Guelwaar – film de Sembène Ousmane dvd – 1992

FESTIVAL SÉNÉGALAIS

 Bien que sorti en 1992, ce film dont le titre complet est Guelwaar, légende africaine de l’Afrique du XXIè siècle est encore d’une criante actualité. C’est un  film magnifique.

Pierre-Henri Thioune doit être enterré au village. Il a demandé une messe en latin. Tout le village est présent pour ses obsèques qui ne peuvent avoir lieu parce que le corps du défunt a disparu à la morgue. Négligence? Méprise?

Barthélémy, son fils, venu de France s’adresse à la police. l’adjudant Gora finit par retrouver la trace du corps qui a été enterré par erreur dans un cimetière musulman. Confrontation entre les deux communautés? Les guerres de religion sont évitées grâce à  la sagesse de l’Abbé et la modération de l’Imam qui parviennent à grand mal à contenir leurs ouailles. Les anciens des deux villages se connaissent bien, s’apprécient.

l’aide alimentaire

L’arrivée du député accompagné du préfet et celle des camions de l’Aide Alimentaire font prendre une tournure politique au film : Pierre Henri Thioune, appelé Guelwaar est mort dans des circonstances troubles après avoir pris la parole dans un meeting contestant la pertinence et la distribution de l’aide internationale alimentaire. La disparition du cadavre a peut être des raisons politiques.

Le discours de Guelwaar est d’une virulence extraordinaire : les paysans ne veulent pas être des assistés recevant une aide qu’ils n’ont pas demandée.  Surtout, cette aide est confisquée par les élites politiques pour leur bénéfice personnel ou électoral. On ne saisit que les grandes lignes du discours  en wolof (sous-titré) comme la plupart des dialogues du film. Seuls l’émigré et les officiels parlent en français que les paysans ne comprennent pas . Ce parti pris du réalisateur participe aussi sans doute de l’orientation politique du film. Barthélémy le « français » qui arbore son passeport fièrement, a un ton très agaçant, plein de morgue et de vulgarité contrastant avec le parler de l’adjudant Gora et avec le ton du député.

http://www.dailymotion.com/swf/video/xb96t5<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xb96t5_guelwaar-discours-sur-la-cooperatio_news &raquo; target= »_blank »>GUELWAAR, Discours sur la coop&eacute;ration Nord/Sud</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/lolo2401&Prime; target= »_blank »>lolo2401</a></i>

En plus du contenu politique fort du film, c’est une découverte pour moi que ce film dans la société encore rurale où les traditions sont encore très prégnantes. Traditions funéraires différentes selon les communautés. Rôle des anciens. Rôle aussi des jeunes qui sont partis et financent par l’émigration pour Barthélémy et par la prostitution à Dakar pour Sophie, la survie de la famille au village.

Veillée funèbre en l’absence du défunt

L’histoire est bien contée, le suspens ménagé, les rebondissements nous tiennent en haleine. Les personnages secondaires sont intéressants et s’affirment au cours du récit. Les images magnifiques. Encore, un grand film!

 

Madame Brouette – film sénégalais de (DVD)

FESTIVAL SENEGALAIS

Mati – madame Brouette – vend toute sorte de marchandises au marché avec sa brouette.

Au début du film une scène nous interpelle : d’un  taxi, un homme travesti en femme en robe rouge le visage peint comme un masque, débarque dans la chambre et veut voir son enfant. Mati le met en joue. Le coup part. Accident ou crime passionnel. la police et un journaliste de télévision effectuent la reconstitution.

Les femmes prennent le parti de Mati tandis que les hommes l’accusent. Un groupe de griot chante comme un chœur antique

 

 

Mati est-elle capable de tuer Naago, son amant,  le policier corrompu, le dragueur, le père de son enfant qui a préféré faire la fête que d’assister à la naissance?

Certes Mati ne se laisse pas faire. Elle tire son amie des coups de son mari. les deux femmes décident de vivre sans les hommes, de se débrouiller seules, de monter une affaire, une gargote, promesse d’indépendance et de richesse. A peine ont elles pris la décision de s’installer ensemble que Mati tombe amoureuse de Naagot, et rapidement enceinte.

