J’ai attendu avec impatience la parution du nouvel opus de la série policière du commissaire Charitos (juin 2021 en français – 2020 Grèce) . C’est donc un tableau tout à fait contemporain de l’état de la Grèce que Markaris va dresser. La Crise Grecque est-elle derrière nous? l’économie grecque décolle-t-elle? On peut se référer à Markaris pour prendre le pouls d’Athènes.
En m’approchant, je vois que dans les petites assiettes, il y a du maquereau et de la truite fumés, et des sardines. J’en déduis que nous aurons une soupe. Mania apporte une casserole et Adriani commence à servir la soupe aux haricots. Le premier à lui témoigner son admiration est Uli. – Je vois que tu as un faible pour notre plat national, lui dit Zissis.
Plaisir de retrouver la famille de Kostas : Katerina vient de donner naissance à Lambros, ainsi nommé en l’honneur de Zissis, l’ancien communiste gérant d’un refuge pour les Sdf (mon personnage préféré), Adriani – fort affairée avec son petit-fils – confectionne comme toujours des plats délicieux (soupe aux haricots et tomates farcies). Je me demande bien si un jour Markaris ne nous gratifiera pas d’un livre de recettes de cuisine (des écrivains très fameux l’ont fait avant lui). L’évocation des saveurs grecques est toujours un grand plaisir pour moi, d’ailleurs je me prépare à cuisiner une moussaka!
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Plaisir de me promener dans les embouteillages d’Athènes, bien sûr je ne connais pas toutes les rues, mais quand même….
L’administration en Grèce est une suite de cavernes, monsieur le commissaire. Et plus on avance, plus elles sont ténébreuses et doivent être explorées avec précaution. Je suis parvenu à traverser les cavernes jusqu’à la fonction de proviseur. Kaplanis, lui, était un troglodyte virtuose. Non seulement parce qu’il savait comme personne parcourir les cavernes, mais parce qu’il avait la capacité d’en créer, impraticables pour les autres.
Le commissaire et toute son équipe nagent en plein brouillard : attentats à la bombe, revendications calligraphiées, victimes irréprochables. Qui se cache sous le nom Armée des Idiots Nationaux, redresseurs de tort luttant contre les Hypocrites? je ne vous en dirai pas plus, je déteste quand on spoile un polar.
« Hooligan ? Qu’est-ce qu’un hooligan ? Un déraciné, un non-aligné, un marginal ? Un exilé ?
Un déraciné, un exilé, un dissident : est-ce cela, être un hooligan juif ? Et l’anti-parti, l’extraterritorial, l’apatride cosmopolite qui te parle, quelle sorte de hooligan est-il ? »
Norman Manea, écrivain roumain, exilé aux Etats Unis depuis 1988, accompagne un ami musicien à Bucarest en 1997 où il n’est jamais retourné. Ce livre s’articule en plusieurs parties, tout d’abord avant le départ, les hésitations de celui qui a fui le régime communiste. Il a écrit un essai critiquant le soutien de Mircea Eliade au mouvement nationaliste La Garde de Fer antisémite, a été accusé de blasphème et de trahison par les patriotes locaux et par la presse de la nouvelle démocratie. Critique aussi de l’écrivain juif Sebastian qui ne s’est pas désolidarisé de Mircea Eliade . Les Hooligans sont justement le titre d’un livre Eliade. Sebastian a aussi utilisé le mot « Hooligan » dans un ses titres Comment je suis devenu un hooligan? Ce livre s’annonce donc comme très littéraire en ce qui concerne la littérature et l’histoire roumaine. Heureusement, j’ai déjà entendu cette histoire dans plusieurs livres (Eugenia de Lionel Duroy et Athénée Palacede Rosie).
Après ces préambules, Manea raconte son histoire et celle de sa famille à Suceava, en Bucovine, histoire d’une famille juive dans les années 30, « années hooliganiques » qui sera déportée en Transnistrie en 1941, et reviendra en 1945 à 9 ans. En même temps que le communisme s’installe en Roumanie, le jeune garçon est enrôlé comme pionnier tandis que son père, comptable dans une sucrerie, se voit offrir la carte du parti et promu directeur du « commerce socialiste ». L’utopie séduisante, tout d’abord, se révèle mortifère. Piégé, son père est condamné aux travaux forcés dans le camp de Periprava. Norman Manea, ingénieur hydraulicien, mène sa carrière d’écrivain et son travail d’ingénieur. La seule solution pour survivre : l’exil. Nombreux sont ceux qui ont émigré, en Israël ou ailleurs. Manea ira aux Etats Unis, accueilli par une université en 1988.
