De Tambacounda vers la Casamance

CARNET DE CASAMANCE

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un banc de pélicans sur la Casamance

7h réveil avec la sirène qui annonce l’embauche à l’usine de coton. Nous allumons la télé et tombons sur une curieuse chaîne francophone i24 où nous reconnaissons le journaliste Paul Nahon qui était sur FR3 autrefois, le i c’est pour Israël, c’est surprenant !

Pour poster nos carte postales, nous allons à la Poste.  A l’arrière, la vaste cour contient la mosquée de la Poste et le restaurant de la Poste ainsi que la cabine téléphonique. Comme partout, la poste est devenue une banque, Banque Postale. Le bureau est vaste avec les guichets d’époque (avant les Indépendances ?) , il y a de bancs confortables en skaï pour patienter.

La ville de Tambacounda est très animée avec des marchés et de nombreuses motos et charrettes. Nous la quittons par une route bordée de caïlcédrats bien verts. Nous traversons ensuite une savane arborée très sèche. En saison humide,  le paysage doit être très différent.  Je devine les champs bien propres préparés pour les cultures. Il y a des chevaux et quelques termitières. Nous traversons aussi des forêts mais il est difficile d’identifier les arbres défeuillés, je ne vois plus de baobabs. Un camion jaune est chargé d’une pile d’une hauteur impressionnante de sacs blancs contenant de la paille.

les bananes de
les bananes de Gouloumbou

Gouloumbou est situé  près de la rivière Gambie. En raison de la proximité de la frontière gambienne mais aussi de la Guinée Conakry ils y a des contrôles de Gendarmerie et de Douanes. Ici, on cultive la banane.  Les femmes du marché se précipitent à la fenêtre pour nous en vendre. Elles sont vertes mais mûres. Pour 500f on en achète un bon kilo. Deux ponts métalliques enjambent la rivière Gambie, un vieux pour les piétons, et un plus neuf gardé par des militaires qui nous interdisent de photographier. La Gambie est assez large. C’est un endroit très vert. Un joli village avec des cases de chaumes, des manguiers et des anacardiers aux feuilles lisses et vertes. Sur la route il y a plus de charrettes que de véhicules à moteur, on croise quand même quelques taxis-brousse bien chargés. Arrivée de la modernité : les antennes de téléphone mobile.

A Manda, nous retrouvons les contrôles de douane  et de police. Il y a une grande gare routière. Sur la ville, nous assistons à une offensive du parpaing tandis que les villages gardent leur belle architecture traditionnelle de terre. La route est toute neuve, elle est surélevée, bien roulante. Nous croisons des camions portant des grumes de taille impressionnante, voyons des zébus aux petites cornes – des vaches ? –

Velingara est une vraie ville avec des hôtels, des restaurants plein de motos et de monde, des manguiers et des eucalyptus. C’est aussi la fin de la bonne route goudronnée. Nous roulons sur une piste dans la poussière rouge que les camions soulèvent devant nous. Mor a mis de la musique très agréable d’Oumar Penn ! je note le titre des chansons qui serviront d’accompagnement dans la vidéo.

A Kounkané nous retrouvons le goudron et deux voies. Des panneaux annoncent que la « Route N°6 est financée par le peuple américain » .

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Nous roulons depuis plus de 3 heures avec la piste cahotante. Nous devons nous détendre les jambes et le dos. Mor arrête la voiture devant la maison de la famille Diallo à l’entrée de Diabo le plus grand garçon se précipite il s’appelle Amadou et va au CM1

Diabo : mardi, mercredi, jeudi, marché des Femmes Braves, que nous ne verrons pas puisqu’on est lundi. Encore des contrôles de police à cause de la proximité de la Guinée Bissau. Les maisons sont encore couvertes de chaume, le village a gardé son style traditionnel mais elle possède une mosquée avec trois minarets. Un troupeau de chèvres en rang dispersé se déplace sur la route tandis que les chiens préfèrent rester à l’ombre sous la charrette à bras chargée de bois poussée par son maître.

Kolda : nous passons deux postes de police, les taxis-brousse sont contrôles, on nous laisse passer. Nous passons la Rivière Casamance. Les rizières sont à sec et servent de pâturages pour les bovins, des petites vaches. Le paysage devient de plus en plus verdoyant avec les anacardiers et les manguiers.

Vol de pélican sur la Casamance
Vol de pélican sur la Casamance232

Pont de Diaroumbé : un banc de pélicans se trouve au milieu. Nous admirons le spectacle des pélicans tournoyant dans les airs . Nous passons un check-point avec des militaires. A l’entrée de Diaroumbé encore un barrage de militaires casqué et en armes. Les troubles en Casamance sont terminés depuis longtemps mais il y a toujours une présence militaire visible et on ne circule pas de nuit.

