Saint François et la Pointe des Châteaux

GUADELOUPE

Les Pointe et ses rochers

Départ matinal pour la Ponte des Châteaux à l’extrémité Est de la Grande Terre sur une péninsule très étroite. A la sortie de Saint François, la route est bordée par la « forêt domaniale du littoral » qui se réduit parfois à un mince rideau de raisiniers. Divers restaurants et galeries sont installés sur la voie qui s’arrête au niveau de la Grande Saline où un sentier conduit à une grande croix au sommet du rocher, passant à travers une broussaille épineuse puis se termine par de belles marches. Une table d’orientation indique les côtes de Basse-Terre, les îles des Saintes, Marie Galante. Un voilier passe.

Un voilier passe

Le sentier descend à une autre pointe offrant une nouvelle perspective sur les hautes falaises. La Pointe des Châteaux est un « incontournable » pour les touristes qui s’y pressent ? Certains portent des bébés sur le dos ou le ventre par ce soleil et cette chaleur. Les guides prévoyaient 20 minutes, j’en ai mis le double. Soit je vieillis, soit les temps prédits ne sont pas fiables.

la grande saline et plus loin Tarrare

Le projet initial était une randonnée le long du sentier du littoral. Dominique m’aurait attendue à L’Anse à la Gourde. Aucune indication du sentier sur le bord de la route mal balisé au début. Je ne le trouve qu’à proximité de la Pointe de Tarrare sur le parking du restaurant Man Michel d’après le conseil d’une dame tenant une galerie d’artisanat d’art (beaux objets). Itinéraire facile, mais nécessitant de bonnes chaussures, certaines roches sont hérissées d’arêtes coupantes. La majeure partie de l’itinéraire s’effectue sous couvert végétal arbustif. J’entends la mer sans la voir. A Tarrare, dans une crique, concentration d’hommes bronzés nus, c’est la J’entre dans un petitplage naturiste bien cachée. Le sentier s’enfonce à nouveau dans les buissons, monte, descend sur une petite plage et j’arrive sans encombre à l’Anse à la Gourde où Dominique m’attend à l’ombre près d’un carbet où nous nous asseyons un moment. La plage de sable blanc est très jolie pour se promener, le platier rocheux s’interrompt pour faire des petites piscines où s’ébattent des baigneurs. L’eau cristalline, turquoise est bien tentante après une promenade sous le soleil. Nous aurions pu déjeuner sous le carbet si je n’avais pas oublié le pique-nique, pourtant préparé avec soin.

 

Nous filons donc à Saint François acheter des provisions. Occasion de visiter la ville. En arrivant de la Pointe, nous longeons l’aérodrome (belle piste goudronnée au milieu d’une pelouse ; une dizaine d’avions privés attendent. Puis nous traversons un magnifique golf avant d’arriver à la marina. Boutiques chics ! On parvient au centre-ville, hôtel de ville en ciment, grande église rose mais surtout un marché en rotonde (signé Ali Tur) d’où partent des petites rues comme les rayons d’une roue. Nous trouvons le port de pêche avec ses étals de poisson, petite halle, de nombreuses gargotes où je me serais bien attablée si c’était l’heure du déjeuner. J’entre dans un petit restaurant tout rose, murs roses, tables roses, roses artificielles sur chaque table. Je commande des accras à emporter. La cuisinière les frit devant moi. Le rêve, des accras tout frais ! je déchanterai : ils se révèleront élastiques, de la pâte mais sans morue.

Au hasard des rues, Dominique trouve une belle échappée sur la mer. Sous un gros raisinier, une place de parking dans une rue tranquille où les maisons paraissent à moitié abandonnées. Vue sur le port. De curieuses vagues se déplacent latéralement et non pas face au rivage pour venir s’écraser sur la jetée.

Epines du Christ

En faisant demi-tour, Dominique avise de très belles fleurs rouges, si rouges et si fournies qu’on les a crues artificielles. Elles sont bien naturelles. La dame, intriguée de nous voir devant chez elle, est venue à notre rencontre.

« Ce sont des épines du Christ et elles se bouturent très bien »

Elle nous coupe un rameau, l’emballe dans du papier alu. Dominique nous prend en photo. Elle est ravie de cette rencontre inopinée. C’est ce qu’elle préfère dans les voyages.

La Plage des Raisiniers Clairs se trouve à l’entrée de la ville (en venant de Sainte Anne) à proximité du Cimetière hindou (curiosité signalée par les guides mais qui ne nous a pas paru spécialement hindou avec ses croix. Les guides parlent également d’un cimetière d’esclaves du XIXème siècle. La plage est réputée très animée le week-end, aujourd’hui, mercredi, au moins trois food-trucks proposent des repas élaborés (prix restaurant), des dames battent des sorbets-coco, proposent des chichis et autres sucreries. Le bord de la plage est à l’ombre sous les raisiniers. On apporte son fauteuil pliant mais le parasol n’est pas nécessaire. D’ailleurs, il n’y en a pas. Par chance, il n’y a pas de sargasses. Le sable est blanc, fin agréable sous les pieds. Comme à Bois-Jolan, la vague se brise sur la barrière de corail. L’eau est parfaitement tranquille. Les vagues qui passent la barrière sont amorties, très douces. Certaines zones sont bleu lagon, d’autres vertes avec les posidonies. La profondeur de l’eau est suffisante pour nager presque partout. Les porteurs de masque et tuba vont explorere les prairies de posidonie, les autres restent dans les piscines claires. On y socialise, les gens bavardent beaucoup. Après ma baignade j’achète un sorbet-coco à une jeune femme qui tourne la manivelle de la sorbetière. Délicieux !

Exploration des plages et curiosités sur le littoral entre la Pointe des Châteaux et Le Moule à l’aide de la Carte Michelin. Nous cherchons la Baie de l’Olive et sa chapelle. D’après la carte, cela paraît tout simple. En vrai, on tournicote sur de très petites routes pleines de trous qui deviennent des chemins et se perdent au milieu de nulle part. Nouvel essai de trouver l’Anse à l’Eau pourtant fléchée sur la route principale. Un jeune homme sur un vélo nous conseille de retourner à la route.

