El Jem – Musée archéologique : mosaïques

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Le bâtiment du musée, avec ses patios imite les constructions romaines. Il se trouve à proximité d’un quartier de villas de l’antique Thysdrus et d’un petit théâtre ruiné. Le premier patio planté de romarin, est décoré de paons faisant la roue.

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 On entre dans les salles présentant la magnifique collection  de mosaïques. J’aime que les mosaïques racontent une histoire. Celles de Thysdrus choisissent les épisodes les plus lubriques de la mythologie. Quand elles ne dépeignent pas des scènes érotiques où des corps nus se dévoilent, elles mettent en scène des satyres, bacchantes, processions dionysiaques, le ligotage de Silène ou Bacchus ivre sur un chariot.

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Un autre thème est celui des combats de fauves(peut être au Colisée). Des panthères égorgent des antilopes ou des onagres. Une représentation célèbre est celle du combat d’un condamné à mort avec un fauve, l’homme saigne abondamment.

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La Maison Africa attenant au Musée est la reconstitution d’une villa romaine. Elle est ornée de belles mosaïques dont celle de la déesse Africa citée par Pline portant une curieuse coiffure rappelant une dépouille d’éléphant.

la puissance de Rome
la puissance de Rome

Une autre est à la gloire de la puissance de Rome : au centre Athéna dans un médaillon (figurant Rome) est entourée des visages des continents : l’Afrique est reconnaissable aux défenses d’éléphants, l’Asie à sa coiffure en forme de tour (pourquoi ?), l’Egypte porte un sistre attribut d’Isis. Les médaillons des visages alternent avec des silhouettes féminines : l’Espagne porte un rameau d’olivier, la Sicile porte sur la tête 3 jambes figurant les trois pointes du triangle. La naissance d’Aphrodite dans une grande coquille préfigure le tableau de Botticelli.

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Promenade dans le quartier des villa de Thysdrus mais nous ratons la fontaine et la volière signalées dans nos guides.

El Jem – Colisée

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Colisée d'El Jem
Colisée d’El Jem

 

Sur la route

178 km entre Gabès (7h40) et El Jem(11h) non stop. La RN1 passant par Sfax est bonne mais elle traverse les villages avec leurs inévitables barrages de police, à l’entrée, et les nombreux ralentisseurs et la vitesse limitée à 50km/h. Entre les villages les camions ralentissent le trafic sur la chaussée à deux voies. Il faut attendre le moment favorable pour les doubler. Les oliveraies alternent avec des étendues sableuses broussailleuses. Parfois des eucalyptus bordent la route. A Methouia, une palmeraie avec des stands de poteries, de paniers et de dattes sur le bord de la route. L’essence de contrebande se vend face à la caserne de gendarmes, ce commerce est toléré. Comme à Djerba enfants et adolescents brandissent des touffes d’oignons sauvages, petits comme de la ciboulette, très prisés et qu’on ne trouve pas au marché. Le GPS nous fait contourner Sfax par des faubourgs de maraîchers, pépiniéristes et des vergers. Après Sfax la campagne est plus verte : oliviers à perte de vue, propres, touffus. C’est la cueillette on fait tomber les olives sur des bâches vertes puis on les ramasse dans des toiles de jute. Certains oliviers sont buttés autour du tronc.

El Jem

Petite ville aux constructions anarchiques. Lundi est le jour du souk hebdomadaire. L’animation est à son comble.

Boutique de souvenirs et d'Antiquités en face du Colisée
Boutique de souvenirs et d’Antiquités en face du Colisée

Le Colisée se voit de loin. La place en face de l’entrée est entourée de restaurants et de magasins de souvenirs. L’un d’eux est carrelé de bleu, des marionnettes sont suspendues, sur les tables des roses des sables et des antiquités.

L’entrée 10 dinars (+1 pour les photos) est un  billet groupé Colisée et Musée Archéologique.

De l’huile et des jeux ?