La route de Tambacounda

CARNET DE CASAMANCE

Amarante
Amarante

le matin à MBour

6h ; le muezzin m’a éveillée. Nous allons regretter notre case rouge au  plafond de paille, son ventilateur à trois pales, décoré de rouge avec des motifs d’avions (peinture artisanale ou collage d’un wax ?) Rideaux, couvre-lits sont du même tissu à dessins géométrique blancs sur fond rouge. Un grand batik rouge représente un enfant. La salle de bain est carrelée de rouge, même l’abattant des toilettes est rouge.

MBour, pirogues
MBour, pirogues

7h15 :  les oiseaux fêtent le lever du jour. Promenade sur la plage. De nombreux hommes font de la gymnastique pour entretenir une musculature impressionnante. Un vieil homme, assis sur un billot de bois, lit le Coran. Devant un café de plage, on brûle des déchets sur un petit feu où chauffe la bouilloire du thé. Des hommes courent. L’un d’eux, un peu rondouillard, essoufflé, s’arrête à mon niveau, me demande une photo « je suis lutteur » annonce-t-il fièrement. Après un cap, la plage change d’aspect, elle est couverte de belles pirogues, peintes de dessins colorés, certaines ornée de petits drapeaux français ou belges fichés sur la proue. Des chats traînent à la recherche des restes. Quatre hommes écorchent un oiseau marin comme si c’était un lapin. La plage, ici est jonchée de saletés, les égouts s’y déversent. Contraste avec la plage des hôtels, gardée par les vigiles.

La Gambie taxe de façon inconsidérée les véhicules sénégalais qui tentent de la traverser (17km).  Aujourd’hui, la frontière est fermée. L’itinéraire est donc modifié : nous ferons un grand détour pour la contourner, nous ferons étape à Tambacounda. Le départ est fixé à 10 heures.

Baobabs sur la route
Baobabs sur la route

La RN1, route vers le Mali est bondée de lourds camions le plus souvent maliens qui emportent la marchandise à Dakar, désenclavant ainsi le Mali qui ne dispose pas d’accès à la mer. Au mois de février, la campagne est sèche. Les diverses silhouettes des baobabs défeuillés font l’attraction du voyage. Dans les villages il y a partout de petits marchés ou des vendeuses de fruits : melons, oranges. Je remarque les vergers de manguiers mais c’est trop tôt dans la saison.

Fatick : deux aigrettes dans les salines
Fatick : deux aigrettes dans les salines

Après Fatik la RN1 n’est pas praticable, on s’engage dans un grand détour vers le nord jusqu’à Diakhao. On traverse des marais salants (le sel est vendu sur le bord de la route), ensuite de vastes étendues très plates grises, inondables. Des plantations d’eucalyptus y prospèrent. Des buissons bleutés leur succèdent avant de retrouver des baobabs et des graminées sèches. Les zébus en troupeaux sont nombreux ainsi que les ânes en liberté. Les villages sont composés de cases recouvertes de chaumes aux toits à 4 pans. Le plus souvent les concessions sont entourées de murs en paille tressée. Seules les petites mosquées sont construites en ciment. Le progrès et le ciment n’ont pas encore défiguré ces villages sous les baobabs. A Diakhao un écomusée est indiqué – fermé –  Un homme aiguise sa machette à une borne kilométrique.

Retour sur la RN1 à Kaolack où on voit une grande mosquée avec deux minarets. Nous déjeunons au restaurant Le brasero   tenu par un supporter de l’OM qui a décoré aux couleurs du club, mais les affiches les plus récentes sont de 1993. Le plat du jour : poulet yassa.

village et baobabs
village et baobabs

Sur les bords de la route nous voyons un grand tas d’écorces d’arachides. Arrêt-photo : quelques hommes et femmes attendent sur le bord de la route. Des chevaux et des chèvres sont à l’ombre des grands baobabs. Dès que j’approche j’entends « toubab ! »Une volée de petites filles sort de la palissade. L’une d’elle porte un très petit bébé « cadeau ! Bébé cadeau ! », Elle me tend le bébé pour que je le tienne dans mes bras. Je n’ai pas de cadeau à leur offrir, nous avons bien des peluches mais elles sont au fond du coffre de la voiture. Les petites filles m’escortent, suivies bientôt d’autres. Mor sort un billet de 500F et leur dit de partager. « il faut acheter des bonbons » dit-il.

Au village suivant, nous achetons pour 5000F un gros sac contenant de nombreux petits et deux gros sacs de sucettes.

La carte signale des monuments mégalithiques. Nous en trouvons dans un village. Les habitants sont tous d’accord pour dire que c’est très vieux mais je ne tirerai rien de plus précis. Mor commence la distribution des sucettes.

mégalithes
mégalithes

Sur la route un camion est en panne. La remorque est décrochée. On aligne le chargement en faisant un mur de sacs.