Désillusion, Naagot installe Mati dans un hôtel borgne, amant infidèle sûrement, maquereau peut-être? Forte femme, elle réagit ,  mène une affaire de contrebande pour réunir les fonds nécessaire à l’achat de sa gargote. Enfin, Mati réalise son rêve. Sa fille est très touchante, le très joli duo avec le gamin du quartier m’a ému. Le bonheur est-il à portée de main? Arrive le drame.

 

 

Film enlevé, des acteurs sympathiques, de la bonne musique, les couleurs africaines, de l’humour.

 

 

 

 

 

 

 

 

Falstaff d’Orson Wells (DVD)

CHALLENGE SHAKESPEARE

J’ai rencontré Falstaff dans les Joyeuses Commères de Windsor (en lecture  commune avec Claudialucia et Maggie). Ce Falstaff est plutôt pitoyable, séducteur invétéré, balourd, capable d’écrire deux lettres identiques aux deux voisines. Ridicule avec sa bedaine. Borné, il tombe dans tous les pièges que lui tendent les commères. Caché dans un panier de linge salle on le verse dans la Tamise. Encore trempé, il mord à l’hameçon et retourne dans la maison du mari jaloux pour tomber dans un nouveau traquenard. Battu, il n’a toujours pas retenu la leçon et se trouve ridiculisé.

Le Falstaff de Welles est celui de Henry V, l’ami du prince, le compagnon de beuverie, toujours aussi bedonnant, mais jamais ridicule. Truculent, vieillissant, roublard, parfois menteur et vantard, profondément humain.

 

La pièce, les Joyeuses Commères, est une farce. Le film d’Orson Welles a une dimension historique. Le scénario emprunte ses répliques à plusieurs pièces de Shakespeare que le réalisateur connaît parfaitement.  Le propos n’est pas de faire une captation de Henry IV.

C’est un film, pas du théâtre! En plus des scènes tournées en intérieur, au Palais  ou à l’auberge, les scènes d’extérieurs sont remarquables.

 

 

 

Le vol du trésor royal dans la forêt ressemble aux films de cape et d’épée, on pense à l’attaque de la diligence d’un western. La bataille avec chevaux, armures, archets, duel est spectaculaire. Esthétique des images, rythme, je l’ai visionnée deux fois (le DVD permet cela!) et l’ai chronométrée : 10 minutes effrénées. Émotion dans la scène entre le vieux roi mourant et son fils. Émotion aussi au couronnement, mais je ne veux pas tout raconter.

La distribution est prestigieuse: Gielgud est royal, Jeanne Moreau étonnante, Marina Vlady charmante. Mais surtout Welles est Falstaff, il le magnifie, en  fait un personnage d’exception.

 

 

Blancanieves – film de Pablo Berger

TOILES NOMADES

Blancanieves, c’est Blanche-Neige.

Heureusement que les distributeurs n’ont pas traduit le titre en français, la snob que je suis n’aurait sans doute pas choisi ce film! Adaptation très libre dans l’Espagne des années 1920, celle du cinéma muet.

Nous voici transportés à Séville pour du grand spectacle! Pas de roi ni de reine ni de princesse. Le roi est un torero célèbre, la reine une danseuse la marâtre est infirmière. Les images splendides semblent avoir été filmée du temps du  cinéma muet. Séville est magnifique ainsi que la campagne espagnole. Pas de dialogue donc, de rares cartons fond noir, typographie d’époque. La bande-son est parfaite : on danse beaucoup dans le film, la mère de Carmencita-Blancanieves est une artiste célèbre, la grand mère mourra en dansant, et la petite Carmencita danse quand elle ne torée pas avec la lessive qui sèche.

Je n’aime pas la corrida (qui occupe un moment privilégié dans le film) mais je pardonne au cinéaste parce qu’ on ne voit pas de mise à mort. Deux fois le taureau est épargné, . En revanche, le coq subira un sort tragique, ce n’est pas un film à l’eau de rose!

Ce n’est qu’au mitant du film que je retrouve le conte de Grimm : quand les nains qui l’ont recueillie l’appelle Blancheneige. Ces nains sont très espagnols, plutôt ceux de Goya ou de Velázquez que de Walt Disney. Leur roulotte est pittoresque. on devine qu’on verra bientôt la pomme. Mais quand? Berger a déjà pris beaucoup de distance avec la trame initiale et nous fera partager d’autres aventures espagnoles.

Un spectacle parfait: images, son, acteurs et même suspens, même si le conte est archi-connu.