» Captivité et liberté ne cesseraient jamais, au cours des quarante années suivantes, leurs improbables négociations, leurs compromis et complicités de tous les instants, leurs escapades vers des refuges, des compensations secrètes. L’Initiation se poursuivait, et le prisonnier attaché au pilier de granit socialiste persistait à rêver, comme tous les prisonniers, de délivrance et d’évasion. Mais entre-temps, il s’était lui-même enchaîné, Ulysse immature, à sa table à écrire. »
Après avoir fait part de ses doutes, de ses craintes, de ses hésitations, il raconte par le menu son retour, une dizaine de jours du 21 avril au 2 mai 1997. L’écrivain célèbre est invité à des festivités officielles, au Séder de Pâques de la Communauté juive. Il retrouve ses amis, ses anciens collègues. il voyage à travers le pays. Plus éprouvant, il se rend sur la tombe de sa mère qu’il n’avait pas revue. Et c’est l’occasion de présenter toute une galerie de personnages, intellectuels ou politiques. Occasion aussi de faire le point sur la situation du pays après la chute des Ceausescu. C’est intéressant mais il y a des longueurs pour le lecteur qui ne connaît pas la Roumanie et les arcanes de sa bureaucratie. J’ai préféré la première partie, plus personnelle, plus intime.
Ce qui me retenait en Roumanie n’était pas la religion ni le nationalisme, mais la langue, et les chimères qu’elle me faisait entrevoir. Et aussi, naturellement, pour le meilleur et le pire, ma vie entière, dont elles étaient l’essence.
C’est aussi une réflexion sur l’identité. L’écrivain est attaché à la langue roumaine. Religion ou nationalisme ne le concernent pas, écrire en Roumain, entendre parler Roumain constituent le principal de la personnalité de l’auteur.
C’est bien sûr une critique mais critique avec humour!
Un milicien envoyé d’urgence dans le grand hôpital psychiatrique de la capitale resta interdit devant les fous qui, se contaminant mutuellement, s’écriaient allégrement ici et là : « À bas le communisme ! À bas le Conducător ! » Alors qu’il s’apprêtait à les arrêter, il s’était heurté à l’opposition du directeur. « Nous sommes dans un asile de fous. De fous, ne l’oubliez pas ! » Ce à quoi le policier rétorqua, avec un parfait bon sens : « Fous ? Comment ça, fous ? Mais alors, pourquoi ne crient-ils pas : “Vive le Communisme, vive le Conducător” ? » Il formulait, sans le vouloir, toute l’ambiguïté de la maladie nationale.
J’ai bien aimé la plage de Tarco avec son sable assez grossier pour que l’eau reste limpide (quand il est trop fin souvent l’eau est trouble). J’aime bien les baies échancrées, il me semble que l’eau est plus tranquille.
espadon
Nous avons réservé une table à la Taverne qui est un très joli restaurant de plage dont la terrasse est au-dessus d’une petite plate-forme gazonnée avec des verveines lantana jaunes et des tamaris fanés au-dessus des rochers. Pour fêter le dernier jour de ces excellentes vacances nous commençons avec un mojito très très riche en menthe et délicieux. Dominique a choisi de l’espadon servi avec des légumes colorés et une capucine et j’ai pris une assiette corse, 4 fromages différents et trois sortes de charcuterie ; la charcuterie est succulente, les fromages ont beaucoup de caractère, on les déguste avec de la confiture de figue.
assiette corse
Et pour terminer la journée, encore une baignade à Calzarellu !
Circuit trouvé dans le guide Vert Vallée de l’Abatesco 56 km D244 et D45
Au rond-point le plus proche du gîte, à Migliacciaro, en face de la route de la plage Calzarellu, la D244 traverse Migliacciaro, village agréable avec des villas modernes et fleuries. A Abbazia, la D145 suit le petit fleuve Abatesco. Pour gagner Serra-di-Fiumorbo traverser le ruisseau et grimper par la D45 très étroite et tortueuse à travers la forêt de chênes liège de taille impressionnante. Le long de la route on a aménagé des fontaines de pierre et même un coin piquenique. Dans la lumière du matin c’est un parcours très avec de belles échappées sur la plaine orientale, les étangs de Palu et Calzarellu.
