Je ne me prive jamais d’une visite à Giverny. Dès que j’ai découvert ce titre à la Médiathèque, je l’ai commandé (click&collect). Malheureusement, les scènes se déroulant à Giverny sont peu nombreuses et je ne profiterai guère du jardin de Monet. En revanche, on traînera dans un vernissage au Musée Marmottan-Monet avec le gratin snob et assez détestable. Puis l’action se transportera à Monaco où se prépare un mariage princier. Tout aussi kitsch et snob. Fin navrante sur une piste de ski improbable dans les émirats.
L’intrigue est légère : deux spécialistes de Monet disparaissent du diner mondain succédant au vernissage. L’une d’elles est retrouvée égorgée dans un sarcophage de bronzage (j’ignorais que la chose existât) ; la seconde sera enlevée à Monaco. Il sera question de la vente d’un tableau de Monet, peut être un faux. Wandrille, journaliste mondain, et sa fiancée Pénélope, conservatrice du Mobilier National (imbuvables) mènent l’enquête qui ne démarre vraiment que dans la seconde moitié du roman. Dans la première partie au charmant titre Des crocodiles dans les nymphéas, l’intrigue traîne et la lectrice s’ennuie, le livre manque de me tomber des mains.
Dans la deuxième partie, Les parfums de Giverny, il est plus question de Monet mais pas tellement de sa peinture, plutôt de sa fortune….la fin est plus réussie mais ce serait dommage de la raconter ici.
Merci à Babelio et à L’Harmattan pour ce voyage littéraire au Mali où tout voyage touristique est impossible!
Ne comptez pas sur moi pour dévoiler Les secrets à l’ombre du manguier ! Il vous faudra lire le roman, et c’est une bien agréable aventure! Une histoire qui se lit d’un trait et qui m’a enchantée.
A Bamako, plus rurale que je ne l’imaginais, l’histoire se déroule comme un conte : conte avec des djinns, des fées, une calebasse volante et une hyène qui parle. Madou, dès sa plus tendre enfance est initié par sa mère au monde invisible des djinns. Comme elle, il a le don de lire les étoiles en lançant des cauris et il deviendra un marabout à l’âge précoce de sept ans.
Conte fantastique aux saveurs exotiques de la cuisine africaine, une lecture que l’on pourrait recommander aussi aux jeunes. Une initiation à la flore africaines, et aux herbes médicinales.
Attention, Madou subira aussi de lourdes épreuves, et vous serez émus quand il sera séparé de sa mère, battu par son oncle, mendiant…Le conte vire au roman d’initiation quand Madou affronte la dure réalité des talibés.
Quand Madou sera en âge de fonder une famille, il rencontrera les difficultés. Même avec ses connaissances surnaturelles, il faudra prendre les bonnes décisions….mais je ne raconterai pas tout.
Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent.
Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit tant pis je m’en fous
Et il éteint tout
Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.
Je me suis souvenue du poème quand j’ai lu Les Déferlantes de Claudie Gallay
La nuit du naufrage, il a vu arriver un vol d’oiseaux, des migrateurs, un vol magnifique. Ils ont commencé à s’écraser, par dizaines. Je lui ai parlé de la lumière du phare qui se reflétait dans les yeux des oiseaux, de cette pitié immense qui le submergeait,
parce qu’il les voyait s’approcher avec tellement de confiance. – Il dit qu’il n’aurait dû y avoir personne cette nuit-là sur la mer. Il dit aussi que c’était impossible pour lui de voir mourir tous ces oiseaux.
» Sous la violence, les vagues noires s’emmêlaient comme des corps. C’étaient des murs d’eau qui étaient
charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s’écrasaient contre les rochers et
venaient s’effondrer sous mes fenêtres.
Ces vagues, les déferlantes.
Je les ai aimées.
Elles m’ont fait peur. »
520 pages, 4 jours de lecture m’ont permis de retrouver La Hague après les deux livres de Didier Decoin : Les Trois vies de Babe Ozouf et Avec vue sur la mer. J’ai été éblouie par ce petit finisterre face aux îles anglo-normandes, battu par les vents, au climat si changeant. Un bon moment d’évasion par la lecture!
