« Un policier se promène dans la rue avec un pingouin. Son chef le voit et lui dit : « Que fais-tu avec ce pingouin ! Emmène-le immédiatement au zoo ! »… Deux heures plus tard, il tombe sur le même policier, toujours avec le pingouin. En colère, il lui dit : « Mais je t’avais dit de l’emmener au zoo ! » « On y est allés, lui répond l’autre, et maintenant on va au cirque… »
Victor, écrivain en panne d’inspiration, solitaire, a apprivoisé Micha, un manchot royal que le zoo ne pouvait plus nourrir. Micha est un oiseau paisible, un bain froid, du poisson congelé semble lui suffire. Victor trouve un travail : la rédaction de nécrologies pour un journal de Kiev, nécrologie de personnes vivantes, pour un bon salaire de 300 $.Le rédacteur lui fournit une liste de personnalités, artistes, députés, militaires, hommes d’affaires avec des éléments biographiques. A Victor, de construire un texte original, agréable à lire ressemblant aux courtes nouvelles qu’il essayait de confier aux journaux et magazines.
« Généralement, ceux qui méritent une nécro ont atteint une position enviable, ils ont lutté pour parvenir à leurs
fins, et dans ces conditions, il est difficile de rester pur et honnête. En outre, aujourd’hui, toute lutte se résume à
une bataille pour des biens matériels. Les idéalistes fous n’existent plus en tant que classe. Restent les
pragmatiques forcenés… »
Un peu avant Noël, il se vit confier, la rédaction d’une autre nécrologie par un certain Micha « pas le pingouin, l’autre » pour une belle somme. Micha lui confie aussi sa fille Sonia et finalement leur laisse un gros paquet de dollars pour l’entretien de la fillette.
Voilà constitué le trio, Victor, Sonia et le pingouin qui va passer les fêtes de fin d’année dans une datcha en compagnie d’un ami policier. Un peu plus tard, une jeune nounou, Nina complètera la compagnie formant presque une famille – « famille idéale » . En plus des nécrologies, l’argent afflue grâce à la « location » de Micha, le pingouin pour des cérémonies funéraires spéciales. Cette histoire originale est pimentée par les décès des personnages dont Victor a écrit la nécrologie. Disparitions, fusillades inquiétantes….
« Ce n’est pas de gaieté de cœur que le défunt se résolut à l’assassinat de son frère cadet, qui avait eu par hasard connaissance de la liste des actionnaires d’une usine de machines à laver qui allait être privatisée. Mais le monument funéraire érigé par le défunt en mémoire de son frère est devenu le plus bel ornement du cimetière. Souvent, la vie oblige à tuer, mais la mort d’un proche oblige à continuer à vivre, à vivre malgré tout… Tout est lié. »
Le roman est écrit sur un ton ironique et décalé. On découvre la violence et la corruption qui règnent à Kiev dans les années 2000, sous-entendues, bien sûr, suggérées. Ambiance opaque. On devine des trafics mafieux, on se demande même si la chance et l’argent qui circulent ne proviennent pas d’une sorte de pacte avec le diable. La présence de l’animal insolite me fait penser au chat de Boulgakov, ton décalé des Tchèques de Kundera à Bohumil Hrabal…Est-ce l’atmosphère de l’Europe de l’Est, la slavitude ou l’écriture sous l’influence du stalinisme qui imprègne ce style?
J’avais découvert Andreï Kourkov avec Les abeilles grises (2022)que j’avais beaucoup apprécié. Le Pingouin (1996) confirme l’impression favorable. Je vais continuer à explorer l’œuvre de cet auteur!
Pour mon anniversaire, Dominique a cherché un restaurant un peu spécial avec une terrasse au bord de l’eau et, a trouvé : l‘Auberge des Cygnes à Misy-sur-Yonne que je vous recommande vivement!
Le chèvrefeuille sur le chemin de halage
Un peu loin, 80 km par Brie-Comte-Robert, et l’autoroute A5, sortie 18 Marolles. Par une matinée de semaine ensoleillée le voyage a été un plaisir. La sortie 18 est juste après Montereau qui se voit de loin avec ses tours . Après le péage on trouve le joli village de Barbeyfleuri avec une curieuse tour évidée en face de l’église. Il y a aussi un château (propriété privée, on ne visite pas) dont une plaque à l’entrée raconte l’histoire, construit sous Louis XIII, il passa entre les mains de différents propriétaires avec un épisode révolutionnaire et d’autres sous Napoléon….Juste ensuite la route conduit à Misy-sur-Yonne. on peut garer la voiture près de la rivière juste avant une esplanade gazonnée (terrain de sport?) Là on trouve le chemin de halage que j’ai emprunté vers l’Ouest en me repérant sur la carte de Visorando (les Sablières de l’Yonne).
la terrasse de l’auberge des Cygnes
Une belle carte indique la Randonnée des Deux Fleuves : circuit en boucle par Montereau et Marolles . Je trouve plus loin le barrage de Barbey avec bien sûr une écluse pour la navigation. Le chemin de halage est très bien entretenu et goudronné jusqu’au barrage, plus loin il est pavé et finalement c’est un chemin blanc. Comme nous avions réservé au restaurant je ne suis pas allée plus loin. Dominique, pendant ce temps, a entendu le coucou et nombreux oiseaux, vu un martin-pêcheur et bien sûr les cygnes qui ont donné leur nom à l’auberge.
Assiette de mezzés
Déjeuner libanais, mézés ou grillades accompagnés de vin libanais. Excellentes pâtisserie avec café libanais à la cardamome. une très bonne adresse.