 

Arrivée vers 17h à Tambacounda à l’hôtel Le relais de Tamba ; il fait une chaleur écrasante frôlant les 40°C,  le voyage a été long, je n’ai qu’une envie : nager dans la piscine pour me rafraîchir. La chambre donne sur le patio de la piscine. Nous avons le confort moderne mais la déco est funèbre : de grandes draperies violettes, une chambre très sombre n’incite pas à la gaieté. On se croirait à la morgue. Nous nous installons dans le patio. On ne rentrera que pour dormir.

La piscine, indispensable au dessus de 40°C !
La piscine, indispensable au dessus de 40°C !

Joal – poissons – Fadiouth – île aux coquillages – pirogue au coucher de soleil

CARNET DE CASAMANCE

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la grande pêche

Traversant Mbour, Abou, nous explique que le M ne doit pas se prononcer mais qu’il n’est pas muet pour autant. Mbour avec ses 150 000 habitants est un grand port de pêche jumelé avec Concarneau. D’un urbanisme assez diffus, le centre-ville ancien se repère au caïlcédrats de chaque côté de la rue. Une foire et des marché ont envahi les bords de la route : tissus, canapés, étals alimentaires où l’on vend les produits locaux mais aussi d’importation : les clémentines viennent du Maroc, les pommes d’Europe.

La route passe par des stations balnéaires. Un grand complexe est fermé : crise économique, peur d’Ebola,  l’an passé a été catastrophique pour le tourisme.

 

Des palmiers très hauts et des baobabs dépassent des acacias dont il existe 2 sortes une espèce défeuillée aux branches rouges et une espèce qui garde ses feuilles en hiver.

En face de leur village de cases rondes,  des femmes vendent du lait caillé de zébu. Juste après, les zébus traversent la route. Leur robe est grise et leurs longues cornes sont effilées et recourbées.

Avant Joal, à Ngazobil, nous passons devant le séminaire où Senghor a étudié.

L’entrée de Joal est occupée par un marché local où on trouve de tout.

Le port de Joal

Cymbiums
Cymbiums

De nombreux camions frigorifiques attendent derrière la criée. La halle est vide, ce n’est pas l’heure et surtout les grosses pirogues ne sont pas sorties avec le mauvais temps. Sur la plage la « petite pêche » a rapporté des coquillages, on s’affaire autour des tas de Cymbium et de Murex. Les Cymbium, escargots de mer, sont gros comme des melons, leur chair grisâtre enveloppe la coquille. Ils sont découpés en grosses tranches qui sèchent au soleil et fermenteront plusieurs jours. Leur chair donnera du goût à la sauce. Abou les qualifie de « camembert sénégalais ». Les Murex sont décoquillés ; l’opercule est aussi récupéré, expédié à Dubaï il sera transformé en encens. Les monticules de coquilles serviront à faire de la chaux. Il faut faire attention dans la grande animation de ne pas se trouver sur le passage des dockers qui déchargent les coquillages de coquillage en courant la caisse sur la tête. Des femmes vendent des boissons, des arachides ou des beignets. Cette animation est plaisante.

murex avec son opercule
murex avec son opercule

Les grandes pirogues partiront ce soir pour la grande pêche.

Les fumeries de Joal

Une zone vaseuse sépare le port des fumeries. Pour gagner du terrain à bâtir en remblayant avec des ordures. Sur ces  infects polders de sacs en plastiques des maisons de parpaings se construisent déjà.

les fumeries de Joal
les fumeries de Joal

Plus loin, les fumeries, comme au port, pas de poisson, nous visitons les installations vides. Abou anime la visite en racontant la chaîne des travailleurs qui vient de cette activité. Les hommes déchargent le poisson qui n’a pas été vendu frais, surtout des harengs que les femmes rangent méthodiquement sur des grilles métalliques tendues au dessus des foyers de ciment. Les hommes après le déchargement deviennent les « bergers du feu » alimentant les foyers avec des fagots de branchages mais surtout de paille apportés par les paysans de la région. Les poissons ainsi fumés seront nettoyés par les femmes. Les femmes, payées à la bassine se font aider des enfants. On emballe la marchandise dans des cartons récupérés. Les harengs sont cuisinés avec des haricots. Les têtes de poisson sont pilées pour faire la provende des animaux, les zébus en raffolent. Les écailles servent d’engrais. On balaye soigneusement pour tamiser la poussière. Rien ne se perd. Cette activité qui semble traditionnelle n’a que 20 ans. Celui qui l’a initiée serait devenu millionnaire. Des centaines, peut être des milliers de gens vivent autour de ces fumeries.

Fadiouth, l’île au coquillages

la passerelle conduisant au cimetière de Fadiouth
la passerelle conduisant au cimetière de Fadiouth

La route de Fadiouth est barrée par une procession, les femmes devant, les hommes derrière. C’est donc un enterrement chrétien.  Chez les Musulmans les femmes restent à la maison. D’ailleurs, voici les hommes musulmans qui débouchent d’une autre rue pour présenter les condoléances. Fadiouth compte 90% de catholiques, 10% de musulmans, à Joal la proportion est inverse.