« La Hague est une terre de légendes, un lieu de croyances. On dit que certains disparus reviennent la nuit,
incapables de se détacher de cette terre. De s’en séparer. »
La Hague, avec ses phares, ses tempêtes, les naufrages.
La Hague, ses falaises battues par les vents, les vagues : les déferlantes, habitées par les oiseaux.
lanse saint Martin
Justement, la narratrice du roman, est ornithologue ; elle compte les oiseaux pour une recherche de l’université de Caen. Elle a choisi la solitude de ce village isolé, après un chagrin d’amour. Théo, l’ancien gardien de phare, qui recensait les oiseaux avant elle, vit seul avec ses chats. Au café de Lili, les habitants passent, tout le monde se connait mais on devine de lourds secrets. Ils ressurgissent quand Lambert arrive par un jour de grand vent pour vendre son ancienne maison et fleurir la tombe de ses parents et son frère qui ont péri en mer il y a quarante ans.
« Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour. J’avais appris ça avec les cormorans. »
Premier mystère : le phare s’est-il éteint pendant le naufrage? Théo est il responsable de la mort des parents du frère de Lambert?
Ce n’est pas le seul mystère. La vieille Nan, la couseuse de linceuls qui erre sur le rivage est un personnage assez étrange. Elle est à la recherche de Michel qui a disparu. Qui est donc Michel?
6
De fil en aiguille, le roman se trame, s’étoffe, dans le climat rude de cette pointe du Cotentin, au rythme des marées et des cafés et repas chez Lili.
La richesse du roman, et l’art de la romancière est de faire vivre de nombreux personnages secondaires originaux : Morgane, la fille au rat et son frère le sculpteur , Max, un peu simplet, qui construit son bateau et parle comme le dictionnaire, Monsieur Anthelme qui a connu Prévert…Richesse des thématiques : Les Déferlantes est un « roman maritime » mais pas que… Il est question de la couleur de la mer, des nuages menaçants, des oiseaux mais aussi de sculpture, d’environnement, de poésie, de chats et d’oiseaux…
J’ai aimé me laisser embarquer à ce rythme lent. En revanche, pour l’intrigue, j’ai vite deviné les circonstances du naufrage, pas besoin de 200 pages ! Les autres secrets (secrets de Polichinelle que tout le monde connait) se révèlent au lecteur avant le dénouement. Est-ce grave? pas vraiment, ce n’est pas un roman policier. Bien sûr, les impatients diront qu’il y a des longueurs. Aucune importance pour moi, j’avais envie de rester longtemps à La Hague.
Les expositions du Musée des Impressionnismes de Giverny sont toujours très intéressantes. Ce musée moderne est aussi très agréable, très discret contre la colline dans l’écrin naturel d’un jardin contemporain aux couleurs automnales, créé en 1992 par le paysagiste Mark Rudkin. Jusqu’en 2006, le Musée des Impressionnismes était le « Musée Américain » créé par le mécène américain Daniel J Terra et administré au décès de ce dernier en 1996 par la Fondation Terra que se retira de la gestion au profit de la Région Normandie et d’autres instances françaises. Cette exposition de la Collection Terra est, en quelques sortes, un retour aux sources.
Bricher : TLeCity of St Paul sur le Mississipi
L’Atelier de la Nature fait allusion à la démarche des peintres américains, comme plus tard les Impressionnistes de sortir des ateliers pour aller peindre dehors sur le motif. Cette exposition retrace un demi-siècle de peinture américaineaccompagnée de magnifiques photographies, toujours sur le thème du paysage.
Bricher : Hudson River at West point
Hudson River School regroupe les peintres Sanford Robinson Gifford (1823-1886), Martin Johnson Heade(1819-1904) Alfred Thomson Bricher(1837-1908). La peinture est loin de l’impressionnisme mais elle donne une représentation précise de la Nature. Le Crépuscule au Mont Hunter de Gifford, peint quelques temps après la Guerre de Sécession magnifie le paysage américain, les arbres coupés dans la clairière témoigneraient de la conscience (déjà!) de l’emprise de l’homme sur la nature.