Le Colisée est le 3ème par la taille dans le monde romain après ceux de Rome et de Capoue. Il pouvait, alors, accueillir 37000 spectateurs, actuellement on y organise un festival de musique classique en été.  Le grès plutôt tendre a obligé les architectes à le construire plus épais, plus massif que le Colisée romain. Des pilastres et chapiteaux massifs décorent l’extérieur. Ce monument était celui de la ville de Thysdrus qui tirait sa richesse des oliviers fournissant l’huile à Rome.

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Un château d’eau

On peut s’étonner de trouver une ville si importante alors que les ressources en eau suffisent à peine à El Jem qui compte 12 000 habitants. C’est que le monument est lui-même un véritable château d’eau capable de canaliser les eaux de pluie et de les centraliser dans des citernes.

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Une forteresse

En 238 de notre ère, une révolte des commerçants contre les impôts aboutit à l’assassinat du Procurateur du fisc et à la proclamation de l’empereur Gordien.

En 689, la Kahina à la tête de tribus berbères résistant à l’invasion arabe s’y enferma et y résista 4 ans. J’ai retrouvé cet épisode dans le Musée berbère de Tamrezet : des motifs sur les robes berbères et les parures de mariées rappellent les arches du Colisée.

En 1700 des tribus berbères s’y retranchèrent

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Sous un beau soleil, nous avons déambulé dans les gradins et les couloirs, parcouru la grande arène sableuse, les coulisses souterraines où étaient parquées les bêtes fauves. Impressionnées par la grandeur du monument, l’émerveillement fut ailleurs, au Musée Archéologique.

Fuyant la foule du marché nous nous sommes égarées dans la ville avant de trouver le Musée qui se trouve à l’entrée de la ville en venant de Sfax.

Gabès – plage

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oursins et porcelaines
oursins et porcelaines

Avant de rentre à Gabès nous faisons un détour par la plage ; Immense bande de sable fin limitées uniquement vers le nord à 12km par les installations portuaires et industrielles. Dans le golfe de Gabès la Méditerranée a des marées. Pendant les tempêtes elle envahit une zone plate où poussent les salicornes que nous traversons avant d’arriver au bord de l’eau.  De grosses boules rondes des posidonies, frangent la plage. Nous ramassons de très beaux coquillages, des huitres nacrées, des porcelaines de bonne taille, de petits test d’oursins, des murex. Nous les imoralisaons dans une composition pour la photo. Majdi a confectionné un bonhomme Noël en empilant oursins et boulettes végétales.

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Nous sommes invitées à dîner chez eux pour un couscous gabésien ; Majdi préparé une merveilleuse salade avec des tomates, concombres poivrons coupés très fin, de la salade iceberg, du thon, des olives, œufs durs. Maissa a fait des doigts de Fatma : crevettes dans de fins beignets.

tunisie majdi 256 - Copie La télévision à écran plat est allumée sur le Journal de FR2. Dans la cheminée brûle une bonne flambée mais nous sommes occupés sur l’ordinateur à transférer les photos du village.

Pique-nique à Zeraoua

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Zeraoua, village abandonné

Il y a plus de trente ans Bourguiba a construit des villages modernes en ciment dans la plaine équipés de l’eau courante et de l’électricité : Matmata nouvelle et Zeraoua nouvelle. Les habitants de l’ancienne Matmata sont restés au village tandis que tous ceux de Zeraoua l’ont abandonné – sauf une vieille dame que nous allons visiter.

La Nouvelle Zeraoua est un gros bourg de maisons basses derrière de longs murs blancs percés de portes métalliques bleues. Des signes berbères ornent les murs. Partout le nom « Azro » figure : café Azro, Association Azro. Un enfant  dit que c’est le nom du village. Un adulte précise que c’est le nom berbère et que cela signifie « voir de loin ». Le nouveau village est à 15km de l’ancien où les paysans cultivent leurs terres depuis toujours. Une piste relie les deux villages.