Tout les long de la visite de l’île aux coquillages, David, le guide local, répètera à l’envie, la tolérance et le vivre ensemble des deux communautés. A chaque fête les dignitaires musulmans sont invité à l’église et les chrétiens à la mosquée. Au cimetière de Fadiouth  ils sont réunis (dans des carrés séparés).

Nous avions déjà visité l’île par une matinée chaude et ensoleillée. Sous de gris nuages je renouvelle la visite. David raconte les coquillages, huitres, coques tandis que nous franchissons la passerelle qui relie l’île au continent. Seules les ambulances sont autorisées à y circuler. En dessous le courant électrique et l’eau approvisionnent l’île. De nombreux cochons pataugent sur les rives. Les truies en liberté sont suivies d’adorables porcelets roses, blanc ou tachetés. David explique longuement que ce sont les animaux des chrétiens, les musulmans ne les mangent pas « sauf les musulmans de gauche, tu m’as compris ?».Les rues sont tapissées de coquillages blancs, même les parpaings des maiosns contiennent une grande quantité de ces coques. La promenade serait très agréable sans l’insistance des vendeurs de souvenirs. Aujourd’hui je sui la seule acheteuse à l’horizon. Ils se donnent donc beaucoup de peine pour me convaincre d’acheter des assiettes en bois (j’en ai rapporté la dernière fois) des boîtes à bijoux en corne de zébu (jolie matière) ou des sculptures en ébène, bois bicolore, écorce claire cœur noir qu’on croirait verni. Le vendeur frotte avec un chiffon pour montrer le poli naturel. Il explique les profils de l’homme et de la femme qu’on peut disposer à sa manière….Je suis désolée de devoir me justifier de ne rien leur acheter, ils sont si gentils, mais cela va se reproduire tout le séjour.

les rue de coquillages
les rue de coquillages

L’église est très vaste avec sa couverture de tôle en pyramide, les bancs forment une sorte d’amphithéâtre (comme à la cathédrale de Créteil). L’île cimetière est reliée par une passerelle. Sa montagne de coquillage est surmontée d’une grande croix (lumineuse la nuit). Les baobabs du cimetière se détachent sur les coquillages. Des greniers à pilotis se trouvent sur l’autre rive.

Baobab du cimetière de Fadiouth
Baobab du cimetière de Fadiouth

Nous retrouvons Dominique dans la pirogue de Philippe, belle pirogue monoxyle de caïlcédrats qui vient de Guinée-Bissau. Le reconstitution de la mangrove est une protection du littoral contre l’érosion qui s’aggrave avec le réchauffement climatique. On nous montre les petites pousses de palétuviers plantées il y a juste  jours. Quel plaisir de côtoyer les oiseaux ! Un héron blanc d’une taille exceptionnelle, farouche s’envole avant qu’on ne puisse l’approcher. Un martin-pêcheur zèbre les feuillages de son éclat métallique bleu. Les hérons noirs sont très élégants. Bécasseaux et courlis se réunissent sur de minuscules îlots. Moins rares, les mouettes, sternes et goélands sont partout. « Ne gaspillez pas les batteries, vous les verrez de beaucoup plus près au reposoir ! » nous conseille David.

Le reposoir aux oiseaux
Le reposoir aux oiseaux

A la tombée de la nuit, des îlots de palétuviers deviennent des dortoirs peuplés d’espèces variées. Les pélicans sont les plus amusants avec leurs becs qu’ils déploient pointe en l’air d’un mouvement synchronisé. Aigrettes blanches, hérons noirs cohabitent avec eux. Des vols d’oiseaux se succèdent rasant l’île. Des centaines de mouettes ou de sternes. Spectacle fascinant que de suivre les groupent qui volent tous dans la même direction.

Le soir tombe. La grande mosquée avec deux minarets ouvragés comme de la dentelle se détachent à la pointe de Fadiouth. Les maisons basses en ciment sont hérissées d’antennes. Depuis qu’on a construit la passerelle eau et électricité arrivent dans l’île mais ils ne sont pas à la portée de tous. Les plus pauvres ne sont pas raccordés au réseau. Le ciel rosit encore, il se reflète dans l’eau calme. Nous le tenons, notre coucher de soleil.

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Au restaurant  Finio, Abou montre des photos spectaculaires d’un très beau coucher de soleil au reposoir. Mais les pélicans étaient absents !

Pour dîner : une très belle sole accompagnée d’une sauce verte à l’ail et au fines herbes. Pour dessert, une banane flambée.