Tabou – film portugais de Michel Gomes

TOILES NOMADES

Film attendu de longues semaines, film encensé par la critique, film de cinéphiles….

Je suis entrée dans la salle avec une certaine appréhension, les chefs d’œuvres trop annoncés déçoivent parfois une trop grande attente.

Je me suis laissée emporter par la douceur de la voix portugaise (que je ne comprends pas mais que je goûte avec plaisir), par l’exotisme du prologue, l’explorateur d’un autre siècle, son attirail dévoré par un crocodile. La première partie se déroulant à Lisbonne, est déconcertante. Ces femmes paraissent d’un autre temps, pourtant elles prennent le thé dans un centre commercial bien actuel. Aurora, ses fantômes, son crocodile, sa culpabilité… Santa, l’Africaine, la domestique d’un autre temps, très digne et maternelle, mais sur la réserve. Pilar, la bonne, la pieuse, la dévouée.

La partie africaine, sous-titrée Paradis Perdu, est d’un exotisme parfait. Afrique coloniale telle qu’on l’imagine. Les héros jeunes,  virils sont trop beaux pour être vrais, des acteurs de cinéma! Magnifiques paysages, on pense à la Ferme Africaine d’Out of Africa, mais en noir et blanc quand les Africains cueillent le thé. Parfois la pellicule d’un film d’amateur est rayée . Le noir et blanc, la bande son très rétro sont à l’unisson. Une histoire d’amour comme dans les films des années 50?

Je regrette de ne pas avoir la culture cinématographique pour jouir de tous les clins d’œils annoncés par la critique (un excellent article du Monde). Le crocodile a pour nom Dandy : facile! J’ai loupé le  parallèle voulu  par Gomes avec Le Fleuve de Renoir : je n’ai pas encore vu Le Fleuve!

l n‘y a pas de crocodile dans le fleuve de Renoir, mais c’est la même chose : le fleuve, le crocodile, c’est le temps qui passe, qui continue, avec des gens qui naissent, qui meurent, des amours qui commencent et finissent. C’est ça Renoir. Ici, dans la rivière, il y a un crocodile. (…) Le crocodile, c’est le cinéma : de la mémoire, des gens qui passent, des histoires d’amour et des empires qui commencent et finissent. « 

lullaby to my father – amos gitai

TOILES NOMADES

Un film comme une installation/une installation de cinéaste.

Cinéma intimiste, Amos Gitai évoque son père Munio Weinraub, architecte ayant étudié au Bauhaus, expulsé d’Allemagne vers la Suisse puis vers la Palestine. Un film comme un collage de photographies de famille. Naissance, un prologue étrange dans une forêt polonaise. On ouvre par effraction l’album de famille. Un ami de la famille, suisse, évoque la personnalité de Munio ; le vieil homme est très ému. Nous aussi, presque gênés. Une violoniste, sur le moment je pense que le violon est un instrument juif, c’est sans doute exagéré, mais je livre la pensée du moment.

C’est l’hommage du fils à son père, c’est aussi un manifeste d’architecture. Le Bauhaus, non pas comme un style mais comme une philosophie qui donne sa place à tous les acteurs de la vie, et à ceux de la construction d’un bâtiment, aussi bien les architectes, les décors que les artisans. Un long texte magnifiant le bois.  Munio Weinraub était d’abord menuisier. Une visite à Dessau dans l’école du Bauhaus. La modernité est stupéfiante. On n’a rien inventé depuis?

L’architecte était un acteur majeur en Palestine se construisaient Tel Aviv et Haifa. Construction d’habitations,  aussi d’une nouvelle vie rêvée avec le kibboutz  . Cet aspect m’aurait intéressée. Curieusement, Amos Gitai est très discret sur cette histoire-là. Peut être elle n’avait pas sa place dans la relation du père au fils? C’est l’ami suisse qui l’évoque, près des larmes. Émotion aussi dans le poèmes de Leah Goldberg.

Attention! Ceux qui cherchent une fiction,  un documentaire construit ou pédagogique, s’abstenir! il faut être disponible pour cette berceuse tendre.

L’installation Traces de  Gitaï m’avait cependant plus parlé.

