Rien n’est noir – Claire Berest

FRIDA KALHO 

Ce n’est pas ma première rencontre avec Frida Kalho dont j’avais vu la très belle exposition avec Diego Rivera à l’Orangerie voila quelques années. A la suite de celle-ci j’avais lu l’excellente biographie des deux peintres par Le Clezio. Episode  de la vie de Trotski dans l’excellent livre de Padura : L’homme qui aimait les chiens

Claire Berest a écrit Gabriële biographie de Gabriële Buffet-Picabia, racontant avec talent la vie de Gabrieële qui vit fréquenté tout ceux qui comptaient dans l’Art de l’époque. 

Je ne crois pas en Dieu, je crois en Picasso ! Et vous verrez que les œuvres murales prendront le relais des fresques
des églises

Je me suis donc embarquée avec grand plaisir dans Rien n’est noir. Cette biographie est écrite sous le signe de la couleur.

Toutes les nuances de Bleu pour les années de jeunesse, de l’accident à la rencontre avec Diego. Bleu d’acier pour l’accident. Bleu roi la rencontre avec le plus grand peintre mexicain. Bleu outremer : le corps brisé. Bleu ciel, le ciel de son lit …Bleu égyptien, bleu ardoise, bleu safre….

Rouge les années américaines (1930 -1932) les succès des murales de Diego, les succès mondains, mariage,  rouge le sang rouge de la fausse-couche, la douleur de cet avortement, rouge politique celui de la Révolution. Rouges, les tromperies de Diego, homme à femmes…

Les tromperies de Diego ne sont pas un sujet, c’est un éléphant dans la pièce. C’est l’éléphant d’el Elefante qui
s’installe de force dans la cuisine en terre cuite de Fridita et fait tomber toute la vaisselle par terre avec sa large
trompe incontrôlable. Trompe-Tromperies. Ce n’est pas le bon terme d’ailleurs, pour tromper il faudrait
dissimuler au moins. Avoir un souci de la mise en scène. Gratifier l’autre d’un suspense.

Jaune les années 1933-1940, Jaune safran, jaune piquant, jaune beurre frais, jaune sable de la séparation, qui passe finalement à un jaune réséda, jaune tiède et âcre, du départ pour l’Amérique puis Paris, voyages seule, sans Diego. un jaune qui sent l’amertume, le manque même si Frida connait ses plus grands succès…jaune flash et j’en passe! Jaune ciel de Paris, les surréalistes, Marcel Duchamp, jaune du divorce….

 tu te souviens, Diego ? En vérité, rien n’a de couleur devant mes yeux, si je ne partage pas les visions avec toi,
c’est un gris qui s’abat, et qui étouffe même les chants des perroquets, il n’y a plus de contours, c’est pour toi
que je peins, 

Noirs les chapitres de la fin , noirs et gris cendres de la maturité, de la douleur qui ne la quittera jamais vraiment, noir de la mort.

J’ai aimé ces pages colorées. J’ai aimé les descriptions précises de certains tableaux. Claire Berest sait décrire la passion qui a animé toute la vie de Frida, passion amoureuse pour Diego, mais aussi passion pour la vie, la peinture. immense appétit de vivre, même si cette vie fut douloureuse, Passion comme celle du crucifié?

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Rien n’est noir – Claire Berest »

  1. Oui vraiment un sacré roman ! Je ne verrai plus les tableaux de Frida sans avoir cette femme passionnée et entière décrite par Claire Beredt. Par contre, j’avoue être bcp moins enthousiaste vis à vis de Diego😉

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  2. Visiblement, mon mot de passe fonctionne à nouveau… J’en profite donc. J’adore Frida Kalho. j’ai acheté le roman de Le clézio et j’avais repéré celui de berest en septembre. C’est déjà noté !

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