La Licorne est en son Palais au Musée de Cluny.Impossible de se dérober à une longue visite et de passer un long moment à détailler les tapisseries des Cinq Sens et ses les allégories, de chercher les animaux cachés parmi les fleurettes.
gazelle unicorne tibetaine
Il est donc logique que Le Musée de Cluny ait imaginé une exposition thématique sur les Licornes. On y découvre des licornes exotiques (avec ou sans corne) comme cette licorne tibétaine
Licorne poursuivant un éléphant
ou ce panneau émaillé perse ou indien où la licorne qui poursuit l’éléphant est bien reconnaissable.
De très belles gravures anciennes racontent des légendes de licornes insistant sur le symbole de virginité .
Nikki de Saint Phalle
le mythe a traversé le temps et des licornes modernes m’ont interpellée.
La Noble Pastorale de Suzanne Husky (2017) 202×243 cm
La Noble Pastoralede l’artiste éco-féministeSuzanne Huskyrevisite la Tapisserie de la Licorne. La nature paradisiaque a laissé la place à la déforestation . Un homme affronte à mains nues l’engin destructeur. Et en ce moment Fontainebleau brûle!
Réel – Julien des Monstiers
Licorne fissurée en premier plan, à l’arrière plan les tours de refroidissement d’une centrale. Encore une image actuelle : certaines centrales sont à l’arrêt pour garder une température convenable dans les cours d’eau.
Pour le pique-nique de midi, je me faisais une joie de retourner dans le centre-bourg de Carnac où les commerces étaient si accueillants. J’ai tout faux : lundi, le boucher est fermé comme la plupart des commerces, le distributeur de billets est vide. Heureusement, la boulangerie nous dépanne avec de belle quiches et du kouing aman.
Je n’avais pas envisagé Carnac comme une destination balnéaire; Carnac évoque les alignements, le Tumulus et le Musée de la Préhistoire.
La grande Plage de Carnac est longue de 2 km de sable blanc très fin. C’est la plus belle de la région. Elle est bien mise en valeur avec une tranquille promenade plantée piétonnière, très éloignée de la circulation automobile.
Sur le bord du parking du Club nautique, un curieux dispositif attire mon attention : un support métallique est prévu pour poser le smartphone. Ne pas zoomer. Juste prendre la photo. Des milliers de photos avec leur date et heure de prise de vue peuvent être collectées pour une étude sur l’évolution du trait de côte. Les très nombreuses données seront analysées dans le cadre d’une étude participative. Un dispositif analogue est aussi installé sur le parking de la plage Men er Beleg à Saint Philibert. Une intelligence artificielle pourra analyser les données. Autant j’ai des réserves par rapport à l’IA, autant ces études participatives m’enthousiasment. C’est très gratifiant de participer à une étude scientifique et si facile de collecter des datas nécessaires.
Aller/retour sur le sable très doux et une incursion de l’autre côté du club nautique sur la Plage de Saint Colomban, plus petite. La pluie interrompt ma promenade.
Du côté Est, nous découvrons la plage du Men Du très découverte à marée basse. Un cordon de sable permet d’atteindre à pied sec la petite île de Stuhan. Je ne m’attarde pas, je n’ai pas consulté l’horaire des marées.
Marais salant de Kervilhen
Vers la Trinité-sur-mer, le GR se confond avec la D186 pour passer sur une digue une zone humide, le Marais de Kerdual et l’anse de Kerdual. Un très beau parking est aménagé dans la forêt et le GR rejoint le Marais de Kervilhen – Espace Naturel Sensible – c’ est une zone protégée, bassin d’alimentation des oiseaux dans la vasière et un petit marais salant a été réhabilité récemment. Des panneaux expliquent l’arrachage du Baccharis, une plante invasive introduite à la fin du XVIIème siècle dans le sud-ouest. Les oiseaux sont très bruyants. Je regrette d’avoir oublié mes jumelles. Le sentier conduit à la jolie plage de Kervillen, fait le tour de la Pointe puis rejoint le port de la Trinité.
Martin Schongauerest né à Colmar en 1445, meurt à Vieux-Brisach en 1491. Né dans une famille d’orfèvres, il manie le burin et devient un graveur d’estampes virtuose.