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Les Bêtes du Sud Sauvage – film de

TOILES NOMADES

Si les bêtes sont les aurochs de fantaisie, sangliers ou cochons affublés de défenses ridicules, je ne les ai pas beaucoup appréciées. Si ce sont les chiens, les chats, les poules, ou le cochon domestique, je les ai  bien aimés.  Si ce sont les hommes, femmes et enfants qui vivent en marge de la société de consommation américaine bien cachés dans le bayou qui font la fête, croquent à belles dents dans les écrevisses et les crabes tout juste pêchés, qui déchirent un poulet tout juste grillé à pleine mains, qui préfèrent se saouler pendant que la tempête, l’ouragan, Katrina peut-être inonde le bassin.

Est-ce un documentaire sur la Louisiane pendant l’ouragan? Est-ce une fable écolo? Le réchauffement climatique comme les pans de banquise qui s’effondrent le suggèrent. Provocation que cet incendie volontaire que la petite fille a allumé. Provocation que cet home qui tire sur les nuages pour effrayer la tempête déchaînée. Joie des feux artifice, de la musique, du désordre incroyable. Énergie que dégage ce petit bout de femme de six ans, bottée de caoutchouc, avec son air buté,  ses sourcils froncés sur un front boudeur.

Une jolie surprise: l’Amérique est capable de nous offrir mieux que des films formatés! Peut être pas le chef d’œuvre annoncé, mais qui a dit qu’on ne devait aller voir que des chefs d’œuvres?

Le goût de la Cerise – Abbas Kiaraostami (DVD)

TOILES NOMADES

J’avais raté sa sortie en salle, le Père Noël a réparé cette lacune. J’ai donc visionné sans aucune préparation le DVD. quand un film est primé – Palme d’Or en 1997 – il est accompagné de tout un cortège d’articles de Presse et la spectatrice sait à peu près à quoi s’attendre. Une quinzaine d’années plus tard, le titre reste en mémoire, seul. C’est donc sans aucun préjugé que j’ai découvert Le Goût de la Cerise


Un automobiliste tourne dans les lacets d’une route en construction dans les chantier de la banlieue d’une grand ville – Téhéran ? jamais montrée – atmosphère poussiéreuse de ces collines qui ne sont plus la campagne et pas encore la ville. La terre est très présente, remuée par les pelleteuses, déversée sur les flancs de la route. L’automobiliste roule à petite vitesse, cherchant quelque chose. Repère-t-il des lieux? Surveille-t-il les constructions? Il cherche quelqu’un. Longtemps on ne sait qui ni pourquoi. Des ouvriers se présentent à l’embauche, il poursuit un carrier qui le fuit. Il cherche d’abord des déshérites pour leur proposer une grosse somme d’argent sans préciser la tâche. Un soldat finit par accepter de monter dans le gros 4×4. La conversation est simple, les questions anodines se répètent à chaque rencontre mais elles mettent chaque fois mal à l’aise l’interlocuteur (et le spectateur). Cherche-t-il à faire un mauvais coup? cherche-t-il un amant? quelle est cette affaire mystérieuse?

C’est au soldat, après un bon quart d’heure (de film) qu’il révèle la nature du travail. Il a besoin d’un fossoyeur qui viendra l’ensevelir d’une vingtaine de pelletées de terre le lendemain matin. Où le réveiller s’il n’est pas mort. La tombe est prête

Le soldat s’enfuit, il proposera la tâche à un afghan gardien du chantier, puis à un séminariste(aujourd’hui on aurait peut être traduit par taliban). Tous sont effrayés par l’idée de suicide contraire à la religion. D’autant plus que le héros n’expliqura jamais son désespoir. Au contraire il présente le suicide comme l’expression d’une liberté, du libre-arbitre donné à l’homme, comme un argument philosophique plutôt que d’en appeler aux sentiments, il fait appel à la raison. Cela dépasse l’entendement de l’étudiant en religion. En revanche, un vieil homme, taxidermiste au Musée, père d’un enfant anémique, accepte, pour son enfant. Mais il impose un détour qui lui permettra de raconter comme un conte son expérience d’un suicide avorté.  Comme il a retrouvé le goût de la vie, en goûtant le fruit de l’arbre qui devait être sa potence.

La suite du film est encore plus étrange. On ne saura jamais si l’homme a été convaincu par le vieil homme, un orage, un écran noir pendant une longue minute,fera une coupure. la fin est incohérente: on se retrouve sur le tournage d’un film, à une autre saison. La poussière a été remplacée par de la verdure. Mise en abyme? Film dans le film? ruse pour égarer la censure? A nous de décider!