Barrages pour retenir l'eau de pluie
Barrages pour retenir l’eau de pluie

En route Majdi nous montre les citernes de pierre maçonnées pour irriguer les cultures. Chaque paysan construit la sienne, le gouvernement subventionne à la hauteur de 70%. Elles sont alimentées par des forages et l’eau de pluie – mais il pleut si peu – Les vergers sont arrosés au goutte à goutte. Les villageois mettent en œuvre une énergie folle pour retenir l’eau qui s’écoule de la montagne en construisant des levées de terre et des barrages de pierres. A l’arrière de ces ouvrages soigneusement réalisés, des oasis de verdure prospèrent dans la montagne aride, trois ou cinq palmiers, autant d’oliviers, parfois un seul vénérable. Le travail est énorme, le résultat dérisoire. Monuments à la gloire de la patience villageoise. Les cultivateurs ont aussi développé des techniques de conservation de la nourriture adapté à leur isolement : viande confite dans l’huile, dattes….

Sorte de pastèque du désert très amères mais utilisée comme médicament contre le diabète (en bain de pieds)
Sorte de pastèque du désert très amères mais utilisée comme médicament contre le diabète (en bain de pieds)

Un oiseau noir vient se percher sur un rocher. Le dessous de sa queue est blanc. Il a plu il y a deux semaines et le désert fleurit : un bouquet d’ombelles blanches ressemblant aux fleurs de carottes portées par des tiges vert intense très dures, j’en brise une extrémité : c’est du fenouil sauvage. Il ne mesure qu’une quarantaine de cm. De minuscules crucifères jaunes, mini-moutarde sauvage ? Des buissons épineux sont aussi fleuris. Je remarque un buisson de lavande ne portant qu’une seule fleur au parfum intense. Plus loin, un buisson aux grosses feuilles arrondies et charnues porte des fleurs violettes.

buisson fleuri du désert
buisson fleuri du désert

Zeraoua est perché sur un épaulement rocheux. Ses maisons de pierres se confondent avec la montagne. Seul le minaret et un  marabout ont été chaulés et sur détachent sur le ciel bleu intense. Le village est désert, abandonné depuis 30 ans, il manque seulement la toiture de bois de palmier et de roseaux.

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marabout et maison de la dame

Comme les pluies sont rares, même sans toit,  les maisons sont intactes. Les arcades et les niches sont photogéniques. Certaines portes ont gardé leur peinture bleue, parfois fermées par une branche. Les anciens habitants remontent du nouveau village. On y a tourné récemment un film : L’Or noir de Jean-Jacques Annaud avec Antonio Banderas. L’équipe de tournage a retapé certaines maisons, cimenté des marches et laissé des sacs de ciment pour une restauration éventuelle. La mosquée est impeccable avec ses tapis, ses corans ; seule la pendule est arrêté il faudrait changer la pile.

Arches et portes
Arches et portes

Une dame de 83 ans a refusé de descendre. Majdi et Maissa ont acheté des légumes frais, oignons, poivrons, tomates et deux bottes de carottes ainsi que du pain frais. La maison est fermée. Sur le mur de la maison d’en face dépassent deux clous sur lesquels sont suspendus un chapeau et un panier. D’autres clous libres permettent d’y suspendre les courses.

DSCN0915 - Copie . Sur le sommet de la colline d’en face, plus loin que les ruines de l’ancienne école, on devine les silhouettes mouvantes des chèvres et des brebis. La dame est occupée avec son troupeau. Majdi l’appelle, les voix portent loin dans le désert. Elle porte un habit bleu gansé de rouge sur un autre rose à bandes noires. Soin front est ceint d’un bandeau rose et son fichu est beige. Elle est frêle  et ridée tatouée ses cheveux portent des traces de henné, elle est coquette avec sa robe traditionnelle faite de deux morceaux de tissus retenus par des fibules et une ceinture.

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Elle nous embrasse, elle m’a prise pour Isabelle, la mère de Maissa, qui a « découvert » le village. pour remercier des provisions du marché elle sort six œufs blancs « ce ne sont pas ceux du magasin » insiste-t-elle et tire de sa réserve une bouteille glacée de lait de chèvre fermenté – délicieux. Elle apporte l’ordonnance de ses médicaments que Maissa photographie avec son téléphone. On discute des élections. Avec ses panneaux solaires et sa parabole, elle suit l’actualité à la télévision. Comment la prévenir des visites ? la dame réagit vivement, « qui n’a pas de téléphone de nos jours ! » et elle sort son Nokia pour qu’on enregistre le numéro. Son âne est blessé, il ne peut plus descendre au village. Peut être la piste caillouteuse est plus adaptée pour l’âne que pour la voiture

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les élections, le souk

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Dimanche 21 Décembre Deuxième tour des élections présidentielles.