Saint-Georges combattant le dragon
Dans un format minuscule, dans cet espace circulaire, Martin Schongauer met en scène trois plans, Saint Georges et le dragon, mais aussi la princesse et à l’horizon le château. Finesse et richesse des détails dans cette si petite estampe. Schongauer s’est inspiré d’un maître anonyme ES.
Rogier van der Weiden -Triptyque de la Famille Braque
Il s’inspire également de Rogier van der Weiden présenté dans l’exposition.
Adoration des bergers
La peinture de Schongauer est très restreinte. Seules 7 oeuvres sur es panneaux de bois sont conservées et la fresque de Vieux Brisach. L’adoration des bergers est aussi un très petit format avec un luxe de détails, aussi bien dans les baluchons oubliés, le chapeau de paille, les physionomies des personnages et même des animaux. Le paysage est traité avec un soin extrême.
Annonciation
Le Retable de Saint Barthélémy et de Sainte Marie-Madeleine est peint sur les deux faces d’un côté les deux saints et à l’avers 4 saynettes du massacre des innocents. Mes deux tableaux préférés sont Noli me tangere avec des oiseaux et des grenades et La Vierge au Buisson de Roses
Noli me tangereoiseaux (détail de La Vierge au buisson de roses)
Une vidéo explique les symboles dans ce « jardin clôt » symbolisant la virginité de Marie. le chardonneret avec sa huppe rouge = la passion du Christ, pinsons et rouge-gorge sont dessinés avec un soin extraordinaire, on voit la petite langue, une brindille dans un bec….
Fuite en Egypte
La suite de l’exposition est plutôt consacrée aux gravures. Schongauer a illustré l’histoire sainte. Les estampes ayant vocation à se multiplier et à être diffusées dans toute l’Europe, les chefs d’oeuvre de Schnongauer ont inspiré graveurs, orfèvres, émaux de Limoges, sculpteurs sur bois et même un jeu de 52 cartes!
Dürer : fuite en Egypte/
Albrecht Dürer admirait Schongauer qu’il appelait « le beau Martin »
On retrouve les mises en scène des estampes jusqu’à Cracovie ou en Espagne dans le retable de Montserrat de Bernat
Saint Antoine tourmenté par les démonts – Bernat
Impossible de rendre compte de tous les chefs d’oeuvres présentés au Louvre. Malheureusement il reste très peu de temps pour aller les voir
Une course à pied ce déroule ce matin dans les rues de la ville d’Auray fermée à la circulation automobile. Ce n’est donc pas le meilleur jour pour une visite touristique, les monuments sur le parcours sont fermés. En revanche, il règne une ambiance de fête. Devant l’Hôtel de Ville, sur un podium tout est prêt pour un apéro musical.
La place d’Aura&y et ses maisons à colombages
En haut de la Rue du Château des djembés africains résonnent, en bas de cette rue un orchestre de jazz écossais, (pas de cornemuse mais des musiciens en kilt). Des rubans rouge et blanc limitent le parcours. Les spectateurs affluent, brandissent des pancartes d’encouragements. Des enfants acclament les papas, d’autres portent des dossards et participent à la course des petits. C’est un évènement très sympathique qui mobilise toute la ville par un dimanche bien gris.
Auray rue du château
Entre les boucles de la course, je découvre les curiosités d’Auray . Rue du jeu de Paume : la prison et ses cachots ordonnée par Louis XVI, terminée en 1788. Elle a vu passer Cadoudal, une des célébrités de la ville. J’arrive place des Halles. Place de l’Hôtel de ville de belles maisons à pan de bois sont alignées au fond. Sur les côtés de jolies boutiques.