Porte d’!enfer

Dernière tentative : la Porte d’Enfer qu’on trouve, enfin. Un escalier descend à une petite anse bien tranquille à l’abri, tandis que les vagues se déchaînent sur les roches plus loin. Un sentier contourne le pic mène à un point de vue d’où on découvre la violence de la houle. Les déferlantes se brisent sur une sorte de plateau, cascadent, d’autres contournent le roc par deux côtés opposés et se rencontrent en une écume blanche.

Nous nous arrêtons devant l’Habitation Zevallos, très belle maison coloniale qui ne se visite que le mardi et le vendredi à14h30 sur Rendez-vous.

 

 

Meudon de la terre au soleil avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ILE DE FRANCE

L’Observatoire de Meudon

Sous la pluie, mais dans la bonne humeur, nous nous sommes retrouvés à la Gare de Meudon (ligne N – 8 minutes de Montparnasse).  Nous avons remonté le coteau par des rues tranquilles et des  sentes aux noms pittoresques entre les murs débordant de lilas et de glycines et les jardins. Si près de Paris, un air de campagne, ou au moins de banlieue cossue. 

sculpture -habitacle bloc

Première étape : la Maison André-Bloc une grande villa bien cachée au creux d’un parc aux camélias roses et bruyères. La villa, habitée, ne se visite  pas. Jens a obtenu un rendez-vous exceptionnel pour que nous puissions voir les sculptures-habitacles construite par André Bloc (1951) . 

habitacle intérieur

la maisons aux briques blanchies émerge du sol , à l’intérieur on est saisi par la complexité des arches, des ouvertures, des recoins. Elle a servi de décor au film de William Klein, Qui a peur de Polly Magoo? on pourrait imaginer des concerts, des réunions dans cette maison-sculpture. 

tour

La seconde sculpture-habitacle est une tour de 25 mètres en briques rouges, ouverte à tous les vents. Elle est déstabilisante avec des escaliers très étroits, des couloirs étroits qui ne mènent nulle par. Par beau temps la vue doit être magnifique. Aujourd’hui c’est brouillard!

Maison Prouvé Meudon

Les maisons-Prouvé sont également des expériences architecturales mais diamétralement opposées. André Bloc imaginait un sculpture, une réalisation d’artiste, éventuellement habitable. Prouvé se confronte à la réalité de la reconstruction d’Après-Guerre . Il veut offrir une solution immédiate de maisons industrielles à une urgence. 

« je suis prêt à fabriquer des maisons usinées en grande série, comme Citroën

l’a fait en 1919 pour les automobiles…le temps de la brouette est passé! le fer, l’acier…c’est mon truc. Avec le fer on construit vite et solide »

les 14 maisons posées sur un soubassement de pierre, à coque ou à portique, métal et bois, ont drôlement bien tenu le coup. Construites entre 1951 et 1952, elles sont de vieilles dames de 70 ans, certaines ont fait un lifting, mais pas tant que cela. Une habitante très fière de vivre dans une maison d’architecte nous raconte son quotidien, il faut combattre l’humidité de la forêt toute proche, humidificateur et poêle à bois (ramassé dans la forêt) .

Le groupe s’engage dans le sous-bois bleu de jacinthes qui m’enchantent. Une belle montée et nous arrivons rapidement sur le coteau où était construit le château de Louvois puis du Dauphin, fils de Louis XVI. Il ne reste pas grand chose des  châteaux (il y en avait un vieux, brûlé à la Révolution, puis détruit sur les ordres de Bonaparte, et un neuf ruiné pendant la guerre de 1870). L’Observatoire construit à l’initiative de Jenssen en 1876 sert encore pour les observations sur le soleil. De nombreux astrophysiciens y travaillent. En dehors des Journées du Patrimoine ou de la Nuit des Etoiles, il n’est pas ouvert au public. La terrasse est plantée d’une belle perspective avec bassin et massifs fleuris.

Nous aurions volontiers pris un café à la Loggia café-restaurant admirablement bien situé sous la terrasse. Nous y sommes fraîchement accueillis. On piquenique donc dans le parc. D’ailleurs il ne pleut plus. 

Le Hangar Y, qui devait être une belle visite s’avère décevant : tout est grillagé : même le coup d’œil sur le hangar et sur le bassin octogonal de l’étang de Chalais nous est interdit. Le gardien du parking nous vide comme des malpropres. La halle qui abritait les ballons dirigeables a été très bien restaurée, il y a même une sorte de fantôme de dirigeables. Le site a été restauré par un entrepreneur privé d’évènementiel qui a fixé des prix élevés (3€ pour un tour du bassin,  10€ pour des activités ) comme nous avons peu de temps, nous renonçons. 

Meudon a été un centre aéronautique, le hangar construit en 1878 pour l’Exposition universelle, c’est aussi le lieu du premier voyage en dirigeable : au-dessus de la forêt de Meudon jusqu’à Villacoublay. 

Meudon a gardé la vocation scientifique avec un Centre de l’ONERA (Office National d’Etudes et de Recherches Aéronautiques ) CLIC

Ce centre enfermé dans de grands murs dans la forêt occupe une partie de la vallée et ne se visite pas.

Juste au dessus du Hangar Y , une petite grimpette nous emmène sur le bord de L‘Etang de Meudon  nous attendait un naturaliste amateur, spécialisé dans les odonates (libellules) membre de l’association  caritative Espaces (Insertion et travaux d’entretien de l’étangs) . Il nous a fait admirer un grèbe castagneux, un cormoran, un héron, poules d’eau, foulques et canards tout en racontant les améliorations de la biodiversité. 

Parmi les mystères de Meudon : le gladiateur statue antique (ou non?) ornant un carrefour, citée par les visiteurs célèbres, acquis par Louvois. Etait-ce une copie du Gladiateur Borghèse ou une statue très différente, d’un gladiateur assis? Le mystère ne sera pas levé aujourd’hui puisqu’un mur coupe le chemin qui mènerait directement à la Terrasse. 