 

Hier soir sur la place il y a eu du chahut.

Au souk,  ce matin, seuls quelques vendeurs ont sorti leurs marchandises alors que les autres dimanches il y a une foule dense. Carottes, salades herbes proviennent de l’oasis de Chemini. Maissa achète les ingrédients pour le couscous de ce soir : les fanes de fenouil, du persil, de la coriandre, des carottes et des navets. Nous faisons aussi les courses pour la vieille dame du village que nous allons visiter.

Les élections se déroulent dans les écoles primaires. Majdi et Maissa affichent une certaine indifférence : aucun des deux candidats ne leurconvient vraiment. Le Président sortant, Marzouki a accumulé les faux pas et s’est allié aux islamistes, son adversaire est un vieillard qui a collaboré avec Bourguiba et Ben Ali.  « Très expérimenté » ,  à 89 ans tiendra-t-il un quinquennat ? La vieille dame du village abandonné (qui a des panneaux solaires pour sa télévision) résumera la situation : « les jeunes ont fait la Révolution et chassé le dictateur, il faudrait qu’ils prennent la relève ! ». Des soldats en armes paradent devant les bureaux de vote. Hier nous avons passé de nombreux barrages. Officiellement les barrages n’ont rien à voir avec les élections mais contrôlent les mouvements en provenance de Lybie où règne l’anarchie et la contrebande, celle d’essence tolérée mais peut être d’armes.

Gabès – oasis – gite – restaurant sur le port

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Mosquée si boulbala
Mosquée Sidi Boulbala

Une très belle palmeraie entoure Gabès et arrive jusque à la mer. Quand on arrive au point de vue, le soleil ne nous a pas attendu. Des nuées violettes bordées d’or se déploient au dessus des arbres sombres. L’oasis est à nos pieds dans le creux de l’oued bordant une ville invisible. Dans un petit parc de loisir est installé un café et un zoo, attraction pour les jeunes locaux. La piscine ronde était autrefois alimentée par une source, on y lavait le linge et s’y baignait, la source est maintenant asséchée. La route passe sous un pont romain de pierre, aqueduc conduisant l’eau aux rigoles irrigant les jardins sous les palmiers. Le coin est maintenant à l’abandon, les arbres fruitiers, grenadiers, vigne et petits bananiers sont encore florissants mais les jardins maraîchers ne sont pas entretenus, un peu plus loin à Chemini on cultive les carottes, tomates et salades que nous trouverons au souk demain matin.

Boulbala

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La nuit est tombée quand nous nous arrêtons sur la place animée de Boulbala. Le musée est fermé, il est installé dans une medersa qui fut, il y a longtemps une école juive comme l’attestent les nombreuses étoiles de David (raconte Majdi puisqu’on ne peut pas entrer).

La mosquée de Sidi Boulbala – barbier du Prophète qui mourut à Gabès en 661 – son mausolée est l’objet de vénération et de pèlerinage. La cour de la mosquée est construite une plateforme bordée d’un portique où peuvent se reposer les pèlerins. La cour dallée abrite une citerne qui recueille les eaux de pluie. A l’entrée de la salle de grosses poteries sont fermées par des couvercles de bois. Les fidèles boivent cette eau bénite. Maissa dénoue l’écahrpe qu’elle porte au cou, je sors le voile blanc avec les petites perles acheté à Beisehir, nous entrons du côté des femmes près du mausolée du saint derrière une clôture de bois à clairevoie, la tombe est recouverte de tissus verts brodés.

Autour de la mosquée des marchands ambulants proposent toutes sortes d’objets.

