Col de Bavella

CARNET CORSE 2024

Aiguilles de Bavella vues du Col de Larone

Au réveil : 100% au compteur, soulagées ! Nous pourrons faire les excursions prévues !

T10 jusqu’à l’entrée de Solenzara, la D268 s’élance à l’assaut de la montagne en virages serrés. 30 km pour arriver à 1268 m d’altitude. Etroite, tortillante, pittoresque, suivant la Solenzara. Tôt dans la matinée, il n’y a personne sur la route, nous profitons du paysage. Des activités « aventures »  sont organisées sur la rivière canyoning, accrobranche . L’accrobranche n’est pas joli-joli dans le paysage mais a l’air très amusant. J’essaierais volontiers. Au retour on verra des familles qui se baignent dans la rivière sur une belle plage.

Les Aiguilles de Bavella  s’approchent. Je les photographie sous les cadrages. Je m’attriste de découvrir les troncs desséchés, ébranchés. Qu’est-il arrivé aux pins Laricio ? la gardienne du parking me répondra ; il y a eu un grand feu il y a 5 ou 6 ans. L’écorce noircie est tombée et il reste le bois blanchi fantomatique.

Pause au col de Larone(603 m) dans un grand parking. Occasion d’une petite promenade pour faire de nouvelles photos des Aiguilles de Bavella. Malheureusement le ciel est gris : alerte aux particules fines des poussières venues du Sahara.

La montée s’effectue sous de beaux châtaigniers. Près du col, les feuillus sont remplacés par les énormes pins aux fûts droits et aux aiguilles bien vertes.

Au bas du col, des constructions, presque des baraquements puis des parkings. C’est aujourd’hui dimanche. Il y a énormément de monde.

Randonnée dans le pins, le cairn

Les randonnées sont bien expliquées : 2 heures pour le Trou de la Bombe, 1 heure sur le circuit panoramique qui s’arrête au cairn. Les autres randonnées sont nettement plus difficiles. En Corse il faut choisir les plus faciles parce que les pentes sont abruptes et que les difficiles sont périlleuses. Je suis les marques rouges. Au début le sentier grimpe allègrement puis continue sur une piste douce à l’ombre sous les pins. Après le grand cairn, le sentier descend toujours à couvert. A l’aller, j’ai surtout cherché les balises et regardé à mes pieds. Je n’ai donc pas vu les « panoramas » qui ont donné leur nom au parcours et les ai découverts au retour Découverts aussi les grandes asphodèles, les églantines, les petits pompons bleu de josine et bien sûr les coussinets de genets fleuris.

Il y a vraiment trop de monde et de bruits pour pique-niquer au col. Nous descendons jusqu’à ce qu’on trouve un endroit tranquille.

 

Les cochons sont là. Noirs, placides, ou petits, plus vifs. Pas du tout effrayés par la circulation. Un gros mâle occupe le milieu de la chaussée et n’en bouge même pas quand les voitures le frôlent.

De Serraggia à Travu

CARNET CORSE 2024

 

Nous sommes prêtes à 8h30. Le trajet n’est pas long 86 km par de bonnes routes, je pourrai choisir une belle plage pour me baigner !

Après Porto Vecchio la T10 remonte la côte orientale et longe le littoral à partir de  Fautea. Une tour génoise en restauration, entourée d’échafaudage annonce la plage dans le creux . mignonne petite anse bordée d’une haie de tamaris avec juste un restaurant. Sable fin, baie très échancrée. La surface de l’eau est lisse, tout juste ondulée quand un petit bateau s’approche. Je nage vers la pointe rocheuse puis coupe en diagonale et longe l’autre bord. Je me sens en sécurité et pourrais nager ainsi des heures sans fatigue.

Nous dépassons Solenzara pour aller déjeuner sous les eucalyptus de la plage de Calzarellu où nous avions nos habitudes quand nous logions à Casamozza il y a trois ans. L’allée bordée d’eucalyptus géants nous impressionne toujours. En revanche, le bois sur les bords du Fium’orbo est dévasté. Qu’est-il arrivé aux beaux arbres, abattus pour certains, squelettiques pour d’autres avec de grosses branches desséchées ? Nous sommes presque seules à part les voitures des baigneurs installés sur la plage. Nous avions apprécié l’animation villageoise, les pêcheurs dans le fleuve, les vieux qui jouaient aux cartes, les boulistes. Il n’y a plus personne.

 

Après le pique-nique je marche sur la plage sans fin, devine les étangs qui la bordent, la petite coupole blanche de la base aérienne de Solenzara, au loin la silhouette des Aiguilles de Bavella.

A 16 heures, le propriétaire du Gîte de Travu  vient nous chercher sur le parking du SuperU en face de la Base aérienne.

Notre nouveau gîte (affilié aux Gîtes de France) fait partie d’un ensemble de cinq maisons. Chacune a une terrasse avec une belle table à l’ombre d’un auvent et une petite piscine bleue isolée par des ganivelles avec un salon de jardin confortable : canapé et fauteuils rembourrés. Un gros buisson de bougainvillées, une suspension de surfinias assorti égaient l’ensemble. Derrière un petit muret en galets : des buissons, hortensias, géraniums. Les arbres : chênes et arbousiers ont été élagués pour dégager la piscine.

 

A l’intérieur du gîte : une belle pièce à vivre : bloc cuisine moderne, séparé du salon par un genre de bar et des sièges hauts. Télévision é grand écran plat. Wifi : le code est à scanner sur un QR code. Deux chambres, une belle salle de bain. Tout est parfait. Notre hôte nous apporte une imposante rallonge enroulée pour recharger commodément la voiture.

La surprise c’est la « piscine olympique » juste derrière le gîte coule une rivière très large dans laquelle nous serions seuls à pouvoir nous baigner. mais l’accès est un peu acrobatique une main courante permet de s’assurer.

Nous serons bien !

Sauf qu’avant de dormir je vais vérifier la recharge électrique de la FIAT. Et bien non ! Un message d’erreur s’affiche « vérifier le chargement ! ». Qu’est-ce qui bogue ? pas la prise (je teste avec le chargeur du téléphone. Peut-être la rallonge (25 m sur enrouleur) . je teste une autre prise. Coup de chance : le câble de la voiture est assez long en passant par la fenêtre. Cela charge !

