Survol de la Galilée, vue aérienne. Magnifique image? Le ciel est dangereux, des escadrilles le traversent dans une guerre frontalière. Sous la menace des bombes, la vie continue. Au village derrière les oliviers, un mariage se prépare. Ce n’est pas une opération militaire qui l’empêchera a décidé Samira (Hiam Abbas, la mère de la mariée). Le mariage réunira toute la famille au village: le patriarche, son fils ainé qui veut se faire élire à la mairie avec le soutien d’un parti israélien, un autre, homme d’affaires ruiné et le troisième médecin, ses filles l’ainée la soumise, et la plus jeune, Hafsia Herzi, artiste moderne étudiante amoureuse de son professeur de peinture anglais.
« L’histoire d’Héritage, c’est plutôt l’histoire des conflits à l’intérieur d’une famille palestinienne qui vit dans un village palestinien, en Israël, sur la frontière avec le Liban, et cela concerne plutôt les conflits intérieurs dans une enveloppe de guerre générale. C’est presqu’une guerre virtuelle, qui existe toujours au-dessus de nos têtes, nous les Palestiniens d’Israël, parce qu’il y a cette menace d’une guerre entre les pays arabes et Israël. »
Ce mariage m’a rappelé les Noces en Galilée de Michel Khleifi (1987) dont j’ai gardé un souvenir très vif. Le propos en est très différent mais il se passe dans le même décor.
Après la photo de famille, la noce sera interrompue : une alerte, un bombardement disperse l’assistance, le grand père est victime d’une crise cardiaque. La famille s’acharne la jeune Hajar qui ne pourra pas vivre ses amours avec l’Anglais – Hafsia Herzi dans une interview parle d’un Roméo et Juliette palestinien. La campagne du candidat aux élections est interrompue par le cousin de sa femme qui le traite de collabo. Le médecin apprend qu’il est stérile. Toujours, les femmes paient le prix fort à la tradition même si elles sont modernes, polyglottes, avec un caractère bien trempé.
J’ai été étonnée en lisant hier les nécrologies dans la presse :le grand musicien, le virtuose était présenté comme le père de Norah Jones (c’est vrai mais tellement réducteur). Regardant les infos à la télévision, l’hommage fut pire : pas de sitar, une image furtive puis les Beatles qu’il a inspirés. Certes….. Heureusement, Télérama consacre un article plus étoffé au musicien.
De passage à la bibliothèque et discothèque j’ai emporté un DVD et des CD de musique indienne, regrettant l’an passé de ne pas avoir consacré plus de temps à cet aspect de la culture du sous-continent. J’ai corrigé mes copies en écoutant des râgas et mesuré l’étrangéité de la musique savante pour nos oreilles occidentales.
Le rôle de passeur de Ravi Shankar m’est donc apparu comme essentiel. peut être fallait-il qu’il joue avec Menuhin pour qu’il parvienne jusqu’aux mélomanes et avec les Beatles pour que nous le fêtions dans les années soixante: routards vers Katmandous sur les routes de l’Inde, babas et hippies des fleurs dans les cheveux, expériences psychadéliques et musique planante… malgré notre voyage au Rajasthan, c’est Shankar, le passeur que je retiens.
A sa sortie en salle, une curieuse mésaventure m’avait privée de séance : les bobines d’un navet américain homonymes étaient arrivées dans mon cinéma préféré. J’ai donc acheté le DVD!
Tedo ferme les yeux quand la cruauté du monde lui paraît insupportable
Très joli film sans prétention. Un gamin craquant dans les conflits inextricables du Caucase. Gamin géorgien réfugié d’Akhazie vit à Tbilissi dans une grande pauvreté, apprenti dans un garage, petit voleur d’occasion. Il veut rejoindre son père en Abkhazie sur l’autre rive. Géorgiens, Russes, Abkhaziens se font la guerre, on ne comprend pas bien ni où ni pourquoi. Violences gratuites? viol, vengeances? L’innocence de l’enfant lui sert de passeport, son obstination aussi. Il subit cette violence, se fait jeter du train, un camionneur l’abandonne en pleine montagne quand la vie lui parait insoutenable, il ferme les yeux mais poursuit sa quête.
Après les violences meurtrières à la suite de ce film que personne n’a vu, des caricatures de Mahomet, ce livre invite à la réflexion intellectuelle et politique, sur la liberté d’expression, la laïcité.
J’ai donc passé une bonne semaine en compagnie de Rushdie: 725 grandes pages!
Joseph (Conrad) Anton (Tchekov) est le pseudonyme de l’auteur des VersetsSataniques sous la menace de la fatwa de Khomeiny. Comment vivre dix ans caché, sous la protection des Services secrets de Sa Majesté? Je m’attendais donc à un roman d’aventure, d’espionnage – genre Le Carré mais en vrai . Dix ans d’Histoire, du 14 février 1989 au 11 Septembre 2001. Dix ans de luttes d’influence, de tractations avec l’Iran de Khomeiny puis de ses successeurs pour annuler la fatwa, rencontres avec Margaret Thatcher, John Major, puis Tony Blair, avec Clinton… Voyages clandestins ou annoncés de Londres à New York mais aussi Oslo, du Chili à la Nouvelle Zélande. Mesures de sécurité oppressantes, parfois cocasses.