Notre gite : la maison d’Isabelle

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C’est u  luxueux duplex au 4ème étage d’un immeuble moderne sur une place plantée d’arbres dans un  jardin public. Un café réunit beaucoup de monde aujourd’hui veille d’élections. La grande entrée est occupée par une table rectangulaire, le salon avec trois canapés contemporains bicolores beige et marron, il s’ouvre par une immense baie vitrée. Cuisine américaine dans le coin opposé, la hotte métallique est au dessus d’une grande table de cuisson, chaises de bar, meubles laques, design. Un escalier de marbre blanc s’enroule pour conduire aux chambres du duplex, très belles, très classe, lits immenses, jacuzzi, deux terrasses. Nous resterons au niveau bas pour plus de commodité.

Dîner dans un petit restaurant du port de pêche tout noir et désert : les barques sont sorties avec le beau temps. Au choix : loup ou dorade. Pendant que la dorade grille on patiente avec une petite écuelle de soupe de poisson très épicée – soupe d’hiver, – « les épices réchauffent » , et  une salade de poivrons grillés. Le poisson est excellent. Le cuisinier a une marinade secrète qui donne un arôme incomparable.

Bougrara- Mareth – Gabès

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Barques au port de Bou-Grara
Barques au port de Bou-Grara

Nous pensions déjeuner sur le port de Bougrara : il est minuscule mais il a quand même son petit chantier naval et des dizaines de grosses barques. De restaurant, nenni !

Bou Grara vu du port
Bou Grara vu du port

La route de Mareth traverse des oliveraies puis le paysage devient sableux avec des buissons épineux. Sur le bord de  la route des « stations-service » improvisées avec des bidons d’essence de contrebande en provenance de Lybie. Pourtant la frontière a été fermée en raison des élections qui se dérouleront demain. A l’approche de Mareth les cultures sont irriguées, agrumes et sous plastique. Nous arrivons à Mareth à 15h, affamées. Les fast-food tunisiens sont nombreux. On y propose « sandwich » « plat » ou « libanais ». je commande un  « hamburger » dans un pain rond avec mayonnaise, harissa, salade, oignons tomates. La viande est grillée et coupée en petits morceaux, on ajoute un morceau d’omelette et des frites.

La route de Gabès est bordée d’eucalyptus avec des grandes haies de casuarinas. Sur la RN1 la circulation est infernale avec les camions. Dans une zone aride nous voyons paître des dromadaires en liberté. 22km avant Gabès, la mer bleue est en vue. D’immenses stands vendent des poteries colorées pas spécialement belles et des dattes ?

Gabès

Nous avons rendez-vous avec Majdi sur le parking du Magasin Général à l’entrée de Gabès. Nous arrivons à 16h, il faut se presser si nous voulons voir le coucher de soleil dans l’Oasis. Mais avant il faut traverser Gabès qui est une grande ville très animée. La Hyundai suit à grand mal la Berlingo blanche dans la circulation. Nous avons déjà remarqué qu’en fin d’après midi le trafic devient infernal et que tout le monde est dehors, les enfants jouent au ballon au milieu de la chaussée, les vélos roulent à contresens

 

En voiture! Par le bac vers Gightis, site romain.

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porte du forum de Gightis
porte du forum de Gightis

Camel Car est venu apporter une très jolie Hyundai orange 5CV qui nous donnera toute satisfaction. Salah tire affectueusement le chauffeur pour qu’il accepte un café avec nous. Nous découvrons au petit déjeuner les dattes et l’huile tunisienne. Selon notre planning nous devrions déjà être parties mais nous nous attardons encore à table peu pressées de quitter si vite nos nouveaux amis.

Près de Houmt Souk, nous rencontrons nos premiers barrages, les militaires sont en treillis, tenue de camouflage et gilet pare-balles au milieu de la roue mais ils nous font signe de les  contourner et ne nous arrêterons pratiquement jamais.

Oliveraies

Sur la route nous remarquons les oliveraies bien entretenues avec les petites levées de terre et les maisons dispersées un peu partout, des maisons basses, de grandes villas. Les maisons traditionnelles tombent en ruines et sont cachées par l’urbanisation de ciment. Un âne sur le bord de la route a attiré notre attention sur les  cueilleuses d’olives. Les oliviers sont très écartés les uns des autres. Cultive-t-on dessous des céréales ? Les aires de battage de l’orge semblent l’indiquer, Mbarka nous a dit qu’il ne pleuvait pas assez. Les constructions mitent le tissu agricole.

