Maurin des Maures – Jean Aicard

CÔTE D’AZUR

« Est-ce que vraiment, monsieur Ripert, ces Maures dont on me rebat les oreilles sont un pays aussi beau qu’on le
prétend ? » M. Ripert répondit couramment : « Un pays merveilleux, monsieur le Préfet, un groupe de
montagnes qui, selon l’expression de M. Élisée Reclus, servit de boulevard aux Maures pendant le cours des IXe
et Xe siècles et qui forme à lui seul « un système orographique parfaitement limité ». Le massif des Maures est séparé des montagnes environnantes par les vallées de l’Aille, de l’Argens, du Gapeau. Ces vallées sont larges et le massif est isolé. C’est comme un
îlot montagneux dans la plaine et comme une île de gneiss et de schistes et de granit au milieu des calcaires. »

Si vous préparez des vacances dans les Maures, de la Baie de Saint Tropez à Hyères et même jusqu’à Draguignan c’est le livre qu’il vous faut. Mieux que Le Guide Vert ou le Routard! Vous pourrez même faire une excursion dans les îles, à Porquerolles, ou à bord d’un bateau de pêche à Saint Tropez. Les paysages vont s’animer, des compagnies de perdreaux s’envoleront sous vos pas, quand ce ne sera pas un lapin ou « une » lièvre….

Attention, si vous êtes vegan ou anti-chasse, il vaut mieux être prévenu: Maurin est chasseur de métier, ou braconnier, c’est même son occupation à temps plein! Pour la misogynie, c’est pareil, Maurin, le Don Juan des Maures a adopté tous les préjugés de son temps. Maurin des Maures est sorti en 1908 et reflète l’esprit de l’époque, pas spécialement féministe dans les campagnes du Var. 

« À la façon des Maures ses aïeux, il aimait les femmes un peu comme de gentils animaux familiers qui doivent
servir attentivement leur maître, l’homme, pour être vraiment aimables. Il les aimait dédaigneusement. »

Malgré ces réserves, si on veut considérer le texte dans son contexte et faire les concessions qui s’imposent, c’est un roman qui ne manque pas de saveur.

Eh bien, ce qui m’intéresse par-dessus tout, c’est le pittoresque, et j’ai plus de plaisir à rencontrer dans mes
pérégrinations un type curieux, une histoire gaie, qu’un drame ou qu’une physionomie dramatique.

Et surtout, on s’amuse beaucoup puisque le mode d’expression se résume en un mot la galéjade (ou galégeade)

« Et toute cette façon de rire de soi et des autres en se donnant un ridicule vrai ou seulement vraisemblable, c’est cela qui constitue la gouaillerie provençale, la galégeade. »

Maurin est un paysan sans instruction mais doué d’une faconde exceptionnelle. Il est même capable de retourner l’opinion publique si bien que le préfet et les autorités le tiennent pour un agent électoral intéressant

Maurin une âme plébéienne digne de sympathie et qui en conduit beaucoup d’autres. De Saint-Raphaël à la
Londe-les-Maures, Maurin, en passant par Saint Tropez, a bien dix mille, que dis-je, quinze ou vingt mille électeurs à sa suite… […]Bravo, car il a une conscience bien supérieure à la masse[…]seulement que Maurin prenne garde. Il préfère l’équité à la justice, le bon sens aux préjugés et l’idéal au bon sens…

En plus des histoires de chasse, on assiste à la cuisine électorale locale qui est bien plaisante, en joyeuse compagnie. C’est une époque ou la question de l’influence de l’église était d’actualité ;  le lecteur se délectera d’anecdotes anticléricales amusantes.  A la fête de la Saint Martin au Plan-de-la-Tour,  le curé doit donner une culotte (en guise de manteau de Saint Martin) à un pauvre qui est censé grelotter, et bien sûr Maurin s’en mêle. A la  Chapelle de Notre-Dame-des Anges., un ermite fait payer ses récits . Si j’avais lu Maurin des Maures avant, nous n’aurions pas renoncé à y monter sur le plus haut sommet des Maures. 

Quant aux histoires des ânes volants de Gonfaron, elles valent leur pesant de crottin….

Des galéjades, mais pas que….

On suit une histoire avec  des personnages. L’intrigue tourne surtout autour de la rivalité entre le gendarme Alessandri et Maurin. Sandri est amoureux de la belle Corsoise qui, entre bandit et gendarme, (des figures corses de l’époque) penche plutôt pour le bandit. Jaloux , le gendarme poursuit Maurin qui le fait enrager de plaisante manière.

Avec Maurin, vous visiterez La Chartreuse de la Verne (avant restauration),Collobrières et ses châtaigniers les bois de Bormes-les Mimosas, et la maison forestière, la Môle  et ses vignes….. je le citerai dans le contexte!

 

La Môle – Hyeres et la presqu’île de Giens

CÔTE D’AZUR

Tempête sur la presqu’île de Giens et les îles d’Hyères

Pluie dès le matin.

Le village de La Môle, à 1 km du cabanon, a une superette Spar et un boulanger. Ce matin, dimanche, l’église est ouverte. La piste vers le Barrage de la Verne, à la sortie du village,  est barrée par une barrière rouge et blanc quelques centaines de mètres après l’usine des eaux, interdite à la circulation automobile. pour voir le Barrage il faut aller à pieds.  Quant à la Chartreuse de la Verne, c’est une véritable expédition impossible à envisager seule.

Puisqu’il pleut, allons en ville.

la D98, route de Cogolin à La Môle suit la vallée de La Môle depuis Cogolin et la rivière de Campeaux ; elle est bordée de vignoble, de châteaux,  très beaux domaines viticoles. Dans la montagne, les chênes-liège sont magnifiques; Très peu ont été découpés pour prélever le liège, la plupart sont recouverts de lichens. 

Au col de Gratteloup, un arboretum est signalé par le Guide Vert. La route descend ensuite par de nombreux virages. A La Londe-les Maures elle rejoint la D559 qui est un route large (3 ou 4 voies) très roulante.

L’entrée sur Hyères est spectaculaire : palmiers, aloès, fleurs, un véritable parc nous accueille avec des rondpoints soignés.

la Presqu’île de Giens

Giens : port du Niel

Comme les musées n’ouvrent pas le matin, nous partons explorer la Presqu’île de Giens formée par deux tombolos encadrant des salins et une zone humide. La route parcourt le tombolo est , on peut apercevoir les salins inondés et des flamands roses. malheureusement cette route est en chantier et des constructions, campings, Belambra cachent la mer.