Auray – Saint Gildas
L’église Saint Gildas a été bâtie entre 1623 et 1663. Son clocher a été rehaussé en 1832 pour servir d’amer aux marins. Les vitraux de 1930 retracent la vie de Saint Gildas. Né en Ecosse (490-504 ?) il aurait fait le voyage en Irlande puis à Ravenne et se serait installé en face de la presqu’île de Rhuys où il aurait fondé le monastère de Saint Gildas. Il se serait éteint dans l’île d’Houat. Son corps fut retrouvé à Crouesty dans une épave. Un vitrail montre le corps du saint dans une barque.Non loin de l’église, une chapelle sert maintenant de lieu d’exposition mais aujourd’hui elle est fermée.
le petit port de Saint Goustan
Je descends la rue du Château pour arriver au Pont sur le Loch qui est un des symboles d’Auray et son logo. La route de Vannes à Lorient y passait, c’était un axe principal très fréquenté depuis le Moyen Âge. Des panneaux racontent son histoire à travers les siècles mais ce n’est pas le moment de les recopier, les coureurs dévalent la rampe à l’emplacement de l’ancien Château d’Auray dont on devine les vestiges. Il y a donc foule sur le pont.
Le port de Saint Goustan
Le petit port où sont amarrés de jolis bateaux de bois est pittoresque. Les terrasses des restaurants sont bondées. Je découvre le grand portrait street-art de Benjamin Franklin qui débarqua le 4 décembre 1776 après une longue traversée pour quérir un soutien militaire à la jeune république américaine auprès du Roi de France. Les maisons à colombage se tassent sur le port et le long des rampes pentues. De très jolies enseignes me plaisent bien.
Nous achevons la visite de la ville, finalement je n’ai pas visité le mausolée de Cadoudal (en bonne républicaine) ni l’impressionnant sanctuaire de Sainte Anne d’Auray.
Nous avons préféré rentrer à Saint Philibert pour piqueniquer sur les bords de la plage de Men er Beleg jolie petite anse tranquille protégée par la Pointe de Men er Beleg à l’extrémité de la grand pointe de Saint Philibert entre la Ria de Saint Philibert (Ster) et la Ria de la Rivière de Crac’h qui sépare Saint Philibert de la Trinité-sur-mer. Le GR suit très précisément le rivage aut autour de cette pointe de Saint Philibert.
Saint Philibert Men er Beleg
Je choisis de remonter la ria du côté oriental, faisant le tour de la Pointe de Men er Beleg . le sentier s’engage ensuite dans une exploitation ostréicole. La Ria est très tranquille, peu profonde, plutôt vaseuse ; Le GR va d’un ostréiculteur à un autre, certains ont des cabanes de dégustations, d’autres doivent être contournées. Je m’enfonce dans un chemin creux. De très beaux arbres se détachent ou l’abritent. Promenade facile et très agréable. Je remonte jusqu’à l’église et ses deux fontaines que j’ai découverte le jour de l’arrivée.
Saint philibert sentier côtier
Pour termine l’après midi ; nous suivons la rive occidentale que la route longe. Ambiance très différente sur la Trinité-sur-mer qu’on voit de loina ria est plus profonde, l’eau plus agitée. Le GR est parallèle à la route c’ »est moins agréable pour marcher
Le soleil radieux nous incite à explorer un peu plus loin la presqu’île de Rhuys qui se trouve tout près de Kerpenhir où nous étions hier. Il faut faire tout le tour du Golfe du Morbihan, une soixantaine de kilomètres. Heureusement la route est rapide, juste avant Auray nous montons sur la RN 185 , quatre voies comme une autoroute mais gratuite, évitons Auray et Vannes ; Relais pris de Noyalo à Sarzeau jusqu’à Arzon avec juste quelques ronds-points pour nous ralentir.
Arzon
Arzon (2271 habitants selon Wikipédia) est très urbanisée. L’Office du Tourisme se trouve à Port Crouesty à 800 m du Centre-bourg. Marina énorme, crée en 1973, le plus grand port de plaisance de Bretagne, entouré d’immeubles modernes sans âme, beaucoup de béton, un tout petit peu de bois, aucun intérêt.
Le sentier côtier fait le tour des pointes déchiquetées qui s’avancent dans le Golfe du Morbihan.
Arzon : menhir de la POinte de Bilgrois et au fond Kerpenhir
Pointe de Bilgrois, la plus occidentale. Le ciel est chargé, le vent qui souffle fort donne une impression dramatique. Pas de dolmen comme indiqué sur la carte, un menhir parmi les graminées qui ondulent au vent. Kerpenhir est si proche qu’on voit els silhouettes qui se pressent autour de la table d’orientation. Un peu plus bas : la plage de Treno , à marée basse des rochers. Pas de sentier de randonnée. « il se trouve plus loin à Monteno» m’explique un monsieur bien aimable.
