SYRIE

Stéphanie Perez est un visage connu du Journal télévisé, Grand reporter pour France Télévision, elle commente les guerres en Ukraine comme au Moyen Orient. Au salon Créteil en Poche, elle a animé une rencontre en compagnie de Delphine Minoui. Les deux journalistes ont raconté leur expérience sur le terrain et comment sont nés ces romans quand la réalité dépasse la fiction. Images de reportages se succèdent dans le poste de télévision, dates, chiffres, écrasent l’impression de l’information précédente.
« des conflits sans issue, pour les guerres qu’on ne savait même plus définir. La leur, en Syrie, était devenue illisible.
Pas de récit clair, pas de héros surgissant drapeaux au vent pour vaincre les méchants. À la place : des milices
désorganisées, des fous de Dieu, des bourreaux en uniforme. Des hommes qui tuaient au nom de l’ordre, d’autres au nom de la foi. Des traîtres et des lâches, la violence partout. Comment résumer ce chaos en deux
minutes de journal télévisé, entre le prix de l’essence et la météo du week-end ?«
J’ai besoin de personnages, d’histoires, d’individus, besoin de me projeter dans leur quotidien même s’il est misérable comme dans la bataille qui a fait rage à Alep dans les années 2016 et suivantes. Un roman pour donner de l’humanité, là ou chiffres de victimes s’additionnent aux destructions.
Là où cela se complique, dans cette guerre terrible, c’est que l’humanité va s’incarner dans un personnage inattendu : Zaatar, un chien au nom parfumé. Et sa présence va redonner vie à une petite communauté, à des familles qui ne se seraient pas parlé : des chrétiens, des musulmans, un pianiste, un tailleur…
« Il ne faut pas abandonner. Je vais faire une comparaison qui va peut-être vous faire sourire : moi, le tailleur, je dirais que la foi, c’est comme un tissu. Parfois, la vie le déchire. Mais on peut toujours le repriser. Même si ce n’ est pas parfait. Maya eut un sourire las. — Et en ce moment les coutures craquent un peu, c’est cela que vous voulez me dire ? »
J’ai pensé à un autre livre très tendre où une chienne consolait un enfant malheureux : Bel Abime deYamen Manai CLIC
Grande tendresse, grande émotion, sans oublier la réalité douloureuse de la population syrienne coincée entre Daech et les sbires de Bachir El Assad, entre torture et exil. Et pourtant, même sous les bombardements et les snipers, même avec la peur, des habitants vivent, écoutent de la musique, s’entraident.