Autre mystère : les canalisations du réseau hydraulique destinée  aux jeux d’eau dans le bassin du château : rigoles et aqueduc . Une association l’ARHYME s’occupe à restaurer ce réseau qui est apparent au niveau de l’Etang de Meudon : un gros tuyau en fonte y arrivait. Récemment il aurait disparu. Mystère? non pas, il est exposé au Musée Historique de Meudon

orme au dessus de l’étang de Villebon

Au-dessus une digue retient les eaux de l’Etang de Villebon Notre guide naturaliste nous emmène voir un orme reconnaissable à ses fruits en formation. Victimes d’une maladie, la graphiose, les ormes autrefois communs ont presque disparu. Celui-ci est donc un spécimen rare!

meudon la forêt

L’Etang de Tronchet est asséché depuis longtemps, un parc a pris sa place. juste derrière, nous découvrons le grand ensemble de Meudon-la Forêt : un quartier réalisé par Pouillon entre 1959 et 1967. Tous ceux qui s’y connaissent en architecture et urbanisme (ils sont très nombreux parmi les marcheurs de Voyage Métropolitain)tous se passionnent pour ce quartier, admirent le rythme donné par les verticales en relief, les infimes variations  qui sont censée couper la monotonie de l’ensemble, la qualité de la pierre de taille, le soin apporté à la construction. Certes, après plus de soixante ans, Meudon-la-Forêt a belle allure. Belle ouvrage. Mais je m’ennuie dans cette promenade interminable qui aboutit à un bassin carré. Chacun a quelque chose à raconter sur Pouillon. Je note le nom du livre qu’il a écrit en prison : Les Pierres sauvages qui raconte la construction d’un monastère roman. 

Nouvelle traversée de la forêt pour découvrir un élément m  majeur du paysage : Le tapis vert qui se déroule face à la terrasse et au château, pelouse de 600 m de long de la perspective voulue par Louvois. Mais nous n’allons pas le descendre, nous parcourons la forêt pour découvrir L’anémomètre au centre d’un parcours. Montée, descente, droit sans aucun égard pour le relief , les chemins des chasses royales. Nous retournons à la base de la terrasse au Musée d’Art et d’Histoire de Meudon installé dans une belle demeure XVII ème siècle avec un jardin de sculpture. Un monsieur de l’ ARhyme nous explique encore les restaurations sur le réseau hydrauliques. 

Fin de la sortie à la Loggia mais il me faut rentrer chez moi. 

à travers la Grande Terre – mangrove – plage Babin – vieux bourg Morne à l’eau – Le Moul

GUADELOUPE 

La mangrove à la plage Babin

La Maison de la Mangrove Taonaba non loin des Abymes est malheureusement fermée. J’attendais beaucoup de cette visite et de la promenade sur le chemin de planches. Toujours vérifier les informations des guides même récents !

Nous suivons une route passablement embouteillée à travers les champs de canne et les constructions basses. A peine une vingtaine de kilomètre nous séparent de Basse Terre et le paysage a complétement changé. Plus de montagnes ni de crêtes, la plaine et des petites collines. Plus de jungle tropicale, des cultures, des maisons et tout a l’air plus sec. La campagne semble beaucoup plus construite. Les hameaux se succèdent. Nous croisons une charrette tirée par des bœufs, le charretier fouette les bestiaux d’un long fouet. Pas de photo, le smartphone est en fonction GPS.

Plage babin

A l’entrée de Vieux Bourg, nous trouvons la Plage de Babin qui est une grande aire récréative à l’ombre de beaux palmiers en bordure de mangrove avec des carbets pour les pique-niques et un gazon ras au bord de l’eau. Pas de sable, on y vient pour les bains de boue. Les gens se badigeonnent le visage (black faces !) et le corps. On se croirait au bord d’un lac tellement la surface de l’eau est lisse, pas une ride, mais une eau un peu trouble. Un groupe fait de la gym, sorte de danse mais sans musique. D’autres ont déjà sorti la nappe en toile cirée à 10 heures du matin. Je nage un bon moment.

Vieux Bourg est au bord du Grand Cul de Sac Marin bordé de mangrove entre Basse Terre et Grande Terre . Au port, deux pompes à essence pour les bateaux. Une grande école barre le bas de la colline coiffée par l’église de Notre Dame de la Salette (cela nous amuse parce que nous connaissons l’autre Salette près de Corps en Isère). La montée à l’église est courte mais raide.

Vieux Bourg : son école et son église perchée

Aujourd’hui les restaurants de Vieux Bourg font relâche. Seul le Romeric est ouvert, très bien situé le long d’un petit canal entre les palétuviers. Sur la terrasse, des petites tables aux nappes oranges et set bleus pétrole, un air pimpant, une carte alléchante. Il faut se dépêcher pour avoir la dernière table avec vue. Après une très longue attente, les plats arrivent enfin : deux poissons grillés desséchés pour Dominique, des palourdes noires de vase de la mangrove. Je renvoie les coquillages immangeables. Beaux joueurs, ils ne les facturent pas.

>Le cimetière de Morne-à-l’eau

La route vers Morne-à-l’eau est complétement saturée. Autour de Pointe à Pitre nous avions trouvé cela  normal, mais en pleine campagne ! Visite du célèbre cimetière aux tombes carrelées noire et blanches, certaine font preuve d’un peu d’originalité et disposent les carreaux à leur fantaisie, un petit coq en faïence colorée est posé sur une tombe. On ne s’attarde pas.

La N5 de Morne-à-l’Eau au Moule est aussi bien encombrée, heureusement ce n’est pas loin. Nos hôtes nous avaient prévenues qu’il n’y aurait personne pour nous accueillir au gîte. Le portail est ouvert, je compare la maison à l’image de AirBnB. La Ti-Case paraît plus grande que sur la photo. Sommes-nous vraiment arrivées chez nous ? Un buisson taillé, une statue qui a changé de place, sinon tout correspond.

La Ti-*case

La Ti-Case est une case de planches bleues, volets de bois jaune. Table, bancs et étagères de cuisine bleu pâle sur la terrasse. A l’intérieur, une grande salle partagée en deux : côté chambre un lit sous une moustiquaire, côté salon, un canapé et un fauteuil bleu. Salle d’eau avec douche. Tout est très joli, il y a tout le nécessaire, rien de trop (pas de fenêtre, juste des volets) pas de télé mais la wifi, pas de clim mais un grand ventilo qui tourne vite. Seul hic, les rangements : pas d’armoire, des cintres sur des tasseaux dans les coins et des étagères. Ne sortir des valises que l’indispensable, plier les vêtements posés sur l’étagère. Pareil pour les courses, si on prend trop, on ne saura où le caser. En revanche, on nous a préparé l’épicerie de base, sucre, café, thé, punch, huile, sel poivre. Ce confort minimaliste me ravit.