Retour,

 

30Km dans la nuit noire à petite vitesse. Abou connait les traquenards, nids de poule ou ralentisseurs qu’il anticipe. En revanche les charrettes à ânes sont invisibles, on ne les découvre qu’au dernier moment.

Premier matin à MBour : Hôtel NDaali

CARNET DE CASAMANCE

couleurs sénégalaises
couleurs sénégalaises

7h19, les oiseaux ont couvert la rumeur des vagues qui m’avait bercée. Ma première visite est à la plage mais la fraîcheur m’a surprise. La mer est étale, vert opaline. Des hommes courent, survêtement chaussures de sport, d’’autres font des pompes et de la musculation. Je marche dans l’eau tiède. De grandes pirogues sont posées sur le sable.

L’hôtel N’daali est très coloré. De hautes cases rondes crépies de rouge-latérite, sont nichées dans une végétation luxuriante, mélange du rose-fuchsia des bougainvillées, du bleu des plumbagos, vert des grosses feuilles vernissées, orange d’inflorescences d’un arbre qui ressemble à un flamboyant, . les allées cimentées sont peintes de motifs ronds multicolores entre des places de coquillages entiers ou brisé d’une blancheur éclatante. Sur les murs de la paillote-restaurant, un damier à cases jaunes et brunes. Les plafonds sont doublés de rouleaux de paille en fins boudins luisants se prêtant à toutes sortes de décors. L’auvent est soutenu par des branches noueuses lisses et brillantes où sont suspendues des calebasses et des vanneries. Fauteuils, chaises et tables sont habillés de wax à dominante orange, motifs géométriques orange et noirs, masques et chasseurs stylisés noirs sur orange, damiers bordeaux-orange. La variété des couleurs et des motifs des wax africains me fascinent. De grands batiks et des statuettes de bois complètent la décoration.

Ndaali est construit en bordure de plage, on traverse deux terrasses ombragées, l’une avec tables et fauteuils, l’autre avec des lits de plages.

la terrasse
la terrasse

Au petit déjeuner – thé ou café – la baguette est cachée dans un panier profond au couvercle en forme de couvercle de tagine. La confiture de bissap n’est pas rouge comme je l’imaginais mais sombre comme la gelée de cassis dont elle a l’acidité et un peu le goût.

Pour aller à la banque je dois dépasser le » carrefour avec la route des charrettes « et dépasser l’hôpital où je trouve des petits se déplaçant en groupe portant des seaux de plastique comme des pots de margarine ou de mayonnaise. Une dame à qui j’ai demandé mon chemin me dit :

« Ce sont des mendiants, ils quémandent la charité »

«  la charité », mot qu’on n’emploie plus guère chez vous. Ces petits talibés sont si nombreux, ils ne s’approchent pas de mi, on ne les voit pas sur la plage non plus.

La plage est gardé par des vigiles en uniforme noir, ceinturon militaire, brodequins. Ni militaires, ni policiers, ils ont été engagés par la municipalité de Mbour. Nous avions vu les mêmes vigiles à la Somone autour des  grand hôtels-clubs, leur présence m’avait choquée. Elle s’étend maintenant aux petits hôtels comme N’Daali et Africa Blue où nous avions séjourné. La plage me paraît beaucoup plus propre qu’à notre premier passage (alors c’était dimanche, elle était plus fréquentée).

Abou, le Tour-Operator qui a conçu notre circuit, vient nous rendre visite. Il m’emmène à la Librairie Claire Afrique à Mbour pour chercher le livre de Mariama Bâ indisponible en France. Il est également épuisé au Sénégal. Le libraire, très sympathique me conseille autre autres bouquins. Conversation aimable : « Nous valorisons trop l’oral et pas assez l’écrit », se plaint-il. Il vend surtout des manuels scolaires et des classiques pour les lycéens. Il reconnaît l’effet bénéfique de la loi Lang sur les éditions francophone. Pour ma part, je lui promets de faire connaître les trois livres sur Babélio et Facebook.

retour de la pêche en face de l'hôtel
retour de la pêche en face de l’hôtel

Retour 11h30 sur la plage où des pirogues colorées abordent face aux hôtels. Des enfants aident les pêcheurs à tirer leurs filets. Je filme la scène et dessine les enfants souples et fins qui courent partout, font des démonstrations de roue et de roulades. Au milieu de l’eau l’un d’eux danse au son des tambours.

Déjeuner à l’hôtel N’Daali où nous sommes en demi-pension : crevettes sautées à l’ail et au basilic ou crevettes en beignets puis brochette de lotte ou thioff. Le thioff(mérou blanc) est un poisson allongé un  peu sec. Les plats sont servis avec des petits légumes : courgettes, carottes et haricots succulents.

L’écharpe des jumelles – Mamadou Samb

FESTIVAL SÉNÉGALAIS

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Merci au libraire de La  Librairie Claire Afrique de MBour, qui m’a recommandé ce livre.