Le bac à Ajim

la côte africaine s'approche
la côte africaine s’approche

10h, Ajim semble endormie mais une longue file de voiture est immobile. A l’abri de la digue, des barques multicolores. Les cormorans sortent leurs becs pour pêcher les mouettes planent et plongent, des aigrettes arpente le bord, bec piqué dans la vase. Les toits des bâtiments du port sont hémicylindriques. De petites échoppes ont pendu des robes multicolores gonflées par le vent. Une minuscule buvette est décorée par de grosses jarres. L’attente est d’1h30. Le bac contient environ 25 voitures, moins quand il y a des camions. Le coût est minime : 800 millimes (0.4€) le trajet dure 20 minutes. . La côte d’Afrique s’approche, falaises sableuses ou gréseuses brunes surmontées de palmiers. Le port en face El Jorf est bordé de nombreux restaurants.

Nous empruntons la route de Medenine très plate dans les oliviers dans une terre sablonneuse. Au loin, se profilent des montagnes.  Les constructions traditionnelles sont mieux préservées, on voit peu de ciment. Nous dépassons Bougrara pour trouver le site de Gightis

Gightis, un port antique
Gightis, un port antique

Gightis

C’est une ville romaine du IIème siècle. Le site est immense, il débouche sur la mer, le golfe de Bougrara limité au loin par la côte de Djerba. Entre le site et la mer se trouve une zone basse humide avec des groupes de palmiers. Au loin les flamands roses sont alignés.

sur son piédestal le Capitole
sur son piédestal le Capitole

Les monuments sont remarquablement préservés, ils sont colorés de nuances de grès jaune et orange soulignés de marbre blanc. Les stèles orangées ont gardé des inscriptions très lisibles. Le Forum est vaste, dallé, dominé par le Capitole surélevé sur un  piédestal qui a gardé les bases des colonnes cannelées.  Le  temple de la Concorde, le  sanctuaire d’Hercule sont d’un côté. Dans un coin se trouve le Trésor (aerarium). En face, le temple d’Auguste et d’Apollon. Un grand temple de Liber Pater est plus énigmatique. Vers la mer les villas sont moins lisibles.

le forum vu des thermes
le forum vu des thermes

On reconnait bien les thermes qui ont conservé des mosaïques. De curieuses constructions sont soutenues par des piliers verticaux blancs tandis que des moellons irréguliers comblent les vides.  Un peu plus loin, le marché est bordé de chapelles  arrondies.

Djerba : Erryadh et Guellala

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puits djerbien
puits djerbien

MBarka est guide touristique depuis une vingtaine d’année. Elle nous montre l’architecture djerbienne : Houchs et Menzels.  Arrêt-photo au puits aux montants verticaux. Certains puits sont abandonnés, d’autres, électrifiés servent encore à l’irrigation. Il pleut très peu à Djerba, la nappe phréatique est saumâtre. Les Djerbiens récupèrent les eaux de pluie dans des citernes.  Pendant le repas de midi, une averse d’ un quart d’heure fut la bienvenue mais elle a peine mouillé la végétation.

greniers
greniers

Nous descendons de voiture visiter un menzel. La propriétaire nous rejoint, impression d’exploration. Un peu plus loin, nous remarquons un bâtiment bas à moitié écroulé avec de belles arches de pierre qui soutiennent le toit. C’était un grenier où on entreposait l’huile, les olives et le grain dans des jarres. Ici aussi, le propriétaire accourt. MBarka s’extasie sur la qualité du bâti et l’enjoint de ne pas laisser s’écrouler le bâtiment déjà bien délabré. Le monsieur revient avec des ferronneries d’art qu’il fabrique chez lui : grillages fantaisie, boîtes à lettres, cages à oiseaux. Il m’offre un échantillon. Sa femme nous rejoint avec une navette cassée : le vieux bâtiment abritait aussi un atelier de tissage. C’est un couple de professeur de science, lui enseigne la physique, elle SVT. On échange les emails.  Ils viennent d’acheter la maison de ciment. Restaurer la ruine coûte cher.