Le terrain autour est vaste, une haie de yuccas très épaisse et très haute (et fleurie) nous isole de la grande maison de nos hôtes. Un mur blanc bordé d’aloès, d’une très belle palmeraie de cocotiers. Un bougainvillier rose donne sa touche de couleur. Dans la palmeraie nous découvrons une tour. La plage n’est pas loin, à pied il suffit de descendre une allée.

Tout se présente très bien !

 

 

Dom Juan de Molière – David Bobée à la Maison des Art de Créteil

THEATRE

Aux temps du déboulonnage de statues, de héros, de la réécriture d’oeuvres presque-classiques, certains doutent qu’on puisse encore jouer Molière (interview de Roselyne Bachelot, aujourd’hui).

David Bobée signe une mise en scène contemporaine de Dom Juan. Dans une Note d’intention distribuée avec le programme à l’entrée du spectacle il écrit:

« En relisant Dom Juan, j’ai réalisé que chaque scène qui compose cette pièce représente quelque chose contre lequel je lutte depuis toujours. Dom Juan est tour à tour classiste, sexiste, glottophobe, dominant[…]Dès lors, j’ai très envie de monter ce classique de Molière de mettre mes propres principes de vie à l’épreuve de ce texte sublime et […]ainsi continuer mon travail de revisitation des grandes figures littéraires, historiques ou mythologiques…. »

 

Le Festin de pierre  est donc monté dans un décor de statues antiques à terre, déboulonnées, décapitées, à moitié émasculées. la statue du Commandeur est tellement insignifiante qu’on l’oublie. 

Diversité des acteurs, deux africains, deux asiatiques, Parité hommes/femmes : il remplace Dom Luis le père de Dom Juan par sa mère, le spectre est une danseuse le patois de Pierrot est remplacé par du chinois… Bobée coche toutes les cases du politiquement correct. 

L’essentiel est ailleurs : il campe un Dom Juan voyou et dragueur. Dans mon imaginaire, Dom Juan, aristocrate libertin, était incarné par Michel Piccoli, élégance et dentelles, classieux toisant le ciel, invoquant la raison et l’arithmétique…Le Dom Juan de Bobée (Radouan Leflahi) a une dégaine de petit voyou avec des chaines à ses pantalons taille basse. Il a les mains baladeuses et de fort mauvaises manières. Il ne cherche que sa satisfaction personnelle et ses blasphèmes sont bien superficiels et peu crédibles.

En revanche, Sganarelle (Shade Hardy Garvey Moungondo) a une très belle prestance, et une belle voix. Il est vraiment désolé d’être au service d’un tel maître.

Séquence Metoo avec Dona Elvire sur fond rouge, on croirait presque Clara Luciani et sa Grenade. C’est Rock mais un peu étrange. Elvire est si peu incarnée. C’est quand même très beau.

Beaucoup d’effets spéciaux, presque trop. Ils nous font oublier le déchaînement final et la colère du ciel que j’attendais. Peut-être est-ce voulu? Au XXIème siècle on n’a plus rien à attendre du Ciel.

Décapant, un peu trop?

un dimanche à la plage autour de Sainte Anne

GUADELOUPE

Plage de Bois-Jolan

Un dimanche à la plage, c’est la foule garantie.

Les Guadeloupéens y vont en famille, entre amis, en tribus. Ils occupent les carbets ou installent sous les arbres des tables avec des marmites, des barbecues sans oublier les hamacs et la musique. Les marchands, au bord des routes et des parkings proposent des accras, chips de bananes, bokits, biscuits au caramel ou au coco. J’ai même trouvé, caché dans les feuillages, le vendeur de poulet boucané (barbecue taille bidon) qui a aussi mis sur l’ardoise Ti-punch. D’où sort-il bouteilles et verres ? C’est de la magie.

La N1 aux alentours de Jarry et de Pointe-à-Pitre est bien dégagée tandis que la traversée de Gosier et celle de Sainte Anne s’effectue à très petite vitesse.
Nous sommes à la recherche de l’introuvable : une plage sans sargasses avec un parking ombragé et un restaurant de plage.

Anse Drumont les sargasses ont envahi le port

Premier arrêt à Saint Félix (Le Gosier). Au petit port de l’anse Drumont, il y a des bateaux de pêche, des filets, des abris pour le matériel de pêche. Sur une hauteur, un restaurant coloré, jaune et bleu. Le port est rempli de sargasses, l’eau orange.

Le sentier côtier passe par ici. Espérant trouver une plage, je le suis en direction de la Pointe Carnot. Très belle promenade matinale, à l’ombre de végétaux que je ne connais pas (des panneaux signalent que les fruits sont toxiques). Je croise des joggers. Il passe à côté d’une plage rocheuse, platier corallien, eaux très peu profondes, seules quelques petites « piscines » sont exploitables pour une baignade, surtout occupées par des enfants. Les adultes ont de l’eau à mi-mollet. Sous les arbre un groupe pratique une gymnastique asiatique en cercle autour d’une boîte qui dévide les sons d’une langue exotique. Le sentier sort du petit bois pour traverser une prairie rase où paissent des bœufs accompagnés de leurs hérons-pique-bœuf. Un peu plus loin, je fais le tour d’une mare fleurie de nénuphars et bordée de papyrus. Plus loin, encore une plage coralline. Le sentier arrive à la Pointe Carnot sur une petite falaise blanche.

Coraux et sargasses conjugués, pas de baignade. Aucune importance, la promenade suffisait.

Sainte Anne est embouteillée. Sur la place, un « marché artisanal » destiné aux touristes draine beaucoup de monde. On nous a recommandé la Plage de la Caravelle, plage du Club Méditerranée qui enlève systématiquement les sargasses. Il faut se garer un peu plus loin et rejoindre la plage à pied. La plage est ouverte au public (Loi Littoral oblige). Pas très pratique pour nous. La Plage du Bourg est propre. On y accède par une Croisette, promenade arborée de palmiers. Dès 10h 30,il y a beaucoup de monde et les parkings (payants) sont pleins.