Cherchant une explication, on rembobine dans sa tête. La symbolique de la terre est très présente, cette terre que les engins déverse fascine celui qui doit être enseveli. Le chemin sinueux où passe et repasse le véhicule sans arriver nulle part est aussi signifiant. Absurdité. Incompréhension? Peut être les Iraniens ont-ils des clés que je ne possède pas. Pouvoir militaire ou religieux sont-ils évoqués par hasard? comme cette ville tentaculaire qui s’étend. Les hommes  abordés sont des déracinés, l’un est kurde, deux sont afghans, le dernier turc, où est ce Loristan d’où est originaire le chiffonnier? Tous semblent des étrangers à Téhéran. Étrange politesse de celui   pauvre, offrant du thé à un parfait étranger venu à bord d’un 4×4 luxueux. Ces hommes sont dans un grand dénuement mais l’appât du gain ne leur fera pas transgresser l’interdit du suicide. Le vieux taxidermiste, a-t-il pensé qu’il avait redonné au désespéré le goût de la cerise?

Héritage – film de Hiam Abbass

TOILES NOMADES

Survol de la Galilée, vue aérienne. Magnifique image? Le ciel est dangereux, des escadrilles le traversent dans une guerre frontalière. Sous la menace des bombes, la vie continue. Au village derrière les oliviers, un mariage se prépare. Ce n’est pas une opération militaire qui l’empêchera a décidé Samira (Hiam Abbas, la mère de la mariée). Le mariage réunira toute la famille au village: le patriarche, son fils ainé qui veut se faire élire à la mairie avec le soutien d’un parti israélien, un autre, homme d’affaires ruiné et le troisième médecin, ses filles l’ainée la soumise, et la plus jeune, Hafsia Herzi, artiste moderne étudiante amoureuse de son professeur de peinture anglais.

« L’histoire d’Héritage, c’est plutôt l’histoire des conflits à l’intérieur d’une famille palestinienne qui vit dans un village palestinien, en Israël, sur la frontière avec le Liban, et cela concerne plutôt les conflits intérieurs dans une enveloppe de guerre générale. C’est presqu’une guerre virtuelle, qui existe toujours au-dessus de nos têtes, nous les Palestiniens d’Israël, parce qu’il y a cette menace d’une guerre entre les pays arabes et Israël. »

dit Hiam Abbass dans l’interview d’ARTE

Ce mariage m’a rappelé les Noces en Galilée de Michel Khleifi (1987) dont j’ai gardé un souvenir très vif. Le propos en est très différent mais il se passe dans le même décor.

Après la photo de famille, la noce sera interrompue : une alerte, un bombardement disperse l’assistance, le grand père est victime d’une crise cardiaque. La famille s’acharne  la jeune Hajar qui ne pourra pas vivre ses amours avec l’Anglais – Hafsia Herzi dans une interview parle d’un Roméo et Juliette palestinien. La campagne du candidat aux élections est interrompue par le cousin de sa femme qui le traite de collabo. Le médecin apprend qu’il est stérile. Toujours, les femmes paient le prix fort à la tradition même si elles sont modernes, polyglottes, avec un caractère bien trempé.

 


 

l’Autre Rive – film géorgien de George Ovashvili (DVD)

TOILES NOMADES

A sa sortie en salle, une curieuse mésaventure m’avait privée de séance : les bobines d’un navet américain homonymes étaient arrivées dans mon cinéma préféré. J’ai donc acheté le DVD!

Tedo ferme les yeux quand la cruauté du monde lui paraît insupportable

Très joli film sans prétention. Un gamin craquant dans les conflits inextricables du Caucase. Gamin géorgien réfugié d’Akhazie vit à Tbilissi dans une grande pauvreté, apprenti dans un garage, petit voleur d’occasion. Il veut rejoindre son père en Abkhazie sur l’autre rive. Géorgiens, Russes, Abkhaziens se font la guerre, on ne comprend pas bien ni où ni pourquoi. Violences gratuites? viol, vengeances? L’innocence de l’enfant lui sert de passeport, son obstination aussi. Il subit cette violence, se fait jeter du train, un camionneur l’abandonne en pleine montagne quand la vie lui parait insoutenable, il ferme les yeux mais poursuit sa quête.