Randonnée de Visorando: De la Plage de l’Argentière à Cabasson (A/R)16 km – 4h45
L’Argentière est une très belle plage à La Londe-les-Maures. un très grand parking est prévu.
L’Argentière : sentier côtier
L’escalier monte sur la corniche boisée de pins est facile. Les marches sont consolidées par des traverse de bois. il y a même une main courante. Aucune comparaison avec les sentiers de Saint Raphaël ou de Ramatuelle! j’arrive à une petite calanque remonte et trouve la grande plage de Pellegrin. Au beau milieu du sable, un pin parasol s’est écroulé, son tronc est à l’horizontale mais une branche s’est redressée il a repris son port caractéristique : un parasol au milieu de la plage!
Plage Pellegrin et son pin parasol couché
Le sentier remonte sur le Cap Pellegrinpuis une petite descente raide mais facile jusqu’à une anse. Sur le sable fin je longe la plage de Léoube. A l’extrémité sous une pointe rocheuse, un beau voilier attend dans une eau très transparente : la plage parfaite!
Plage Léoube
Au Cap de Léoube, le sentier est barré, pour réhabilitation de la batterie de Léoube (1794), terrain militaire, on ne visite pas. La déviation est très raide avec des marches si hautes que je suis forcée de m’asseoir. J’arrive sur une crique rocheuse. Pas une balise! Pour où passer? heureusement deux autres randonneurs me rejoignent. L’homme, sportif ne se laisse pas intimider, la femme est plus circonspecte. Je mets mes pas dans les leurs et escalade sans trop de mal le rocher. J’attends le reflux entre deux vagues. Enfin, nous trouvons le sentier en balcon plus haut. C’est très joli avec tous les rochers, les îlots. je découvre le fort de Brégançon sur son île.
Fort de Brégançon vu du sentier
Une flèche « sentier côtier » attire notre attention ; très bien tracé, au milieu d’un massif de lentisques. Seule la direction me paraît bizarre. j’avance, les yeux fixés sur l’écran du smartphone. le point bleu s’éloigne du tracé du parcours de Visorando. Nous sommes bien sur le sentier, mais nous retournons en arrière. Ceci explique la galère sur les rochers. il n’y avait pas de balise simplement parce que le sentier passait par l’intérieur! Nous n’étions plus sur le parcours.
Jolie rencontre avec deux chèvres très tranquille, presque apprivoisées qui se prêtent aimablement à la photo.
La Plage de l’Espagnol a un sable blanc, très fin, gris quand il est mouillé, très doux. Après cette plage, il y a encore La longue Plage (c’est son nom). Autour de la Pointe de la Vignasse, cela se gâte. Au moins on est prévenu par un écriteau « SENTIER LITTORAL PAR LES ROCHERS ». je suis distancée par les randonneurs que je suivais. les rochers sont mouillés mais pas trop glissants. la schistosité du gneiss fait presque des marches. Et quand c’est lisse on a taillés les marches.
Piquenique à Cabasson
Enfin j’arrive à Cabasson, jolie plage, parking ombragé, tables de pique-nique.
Retour par la très jolie D42A à travers le vignoble. nous passons à côté de très beaux « châteaux » : le Château de Brégançonplus beau que la résidence présidentielle; flanqué de tour rondes, vaste demeure du 17ème siècle, dans la famille Tezenas depuis 1816, cru classé, 350 ha. On peut visiter le domaine et acheter des produits du terroir.
Le château de Léoube est impressionnant. Je m’y attendais, après l’avoir longé côté rivage pendant longtemps. il se visite également, dégustation de vins bio, mais aussi huile, fruits…le café Leoube propose des menus méditerranéens. On peut aussi acheter des robes, louer kayaks et paddle.
Le château Mireille est de taille plus modeste quoique très beau avec ses pierres de schiste apparentes. Egalement en agriculture biologique.
Brebis dans les vignes
Dernière surprise : les moutons gambadent dans les vignes parmi des fleurs si blanches que tout le sol en est blanchi.
La Londe-les Maures n’est pas encore bétonnée par les promoteurs et a gardé son charme villageois, ses façades pastels égayés de volets vert tendre, bleu clair, gris et de nombreux petits commerces dans sa rue principale. En périphérie, on trouve des Centres commerciaux et des résidences, le tourisme moderne arrive en rampant mais le charme opère encore.
Visorando propose des randonnées sur la côte et d’autres dans l’intérieur. Je choisis celle qui s’intitule : « Des vieux salins d’Hyères à La Londe-les-Maures » 10 km A/R notée facile.
Le quartier des Salins à Hyères-les-Palmiers n’est pas très glamour (barres HLM) . On arrive sur un petit port à l’embouchure du Gapeau que l’on passe sur un pont très étroit mu ni d’une chaîne qui s’enroule : pont mobile?
le sentier littoral se faufile entre plage et marais salant. Des ganivelles le bordent. De nombreux panneaux notent tout ce qui est fait pour fixer le cordon dunaire et protéger al plage de l’érosion, mettant en évidence le rôle des mattes de posidonies et soulignant l’importance de ne pas souiller la plage avec des déchets. Le nettoyage mécanique est agressif pour al biodiversité et pour l’érosion.
les vieux Marais salants sont abandonnés depuis longtemps et les bassins sont en eau tandis que les petites levées qui séparent les bassins sont roses de salicornes et vertes d’herbes. Roseaux et joncs font un rideau ajouré. je prends tout mon temps pour observer els oiseaux. un petit faucon est en vol stationnaire, que cherche-t-il, un oiseau, un poisson? Mouettes et goélands. Surprise : des flamands roses!