Créteil, Bientôt un téléphérique! Promenade estivale au Lac

TOURISTE DANS MA VILLE

Pointe du Lac : Le métro et la gare du Câble

Une liaison par téléphérique est prévue entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges s’arrêtant à Valenton pour 2025. Le câble va enjamber les voies de chemin de fer, la 4 voies N406, nous verrons la station d’épuration avec les gros yeux de JR…Depuis quelques mois nous avons guetté l’installation des pylônes. Cette semaine les câbles ont été tirés. 

Pointe du Lac : câble

J’attends impatience la mise en route !

Passerelle Tégéval

Depuis ma visite à Saint Denis mon intérêt pour les passerelles :s’est renouvelé.  Celle qui relie la Base de Loisir du Lac de Créteil en portant la Végétale (piste cyclable et piétonne de 20 km) appelée auparavant Tégéval au dessus le la N406 est particulièrement élégante. 

Au lieu de faire mon Tour de Lac près de l’eau, je pars sur les buttes de remblai explorer les nouveaux quartiers vers la Pointe du Lac avec la Faculté des Sports, la Maison du Handball

les cyclistes de ferraille

Les cyclistes de ferraille, souvenir d’un passage ancien du Tour de France suivent la piste cyclable près d’un rond-point planté d’oliviers. Changement climatique oblige, des oliviers à Créteil! Au fond se profile un bâtiment que je ne connais pas.

Centre Martin Luther King

Centre Martin Luther King

Une hôtesse m’interpelle quand je rentre : elle m’explique que cet espace est dédié à l’évènementiel. On peut y louer des salles pour une fête, un mariage, mais tous les dimanche une communauté protestante y célèbre le culte. pourtant l’hôtesse insiste : ce n’est pas un temple. Au dernier étage, il y a un restaurant et un beau roof-top. 

A la Pointe du Lac, près du Stade Duvauchelle, on prépare le passage de la Flamme Olympique dimanche prochain, et une fan-zone pour ceux qui n’auront pas la chance d’avoir des billets pour les jeux…

Le Canal

Il fait maintenant très chaud, 30°C, je rentre au bord de l’eau par la Promenade François Mitterrand et le canal.

lac de Créteil

Pour terminer le long du Lac de Créteil . La Croisette est à l’ombre, la Préfecture (bâtiment doré), les Choux, se reflètent dans le miroir de l’eau. On devine le Palais de Justice trapézoïdal plus loin à gauche. 

Chien Blanc – Romain Gary

.

C’est assez terrible, d’aimer les bêtes. Lorsque vous voyez dans un chien un être humain, vous ne pouvez
pas vous empêcher de voir un chien dans l’homme et de l’aimer. Et vous n’arrivez jamais à accéder à la
misanthropie,

Chien Blanc est paru en 1970, mais une nouvelle adaptation au cinéma par Anaïs Barbeau-Lavalette vient de sortir. Je l’ai chroniqué sur mon blog Toiles nomades ICI

Delphine Horvilleur a fait ressurgir la personnalité de Gary dans son livre récent Il n’y a pas d’Ajar ICI

J’ai donc téléchargé le texte du roman . C’est un véritable coup de cœur!

1968, Romain Gary vit à Los Angeles avec Jean Seberg, leur fils et leurs animaux. Ils recueillent un chien errant. Très calme et affectueux, le chien se métamorphose en féroce monstre quand se présentent le facteur noir, un ouvrier ou des familiers noirs. C’est un Chien Blancun chien  dressé pour attaquer les noirs. Au lieu de s’en débarrasser Romain Gary va le « guérir » . Il le confie à un dresseur, Keys qui doit l’éduquer et lui faire oublier son éducation raciste.   

qu’est-ce qu’il veut prouver, avec ce chien ? Qu’on peut guérir la haine ? Que c’est seulement le résultat d’un dressage, que ça se soigne ? Bon, mais alors pourquoi ne se soigne-t-il pas lui-même, Keys ? »

Keys, le dresseur est noir, il appartient même aux militants extrémistes : les musulmans noirs. 

4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné. Les luttes antiségrégationnistes s’exaspèrent. Jean Seberg est très active dans les luttes anti-racistes . Romain Gary entretient des relations d’amitié avec des militants noirs mais il observe un certain retrait décalé les rapports de Jean Seberg avec les activistes. Chien Blanc est un témoignage de ces luttes.

Une minorité de Noirs essaie de libérer les Blancs de l’esclavage, et ce n’est pas facile de faire sauter des
étaux qui encerclent les cerveaux depuis deux siècles. De deux choses l’une : ou bien les Noirs réussissent,
et l’Amérique changera, ou bien ils ratent, et l’Amérique changera aussi. Vous ne pouvez pas perdre.

Gary rentre écrire à Paris et se trouve pris dans la tourmente de Mai 68 qu’il raconte avec ironie, toujours en décalage. Provocateur, il va au Quartier Latin et affronte successivement les policiers, puis les étudiants. 

« Il faudrait pouvoir créer un monde nouveau. Je m’y mets immédiatement : je passe tout l’après-midi à écrire. »

En plus du témoignage historique, ces écrits résonnent encore actuellement dans les révoltes des banlieues de 2023

« J’appelle donc « société de provocation » une société qui laisse une marge entre les richesses dont elle
dispose et qu’elle exalte par le strip-tease publicitaire, par l’exhibitionnisme du train de vie, par la
sommation à acheter et la psychose de la possession, et les moyens qu’elle donne aux masses intérieures
ou extérieures de satisfaire non seulement les besoins artificiellement créés, mais encore et surtout les
besoins les plus élémentaires.
[…] Ces gens-là ne pillent pas : ils obéissent. Ils réagissent au diktat du déferlement publicitaire, de la
sommation à acquérir et à consommer, »

Et qu’aurait écrit Gary à propos des occupations des universités américaines mobilisées pour Gaza? Mobilisations qui ressemblent aux protestations contre la guerre au Viet-Nam d’alors. Sur la culpabilité des partisans des luttes décoloniales, une analogie quand les metteurs en scènes hollywoodiens, juifs d’Europe de l’Est s’assimilent aux esclavagistes du Sud au XIXème siècle et que Gary, tout aussi Juif de l’Est, remet à leur place.