Sierra-di-Fiumorbo s’étage à flanc de la pente. Nous nous arrêtons à un belvédère face à la mer, planté d’arbres bien verts avec des bancs et le monument aux morts. En face, la petite Mairie – Casa Communa. Un peu plus loin la Tour de Casabianca est une tour carrée qui se distingue mal du bâti des maisons « mais elle est très ancienne » commente un monsieur devant la Mairie. L’église entourée du cimetière domine le village, elle n’est pas bien belle mais très bien située.
Nous redescendons jusqu’à l’Abatesco que nous suivons jusqu’à la petite station thermale de Pietra-Pola-les-bains qui semble endormie. Il faut descendre un escalier de pierre pour arriver à l’établissement thermal (fermé en 2020 – 2021). Autour, sont bâties de belles et hautes maisons de granite à l’air sévère. Si nous disposions de plus de temps j’aurais pu descendre par un bel escalier jusqu’au ruisseau.
SanGavinu-di-Fiumorbo est encore un village perché avec église, monument aux morts.
2km plus loin, sur la route de l’Isolacciu, sur la gauche se trouve le sentier de la Cascade de Brija -annoncée 1h par le Guide vert, 1h45 sur le panneau. Le sentier très vraiment très raide n’invite pas à une marche accélérée. Pas de balisage. Pas de parking non plus pour laisser la voiture. Encore une promenade à laquelle je suis contrainte de renoncer avec un peu de colère contre le Guide Vert. A se demander s’ils ont expérimentées les promenades qu’ils proposent ou s’ils se contentent de rapporter des information
de deuxième main. La Corse est un terrain difficile aux montagnes escarpées. Ce n’est pas raisonnable de partir seule ; je regrette d’avoir laissé mes bâtons de marche à la maison.
La route traverse une châtaigneraie où les cochons sont en semi-liberté, les chèvres en liberté.
Isolacciu-di-Fiumorbo
L’étroite rue est encombrée de gros 4×4 dont l’usage se justifie ici pleinement pour les agriculteurs et les chasseurs. On klaxonne pour passer. Trois hommes sortent en même temps portant des pains et baguettes ; ils se sont attardés chez le boulanger. Sympathiques et souriants ils dégagent leurs véhicules. L’église est assez quelconque, on a laissé la porte ouverte pour qu’on admire les fresques (sans doute récentes). A côté de l’église sur le monument aux morts la liste est impressionnante quand on pense à la taille actuelle du village (env 330 ha) mais il était beaucoup plus peuplé à l’aube du XXème siècle (1800 ha) . Ces monuments m’étonnent, je ne les avais pas tant remarqué dans els autres campagnes françaises, peut être est-ce en rapport avec les mausolées et cimetières – véritable culte des morts sans équivalent.
Prunelli-di-Fiumorbo
Prunelli di Fiumorbo : café Butea
Principal « centre » du Fiumorbo. Village très tranquille à peine plus grand que les précédents, il possède quand même une bibliothèque, un musée (fermé) et un restaurant. L’affichage local m’apprend qu ’il y a une navette gratuite pour la plage et pour la ville Ghisoaccia. Une dame très aimable se détourne de son chemin pour me conduire au Café Butea.« ils font de très bons plats » assure-t-elle. Quelques tables sont installées sur la place amis c’est sur la terrasse panoramique que le déjeuner est servi : vue très étendue jusqu’à la mer et sur les crêtes montagneuses qui s’échelonnent. La carte est variée : sanglier en sauce, escalope de veau en saltimbocca, foies et gésiers de volaille…je choisis des cannellonis au bruccio et Dominique du poisson. Les cannellonis sont servis sous des tomates-cerises fraîches. Le bruccio est assaisonné de menthe, oignons verts, persil, très parfumé. Le Saint Pierre est accompagné d’un assortiment de légumes : poivrons, courgettes, oignons et zest de citron, une pomme de terre coupée en deux avec de la crème fraîche à la ciboulette, et une purée mystérieuse de chou-fleur avec un ingrédient à deviner : poudre d’amandes.
Pour rentrer on fait plus de virages qu’on ne pouvait l’imaginer.
Calzarellu : le Fium’Orbo
Nous terminons l’après-midi à Calzarellu, « notre » plage. Toujours aussi sympathique avec ses boulistes, ses joueurs de cartes qui se sont organisé un espace tranquille entre quatre voitures avec une table de camping et des chaises pliantes, et les pêcheurs. Très loin des plages chics du sud de l’île.
27 km entre Ghisonaccia et Ghisoni sur la D344 en suivant le cours du Fium’Orbo.