Crépuscule à Mont Hunter (détail de la Clairière)
Whistler : l’art pour l’art « la nature n’a pas toujours raison »
Whistler : Variations en Violet et en vert
La section suivante est presque entièrement consacrée à Whistler (1834 – 1903),peintre américain, certes, mais qui a beaucoup voyagé et qui fut plutôt basé à Londres où il a peint ces variations en Violet et en Vert, plutôt japonisantes par le format vertical et surtout par les kimonos des femmes du premier plan. Japonisante aussi sa signature, un papillon dans un cartouche qu’il a également appliqué sur le cadre. Ce tableau est mon préféré de toute l’exposition.
Whistler : Battersea (lithographie)
Ces lavis brumeux subtils subirent les critiques de Ruskin il s’en suivi un procès en diffamation (1878) qui ruina Whistler. Whistler partit à Venise où il fit une série de très belles gravures
Whistler à VeniseWhistler : La Plage à Marseille
Les Américains à Giverny : Paysages d’émotion
Twachtman : Route près de Honfleur
La section suivante de l’exposition est beaucoup plus proche de l’Impressionnisme que nous connaissons. Les américains sont venus à Barbizon et peignent des paysages de Normandie ou de Bretagne.
Metcalf : l’Epte
Sept puis dix peintres américains s’installèrent à Giverny et peignirent le paysage de colline
Breck, à l’école de Monet a peint une série de meules : « Etudes d’un jour d’automne n°1 à 12″ : où trois meules se trouvent sous un éclairage changeant selon l’heure. Son tableau de 1892 Brouillard et soleil matinaux peint de retour en Amérique fut un succès
Breck : Brouillard et soleil matinaux
Une salle montre des série de tableaux fleuris colorés et plaisants mais qui n’ont pas retenu mon attention.
Une femme Lilla Cabot Perry s’installa à Giverny à l’hôtel Baudy et au fil d’une vingtaine d’annes et fréquenta Monet. Avec son mari critique d’art elle joua un rôle important dans la diffusion de l’Impressionnisme aux Etats Unis.
Lilla Cabot Perry
Cette exposition, très complète se termine par des tableaux plus modernes avec Chase et Homer
HOmer : Nuit d’été
Quant à nous, nous avons imité les peintres en déjeunant à l’ancien hôtel Baudry : excellent repas, nous pouvons recommander l’omelette (très bien garnie) et la salade landaise et la promenade dans le parc à flanc de la colline
Elle avait pris la ferme de Jobourg pour cette sensation de vivre en face d’un espace illimité, d’un presque néant de landes rases, d’eau et de nuées. Depuis la lucarne du fenil, le regard se perdait à l’infini. Parfois, sur le coup d’octobre ou de novembre, un mur de brume venait s’appuyer contre les clôtures, mais Babe savait que ce brouillard-là n’avait rien à cacher ; il était le prolongement visible du monde informe au-delà de sa ferme, terres où levaient des murets si bas que les agneaux de Pâques eux-mêmes, dès le lendemain de leur naissance, se sauvaient d’une pâture à l’autre. Sauf en été où les ombres étaient franches, les vagues de l’herbe et les vagues de la mer avaient une même couleur – un malentendu gris et bleu fermait là-bas au bout. Le bout du monde, c’est justement là
Pour rester encore à La Hague après avoir fini Avec vue sur la mer du même auteur.
Les Trois vie de Babe Ozouf est un roman en trois parties, trois vies, trois femmes. Babe Ozouf (1893), Catherine dans les années 30, sa fille, Carole (1944) la petite fille. Unité de lieu : La Hague. Un destin commun : naufrageuses. Une constante : le feu. Et toujours la présence de la mer sauvage, des tempêtes.