C’est exactement le roman qu’il fallait pour un circuit en Casamance!  Nous sommes passées à Kolda où se déroule une partie du livre, à Ziguinchor et nous avons pris le ferry pour rentrer à Dakar. Heureusement le nouveau ferry Aline Sitoé Diatta.

C’est l’histoire du naufrage du Joola (2002) qui a fait près de 2000 victimes. C’est aussi l’histoire tragique des jumelles peulh Awa et Adama. Elle commence comme un roman d’amour. Un jeune vétérinaire de la ville débarque pour soigner le bétail du village, inexpérimenté, les vaches le ridiculisent, Adama lui explique comment s’y prendre, pour la remercier, il lui offre l’écharpe qui donnera le titre du roman.

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Mais l’amour ne fait pas partie du quotidien des adolescentes du village. Elles sont promise au mariage très jeunes. Mariages précoces et forcés, polygamie, les jeunes filles n’ont pas leur mot à dire. Leur seule richesse, leur virginité. Et si elles la perdent c’est toute la famille qui est couverte de honte, la mère en mourrait…On fait moins cas de l’avis de la jeune fille que des génisses que le promis apportera. L’histoire est  un réquisitoire contre ces traditions misogynes.

C’est aussi un document racontant les fêtes de circoncision, de mariage, la vie au village… et cela m’a beaucoup intéressé.

En revanche, l’analyse psychologique est trop manichéiste, les bons, les jeunes filles, les personnages éduqués, médecins, vétérinaire, sage-femme, les mauvais (très mauvais) les hommes qui profitent des jeunes filles, la tante qui poursuit Awa pendant des décennies..

Winter on the Nile – Anthony Sattin

VOYAGE EN ORIENT

un hiver sur le nil

J’ai fait un beau voyage en Egypte, 1849,  en compagnie de Florence Nightingale et de Flaubert. Ou plutôt deux voyages légèrement décalés puisque ils ne se sont jamais rencontrés. Ils ont pourtant fait le trajet Alexandrie-Le Caire en novembre 1849 sur le même bateau, sans jamais se rencontrer, Gustave Flaubert, sur le pont avec les hommes, Florence Nightingale, dans la cale avec les femmes.

Même génération, Florence Nightingale 29 ans, Flaubert 27ans.  Chacun ayant quitté sa famille pour échapper à une dépression, Florence fuyant la pression de sa famille et une rupture de ses fiançailles, Gustave l’échec supposé de sa Tentation de Saint Antoine. Leur itinéraire était le même Le Caire-Luxor, Aswan et Abou Simbel. Florence Nightingale et ses amis sur une dahabiah, Flaubert et Maxime Le Camp à bord d’une cange. Ils se sont suivis. Flaubert a eu l’occasion de voir l’empreinte du pied d’une anglaise….

Sattin a eu l’idée de rapprocher leurs carnets de voyage. Un siècle et demi plus tard.

FlorenceNightingale

Occasion de rencontrer deux personnalités du 19ème siècle: un des écrivains les plus marquant et La dame à la Lampe l’héroïne de Crimée, qui a révolutionné le système hospitalier britannique. Sattin prend son temps pour nous les présenter. J’ai préféré la bio de Florence Nightingale à celle qu’il trace de Flaubert, ou peut être la personnalité de la première? Ces deux personnages sont à un tournant-clé de leur vie, à la veille de leur célébrité. Ils se cherchent. Flaubert cherche son style, l’Orient l’attire, mais doit-il écrire comme Chateaubriand ou comme Balzac? C’est sur le Nil que s’impose Emma Bovary, de il se souviendra peut être de son voyage pour Salambô. Tandis que Flaubert cherche son style florence Nightingale cherche un sens à sa vie de femme. Vouée au mariage comme toute femme de son époque et de sa condition, elle le refuse

 » Comment pourrait elle se marier quand le mariage voulait dire obéir à un mari? »

Elle a ressenti un appel divin, pour faire de sa vie autre chose, quelque chose d’utile, elle a déjà la vocation de soigner, d’être infirmière. Dans la bonne société anglaise, les infirmières ont mauvaise réputation. Ce voyage lui permettra de faire le point sur sa vocation et de s’éloigner des contraintes de sa famille.

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J’ai donc eu beaucoup de plaisir à visiter l’Egypte par leurs yeux. Voyage mystique de Florence qui voue un culte à Osiris qu’elle voit en figure christique. Voyage très différent dans les bordels, auprès des danseuses orientales de Flaubert, moins sensible au charme de l’Antiquité.

C’est aussi l’occasion d’imaginer le Nil sans le carcan des barrages ou des écluses. Abou Simbel avant le Lac Nasser, Philae sur son île d’origine et les cataractes après Aswan.