Erriadh

la Ghriba
la Ghriba

Je tiens à visiter la synagogue de la Ghriba, une des plus anciennes au monde datant de la destruction du Temple. Le monument est récent mais sa valeur sentimentale est inestimable. Depuis l’attentat de 2002, des militaires montent la garde. Vendredi après midi, elle est fermée aux visiteurs à 15h. MBarka propose de revenir le dimanche 4 janvier avant de prendre l’avion.

Street art : mobylette
Street art : mobylette

Le village d’Errhiad est le théâtre d’une manifestation de Street Art. Des grapheurs de toute origine et de styles différents ont décoré les murs du village. Pieuvre géante dans cette île, motocyclettes…

 Street Art porte
Street Art porte

C’est bien fait, certains mettent en valeur un  élément architectural, une porte, une boutique…Le résultat est plaisant mais ne me parle pas autant que les Murales de Sardaigne qui avaient un contenu  politique ou sociologique. Les cavaliers en arme et armure, ocre, un peu ternes m’ont parlé d’Hannibal, des Romains ou peut être des chevaliers normands ou croisés, eux m’ont parlé !

street art cavaliers
street art cavaliers

Nous entrons dans une bijouterie. Dans les vitrines des parures de mariages authentiques. Le bijoutier le dit lui-même « ce n’est pas de l’or pur mais du métal doré » Heureusement elles  seraient tellement lourdes ! MBarka m’entraine chez le tisserand qui tisse le tissu traditionnel. Sur de petites bobines est enroulé du fil doré qu’il mêle au rouge et au bleu. Plus loin, les couturières cousent le tissu djerbien blanc à bandes rouges. Elles vendent aussi des robes et des tuniques rebrodées de grosses fleurs. Je demande : « qui porte ces habits traditionnels ? » Tout le monde protestent-elles en chœur ! Nous en verrons plus tard de ces dames chapeautées de aille dans ces tissus blancs.

Il y a aussi à Errhiadh des galeries d’art très chics qui exposent des céramiques d’artistes, des cuirs et des objets design.

Guellala

jarres
jarres

Le soleil descend vite. Nous sommes pressées d’arriver à Guellala, le village des potiers. Partout des jarres énormes : par terre, coiffant les murs, les toits, incluses dans la maçonnerie. Nous visitons l’atelier d’un potier qui est à moitié sous terre. Il fait maintenant presque noir et j’ai bien du mal à photographier le tour et les magasins. MBarka m’entraîne aussi dans un magasin où des objets de très belle facture sont vendus. Je retrouve les assiettes et les plats de son service à motifs bleus avec des poissons. J’achète un plat allongé avec ce même motif.

mariage djerbien : musée de Guellala
mariage djerbien : musée de Guellala

Nous arrivons au Musée de Guellala à la tombée de la nuit. Le musée domine l’île, il est construit sur son point culminant (52m) le ciel prend des lueurs violettes et se reflète dans la mer proche. Le musée est encore ouvert mais nous parcourons les salles au pas de course. Dommage, il aurait fallu prendre le temps de regarder les détails, de noter les curiosités, les traditions, décrire les costumes des noces. Le mariage djerbien est décrit dans ses différentes étapes de la préparation de la mariée à la cérémonie et à la fête…On voit aussi un petit dromadaire tourner autour du pressoir à olive dans une huilerie souterraine. D’autes maisons montrent la vie des pêcheurs… mais le temps presse. Maintenant il fait nuit.

Dans la nuit, MBarka ne voit pas tous les ralentisseurs et sa Renault saute dans les cahots. La conduite en Tunisie à la tombée de la nuit n’est  pas de tout repos. Les vélos ne sont pas éclairés, les mobylettes roulent à contre-sens, les priorités sont aléatoires…il semble que tout le monde ait attendu 6heures pour sortir dans la rue, à pied ou véhiculé !