A Giens, on circule au hasard cherchant les ports et les plages.

Giens : La Tour Fondue

La Tour fondue est une forteresse bâtie en 1634, elle a belle allure. Malgré la tempête il y a du monde pour le bac des îles qui ne sont pas loin, mais les passagers doivent être bien secoués.

Les petites routes sont bordées de verdure, les jardins sont plus fleuris que dans l’intérieur, une glycine a des grappes mauves tandis que celle de notre cabanon n’a pas encore démarré. 

Port Niel : des petits bateaux sont à l’abri d’une courte digue. Je dessine. Puis sors espérant une belle vague pour une photo spectaculaire. 

Giens : la Madrague barques

la Madrague : encore un petit port avec des barques colorées mais environnement plus construit.

Plage de l’Alfamarre : est bordée par la route du Sel (interdite à la circulation automobile)sur le tombolo-est qui longe le Salin des Pesquiers. A la saison touristique, un petit train l’emprunte. Des rondins sont installés sur chaque bord, quand je marche je me sens emprisonnée.  je dois retourner jusqu’au parking pour atteindre la longue plage de graviers bordée de dunes; l’eau est transparente, turquoise, très calme.

Tombolo ouest dunes le long des salins

Le site archéologique d’Olbia est fermé le dimanche

Nous traversons la ville d’Hyeres : centre agréable autour du Casino, plus haut la vieille ville est piétonnière.

La Montée de Noailles  très raide en épingles à cheveux conduit aux ruines du château des Aires construit au XIème siècle, remanié XIIIème démantelé par Henri IV et Louis XIII, donc bien en ruine.

Hyeres Château

Du petit parking,  deux allées piétonnes partent :

l’une va au Parc Saint Bernard un jardin remarquable que je voulais visiter mais qui est fermé pour cause de vent violent.

Villa Noailles

Villa Noailles : aquarelle

L’autre conduit à la Villa Noailles, villa dessinée par l’architecte Mallet-Stevens achevée en 1933 qui est le siège du Centre d’art contemporain de la métropole de Toulon. qui accueille en résidence des artistes. En ce moment l’exposition a pour thème Le Paysage Local : photographies de la villa, aquarelles, dessins d’architecture ou fantaisie sont exposés dans le salon rose, salle de séjour qui a la particularité de n’avoir pas de fenêtre mais d’être éclairée par un grand vitrail au plafond composé de 4 types de verre cannelé. A droite, un petit cabinet était destiné à la confection des bouquets. 

En sous-sol de la Villa, une autre exposition montre l‘évolution de l’architecture locale : Hôtels et restaurants emblématique de la ville et des environs qui ont traversé le temps. Certains ont été le lieu de tournage de films comme Pierrot le Fou ou le Passager de la Pluie… la présentation de l’exposition note que la photographie est « la trace tangible d’une réalité à l’état passé ». Il s’agit donc d’une double réflexion, sur le rôle de la photographie comme sur l’évolution de l’architecture. Très pointue. Difficile d’apprécier quand on ne connaît pas les lieux.

La Banque

Loubon : vue de la Ciotat

La Banque :  c’est le Musée d’Hyères, son nom vient de ce qu’il est installé dans l’ancien bâtiment de la Banque de France. On peut même voir au sous-sol, les coffres-forts. 

Collections permanentes diverses : arrêt sur image dans les salines avec des tableaux , personnalités de Hyères comme Monsieur Godillot qui c haussa les armées de Napoléon III. Les tableaux pâlissent à côté des œuvres célèbres de l’exposition mais vues séparément ils seraient intéressants.

  Il y a aussi un beau jardin qui n’est pas sous son meilleur jour  sous la pluie.

Face au Soleil (1850-1950) est une exposition temporaire (27/11/22 au 27/3/22 de 50 artistes Provençaux, ou non, qui ont peint les paysages de la Provence. Quatre sections, par ordre chronologique :

Célébrer l’âme de leur chère Provence, 1850-1870 regroupe des artistes plutôt naturalistes qui peignent les paysages et les lavandières, baigneuses ou bergers. Les calanques et les ports (Marseille) les inspirent. 

Guigou : Lavandières devant la Sainte Victoire

L’Appel de la Lumière Méditerranéenne, 1870-1900 : avec le développement des chemins de fer, des artistes du nord viennent en bord de mer : Boudin, Ziem peignent les ports

l’émotion est lumière et couleur, 1900-1920

Roches rouge à Agay Valttat

la côte d’Azur devient un grand atelier pour fauves (Valtat, Derain), pointillistes (Cross et Signac), Renoir s’installe à Cagnes-sur-mer

Seyssaud Agay

Vers l’expression d’une réflexion individuelle, 1920-1950

Dufy : Hyeres jardin

Bonnard, Camoin, Chagall ou Ernest Pignon et bien sûr Picasso

l’exposition offre un panorama complet sur un siècle de peinture et sur l’évolution des styles.

Manguin : Baie de Saint Tropez

Pour moi c’est aussi l’occasion de retrouver les paysages que je viens de découvrir pendant les deux semaines précédentes. Illustration de nos vacances. Je suis particulièrement sensible aux représentation des roches rouges de l’Estérel : une reproduction du tableau de Valtat se trouvait dans le bastidon d’Agay et je ne connaissais pas le peintre. L’amusante dédicace de Chagall à Guiguite et Aimé Maeght me parle.

Herbin : sentier sur la colline de Cassis

Mon amour des oliviers est peint par Edouard Pignon.

Edouard Pignon : paysan à l’olivier

Ce jour pluvieux a été ensoleillé en peinture!

Nous rentrons à La Môle par le chemin des écoliers, la route du littoral qui passe au Lavandou et Cavalière . A l’entrée de Rayol nous bifurquons sur la D27  départementale  très étroite en lacets vertigineux qui passe au col Canadel pour descendre vers le gîte dans la forêt. Cette traversée des Maures justifie leur appellation de « massif montagneux », même si les altitudes sont minimes. Entre les vieux chêns-lièges les échappées sur la mer sont éblouissantes. 

Pharaon des deux terres : L’épopée africaine des Rois de Napata – au Louvre

EGYPTE/SOUDAN

Colosse Taharqa

Dépaysement, exotisme garanti vers des destinations inconnues, Napata et le Djebel Balkar, Sanam, Nouri, Douki Gel….  

