Robert Louis STEVENSON: The Master of Ballantrae

CHALLENGE VICTORIEN
les deux fils du Lord Durrisdeer ont joué à pile ou face leur étrange destin : lequel des deux fils du Lord suivra Bonnie Prince Charles dans la Rébellion Jacobite ? Lequel restera au château en compagnie de leur cousine, fidèle au roi d’Angleterre ? C’est James, le  Maître de Ballantrae,  qui suit les rebelles et disparaît une première fois à la bataille de Culloden. Son frère cadet, Henry, épouse sa cousine et devient donc le lord de Durrisdeer.


Le Maître de Ballantrae revient après des aventures maritimes avec de pirates et des tribulations en Amérique.
Ce livre peut se lire comme une suite d’aventures, livre de pirates, de cap et d’épées. C’est surtout la rivalité des deux frères qui se poursuivra toute leur vie.
Le Maître de Ballantrae est un gentilhomme séduisant brillant mais c’est aussi un personnage malfaisant. Son frère cadet est plutôt un campagnard balourd et méprisé de son entourage.
La problématique du Bien et du mal  est posée comme  dans Dr Jeckyll et Mr Hyde. Un personnage intrinsèquement mauvais et un autre vertueux, généreux et honnête. Ce n’est pas la vertu qui est récompensée de l’estime des autres !
168pages seulement, m’ont occupée pendant une bonne semaine. J’ai choisi la « lecture lente ». J’aurais pu dévorer le livre d’aventures sans m’arrêter aux mots inconnus, devinant le sens général d’un paragraphe et me laissant entraîner par ce roman d’action. J’ai préféré sortir le Harraps des étagères et chercher tous les mots nouveaux. Et R L Stevenson utilise un vocabulaire étendu et littéraire que j’ai eu énormément plaisir à découvrir. Des mots écossais donnent un goût original au dialogue. Sans parler de tout le vocabulaire nautique, tout à fait british ! Plaisir de sortir de mon « Globish » touristique, suffisant pour se débrouiller n’importe où,  pour une langue littéraire très riche et poétique.

Julian BARNES : Arthur & George

CHALLENGE VICTORIEN


Arthur, c’est Conan Doyle, né à Édimbourg, étudiant en médecine? puis médecin sans clientèle? qui devient le célébrissime auteur de Sherlock Holmes, auteur comblé, pair du royaume.

George est le fils d’un pasteur de la campagne anglaise, enfant solitaire, différent des fils de paysans, adolescent bouc émissaire des vauriens de sa campagne, juriste pointilleux accusé à tort d’un  crime dont il ne peut se disculper. Ce n’est qu’après une centaine de pages qu’on apprend que le père de George, le pasteur, est Parsi et que la solitude et la persécution dont George et sa famille sont l’objet sont sans doute d’origine raciste.

Arthur prend la défense de George pour sa réhabilitation, utilisant les méthodes de son célèbre détective pour disculper George.
C’est un livre dense, une biographie de Conan Doyle passionnante, une description de la société victorienne très intéressante.

Lire aussi cet article ICI  dans le blog d’Audouchoc

Kipling – Zorgbibe – la Gloire de l’Empire

CHALLENGE VICTORIEN

En vue de notre prochain voyage en Inde j’avais prévu de ne lire que la première partie de la biographie de Kipling  intitulée La saga des Anglo-Indiens, prise par la lecture et avec l’arrivée inopinée du Challenge victorien, j’ai poursuivi le gros livre. La première partie m’avait beaucoup diverti. Zorgbibe a dressé un tableau très pittoresque des années de jeunesse de Kipling, sa petite enfance indienne, ses tristes années en Angleterre puis le très british et amusant college Westward Ho, enfin les années de journalisme en Inde. Le biographe a su utiliser les personnages, les intrigues des écrits de Kipling pour tisser  biographie et fiction, donner des clés de lecture. Je me suis un peu perdue entre réalité et  romanesque avec beaucoup de bonheur.

En 1889, Rudyard Kipling âgé de 23 ans, quitte Calcutta en compagnie d’un couple Américain, effectue presque un tour du monde et redécouvre Londres. Il est déjà un journaliste reconnu. Occasion de croiser Jerome K. Jerome et de nombreux intellectuels et écrivains de l’époque, Thomas Hardy et Henry James masi aussi Rider Haggart auteur des Mines du Roi Salomon (dont j’ai vu une adaptation au cinéma) ainsi que d’autres intellectuels pas forcément connus par les francophones (mais peut être par les participants au challenge victorien) .

