TOILES NOMADES

Parlons d’abord cinéma : L’Attentat est un excellent thriller, le spectateur ne s’ennuie pas un instant. Même si on a lu le résumé , si on sait déjà que le Docteur Jafaari, célèbre médecin arabe israélien, apprend que sa femme s’est faite exploser dans un attentat, on ne s’ennuie pas un instant. L’action se déroule au rythme haletant d’un film policier.
Amine Jefaari mène l’enquête de Tel Aviv à Naplouse. Les indices sont minces et distillés petit à petit. Les acteurs excellents, le décor plus que réel (parti pris que le réalisateur libanais a imposé malgré le handicap d’avoir tourné en Israël, et qui lui vaut la censure dans son pays).
Comment Amine n’a-t-il rien vu, rien deviné? Comment Siham a-telle mené une vie parallèle à l’insu de son mari? Comment une femme qui vit dans la bourgeoisie israélienne, moderne, éduquée, chrétienne, belle, aimée peut elle se transformer en martyre?
Un indice, une lettre : « A quoi sert le bonheur quand il n’est pas partagé ? »

La quête d’Amine le mènera à Naplouse où le point de vue sera radicalement décalé. Quels sont ces radicaux, ces terroristes qui ont « lavé le cerveau » de Siham? La réponse se trouve sans doute chez ce Cheikh exalté qui prêche à la radio?
Changement de décor : nouvelles perspectives, nouvel indice:
» Le bâtard n’est pas celui qui ne connaît pas son père, c’est celui qui ne connaît pas ses racines. »
Retour à Tel Aviv, Amine pourra-t-il reprendre sa vie à l’hôpital? quels seront ses rapports avec ses collègues et amis juifs? Plus grave, que fera-t-il de son enquête personnelle? Sa collègue qui l’a soutenu, lui rappelle: il y a eu 17 victimes dans l’attentat, des enfants qu’il a lui-même soignés! Il n’est pas question d’occulter cela non plus.
Tout est dans la nuance, l’ambiguïté, le refus du manichéisme…dans l’impasse aussi!
lire la critique de Rue89:


