Pharaons africains inconnus : Piânkhy (720), Chabatâka (713-705), Chabaka(705-690) Taharqa (690-664), Taneoutamani (664-655) formant la XXVème dynastie.

Taharqa

Les organisateurs de l’Exposition Pharaon des Deux Terres ont mis le projecteur sur une période très courte : un siècle où la dynastie kouchite venant de Napata au Soudan a pris le pouvoir sur les Deux Terres, non pas seulement la Haute Egypte et la Basse Egypte comme les pharaons des dynasties précédentes mais sur le Royaume de Kouch et sur l’Egypte.

Chabarka

Je croyais connaître un peu de ces pharaons noirs après avoir visité deux fois le très beau Musée Nubien d’Assouan. A Assouan, toute l’Antiquité et même bien après étaient présentés, je n’avais même pas remarqué ces pharaons.

Stèle triomphale de Piânkhy

La conquête de l’Egypte par Piânkhy est documentée par la Stèle triomphale où les rois d’Egypte se prosternent devant le conquérant (registre juste au dessus des hiéroglyphes).  Avant cette conquête les Pharaons Egyptiens et le Royaume de Kouch entretenaient des rapports commerciaux (or, ivoire, bétail) illustrés par la fresque de Houy

tome de Houy : tribut des kouchites

Les rapports étaient parfois mouvementés et les Egyptiens représentent parfois les kouchites entravés comme des esclaves/ Au Nouvel empire la conquête du Sud fut entreprise.

kouchite représentation égyptienne
kouchite

 

 

 

 

 

 

 

 

Après cette introduction « égyptienne » , les expéditions en Nubie de Champollion, Lepsius, et bien plus au sud le long du Nil avec l’expédition Bankes et Louis Maurice Adolphe Linant de Bellefond ont rapporté des témoignages, cartes, relevés des sites kouchites en particulier le relevé de Djebel Barkal « la montagne pure » avec à ses pieds de nombreux temples 

Napata Djebel Barkal

 

 

 

 

 

 

Djebel Barkal est situé entre la 3ème et la 4ème cataracte, ce relief tabulaire dominait la plaine de 100 m de haute et une aiguille pointue rappelait l’Uraeus, le cobra des pharaons.

Au temple d’Amon, un bélier solaire incarnant Amon-Rê est impressionnant

Bélier solaire protégeant Aménophis III Djebel Barkal

la richesse du royaume de Kouch est matérialisée par de nombreux objets en or – les kouchites maîtrisaient parfaitement la métallurgie et l’orfèvrerie

Triade d’Elephantine
Criosphynx : corps de lion tête de bélier

Si les béliers et les sphynx sont nombreux, les Kouchites vénéraient également les oiseaux : déesse vautour, ou Horus le faucon

Déesse vautour de Sanam
Taharqa à genoux offrant le vin à Horus

Les Kouchites de la XXVème dynastie se sont installés sur toute l’Egypte, de Memphis, Saqqara à Napata, en passant par Thèbes. Thèbes, ville d’Amon revêtait une importance capitale pour ces Pharaons qui aspiraient à restaurer l’unité de l’Egypte et une certaine orthodoxie dans les cultes. le temple de Karnak fut complété avec un vaste chantier de nouvelles constructions et le relais était assuré par Les Divines Adoratrices D’Amon

Divines adoratrices à Thèbes

Un couloir voûté figure le Sérapéum de Saqqara . Mariette y a retrouvé des stèles correspondant à l’enterrement des taureaux Apis 

Enterrement du boeuf Apis
Enterrement du boeuf Apis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, dans le Delta Saïs a résisté aux rois de Napata . Le dernier pharaon de la XXVème dynastie Tanouetamani fut balayé par les Assyriens d’Assourbanapal. Assourbanapal prend deux fois Thèbes et Psammetique II avec l’aide de ses mercenaires, des hoplites grecs mène une expédition jusqu’en Ethiopie et saccage Napata. 

Assyriens et char

 

Assyrien prenant une ville égyptienne et soldats kouchite s’enfuyant
Plaque chryséléphantine :lion assyrien dévorant un kouchite

 

La fin de l’exposition montre les répliques des statues de la cachette de Douki Gel trop fragiles pour voyager réalisées à l’imprimante 3D comme le colosse de Taharqa qui accueille les visiteurs. Ce procédé, au début m’a un peu désarçonnée, les statues tellement impeccables, comme neuves, revêtues de parements à la feuille d’or et avec une coiffe peinte en rouge vif. Elles n’ont pas le charme des ruines, mais pourquoi se priver de les montrer telles qu’elles étaient alors?

En épilogue : l’épopée d’Inaros et l’opéra Aïdaavec les costumes dessinés par Mariette lui-même

Aïda : aquarelle de Mariette

 

 

 

 

 

 

Vers les Maures : Sainte Maxime – Port Grimaud – Cogolin – La Môle

CÔTE D’AZUR

la Tempête

De l’Estérel aux Maures, la route

Le vent s’est levé. La mer est agitée, de belles vagues se brisent. Le ciel est gris.

Nous traversons Saint Raphaël, Fréjus, les Issambres que nous avons vus sous le soleil. J’aime bien retrouver les paysages découverts pendant notre séjour, sorte de révisions pour les fixer. Ne faire que passer revient à visionner un documentaire à la télévision. Après les Issambres, le relief s’adoucit, le vignoble se déploie sur les collines.

Sainte Maxime

Sainte Maxime fête « les 100 ans des vacances ». Pour cette occasion, l’Office de Tourisme organise des promenades guidées et a édité une brochure  « Architectures du XXème siècle » avec quatre parcours commentés. J’aime bien ces visites qui exigent une grande attention dans les détails. Sainte Maxime rend hommage à René Darde, architecte de Sainte Maxime depuis les années 20. Certaines villas, cependant sont antérieures à 1920, de style éclectique. je remarque plutôt les décors Art Déco : les nageurs sur le mur nord du Casino et Le Palais des Sirènes (1929) . D’autres bâtiments sont plutôt sous influence du Bauhaus comme le Palais du Soleil (1933) qui vante son confort moderne « 2 ascenseurs, toboggans à ordures et chauffage central ». L’ensemble Le Splendid Azur (1960) offre sa proue arrondie face à la mer et le corps de bâtiment ondulant en forme de vague est d’une grande élégance.