« Il existe aujourd’hui une nouvelle casuistique qui vous dispense, à cause du Biafra, à cause du Viêt-nam, à
cause de la misère du tiers monde, à cause de tout, d’aider un aveugle à traverser la rue. »

mais aussi:

Tous les déferlements démographiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, me sont odieux. Je suis un
minoritaire-né.

Ecrivain, minoritaire, observateur, humaniste, Gary a encore des choses à nous dire!

Chemin du Patrimoine de Monacia d’Aullène

CARNET CORSE 2024

J’ai trouvé le dépliant du Chemin du Patrimoine de Monacia d’Aullene à la Maison du site . Visorando propose aussi cette randonnée facile (mais dans un autre sens). 2heures selon le dépliant, 1h30 selon Visorando. Dénivelé raisonnable (40 m – 110 m) mais on monte et descend tout le temps. Fléché avec des flèches de ferraille puis balisage jaune.

Il y a un très grand parking en terre battue au centre du village (poubelles).

Le sentier part d’un square équipé de trois bancs à l’ombre. Prendre en face la rue devant la boucherie.

Je demande mon chemin au Tabac-café-épicerie. Une dame se propose de me conduire. Sa maison se trouve juste à la sortie du village sur le parcours, là où le sentier descend dans la campagne. Elle me montre une ruine dans le maquis ; Il faudra passer par là, ensuite on trouve les orii (rochers avec des taffoni utilisés par les bergers, abris-sous roche)

« il faudra crapahuter, cela monte beaucoup » dit-elle.

– « j’ai mon bâton ! »

Effectivement sans le bâton ce serait difficile. Le sentier descend tout raide vers le ruisseau qu’il longe. C’est une fraîche promenade malgré la chaleur annoncée. Une passerelle enjambe le ruisseau. Le chemin est encadré par deux murettes de pierres sèches. C’est un ancien chemin rural. La colline, actuellement couverte de maquis, arbousiers, pistachiers, bruyères arborescentes et genévriers était autrefois cultivée. Les terrasses ont disparu mais les chemins restent praticables.

La montée est bien escarpée avec de gros blocs en guise de marches. En haut, au choix, à gauche suite du circuit, à droite orii avec deux flèches signifiant un aller/retour. Comme ce sont les orii qui m’intéressent je prends à droite. Je ne les trouve pas, peut être suis-je passée à côté sans les voir. Je persiste, le sentier redescend à un ruisseau avec un gué aménagé : une digue de pierre. Je consulte Visorando, le point bleu (ma position) se trouve bien sur le circuit. Le balisage jaune confirme. Donc je continue sans avoir vu les orii. En revanche je vois le moulin ruiné. Le chemin remonte au village. J’ai bien marché 4 km mais seulement 1h15 et j’ai raté les orii. C’est quand même une belle promenade.

Pendant ce temps, Dominique, installée sur la placette s’est régalée avec une saynète de la vie villageoise : un déménagement. Tous les hommes valides sont venus prêter la main tandis que les vieux et les vieilles commentent. Quand j’arrive Dominique regrette d’abandonner son théâtre rural.

Nous retournons déjeuner à La Tonnara, ma plage préférée. Avant le déjeuner un aller-retour à la ange jusqu’à la bouée jaune au bout de la plage. Déjeuner moules et une « assiette de fruits de mer », en fait une coupe en bois d’olivier remplie de glaçons. Et sur la glace, des bulots, des gambas, et un tataki de thon cru. Impressionnant ! Sauf que la glace fond et goutte sur mes genoux.

Les Mille et unes vies de Théodore Roi de Corse – Jean-Claude Rogliano

LIRE POUR LA CORSE

Un roman historique parfait pour accompagner nos vacances en Corse!

« Sans nul doute, Théodore était l’aventurier qu’on qui  disait. Il n’en était pas moins roi. Élu par le peuple, il
l’était plus encore que par la soi-disant volonté divine. En instaurant la liberté de conscience, en donnant
naissance à une monarchie constitutionnelle, en établissant la séparation des pouvoirs, de tous les
souverains qui régnaient en Europe, aussi éphémère fût-il, il avait été le plus éclairé. »

La carrière du baron Théodore de Neuhoff commence à Versailles à la Cour de Louis XIV en 1710 comme page de la Princesse Palatine qui le charge d’écouter et de lui rapporter tous les ragots . Théodore a quinze ans, il est vif, doué d’une excellente mémoire et de l’usage de 5 langues  C’est ainsi que débute sa carrière d’espion. Comme la vie de cour est ennuyeuse pour un jeune homme, il traine à Paris dans les tripots mal famés et devient un joueur de cartes professionnel.  

En plus des intrigues des courtisans, il rencontre des diplomates, et même entend parler de la Corse, possession ligure. Les Génois y construisent des ponts, des tours contre les pirates, font plante châtaigniers, vigne et oliviers et ne récoltent que du ressentiment des natifs..

« -Il faut dire, finit-il par répondre que des amendes sont infligés  s’ils ne le font pas

-des amandes à la place des châtaignes! C’est toujours pour ces drôles une façon de récolter les fruits de leur mauvais vouloir! « 

Au lieu d’apprécier le calembour, Théodore analyse  les raisons de la mauvaise volonté des insulaires et saisit l’importance stratégique de l’île.

La finesse de sa répartie attire l’attention d’un homme qui lui fait une offre auprès du Premier ministre du roi Charles XII de Suède. De page, Théodore devient émissaire …De la cour de Suède à Madrid, ministres et souverains font appel à cet agent secret.

Homme de paille, diplomate ou espion, aussi énigmatique que parusse ses fonctions auprès des grands serviteurs des Etats de l’Europe, qui côtoyât suscitait dans son entourage un intérêt plus grand que la défiance qu’il inspirait. Il vivait toujours au dessus de ses moyens…

Dépensier, joueur, sans scrupule,  escroc, il voit la chance tourner, et se retrouve poursuivi pour dettes (ou pire).