Grande ligne droite de 8 km à travers les vergers d’agrumes et les vignobles. Dans la colline la route passe par un vilain maquis de buissons rabougris et desséchés jusqu’au barrage électrique de Sampolo . un joli lac reflète les sommets et le hameau de Sampolo. La vallée se resserre après le petit pont, les défilés de l’Inzecca et de Strette sont impressionnants. Le fleuve a creusé un canyon étroit. Piscines et cascades se succèdent en contrebas de la D344 très pittoresque mais très étroites. Par endroit deux véhicules ne peuvent pas se croiser et la circulation dans le tunnel est alternée. Des refuges permettent d’attendre que le véhicule d’en face soit passé. Chaque fois que l’arrêt est possible en sécurité je descends prendre des photos. Au fond, le massif du Monte Renoso (2352 m) porte encore des plaques de neige. Un grand pin fourchu mort ressemble à un grand diapason se détachant sur les crêtes.
Lac de Sampolo
A l’entrée de Ghisoni les deux sommets rocailleux qui dominent le village sont Kyrie Eleison (1260 m)et Christe Eleison (1535 m). Leur nom rappel le martyre de 6 Giovannali réfugiés à Ghisoni brûlés sur le bûcher comme hérétiques en 1363. Les prières renvoyées en écho des sommets.
Le village de Ghizoni est bâti de hautes maisons. Il a deux églises, un monument aux morts et une fontaine avec une statue de Neptune mais très peu de commerces. La minuscule épicerie est coincée à l’étage d’une maison proche de la Poste et de la Mairie. Des vaches divaguent autour de l’église, l’une d’elle escalade même les marche du perron. Des chiens se promènent en liberté mais il y a bien peu de présence humaine. Pas de terrasse de café.
l’église de Ghisoni
On croise des randonneurs très bien équipés : chaussures de montagne montantes, bâtons télescopiques, gros sacs à dos, marcheurs du GR 20 proche ou alpiniste. J’aurais bien aimé faire une balade mais le circuit le plus court autour du village est annoncé 3h30 avec un sérieux dénivelé. Après mes déboires de dimanche, je ne me sens pas d’entreprendre une telle aventure seule. Ici la montagne est pentue et dangereuse, pas question de m’y perdre ! D’autant plus que les balades ne sont pas balisées (en dehors du GR20.
Le Fium’orbo fait une courbe vers le sud. Une petite route très sinueuse monte vers la station de ski de Campannella (3 remontées mécaniques) et où se trouve un refuge du GR20 . C’est toute une aventure que cette route qui s’élève de 800 m à 1600 m en 11 km avec un nombre incalculable de tournants et épingles à cheveux. Heureusement il y a très peu de circulation. Seule une voiture viendra à notre rencontre (à vive allure, sûrement un habitant du village). La route traverse une forêt de pins aux fûts impressionnants. Les châtaigniers sont en assez mauvais état. En altitude les hêtres sont nombreux et magnifiques. A la sortie de la forêt, quand commencent les alpages, des pins spectaculaires dressent leur silhouette sur le ciel bleu violent d’altitude. Plantnet les identifie comme Pins Cembro les guides parlent de pin laricio.
D69 à travers la forêt de Marmano jusqu’au col de Verde où nous déjeunons en compagnie de génisses, veaux et même un taurillon. Les génisses sont curieuses et s’approche de la voiture ; un petit veau dort à quelques pas de nous, il est secoué dans son sommeil. A quoi rêve-t-il ? Où sont les vaches ? Ces bovins divaguent librement. Au col un sentier devait me conduire vers le « plus gros sapin de Corse » encore un arbre remarquable. La serveuse du restaurant-refuge me décourage « c’est loin ! » je demande » 45 minutes c’est aller/retour ? « Non ! deux fois 45 minutes « et encore l’itinéraire n’est pas indiqué.
Pour rentrer on reprend la même route. En montagne, il est parfois surprenant de faire le même chemin dans les deux sens. J’ai le plaisir de parcourir à pied (sut la route) le défilé de l’Inzecca. Dominique m’attend au petit pont qui franchit le Fium’orbo pour aller à Sampolo. Une belle ferme-auberge est installée non loin de l’eau. Au menu, des plats de montagne mais aussi des tartes de légumes : blettes poireaux brocciu que nous aurions bien essayées. On se contente d’un café.
Nous nous étions promis de retourner au Lac d’Urbino et d’y manger de la petite friture, au restaurant sur pilotis au-dessus de l’eau. Cadre paisible et charmant que nous avions apprécié.