le vieux village construit en pente et piétonnier a gardé son caractère provençal avec des placettes, ses platanes, ses maisons étroites, haues et colorées. Les magasins sont de bon goût (chic et cher). un olivier millénaire est entouré d’une banquette de pierre, j’imagine les anciens du village goûter l’ombre et la fraîcheur en été (aujourd’hui il fait froid et très gris). Sur les constructions plus balnéaires je cherche des détails : balcons arrondis, bow-windows, corniches Art-Déco.

palais des Sirènes (trouvé sur Internet, il faisait si gris que mes photos étaient minables)

Redescendant au port, je trouve notre déjeuner à  la « Tarte Tropézienne » enseigne répandue dans toute la région du golfe de Saint Tropez : pan bagnat au thon, pissaladière et bien sûr la tarte tropézienne pour dessert. Le pan bagnat est bien garni avec beaucoup d’olives noires, tomates et concombres, la pissaladière est infecte : les oignons pâlichons ni crus ni cuits et la pâte pâteuse. Tarte tropézienne industrielle. Nous éviterons !

Port Grimaud

Port Grimaud, un air de Venise

Pique-nique devant une cale à bateaux (stationnement interdit, enlèvement immédiat). Comme il fait froid avec le vent nous restons dans la voiture, prêtes à nous enfuir si la maréchaussée se présente.

Port Grimaud est un ensemble résidentiel original. On croirait un port de pêche traditionnel, c’est une création de 1966 d’un architecte François Spoerry qui a dessiné cette cité lacustre de toute pièce sur un marécage stérile en s’inspirant de Venise (bien sûr) mais aussi des ports italiens et de ceux des îles grecques. CLIC (le site très bien fait). Ponts arrondis de Venise, poterne pour une ville fortifiée.

Port Grmaud église Saint François d’Assise

Fortifiée, la copropriété l’est en effet avec ses grilles qui interdisent les intrusions y compris celle des simple promeneurs. Il faut passer par la poterne où des vigiles surveillent le passage et font éventuellement payer un péage. La circulation automobile est interdite pour les non-résidents. Cet entre-soi m’agace. A Port Grimaud comme ailleurs, cette nouvelle manie de grillager, d’enfermer, de mettre partout des digicodes, de clore les passages m’apparait effrayant.  Dans certaines civilisations, l’étranger, le voyageur, le passant, était du envoyé de Dieu (des dieux) que l’on invitait. La manie grillage-digicode va à l’envers de l’hospitalité.

Port Grimaud

Le vigile me laisse passer à pied. le village est très joli. les constructions sont variées, palais vénitiens à fines colonnettes et loggias, maisons provençales aux toits de tuile, maisons villageoises de pierre. Trompe-l’œil…C’est très bien fait, les matériaux ont été souvent récupérés sur des maisons traditionnelles détruites (le site est très fier de ce recyclage avant l’heure).

Ce site m’apprend que chaque maison serait « une maison de pêcheur » ou plutôt une annexe au bateau amarré devant la maison. Idée séduisante quand il s’agit d’un petit bateau de pêche, ou d’un élégant voilier. la présence des yachts géants semble menaçante, ils bouchent la perspective écrasent le paysage. Immatriculés à Bâle, Malte ou Londres, à qui appartiennent-ils?

Des coches d’eau font la visite touristique de Port Grimaud en saison pas aujourd’hui par gros temps, d’ailleurs il n’y a personne!

oliviers

oliviers en bac taille nuage

Sur les bords de la route, des » pépinières » proposent à la vente des cactus hauts de plusieurs mètres et des oliviers en bac avec des troncs séculaires. D’où proviennent-ils?  De quelle oliveraie les a-t-on arrachés? Survivront-ils à la transplantation? Ce qui me met le plus en colère c’est la taille à l’asiatique en « nuage« . Quelle hérésie! L’olivier comme le chêne est un arbre majestueux que je respecte infiniment. Cette taille exotique les ridiculise. L’olivier offre ses olives et son huile depuis l’Antiquité, symbole de la civilisation méditerranéenne. Ceux qu’on a mutilés, atrophiés, ne donneront plus rien. D’ailleurs, on ne leur demande rien. Ils sont juste témoin du bétonnage, de la consommation, de la course effrayante au paraître quand on ne tourne pas autour dans un rond-point prétentieux, manège automobile! Sur Internet,  j’ai même trouvé des oliviers millénaires autour de 2000€, 450 ans 1890€! avec les conseils de jardinages qui vont avec « il prend beaucoup de place dans le jardin mais ne vous inquiétez pas, il pousse très lentement », si on l’a élagué énergiquement on peut même mettre des petits graviers blancs en dessous et des iris!

Cogolin

C’est le village le plus proche de notre nouveau gîte; nous faisons nos courses au plus grand Leclerc que je connaisse. Mon podomètre témoigne des distances entre les caisses et le rayon des produits ménagers. 

Notre gîte à La Môle

la môle notre cabanon dans les vignes

Notre hôtesse nous attend devant l’entrée de « l‘aéroport international de Saint Tropez », véritable aéroport avec une piste, un restaurant, et même des véhicules de location. Nous ne seront pas dérangées par le bruit, en une semaine, nous n’avons assisté qu’à deux atterrissages de petits avions de tourisme. 

Le Cabanon est perdu dans les vignes : c’est une toute petite maison avec des volets vert d’eau, une tonnelle de glycine (pas encore réveillée de l’hiver). A l’arrière, une centaine de mètres plus haut, une vieille maison est cachée dans les arbres. Nous devinons un troupeau de moutons. 

A l’intérieur, il y a absolument tout : lave-linge, lave-vaisselle, four, micro-onde, planche à repasser, télévision….Nous serons très bien.

Le sentier des douaniers : Saint Aygulf/Les Issambres – Fréjus

CÔTE D’AZUR

les Issambres Port Ferréol

L’Office de Tourisme de Fréjus propose une randonnée de 12 km(A/R) sur le sentier des douaniers du port de Saint Aygulf à la Calanque du four à Chaux en passant par 4 calanques.  On doit  remonter sur la route et retrouver le sentier aux Issambres. Aucune trace de cette randonnée sur Visorando. 

La plage de Saint Aygulf est bordée de très grands parkings payants (pour l’été). De l’autre côté de la route se trouvent les étangs de Villepey?