Didier Decoin évoque avec vivacité les falaises, la lande et les genêts, ainsi que la vie rurale traditionnelle au début du XXème siècle et j’ai eu grand plaisir dans ce dépaysement.
Histoires d’amour et de passion avec la figure fière et flamboyante de Babe Ozouf, en demi-teinte avec le mariage de Catherine, à peine sortie de l’enfance et du peintre Louis. Cette histoire à la limite de la perversion me laisse un peu dubitative. Il fut un temps ou Lolita ne posait aucun problème, maintenant on est plus critique. Pour Carole de Chicoutimi, l’amour est secondaire son destin se confond avec la Résistance, même si…
La Hague est autrement belle, ce soir, empourprée et toute retroussée de vent comme une fille qui danse. Je suis moi-même une fille qui danse, pense Carole, je vais danser devant un feu, danser devant un grand bateau, un navire orgueilleux qui a fait régner la terreur dans les fjords, à la fin je le faucherai d’un croc-en-jambe et il se couchera sur le flanc, mais
La nuit sur la Hague, qu’elle soit feutrée par les brumes ou pleine du hurlement des tempêtes, libère de singuliers démons.
je recommande ce livre à tout touriste, visiteur, vacancier dans le Cotentin. A lire sur place ou au retour!
Le Gué de l’Epine se trouve sur les bords de la Sélune à 8km d’Avranches sur la commune de Val-Saint-Père. La route à moitié inondée par les grandes marées d’équinoxe (coefficient 111) court le long des herbus où paissent en liberté les moutons grêvins avranchins qui se reflètent dans les flaques. Des hommes tirent de la rivière un carrelet . Par chance, il y a un bar!
Gué de l’Epine : pêcheurs
La route le long des herbus arrive à un petit aérodrome sur l’herbe. Sur la carte IGN les pistes sont dessinées dans l’eau. Le GR 223 continue mais la route carrossable s’enfonce dans les terres et nous sommes forcées de retourner à Avranches?
Nous terminons l’après midi à la Plage de la Dune près de Dragey où nous étions il y a une semaine.
Un dernier coucher de soleil!
Dernières photo de coucher de soleil sur la plage….et fin des vacances.
Le Scriptorial est le Musée qui conserve les manuscrits précieux du Mont saint Michel. Malheureusement, en période de Covid ces manuscrits ne sont pas visibles (la climatisation du Trésor pouvant être dangereuse). C’est donc une visite frustrante. j’en avais gardé un bon souvenir ainsi que celle du Book of KellsauTrinity College à Dublin.
Le Scriptorial est un musée moderne construit à la base du Donjon et sa courtine. Arrivée avant l’ouverture, je fais une promenade dans les rues étroites d’Avranches et visite deux jardins : l‘Hortus, jardin des simples des ermites médiévaux avec ses carrés de plantes médicinales et tinctoriales et ses rangées de poiriers en espalier (Louise Bonne d’Avranches). En partie haute Le Jardin des Passeurs autour d’une statue contemporaine en ferraille en hommage aux greffes du coeur
Au musée, de nombreux panneaux et des vidéos racontent l’histoire du Mont Saint Michel
Chronologie:
540 Saint Pair ; fondation d’un monastère à Astérac
708 Aubert, évêque d’Avranches, fonde un oratoire au Mont saint Michel
931 Les Bretons sont repoussés et le Mont devient Normand
966 Installation des Bénédictins
VIII ème siècle : les premiers manuscrits du Mont Saint Michel
Xème apogée du Scriptorium
XII ème « cité des Livres »
pendant la Guerre de Cent ans la forteresse fut assiégée 30 ans et jamais prise
1793 le Mont Saint Michel est transformé en prison
1897 construction de la flèche par Victor Petitgrand
Mythes et Légendes autour du Mont Saint Michel
Au Vème siècle, au Gargano apparaît le Culte de Saint Michel qui aurait pu prendre la place des dieux antiques : Esculape, Apollon ou Mithra. Le Mont Saint Michel aurait recelé une relique de Saint Michel, provenant du Gargano : un fragment du tissus rouge recouvrant l’autel.