La rencontre avec le père Giulianu sur la route de Rome, sera décisive. Des connaissances en alchimie lui font gagner la confiance du religieux qui cherche la formule pour la transmutation du plomb en or

Pour ce que nous savons de la lutte qu’il mène, il semblerait plutôt que l’étape finale de sa quête serait de
transmuer l’or… en plomb.

Transmuer l’or en plomb, répéta-t-il, et accessoirement… en poudre?

(pour les résistants corses en rébellion contre Gènes. Grâce à ses renseignements glanés autrefois dans la diplomatie Théodore gagne la confiance des Corses exilés à Livourne.

Cette tractation ne lui rapporta cependant pas autant que celle qui lui avait été proposée pour le compte de
Charles VI. Il s’agissait de recueillir les renseignements les plus nombreux et les plus précis possible sur
cette île de Corse dont il avait déjà entendu parler des troubles qui la secouaient. Ces informations auraient
été adressées à Vienne afin de donner au prince de Wurtemberg les éléments les plus objectifs lui
permettant de conclure le traité qu’il proposerait aux belligérants.

Coup de poker, dans la guerre contre Gènes, il propose d’unifier les différents chefs sous son autorité et se fait élire Roi de Corse après avoir marchandé de l’aide militaire chez les Turcs et les Anglais qui convoitent la position stratégique de l’île ainsi que ses richesses…

à la tête de ce petit peuple avide de liberté, de justice et de démocratie, le monarque de carnaval que
s’attendaient à voir régner les souverains des pays d’Europe se révélait être un vrai Roi.

Dans la guerre que mènent les Corses contre Gènes et les mercenaires, Théodore se comporte en véritable chef de guerre, il se fait apprécier des Corses, surtout des paysans qui l’honorent de leur hospitalité.

Les  armes et les munitions qu’il attendait de ses alliés anglais n’arrivent pas. La résistance corse faiblit et il ne reste plus pour le Roi éphémère que d’aller quémander du renfort. D’abord bien accueilli dans les salons londoniens il mourra dans la misère, toujours attaché à son royaume…

Si la personnalité de Théodore de Neuhoff, fait un héros attachant et passionnant, l’intérêt majeur du livre de Rogliano est le récit des guerres que les Corses ont mené contre l’oppression Génoise. Non seulement, ils étaient écrasés par l’impôt, humiliés mais surtout ils étaient privés de moyen de défense contre les razzias que les Turcs menaient dans les villages. Les Génois avaient construit des tours à feu pour prévenir les villageois des incursions barbaresques mais ils leur interdisaient de posséder des armes à feu. Les Génois opéraient des perquisitions dans les domiciles des villageois et la possession d’une arquebuse ou d’un fusil pouvait entraîner son propriétaire aux galères. Gènes, puissance essentiellement financière et non militaire avait recours aux mercenaires et louait des soldats pour se battre contre les Corses. La bataille contre les soldats Allemands à Calenzana contre lesquels des ruchers ont été lancés est restée dans les mémoires… D’autres anecdotes sont très instructives.

Enfin : la Constitution Corse  a suscité l’admiration des Philosophes de Lumières fut inspirée par les idées de progrès : 

que les notions de tolérance, de liberté, d’égalité, mettront à se frayer parmi les fanatismes, les peurs, les
absolutismes d’une civilisation fossilisée. En donnant droit de cité à ceux qui apporteraient leurs
différences, le pays qui n’exclurait
aucune manière de croire, de penser, de créer, d’être, ou de rêver, tendrait vers le bonheur d’une ère
nouvelle.

Parce que celui qu’ensemble nous bâtirions serait un royaume neuf, non seulement il serait le premier à
bénéficier de l’application de ces idées de progrès, mais nous en disperserions la semence aux quatre coins
de l’Europe.

ces Corses indisciplinés, teigneux, querelleurs, vindicatifs, jaloux, qui l’avaient élaborée dans le tumulte,
ne savaient pas qu’ils venaient de jeter les bases de la première Constitution démocratique d’Europe.

me demande quelle peut être cette grâce qui fait qu’un peuple comme le vôtre, démuni de tout et qui subit
une oppression aussi tyrannique, ait des idées si nouvelles!

Une leçon d’histoire et un roman de cape et d’épée passionnant!

 

 

Sartène et plage de Campo Moro

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Sartène : escaliers arches petits ponts

Pratique : le parking du Casino est parfait à l’entrée de la ville

L’Office de Tourisme se trouve sur le Cours Sœur Amélie : on y trouve des plans et audioguide pour la visite de la ville individuelle.

 

En face de l’Office de Tourisme, une succession de « petits escaliers »(dixit l’hôtesse de l’Office) conduit au Musée. Ces escaliers sont raides, leurs marches bien hautes. On monte l’équivalent de 5 ou 6 étages avant de parvenir au Musée. Sartène est une ville bien pentue.

Le Musée archéologique est un bâtiment moderne construit face à la pente. A première vue, il paraît tout plat. Comme toutes les maisons de Sartène il est adossé à la montagne et les salles d’exposition se déploient sur plusieurs niveaux. Le panorama de la terrasse s’étend très loin.

Les collections sont présentées chronologiquement, les explications sont détaillées et très intéressantes.

Chronologie :

Néolithique ancien (5800 -4800 av.JC) –  les premiers paysans – l’économie est basée sur l’élevage avec introduction de nouvelles espèces : porcs, moutons, chèvres. On note le marronnage de certains animaux domestiques qui retournent à la vie sauvage, les porcs deviennent des sangliers, moutons, des mouflons. On a retrouvé des colliers de coquillages ainsi que des silex et des pointes d’obsidienne. La poterie est fine et décorée.

Néolithique moyen : (4800- 3800 av.JC) l’habitat fut construit en matériau périssable

Mais on a retrouvé une architecture en pierre monumentale : coffres mégalithiques, dolmens et menhirs. Des taffoni ont servi à inhumer les défunts.