Saint Aygulf sentier côtier

Du parking, il faut passer le pont, je trouve le sentier des douaniers au bout du port de Saint Aygulf. Il est très agréable, cimenté avec des marches faciles. les petites criques se succèdent. Les rochers brillent au soleil avec leurs paillettes de mica. Ce sont des gneiss. Parfois, la schistosité est tellement marquée que les dalles ressemblent à du vieux bois avec ses veines en relief. parfois les cristaux blancs sont en relief comme des clous. Les cakiliers aux feuilles épaisses fleurissent bleu presque mauve. je trouve aussi une grosse orchidée Orchis géant (selon Pl@ntNet).

Il fait très beau, l’eau est transparente. Malgré la fraîcheur, plusieurs plongeurs chassent ; on voit leurs bouées orange. Le parcours est beaucoup plus facile qu’à Saint Raphaël même quand la banquette de ciment a disparu. A la calanque du Four à chaux je ne trouve plus ni marque jaune, ni passage. il faut remonter sur la route et je n’ai aucune idée de quand je vais retrouver le sentier.

les Issambres : viviers gallo-romains

J’appelle donc Dominique et nous continuons en voiture jusqu’au petit port de Ferreol aux Issambres . Le sentier côtier mène aux Viviers gallo-romains. les Romains élevaient des murènes et des muges(mulets) et les conservaient vivants dans des bassins creusés dans les rochers qui communiquaient entre eux avec un système de vannes. 

Je reprends le sentier des douaniers où je l’avais laissé à la Calanque du four à chaux , retrouve Dominique au parking de la plage et nous piqueniquons sur la plage bordée de beaux palmiers. Comme hier, je me promène sur la plage au bord de l’eau et arrive jusqu’à l’estuaire de l’Argens qui serpente sur la plage en déroulant ses méandres. L’Argens est une belle rivière avec un débit rapide : intraversable à gué. un sentier piétonnier va vers les étangs bordés de hautes cannes des roseaux, joncs et peuplé d’oiseaux. C’est un endroit très paisible, dépaysant « petite Camargue » selon la brochure de l’Office de Tourisme.

la ville de Fréjus

Fréjus Cathédrale et tour

Fréjus et son clocher pointu domine la plaine sur sa butte. C’est une petite ville provençale avec ses placettes ombragées de platanes rigoureusement élagués, ses maisons hautes, ses rues commerçantes étroites. elle est bien différente de la station balnéaire avec ses immeubles modernes alignés  le long de la corniche, ou son « port » marina de promoteurs immobiliers.

la ville romaine

Hermès bicéphale au Musée Archéologique

C’est aussi une ville historique : ville romaine fondée par Jules César en 49 av. JC. D’où son nom de Forum Julii. Elle dominait un  port important où l’on abrita les 300 galères prises à Cléopâtre et Marc Antoine lors de la bataille d’Actium (31 av.JC) . La maquette du Musée Archéologique montre une ville romaine importante avec son théâtre, son amphithéâtre, son forum…Mais on ne retrouve pas la ville entière sur un site archéologique : les monuments sont dispersés dans la ville actuelle. Le théâtre est dans un quartier pavillonnaire, nous avons vu l’aqueduc ans la campagne et sommes passées le long des murailles impressionnantes. la géographie a changé, la côte était située à l’intérieur des terres actuelles. 

Antéfixes

Une mosaïque entière a été déplacée, elle est visible au Musée : une panthère encadrée de motifs géométriques (j’en ai vues de plus spectaculaire à Naples, en Tunisie, à Chypre…). on a reconstitué une pièce d’une villa romaine avec ses peintures intérieures. Rien d’exceptionnel non plus.

En revanche la tête de Zeus en marbre et celle d’Hermès bicéphales sont de très belle facture.

la Cathédrale et le cloître 

Fréjus : cloître

La façade de la cathédrale est cachée par un échafaudage, j’entre dans le narthex très vaste , très haut, encadré de 4 énormes piliers  surmontés d’un clocher roman pointu tandis qu’une tour carrée coiffe l’abside de la nef. . je suis étonnée par les dimensions impressionnantes de la nef (13ème) siècle que rien ne laissait présager de l’extérieur. Le plan montre que deux églises furent accolées.

le baptistère est très ancien, daté du 5ème siècle, il comporte une niche 2ème/3ème siècle

Planchettes peintes au plafond de la galerie du cloître

Le cloître est tout à fait merveilleux. 12ème -13ème siècle  d’assez petite taille mais sur deux niveaux. Le plafond de la galerie est remarquable ; il a un rôle porteur grâce aux solives transversales avec un système d’encorbellement. entre ces solives de petites planchettes sont peintes ; il y en avait 1200, il en reste 300.  Œuvres de peintres ambulants au 14ème siècle sur des thèmes religieux mais aussi profanes donnant une image de la vie avec un goût prononcé pour la farce : scènes de chasse, de chevalerie, danse, jeu personnages hybrides, chimères.

 

 

Le Mont Vinaigre et port Fréjus

CÔTE D’AZUR

Le Mont vinaigre vu de la Maison forestière Malpey

Le Mont Vinaigre (641 m) est le sommet du Massif de l’Estérel.

Pour y accéder en voiture, il faut suivre la Corniche d’Or – la route de la côte – jusqu’à La Napoule puis emprunter l’ancienne Nationale 7. nous passons donc devant le Viaduc d’Anthéor, la Pointe de l’Observatoire, Trayas, les belles calanques, Miramar bien urbanisée avec des résidences de luxe bien fermées. Un parcours mène à pied (5 minutes) à un belvédère entre les belles propriétés : la vue est fantastique sur la Baie de Cannes vers l’Est et Saint Raphaël de l’autre côté. 

les mimosas au bord de la Nationale 7

A l’entrée de La Napoule, ,nous quittons la Corniche, la RN7 traverse une véritable forêt de mimosas qui forment de grandes taches jaunes parmi les arbres verts. De magnifiques chêne-verts bordent la route ; leurs troncs tordus et leur écorce intéressante me fascinent. Les villages de Saint Jean de Cannes et Saint Jean de l’Estérel  sont encore urbanisés avec des résidences. 

La route passe à côté de l’Auberge des Adrets de mauvaise réputation : c’était le repaire des bandits et du célèbre Gaspard de Besse qui détroussait cavaliers et diligences. le grand bâtiment est sinistre à souhait.

