30, notre rendez vous quotidien sur le balcon. Mais le spectacle tourne court, les nuages ont envahi le ciel, il semble même qu’il pleut sur la Thessalie.

Fin du voyage, adieux et étape à Rafina

Pâques au Météores et une semaine au Pélion

Insomnie

En pleine nuit,je me réveille brusquement : il fallait reconfirmer le vol 72 heures à l’avance.La dame de l’agence m’avait  prévenue : “ne  ratez l’avion sinon vous  auriez le plus grand mal à rentrer ce week end.”

Adieu à la maison de marbre

Nous quittons notre belle maison de marbre sous les nuages. Les 40 marches qui mènent à la piscine sont en marbre blanc veiné de vert. La terrasse et le balcon, de marbre blanc avec un peu de gris. Celui de la maison est très fin, très salissant aussi, je me jette sur le balai à franges dès que je remarque une tache. La table de la salle à manger a aussi son plateau de marbre assorti. Le plus étonnant, c’est le lit : nous avons un lit en marbre très grand, très confortable, sauf quand on s’y cogne les orteils !

Dernier petit déjeuner sur le balcon. Je prends congé de la mésange, toujours aussi méfiante, qui ne rentre jamais directement dans le tuyau d’aération en PVC où elle a fait son nid. Elle attend, ses chenilles dans le bec, et s’élance quand je ne l’observe plus.
Athanasios et sa femme sont venus nous dire adieu. Je tends la boite des dolmades avec une petite lettre de remerciements en grec:
– « Qui a écrit ?” demande t elle
– «  c’est moi !” (J’ai recopié des phrases toutes faites du guide de conversation)
– «  elle est professeur ! » s’exclame Athanasios.
Heureux les  professeurs en Grèce où ils sont encore respectés et où la culture a encore du prestige !

En route jusqu’à Volos
A l’agence sur le port de Milina, j’essaie de joindre Olympic qui ne répond pas. On tentera à nouveau à Volos. La  petite route  tortille jusqu’à Volos. Là, nouvelle une visite à une agence de voyage.  La boîte vocale  ne veut pas noter ma reconfirmation. Cela commence à devenir inquiétant.


Autoroute
L’autoroute d’Athènes n’est pas terminée. Des tronçons entiers traversent des stations balnéaires. . Averses et éclaircies. On longe l’île d’Eubée, toute proche.
Spata
Nous passons à Spata à l’aéroport,  au guichet, tout se passe bien.

Nous ne voulons pas circuler dans Athènes avec la voiture. La dame de l’agence  avait suggéré de dormir à Rafina.

De l’aéroport nous essayons de suivre la côte, aboutissons dans des quartiers urbanisés et sur un front de mer occupé par des restaurants et des guinguettes pour les Athéniens. Jamais un touriste ne vient ici. Les Athéniens mangent puis rentrent chez eux. Personne ne connaît d’hôtel, encore moins de domatia à louer.

Enfin, après des heures à tourner nous trouvons enfin  à Rafina  le port d’où partent les ferries pour les îles. Sur une jolie place carrée, un hôtel moderne avec une chambre propre claire sur un balcon qui donne sur la place et plus loin sur le port.


A la réception, une dame  nous accueille en français, elle est suisse et loge ici.et donne un coup de main au patron en saison. Elle nous prête son réveil pour demain matin.


Sur le port  nous admirons les poissonneries (si nous en avions vues de pareilles quand nous avions une cuisine !).

Je mange ans la rue mes derniers souvlakis et apporte à Dominique des feuilletés.Dernière soirée en Grèce devant la télé. Il ne faut pas se coucher trop tard. L’avion décolle tôt !

Lire pour l’Afrique? Laurent GAUDE : La mort du roi Tsongor

Voyager pour Lire/Lire pour Voyager

 

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Hasard de nos voyages et de mes découvertes littéraires. J’ai rencontré Gaudé très récemment avec le Soleil des Scorta, à la suite de notre voyage dans les Pouilles.  Le premier livre  évoquant l’Afrique, un mois avant notre départ, est celui-ci.

Dans le Soleil des Scorta, le Gargano était précisément localisé, l’Afrique de la Mort du roi Tsongor est vague, sans doute imaginaire mais si poétique. Tragédie encore. L’auteur est un homme de théâtre, même dans un roman, on  lerperçoit. Le 4ème de couverture évoque la guerre de Troie, Thèbes livrée à la haine…Afrique de tragédie, cavaliers du déserts, maisons de terre, continent désert…J’ai dévoré récit.

Lire pour l’Afrique : Bruce Chatwin – Le vice-roi de Ouidah

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Bruce Chatwin est un véritable écrivain. Pas seulement un écrivain voyageur. D’ailleurs, son voyage au Bénin a été écourté pour cause de coup d’état.

Le Vice roi d’Ouidah est un vrai roman d’aventure historique. Chatwin s’inspire d’un personnage réel très ambigu, marchand d’esclaves ami du Roi d’Abomey. J’imaginais le personnage honni et je découvre sur la place du marché aux esclaves une plaque au nom de Chacha, surnom de  De Souza, que Chatwyn appelle Da Silva. Le livre nous transporte dans le sertao brésilien. Allers et retour entre le  Brésil  et le Bénin actuel. Métissages, la capitale du Bénin n’est elle pas Porto Novo et lees vieilles maisons coloniales ne sont-elles pas qualifiées de brésiliennes?

Terrible ambiguité du commerce des esclaves que souligne cet ouvrage passionnant.

mémoire de Paris: Robert BOBER : On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Livre –mémoire.

Mémoire de Paris ou plutôt d’un certain quartier juif autour de la République, délimité par la Rue Oberkampf, le Boulevard Saint Martin, Belleville, et Le père Lachaise. Quartier que je connaissais bien, où habitaient Noémie, Aviva, Tal, mes copines et copains du Mouvement, où leurs mère parlaient avec l’accent Yiddish qui berce la lecture de ces pages… Habituellement, je m’évade par la lecture, curieuse d’apprendre sur le monde et je laisse peu de place au retour sur les lieux de mon adolescence.

 Il faut bien dire que la promenade nostalgique est douce lorsqu’en plus elle se double des réminiscences cinéphiles : Jules et Jim, les  400 coups, Casque d’Or les  Frères Marx. Quelle scène géniale que ce retour du cinéma où la mère, après tant d’années raconte son histoire à son fils, écho de celle de Jules et Jim ! Le narrateur découvre à la suite les photos de famille…

Le jeune narrateur à la recherche de ses disparus, entre vieux journaux et cartes postales d’époque,  découvre une autre mémoire, plus ancienne tandis que se déroulent des évènements contemporains (pour lui) qui sont pour moi des marqueurs de mon histoire comme cette manifestation et les morts de Charonne, référence des militants un peu plus âgés que moi, dont je conserve un souvenir cinématographique dans le film de Diane Kurys.

Cinéma et mémoire s’entremêlent. Cherchant des décors d’époque pour Jules et Jim, l’ancien mono de colonie retrouve Bernard Appelbaum, et lui fait découvrir des bistros de Belleville où les maçons piémontais chantent la chanson des partisans italiens, et où il reste même des souvenirs de la Commune.

Le héros ira jusqu’à Berlin et sa quête se terminera à Auschwitz. Etape douloureuse mais obligée.

merci à Claudialucia  qui a écrit un très beau billet qui m’a donné envie de le lire, et qui a fait de ce livre, un livre-voyageur. Livre que j’ai attendu, désiré pendant l’attente, reçu par la poste avec joie…