Sous notre table, attendent deux goélands qu’on leur lance quelque petit éperlan. L’un d’eux est même très insistant ? Des mulets de belle taille attendent aussi, ils se contentent des des restes qui ont échappé aux goélands.
friture d’éperlans
Les éperlans sont de très petits poissons salés et citronnés. Ils sont servis avec des légumes : fines languettes de courgettes comme des tagliatelles, des carottes comme des vermicelles de minces poivrons rouge et jaunes sautés dans de l’ail et du persil. Une coupelle d’aïoli pour les poissons. Tout est parfait.
Fin de la promenade sur le ponton
Une promenade a été aménagée le long du lac, sur des planches d’abord puis à couvert sous les pistachiers et les chênes verts. La salsepareille s’accroche un peu partout. Le sentier sort enfin au soleil entre des buissons de salicorne, puis se termine sur un ponton qui s’enfonce dans la partie du lac ouvert comme une petite mer où l’eau est profonde et agitée.
Achats dans la jolie boutique.
Ghisonaccia
Ghisonaccia est une petite ville animée sans charme particulier. L’attraction touristique originale : deux arbres remarquables dans les environs à 5 km vers l’ouest.
U Lentiscu ‘il manque un personnage pour donner l’échelle
U lentiscu (Pistachier lentisque) est énorme, âgé peut-être de 1000ans.
l’arbre-oiseau
Arburacellu,- l’arbre-oiseau est un chêne-liège haut de 20-25 mn âgé de 200 à 230 ans qui a développé des protubérances liégeuses formant comme les ailes écartées d’un oiseau à la suite d’un incendie ou de la foudre. Sur le sentier des plantes sont identifiées avec des étiquettes en plastique (celles qu’on utilise dans les jardins), plantes communes que je n’aurais pas remarquées : camomille maritime, mauve, vipérine, bardane, asperges sauvages…
l’Osmonde royale
Coup de chance, Monsieur Goletto, le « découvreur » de l’arbre-oiseau est sur place et accueille les visiteurs avec toutes les explications. Il nous fait découvrir une autre merveille l’Osmonde royale(Osmunda regalis) une fougère buissonnante de 205m d’envergure dont le rhizome spongieux se trouve à proximité de la rivière. Les sporanges forment des épis bruns. Dans le lit de la rivière on pourrait observer des cistudes mais elles sont farouches et se cachent.
Pour terminer cette belle journée nous retournons à la plage Calzarellu. On y arrive par une allée d’eucalyptus géants puis on passe devant la Tour de Calzarellu décorée, de graph street-art . Elle fut édifiée en 1930 par FORTEFF , un établissement d’exploitation forestière pour surveiller le port d’où les barges chargeaient le bois. le soleil est enfin sorti, le sable blanc et l’eau bleue. Il y a de jolies vagues mais pas méchantes, derrière la vague je peux nager tranquillement. Au pied de la tour, se retrouvent les boulistes du village.
Nous sommes retournées voir le village de Sari que j’avais raté dimanche. La première chose qui me saute aux yeux : « Piste de Cannella 14 km » Si j’avais lu la pancarte je ne me serais pas lancée dans ce que je croyais être un circuit. Si Dominique avait lu le panneau elle aurait su où aller me chercher.
Sari, petit village perché est charmant, un peu endormi avec des maisons fleuries, une petite église, une mairie avec des panneaux électoraux pour les élection territoriales – avantage Simeoni. Saria installé des belvédères avec des tables d’orientation. Pazr temps clair on devrait voir les îles toscanes, Elbe, Montecristo, Giglio. Aujourd’hui l’horizon est embrumé et on ne voit rien. Côté montagne, les sommets sont cachés par les nuages. Pour voir les fontaines et les fours à chaux, il faudrait faire une grande boucle à pied. Je découvre seulement le petit four à pain (pizza ?) de Togna et ses accessoires tout neufs, il parait en fonction.
Baignade à la Plage de Tarco, parking facile, eau tranquille. Nous réservons une table au restaurant La Taverne pour vendredi, le dernier jour des vacances. Situé en bord de plage, Dominique pourra m’attendre quand j’irai me baigner.