La maison forestière de Malpey

Au col du Testanier, nous trouvons la Route Forestière de Malpey qui est une très belle bâtisse rouge flanquée d’une autre plus petite précédée d’un double escalier pittoresque. malheureusement ces maisons tombent en ruine : plus de vitres aux fenêtre et tuiles manquantes sur la toiture. 

le sommet du Mont Vinaigre

Un peu plus loin, se trouve le départ des sentiers : GR49, GR51 et sentier du Mont Vinaigre balisé de jaune, sur la flèche : Mont vinaigre 1 H. Il est facile, très bien tracé et s’élève progressivement à l’ombre sous les pins, chênes-liège et yeuses. Bruyère en fleur, lentisques, Salsepareille et cistes dans les clairières. Je prends appui sur mon bâton et monte sans peine; A plusieurs reprise nous coupons la piste cimentée (interdite aux voiture mais utilisée par les cyclistes)Après 30 minutes j’arrive aux antennes fixées sur un gros cylindre blanc et bleu. Il faut suivre la route bitumée jusqu’au pied de la tour carrée (entrée interdite) Le sentier piétonnier pend alors une autre direction pour arriver au sommet signalé par une belle pancarte « Mont Vinaigre 641 m ».

Plage de Port Fréjus

Nous avons un délicieux pique-nique « côté mer » comme il est écrit sur la carte des restaurants : gambas, bulots, et rouleaux de printemps qui convient mieux à un environnement marin que nous trouvons à Fréjus-Port : face à une plage de sable plantée de grands palmiers. le vent s’est levé, a chassé les nuages et agité la mer avec de petites vagues. Sur l’horizon, les îlots des Lions devant le port de Santa Lucia de Saint Raphaël . un grand voilier blanc passe entre les palmiers, puis toute une escadrille de planches à voile bleues et blanches qui font une sorte de régate. la plage s’étend jusqu’au ruisseaux de la Rayanne et de l’Argens.

Il fait un peu frais pour me déchausser et marcher dans l’eau comme j’aime tant le faire. je rejoins la piste cyclable/piétons qui passe devant la piscine et qui longe une zone de marais puis passe devant une grand propriété. Pl@ntNet me permet de faire la connaissance de toutes petites fleurs blanches en bouquets : Lobularia maritima ou Alyssum maritimum) qu’on appelle corbeille d’argent dans nos jardins mais qui pousse ici sauvage. 

 

L’Aventure Champollion – Dans le secret des hiéroglyphes – BnF

Exposition Temporaire du 12 Avril 2022 au 24 juillet 2022

Champollion

Le 27 Septembre 1822, dans sa Lettre à Dacier annonçait le déchiffrement des hiéroglyphes. Cette exposition en fête donc le bicentenaire.

Jean-François Champollion est né à Figeac en 1790. A 10 ans il rejoint son frère ainé, archéologue qui supervise son instruction. A 11 ans, il s’initie à l’Hébreu, il sait déjà le Grec et le Latin, 2 ans plus tard, il apprend le Syriaque et l’Araméen, en 1805, le Copte. Sa connaissance de nombreuses langues et alphabets, va être une des clés du déchiffrement. 

Rosette – Charles -Louis Balzac

En 1799, l’officier Bouchard découvre la stèle, la pierre de Rosette où le même décret figure en Grec, en Hiéroglyphes et en démotique. Les Anglais confisquent la pierre en 1801. Entre temps, heureusement on procéda à son estampage qui put être étudié par Champollion. 

Stèle d’Agathodaimon et Isis-Thermoutis découverte à Saqqarah

L’exposition de la BnF commence donc avec l’Expédition d’Egypte de Bonaparte et présente de magnifiques aquarelles du Caire, Rosette, divers journaux de bords et d’objets divers rapportés par ses savants. Les 23 volumes de la Description figurent en bonne place. 

Entailles et reliefs en positif

Dans le déchiffrement des hiéroglyphes, toutes sortes d’inscriptions sont présentes : étiquettes de bois attachées aux momies, bandelettes enveloppant les momies (en hiératique) , petites entailles sur des monnaies, bijoux gravées sur des pierres semi-précieuses ou des métaux.

D’autres savants ont essayé de déchiffrer les écritures antiques. Une curieuse thèse publiée au XVIIIème siècle faisait état d’une parenté entre les hiéroglyphes et l’écriture chinoise « Mémoire sur lequel on prouve que les chinois sont une colonie égyptienne ». Plus sérieusement William Waburton propose que les noms des rois étaient entourés dans des cartouches. Depuis l’Antiquité avec Maneton, on dispose de la liste des pharaons.

A côté des inscriptions multilingues et des travaux de déchiffrement au cours du XIXème siècle sont exposés des curiosités : deux documents étonnants : calligrammes d’Apollinaire : La figue, l’oeillet et la pipe à opium et d’Isodore Isou.

Cercueil de Padiimenipet

le cercueil décoré de Padiimenipet a fait l’objet d’une étude détaillée par Champollion. Le livre publié est présenté ici. Comme nous sommes à la BnF des manuscrits et livres anciens sont nombreux. Il y a aussi une collection de précieux papyrus. 

Angelelli – Champollion, barbu est assis au milieu

Expédition de Champollion en Egypte (1828-1829) Expédition franco-Toscane lui permit de parcourir tous les sites antiques des Pyramides à la Haute-Egypte. Curiosité : les lunettes de soleil du savant et une  longue pipe rapportée en souvenir.

les oiseaux colorés de Beni- Hassan

Des photographies anciennes de Maxime Du Camp (1851) de Teynard (1851-52) montrent l’aspect des sites qui n’ont pas encore été dégagés avec les statues géantes d’Abou Simbel émergeant du sable. On voit aussi les dessins et les photographies de Mariette, le plafond astronomique de Dendera…. les statuettes de nombreuses divinités. 

Horus sur les crocodile et sous la tête de Bès

Diverses visites peuvent êtres envisagées, celles qui s’attachent plus spécifiquement aux hiéroglyphes, ou aux objets égyptiens. Il y en a pour tous, pour les spécialistes, pour les enfants, les curieux, les amoureux des vieux livres et manuscrits….

ostracon de Deir el Medineh : bélier étudié par Champollion

Une exposition très riche

Le sentier côtier de Saint Raphaël à Agay

CÔTE D’AZUR

Sentier côtier dans les rochers

Le sentier commence à la sortie du port de Santa Lucia où se trouvent, alignés,  les restaurants qui proposent les petits déjeuners aux plaisanciers amarré en face. je marche d’un  bon pas le long du quai. 