Mythe de la forêt de Scissy disparue au cours d’un violent raz de marée?
L’apogée des pèlerinages fut au XVIème siècle mais avant : pèlerinage des Pastoureaux et des rois Guillaume le Conquérant, Henri II Plantagenet, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XI.
Les Objets du Pèlerinage
Schiste gravé pour moule
A côté des statues de Saint Michel et des pèlerins, j’ai bien aimé les Moules d’enseigne du Mont saint Michel : production quasi-industrielle de petits objets de plombs que les pèlerins cousaient à leurs vêtements en souvenir du pèlerinage. Les moules étaient en schiste gravé ou en terre cuite; cette industrie du souvenir m’a fait sourire. Finalement le Mont Saint Michel a peu changé à travers les temps!
Autour du thème du manuscrit et du livre 5 vidéos sont projetées : Calligraphie, Enluminure, Reliure, Fabrication du papier et Imprimerie. Des artistes contemporains s’approprient les techniques séculaires et réalisent des créations modernes.
les livres et manuscrits de l’Abbaye. A côté des textes religieux on trouve des textes historiques les Chroniques de Robert de Thorigny : Histoire des Ducs de Normandie de Guillaume de Jumièges, La Geste de Robert Guiscard ainsi que des textes anciens comme L’Histoire Naturelle de Pline
Dans l’ exposition temporaire des Peintres Officiels de la Marine , je reconnais des paysages de la région comme la plage de Carolles par Miollis, les sculpture des phoques de Lemonnier, ou En marche vers le Mont de Jacques Coquilary et le Prieuré de Saint Léonard d’Arcile.
Pique-nique au « Parking du Lude » à Carolles que j’ai vainement cherché lundi. Beau panorama sur le Rocher du Diabledont le nom vient d’une légende où Saint Michel aurait combattu là le Diable. J’emprunte le sentier de le promenade du Lude qui suit le ruisseau jusqu’au Port du Lude : une crique de galets et de rochers pittoresque et sauvage d’abord difficile par la mer.
Le Port du Lude
Le Château de Chantoreà Bacilly ne se visite pas : c’est un hôtel. Le parc de 19 ha est ouvert à la visite de 14h30 à 18h30 (prendre rendez-vous par téléphone). Pour les Journées du Patrimoine la visite est guidée par le propriétaire. Chantore fait penser à Moulinsart. Autrefois, ce fut une demeure du XVIIIème siècle délicate. les propriétaires sous le Second Empire décidèrent de l’embellir à la mode de l’époque : ostentatoire! Au Second Empire il n’était pas honteux d’être riche, au contraire la richesse s’étalait! Le château s’agrandit, la toiture gonflée il fut repeint rouge brique (fausses briques) pour être plus voyant.
Promenade littéraire : chaque arbre remarquable est associé à une anecdote et à une courte lecture.
Les camélias ont une histoire piquante : les Anglais, grand buveurs de thé pensaient rapporter de Chine des graines de théiers. Les Chinois, peu désireux de perdre leurs exportations les trompèrent en leur donnant des graines de camélias. Le Camelia alba renvoient à la Dame au Camélia : Dumas ou Verdi!
le Tilleul évoque tantôt les Arbres de la Liberté, tantôt la tisane : lecture du paragraphe de la madeleine de Proust.
Savez-vous que le nom de Séquoia a été donné à l’arbre en l’honneur de Monsieur Séquoiah, un cherokee qui inventa un alphabet pour écrire les langues des Amérindiens qui étaient des langues orales .
Certains de mes compagnons de visite sont déjà venus et assurent que chaque année la visite est différente. Elle se termine par une promenade libre dans le parc où je m’émerveille devant la floraison des cyclamens au pied des hêtres.
Le village La Lucerne d’Outremer dans la Vallée du Thar, se trouve au-delà de Bouillon et de Saint Pierre-Langers. Sous un ciel bien embrumé nous traversons une agréable campagne de bocage et de forêts.