Anse de Tarco
Pique-nique au bord du Lac Palu : l’accès du parking à Vix est difficile à repérer. On roule vite sur la T10 et on dépasse. Demi-tour mais quand on vient du nord (Bastia) il faut couper la route, nouveau demi-tour pour venir du sud et tourner à droite. Le parking est assez grand. On y trouve le sentier de promenade. Une piste nous tente malgré l’interdiction. A la cabane du pêcheur, il n’y a personne. Elle est décorée avec des trophées de chasse, tête de sanglier, de biche, une hélice de bateau, des figurines ; sous l’auvent une demi-douzaine de chats. Dans un enclos un chien de chasse. Et bien sûr, au bord de l’eau : des filets, nasses, une balance, des barques….Sur la lac nagent deux groupes de canards. Un héron est perché sur un piquet. Pas l’ombre des flamands roses que nous sommes venues voir.
lac Palu
Nous profitons de l’absence du pêcheur pour déjeuner : taboulé et anchois. Les chats, alléchés, font le siège de la voiture. Certains sont efflanqués, sales et pelés mais le chef est gros, le poil brillant. Chat dominant, il n’a peur de rien, il monte dans la voiture et je dois le chasser avec des Pchitt et des Pfuit, qui ne l’impressionne pas ; je sens ses griffes à travers le tissu de ma robe. Quand nous les laisserons finir le taboulé, le chef des chats se servira en premier et laissera aux autres des miettes.
Calzarellu
Calzarella
La plage se prépare pour l’ouverture de la saison estivale. A l’arrière de la Tour on a livré des sièges neufs en pseudo-rotin gris, des frigos et un congélateur. Sur la place un caisson « poste de secours de la commune de Prunelli di Fium’Orbo ». mais on n’a pas encore inscrit la température de l’eau ni celle de l’air, ni hissé le pavillon. En revanche, les horaires des cours d’aquagym sont affichés. On a déroulé un tapis jusqu’au bord de l’eau. L’assistance est très clairsemée. Ambiance amicale : tout le monde se salue. Nous reviendrons.
En arrivant du sud sur la T10, le site et le musée se trouvent à l’entrée de la ville; la Via Romana (goudronnée, pas de dalles antiques) mène à un vaste parking puis à un petit village composé de hautes maisons anciennes. Le fort de Matra (fin 15ème ) construit par les Génois fait face à la petite église Saint Marcel. Le site ouvre à 10 h. Arrivées en avance nous photographions les maisons. L’une d’elle présente un curieux alignement de bouteilles d’eau le long de la façade. Un guide conférencier expliquera cette bizarrerie : c’est censé empêcher les chiens de pisser contre le mur.
Une grosse tête de métal Persée est posée devant le musée, c’est une exposition du sculpteur Charbonnel . Dans le site je découvrirai ensuite Persée tenant la tête de Méduse et un Guerrier avec son bouclier. C’est une exposition temporaire. Les statues mythologiques sont « chez elles » dans le site antique.
Aleria : le veilleur de Charbonnel
En introduction à la visite, de grands panneaux très détaillés sont plantés à la sortie du parking. Ils racontent l’histoire d’Alaia – la ville antique.
Alaia ouAlalia était un port. Le rivage était alors 2 km du rivage actuel, à l’embouchure du Tavignano. La ville antique dominait la plaine sur une butte haute de 30 m (l’acropole). La Corse ses trouvait au centre des échanges commerciaux en Méditerranée, animé par l’approvisionnement en métaux. Dès le début du 1ier millénaire on a mis en évidence des échanges entre la Sardaigne et Chypre (cuivre). Les Phéniciens étaient les maitres du sud de la Méditerranée. La Corse orientale était dans la zone d’influence des Etrusques. Les noms retrouvés dans la nécropole de Casabianda sont majoritairement étrusques mais également grecs.
L’arrivée des Phocéens en 545 av. JC bouleverse ces échanges d’autant plus que les Grecs pratiquent la piraterie. Phéniciens et Etrusque se coalisent contre les Grecs. La bataile d’Alalia fur une bataille n avale ayant mobilisé 14.000 hommes et 180 galères. Les Phocéens d’Alalia furent défaits, les cités étrusques renforcées, mais les Massaliotes (phocéens de Marseille alliés aux Phocéens d’Alalia) se considérant vainqueurs firent offrande à Delphes du Trésor de Marseille. Après la bataille d’Alalia, les grecs s’installèrent à Reggio de Calabre. Les échanges furent renforcés avec Populonia, Vetulonnia, Tarquinia ;
– 480av. JC à la bataille d’Himera, près de Syracuse, Carthage subit une lourde défaite avec ses alliés corses sardes et ligures. Il sen suit une domination de Syracuse.