Flamands roses
Côté mer, des pins parasols. le vent qui a sévi tout le début de la semaine s’est calmé. l’eau est lisse comme un miroir argenté. Trois km à plat, courte balade. Dominique m’attend au port de Miramar (La Londe-les-Maures). Petit port de plaisance et aussi départ pour les Îles d’Hyères à partir d’avril. La Capitainerie est futuriste, arrondie, brillante. Autour, une série de restaurants. Nous avons réservé au Président qui est une grande pizzeria qu’on a choisie à cause de sa belle salle vitrée côté port/côté plage.
LaLonde plage
Comme il est encore trop tôt, je poursuis le circuit de Visorando sur les quais du port de Miramar et le long de la petite rivière Maravenne;
Nous sommes très bien accueillies au restaurant. je commande une pizza provençale (tapenade maison avec des morceaux d’olives, roquette, pignons, jambon de pays et des copeaux de tome. Pâte très fine, excellente. Dominique a pioché dans la carte des entrées : petite friture et beignets de courgettes. On lui apporte une ardoise chargée d’un gros tas d’éperlans, de la salade et de la rouille et une autre ardoise avec dix beignets ronds et une fleur de courgettes, présentés comme une grappe de raisin. C’est si abondant que je renonce au café gourmand et qu’on mangera les restes (doggy bag) le soir.
Germandrée arbustive
La seconde randonnée proposée par Visorando commence à la plage de l’Argentière, une autre plage de La Londe-les-Maures. Je pars explorer le début, passe le petit pont qui enjambe la rivière, suis la plage sur une sorte de quai. je trouve la Plage de l’Argentière, l’escalier qui monte sur la corniche boisée. je continue un moment cette randonnée qui semble très belle. Nous reviendrons demain pour la faire en entier!
J’aime bien l’auteure Elif Shafak dont j’ai apprécié L’Architecte du sultan, Crime d’honneur, Bonbon Palace.J’avais bien envie de faire un tour à Chyprevisitée il y a maintenant bien longtemps, dernier prétexte pour lire ce livre : j’ai trouvé par l’intermédiaire de Jostein et de Pativore le Challenge turc.
« Les arbres sont des gardiens de la mémoire. Entremêlés à nos racines, cachés dans nos troncs, courent les tendons de l’histoire, les décombres de guerres où personne n’a rien gagné, les ossements des disparus. L’eau aspirée par nos rameaux, c’est le sang de la terre, les larmes des victimes, l’encre de vérités encore niées. Les humains, en particulier les vainqueurs qui tiennent la plume au moment de rédiger les annales de l’histoire, ont tendance à effacer autant qu’à documenter »
Le narrateur principal n’est pas un être humain mais un figuier, témoin d’une histoire longue puisqu’il a été planté au temps d’Abdülhamid II en 1878, au temps où ce dernier a cédé par un accord secret l’administration de l’île à la reine Victoria en échange de sa protection contre une agression de la Russie.
« Le temps arboréen est cyclique, récurrent, pérenne ; le passé et l’avenir respirent en un même moment, et le présent ne coule pas nécessairement dans une seule direction ; au contraire il dessine des cercles à l’intérieur de cercles, comme les anneaux que vous découvrez quand vous nous coupez. Le temps arboréen s’apparente au temps des histoires – et comme une histoire, un arbre ne pousse pas en lignes parfaitement droites, courbures impeccables et angles droits précis, mais il se penche et se tord et bifurque en formes fantastiques, projette des branches de prodige et des arcs d’invention. »
Comme le figuier a vu Chypre passe sous administration britannique, il voit plus tard la décolonisation et le départ des Anglais en 1960 puis les troubles intercommunautaires et enfin le débarquement des troupes turques en 1974 et la partition de l’île en deux zones. L’île aux arbres disparus est un roman historique non pas écrit par les vainqueurs mais par un arbre….
Le figuier, témoin muet, raconte aussi une histoire d’amour, cachée celle de Defné (au nom de laurier) jeune fille turque, et de Kostas son amoureux grec. Une autre histoire est encore plus secrète celle de Yiorgos et Yusuf les propriétaires de la taverne construite autour du Figuier Heureux, turc et grec gays.
Aux émigrants et aux exilés de tous les pays, les déracinés, les ré-enracinés, les sans-racines. Et aux arbres que nous avons laissés derrière nous, enracinés dans nos mémoires…
C’est aussi une histoire d’exil, de déracinement, Kostas, le père d’Ada, naturaliste de métier a prélevé une bouture du Figuier de la taverne pour le replanter à Londres où ils ont émigré. Pour qu’il supporte la froidure de l’hiver londonien, le figuier doit passer l’hiver enterré, pratique que j’ignorais :
Enterrer les figuiers dans des tranchées souterraines pendant les hivers les plus durs et les déterrer au printemps, c’est une tradition étrange mais très répandue.
Le figuier écoute aussi les histoires des oiseaux, des insectes dans son entourage immédiat. Mycorhizes, champignons, bactéries et signaux chimiques, les végétaux communiquent entre eux. Le figuier peut même affirmer que l’aubépine l’a prévenu que Ada n’était pas bien.
Kostas est naturaliste, c’est même un spécialiste internationalement reconnu, écologue, environnementaliste, qui se spécialise justement dans l’écosystème des figuiers. Ceci est un autre aspect tout à fait contemporain qui donne un intérêt scientifiqueau roman.