C’est aussi un panorama de la littérature contemporaine. Le livre s’ouvre sur la messe en l’honneur de Chatwin, ami de Rushdie. Si Rushdie a pu survivre à la condamnation à mort iranienne c’est d’abord grâce à l’affection et à la mobilisation des écrivains amis. Le lecteur est donc entraîné à la suite de Salman et rencontre les plus grands auteurs anglophones ou non: Harold Pinter et Graham Greene de Styron à Paul Auster, Susan Sontag aux Etats Unis, Nadine Gordimer, Gunther Grass et même Borges. Ecrivains indiens de langue anglaise aussi: Arundati Roy et tant d’autres. Dix ans de littérature et de mobilisation sans relâche pour la liberté d’expression.
C’est l’histoire d’un homme, déraciné, d’une double culture, héritier d’une riche culture indienne, élève des meilleurs écoles britanniques. origines, son patronyme de Rushdie venait d’Averroès Abul Walid Muhammad ibn Ahmad Ibn Rushd qui défendait déjà la liberté de la philosophie loin du carcan des théologiens. Années d’apprentisage à Rugby, école élitiste où « il existait trois erreurs fatales que l’on pouvait commettre, mais si l’on n’en commettait que deux sur trois on pouvait être pardonné. les erreurs étaient les suivantes : être étranger, être intelligent, être mauvais en sport. […]Il les commit toutes les trois. »
C’est avant tout l’histoire d’un écrivain dont le métier est l’écriture. Il nous livre le processus d’écriture de ces livres les plus fameux, ses sources d’inspiration, les clés de ses romans. J’ai furieusement envie de relire les Enfants de Minuit que j’avais énormément aimé autrefois après ces précieux enseignements. Militant de la liberté d’expression, il veut d’abord être reconnu pour ses écrits.
J’ai dévoré les 250 premières pages. Je me suis un peu ennuyée quand il décrivait par le menu toutes les tracasseries des policiers et les mesquineries d’un certain milieu londonien, mesquineries aussi de son ancienne femme dont on n’a vraiment pas envie de connaître les rancœurs. Rushdie ne nous fait grâce de rien, ni de ses entrevues successives avec les responsables des services secrets ou les fonctionnaires de Sa Majesté, des hésitations des éditeurs qui refusent de sortir l’édition en poche des Versets sataniques et hésitent à publier ses autres romans . Après tout, trois attentats ont touché traducteurs et éditeurs étrangers au Japon, en Norvège et en Italie! Il détaille aussi les efforts de ses amis, du PEN-club américain, du parlement européen des écrivains, de Bono et U2…il ne veut oublier personne. La lectrice a décroché parfois au milieu du livre. Et pourtant j’ai poursuivi, happée par l’enjeu et aussi par l’art de l’écrivain.
C’est une belle exposition présentant des objets, marbres, céramiques, icônes, monnaies et fresques du 4ème siècle (fondation de Constantinople) à 1571(conquête turque). La chrétienté y est représentée aussi bien l’Orthodoxie que les Lusignan et les Croisés. De nombreux panneaux retracent l’histoire de l’île.
J’ai eu la surprise de découvrir les monuments gothiques dans le nord de l’île qu’on n’avait pas vus. la plupart des objets proviennent de Limassol ou de Nicosie. Une rencontre:un moine Néophite le reclus. Un tableau : cette arrivée du Christ à Jérusalem monté sur un âne blanc qui ressemble à un cheval tandis que, grimpé dans un arbre des hommes cueillent des rameaux qu’ils jettent au sol.
Dernière rencontre avec Catherine Cornaro, dernière souveraine de l’île.
Catherine Cornaro par Gentile Bellini
LUCA PENNI
Un peintre de la Renaissance à Fontainebleau.
Deux beaux tableaux : une Vénus et surtout une reine s’agenouillant devant un souverain portant un crâne. De très nombreuses gravures très fines sur des sujets mythologiques. Certaines ont été utilisées comme motif pour des assiettes ou différents éléments décoratifs.
LA VICTOIRE DE NIMEGUES COUR PUGET
Cherchant un banc pour nous reposer, La cour Puget est l’endroit parfait : lumineux, sous sa verrière, vaste et tranquille. Un regard à Alexandre, après la lecture de Gaudé. Une chinoise partage notre banc. Avec son iphone elle mitraille les sculptures de la cour puis se tourne vers moi pour demander des explications que je suis bien en peine de lui donner. Le Louvre a fabriqué des fiches explicatives géantes. Nous y lisons que toutes les statues appartiennent à un ensemble commémorant la Victoire de Louis XIV à Nimègues destiné à décorer la place des Victoires.
Les quatre personnages de bronze à genoux, des esclaves figurent les nations vaincue au traité de Nimègues : Espagne, Brandebourg, Empire et Hollande. Sur le côté, trois plaques de bronze racontent l’Europe se soumettant au roi. En face, de nombreux médaillons étaient suspendus autour de la place.