Nous nous perdons dans le dédale de ce « village » pavillonnaire malgré le plan qui nous a été offert à l’Office de Tourisme. Lotissement de maisons blanches, impasses, rue …pas de trace du sentier côtier, ni de la côte d’ailleurs, accès réservé aux riverains. Bernon, on se perd à nouveau. On demande Kerners au GPS qui le reconnait grâce à la base de kayak. Enfin !
ARzon – Pointe de Kerners kayaks
De la base nautique partent aussi les bateaux pour les îles : Ile aux Moines. Le soleil est revenu. Le sentier autour de la Pointe de Kerners est très bien entretenu avec de très beaux panoramas sur le Golfe et les Iles. Il domine la mer que j’aperçois entre les branches tortueuses de très beaux arbres. L’eau est redevenue bleue. Le golfe est beaucoup plus calme que l’océan.
Nous reprenons la voiture jusqu’au Moulin de Pen-Castel (connu du GPS). C’est un moulin à marées sur une digue. D’un côté le Golfe de l’autre, un étang. Un premier moulin du XIIème siècle devient propriété des Ducs de Bretagne. Les moines de saint Gildas le reconstruisirent au XVIIème siècle. Moulin à farine, la liste des meuniers est exposée à l’intérieur. Un salon de thé et une salle d’expositions sont aménagés. Exposition de pascale Chauvet, une plasticienne de la région, qui expérimente diverses matières et techniques : aquarelle, verre, collages de petits carrés cousus pour former une tenture colorée. Mon préféré est une tenture où des capsules de pavots sont cousues sur un fond clair (carreaux de notices de médicaments. C’est écolo (upcycling).
Tour de la Pointe Saint Nicolas jusqu’à rejoindre le sentier là où j’avais fait demi-tour ce matin. Les plantes sont étiquetées comme dans un arboretum. Amusant à lire d’autant plus que les plantes identifiées sont des plantes sauvages qui pour part ont disparu sous les exubérances des plus vivaces. Les prunelliers ont envahi l’églantier, les ronces et le lierre, les moins communes. Un couvre sol moins commun est formé de tradescantia appelée ici Ephémère de Rio, pour moi, c’est de la Misère. Les énormes Cyprès de Lambert ont des troncs imposants et des racines qu’il faut enjamber. Promenade ombragée même si aujourd’hui, je rechercherais volontiers le soleil.
Saint Gildas de Rhuys
De l’autre côté de la Presqu’Ile de Rhuys : l’océan que nous allons trouver à Saint Gildas de Rhuys beaucoup plus tranquille et moins construite qu’Arzon. Cap sur l’Abbatiale qui dépasse tous les toits. Vue de derrière, elle est très belle avec son chevet roman et les modillons sculptés à têtes humaines charmants. La façade est néo-classique, reconstruite en 1699 après que le clocher foudroyé ne s’effondre sur la nef. J’apprécie moins.
Saint gildas chevet de l’abbatiale -modillons
L’Abbaye est encore active, elle a été un centre pour handicapés, maintenant elle a une vocation culturelle et spirituelle. Elle ne se visite pas. Pas de visite non plus pour l’église où se déroule une cérémonie (enterrement). C’est l’occasion d’évoquer le personnage de Gildas que je retrouve chaque jour ou presque en Morbihan. Gildas a fondé l’Abbaye en 530. En 1125, Abélard en devient abbé et les moines le déçoivent. La côte sur l’océan à la Plage de Port Maria est très différente de celle du Golfe. Plus sèche, plus grise, moins fleurie, battue par les vents
Pas facile de trouver un emplacement tranquille pour le pique-nique. A Kerpenhir, le grand parking est très en retrait de la mer (tant mieux pour la vue, mais pour les handicapés ce n’est pas évident). Nous continuons la route en direction des Pierres Plates et déjeunons en face de la grande plage de Locmariaquer, occasion pour moi d’une première trempette pieds nus au bord de l’eau.