Anse du Belley : les sargasse

Dépassant le village de Sainte Anne, nous obliquons vers l’Anse du Belley. Belle plage déserte à l’arrière d’une pelouse. Les sargasses sont en très grande quantité. J’y rencontre deux jeunes couples étonnés : « hier, il n’y avait rien et on pouvait se baigner ! ». Ils nous recommandent la plage suivante de Bois-Jolan .

 

Le parking de Bois-Jolan est bondé, seule place : à côté des poubelles où l’on a déposé toutes sortes d’encombrants face à l’étal des vendeurs d’accras, chichis,   camion de bokits. Non loin on broie de la canne .

Bois-Jolan le dimanche

Heureuse surprise : pas de sargasses, de l’eau turquoise, du sable blanc. Une très belle et très grande plage. La frange blanche des vagues est arrêtée par la barrière de corail. Leurrée par le sable blanc je laisse mes chaussons. Quelle erreur ! L’eau turquoise clair marque des cuvettes de sable où l’on peut se baigner mais pas vraiment nager : les genoux touchent le sable et parfois une pierre. Là où l’eau est verte, presque noire, les posidonies cachent des rochers, parfois très coupants. Il faut se méfier des coraux : j’en ai fait la douloureuse expérience à Koh Samui et mes pieds ont mis trois semaines à cicatriser. Plutôt que de nager, je me promène de cuvette turquoise en cuvette turquoise. Il faut visualiser le parcours et aussi contourner les familles qui se prélassent. Peu de natation donc mais une promenade dans un cadre magnifique.

Dominique, au parking, vit un enfer : musique tonitruante et surtout conducteurs agressifs qui convoitent sa place (à côté des poubelles). Elle a failli en venir aux mains avec une dame qui lui demandait de reculer, menaçante.

J’avais imaginé que nous déjeunerions d’accras ou de poulet. Impossible de rester une minute de plus. Tant pis ! rentrons au gîte ! Après tout, j’ai fait de belles promenades et je me suis baignée !

 chez Anne, au vieux temps

Nous retraversons Sainte Anne sans conviction. Dernier arrêt au petit port Les Galbas. Pas de plage, un port minuscule avec 5 jet-skis. Sous de grands palmiers, un tout petit restaurant, Chez Anne au vieux temps :  5 ou 6 tables sous un auvent et quelques-unes à l’intérieur. La cabane est peinte de couleurs vives. Au menu : poisson « court-bouillon » ou  « chatrou »(poulpe) . Nous commandons le poisson-court-bouillon pas du tout bouilli comme son nom l’indique mais si délicatement grillé qu’on distingue encore les couleurs. Poisson frais dit la serveuse perroquet rouge pour moi, celui de Dominique a de jolies rayures jaunes formant des vagues. Délicieux. Servi avec du riz aux haricots rouges, des beignets de courgettes et des crudités. Avec un verre de vin, une grande bouteille d’eau et un café l’addition se monte à 38 €. Nous avions refusé le dessert de bananes flambées ignorant qu’elles étaient comprises dans le menu.

Déjeuner sous un palmier

Il fait tellement bon à l’ombre du palmier avec vue sur mer que je sors mon carnet-moleskine. Dessiner permet de s’immerger totalement dans le décor, s’attacher aux détails, aux proportions. Une demi-heure zen !

Avant de quitter Les Galbas, je me promène au bord de la mer, découvrant tout un quartier de cases en bois, celles des pêcheurs, de pontons, la petite guérite où le pêcheur vend son poisson frais pêché. Palmiers et arbres divers>. J’arrive à une construction de bois, bar ou restaurant mais fermé. La promenade s’arrête dans l’anse suivante pleine de sargasses en décomposition avec une odeur horrible.

les Galbas : quartier des pêcheurs

Selon Mireille, notre logeuse, cette arrivée massive de sargasses cette année est tout à fait exceptionnelle en mars. Généralement elle n’arrivent qu’au mois de mai et on ne les observe jamais à Sainte Rose ou sur la Côte Ouest de Basse-Terre. Selon elle cet afflux proviendrait du Brésil, résultat de la déforestation de l’Amazonie et de l’agriculture intensive. Elle met aussi en cause le Mexique.

 

Bananeraie et jardins

GUADELOUPE

La Plantation Grand Café ne cultive pas de café mais des bananes. Visite guidée tous les jours sauf le week end à 10h30. Elle se trouve au nord de Capesterre-Belle Eau. La propriété est une belle maison coloniale du XIX ème siècle.

On y est très bien accueilli avec un café et un jus de banane offert avant la visite. La dame confectionne le jus de banane sous nos yeux, c’est plutôt un smoothie mousseux et tout frais. A la billetterie, en guide de ticket on donne une banane.

Au début de la visite des champs sur une remorque tirée par un tracteur, le propriétaire nous explique l’exploitation de la bananeraie.

La mûrisserie : les bananes sont cueillies vertes et expédiées vertes vers l’Europe. Elles doivent subir un traitement de mûrissage 25 jours à froid, ou 3 jours à 20°. Sur place le gazage (éthylène) est remplacé par la présence de quelques pommes.

En passant, il vante les bananes vertes qui peuvent être cuisinées en gratin ou en purée. Elles sont pauvres en glucose (indice glycémique 42) et peuvent servir de pansement gastrique.

Nous passons ensuite dans le hangar d’emballage où les régimes passent sur des rouleaux où on les coupe par 6 et on les lave. Un carton contient 20 kg et son prix est de 12€. Un traitement fongicide empêchera le développement des moisissures. L’emballage plastique transparent laisse passer l’éthylène pour le mûrissage. Les cartons seront conditionnés en palettes de 54 cartons qui voyagerons dans le container à la température de 13°C. Un bateau par semaine . Avec l’ouverture du Marché européen le nombre de planteurs est passé de 1200 à 600. Les producteurs ne peuvent subsister qu’avec les subventions 70% des frais étant des frais de main d’œuvre. Ils ont dû se regrouper au sein du groupement POMONA .