Le style de la biographie est bien différent de celui de la Saga : moins de citations moins d’anecdotes amusantes . Notre héros a vieilli, ce n’est plus un potache, c’est une célébrité, une  référence pour la politique coloniale de l’Empire. Épousant les préjugés des Anglo-Indiens, il s’engage dans la lutte (et le dénigrement) du Parti du Congrès indien sans reconnaître l’importance de la naissance du nationalisme indien.

Kipling est aussi un grand voyageur : un chapitre du livre de Zorgbibe s’intitule Le globe-trotteur de l’Agence Cook .C’est avec grand plaisir que je découvre le début du tourisme o et que je suis les tours du monde avec sa femme, puis ses enfants, qui le mèneront aux Etats Unis, jusqu’au Japon(où la banqueroute de sa banque le verra ruiné) puis, plus tard en Afrique du Sud où la famille prend ses quartiers d’hiver.


Le personnage de Kipling est  complexe.

Si, ses écrits sont principalement d’inspiration indienne, il a finalement assez peu vécu en Inde

Si, il a été propagandiste de la politique coloniale victorienne,

Si, il s’est engagé dans la guerre des Boers,  auteur d’un Mendiant distrait,poème patriotique levant des fonds pour les soldats

…..Il a donc bien gagné son surnom de Chantre de l’Impérialisme.

Il a aussi rencontré Mark Twain, fait le voyage des Samoa pour voir Stevenson (sans atteindre les îles). Il a également passé de nombreuses années en Nouvelle Angleterre près de la famille de Carrie, son épouse. Il a inspiré les frères Tharaud, romanciers français qui ont obtenu le Goncourt 1906 pour Dingley, l’illustre écrivain.

Même si des convictions anti-colonialistes empêchent d’être en pleine empathie avec le personnage, la lecture de cet ouvrage parcourant l’Empire de Victoria est passionnante.

 

 

Kipling – Charles Zorgbibe- la saga des Anglo-Indiens

SAISON INDIENNE

De Kipling, je ne connaissais que des clichés : le « chantre de l’impérialisme britannique », « tu seras un homme mon fils…. » ainsi que tout un folklore de mes années d’éclaireuses « jeu de Kim, » ou noms de « totems » tirés du Livre de la Jungle. Un auteur pour scouts, enfants ou nostalgiques des colonies.
L’écrivain Kipling vaut mieux que sa caricature.
C Zorgbibe a tissé un aimable et pittoresque patchwork des œuvres de Kipling pour raconter la vie aventureuse et voyageuse de l’écrivain et la saga des Anglo-indiens.
Histoire victorienne bien connue des Anglais, qui nous est  étrangère.

Lire Kipling et comprendre ce qui se passe en Afghanistan! Imaginer l’importance de la Route des Indes à l’époque. La Guerre des Boers,La Guerre des sahibs, me renvoie à la biographie de Gandhi d’Attali que j’ai lue il y a peu.Et terminer la fresque par la Première Guerre mondiale.

Je me livre à la singulière expérience de lire en même temps cette biographie de Kipling et Kim (expérience dictée par des contingences pratiques et non pas par une volonté littéraire : j’ai téléchargé gratuitement Kim sur ma liseuse tandis que le gros pavé de Zorgbibe est trop lourd pour être emporté : Kim me suit dans le métro, dans mon cartable…tandis que Kipling attend sur la table de chevet. ). Cette confrontation est tout à fait fructueuse : je saisis mieux des détails qui pourraient paraître secondaires : le fameux canon de Lahore se trouve en face du Musée dont le père de Kim était le directeur….le maquignon Mahboub a vraiment existé….Par ailleurs, j’identifiais Kim à Kipling enfant, erreur, il fut envoyé à 6 ans en Angleterre.

J’imaginais une sorte de chef scout pontifiant, je découvre un potache farceur, un lecteur de Rabelais dans le texte, un journaliste qui préfère écrire des ragots en vers. Montage de héros de ses romans et de ses nouvelles, l’auteur de la biographie dresse un tableau coloré de la société victorienne. Je me perds dans les personnages réels et ceux que Kipling a créés, et je m’amuse bien!(je ris même aux éclats)

 

cet article est ma première contribution au challenge victorien