Vanessa cardui
Vous en apprendrez beaucoup sur les extinctions des chauve-souris, les migrations des papillons, des mœurs des fourmis et des abeilles….
Vous apprendrez également les recettes de cuisines chypriotes, les nuances entre les recettes grecques et turques par la tant d’Ada, Meriem qui va apporter à Londres, traditions rurales, superstitions, et proverbes…
C’est donc une lecture très riche, parfois un peu trop didactique en ce qui concerne les écosystèmes, mais très intéressante. L’auteure fournit même une liste bibliographique pour les lecteurs qui voudraient approfondir…
Le Jardin du Rayol – « Jardin des Méditerranées « – invite le visiteur à un tour du monde dans les régions au climat méditerranéen, aussi bien aux Canaries qu’en Australie ou en Californie.
pergola
Le domaine fut initié en 1910 par le banquier Courmes, puis en 1940 par le constructeur aéronautique Potez. En 1989; le Conservatoire national du Littoral fit l’acquisition de ce terrain de 20 ha. le jardin a été dessiné par le paysagiste Gilles Clément.
Autour d’un axe qui ondule de l’Hôtel de la Mer, beau pavillon peint en jaune où se trouve l’accueil, à la Ferme, le restaurant et le salon de thé, jusqu’à la très belle Villa Rayolet , le paysagiste a créé des parcelles variées comme un patchwork de jardins exotiques. le reste du domaine est recouvert de maquis endémique des Maures. A l’accueil on fournit un plan et le visiteur choisit les sentiers et les itinéraires à sa guise. A 14h30, il y a une visite guidée mais je préfère me promener seule.
jardin des Canaries
Au premier coup d’œil, j’ai reconnu les succulentes graphiques, les Aenium, et les vipérines des CanariesEchium, fleuries en cette saison avec leurs grandes inflorescences. Insensiblement, on passe des Canaries à la Californie. Oxalis et freesia, fleuris en ce moment dans les Maures ont envahi les carrés exotiques. Sympathique floraison jaune faisant un abondant couvert végétal. le jardin Australien embaume de 7 variétés de mimosas et les eucalyptus fleuris mêlent leurs senteurs. Un buisson rose, couvrant, ressemble à de la bruyère (mais Pl@ntNet est dubitatif). Le jardin Sudafricain est rose. Ambiance tout à fait différente dans le Jardin de l’Amérique centrale aride: volumes et formes, plantes grasses et piquantes.
jardin Amérique Centrale aride
Après la Ferme, trois petits ânes très fringants viennent à ma rencontre, joyeusement et bruyamment.
Rayol perspective
Le Sentier botanique s’enfonce dans le maquis. Des panneaux racontent la flore locale avec des anecdotes incluant la faune qui est inféodée à chaque plante. Même si je connais la plupart des espèces, c’est très instructif. je fais dons ici l’inventaire des végétaux rencontrés et expliqués :
-Nerprun alaterne : Rhamnus alaturnus
-le laurier-sauce abrite des forficules qui se nourrissent d’acariens et de pucerons (ce n’est pas le privilège exclusif des coccinelles, bon à savoir et à protéger
-fragon : Petit-Houx Ruscus aculeatus
-myrte : Myrtus Communis attire les oiseaux qui dispersent ses graines (zoochorie)
-filaire Phillyrea angustifolia proche de l’olivier
-le Chamaeropsis palmier nain pousse spontanément en Europe.
-Chêne-liège : Quercus suberus est un réservoir de biodiversité
-Daphne garou: Daphne gnidium.
-Genévrier cade : Juniperus oxycedrus (extraction de l’huile de cade)
(si vous trouvez cet inventaire ennuyeux, je le trouve bien utile surtout pour les équivalents latins qui me permettent de me repérer dans les contrées non francophones où chaque botaniste connait le nom scientifique. )
Ciste
J’arrive au jardin des cistes cistes et lavandes marquent des milieux ensoleillés. les cistes ne sont pas encore fleuris. Je viens de lire dans Maurin des Maures de Jean Aycart qui appelle mussugues les coteaux couverts de cistes. Selon les explications, les incendies seraient « un bain de soleil pour les cistes ». Le feu profite aux cistes car il stimule leurs gaines et laisse des paysages ouverts.
Associés aux cistes :
-la bruyère arborescente
-pins d’Alep : les mésanges consomment les chenilles processionnaires dans les nids.
-lavandes des Maures
Le pistachier lentisque profite à la tortue d’Hermann qui s’y réfugie l’été et peut y passer l’hiver.
J’aime beaucoup cet éclairage écologique qui envisage non pas les espèces végétales seules mais avec toute la biodiversité associée.
Villa Rayolet chêne-liège
De la villa Rayolet part le sentier qui descend à la Pointe de l’olivier et à la plage où se trouve La maison de la plage dans laquelle une exposition ; Le Jardin maritime met en évidence les adaptations de certaines plantes au milieu maritime . je retiens les Barbes de Jupiter que j’ai trouvées dans l’Estérel : leur feuilles possèdent des poils blancs capable de filtrer (retenir) le sel et dont la couleur claire est réfléchissante.
Barbe de Jupiter
je rentre en passant par le jardin chinois et ses bambous. tout un versant est couvert de pervenches curieusement blanches. Dans un vallon poussent aussi des fougères arborescentes. Dans les bambous et les fougères j’ai perdu tout sens de l’orientation et je retourne à la villa Rayolet alors que je croyais trouver l’accueil.