Pour rester sur le marché, les bananes guadeloupéennes doivent miser sur la qualité et le développement durable. Les bananes de Capesterre-Belle Eau sont encadrées par INRA Montpellier. Les plants de bananes arrivent de Montpellier en éprouvettes. l’INRA analyse les sols. La subvention de 30% est conditionnée au respect du cahier des charges de l’INRA/

L’utilisation de la Chlordécone  contre le charançon qui s’attaquait aux rhizomes et aux racines du bananier, a cessé il y a maintenant 43 ans. Depuis, il n’utilise plus d’herbicides et fait un débroussaillage mécanique. Cependant avant de passer à la culture bio, le cultivateur recommande de faire une « fouille de sol » de 2.50m pour étudier la structure du sol.

Le tracteur fait un arrêt au niveau de la piste d’avion qui ne sert plus pour les traitements des bananes, depuis 2014 les avions ont été vendus à Saint Domingue mais la piste est toujours entretenue pour des atterrissages de secours en cas de catastrophe (cyclone)

Le cycle des bananiers dépend de l’altitude, au niveau de la mer il est de six mois, de 14 à 600 m. Au 6ème mois le tronc est adulte et la fleur éclos , 15 jours plus tard toutes les grappes sont sorties et la fleur se relève. Un cueilleur passe pour sectionner les 4 dernières grappes. On emballe le régime dans une Polygaine anti-UV. Le lien de couleur change chaque semaine et permet de repérer els régime. Une station météo analyse la quantité de chaleur et permet de calculer exactement la date de la récolte deux mois et demi environ après la floraison .

Nous pique-niquons à la Plage de Bananier au sud de Capesterre-Belle Eau. La petite route est invisible quand on circule en direction de Basse-Terre. Nous l’avons bien sûr ratée et avons fait demi-tour . Avec l’aide du facteur, nous avons enfin trouvé la petite route en bas de la pente. La petite plage est jolie, de sable noir, avec plusieurs rangées de vagues blanches enchâssée entre deux falaises, dans un écrin vert de cocotiers. Le restaurant : Le Rivage a une belle terrasse face à la mer.  Nous avons acheté des feuilletés au thon et à la morue.

Nous sommes repassées devant le temple Hindouiste de Changy

La route de Valombreuse se trouve au niveau de Petit Bourg et on parcourt 4 km sur la Route de la Grande Savane qui monte dans la colline. Le domaine de Valombreuse a été installé sur l’emplacement de pépinières détruites par l’ouragan Hugo en 1989. Madame Chaulet a dessiné un véritable parc floral, jardin botanique, zoo avec des aras, des ibis rouges et des perroquets. Je n’aime pas voir les oiseaux dans des cages mais ici, ce sont les visiteurs qui entrent dans les volières et les oiseaux dans des jardins fleuris.

 

Comme ce n’est pas ma première visite de jardins en Guadeloupe et que je reconnais les végétaux les plus spectaculaires, héliconias, alpinias rouge, blancs ou roses, porcelaines roses et balisiers.  Les « plantes vertes » de nos maisons, tradescantias, bromelias et cordylines forment de grands massifs. Je me promène avec ravissement dans le jardin sans chercher plus que le plaisir des yeux : promenade de paresseuse !

 

autour de Sainte Rose : Randonnée Saut des Trois Cornes, Plage des Amandiers, baignade près de la mangrove

GUADELOUPE

Cascade saut des trois cornes

Mireille nous a formellement interdit de faire la randonnée du Saut de la Lézarde, difficile, dangereuse et fermée. En remplacement je ferai celle du Saut des Trois Cornes à laquelle j’avais renoncé la semaine dernière. Munie du bâton de Mireille je suis bien décidée de la faire intégralement. Le sentier part des Bains de Sofaia. Il est à couvert dans une forêt tropicale très dense. Très bien tracé avec de nombreuses marches (toujours trop hautes pour moi). Il faut marcher sur les racines et être très attentive. Dès le début cela descend très raide. Il n’a pas plu depuis une semaine, le sol est sec et ne glisse pas. Je suis ma progression sur Visorando, cela me rassure toujours. Je n’aime pas commencer un parcours par une grande descente il faudra remonter en fin de circuit. En revanche, marcher toujours à l’ombre est un véritable plaisir.

Après 50 minutes, j’arrive à la Rivière Moustique qu’il faut passer. Je ne suis pas à ‘aise sur les gros rochers ronds, comme à la rivière de la Coulisse, j’ai encore le bâton dans une main et le téléphone dans l’autre et le même pantalon tout mou. J’essaie de coincer le téléphone dans le soutien-gorge. Je glisse et trempe le pied droit. Pourquoi avoir seulement le droit mouillé et pas le gauche. Je passe les pieds au fond et c’est bien plus facile. La cascade est merveilleuse. On peut même se baigner dans une vasque cachée. Malheureusement je ne suis pas seule ! un homme se tient en plein milieu de la photo pas du tout décidé à laisser le champ libre.

Trois possibilités pour le retour : le sentier sylvicole, le sentier de l’aller, ou la boucle complète par al trace de Baille-Argent (50 minutes). J’opte pour la dernière, plus longue mais beaucoup plus tranquille avec moins de marches. Je marche seule sans être dérangée.

Visorando avait estimé le circuit à 1h20 pour la boucle. J’en aurai mis 2h.

La suite de la journée ressemble à jeudi de la semaine dernière.

Plage des Amandiers

Apéro devant la Pointe Madame à Sainte Rose. Belle vue mais une alerte : les sargasses sont arrivées. Nous poursuivons vers la Plage des Amandiers. Dans le creux, avant un pont, on a installé une tente, une table et des bancs pour une « réunion culinaire » : deux barbecue, taille moitié de bidon, des marmites sur la table. La liste des prix est affichée (autour de 10€)  morue, cabri, fricassée de coq, ailes de poulet…On prend un ticket dans un carnet à souches et on vous donne le plat dans une barquette à emporter. On peu aussi manger sur place, il y a des assiettes. Notre pique-nique est prêt. Dommage !

La Plage des Amandiers est bordée d’une belle forêt de hauts arbres . le amandiers guadeloupéens sont de grands arbres (Terminalia catappa – Badamier)accompagnés de hauts palmiers et de raisiniers-bord-de-mer près de l’eau. Ici aussi, des sargasses sur le bord de la plage. Ce ne sont pas elles qui empêchent de se baigner mais plutôt les vagues puissantes qui déferlent sur le sable mouillé très en pente. Personne ne se baigne.