Néolithique récent (3800-3000av.JC) l’obsidienne du Monte Arci démontre des contacts avec la Sardaigne. Un outillage de pierre taillée lié à cette obsidienne est présenté. Certaines flèches sont très finement taillées, c’étaient des objets de prestige. Domestication des céréales : faucilles avec lames d’obsidienne collée, meules pour la mouture des grains mais aussi des glands et le concassage de roches argileuses et préparation de minerai de cuivre.

Figurine néolithique

Des statuettes représentant la déesse-mère.

Dans un abri sous roche on a retrouvé de la vannerie, des paniers et des noyau d’oléacée montrant une arboriculture embryonnaire.

vannerie néolithique

Néolithique final : chalcolithique : travail du cuivre présent en Corse, pointes de flèches, fusaïoles des métier à tisser.

Age du Bronze (2000-1600av.JC) habitat perché et construction de tours en pierre sèche (analogues aux nuraghe de Sardaigne) abris funéraires dans les taffoni mobilier en céramique.

Age du fer (800-259 av JC) abris sous roche aménagés, matériel métallique, armes en bronze et fer, chainettes, pendentifs. Perles de verre et d’ambre de provenance lointaine.

Antiquité Romaine : tête d’Atis

Période médiévale

 

L’Exposition Aldila / Présente les rites funéraires et l’expression du sacré. Mais après avoir examiné en détail les collections permanentes cela fait un peu redite.

La Dame de Bonifacio( 6500av JC)est un des premiers témoignages de solidarité dans la Préhistoire : petite, menue, paralysée d’un bras présentant une pathologie dentaire, elle n’aurait pas pu survivre à tous ces handicaps sans la solidarité du groupe ou de la famille.

Statue-menhir armé

Les statues-menhirs sont impressionnants, très expressifs,

 

Vieille ville de Sartène

Eglise de Sartène

Je descends d’autres escaliers aux marches de granite. Les rampes métalliques sont bien utiles. Les ruelles sont enjambées par des arches et des petits ponts qui relient les premiers étages des maisons entre elles. J’arrive Place de la Libération avec l’Eglise Santa Maria (1766) et l’Hôtel de Ville. Le granite confère aux constructions de Sartène une grande simplicité et un aspect austère. En revanche, les terrasses, les marchands, les passants à l’ombre des ormes et des palmiers, donnent une impression d’une gaie animation.

Derrière l’Hôtel de Ville, le quartier Santa Anna est médiéval avec ses étroites ruelles encombrées par les tables des restaurants, les étals des marchands de souvenirs et la foule des badauds. Pour prendre des photos des rues pittoresque, il faut attendre son tour. Un « passage » est fléché : c’ »est une boutique. Une « échauguette » est signalée, suivant la flèche j’arrive dans le jardin d’un restaurant. L’échauguette se voit mieux de la route T40.

 

La suite de la journée sera balnéaire. A Propriano, il y a une série de plages. Nous évitons la ville pour prendre la petite route D121 vers l’aéroport Tavaria que l’on dépasse pour la plage de Portiglio qu’on entraperçoit derrière une résidence qui a dressé le long de la route une palissade de planches grises infranchissable. Seule une petite allée sableuse permet d’y accéder.

La D121 monte dans la colline nettement au-dessus de la plage dans le maquis touffu ou sous de hauts oliviers jusqu’à un village en hauteur puis au Belvédère sur le Golfe de Valinco.

La petite station balnéaire de Campo Moro s’aligne le long d’une merveilleuse plage de sable très blanc très fin. Eau cristalline, turquoise ou bleu lagon. Quelques touffes de posidonies font des taches plus foncées. A chaque extrémité de la plage : des restaurants ? A l’entrée du village, des tables sur des estrades sous des toits. A la sortie le Restaurant des Amis occupe une grande maison avec une terrasse à l’étage. Une petite digue abrite un   port de pêche. Seulement trois bateaux s’y balancent. Quelques bateaux de plaisances sont dispersés face à la plage.

C’est la première plage surveillée que nous voyons depuis notre arrivée. Il y a plus de surveillants que de baigneurs. Entre midi et une heure, j’ai tout juste rencontré un  couple de Hollandais debout près du bord. Le vent a failli faire envoler mon bob neuf mais il ne soulève même pas une ride à la surface de l’eau.

Pour rentrer, nous suivons les panneaux Sartène et passons par une toute petite route qui arrive à Grossa devant la Chapelle pisane (enfermée dans son enclos) puis Bilia. Des sites archéologiques sont signalés dans les environs. Nous les visiterons demain !

 

 

 

 

Saint Denis (J.O. – 12j) – ce qui se construit, ce qui restera – Franchissement urbain Pleyel

EXPLORE -PARIS – PROMENADE GUIDEE AU- DELA DU PERIF

Pour prendre la mesure du chantier titanesque il faudrait prendre de la hauteur, j’ai donc emprunté la photo aérienne sur Internet

La promenade guidée s’intitulait :

 » Le franchissement urbain Pleyel, métamorphose des quartiers Pleyel et Stade de France « 

Une visite d’actualité !

En ce 14 juillet 2024, 12 jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, cette visite tombe fort à propos au cœur de l’évènement. 

la Passerelle Pleyel fut inaugurée le 16 mai 2024

la Station du Métro14 Saint Denis Pleyel, le 24 juin 2024.

Les Jeux se préparent, les navettes qui véhiculeront les athlètes, sont déjà parquées sur l’immense parking près du Village Olympique, les ouvriers peaufinent les derniers agencements, les gendarmes et CRS sont déjà en place aux alentours du Village Olympique que nous ne verrons que de très loin. 

Le Stade de France

 Rejoindre Saint Denis est déjà toute une aventure pour moi : que choisir? Le RER B, comme indiqué sur le billet plus le bus 353, ou le RER D beaucoup plus direct de Créteil, ou le métro? En attendant les super-métros du Grand Paris, aller de banlieue Sud-Est en banlieue Nord est un casse-tête. 