Pointe du Figuier
Cavalaire
Pour le pique-nique à la mer, il faut aller à Cavalaire sur la belle plage longue de 5 km. Je pars ensuite vers l’Est sur la Digue du chemin de fer en bord de plage. Mars est le mois des travaux pour la remise en place des paillotes, restaurants et autres établissements de bains. Il faut que tout soit prêt pour l’arriver des vacanciers et on y met les grands moyens ; tractopelles, grues, chenilles. On interdit le passage avec des rubans blancs et rouge qui délimitent des périmètres fermés à la promenade. Je contourne ces zones interdites en restant au plus près de l’eau et arrive à la Croix Valmer où plusieurs restaurants permanents sont regroupés le long d’une allée. une pizzeria me semble bien située. Et si nous revenions demain?
Du Rayol au Col de Canadel
Rayol : escalier fleuri
Pour terminer cette belle journée, une petite randonnée, la montée à pied au col de Canadel. D’abord par l’escalier fleuri orné de belles jarres. La floraison sera pour un peu plus tard dans la saison. L’escalier construit en schiste. il compte 882 marches. A mi-pente se trouve une pergola circulaire : lePatek. A l’origine les marches montaient jusqu’au rocher du Drapeau mais maintenant la deuxième partie de l’escalier n’est plus entretenue, le sentier se rétrécit et devient très escarpé. Mon bâton télescopique prend du service et devient même indispensable dans le dernier tronçon où le chemin est éboulé. je prends appui sur le bâton pour me hisser quand els traverses de bois des marches ont été bouleversées. ici, encore le randonneur n’est pas le bienvenu. Les riverains ont installé du fil électrifié en bordure du sentier délimitant leur pelouse verte (il ne me semble pas que paissent ici des bestiaux. je pense à Caïn et Abel, à l’antagonisme entre sédentaires et nomades, le marcheur dans le rôle du nomade.
Un étrange fanion métallique matérialise « le Drapeau »qui est le sommet qui domine Rayol-Canadel (318 m) rappelant des faits de guerre de la seconde Guerre mondiale. Une bonne piste descend vers l’ouest croise la piste forestière jusqu’au Col de Canadel (265 m).
Col de canadel
la randonnée a été courte (une heure seulement) mais avec plus de 300 m de dénivelée j’arrive toute en sueur.
Piquenique au col des Fourches où on trouve la route qui monte à Notre Dame des Angesperchée sur le deuxième sommet des Maures à 768 m La Sauvette (780 m). La 108 a grimpé assez de routes pentues qui tortillent pour la journée. Nous piqueniquons au col .
Si nous avions lu Maurin des Maures de Jean Aicard avant de partir nous n’aurions pas renoncé à monter à la chapelle où Tonia, la Corsoise a fait le voeu de monter pieds nus pour que la Vierge la délivre de son amour pour Maurin. Dans une cahute, un ermite raconte de fameuses histoires et se fait même payer pour les raconter comme celle de la Messe de la Lièvre et celle d’ l‘âne de Gonfaron.
le village des Tortues de Carnoulesest l’étape suivante du circuit. Les tortues de Hermann endémiques dans les Maures, victimes des incendies et du débroussaillage mécanique, sont accueillies dans le Centre de soin. Peut-on visiter le 15 mars? Sont-elles sorties de leur hibernation? Dans le doute, je téléphone, le centre est fermé.
Gonfaron
Selon le guide Vert, Gonfaron fut un centre bouchonnier. Selon Aicard, c’est surtout le village où les ânes volent :
« A Gonfaron les ânes volent. Les Gonfaronnais, des cent ans après, se dirent entre eux : « Du temps de nos pères les ânes volaient : si nous en faisions voler au moins un ? » Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand- chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en lui soufflant, – sauf votre respect – par le trou que tous les ânes ont sous la queue…. »
la Garde Freinet
la Chapelle Saint Jean abrite l’Office de Tourisme et un petit musée.
la Garde Freinet
Au premier étage : une maquette du Fort Freinetdont on peut visiter les ruines : chapelle, four, caves et toutes sortes d’artefacts trouvés sur place : clous et fers d’équidés, serpettes, points de flèches, grelots, scories témoignent d’une véritable industrie métallurgique.
exposition sur le thème du Ver à Soie avec des vidéos très intéressantes. On voit le ver en train de manger « la grande freze ». les étapes de l’élevage des vers est expliquée en détail : grainage : production des œufs, tri des cocons, papillonage : sortie des papillons. encabanage après la grande freze au bout de 30 jours on installe des haies de bruyère…
Cela me fait penser au livre Middlesex de Jeffrey Eugenides que j’ai lu récemment.
Une autre exposition : SAUVONS NOS CHÂTAIGNES
montre tout ce que vous avez voulu savoir sur les châtaignes…Les châtaigneraies sont de bons pares-feux mais les châtaigniers sont attaqués par une maladie fongique, le chancre de l’écorce, affaiblis par les insectes et la sècheresse. il faut donc renouveler les verger et greffer des sujets.
On montre le séchage des châtaignes, le décorticage, et les moulins à farine.
Dernière production locale :LE LIEGE
le chêne-liège, Quercus suber, ne supporte pas les sols calcaires et a besoin de précipitations annuelles d’au moins 600 mm. Il pousse donc à proximité de la mer. On procède à son écorçage tous les 12 à 15 ans, le levage du liège se fait à la hache (picoussin)
La fabrication de bouchons se faisait à la main : des photos montrent les bouchonniers autour d’une table, coupant d’abord des cubes puis les façonnant. Sont aussi exposées des Bruses : les ruches traditionnelles des Maures en liège.