Pour aller nager, nous retournons à la Pointe Granger à la limite de la mangrove. L’eau est si lisse que je peux nager comme à la piscine de longues traversées. J’ai gardé mes chaussons parce que l’eau est peu profonde et que les fonds sont rocheux. Des hommes ont mis à l’eau des jetskis. Je les surveille. Ils pourraient me couper la tête. En rpéparant leur matériel ils ont sonorisé la plage. En Guadeloupe, le fort volume est inévitable. Reggae ou musique créole, du rock un peu de rap. Au moment où je sors les 3 jetskis s’élancent. S’en est fini de la « piscine » tranquille. Nous rentrons.

 

 

Des Lendemains qui chantent – Alexia Stresi

PRINTEMPS DES ARTISTES

D’Alexia Stresi, j‘avais bien aimé Looping, l’histoire  extraordinaire, presque un conte, de la petite paysanne qui devient grande dame. Surtout la visite dans les arcanes de la politique italienne du fascisme à la Démocratie chrétienne.  Récemment, j’ai entendu Alexia Stresi   sur un podcast de Musique émoi qui m’a donné envie de lire son roman . Le challenge Le Printemps des Artistes m’a fait sortir les Lendemains qui chantent de ma PAL. 

Lecture agréable : la vie d’un ténor Elio Leone, enfant abandonné, doué d’une voix extraordinaire qui a eu la chance de trouver les bonnes personnes, le directeur d’un orphelinat, un curé mélomane, et une professeur de rôles éminente qui a accompagné ses débuts à l’Opéra. Débuts fulgurants, Elio Leone est le ténor du siècle! Entre Caruso et Pavarotti. mais survient la guerre, Leone est prisonnier en Allemagne, à la Libération les soviétiques envoient les Italiens en Sibérie. A son retour à Paris, Elio a tout perdu, sa femme, son enfant, la professeur de rôle a été fusillée et le ténor se tait….il aura de nombreuses aventures mais il vous faudra lire le livre pour les découvrir.

Quand j’ai relu ce que j’avais écrit pour Looping : « une histoire extraordinaire, presque un conte.... » j’ai été surprise, je pourrais reprendre en copié/collé la critique pour Des Lendemains qui chantent. Je n’ai pas été convaincue, trop d’invraisemblances dans cette histoire romanesque, pas assez d’épaisseur dans le personnage principal. En revanche, je me suis intéressée au professeur de rôle j’ignorais cette profession. 

J’ai   aimé toutes les allusions à l’œuvre de Verdi – bande sonore de cette lecture qui s’ouvre avec Rigoletto, fait chanter les pêcheurs d’une île napolitaine avec le chœur de Nabucco… 

 

visite de Pointe-à-Pitre en touktouk

GUADELOUPE

Tout près du musée, quelques blocs tout propres sont décorés en Street Art. La vieille ville de Pointe-à-Pitre, aux maisons coloniales de bois à balcons, est plutôt en ruines. Les graffeurs Street Art se sont emparés de ces murs en deshérence pour donne « de la couleur à la ville ». Je me suis promenée dans le périmètre compris entre le brillant, éblouissant MACTe, la bruyante gare routière (cars orange) et une colline et la rue Raspail enjambée par un pont ancien la Voûte.

Centre-ville de POInte à Pitre

J’ai découvert martin Luther King et Malcom X , figures obligées mais aussi des anonymes. La façade d’un ancien garage est peinte de violet, bleu avec une jeune fille qui se retourne.

I had a dream

 

Le quartier est délabré mais au rez de chaussée, il y a plein de boutiques et de petits restaurants et snacks « à emporter ». J’achète une brochette de poisson servie avec du riz et des crudités dans une barquette .

Où se poser pour déjeuner ? Derrière le musée, il y a une jolie vue sur la marina ;  mais les parkings sont en plein soleil. La pluie annoncée n’est pas venue. Nous suivons le rivage et aboutissons sur le campus de l’Université. Nous déjeunons à côté de la Bibliothèque Universitaire avec un panorama fantastique. Les étudiants ont bien de la chance d’étudier dans un campus si bien situé !

marché aux épices

A 14 h nous avons rendez-vous avec Baptiste Enoch pour un tour de la ville en touktouk. Merveille de la technologie : un coup de fil de réservation, un message Whatsapp avec le lien vers Googlemaps qui nous guide directement vers le rendez-vous. Les bureaux de Pousse-Pousse sont situés près du port à moins de 100 m du débarcadère des croisières. Justement un navire Costa est à quai et des touktouks attendent les croisiéristes.

Comme nous sommes en avances je vais faire un tour au Marché des Epices : vanille, cannelle, épices, rhum, punch madras, fruits exotiques. Un très joli marché touristique. Plus touristique que celui de Basse-Terre qui avait aussi des étals de fruits, légumes et d’articles de la vie quotidienne.

« qu’est-ce que tu veux doudou ? » demande la marchande toute habillée de madras. Je lui montre mes poches vides. « Tu as laissé ton portemonnaie mais tu n’as pas oublié l’appareil -photo ! » pas question de photographier, elle n’est pas commode.

Baptiste est habillé comme un steward de croisière, casquette et chemise blanche, souriant, aimable, très pro. Il m’entraine dans les bureaux pour régler la course (39€/pax) . Ils sont installés dans un hangar de stockage assez vaste pour y garer les touktouks mais pas seulement ! Pendant le confinement il a construit une sculpture GUADELOUPE en carton ondulé. Cela rappelle la technique d’Eva Jospin en moins sophistiqué ? Sur le thème du recyclage, il y a aussi un portrait de femme en capsules de bière. Le thème de la visite de Baptiste est le Street Art qui « donne des couleurs à la ville ». Le centre de Point à Pitre est en déshérence. Les belles maisons coloniales à balcons, les cahutes de bois tombent en ruine. Il suffit parfois de peu de travaux pour leur rendre leur lustre. Souvent en indivision, elles n’ont pas été entretenues et sont abandonnées. L’une d’elles près du port a été réinvestie en Auberge de Jeunesse aux couleurs de l’Arc en ciel, trois points levés en planches sont brandis sur la façade. Le Street-art est gai, convivial et aussi politique. Le recyclage est largement utilisé : pour les sculptures en utilisant les pièces métalliques des moteurs de bateaux.