Le rendez-vous est donné au 13 Rue Jesse Owens, parallèle au Stade de France. Tristan, le guide conférencier nous rappelle qui était Jesse Owen, le champion afro-américain des Jeux de 1936 à Berlin et raconte l’émouvante amitié entre Owens et Luz Long, l’athlète allemand que tout séparait a-priori. 

Cette randonnée sera Sous le signe de la Passerelle. Deux passerelles enjambent le Canal Saint Denis. La plus ancienne (à droite) la Passerelle Des Francs-Moisins a été construite en 1998 – Coupe du Monde de Foot – légère élégante qui saute sans appui sur le canal tandis que la nouvelle, Passerelle  Lucie Bréard, beaucoup plus large, aux couleurs des Jeux Olympique se déroule et s’enroule pour faciliter la montée aux cyclistes, poussettes et PMR. Entre-temps un pont tournant fut mis en place dans les années 2000, mais sujet à nombreuses pannes il a été démantelé. Il en reste une partie du tablier incorporé dans la nouvelle passerelle. 

Passerelle 2024

Ces constructions, à l’occasion d’évènements sportifs, sont prétextes pour le conférencier de battre en brèche le « JO-bashing » qui a cours actuellement. Pour ma part, j’y adhère activement, après les soucis causés aux bouquinistes, les restrictions de circulation dans Paris, l’invisibilité de tous les évènements hors-JO, le matraquage sportif à la télévision, sans parler des musées où l’accès est limité (même les Amis du Louvre). Il va falloir beaucoup de persuasion pour me faire changer d’avis.

Tristan balaye les arguments économiques les plus souvent avancés en mettant en avant les réalisations pérennes qui vont métamorphoser le département le plus pauvre de métropole : le 93,  en un pôle dynamique. Les ponts relient des quartiers isolés les uns les autres. Saint Denis  est une ville fracturée par deux autoroutes A1, A86, des voies ferrées les plus denses au monde (après Tokyo et Chicago), le canal et la Seine . Des photographies anciennes témoignent l’emprise gigantesque de l’ancienne usine à gaz  occupant la Plaine, qui a pollué les sols. Ces pollutions aux hydrocarbures sont encore préoccupantes ; elles doivent être prises en charge sous les installations sportives. Par la même occasion, un réseau intéressant de pistes cyclable a étsé tracé. Des quartiers nouveaux ont poussé dans la lancée des constructions du village olympique et on espère, à Saint Denis qu’une nouvelle prospérité remplacera pauvreté et chômage que le départ des industries ont laissé. 

Ce ntre Aquatique Olympique

Le Stade de France n’est plus à présenter. Le Centre Aquatique Olympique a une silhouette étonnante avec son toit concave. Le creux a pour but de diminuer le volume intérieur et ainsi d’économiser du chauffage puisque la consommation en gaz des piscines est un véritable problème. Tristan nous rappelle le déficit en équipement sportifs et surtout en piscines dans le département de Seine-Saint-Denis où la proportion d’enfants qui ne savent pas nager en entrant au collège est préoccupante. La silhouette est  aérienne  avec sa  structure de bois retenue par des piliers. Sur le toit, des panneaux solaires. Le Centre ne sera pas uniquement une piscine, d’autres activités sont prévues : mur d’escalade, padel….

Nous passons dans un étroit souterrain piétonnier sous l’autoroute A1, accessible par des marches. Occasion de se souvenir des attentats qui auraient pu être encore plus meurtriers si l’évacuation du Stade l’avait emprunté. Nous traversons le Landy, quartier neuf de bureaux,  technicentre SNCF, assurances, Studios de Cinéma. Ce Saint Denis du XXIème siècle paraît  tertiaire et prospère. Comme c’est dimanche, la circulation automobile est absente. Le guide précise qu’en semaine il en est de même, les employés se déplaçant volontiers avec les transports en commun. la Gare du RER D m’impressionne par ses dimensions.

Franchissement Pleyel Exosquelette

Nous arrivons à la Passerelle Pleyel  au-dessus de 48 voies ferrées. Sa construction a été une prouesse d’organisation.  Impossible d’arrêter le trafic ferroviaire (Eurostar, Thalys, RER, transiliens, et trains vers le Nord). une interruption se prévoit 3 ans à l’avance. Seulement 3 piliers soutiennent l’ouvrage d’art . L’architecte Marc Mimram, pour stabiliser l’édifice, a eu recours à trois exosquelettes qui confèrent une silhouette étonnante à cette passerelle en Y. Seul le côté piétonnier est terminé. On lui adjoindra plus tard une chaussée pour les automobiles, autobus….Pour l’instant on ne devine rien derrière la palissade couverte de panneaux explicatifs et d’exposition-photos. La passerelle relie le Landy au Quartier Pleyel isolé par ces chemins de fer. Les Dyonisiens se sont déjà emparés de l’espace convivial pour y faire de la gymnastique en musique. 

Gym en musique devant les Tours Pleyel

La Tour Pleyel

A l’origine, 4 tours étaient prévues. A la suite de la Crise pétrolières de 1973, une seule a été construite. Le choc pétrolier de 73 a été une catastrophe pour la Seine Saint Denis. Cette tour de bureaux est restée à l’abandon jusqu’à ce qu’un homme d’affaire décide de la réhabiliter pour en faire un hôtel de luxe. Ce n’est pas une idée si saugrenue qu’il y parait. Avec la Gare de RER D, et celle du RER B reliant Roissy-CDG, et de l’autre côté de la passerelle le Métro14 qui va à Orly cet hôtel est situé dans un noyau de communications. D’autant plus que les lignes du Grand Paris Express auront un arrêt à côté de Saint-Denis- Pleyel. La vue du rooftop est époustouflante sur Paris et plus loin, la Défense.

La Gare du Métro Saint Denis Pleyel

La Gare du Métro 14 St Denis Pleyel

Terminus de la ligne automatique 14 qui conduit à l’aéroport d’Orly, la conception a été confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma . 56 escalators descendent dans le creux à 28 m de profondeur. Par sa profondeur, le pôle multimodal est analogue à la Station des Halles. L’idée de génie de l’architecte est de recouvrir le puits d’une verrière apportant à l’atrium la lumière naturelle. La charpente de bois clair contribue aussi à l’ambiance chaleureuse alors que les Halles sont angoissantes. On compare aussi le plan à une sorte de pliage comme un origami. Malheureusement nous ne verrons pas l’installation des 108 Vénus suspendues au mur vertical. Il faudra revenir d’ici quelques mois. 