Visorando m’avait avertie que ce sentier n’en est pas vraiment un mais plutôt une succession de marches et de rochers. Prévenue, j’ai chaussé les Merrel qui accrochent mieux que les tennis et je n’ai pas oublié mon bâton. Un équipement de randonnée est indispensable. Un panneau met en garde : « parcours escarpé et sportif! » pas question d’essayer en tongs ou en sandales.

Dès les premiers mètres je suis au parfum : escaliers et marches puis roches rouges! Il faut être attentive aux balises jaunes (peu nombreuses) . Il faut surtout bien choisir ses appuis. Certains passages ont été cimentés pour stabiliser les pierres branlantes. En l’absence de marques jaunes, je cherche le ciment. parfois je dois m’asseoir : les marches sont bien hautes et mes jambes trop courtes. parfois il faut mettre les mains. je crois tomber sur un à-pic, au dernier moment je découvre des marches. parfois on a installé une main-courante – pas forcément là où c’est le plus vertigineux. Surout ne pas s’écarter de l’itinéraire.

En marchant, je remarque des cavités dans les roches, des inclusions qui m’évoquent du volcanisme. Les roches rouges, porphyre rouge, rhyolites sont les mêmes qu’en Corse. Sur le site Estérel-Côte d’Azur   Je trouve l’explication de la formation du Massif de l’Estérel il y a 290 MA (Stéphanien) puis Permien avec ouverture de failles et coulées d’ignimbrites. A l’ère Tertiaire, un épisode magmatique a permis la remontée d’esterellite (roche magmatique bleue très dure qui a cristallisé dans des sills entre Boulouris et Agay.). Si j’avais lu cet article avant la randonnée, j’aurais peut-être cherché les prismes de trachytes en face du Port de Santa Lucia.

Plage de Péguières

A l’approche de la plage de Péguière je trouve un peu de repos en marchant sur les mates de posidonies bien plus confortables que les rochers. 

Des petites criques se succèdent, séparées par des rochers qui sont différents des roches rouges. Certains sont noirs, trachyte peut-être. Des maisons sont construites à l’aplomb du rivage si bien que le passage devient étroit et parfois acrobatique. Un petit port dessert une maison jaune avec des arcades.

Plage Val fleuri et temple d’Amour

La plage d’Arène, de sable comme l’indique son  nom se termine par le joli port de Boulouris. Un beau restaurant a installé ses tables dehors. Une belle promenade dallée équipée de banc change du gymkhana précédent. une grande propriété, presque un manoir est bordée de balustres blanc crème (les promeneurs passent en-dessous bien sûr). La plage de la Tortue est minuscule. Un petit temple d’Amour aux colonnes blanches termine la plage de Val Fleuri. Pour arriver à la Plage de la Pescade puis à celle de Boulouris le passage sur les rochers est à nouveau compliqué et les marques sont de plus en plus rares.

Roches vertes vers le port Pussai et îlre d’or

Selon Visorando, il faut remonter sur la route sur la Plage de Pierre Blanc quand les roches deviennent noires mais je quitte le parcours à la Plage de Garde Vieille, fatiguée d’escalader. je retrouve Dominique et la voiture sur le grand Parking de la Plage du Débarquement (grande plage de galets) où se trouvent des engins du débarquement américain. ?

Pointe de Dramont

Déjeuner au petit port de Poussaï (salade pommes de terre, thon anchois). j’y retrouve les marches du sentier littoral autour du Cap Dramont . Ici encore, j’herborise avec Pl@ntNet et découvre deux inconnues : la Passerine hérissée Thymelaea hirsuta qui a des fleurs jaunes minuscules et des feuilles épaisses formant des sortes d’écailles. L‘Anthyllide Barbe de Jupiter Anthyllis barba-jovis est un buisson aux feuilles argentées. Accompagnées bien sûr de Romarin, genêt, lavandes. Au-dessus  des rochers j’avais trouvé de jolis freesias. Je zappe le Sémaphore et la Batterie d’Agay que j’ai vus dimanche et arrive directement à Tikki sur la plage de Camp Long. Par les rochers je rejoins Agay, fin d’une longue promenade! 

 

 

Promenades dans le Massif de l’Estérel

CÔTE D’AZUR

les roches rouges de l’Estérel

Nous avions pourtant bien préparé la randonnée du Pic de l’Ours avec la belle brochure de l’Office de Tourisme et notre carte. Le départ en voiture semble bien expliqué:

D100 au Rond-point d’Agay, puis après une zone artisanale,  la petite route notée « Massif de l’Estérel » entre dans le Parc Naturel. la signalisation « Pic de l’Ours » sur les flèches en bois semble opérante. Nous passons à côté de la retenue d’eau de Grenouillet.

le petit lac de Grenouillet

Il fait un temps splendide, les sommets rouges se reflètent à la surface de l’eau.  La petite route est un peu crevée-rapiécée mais bien carrossable et bien agréable puisque nous ne rencontrons personne. En revanche, notre carte routière ne nous sert à rien. Nous passons un premier parking (noté nulle part) puis arrivons à un second où il y a une très belle vue et plusieurs départs de sentiers mais aucune indication. Est-ce le Col Notre-Dame d’où part notre circuit du Pic de l’Ours? Rien ne correspond et surtout pas la localisation GPS. une voiture s’arrête, à son bord quatre randonneurs bien équipés qui ont téléchargé l’itinéraire d’une belle randonnée  qui comporte la Dent de l’Ours et le Pic de l’Ours mais 18 km (pas du tout ce que je m’apprête à faire, 2h d’après la Brochure de l’Office de Tourisme). Confirmation : ce n’est pas le Col Notre Dame mais le parking que nous avons passé est le Parking de la Sainte Baume d’où part (toujours selon la documentation de l’Office de Tourisme) une autre promenade de 2 heures.

promenade du Pic du Cap Roux

Sentier du Roc roux

Au parking de la Sainte-Baume : une belle carte montrant le circuit balisé en bleu vers le Pic du Cap Roux 2 heures 360 m de dénivelé, chaussures de marche recommandées car le sentier traverse des pierriers. Après quelques marches, je découvre la grotte avec un croix : c’est une chapelle. . j’ai pris mon bâton télescopique et grimpe allègrement le sentier bien tracé, bien balisé et facile (malgré les cailloux ). de pittoresques rochers rouges se détachent. Je rejoins un couple sympathique. A l’arrêt-photo suivant un petit groupe nous rattrape. Cela me rassure de ne pas être seule. on se dépasse, on se retrouve chaque fois que le paysage change. Avant d’arriver au sommet, halte devant le panorama sur la Baie de Cannes, je reconnais les Iles de Leyrins, le monastère, la mer bleue, les calanques, le train qui passe à nos pieds. Encore un raidillon et nous arrivons au sommet à la table d’orientation.