Nous décidons d’aller voir la Place des Victoires. Nous traversons la cour du Conseil d’État avec les colonnes de Buren rafraîchies qui n’évoquent toujours rien pour moi! La Comédie Française en chantier n’est pas à son avantage. Le Palais Royal hivernal est vide, un peu triste. Pensée pour Colette. Les rues Vivienne, de Valois autour de la Banque de France sont vides le dimanche. La Place des Victoire, arrondie offre un écrin à la statue équestre du roi Louis XIV par Desjardin qui a disparu à la Révolution, remplacée par une autre, fondue encore, celle qui est là est donc la troisième!Sur le socle les plaques de bronze sont là. Les médaillons ont perdu leurs colonnes et supports.
Je n’étais jamais venue là. Il a fallu une étudiante chinoise pour piquer ma curiosité!
Nous suivons le cortège funéraire d’Alexandre le Grand avec les pleureuses.
Alexandre le Grand d’Angelopoulos
Alexandre est un personnage que je croise souvent: au Louvre, à Naples, à Siwa et à Perpérikon, en Bulgarie où les oracles lui ont prédit la gloire, même dans une exposition sur l’Afghanistan au Musée Guimet même dans le film de l’Homme qui voulait être roi…ou l’Alexandre le Grand d’Angelopoulos.Plusieurs versions de la Légende d’Alexandre ont traversé les siècles. J’ai bien aimé celle de Lacarrière.
Gaudé livre sa version poétique du mythe. Chant funèbre en prose, lente épopée au rythme du pas des caravanes dans la première partie, de Dryptéis, la princesse perse mariée à Hephaistion, compagnon d’Alexandre, de Nemrou sa servante et de la vieille Sisygambis, la vieille pythie, diseuse de mort, tapie dans les ruines de Persépolis. Au galop effréné du cavalier sans tête Ericléops qui a dépassé l’Indus où Alexandre avait arrêté sa conquête et qui a atteint les rives du Gange, Ericléops qui rapporte le message du roi indien, son défi qui ranimera Alexandre et le ramènera à la vie.
Au palais de Babylone où agonise Alexandre, on sent se nouer les intrigues, les rivalités entre les femmes et les compagnons qui se disputerons la succession de l’empire. Alexandre meut au mitan du livre.
La deuxième partie raconte l’étrange errance de la dépouille d’Alexandre. Qui détiendra son corps, détiendra le pouvoir. Au rythme des centaines de pleureuses vers la Macédoine, puis traversant le Nil, enfin vers l’Orient. Au delà de la mort, la voix d’Alexandre commande encore. Il ne sait pas mourir avait dit la pythie. Il ne connaît ni le repos, ni la fin de ses conquêtes.
Affranchi de la « vérité » historique, Gaudé imagine cet étrange entre-deux, entre terre et enfer. Déjà dans la Mort du Roi Tsongoron devinait cette fascination, Dans la Porte des Enfers, elle était explicite. Alexandre dont on ne connaît pas la sépulture , cénotaphe vide en Alexandrie, introuvable correspondait tout à fait à cet univers.
La pluie a mouillé le pare-brise de la voiture de Quimper à Pont-L’Abbé; quand nous arrivons sur le quai de Kerity, le soleil est resplendissant. La mer est haute mais il reste du sable une bande de sable mouillé pour marcher près de l’eau. Le vent d’Ouest me pousse. Des rochers émergent de l’eau arrondis. Pas d’algues vertes mais une quantité de goémon. Marchant, je considère toue cette matière organique inutilisée. Je pense aux goémoniers que Gauguin côtoyait. On ramassait alors les algues qu’on brûlait dans des fours ; mais maintenant. A part l’engrais des potagers, personne ne vient les ramasser ? Erreur une pelleteuse travaille sur la plage, repoussant un grand tas vers la dune, pour protéger celle-ci de l’érosion ? Je n’ose pas déranger le conducteur d’engin pour lui poser la question.
A l’entrée du Guilvinec, je monte sur la dune. Ici le moyen de protéger la dune est agréable : au lieu des barrières de bois interdisant le piétinement on a installé un cheminement de planches avec des terrasses portant des bancs, des panneaux explicatifs sur la flore de la dune grise, la dune fixée, végétalisée par les oyats, les mousses et les lichens et la dune blanche, la dune mobile. Une nouvelle plante est signalée l’Armérie maritime dont je connais bien les petits pompons rose-mauves. D’ailleurs il en reste quelques unes en fleur.
;le port du Guilvinec vu de Lechiagat
Le Guilvinec est une ville active autour d’un port de pêche important. C’est même le 3ème port français après Boulogne et Lorient. Le nom des rues témoigne de la conscience ouvrière : Danielle Casanova, Gabriel Péri, Jules Guesde ou Gui Môquet comme à Vitry ou à Ivry. Les installations portuaires, les entrepôts, la Criée moderne, les camions frigorifiques occupent le front de mer. Le centre ville est très sympathique, des crêperies pour les touristes mais aussi de sympathiques librairie « A l’Ancre sympathique » . Après la déception à Concarneau j’apprécie d’autant plus Le Guilvinec. En face du Guilvinec, Lechiagat fait face aux entrepôts du grand port de pêche. Ici aussi il y a des explications. Je suis surprise d’apprendre que les installations portuaires sont relativement récentes et que dans les années 1950 il n’y avait pas encore de quais, et que cent ans auparavant seulement quelques dizaines de familles pêchaient là.