Le nom de Lucerne vient probablement de la luzerne. L’expression Outremer rappellerait peut être le temps du Royaume Anglo-Normand après la Conquête de Guillaume. L’église aurait été placée en ce temps-là sous l’autorité de l’évêque de Cantorbery (au delà de la mer). (source Wikipédia)
Le village est encore endormi quand nous en faisons le tour avant de trouver 4 km plus loin l’Abbaye de la Lucerne aux abords des bois. Abbaye des Prémontrésfondée en 1143. Endommagée pendant la Guerre de Cent ans, éprouvée pendant les Guerres de Religions, elle fut restaurée au XVIème et XVIIème siècle où les cloître en granite bleu de Carolle fut construit. A la Révolution elle est vendue comme Bien National . Un armateur de Granville la transforma en filature de coton et construisit un aqueduc pour faire tourner les machines. Elle fut ensuite transmise à Victor Bunel (celui des Fours à chaux) qui y installa une marbrerie. Les bâtiments furent vendus certains démontés intégralement.
Depuis 1959, elle fut restaurée par L’abbé Lélégard (qui restaura également le Château du Pirou), prêtre mai aussi Conservateur des antiquités de la Manche, écrivain érudit normand. Pour les Journées du patrimoine des visites guidées sont organisées ainsi que l’inauguration de l’orgue avec des concerts.
Le guide se présente « Je ne suis pas guide!« . Mieux qu’un guide touristique, c’est le Chef des Travaux de Restaurations. C’est un homme simple, au parler un peu frustre mais qui a donné toute sa vie à la reconstruction de l’Abbaye. Son témoignage est très émouvant. L’Abbé Lélégard a trouvé l’Abbaye en ruines, seule la Tour de l’Eglise était debout avec un bâtiment qui avait servi d’école. La nef était à moitié détruite : un mur latéral encore intact a permis de reconstruire par symétrie le mur d’en face écroulé, et ainsi de suite.
La Lucerne ; Porche
Devant le porche, le guide détaille les matériaux utilisés: le « jaune« , granite de Jullouville, le granite bleu de Carolles et le poudingue rouge violacé aux grains de silice si difficile à travailler. On a utilisé les moellons trouvés sur place et cherché dans la région dans les matériaux équivalents, souvent les carrières ne sont plus exploitées. Le vocabulaire du tailleur de pierres réveille en moi des souvenirs de géologie.
A l’intérieur de l’église, notre guide explique qu’elle n’est ni romane ni gothique. Une clé de voûte est retrouvée au sol, je n’imaginais pas à quoi pouvait ressembler cet élément qui maintient ensemble les arcs, à La Lucerne en tiers-point. On a retrouvé une rosace au sol comme le labyrinthe des cathédrales, en pavés de céramique rouge comme des tomettes décorée par des lettres. Que disaient-elles?
La Lucerne nef
Le cloître a été refait plusieurs fois. Il reste des piliers en granite bleu/Il faudrait en restaurer au moins la partie contigüe à l’église pour lui servir de contrefort. Est-ce que la Fondation pourra le faire? La tâche est encore très vaste.
On visite le Réfectoire des moines : ils étaient une quarantaine comme le témoignent les renfoncements dans le mur formant des casiers où chacun rangeait sa gamelle.
La Lucerne le Logis abbatial
Le Logis abbatial donne sur une pièce d’eau où se trouve aussi le moulin et la petite maison des canards. Le logis abbatial a échappé de justesse à la démolition ayant été habité par un artiste de la famille des propriétaires qui l’avait trouvé à son goût.
La Lucerne : colombier
La visite se termine au colombier qui vient d’être restauré. Dans les châteaux et manoirs on parler de pigeonnier. L’oculus à ouverture zénitale était sans doute moins ouvert. Le noombre de nichoirs correspond traditionnellement à la surface cultivée (1000 nichoirs pour 500 ha) Si une partie du domaine était cédée, on devait boucher les cases correspondantes.