La balade se poursuit dans le Quartier Pleyel, maintenant désenclavé. Des souvenirs de sa vocation industrielle, squelettes des anciennes usines Hotchkiss, construction automobile et militaire, sont encore debout. Plus loin, le village olympique est déjà gardé par la maréchaussée. Pas question de s’approcher de trop près. Il suffit de croire sur parole le guide qui vante l' »écoquartier », les constructions utilisant largement de bois (cela ne se voit pas sous une peau de béton). Rien que de très cubique, peu d’originalité. Construction très dense contrebalancée par le projet d’un parc dont on ne devine rien. Les parkings des navettes Toyota aux couleurs des JO sont impressionnants. 

Fin de la promenade à la Seine, à Saint Ouen en face de l‘Île-Saint-Denis occupée en partie par le Village Olympique. Ce qui a permis de construire un nouveau pont sur le fleuve. A l’Ouest se profile la Skyline de la Défense. Au dessus des arbres on devine le toit du bâtiment de la Grande Nef de l’île des Vannes, nef Belloni construite en 1968 où se sont déroulés les concerts mémorables des Pink Floyd, Led Zeppelin et des rassemblements politique. Les Jeux Olympiques ont apporté les financements nécessaires pour la rénovation de la nef. A nos pieds des rangs de vigne rappellent un passé de guinguettes aujourd’hui disparu. 

Arrivée au Métro Mairie de Saint Ouen (ligne 14 et 13) après avoir traversé un joli parc mi-paysagé, mi-jardins partagés et être passés devant le « château de Louis XVIII ».

 

Filitosa site archéologique et baignade à Olmeto-plage

CARNET CORSE 2024

Statue menhir

La route de Sartène traverse des vignobles et des prés fauchés, paysage agricole qui m’étonne, contrastant avec le maquis si dense et si sauvage en formant une parenthèse. Elle s’enfonce ensuite dans la forêt épaisse : oliviers très hauts, chênes touffus. Puis s’élève en nombreux virages avant d’arriver à Sartène, ville adossée à la pente. Descente sur Propriano très urbanisée, entourée de zones commerciales et hypermarchés. La D157 longe le Golfe de Valinco avec de belles échappées sur la mer bordée de résidences discrètes, puis montée au site de Filitosa.

Filitosa

Torre et statues-menhirs

Entrée 9€. L’audioguide est à télécharger (QR code) un peu décevant.

Des lauriers roses formant une allée conduisent à une très haute statue-menhir (2.25 m +0.30 m sous terre). Sur la face antérieure le visage est à peine marqué mais on reconnait bien l’épée dans un fourreau. Sur l’autre face, la colonne vertébrale est l’axe coupé par des lignes sinueuses, baudrier ou vêtements flous ?

Un abri sous roche, à l’entrée d’un bois plus sauvage marque l’entrée du site, chaos granitique moussu.  Au pied de la « Torre »(Âge de Bronze ancien 1800 – 1100 av. JC), les archéologues ont mis au jour une zone d’habitations de formes variées. Leurs soubassements étaient des blocs granitiques tandis que les murs étaient faits de terre crue argileuse et la toiture légère.

La Torre (1300 av.JC) avait une fonction cultuelle. Des fragments de menhirs ont été réemployés : statues casquées et armées beaucoup plus anciennes. Une théorie suppose que les Shardanes – peuples de la mer cités par les Egyptiens – peut être des Sardes (homophonie) auraient brisé les statues.

Au bas de la Torre dans une petite vallée coule un petit ruisseau.

Le parcours fléché nous conduit à un éperon rocheux fortifié.

olivier remarquable de filitosa

Au passage, je remarque d’énormes chêne-liège. En majesté, face à la Tour, se dresse un arbre géant : l’Olivier remarquable de Filitosa âgé de 1200 ans. Du pied surgissent 5 ou6 troncs surmontés d’une frondaison impressionnante. 5 statues-menhirs disposées en arc de cercle semblent monter la garde.

Musée :

Prosper Mérimée découvrit le premier mégalithe en 1840. En 1946 Charles Antoine Cesari, les « hommes de pierre », il fut l’ »inventeur » du site.

Légendes : les dolmens « stazzone » étaient considérés traditionnellement comme maléfiques, tables de péché ou forge du diable.
Les statues-menhirs, interprétées comme « idoli di lli mori», statues armées de rapières et de poignards « paladini » bénéficiaient d’une considération bienveillante.

On les a utilisés en réemploi dans la construction des chapelles ou des églises sans volonté de destruction, plutôt de « christianisation »

Baignade à Olmeto-plage

Tour génoise

La petite route qui descend à la plage passe devant une tour génoise en excellent état, elle est habitée. C’est une belle plage de sable grossier, presque des graviers. La marche au bord de l’eau n’est pas facile, on s’enfonce et la plage est en dévers, je marche déséquilibrée. La plage est très longue presque déserte. Après le déjeuner j’essaie de me baigner sur cette plage ouverte balayée par le vent. Les vagues sont trop forte pour que je nage en faisant mes « longueurs » j’essaie de ne pas m’éloigner de peur d’avoir du mal à sortir.

 

 

Roccapina : Maison du site – déjeuner à La Tonnara – sentier côtier vers Bonifacio

CARNET CORSE 2024

vue du Belvédère de Roccapina : la Tour génoise et le lion de Roccapina

A Casa di Roccapina 

Ciel un peu nuageux sur la montagne, voilé sur la mer. Il fait bien frais.