Une longue plage de sable blanc sépare Lechiagat de Lesconil. Le Gr se trouve entre dune et marais. On peut observer des zones humides et même deux menhirs mouillés. Je commence la promenade sur le sommet de la dune en plein vent mais rapidement descends sur la plage. Le vent me cingle, soulevant goémon séché et les grains de sable. Une grosse pluie s’abat. L’averse est d’ailleurs de courte durée et n’empêche pas le soleil d’éclairer. A la fin de la plage de beaux rochers de granite annoncent Lesconil.
Nous déjeunons au dessus des rochers d’un magnifique tourteau acheté chez le poissonnier de Kérity – pique-nique de luxe. Plaisir de décortiquer les pattes, pinces et carapace. Malheureusement le vent forcit, le soleil se cache et il fait si froid qu’on termine notre crabe dans la voiture. Pour terminer du far délicieux.
Haliotika
Comme le temps est vraiment gris, nous décidons de visiter Haliotika, le Centre de la Pêche : un musée installé au dessus de la Criée expliquant les techniques de pêche, la vie des pêcheurs, et offrant aussi des animations tels que cours de cuisine des poissons ou des algues, jeux pour les enfants, sorties en mer ou visite de la Criée.
La scénographie est vraiment très intelligente. On s’attache à la vie de deux pêcheurs l’un de la pêche côtière, l’autre hauturière. La parole est donnée à leurs femmes qui racontent leur quotidien, leurs problèmes, leurs joies. Un emploi en mer induit cinq autres à terre. Le Guilvinec compte 101 navires et 415 marins. Tous les murs sont couverts de photos, d’affiches mais il y a aussi des vidéos pour mieux comprendre. La cabine de pilotage est reconstituée on peut s’assoir devant un magnifique coucher de soleil entouré de nombreux écrans : sonars pour détecter les bancs de poissons, radars, GPS pour la position, pilotage automatique, radio pour communiquer avec les autres bateaux… l’électronique a fait une véritable révolution de la pêche il y a quelques décennies. On montre aussi un chalut avec des aux poissons. J’apprends que Langoustines, baudroie, raies se pêchent au chalut, les poissons pélagiques : sardines, maquereaux, anchois sont les proies de la bolinche (grosse poche) tandis que la palangre comportant des milliers de hameçons est pour le lieu jaune, le bar ou la dorade. Ne pas oublier les casiers des crustacés et les filets-maillants ainsi que les lignes pour les thons.
Haliotika
Un audiovisuel d’une vingtaine de minutes raconte la vie de pêcheurs de langoustines de Lesconil. Nous comprenons comment fonctionne le chalut et assistons à la vie à bord, au tri des proies, a genoux dans l’eau.
Une autre partie de l’exposition raconte comment la pêche s’est développée au Guilvinec. On donne la parole à un ancien pêcheur qui a été témoin de toutes les modernisations, l’arrivée des chaluts, l’emploi de la glace à bord, l’électricité qui a permis de travailler la nuit, et enfin celle de l’électronique du pilotage automatique au repérage des bancs de poissons. Ce vieux pêcheur parle aussi de la crise. Il relativise la disparition de certains poissons, au cours de sa vie il a été témoin d’autres crises.
la criée vue par le hublot d’Haliotika
Déception ! Nous attendions avec impatience que la criée commence. Vraie criée et non pas exposition pour touristes. Si nous avons choisi cette visite à cause de la pluie, les pêcheurs eux, pour la même raison, ne sont pas sortis par gros temps. Pas de bateaux, pas de criée.
les goélands dans les filets
Avant de rentrer nous faisons un tour sur les quais et nous amusons aux facéties des goélands. Un bateau est rentré avec des poissons encore pris dans les chaluts enroulés. Les goélands ont vite repéré les petits poissons invisibles pour nous. Bizarrement ils ne touchent pas à un petit requin dont la tête sort du filet.
Par un temps magnifique, nous retournons à Pont Aven visiter la ville juste entrevue la première fois.
Mardi, jour de marché sur la place autour de la statue de Gauguin. Petit marché, quelques maraîchers, l’un bio. Jackie l’andouille, qui vend toutes sortes de produits bretons de l’andouille au kouing-aman, en passant par un rôti de porc qui cuit sous nos yeux à la broche.
Le musée de Pont Aven est fermé pour restauration et n’ouvrira ses portes qu’en 2014. Les amateurs de peintures peuvent visiter les galeries très nombreuses d’intérêt assez inégal. Hors saison, presque toutes sont fermées. Je regarde à travers les carreaux sans trouver de peinture qui me parle un peu.