Nous passons par les rues que j’avais découvertes à pied mais Baptiste nous fait remarquer des détails que je n’avais pas vus. Le Street Art habille des maisons ruinées et décore des blocs neufs. Il égaie les blocs HLM qui seraient bien triste autrement. Sur ces derniers immeubles les graffs occupent souvent plusieurs étages. Tout en nous montrant les peintures, Baptiste insiste sur l’architecture de maisons qui ne paient pas de mine. Certains sont très petites en façade mais elles sont très profondes. Parois on découvre un jardin à l‘arrière. Quand la maison s’est écroulée, les artistes ont utilisé les vides pour y installer des recoins conviviaux comme cette petite cour bleue où des panneaux de circulations mis à l’horizontale font des tables où s’accouder pour poser sa bière ou son verre de Ti-punch. Une impasse entière est dédiée aux femmes belles et jeunes mais aussi vieilles et malicieuses.

J’ai retenu plusieurs signatures : Al Pacman, Skem, B.Bird (Ronald Cyrille) malheureusement j’en ai oubliés.

A côté du très moderniste, très brillant, exemplaire Mémorial ACTe, construit à grands frais, on a laissé se dégrader l’énorme Centre des Arts construit par la Mairie en 1978, fermé depuis 2008 pour travaux puis abandonné après que l’entreprise chargée des travaux ait fait faillite. Le 21 juillet 2021, un collectif « Artistes en résistance » investit les lieux pour réclamer la reprise des travaux.

Après avoir salué le portrait de Maryse Condé qui domine l’entrée, je visite à la suite de Baptiste les salles décorées de graffs, de photos et d’installations. Il y a également une (petite) bibliothèque. La très grande salle de spectacle n’est plus que ruine. Quel gâchis ! Avec des gaines de mousses isolante un oiseau a été construit : colibri, ironie !

A côté du Steet Art, Baptiste nous montre la ville historique : l’énorme Place de la Victoire, fondée par les Anglais qui ont occupé plusieurs fois la Guadeloupe et développé Pointe à Pitre en rivalité avec Basse Terre, la capitale, alors française avec son grand fort. Arrêt devant une fresque, ou plutôt un bas-relief représentant des manifestants mis en joue par des CRS. Le 25-26 mai 1967, des ouvriers du bâtiments, en grève qui réclamaient 205% d’augmentation, furent réprimés de manière sanglante, à balles réelles, faisant au moins 8 morts (récit de l’Humanité)

La place ronde est suivie d’une vaste esplanade plantée de manguiers séculaires datant de la Révolution, un kiosque à musique y est installé ; sur son pourtour des bâtiments anciens . Nous nous arrêtons devant la cathédrale, puis devant le cimetière impressionnant par la taille des monuments funéraires, véritables chapelles. A côté de la ville, un véritable village de bois et de tôles _ favela – l’appelle Baptiste qui nous montre aussi les aspects misérables de Pointe-à-Pitre.

La ville est étonnamment peu peuplée (16.000 ha) et pourtant pôle d’attraction économique. On y travaille mais tous ceux qui peuvent se le permettre n’y habitent pas préférant vivre dans la nature ou en bord de mer. Ce qui explique les embouteillages à l’heure de pointe.

Après le tour en touktouk, je retourne au Marché aux épice acheter mes cadeaux-souvenir : gousse de vanille, cannelle, cartes postales passant devant le restaurant libanais Fayrouz, je remarque que de nombreux commerces sont aussi libanais.

 

Philippe Cognée à l’Orangerie et au Musée Bourdelle

PRINTEMPS DES ARTISTES

Philippe cognée à L’Orangerie

 

J’ai découvert la peinture de Philippe Cognée au Château de Chaumont ICI

Ses paysages floutés par la technique de la peinture à l’encaustique me semblaient vus d’un train roulant à pleine vitesse. J’ai retrouvé avec grand plaisir ses œuvres qui supportent hardiment le voisinage avec les prestigieux nymphéas et les Matisse.

ph Cognée à l’Orangerie

L’exposition au Musée Bourdelle apporte des aspects très différents

Triptyque supermarché (2003-2004)

Ce Supermarché est une introduction du trivial , mais aussi de la saturation marchande ou de la prolifération thèmes que nous allons retrouver parmi la série de photographies d’objets usuels : congélateurs, sièges en plastique blanc… recouvertes de peinture à l’huile et exposés en nombre sans autre explication; « degré zéro de la peinture » peut-on lire sur le livret du Musée. 

Catalogue de Bâle : détail

Cette technique a été utilisée dans le Catalogue de Bâle œuvre comprenant un millier de « repeintures » alignées comme sur les linéaires d’un supermarché. Cognée a arraché les reproductions du Catalogue de l’Exposition Art Basel les a collées sur un support repeint en blanc et a repeint grossièrement les photographies , œuvres de Picasso, Giacometti, Baselitz, pour les plus connus. Ces tableautins couvrent les murs de plusieurs pièces dans lesquels le visiteur se promène un peu éberlué. Les connaisseurs reconnaissent peut-être les originaux : Koons et Giacometti, facilement mais les autres? Ce genre d’installation me met en colère. Est-ce qu’on se moque du spectateur lambda, de bonne volonté transformé en gogo prêt à gober n’importe quoi? J’aurai des éléments de réponse dans la vidéo fort intéressante où Cognée commente et explique son travail. Il voit dans l’Exposition de Bâle un énorme supermarché de l’art moderne, où l’art est exposé mais aussi vendu. Présenté de cette manière le projet démesuré fait sens. 

Saint Barthélémy d’après Rubens

Heureusement en bonus de ce Catalogue, j’ai trouvé mon bonheur avec de la « belle » peinture. Cognée revient aux maîtres : Rubens et Ingres à qui il inflige sa technique de cire et de fer à repasser avec beaucoup de bonheur.

Madame Marcotte d’après Ingres

L’émerveillement est le dialogue entre le masque de Beethoven de Bourdelle et une série de grands tableaux de fleurs fanées Pivoines et Amaryllis. Contraste entre la finesse de la chair fragile des pétales et la puissance du  bronze ! La surprise est que cela fonctionne parfaitement. 

Possible dialogue entre Beethoven et les amaryllis