-259 av. JC établissement à Aléria d’une colonie romaine pendant les Guerres Puniques
81 av JC Sylla transforme Alaia en colonie de citoyens romains
24 av JC Octave y installe des vétérans. Après l’empire, Auguste y installa des vétérans et il désigne Alaia comme la capitale de la province Corse- Sardaigne. Lire le Pdf du Cndp ICI
La Corse se romanise, exporte le blé de la plaine orientale, développe l’ostréiculture dans les Etangs de Diane. Par ailleurs la flotte de Misène était stationnée dans les étangs de Diane.
le Musée
Le fort
La domination romaine dure 500 ans. Le musée expose exclusivement des vestiges romains. La présentation du Musée est très agréable, les vitrines, modernes bien éclairées et accompagnées d’abondantes explications. Il faudrait passer des heures si on voulait tout lire.
Le fil conducteur est la Romanisation : les Romains s’imposèrent par la force et la persuasion : la force avec la flotte de Misène, la conscription ; la persuasion avec la citoyenneté romaine attribuée aux Corses en récompense de services rendus. Le diplôme de citoyenneté est exposé : gravé sur une plaque de cuivre, il est encore parfaitement lisible.
Jupiter Hamon
Spectaculaire : la statue de la tête de Jupiter-Hamon aux cornes de bélier enroulées comme celles du dieu égyptien. Jupiter-Hamon était le dieu oraculaire de Siwa.
poidsd à accrocher à une balance romaine
La salle suivante est consacrée aux transports maritimes : l’huile, le garum dans des amphores présentées ici. On voit également des lingots d’étain. Le plus bel objet est un poids à figure humaine accroché à une balance romaine.
pendentif en cuivre émaillé
La vie quotidienne des Alerini est illustrée avec de la vaisselle, des meules portatives ou massives, des objets de toilette : épingles, aiguilles d’os ou de métal. J’ai adoré une toute petite quenouille en os et un beau pendentif en cuivre émaillé. Dives jeux, de dé, marelle….
La visite du Site archéologique est un enchantement. Une brise légère souffle au sommet de la colline. Alors que les sites archéologiques sont souvent des fournaises sous le soleil le site d’Aleria est arboré. Une belle allée sous des acacias et mûriers conduit à la ville antique gardée par le Veilleur géant de Charbonnel. Le forum est bordé latéralement par des colonnes (base des colonnes en briques). Un temple de « Rome ou de César »fait face au Capitole dont les fondations montrent un bâtiment d’importance. Sur le côté, une citerne et une statue équestre (disparue), plus loin, les bains publics et une grande maison possédant également des bains.
Le site ne présente pas toute la ville. On ne voit ni théâtre ou amphithéâtre. De la ville antique on voit l’Etang de Diane briller. Déjà du temps des Romains, on élevait des huitres ; les Romains en étaient friands. Elles étaient expédiées dans l‘Empire romain dans des bourriches avec de la neige pour les conserver. Des huitres corses avec de la neige albanaise expédiées à Lyon…mondialisation antique ? Les moules et autres coquillages étaient conservés dans du vinaigre. Chaque visite à un site romain apporte son lot de surprises.
Aleria moderne
Petit tour dans la ville moderne qui est un gros bourg commerçant avec banques, administrations sans autre intérêt touristique que quelques hôtels et restaurants au bord de la T10.
Ça va être compliqué de te décrire cet endroit sans tomber dans la carte postale. Parce que ça y ressemble furieusement. L’eau émeraude qui décide de virer au turquoise en lechant la bande blanche du sable. Et juste au-dessus le maquis, qui semble vouloir reprendre ses droits, histoire de ceinturer la frivolité de la plage de sa chênaie impénétrable. C est vertigineux de beauté
Merci à Matatoune de m’avoir signalé ce livre qui tombe à point à notre retour de Corse. C’est donc avec grand plaisir que je prolonge nos vacances dans le parfum merveilleux de l’Immortelle de Corse (regrettant de ne pas avoir cueilli. un bouquet odorant). Policier se déroulant au-dessus de Propriano dans un village de l’Alta Rocca, au mois de janvier quand les Corses se retrouvent entre eux. Letizia, journaliste à FR3 est retrouvée assassinée, carbonisée dans le coffre de sa voiture. Jo Santucci, son oncle, commandant de police, ne peut se charger de l’enquête ; soupçonnant une affaire délicate fait appel à son ancienne compagne, Ghjulia Boccanera, détective à Nice,de mener des recherches discrète. C’est bien connu, les Corses sont peu bavards avec les policiers. En revanche, Ghjulia – Diou – fait partie de la famille, son patronyme Boccanera, va mettre en confiance et lui permettre de recueillir des confidences.