Pas de peinture, mais tout de même un photographe très intéressant : Philip Plissson, qui se présente comme « peintre de la marine ». J’entre dans la galerie et découvre différentes séries de photos imprimées souvent sur toile, des grands formats, des diptyques ou triptyques, des piles de beaux livres. La toile fait illusion. On croirait des tableaux. L’un d’eux représente une coque rouillée de bateau et on croirait sentir la matière. D’autres sont très clairs, comme épurés, le fond est blanc, l’arrière plan presque invisible au premier plan se détachent des sujets très colorés : voiles des bateaux, pêcheurs à pieds. Je m’approche, intriguée, cherchant à deviner le procédé. A l’exposition de Titouan Lamazou, j’avais remarqué des ajouts de gouache sur des photos grands formats. Chez Plisson c’est moins explicite ; heureusement la galerie est tenue par une dame très aimable qui confirme : ce ne sont que des photos. Ce qui parait repeint est en réalité un travail numérique : la pixographie dont Plisson a le label.
L’Office de tourisme propose 3 promenades par les rues de Pont Aven. Il suffit de flâner un peu pour découvrir des panneaux explicatifs.
gauguin et son Christ jaune
Sur la place, devant l’Hôtel des Ajoncs, on raconte que Gauguin y a séjourné en 1886 assez longtemps pour guérir sa jambe cassée à Concarneau lors d’une rixe avec des marin.
Les moulins de Pont Aven (à l’arrière, les galettes)
Nous commençons par la promenade des Moulins, promenade Xavier Grall(journaliste et poète), l’aven en amont des moulins( transformés maintenant en restaurants) rugit comme un torrent de montagne, de l’autre côté de la place l’Aven est plus large, moins tumultueux. Un panneau signale la petite crique face au port, peinte par Gauguin , encore impressionniste en 1888.
De l’autre côté du pont, se trouve le Moulin du grand Poulguin et des galeries et ateliers d’artistes innombrable.
Une boulangerie à l’origine des galette de Pont Aven, signale qu’Isidore Penven déjà en 1890 les mit au point et que la marque « galette de Pont Aven » ou « Trao Mad » fut déposée en 1920. Maintenant elles sont fabriquée dans les environs mais industriellement.
En face de la Poste, cachée entre une porte de garage en PVC et le trottoir se trouve une mignonne fontaine avec sa vasque couverte de lentilles d’eau. Un peu plus loin je tourne dans la rue Philippe Job entre des murs de moellons habillés de fleurettes ressemblant à des pâquerettes dans un feuillage très léger presque mousseux. Comme une dame riveraine ferme son portail, je lui demande comment elles s’appellent « parce que vous voulez en planter chez vous ? « s’enquiert-elle ? –« non seulement pour savoir » elle reprend : « ne mettez jamais cela chez vous, vous ne pourrez plus vous en débarrasser ! »
la chapelle de Tremalo
En haut d’un bon kilomètre de montée, en dehors de la ville, au dessus du Bois d’Amour, se trouve la petite chapelle de Trémalo entre deux énormes massifs d’hortensias. Murs bas, toit à deux pans arrivant presque à terre, court clocher. Le décor de granite est mangé par l’érosion. Un ange se reconnait de loin, mais pas de près. A l’intérieur la nef parait très vaste, avec ses trois travées sur des colonnes rondes basses soutenant des arcades. Les poutres sont bizarrement ornées des gueules dentues de sortes de dragons fantastiques. Une curieuse frise de macarons naïfs portant des têtes grimaçantes, l’un d’eux a le cul par dessus tête, au dessus du porche les figures humaines cèdent la place à un bestiaire amusant, un chien plus petit que l’os qu’il a dans la gueule et des animaux bizarres.
le Christ jaune que Gauguin a peint.
Le Christ jaune, en bois, peint par Gauguin est suspendu face à l’entrée latérale. Il est vraiment jaune. Paul Gauguin ne l’a pas peint dans l’église. Il l’a emporté dans la campagne et l’a peint à l’automne si on se réfère aux arbres roux du paysage. Les femmes étaient probablement venues à un pardon.
De Pont Aven, nous allons à Riec/Belon puis à Moelan-sur –Mer pour trouver une promenade près de l’eau. Le topo-guide est insuffisant pour nous deux et nous n’avons pas de carte de ce secteur. Un peu au hasard, nous arrivons à Brigneau, à l’entrée de l’estuaire du Belon. Joli petit port. Des bateaux se balancent sur une eau vert émeraude lisse comme un miroir. (après la mer en tempête de ces derniers jours c’est surprenant). Le GR34 part de là pour rejoindre Merrien, mais c’est loin et il est déjà 12h. Je monte au sommet de la falaise, découvre une ancienne conserverie, une digue, et renonce, faute de carte.
Nous reprenons la voiture en direction de Kerfany où il y a des plages de sables propice à un pique-nique. Nous laissons madame GPS nous guider. Kerfany est une toute petite station balnéaire, avec une petite plage. C’est au dessus dans une sorte de jardin public « jardin du souvenir » (la Résistance) que nous terminons le crabe d’hier assises sur des bancs de granite sur une herbe bien tondue face à l’Atlantique.