Pierres plates
Locmariaquer – Pierres plates
Le sentier côtier conduit au dolmen des Pierres Plates à travers une dune plutôt plate le long d’un camping. Le dolmen a été fouillé dès 1811 par « Renaud de la société alréenne pour l’exploitation de l’or des dolmens, Il a été vidé et les gravures ont été moulées, visibles au Musée de Carnac. Les Pierres Plates sont une allée couverte de 27 à 28 m coudée et recouverte d’orthostates. L’accès au site est interdit. Un seul fil de fer à 20 cm du sol barre le chemin que je franchis sans scrupules ni témoins comptant m’éclairer de la torche de mon téléphone. Rien à voir, les gravures sont dans la pénombre, bien peu lisibles. Avec la pluie le couloir est plein d’eau, impossible d’avancer. Visite décevante. Heureusement la promenade d’approche est plaisante.
Les autres sites mégalithiques de Locmariaquer sont dans le bourg ou de l’autre côté.
Nous laissons la voiture au Guilvin : embarcadère pour les îles du Golfe du Morbihan. Un café et un hôtel, complet en octobre dernier pour cause de mariage. Le sentier côtier se faufile le long de l’Hôtel Neptune. Promenade charmante au bord de l’eau entre les jardinets fleuris : bhortensias, rosiers, tamaris, agapanthes et ail en train d’éclore. Petits jardins, chaises peintes en jaune, volets bleus. Je fais photos sur photos.
Sentier entre maisons et jardins
Avant de parvenir au Site des Mégalithes, je passe en chemin devant le Dolmen Mané Rutual enfoui dans la verdure et devant un menhir brisé. Pas spectaculaires comme les mégalithes de l’enclos mais j’aime les découvertes inattendues.
Le Site des Mégalithes
Locmariaquer dolmen Mané Rutal
Le site des mégalithes se trouve à l’écart du village après le cimetière. Un haut menhir dépasse de l’enceinte du cimetière équipé d’une petite niche (oratoire ?) .
Avec le Pass acheté au Musée de Carnac j’ai une réduction pour l’entrée du site Une vidéo de 15 minutes présente le site avec ses trois mégalithes : la Table des Marchands, le Grand Menhir brisé, le Tumulus d’Er Grah.
Locmariaque tumulus Er Grah
Après la visite au Musée de Carnacavec maquettes et moulages, ils n’ont plus de secrets à découvrir. Impossible de ne pas leur rendre visite, en majesté avec leur taille gigantesque.
Locmariaquer table des marchands : gravures
Au retour, passage à Crac’h à la Saumonerie du Loch : vaste choix de poissons fumés, saumon d’Ecosse, mais aussi rougets barbets, filets de sardines et boutargue.
Dans les musées, les sections « Préhistoire» sont souvent rébarbatives, silex et galets, taillés ou polis, de Corse en Bretagne…toujours les mêmes. Eh bien non, à Carnac, les vitrines sont joliment présentées accompagnées d’un luxe de panneaux explicatifs : chronologies, cartes avec les variations de la ligne du rivage, destinées aussi bien aux enfants, néophytes que spécialistes.
La première salle : Paléolithique jusqu’à -9600 ans av.J.C.
On distingue le Paléolithique moyen jusqu’à 35 000 ans, apogée des glaciations, avec une population de Homo Neandertal. A partir de 35 000 ans apparaît Homo sapiens (Cromagnon)
La vitrine esthétiquement très réussie de pierres taillées, flèches, galets. Elle est accompagnée de la question : Où trouver des silex ? En effet, les sites paléolithiques sont nombreux sur le littoral breton alors qu’on ne trouve pas de silex en Bretagne intérieure granitique. Sur le site de Saint Colomban, une plage de Carnac, le cordon littoral est formé de galets offrant une ressource en silex.
Mésolithique (9500 – 6000 av.J.)