Je n’aurai pas le temps de monter aux ruines du Fort, dommage.
Il est temps de rentrer au gite. Sur la route entreLa Garde Freinet et Grimaud nous traversonsdes paysages calcinés par les incendies de l’an passé. les chênes lièges sont supposés ne pas trop souffrir du feu, ils sont quand même bien noircis, sans parler des pins. les buissons, bruyères ou arbousiers et genets se reconstituent.
L’hôtesse de l’office de tourisme me déconseille formellement de faire la randonnée seule de la Chartreuse vers la Môle, trop longue et difficile. La Chartreuse est accessible en voiture de Collobrières.
De Collobrières à La Verne : 12 km sur une route sinueuse très étroite. la montagne est couverte de châtaigniers. Des pancartes rappellent que le ramassage des châtaignes est formellement interdit et passible d’amende. Le parking est aménagé quelques centaines de mètres avant le monastère. il faut continuer à pieds sur une piste rocailleuse.
La Chartreuse se découvre ainsi de loin avec les toits de tuiles sur les cellules cubiques, ses hauts murs d’enceinte et son clocher. Quand j’arrive à la porte, je ne peux qu’admirer le très beau portail sculpté en serpentine verte qui se détache sur le très haut mur de schiste. Je suis toujours étonnée par les dimensions des Chartreuses que j’ai visitées.
Le mardi, pas de visite.
La première église romane fut consacrée en 1174, le monastère incendié à 3 reprises entre 1214 et 1318, pillé par les Sarrazins. Les reconstructions au XVIIIème siècle, se sont succédé jusqu’à la Révolution. En 1968, l’Association des Amis de la Verne ont réalisé une rénovation impressionnante entre 1969 et 1982 jusqu’à ce que le monastère retrouve sa fonction initiale, occupé par les soeurs de la Communauté des moniales de Bethleem de l’Assomption de la Vierge de Saint Bruno.
La Chartreuse de la Verne
C’est à La Verne que les gendarmes conduisent Maurin des Mauresprisonnier et c’est d’une des cellules des moines que Le Roi des Maures réussit à l’évader. En 1908, le monastère n’a pas encore été rénové :
La Verne. C’est un couvent d’architecture romane et qui est tout ruines. Les encadrements des fenêtres et des portes, les clefs de voûte, les consoles, les niches, sont en belle serpentine noire de Cogolin, et, luxe sur des haillons, ornent des murs dégradés où, dans les fentes, poussent des herbes. Le couvent est planté au bord d’un plateau qui s’avance comme un cap sur le ravin. Au-dessous de la construction, des roches verticales, murs naturels, prolongent par en bas ceux qui sont faits de main d’homme, en sorte que, du fond des ravins, le couvent paraît haut de toute la hauteur de la colline. Du pied de la roche montent, jusqu’au faîte de la toiture, des lierres collés aux murailles comme de gigantesques arborescences sur les pages d’un herbier démesuré. […] le couvent est magnifique ainsi, au beau milieu des Maures, tout au bord de la forêt de vieux châtaigniers, si vieux et si gros que chaque tronc peut abriter deux hommes, parce que le temps et les tonnerres les ont presque tous creusés, évidés, en ont fait, dit Pastouré, autant de guérites
Châtaigneraie
Maurin offre le lapin cuit au romarin et aux herbes qu’il a dans son carnier. pour pouvoir déjeuner, il demande qu’on lui délie les mains. Comment refuser alors que le lapin est si appétissant et que les gendarmes ont grand faim.
Malgré le ravin profond Maurin va s’échapper…
Le circuit du Guide Vert nous conduit en direction de Gonfaron .
Piquenique au col des Fourches où on trouve la route qui monte à Notre Dame des Angesperchée sur le deuxième sommet des Maures à 768 m La Sauvette (780 m). La 108 a grimpé assez de routes pentues qui tortillent pour la journée et renonçons à nous y rendre! Nous piqueniquons au col .
le village des Tortues de Carnoules est l’étape suivante du circuit. Les tortues de Hermann endémiques dans les Maures, victimes des incendies et du débroussaillage mécanique, sont accueillies dans le Centre de soin. Peut-on visiter le 15 mars? Sont-elles sorties de leur hibernation? Dans le doute, je téléphone, le centre est fermé.
Gonfaron
Selon le guide Vert, Gonfaron fut un centre bouchonnier. Si j’avais lu, à l’époque Maurin des Maures j’aurais savouré l’anecdote des ânes volants de Gonfaron.
A Gonfaron les ânes volent. Les Gonfaronnais, des cent ans après, se dirent entre eux : « Du temps de nos pères les ânes volaient : si nous en faisions voler au moins un ? » Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand- chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en lui soufflant, – sauf votre respect – par le trou que tous les ânes ont sous la queue….
Nous avons combiné les deux circuits proposés par le Guide Vert : La Route des Cols et la Route des Sommets (p. 77)
Nous quittons La Môle par la D.98 en direction de Hyères, entre vignoble et forêt de chênes jusqu’au Col de Gratteloupoù se trouve un arboretum, que nous passons à regrets, les arbres vus de la route sont magnifiques.
la D41 est plus fréquentée par les cyclistes que par les voitures, elle est très sinueuse et très étroite. Montée vertigineuse, épingles à cheveux, heureusement aucune voiture ne vient à notre rencontre. les chênes-lièges sont impressionnants mais on n’a pas prélevé le liège. Sous les arbres, des buissons surtout des arbousiers. Il y a de très belles échappées avec vue sur les îles d’Hyères.