Petite promenade en balcon sur les GR34 jusqu’à la plage suivante de Trévez. Promenade sauvage bordée d’épineux, ajoncs défleuris, et épines complètement défeuillées.
Le site de la Torche est exceptionnel : un promontoire rocheux s’avançant dans la grande baie d’Audierne.
Arrivée sur le rocher, je comprends le nom de La Torche : un magnifique rocher se dresse avec la forme d’une flamme. Un blockhaus le surmonte. Plus discrète mais plus sympathique : une allée couverte.
Vers l’Est : Porz carn
De part et d’autre les grandes plages de sable sont battues par les vagues écumeuses et mousseuses ; les surfeurs profitent de ces lames, ils sont nombreux.
Les dunes sont fragiles. En certains endroits, la côte recule d’1.5m à 2m/an. La fixation de la dune par les végétaux et des systèmes de brise-vent sont surveillés pour la protéger.
Un panneau explique la zonation des végétaux :
Haut de plage et dune mobile :
– oyats Ammophila arenaria : possède des racines traçantes pour fixer le sable
– Cakilier : Cakile maritima , roquette de mer aux feuilles vertes lobées et au goût salé.
Dune fixée :
– Immortelle des dunes helicrysum stoechas aux fleurs jaunes fortement odoranteau parfum rappelant le curry indien
– Euphorbe maritime : secrète un latex blanc.
Arrière-dune
– Liseron des dunes : Calystegia soldanellafleur rose à pavillon de vieux phonographe et liseré blanc
– Panicaut maritime : Eryngium maritimum , chardon aux feuilles coriaces et épineuses , utile pour freiner le vent et accumuler le sable.
Une autre pancarte signale l’introduction de la culture des bulbes de jacinthe, tulipes, narcisses dans la Baie d’Audierne.
Allée couverte
Le Promontoire de la Torche : site archéologique.
On a retrouvé des amas coquilliers (10 000 – 5 000av JC) et ossements humains (4 000 av JC) . A la fin du 6ème millénaire, les premiers paysans apparaissent en Armorique. La communauté se nourrit de fruits de mer et de gibier. Les techniques de cueilleur vont encore perdurer longtemps. La sépulture mégalithique de la torche (allée couverte contenait des ossements humains datés 4000avJC).C’est à ces derniers qu’on doit l’érection des monuments mégalithiques (dolmens et menhirs).
Sur le GR
Topo-guide GR34 Côte de Cornouaille p51 De la Pointe de la Torche à saint Guénolé 5km 1h15 – de Saint Guénolé à saint Pierre 2.5km – 40 mn – de Saint Pierre à Kerity 3.5km -50 mn
Le GR34 est tracé dans la dune et s’éloigne de la plage. Je décide de retourner sur le sable mouillé puisque la mer est basse. Voulant envoyer un Sms, je constate qu’au bout des cordons ne pendent plus mes lunettes et fais demi tour pour els retrouver. Une dame très gentille les a accrochées avec un fil de fer au fil interdisant le piétinement des oyats
Après 20 minutes j’arrive au bout de la plage de Porz Carn. Malgré la température de l’air( 8°C) et le drapeau rouge, six baigneurs sont à l‘eau non pas en combinaison comme les surfeurs mais en bikini. Défis ou bain habituel ?
Nous négligeons le beau Musée de la Préhistoire pour profiter du beau temps.
Le sentier côtier suit la côte rocheuse empruntant de petites portions de route. Il est quand même très agréable avec des affleurements spectaculaires. La mer est hérissée de lames blanches (degré6 sur l’échelle de Beaufort) . Je passe devant un four à goémon sans le trouver (pourtant je l’ai cherché). La côte est assez construite, de vieilles maisons au crépi gris attaqué par les embruns et aux maisons de vacances bien blanches avec de grandes baies ouvertes vers l’océan.
le rocher de Saint Guénolé
A l’entrée de Saint Guénolé, un très gros rocher de granite très érodé, curieusement en plaques horizontales (et non en boules comme dans les chaos habituels), est appelé le rocher des victimes, en effet le 10 Octobre 1870, la femme du Préfet et plusieurs membres de sa famille furent emportés par une vague meurtrière. L’histoire ne dit pas si la mer était en tempête et jusqu’où ils s’étaient aventurés. Le sommet du rocher est équipé d’un garde-fou métallique tout neuf.
Nous déjeunons devant ce rocher de Saint Guénolé. Au menu salade de pommes de terre, thon et anchois. A peines sommes nous installées qu’un nuage noir vient crever juste au dessus de nous : repli dans la voiture. L’averse a été de courte durée. Une lumière très vive éclaire le port désert de Saint Guénolé- un vrai port de pêche à la sardine. Des entrepôts se succèdent, pas touristiques du tout et bien désert ce samedi à midi. Une petite crêperie est ouverte mais il n’y a personne.