Panorama sur la Baie de Canne et les îles de Leyrins

Pour le retour, on redescend le raidillon, puis on emprunte un sentier en balcon au-dessus de la mer puis on fait une boucle qui s’enfonce dans la forêt. le balisage bleu a disparu, remplacé par du jaune; heureusement je croise un groupe qui a fait le circuit à l’envers et qui me rassure.

Arrivée 2h15 après le départ, dans les temps.

mimosas

Pause-apéro sous un très haut mimosa très fourni. Mimosas, pins et chênes lièges, arbousiers et lentisques.

Pique-nique sur  le Plateau d’Anthéor et botanique sur le sentier des senteurs. 

Un parking, c’est le départ d’une route bien cimentée mais interdite aux voitures, empruntées par des cyclistes et des piétons. Un « sentier des senteurs » est organisé avec de nombreuses bornes explicatives détaillant la flore. il fait trop frais pour que les fleurs du maquis n’exhalent leurs parfums. Le printemps est presque arrivé : les bruyères arborescentes sont déjà couvertes d’inflorescences blanches en forme de pyramides. Les lavandes sont spéciales Lavandes des Maures Lavendula stoechas, également appelées lavande papillon ou lavande toupet à cause des pétales étalés au sommet. Je m’amuse avec Pl@ntnet sur mon smartphone, qui détermine le Genêt très ras en fleur très jaune comme Genêt épineux  Genista scorpius ou genêt scorpion. Il y a aussi de petites euphorbes jaunes : Euphorbia spinosa.

je descends tranquillement jusqu’à la route côtière  après être passée sous les sommets du Rocher Saint Barthélémy et du Pic Roux, j’arrive à l’arrêt d’autobus « Le Cap Roux » . Dominique a garé la voiture sous els arcades du Viaduc d’Anthéor mais je ne me situe pas par rapport au viaduc. Est-ce à droite ou à gauche? Je fais le mauvais choix et marche sur le bord de la route passant La Pointe de l’Observatoire, puis au dessus des calanques presque jusqu’à Théoule. Magnifique promenade sur la Corniche d’Or s’il y avait moins de circulation voiture et motos. 

Sur la Pointe de l’Observatoire il reste de nombreux vestiges de la Seconde Guerre mondiale, des casemates de la DCA allemande protégeant le Viaduc d’Anthéor et la ligne de chemin de fer, sites stratégiques non loin des plages du Débarquement allié du 15 Aout 1944.

Rosa Bonheur au château de By

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Rosa bonheur dans son atelier

Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822, aurait eu 200 ans! A l’occasion du bicentenaire, une exposition lui est consacrée à Bordeaux (lieu de sa naissance), puis en septembre au Musée d’Orsay à Paris. Oubliée, inconnue du grand public, elle fut une peintre célèbre en son temps, la première à recevoir des mains de l’Impératrice Eugénie la Légion d’Honneur . Connue dans le monde entier,  des petites filles américaines ou allemandes jouaient avec  des poupées à son effigie.

Le monumental tableau du Marché aux chevaux  (exposé au Metropolitan NY) fut acheté 40.000 Francs-or par le marchand de tableaux Gambart qui lui organisa une tournée en Grande Bretagne et en Amérique et lui procura cette notoriété internationale. Le produit de la vente de cette seule toile lui permit d’acheter et rénover le Château de By à Thomery (77) avec l’aide de l’architecte de la chocolaterie Menier de Noisiel, Jules Saulnier qui lui adjoint un atelier. Je reconnais le style de briques décorative de Noisiel. 

Château de By côté cour et atelier

J’avais visité le château de By en 2013. Entretemps, le château a été acquis par une nouvelle propriétaire et la Mission de Stephane Bern contribue à l’entretien de cette Maison d’Artiste. La propriétaire a laissé tel quel le matériel de Rosa Bonheur dans son atelier où tout est d’origine. Une salle a été aménagée avec des vitrines contenant des documents (lettres, compte-rendu de la vente aux enchères qu’ont organisé les membres de sa famille, dessins d’anatomie, souvenir de sa rencontre avec Buffalo Bill…) .

Rosa Bonheur étude moutons

La Salle des Etudes est tapissée d’études préliminaires au crayon ou à l’encre.  Anna Klumpke, l’amie peintre américaine qui a partagé les dernières années de la vie de Rosa Bonheur qui en fit son unique héritière, a photographié toutes les œuvres qui se trouvaient à By. On a retrouvé les plaques photographiques qui font l’objet d’une étude récente.

Rosa Bonheur bergers sur des échasses

Les tirages sont exposés dans la salle des études ainsi que dans l‘Orangerie. On découvre que Rosa Bonheur, peintre animalière s’est aussi intéressée à d’autres sujets, elle s’est inspirée de Walter Scott et surtout a fait des études de paysages très détaillées. Elle n’aurait pas placé les animaux dans un simple décor ébauché. Au contraire, elle a tenu à faire une reconstitution fouillée du milieu de vie, forêt de Fontainebleau, mais aussi Côte Provençale, et même elle a tenu à étudier l' »herbe à bisons » après avoir vu les bisons de Buffalo Bill.  le conférencier a raconté une anecdote savoureuse de Anna Klumpke arrêtant le train américain pour herboriser! 

Rosa Bonheur arbre

La visite guidée (1h30) est passionnante (il faut réserver).

Alors que j’avais été rebutée à ma  première visite  par toutes les têtes d’animaux, chevaux, moutons, sangliers naturalisés comme des trophées de chasse au murs de l’Atelier, j’ai eu le plaisir d’apprendre que tous ces animaux étaient les amis de la peintre et non pas des trophées de chasse. Rosa Bonheur vivait entourée d’animaux. Certains avaient leur enclos dans le terrain, d’autres étaient en liberté, apprivoisés comme la lionne Fatma ou les marcassins qui ont été élevés comme des animaux domestiques. Notre guide a su faire revivre tout ce monde et montrer que Rosa Bonheur accordait aux animaux une âme et des émotions qu’elle voulait faire ressortir dans ses tableaux.

Châtreau de By côté jardin

Une visite passionnante et une promenade agréable dans le parc fleuri en ce moment.