A partir du Col de Babaou les chênes caduques et des châtaigniers remplacent les chênes liège . Un panneau nous met au courant de la réhabilitation de la châtaigneraie. En effet, les arbres semble en mauvais état.
Collobrières
Collobrière surmontée de sa ruine : Saint Pons
Collobrières est la « capitale de la châtaigne » ou du marron. châtaignes et marrons sont le fruit du châtaignier. Si dans la bogue il n’y a qu’un seul fruit, gros et rond on l’appelle « marron« , s’il y en a plusieurs ce sont des « châtaignes« . Nous stationnons sur le parking de la Confiserie Azuréenne, ensemble de bâtiments jaunes sur les bords de la rivière, comprenant une usine de marrons glacés, de crème de marrons et de crème glacée aux marrons, un petit musée du marrons où sont exposés les ustensiles accompagnés d’une vidéo qui raconte la récolte et la fabrication. De l’autre côté de la cour une boutique vend des marrons glacés sous toutes leurs formes ainsi que des fruits confits et du miel.
Collobrière pont de pierre sur le Real Collobrier
Une rivière, Real Collobrier, traverse le village franchie par deux ponts et deux passerelles sur lesquelles sont installées les terrasses de deux restaurants. Un panneau signale les repères de crues : 4 crues importantes 1959, 1972, 2011 et 2014 . Quand je regarde le petit ruisseau qui s’écoule c’est difficile d’imaginer des crues destructrices.
Près du pont de pierre, l’Office de Tourisme est installé dans une mignonne maisonnette. L’accueil y est chaleureux, l’hôtesse renseigne sur les randonnées dans le massif des Maures et sur les promenades dans le village et des parcours thématiques.
Collobrières Office de Tourisme
Un parcours géologique composé de 7 bornes mettent en évidence le métamorphisme. près du parking du stade, un panneau raconte l’histoire géologique des Maures : le métamorphisme aurait duré 100 Millions d’Années et se serait achevé au Carbonifère il y a 300 MA. Collobrières possède aussi un musée géologique, fermé hors saison. Malgré le plan détaillé je ne trouve pas les bornes. La carte géologique signale des affleurements de gneiss, des micaschistes à grenats, des amphibolites et leptynite ainsi que des phyllades.
Collobrières place de la Libération
La promenade dans rues, ruelles et places est tout à fait charmante. Nombreuses places ont des fontaines ; l’une d’elles le 15 Aout, ruisselle de vin(nous sommes dans un pays de vignerons) . Je suis le plan : rue Voltaire à la rue Marat, rue Galilée, Kepler et Pasteur, cette toponymie révolutionnaire et scientifique m’enchante. De ruelles en passages j’arrive sur la place Castrale où s’élevait l’ancien château. Un peu plus haut les ruines de l’église Saint Pons domine le village, fière ruine actuellement en réhabilitation. Le clocher, devenu dangereux a été abattu au 20ème siècle. Derrière Saint Pons commence le chemin botanique, trop tôt dans la saison pour me tenter.
De nombreuses randonnées sont possibles au départ de Collobrières.
C’est aussi trop tôt pour aller au restaurant, il y en a pour tous les goûts (et les bourses) du très simple Chez Pa’ avec des burgers et des pâtes, des très chics, et les terrasses sur la rivières qui proposent des menus provençaux.
Entre La Môle et Ramatuelle, 23 km en voiture (à vol d’oiseau beaucoup moins) ) travers le vignoble par Cogolin (embouteillages) et Grassin. Certains châteaux (domaines viticoles) sont très grands, l’un d’eux a un fronton majestueux avec une avancée soutenue par des colonnes. D’autres ressemblent à de grosses fermes souvent précédées d’une majestueuse allée de pins parasols.
Nous passons encore devant ces « pépinières » de vieux arbres, vieux oliviers, platanes adultes, cactus géants. Encore une fois, je me désole surtout quand ils ont rasé les oliviers en topiaires et nuages.
Randonnée sur le sentier côtier de La Bonne Terrasse à La plage de l’Escalet
Ramatuelle : La Bonne Terrasse
La route tortille dans les collines vertes jusqu’à La Bonne Terrasse, plage de sable abritée par une pointe. pour canaliser les voitures, des parkings sont organisés à l’écart de la plage et des restaurants. Les piétons sont aussi « canalisés » les rondins au bord des trottoirs sont si hauts qu’on ne peut pas les franchir et qu’on est obligé d’attendre le passage piéton.
Ramatuelle sentier côtier
Le sentier littoral se trouve à l’extrémité de la plage où se brisent de belles vagues. Il fait soleil, la mer est bleu vif, rayée de crêtes blanches. la promenade s’annonce bien. Les balises jaunes sont présentes et c’est heureux parce que les passages faciles sur un sentier sablé alternent avec les traversées sur les rochers, presque de l’escalade. Je suis forcée de prendre mon temps pour m’assurer, prises de pieds, aussi prise de main. il ne s’agit pas d’avoir le vertige ni de regarder le paysage. L’astuce est de se concentrer, pas après l’autre, de chercher la marque jaune, chercher où poser le pied. Un couple est parti presque en même temps que moi, plus grands, plus jeunes. je les retrouverai à plusieurs reprises. je croise un jeune trailer qui me rassure : selon lui cela passe.