les trois phares de Saint Pierre
Le GR34 passe sur une corniche longeant la mer. Les rochers sont découverts sur une très grande largeur formant une sorte de chaussée brune de goémon, luisante, avec des flaques brillant sous le soleil. La chapelle Notre-Dame–de-la–Joie(ou de-la-Pitié) c’est selon, est le nom donné à cette église bâtie sur le bord du rivage et visible par les marins. Construction trapue et simple quoique d’assez grande taille. Son calvaire est hérissé de lichens. J’avance vers Saint Pierre en regardant les phares se rapprocher. En ce moment je lis le gros bouquin Omnibus Histoires de Phares qui me semble de circonstances. Face au rivage se trouvent des balises peintes en vert, de nombreuses bornent de pierre marquent sans doute un chenal. En mer, sur un ilot se dresse un phare. A Saint Pierre, je compte 3 autres édifices : le plus grand : le Phare d’Eckmühl coiffé d’un lanternon en métal travaillé, le vieux phare rond, grosse colonne tronquée, et le petit sémaphore militaire, j’ai même oublié la tour de l’église éclipsée par le vieux phare. On pourrait visiter le poste de secours qui présente une exposition, mais aujourd’hui, c’est fermé. On aurait aussi pu monter au phare d’Eckmülh mais on n’a pas essayé. C’est seulement au retour à la maison en triant les photos que j’ai découvert des touristes en haut du phare et que je les ai jalousés. Toujours en corniche je continue la promenade sous un ciel tantôt bleu éclatant tantôt menaçant avec des nuages très noirs qui donnent des pluies diagonales au large et des arcs en ciel.
Kérity est un petit port très sympathique. Quelques maisons : la boutique l’escale est gaiment crépie de rose ainsi que la crêperie. Nous décidons de prendre un café en terrasse et nous installons d’abord sur les tables du grand café des Doris. Personne ne vient prendre la commande. Tout le village semble s’y être donné rendez vous pour des jeux de grattage et des lotos. Le patron est débordé. Une retraitée a étalé ses cartes de grattages recouvrant toute une table . J’ai signalé notre présence mais il ne vient toujours pas alors qu’un gros nuage menaçant se rapproche.
Le Nautilus de Kérity, un café sympa
Un peu plus loin, le Nautilus a une sorte de véranda. Nous y serions mieux. C’est un établissement beaucoup plus chic qui propose des kouing tapas( ?) des kouing acras ( ?) et qui est très bien décoré avec des tableaux de bonne facture, des rames aux peintures écaillées, des coffres gris cérusés avec des lampes assorties. On sert l’expresso dans d’élégantes tasses rouges et blanches, un petit chocolat emballé. Des numéros de Beaux arts magazine trainent négligemment. Nous étions les seules clientes quand l’averse s’est abattue, apportant avec elles d’autres consommateurs. Des jeunes femmes assises sur les tabourets du comptoir parlent entre elles de « vieilles coiffes » en nous désignant. C’est plutôt injurieux mais bien trouvé.
Nous rentrons par Penmarch en faisant la tournée des clochers. A Kerity l’église est ouverte, sa nef est particulièrement haute et grande pour un si petit village, le plafond est une coque de navire renversée. La végétation a colonisé les murs, les lichens hérissent les statues très érodées par les embruns.
L’église de Penmarch
A Penmarch l’église est tout à fait intéressante. Une tour carrée avait attiré notre attention ce matin. Nous avions pensé à un château. En nous rapprochant je compte les tourelles et pinacles si nombreux que je n’arrive pas à les dénombrer. La tour carrée surmonte le porche bien usé lui aussi. A l’opposé une belle rosace ajoure le mur côté chœur (un peu comme celle de l’église des Carmes de Pont L’Abbé). Ce qui est le plus étonnant ce sont les décorations : plusieurs voiliers sont gravés sur le mur et des anges corrodés se détachent. Une messe d’enterrement se déroule et nous n’entrons pas, bien sûr.
Sous le soleil, 10h à Pont Aven, le GR34 se trouve au bout du quai du Port il suit la rivière tout d’abord sous des chênes aux troncs tordus presque têtards. Le sentier est moussu, un épais tapis garnit les pierres des murettes, les troncs sont chevelus de polypodes, humidité perceptible, tellement différente des lichens secs hérissant les calvaires et murs le long de l’océan. Puis je marche sur les aiguilles d’une pinède. Une tempête a fracassé une grosse branche le parfum de la résine est très puissant. L’estuaire s’élargit, les petits ruisseaux affluents occasionnent des détours importants. De nombreux manoirs jalonnent le cours de l’Aven, certains ont des tourelles et des poivrières de château de contes de fée. Une première averse s’abat, comme je suis à couvert sous de beaux chênes j’ai le temps de déplier ma cape et marcher au sec. Quelques minutes plus tard, je replie la pèlerine
la rivière s’élargit
10h30, je devrais passer devant un château, 10h45, devant un moulin–mer. Ce dernier est invisible. Il me semble que je n’arrive pas à soutenir le rythme de 4km/h pourtant raisonnable. La faute aux racines glissantes traitreusement cachées sous les feuilles de châtaigniers dont le je me méfie (je me suis déjà cassé une cheville), la faute aussi au bourbier dans les creux après le passage des VTT (pourtant interdits sur ce trajet), je dois ruser pour ne pas me trouver trempée et cela ralentit la progression.
un manoir mystérieux
Au Hénand, le moulin-mer est près d’une caverne conchylicole. Sous un abri, les enfants du CM1-CM2 me font réviser ma sédimentologie : Slikke et schorre dont j’avais appris le sens autrefois, ils ont aussi écrit des haïkus qui feraient les délices de certaine bloggueuse japonisante de ma connaissance et fait une belle peinture très colorée sans doute inspirée par Gauguin.