Peintre des Ruines, mais pas seulement Hubert Robert au Louvre

PARIS EN EXPO

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le port de Rome

exposition temporaire du 9 mars 2016 – au 30 mai renseignements pratiques : (ICI)

Hubert Robert arrive à Rome en 1754, il y restera 10 ans et sa peinture restera marquée par ce séjour.

L’exposition du Louvre commence par ces années romaines et par une série de dessins à la sanguine éblouissants. On se promène dans Rome, Tivoli ou au Vatican. L’étude des monument est précise, étude de l »architecture et aussi de la vie quotidienne. Jamais, il ne néglige le détail qui donnera vie à l’étude de l’antique : le chien endormi dans le coin droit des Dessinateurs du Palatin, ou à droite, ailleurs…. je me suis amusée à chercher les chiens. On étend le linge dans les ruines ou les villas (villa Madama) Dans l’atelier des restaurateurs d’antiquité un amoureux apporte un bouquet à une servante.

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Villa Madama

Etudes de dessins sanguines, parfois lavis et aquarelle prépareront de charmants tableaux dans les teintes chaudes de la pierre, les tons plus pastels d’une campagne romaine imaginaire…

Quand le peintre rentre à Paris, il continue à peindre des ruines antiques. C’est la mode. Il expose un curieux Port de Rome où les bateaux sont à qui devant le Panthéon. Des vomitoires du Colisée on voit la statue équestre de Marc Aurèle….Hubert Robert prend des libertés avec la topographie et livre des compositions rassemblant tout ce qu’on voudrait voir à Rome. Les cascades coulent à flot à Tivoli et même dans un bassin de la Villa Giulia!

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A mesure qu’on avance dans l’exposition et dans la chronologie, les tableaux deviennent de plus en plus grands, colorés et fantastiques. Que dire de cet incendie de Rome? On voudrait y placer Néron mais les personnages sont vêtus comme ses contemporains du 18ème siècle! Hubert robert réinvente Rome, mais pas seulement l’Egypte aussi, des danseuses font une ronde autour de l’obélisque détruit devant un arrière plan de pyramides, le sphinx lui même est fendu, allusions aux conquêtes napoléoniennes(?)

l'incendie de l'opéra (chercher les pompiers avec leurs lances)
l’incendie de l’opéra (chercher les pompiers avec leurs lances)

En plus de cette antiquité rêvé des anticomanes qui lui passent commande, il peint aussi Paris toujours avec son goût des ruines : l’incendie de l’opéra le lendemain, quand les pompiers arrosent encore les braises et que on transporte un blessé sur sa civière est presque un reportage de fait divers. Et cette Bastille qu’on a pris la veille et qu’on commence à démolir? Il peint aussi la démolition des maisons encombrant les ponts de Paris et comme il aime toujours la lessive, il place au premier plan des bateaux-lavoirs d’une précision méticuleuse….

Dans la veine du reporter, ses dessins et peintures effectuées en prison quand la Révolution l’y enferma..

Robert comme concepteur de jardins, on aimerait voir ce qui reste de Méréville.

Dernier volet de l’exposition, Hubert Robert comme conservateur de musée quand le Louvre devient le Louvre.

 

 

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La clarinette – Vassilis ALEXAKIS

LIRE POUR LA GRECE , ET LE LUXEMBOURG?

Alexakis, photo Paris Match
Alexakis, photo Paris Match

« Par moment deux drames, le tien et celui de la Grèce ne faisaient qu’un dans mon esprit : ta chambre à l’hôpital Saint Joseph était une cellule de prison où on avait enfermé mon pays pour dettes. » 

C’est un livre d’amitié, amitié qui lie le narrateur, auteur grec francophone, et son éditeur qui est aussi son ami. Ce sont aussi ses allers-retours entre Paris et Athènes dans la Grèce sinistrée par la crise. Narrateur de l’entre-deux, entre-deux langues, polyglotte oserais-je écrire pour employer un mot d’origine grecque, qui écrit en Français se traduit lui-même en Grec, ou l’inverse. Choix des mots. Entre-deux pays, l’exil est-il à Paris où l’auteur vit depuis presque cinquante ans,  auteur reconnu et primé, ou à Athènes? ou à Tinos dont il parle trop peu. 

Je lis toujours avec grand plaisir Alexakis, écrivain attentif aux mots depuis la Langue Maternelle, le Premier Mot….qui, en Français nous fait aimer la langue grecque. La plus belle trouvaille est cette vérité aletheia dont le contraire ne serait pas le mensonge mais l’oubli, ce Lethé, fleuve des Enfers, fleuve de l’oubli. La mythologie n’est jamais loin. Ni Œdipe, ni Sophocle.

Pourtant c’est un « roman » plutôt noir, où il est question de vieillesse, de maladie et de deuil. D’oubli aussi puisque le titre La Clarinette vient d’un oubli de ce mot, perte de mémoire qui inquiète le narrateur.