Tombe de Teriec Sépulture et coquillages
la vitrine 3 présente des sépultures Teriec au large de l’isthme de Penthièvre et à Hoëdic. Ici aussi, la mise en scène est frappante : « un homme a été tué à Teriec il y a 6600ans » . On voit radiographie des vertèbres touchées avec la pointe de flèche, une flèche a été reconstituée. On présente des outils, flèches et forets en os de de cerf, sanglier. Les hommes vivaient de chasse, cueillette, et ramassage de coquillages. Ces derniers ont été utilisés aussi pour faire des parures. La tombe de Teriec, découverte en 1928 est reconstituée ici. Une femme de 20 – 25 ans mesurant 1.51m a été préservée de l’acidité des sols granitiques par la présence de nombreux coquillages. Des photographies des photos de la fouille de 1928 accompagnent la vitrine.
Néolithique (6000 – 2300 ans av J.C.)
Carnac : musée – Moissonner au Néolithique
Une économie de production se met en place avec l’agriculture et la domestication des animaux.
Les rapports avec le monde des morts se matérialise avec des stèles gravées, dolmens à couloirs recouverts d’un tumulus. A Kercado, la datation C14 donne 4670 av. J.C. et livre des pierres polies et des poteries. Le Tumulus Saint Michel a livré des parures de jaspe d’un vert bleuâtre.
Collier de perles de Variscite
Présentation de maquettes des alignements de Menec, du dolmen coudé des Pierres Plates. Présentation très impressionnante d’un couloir où le visiteur passe entre des stèles gravées comme dans un véritable site. Les moulages de la Table des marchands présentent des décors sophistiqués avec des crosses, des arches, des traits ondulants (oiseaux en vol ?) et même des pieds bien reconnaissables.
Une section présente la Variscite :minéral vert, phosphate d’aluminium hydraté d’origine hydrothermale qui ressemble à la turquoise. La variscite provient d’Espagne et du Portugal. Une hache polie en jadéite a été trouvée en Morbihan dans un alignement de menhirs immergés . La pierre provient des Alpes italiennes (Viso)
Défricher, couper du bois
Une vitrine avec des outils néolithiques reconstitués raconte que les haches polies expliquent le recul de la forêt défrichée, une faucille de bois et de silex, la culture des céréales.
A l’étage une salle raconte la conquête romaine . En bataille navale entre les Romains et les Vénètes en baie du Morbihan.
Courses à Carnac
Non loin du musée, autour de l’église de Carnac, sur la place et les rues adjacentes les commerces sont nombreux et très agréables. Boulangerie, boucherie charcuterie où je trouve le pique-nique de midi ; les magasins de vêtements, chaussures sont traditionnels et pas tape-à-l’œil comme à la Trinité. J’aurais tout acheté !
Né à Londres en 1916 d’origine canadienne, il revient à Londres à 16 ans. En 1934 s’inscrit à la Sorbonne et fréquente les milieux de Montparnasse et les surréalistes. Invité à exposer en 1935 avec les surréalistes.
Dessin surréaliste 1935
Sa période parisienne et surréaliste est sous le thème du rêve « REVER »: sont présentés des dessins de petites toiles, des décalcomanies, des estampes et des textes sur les champignons et aventures hallucinogène (mescaline, psilocybine). Deux encres de Victor Hugo figurent ici.
De 1940 à 1943, Brion Gysin s’installe à New York où il fréquente les milieux underground noirs et Broadway. En 1944, il est appelé sous les drapeaux et affecté à une unité d’espionnage où il découvre le Japonais et la calligraphie japonaise.