A Kerdruc, petite pause sur un pont.
Kerdruc : chaumière
Le GR tourne alors le dos à l’Aven et s’enfonce dans la campagne. Ces détours m’agacent en général. Aujourd’hui, j’aurais bien tort de me plaindre : je passe devant de ravissantes chaumières puis m’engage dans un mignon chemin creux dans une châtaigneraie.
Kerdruc :pierres dressées
La pluie a repris, le sentier longe une petite anse à Kerichet. Je rencontre un couple breton en polaire sans parapluie. Je plaisante :
– « Les Bretons ne se mouillent donc jamais ? »
– « nous habitons tout près, quand nous rentrons nous mettons les polaires près du feu ! »
Ma cape les intrigue, je vante ses qualités, elle abrite le sac à dos, permet de faire pipi en toute discrétion et aussi de piqueniquer au sec quand elle n’est pas tout simplement un tapis de sol. Cela intéresse mes interlocuteurs qui me demande où cela s’achète et à quel prix !
Rendez vous raté sous la pluie
Le château de Poulgwin – lieu de rendez-vous – est introuvable, sur le sentier comme par la route. En outre il n’y a pas de réseau. Les conversations téléphoniques sont inaudibles. D, en voiture, tourne en rond, je longe un haut mur, les marques du GR sont effacées : sans doute le château ? en effet une route privée entre deux rangées de bornes de granite ou même de rocher sous le feuillage impénétrable remonte vers la route. Des panneaux « attention aux chiens » complètent l’impression sinistre. Quelques temps après j’arrive sur un parking avec table de pique-nique, près d’un bassin et d’une fontaine agrémentés d’hortensias bleu, endroit plus sympathique et pour comble de joie, la 207 bleue arrive d’une autre route.
Je suis trempée : sous la cape la pluie ne m’atteint pas mais je transpire tellement qu’il me faut quitter mes deux polaires et me changer complètement avant le pique-nique sur la plage de Port Manech, sable blanc et rangée de cabines blanches au toit à deux pans. Un timide soleil sèche un peu les affaires. Un petit détour en voiture et nous sommes sur la côte sauvage face à l’océan. Je descends sur el sentier côtier juste à la hauteur du « Doigt de Dieu » un rocher pittoresque que j’ai juste le temps de photographier avant qu’une nouvelle averse ne trempe mes nouveaux habits secs.
le doigt de Dieu
La visite de Pont-Aven prévue sous le soleil est bien compromise maintenant. Le Musée de Pont Aven ne ré-ouvrira ses portes qu’en 2014.
le Pouldu : fresques de la salle
Au Pouldu, la Maison-musée des peintres de l’école de Pont-Aven est ouverte à la visite. D’ailleurs cette portion de côte se nomme la Côte des Peintres. Le GPS nous guide dans de petites routes tortueuses par Riec-Belon, Moelan-sur-Mer et Clohars- Carnoët jusqu’à la petite station du Pouldu à l’entrée de l’estuaire de la Laïta.
La maison-musée est la Buvette de la Plage où était reconstitué le café de la Plage, auberge de Marie Henry ou Paul Gauguin, Meijer deHaan, un peintre hollandais, Sérusier et d’autres peintres vinrent s »’installer en 1889 séduits par cette bourgade tranquille et pittoresque et où un nouveau courant pictural vit le jour : le synthétisme. Durant l’hiver suivant ils décorèrent vitres et plafond de la salle tandis que les autres pièces, cuisine, chambres sont un témoignage de la vie de ce temps là. Marie Henry était bretonne mais passée par Paris, elle aimait la musique et les arts. Son auberge est décorée aussi bien des peintures des artistes qui y sont passés que d’estampes japonaises et de dessins. Dans la buvette les peintres côtoyaient les pêcheurs ou les ramasseurs de goémon. Bien entendu, il n’y a aucun authentique Gauguin, seulement des reproductions. A l’étage la grande chambre était celle de Marie et du peintre hollandais Meijer de Haan, Gauguin avait une chambre plus petite, en face il y avait celle de Sérusier. Les boites de couleurs, les palettes, la valise, la veste de l’artiste sont posés comme s’ils venaient de quitter l’auberge. Une vidéo complète la visite. Nous n’avons pas vu beaucoup d’œuvres des peintres mais leur présence est perceptible et cette visite très émouvante.
Non loin du Pouldu, sur les bords de la Laïta, se trouve le site de Saint Maurice, ancienne abbaye cistercienne. Nous y arrivons à la tombée de la nuit. Le site est charmant. Il est bien tard pour entreprendre une visite qui, selon le monsieur de la billetterie qui prête des audio-guides, dure une heure et demie.