Noir  le constat de la pauvreté des Grecs. Pauvreté qui exacerbe l’égoïsme plutôt que la solidarité. Crise impitoyable qui met à la rue des milliers de Grecs – ou non-grecs d’ailleurs. Le narrateur est particulièrement attentif aux SDF et au clochards, grecs ou parisiens, il se documente sur les initiatives pour leur venir en aide.

Attentif aussi aux idées politiques, exilé de la Junte autrefois, il sait reconnaître le fascisme,  l’égoïsme des armateurs grecs qui ne paient pas l’impôt. Sévère avec l’Eglise orthodoxe: Ap. J.-C est le roman  que j’ai préféré.

Retournera-t-il définitivement à Athènes?

 

 

Marie curie prend un amant – Irène Frain

FEMMES

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« Ce livre est une reconstitution. Comme telle, il comporte une marge d’incertitude et de conjecture. 

Il est aussi le fruit d’une enquête, au sens où les historiens entendent ce mot. j’ai écarté les témoignages qui m’ont paru douteux et, à l’inverse, repris à mon compte ceux qui m’ont semblé fondés. »

Irène Frain nous livre donc une biographie sérieuse de Marie Curie avec un éclairage original. Evitant l’hagiographie qui a souvent cours, elle présente Marie Curie comme la grande savante aux deux Prix Nobel mais aussi comme une femme avec ses amours, ses enfants. Irène Frain démonte aussi les agissements d’une certaine presse à scandale qui s’est acharné sur elle, en tant que femme et étrangère. Presse nationaliste,  anti-dreyfusarde, antisémite et misogyne et moralisatrice.

« la joute qui se déroulera le 8 décembre au tribunal s’exclame-t-il, opposera la science à la vertu. D’un côté, la Sorbonne, repaire du parti de l’étranger et d’arrogants individus sans morale et sans Dieu, incapables de dominer leurs bas instincts. De l’autre les courageux partisans de la famille et de l’ordre, à la tête desquels la douloureuse Jeanne, incarnation de la vraie mère, héroïquement dressée face à l’armée des puissants qui veulent sa perte, les protestants, les juifs, les francs-maçons, le gouvernement…. »

Cette analyse est passionnante.

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En revanche, je suis restée sur ma faim, en ce qui concerne la partie scientifique qui est indissociable de l’histoire de Marie et de Paul Langevin. Marie, celle qui a découvert le radium nous est connue, en revanche ses relations avec les autres savants de cette époque passionnante sont envisagées plus du point de vue des relations personnelles que de l’échange scientifique qui faisait la richesse de ces rencontres. Des travaux de Paul Langevin, nous n’apprendrons presque rien, ni de Jean Perrin. Petit clin d’oeil à Einstein. J’aurais voulu en savoir plus sur les relations de Rutherford avec Paul Langevin et Marie Curie.

Une bonne biographie, mais pas un livre exceptionnel.

 

8 mars : Angèle Etoundi Essamba : FORCE&FIERTE

8 MARS – JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

Exposition au Musée Théodore Monod de Dakar
Exposition au Musée Théodore Monod de Dakar

Pour la Journée Internationale des Femmes, je voudrais vous faire partager la découverte de cette photographe camerounaise basée à Amsterdam, qui expose actuellement à Dakar.

Cette exposition condense 30 ans de création engagée, composée de 200 photographies articulée en trois ensembles : (je recopie le document de présentation):

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« Noir et Blanc retrace l’engagement d’Angèle Etoundi Essambaa dans la représentation de la femme africaine au delà des stéréotypes. Femmes fortes, fières et conscientes de leur existence […]

 

« Couleur illustre le passage de l’artiste à la couleur. Fidèle à la représentation de la femme noire d’Afrique et de la diaspora, Couleur inclut également quatre séries inédites dévoilant un travail photographique surprenant autour de la  couleur et de la matière. 

Invisible est le récit photographique de la vie des femmes africaines qui travaillent dans les secteurs des mines, de l’énergie et de la construction mais aussi du textile du commerce, de l’agriculture et de l’eau. Cette’ série rend hommage à ces invisibles dont le travail est souvent sous-estimé alors même qu’elles contribuent activement à la construction et au développement de l’Afrique. »

La photographe renommée partage son exposition avec un collectif dakarois Sunu Nataal . 

Je suis sortie éblouie de ces images et je n’ai même pas voulu attendre d’avoir rédigé mes carnets de voyage pour partager mon enthousiasme!

 

Tout le mois de mars est dédié aux Femmes au Sénégal où j’ai vu une autre exposition intéressante  au musée Henriette Bathily, consacrée aux portraits de Femmes Combattantes de la Liberté exposition venant de Nantes  intitulée Dix Femmes Puissantes (clin d’oeil à Marie N’Diaye?). Lire ici le Pdf de l’exposition de Nantes : http://memorial.nantes.fr/pdf/Catalogue-expo-web.pdf