marrakech : marché des bicyclettes
VOYAGER
1950 il découvre le Maroc, sillonne le pays, s’installe à Tanger y ouvrira un restaurant. Toute une salle montre cette aventure marocaine, on y éntend la musique Jajouka. De grandes toiles colorées représentent le désert mais j’ai préféré les petits formats, aquarelles aux dessins très précis
After Midnight in Marrrakech
Un peu dans la même veine, j’ai aimé les fenêtres du Palais de Peggy Guggenheim à Venise
My window at Peggy Guggenheim’s palace
PERMUTER/ECRIRE/DESSINER
Calligraffiti on fire (1985)
La salle suivante est très colorée.Le très grand Calligraffiti (16 m) occupe tout un mur, les cimaises qui lui font face sont occupée par des tableaux abstaits très colorés, flashy, avec des motifs récurrents, Cette salle correspond à sa technique de cut-ups: à l’aide d’un cutter (exposé dans une vitrine) l’artiste découpe un texte et le réarrange aléatoirement. Le cut-off peut concerner un texte littéraire comme un motif pictural. Je me suis un peu embêtée dans cette section. Seul un tableau m’a attirée : Rustique olivette à la Ciotat
Rustique Olivette à la Ciotat (1959)
A la Ciotat, Brion Gysin a rencontré Chester Himes, Paul Celan, Schwarz-Bart. Il y était question de peinture mais aussi de littérature, de poésie. D’ailleurs l’activité littéraire de Brion Gysin est aussi documentée. En particulier avec Burroughs qui pratique aussi le cut-up
Brion Gysin et William S Burroughs (1985)
En revanche j’ai bien aimé les calligraphies surtout quand il surimprime calligraphie arabe et texte japonais.
Cuts d’écriture arabe collés sur une page d’écriture japonaise
Un dessin très émouvant est celui de l’hommage de Keith Haring à Brion Gysin
Hommage de Keith Haring FOR MY TEACHER LOVE ALWAYS LOVE ALL WAYS LOVE WAYS ALL
La Dreamachine est un procédé de projection de la lumière à travers un cylindre qui tourne.
Dreeamachine (à plat)
LE DERNIER MUSEE
Beaubourg 1975
Dernière partie de l’exposition éponyme. Le Dernier musée est le titre d’un livre de Brion Gyson CLIC
Le dernier muséeBeaeubourg
C’est aussi le titre d’une série de 10 clichés pris lors de la construction du Centre Pompidou. En 1973 Brion Gysin s’installe 135 rue Saint Martin en face du chantier de ce qui allait devenir le Centre Beaubourg. Il dessine, photographie la structure en exosquelette qui le fascine.
Je ne connaissais ni le plasticien, ni le poète, ni ses amis de la Beat-Generation bien que les noms me soient familiers et cette découverte est une bonne surprise. Dépêchez vous d’aller au Musée d’Art Moderne, l’exposition ferme ses portes à la fin de la semaine prochaine!
Guidage au GPS par le Pont de Kerisper, traversée rapide de la Trinité-sur-mer, de Carnac et Plouharnel. La départementale 768 passe tout droit entre les dunes et le marais. A Saint Pierre de Quiberon nous la quittons pour rejoindre la Côte Sauvage. Grand vent, ciel dégagé, lumière très vive et mer verte très agitée.
De nombreux randonneurs marchent sur le GR qu’on découvre de la route. Dès qu’on aura trouvé le « parking avec vue » je compte bien les rejoindre. Le spot idéal est au Vivier. Deux restaurants, avec le vent, personne en terrasse, à l’arrière, de profonds bassins creusés dans le granite. Peut être ont-ils été utilisés pour stocker des crustacés. Aujourd’hui vides.
Qiberon : souffleur
J’enfile mon ciré, prends mon bâton et suis le GR bien encadré par des fils métalliques. Comme dans tous les sites touristiques (Pointe du Raz, Crozon…) il faut contenir les hordes pour éviter le piétinement et préserver la végétation avec la protection de tapis de chanvre (genre sacs de patates) . Et cela marche bien. Sans être prévenue, je découvre le « trou du souffleur » et fais sdes photos de vagues qui s’élèvent en nuage blanc. Des paquets d’écume jaunâter s’envolent et nous bombardent. Soudain le ciel s’assombrit. Un grain s’abat avec violence, presque de la grêle. En quelques minutes tous les randonneurs sont trempés. Je constate avec plaisir que mon ciré est bien étanche, en revanche ma jupe est trempée. Une chance cette jupe ! elle sèche beaucoup plus rapidement que les pantalons de mes collègues-randonneurs. La pluie m’a stoppée dans mon exploration de la côte sauvage.
Pique-nique de luxe : pinces de tourteaux et crevettes grises.
Quiberon Château Turpeau
Le vent est tombé, le ciel, voilé. Je continue le GR jusqu’au château Turpeau à l’entrée de la ville de Quiberon. De loin, ce « château de la mer » de style anglo-médiéval a belle allure avec ses tourelles effilées qui se profilent. De près, c’est moins bien.