La maison cantonnière n’ouvrant qu’à 10 heures, je prends le sentier qui descend du parking et qui serpente dans le maquis. Très bien entretenu pour observer les rochers bizarres ; un éléphant très reconnaissable, sous l’éléphant une cavité abriait une bergerie. Arrivée an belvédère, gros amas rocheux qui émerge du maquis d’où la vue est très étendue : sur le Lion à l’ouest assis sur son éperon, en face sur le récif des Moines et à l’est sur le rocher de la Trinité. J’ai appris au musée que sous le belvédère, une grotte a été aménagée par des militaires français puis occupée par les Italiens. Je n’ai pas vu les casernements italiens ; 1000 hommes y furent stationnés.

L’éléphant

La Maison du site : A Casa di Roccapina ouvre à 10 h , le prix du billet est symbolique (2€) On équipe le visiteur d’un audioguide sous deux versions, la courte donne seulement les explications, la version longue présente aussi des musiques. Le musée est installé dans l’ancienne maison cantonnières où vivait le cantonnier et sa famille. A l’aide de photographies anciennes nous faisons la connaissance de Martin Cianfarani, de son épouse Rosine et de leurs trois enfants. Une femme qui vint passer ses vacances enfant raconte l’animation, les muletiers qui passaient, les habitants. Cette maison était aussi la Maison des Douanes : avec la proximité de la Sardaigne, les douaniers devaient surveiller pour empêcher trafics et contrebande. C’était aussi un relais de chevaux.  Il faut imaginer le dur travail du cantonnier qui devait reboucher les trous de la route empierrée. Rosine qualifiait son mari de « galérien ». Imaginer aussi les trois garçons que l’on voit en photos juchés sur un âne, monter chaque jour à l’école à Serraggia. On raconte qu’ils cueillaient des cyclamens pour les vendre aux touristes. On voit aussi des photographies des bergers et de la transhumance. Il y avait 4 bergeries, 2 en haut, 2 en bas, 4 familles, 120 chèvres, 50 brebis….Tout cela est très vivant, très concret.

A l’étage, une salle est consacrée à la géologie, des maquettes expliquent la formation des taffoni. Aux agents habituels de l’altération du granite : l’humidité, s’ajoutent le soleil, le sel et le vent. L’eau salée et le sel en cristallisant font éclater le granite.

Une autre salle raconte diverses histoires, celle du Lion de Roccapina, du temps des Sarrazins. Un Maure surnommé « le Lion » tomba amoureux d’une bergère corse. Dédaigné par la belle il fut pétrifié. Ce lion domine le paysage. Couché, il semble surveiller le large. C’est de la mer que survenaient les razzias barbaresques. Il est bien identifiable dans le paysage, mieux que le lion de Tafraout que je n’ai pas reconnu et qu’une policière aimable avait photographié sur son téléphone pour nous le montrer. Il faut croire que le granite en s’altérant donne naissance à des animaux lion, ou oie du Sidobre….En le dessinant, j’avais cru voir des oreilles dressées>. Sur les photos on voit que ce sont des ruines d’une tour qui couronnait sa tête, édifiée entre 1370 et 1380 par le Comte Arrigo della Rocca.

Le Naufrage du Tasmania le 17 avril 1887 eut lieu sur les récifs des Moines. Parti de Bombay, il apportait à l’Impératrice Victoria les présents du Maharadjah de Jodhpur pour son Jubilée. Les habitants de Roccapina sauvèrent les marins et reçurent une récompense en or. Pour éviter les naufrage on construisit le phare des moines en 1909.

Histoire de la cala de Roccapina qui abritait les navires marchands embarquant les pins laricio pour les traverses de chemin de fer. Le charbon transitait là et on exploitait aussi le corail.

La visite se termine devant un écran avec la projection du film Amour et Vendetta, la fille du lion, (1923) réalisé par René Norbert, tourné à Roccapina et restauré en 1992.

Oriu : maison de berger dans un bloc creux

On ouvre une porte…et la visite continue dehors sur un autre sentier Le Sentier de l’Oriu qui passe par le poulailler de Rosine Cianfarani construit contre un bloc de granite, avec un mur de pierres sèches de construction très soignée. Plus loin, un taffonu et quelques pierres formaient la niche de leur chien.

Oriu ; l’intérieur de la maison du berger

Encore plus loin, un Oriu a été reconstitué et meublé, cabane de berger avec tout le nécessaire : l’âtre, la table une chaise de paille, et dans un coin triangulaire, son lit bien peu confortable.

C’est une très belle visite.

Taffonu à la Tonnara

Nous retournons à La Tonnara malgré le temps nuageux et venteux.

Déjeuner au restaurant Le Goéland . La décoration originale utilise le bois flotté pour diverses compositions. Le menu est varié, choix de poissons ou tajine et grillades. Mais les prix sont assez élevés. Dominique prend des moules de l’étang de Diane, excellentes très charnues cuisinées avec beaucoup d’ail et de persil accompagnées de frites-maison très bonnes. Mes linguines aux palourdes sont aussi à l‘ail et persil.

Après ce très bon repas, malgré le ciel voilé je vais nager avec autant de bonheur que dimanche. Le vent est suffisant pour les kite-surfs qui exécutent un ballet gracieux mais les îles brisent les vagues et je nage à l’abri. Mauvaise surprise : quelques méduses excitent deux Italiens mais elles sont petites et pas vraiment gênantes. A deux reprises, je sens une brûlure, comme une piqûre de guêpe. Mais je trouve aucune trace quand je ressors de l’eau (quelques jours plus tard une petite plaque va me démanger le soir).

La Tonnara : immortelles de corse et Griffes de sorcières

Le soleil est revenu, le vent a chassé les nuages. Je pars en exploration sur le sentier littoral en direction de Bonifacio. Bien tracé entre les blocs de granite et la végétation rase. Les immortelles de Corse sont fleuries. Au bord de l’eau, les griffes de sorcière sont en bouton. Peu de buissons, quelques lentisques ras. Lavande et euphorbes complètent cette flore. J’arrive sur la plage presque vide de Stagnolo. Ler sable très blanc est maculé par l’épaisse laisse de posidonies séchées. Des ganivelles l’entourent et un panneau prévient « Ne marchez pas sur les œufs ! » C’est un sanctuaire pour els oiseaux, un site de nidification des Gravelots. Pas d’oiseaux aujourd’hui. Quelques couples sont à poile. La plage est-elle naturiste ?