Arrivée à Djerba

CARNET : DJERBA ET  SUD TUNISIEN

 

de l'avion, arrivée sur Djerba
de l’avion, arrivée sur Djerba

Départ mouvementé

Le taxi nous a fait faux-bond , arrivé une demi-heure en retard après nombreux coups de téléphone. Première angoisse. Au contrôle de sécurité, la policière examine avec une lenteur extrême et une méticulosité provocatrice la « samaritaine ». Deuxième énervement. Au Duty Free, encore une employée qui ferme soigneusement, plie la facturette consciencieusement alors  que l’avion s’envole dans vingt minutes.

En vol

Oliviers, palmiers et menzel
Oliviers, palmiers et menzel

L’avion vole au dessus des nuages, je dors presque deux heures et me réveille au dessus de la mer. La Tunisie apparaît enfin, brune piquetée de vergers en tenue hivernale, parcelles géométriques qui se surimposent aux courbes de niveau, couturée d’une cicatrice ondulante d’une montagne aride.

A l’arrivée sur Djerba, une langue de sable s’étire dans l’eau. Non loin, un port est protégé dans un polygone de jetées. Sur terre, des constructions blanches se détachent sur la terre brune, quadrilatères avec parfois le minaret blanc d’une mosquée.

Houmt souk

Samiha et le chauffeur de l’Agence Djerba-autrement nous attendent. Comme avec Sonia, le contact est chaleureux et facile. Nous traversons Houmt Souk : des maisons blanches  basses dispersées dans la campagne, ronds- points, banques, quelques grands magasins. Ce qui frappe désagréablement ce sont les ordures dispersées, les poubelles renversées, des tas brûlés, d’autres pas. » Le problème des ordures est politique » affirme le chauffeur sans explications.

La maison de MBarka

la maison de MBarka
la maison de MBarka

Nous quittons la ville sans nous en rendre compte et arrivons chez MBarka. La grande maison carrée domine un jardin soigné au sol soigneusement ratissé, aux oliviers et arbres fruitiers florissants. Notre chambre se trouve à l’étage dans un grand appartement de trois chambres, grande salle,  vaste cuisine et terrasses. La famille Saïdi vit au rez de chaussée.

Avant le déjeuner, petit tour dans la campagne jusqu’à la petite mosquée El Gallel en traversant les olivaies. Diverses constructions neuve se trouvent dans des états de finitions diverses : l’épicerie en briques rouge a une allure modeste tandis que la villa de l’autre côté de la route est précédée d’un fronton à colonnade hellénistique. Nous marchons sur des tessons, débris de jarres ou de briques. Le minaret de la mosquée El Gallel  est surmonté d’un édicule rond évidé d’arcades  où sont situés les hauts parleurs qui nous réveillerons demain à 5h55.Je tente de dessiner les volumes compliqués, escaliers et contreforts adossés au mur blanc, encadrés par les feuillages argentés des oliviers et les pointes bleues des agaves.

Déjeuner sur la terrasse

couscous poisson!
couscous poisson!

MBarka nous a invitées à déjeuner. Dans sa cuisine mijotent un couscous-poisson, la chorba et les poulpes aux petits pois du diner. La salade est déjà prête dans un grand plat creux. Olives et huiles sont les produits du jardin ; la cueillette à la main est terminée. On ne gaule pas ni ne secoue les branches. Cela les abime. Les petites olives trempent dans la saumure, d’ici quelques jours on les changera de bain et on ajoutera le citron. Des piments fins et longs marinent avec le citron. MBarka fend 5 piments frais et les fourre de sel sans les égrener et les plonge ans l’huile afin de décorer avec le persil  le plat de couscous très jaune. Les poissons sont servis à part en tronçons et recouverts de persil.  La table est dressée sur la terrasse : belle nappe bleue, vaisselle de faïence bleue aux motifs de poissons.  Le repas est familial. Salah  va chercher une carte, nous indique la Chaussée romaine pour nous épargner l’attente du bac d’Ajim.  Oumeïma (17 ans) apporte son ordinateur, on navigue dans mon blog. Nous resterions ici à bavarder jusqu’au soir si MBarka ne remarquait pas que l’heure tourne et que l’après midi de visite sera courte.

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