La circulation dans la ville de Quiberon est infernale avec les sens interdits, le stationnement difficile. Nous passons et repassons quatre fois par les mêmes rues, les mêmes places, incapables de s’extraire du circuit imposé. Juste le temps d’acheter un Quatre-quarts breton dans la Maison Riguidel en stationnant devant la Belle-Iloise (prévu pour les clients) sardines de luxe.
Le beau temps est revenu, le GPS nous a tiré du centre-ville, nous découvrons la Grande Plage à l’arrière de la Gare Maritime, bordée de belles villas et d’immeubles modernes. Je laisse mes sandales au pied de la rampe et marche pieds nus sur le sable fin dans la frange d’écume .
Quiberon – dune vers la Pointe de Conguel
Promenade très agréable à la Pointe du Conguel. Voiture garée à l’arrière du complexe de Thalassothérapie et des immeubles Sofitel en face de la Pointe de Goulvars. Le GR est d’abord parallèle à la route. Hors saison, il n’y a pas de circulation . un grand parking se trouve à l’entrée de la promenade très agréable (mais très fréquentée) qui fait le tour de la Pointe de Conguel. Aller dans les dunes sur le flanc sud baigné par l’océan libre. Retour par un petit bois. Une table d’orientation est bien utile pour se repérer, trouver Belle-Ile, la plus grande, Houat et Houedic qu’on devine. Puis les Pointes du Golfe du Morbihan :Locmariaquer, la presqu’île de Rhuys.
16h, il est temps de découvrir notre gîte pour la semaine La Mouette3* à Saint Philibert. Accueil : boîte à clés et guidage téléphonique. Le propriétaire est très organisé. Relevé des compteurs électriques par SMS, découverte des placards toujours au téléphone. Cela se passe bien ; Il y a même une bouteille de jus de pommes maison en cadeau que je savoure avec plaisir.
Gîte la Mouette 3* à Saint Philibert et ses hortensias
Courses à l’Intermarché de Crac’h, prix raisonnables. Excellent rayon poissonnerie. J’achète deux limandes-soles à 9.90€/kg
Saint Philibert – chapelle la plus jlie décoration
Trop tôt pour rentrer s’installer. Par hasard, cherchant une plage, je découvre la Chapelle Saint Philibert. De la route, elle est nichée dans un creux, accompagnée de deux fontaines. L’une d’elle a un bassin entouré d’acanthes fleuris et de fleurs violettes et roses, les agapanthes éclosent à peine de leurs boutons. L’eau est verte de len tilles d’eau. Au milieu du bassin : un menhir (peut être une stèle, ou prosaïquement un rocher ?). La seconde fontaine porte une croix centre d’un enclos carré de granite.
Saint Philibert : Ex-voto
La chapelle a été érigée en 1648, la petite fontaine en 1649, la grande au XVIIIème siècle. En 1954, la chapelle a été agrandie et devenue église du bourg Notre-Dame-de la Nativité. Par chance, l’église est ouverte. Je n’ia jamais vu une chapelle si bien décorée avec son plafond de ciel bleu étoilé où sont suspendus des ex-votos : un voilier ancien aux toiles brunes, un petit trimaran tout blanc, un bateau de pêche, un voilier à coque rouge. Dans le chœur, un évêque navigue dans une auge de pierre. J’ai déjà vu de telles représentations de moines irlandais ayant débarqué d’auges pour évangéliser la Bretagne (saint Samson à Dol). Saint Philibert aurait- il la même légende ?
Des vieilles dames et le curé en aube blanche et rouge attendent une cérémonie. Je m’éclipse, n’osant pas m’attarder pour examiner les vitraux colorés qui représentent les travaux agricoles.
Le GR remonte la ria jusqu’à la Rivière Saint Philibert ou Ster. C’est un joli sentier bien entretenu le long de propriétés aux belles pelouses. Un petit robot tond tout seul un gazon tellement régulier qu’il parait faux. A côté les pâquerettes font presque désordre. Mais du côté pâquerettes, 3 oiseaux picorent. Pas d’oiseau côté robot !