Ramatuelle sentier côtier
Le sentier est varié, monte et descend, avec des passages à plat entre les lentisques. La salsepareille s’accroche à ma parka. En montant, je m’agrippe à un buisson : une épine me perce l’index c’est un Calicotome épineux (je ne l’identifierai que plus tard au Jardin de Rayol), pire que le Genêt! Un peu d’adrénaline pimente la promenade. L’ennui c’est que j’avance très lentement. Dominique m’appelle du Phare Camarat. la voiture y arrive mais le sentier passe beaucoup en-dessous, des marches y montent. nous nous donnons rendez-vous à la Plage de l’Escalet. Je retrouve les randonneurs et les laisse passer.
Une croix au milieu du sentier m’interpelle : je cherche la suite des balises jaunes, rien! Dans ce cas, le plus raisonnable est de revenir à la croix, elle interdit l’accès à des marches de l’escalier à l’aplomb. Les propriétaires auraient pu peindre leurs marches et non pas le sentier! les promeneurs ne semblent pas les bienvenus. un grillage métallique est fixé au ras du chemin. Un arbre est tombé en travers et bouche le passage. Il faut passer à travers les branches pour retrouver les balises jaunes. Je râle « les c.. »! Au dessus du sentier on devine de très belles villas du lotissement du Merlier. Un panneau enjoint les promeneurs de bien suivre le chemin balisé.
Avec les vagues on ne passe plus!
Le deux randonneurs reviennent en arrière et me préviennent « on ne peut pas passer, il y a trop d’eau » il vont essayer de remonter à travers le lotissement. je tente quand même de poursuivre. Les vagues battent une petite terrasse d’où partent des marches. Si je passe entre deux vagues, j’atteindrai les marches. Mes chaussures sont mouillées, je me colle au roche pour ne pas être emportée par le reflux. les marches conduisent à un rocher mais après, il y a encore une autre crique et encore plus de vagues. je suis maintenant trempée jusqu’aux cuisses et je commence à paniquer perchée sur mon rocher. Il faut rebrousser chemin mais pour aller où? Pour retourner à la Bonne Terrasse, il me faut près de 2 heures, pour le Phare de Camarat, une heure, plus 100 m de dénivelé. J’essaie moi aussi de passer par le lotissement. Village fantôme de très belles villas de ciment fermées. pourvu qu ‘il n’y ait pas de chiens! Heureusement des ouvriers travaillent, et par chance, ils quittent le chantier. Je monte à bord de leur camion. Ils ont le code pour ouvrir le portail. je me retrouve sur une belle route. Je fais le point avec le GPS c’est le Chemin du Merlier. Maintenant je peux appeler Dominique qui me récupère en haut.
Pampelonne pas très glamour
Saint Tropez plage des salins
Nous cherchons un endroit agréable pour déjeuner : la plage renommée de Pampelonne longue de 4.5 km, avec des parkings aménagés. Le ciel s’est couvert, le vent s’est levé (35 km/h) il fait gris et froid. les vaques roulent les posidonies et les algues : elles sont noires. La plage est un véritable chantier : des pelleteuses et chenilles travaillent sur le parking. Sur la plage, quatre grandes grues sont installées. Des ouvriers remontent les restaurants et buvettes démontés hors saison. Pourquoi ces grues? Les paillotes sont en bois, on construit avec des planches ou des cloisons en contreplaqué. Pour transporter les planches ils utilisent d’énormes tractopelles qui labourent le sable dans lequel je m’enfonce quand je marche . Loin d’ici, le concept de plage chic et élégante!
A la recherche de plus de calme et de nature, nous demandons au GPS de nous conduire à la Plage des Salins. Il nous emmène à Saint Tropez.Le Conservatoire du Littoral y expose de beaux panneaux pour expliquer son action dans la conservation de la Biodiversité et sur la Réserve marine.
Saint Tropez
Saint Tropez place de l’Ormeau
J’imaginais un village, une station balnéaire chic et snob. je découvre une vraie ville provençale des ruelles, des placettes des platanes et des fortifications. Ocres, jaunes, roses, un camaïeu de façades étroites. les boutiques et restaurants sont fermés le plus souvent. Sur le port, le célèbre Sennequier a couvert sa terrasse de plastique rouge agressif . Avec les terrasses couvertes l’ambiance du port n’a aucun intérêt. Les yachts les plus énormes bouchent le paysage et me rebutent.
Saint Tropez citadelle
Je monte jusqu’à la Citadelle (17ème siècle) où se trouve un Musée maritime très intéressant. Je n’aurais jamais imaginé l’importance militaire du Port de Saint Tropez qui, selon le musée, aurait été le 3ème port français de la Méditerranée.
Le musée est installé sur trois niveaux autour de la cour hexagonale.
Saint Tropez citadelle terrasse
Musée d’histoire qui présente les marins fameux comme Suffren, (1729-1788). Plusieurs salles sont consacrées à la pêche: filets, chaudrons, outils, nasses entourent un « vieux pêcheur » (hologramme) qui raconte la pêche d’antan et celle d’aujourd’hui. Quelques salles sont plus naturalistes, on y voit les poissons pêchés, les éponges, les coraux. D’autres aspects de Saint Tropez comme la manufacture des câbles ou l’usine de torpilles. Une belle place est offerte à la navigation de Plaisance. Il y a bien sûr, des maquettes.
j’aurais dû arriver plus tôt et prendre des notes, c’est une grosse visite que j’ai un peu bâclée.