LIRE POUR L’EGYPTE

« Dans six jours, je serai guéri. N’oublie pas ce je te dis : le sixième jour ou bien on meurt ou on ressuscite. Le sixième jour.... »
Explique l’oustaz Selim qui sent les premières atteintes du choléra à Oum Hassan, la grand mère d’Hassan, vieille paysanne revenant du village anéanti par l’épidémie.
1948, le choléra sévit en Egypte.
Dans les campagnes, pour éviter la contagion, une ambulance enlève les malades qu’on isole dans une sorte de campement tandis que leurs biens sont brûlés. Peu ou pas de soin, peu ou pas d’espoir de guérison. Les parents cachent les malades pour qu’on ne les emmène pas.
Saddika, Oum Hassan arrive juste à temps au village pour les funérailles de sa soeur. Quand elle revient au Caire la maladie a déjà atteint la ville. On rétribue les citoyens qui dénoncent les cas d’infection. Okkazionne, le montreur de singe, se réjouit de cette source de revenus providentielle.
Quand Oum Hassan découvre les premiers symptômes sur son petit fils, elle prend la fuite avec l’enfant. Elle fait confiance en la parole du maître d’école, il suffit d’attendre six jours. Elle installe Hassan sur une charrette à bras, puis le cache dans une cabine de lessive sur le toit, enfin dans une felouque qui descend le Nil vers la mer.
Ce court roman (156 pages) raconte cette fuite éperdue, l’amour immense de la vie. Saddika ne prodigue pas de soins, elle insuffle l’énergie vitale dont elle déborde en parlant à l’enfant, en lui racontant des histoire, en protégeant le petit corps affaiblit. Il lui semble que tout l’amour qu’elle lui porte le protégera pendant les six jours fatidiques;
Je chante pour la lune
Et la lune pour l’oiseau
L’oiseau pour le ciel
Et puis le ciel pour l’eau
L’eau chante pour la barque
La barque par ma voix
Ma voix pour la lune
Ainsi recommencera.Dans la terre et dans l’eau
Ma chansonvoyagera
Où le noir est si haut
Ma chanson s’effaceraLa lune m’entendit
Et par la lune, l’oiseau
Le ciel m’entendit
Et par le ciel, l’eau
La barque m’entendit
Et par la barque, ma voix
Ma voix m’entendit
Et j’entendis ma voix.
Une Egypte encore rurale et traditionnelle évoquée avec délicatesse et poésie.

J’ai voulu revoir le film de Youssef Chahine tiré du livre vu il y à sa sortie en 1986, dont je n’avais gardé qu’un très vague souvenir.
Première surprise, une grande Saddika : Dalida voilée de noir, mais loin de l’idée que je m’étais construite à la lecture du roman.

D’un récit tout simple, linéaire, le cinéaste a construit une oeuvre complexe où l’amour maternel n’est plus le sujet unique de l’histoire. Choléra, certes, mais aussi occupation britannique. Le personnage d’Okka devient central, de simple montreur de singe, vivant d’expédient, il devient un véritable acteur, danseur, inspiré par Gene Kelly qui danse sous la pluie présent dans la maison de Saddika avant le drame. Autre thème : l’amour du spectacle et du cinéma avec des allusions cinéphiles.
Même la fin, est très différente, plus visuelle au cinéma.




Les meilleurs, ceux D’Arnaldur Indridason aussi bien les enquêtes d’Erlendur que celles de Konrad, se lisent d’un trait. non seulement l’intrigue est très bien troussée mais on apprend des tas de choses sur l’Islande contemporaine, mon préféré : La Femme en Vert, les autres sont aussi très bien : L’Homme du Lac est situé pendant la guerre froide, Le Passage des Ombres commence en 1944 quand les troupes alliées étaient basées en Islande, j’ai moins accroché avec Hypothermie. Toutefois, tout Indridason est à lire!
coups de cœur littéraires et poétique : j’ai découvert l’auteur avec Le Cœur de l’Homme qui est le 3ème tome d’une trilogie, j’aurais mieux fait de me renseigner pour lire les deux autres tomes avant! J’ai beaucoup aimé D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds qui se passe beaucoup à Keflavik et aussi Asta, un roman d’amours complexes et multiples…
Mal » où l’évocation des massacres des Juifs en Lituanie voisine avec celle des milices nazie, et des ultra-droites actuelles dans une ambiguïté assez nauséabonde. Cette littérature décomplexée me met mal à l’aise.
déçue par Rosa Candida que j’ai trouvé bien mièvre (et qui ne se déroule pas en Islande). J’ai nettement préféré Miss Islande qui raconte comment dans les années 1950, il était difficile pour une femme de faire une carrière littéraire, et pour un homme gay de vivre ouvertement.

J’ai gardé pour la fin, le plus difficile, le plus célèbre peut être : Snorri Sturluson l’auteur de sagas et de l’Edda au 13ème siècle que les Islandais comparent à Homère et aux plus grands. J’ai cherché une saga , j’ai trouvé la saga de saint Olaf mais j’ai calé après un peu plus de 100 pages. Les vikings batailleurs m’ont un peu lassée.
En revanche j’ai beaucoup aimé les aventures de la Saga d’Eirikr le Rouge qui raconte la colonisation du Groenland et la découverte de l’Amérique, le Vinland.