Putain de nature! Elle s’ingenia te faire mettre à terre par tous les moyens à sa disposition. Les pierres qui se dérobent sous tes pieds, les branches qui te giflent à la volée malgré les précautions du flic qui te précède, les lianes qui s’accrochent à tes chevilles. Je savais déjà que c’était pas mon truc, pas besoin de m’agresser pour me le prouver..
Letizia, présentatrice du journal télévisé, tenait aussi un blog dévoilant des affaires délicates. Diou espère y trouver des pistes conduisant au meurtrier de Letizia. Incendies du maquis, trafic de drogues, détournement de subventions européennes, projets immobiliers : les mobiles d’assassinat ne manquent pas. Elle gagne aussi la confiance d’un habitué du café, octogénaire ancien maire, lettré qui récite des poèmes et qui sera mon personnage préféré du roman. Par son intermédiaire, elle rencontrera un élagueur qui lui parlera d’oliviers, de la bactérie venue des Pouilles, mais aussi de vol d’oliviers centenaires vendus fort cher aux promoteurs immobiliers. Elle rencontrera un berger et le lecteur en apprendra sur le fromage, l’écobuage et les pratiques incendiaires….
Les oliviers, eux, ont la puissance e me transporter n’importe où sur les bords de la Méditerranée. A Oran, en Palestine ou en Crête, je me sentirais chez moi sous cet arbre. Installée sous sa ramure, rien ne t’empêche de voir la proue d’un bateau grec en toute pour Nikaia, une bergère de Bejaia qui ne bouge pas, le cœur fixe sur Majnoun et Leila. Ou Salvo Montalbano qui nage une dernière fois vers la plage de Vigata.
Nous la suivrons sur ces chemins montagneux, pentus et périlleux. La résolution de son enquête prend un tour surprenant. Rebondissements. Mais je ne vais pas spoiler. A lire donc sur place, ou pour rêver de l’Île de Beauté.
Samedi, le jour de notre arrivée, sur une branche sèche du laurier rose de la terrasse, un oiseau gris, très fin semble m’observer. Il garde ses distances mais il me fixe. Qu’attend-il ? Peut-être des miettes ? Dès que je disparais, il volète sous l’auvent. Il semble familier et ne quitte pas son perchoir.
Le lendemain matin, je lui laisse les miettes de pain sous son perchoir.
Le soir, je me rends compte qu’ils sont deux et surtout qu’ils ont toujours quelque chose dans le bec, ver ou insecte. Le pain est intact, cela ne les tente pas. Je surveille leurs aller et venues et découvre leur nid à un angle des montants métalliques où est accroché l’auvent de toile. C’est un nid sommaire, quelques brindilles, quelques plumes, très discret. Ce n’est pas moi qu’ils surveillent mais le nid. De plus je les dérange. Méfiants, pour protéger leur nid, ils ne volent jamais directement mais font des détours, marquant l’arrêt sur une cordelette qui se balance.
Ce qui m’étonne c’est que les petits soient si silencieux. D’habitude, je détecte un nid aux piaillements des oisillons qui accueillent le retour des parents. Peut être le nid est vide ? peut-être les petits se sont déjà envolés ? peut être sont ils morts et les parents s’obstinent à leur apporter à manger ?
J’ai mis au moins trois jours à découvrir les oisillons qui sont deux ou trois ; bien silencieux, ils ouvrent frénétiquement le bec ? leur perchoir offre un bon poste de guêt ; les parents ne les quittent que quand la voie est libre.
Ce soir j’assiste à une scène amusante. Sur le mur, un lézard se chauffe. L’oiseau a piqué du bec sur le lézard qui décampe, mais l’oiseau le poursuit le déloge de la jardinière où il s’est réfugié.
J’aimerais bien savoir de quelle espèce est cet oiseau.
Notre propriétaire dit que c’est un moineau. Beaucoup trop fin pour un moineau ! L’agriculteur s’amuse de moi, « c’est un moineau corse, il sont plus minces que ceux du continent ».
Heureusement il y a Internet ! je cherche les oiseaux gris et tombe sur une photo qui correspond : celle du Gobemouche gris (Muscicapa striata) Tout semble correspondre, le régime alimentaire, le nid dans les anfractuosités, la période de nidification. Je regrette de n’avoir pas fait une meilleure photo pour l’identifier à coup sûr !