Troubetzkoy sonne vraiment russe ! Je le découvre italien, né en 1869 en Italie, enfant illégitime d’un diplomate russe et d’une mère américaine pianiste et chanteuse. Plutôt cosmopolite, dans son ascendance et dans sa carrière.
Milan (1886 – 1875)
Bugatti
Sa formation artistique se déroule à Milan où il fréquente les artistes anticonformistes
Moscou – Saint Pétersbourg (1897 – 1898)
Moscou – l’hiver, traineau Le tsar Alexandre III
En 1900, il remporte le concours pour la statue équestre du Tsar Alexandre III. Il rencontre Tolstoï
Moscou calècheTolstoï
1906 installation à Paris
Robert de Montesquiou
Il se promène au bois de Boulogne avec ses loups apprivoisés et fréquente les élites de la capitale. Il parfait le genre du portrait-statuette on découvre dans l’exposition les statuettes de Anatole France, Rodin, Bernard Shaw, Roland Garros aux commandes de son avion,
Anatole France
ainsi que de belles dames souvent en compagnie de leurs animaux familiers
la marquise Luisa Casati
j’ai bien aimé la série de danseuses
danseuses.
Troubetzkoy l’américain
Il fait plusieurs séjours aux Etats Unis (1911 – 1912 et 1914-1920)
Cow boys
Fasciné dès sa jeunesse par le Wild West Show de Buffalo Bill qui s’est produit à Milan en 1890 il représente cow boys et indiens
indien
Troubetzkoy et le monde animal
Comment pouvez-vous me manger?
Il représente volontiers les hommes ou les enfants en compagnie de leurs chiens et à la suite de Tolstoï ou Bernard Shaw s’est engagé pour la cause animale comme le montre le diptyque des dévoreurs de cadavres
Dévoreurs de cadavres
Strictement végétarien, Troubetzkoy s’éteint d’une grave anémie.
j’ai beaucoup aimé les bronzes de petits formats plus que les grands portraits . j’ai été surprise de lire que nombreuses statues proviennent du Petit Palais, je me propose de leur rendre visite quand l’exposition sera terminée.
Le nom de Gustonne m’était pas inconnu; je l’avais rencontré à la Fondation Vuitton lors de l’exposition Nymphéas, les derniers Monet et l’Abstraction Américaineen 2018 CLIC
Guston détail du rouge au centre du tableau
Exposé avec Pollock, Rothko, De Kooning, et d’autres. Je me souviens d’un grand tableau rouge complètement abstrait. je l’ai retrouvé au Musée Picasso.
Avant de peindre des tableaux abstraits, dans les années 50, Guston a peint des grandes fresques murales, des tableaux variés, des œuvres militantes, et il est revenu à la figuration dans les années 70. C’est donc un plasticien très complet, une personnalité américaine marquante que j’ai eu le plaisir de découvrir au Musée Picasso.
Mother and Child (1930)
Philip Guston a tout à fait sa place au Musée Picasso. Mother and Child est exposé en regard de La Jeune fille au chapeau (1921) et les deux tableaux dialoguent parfaitement. On peut aussi noter des analogies avec De Chirico, Max Ernst A propos de Guernica, moins célèbre que celui de Picasso, Bombardement de Guston, traite des horreurs de la Guerre d’Espagne. Il est présenté à côté du cheval du célèbre tableau.
Bombardement (1937)
La construction de ce tableau rond est impressionnante. On perçoit au centre l’explosion de la bombe tandis que les avions nazis survolent la ville. Au premier plan le personnage au masque à gaz à silhouette de Superman et à la cape rouge symbolise-t-il la mort (ou je fais un anachronisme?)
Esquisse pour une fresque murale – Study for Queensbridge Housing (1939)
Murals 1931 dénonce le lynchage judiciaire de 9 afro-américains accusé à tort de viol. -La fresque fut détruite par un groupe de policiers. En 1932, des peintres muralistes mexicains José Clemente Oxoco et Siqueiras l’entraînèrent au Mexique pour réaliser des murals. L’exposition présente une vidéo de la restauration de la fresque de Morelia The struggle against Fascism, fresque de 100 m2 recouverte puis redécouverte et restaurée.
Au temps de l’Action Painting
1947 à Greenwich village, Philip Guston s’engage dans l’abstraction en compagnie de Pollock, Rothkoet de Kooning. Il fréquente également John Cage et Morton Feldman. De cette époque, il réalise aussi des portraits amusants, plutôt des caricatures. je reconnais Cocteau, Apollinaire, Diaghilev et Poulenc.
Philip Roth (1975)
Nixon Drawings
En 1969, il rencontre Philip Roth. A la même époque, il retourne au figuratif et fait toute une série de 73 dessins Poor Richard exposés en face des dessins de Picasso : Songes et mensonges de Franco (1937). A propos de Nixon, du Watergate, et de sa propriété de Kaye Biscayn. Les caricatures sont féroces. je remarque les occurrences fréquentes des lunettes carrées de Kissinger.
Poor Richard!
Je ne peux m’empêcher de penser à Mar-a-Lago de Trump, son golf, qui pourrait maintenant faire une série pareille, insolente et inspirée?
Philip Roth, de son côté a écrit Tricard Dixon et ses copains. Fuyant le scandale, Roth s’installe à Woodstock ainsi que Guston.
Un mandarin qui joue les crétins
Studio Landscape
En 1970, Guston abandonne l’abstraction; expose des personnages encagoulés, esthétique évoquant la bande dessinée. Cet abandon lui est reproché ce à quoi il répond:
Ses tableaux récents venaient résoudre la schizophrénie dont Guston se sentait affecté : « la guerre, les évènements américains, la violence dans le monde. Quel sorte d’homme étais-je donc, assis chez moi, lisant des magazines, m’indignant de ce qui passait, puis retournant dans mon atelier pour accorder un rouge et un bleu »
Autoportrait peignant dans son atelier
Le rose qu’il emploie est une sorte de provocation : il déclare que le rose est la couleur la plus vulgaire symbolisant la bêtise. Guston se représente coiffé de la cagoule du KuKluxKlan qui symbolise le mal. Etrange inversion qu’il compare à la situation d’Isaac Babel se retrouvant avec les cosaques instigateurs des pires pogroms.
La dernière salle de l’exposition : Un monde tragicomique montre un grand tableau Black Sea
Black Sea
Guston se souvient de ses origines. Né Goldstein à Montréal, d’une famille de Juifs d’Odessa dont est originaire Isaac Babel. La Cavalerie Rouge serait pour le peintre « une tragicomédie où les idéaux se fracassent contre les murs du réel dérisoirement prosaïque » l’énorme fer à cheval serait un monument à l’écrivain de la cavalerie rouge.
J’ai découvert un artiste dont je me sens (modestement) terriblement proche, entre Roth, Babel, Pollock et Rothko. Lutte anti-apartheid, fresques sociales. Musique de Cage. Toute une Amérique qu’on aimerait voir se lever contre les horreurs actuelles.
« A l’occasion du vingtième anniversaire de l’ouverture au public du MAC VAL l’exposition « Forever young » se tourne vers le futur : elle réunit 20 jeunes artistes pour quoi la rencontre avec le MAC VAL a constitué un moment pivot, un tournant dans leurs parcours artistique.
Fréquentation et compagnonnages sont peut être les maîtres-mots de ce projet. En effet, elles et Ils ont grandi près et avec le MAC VAL » (extrait du texte du commissaire de l’exposition)
…Proche voisinage. J’aime visiter le MAC VAL, où je me sens presque « chez moi » il y règne une ambiance amicale d’ouverture sur la ville de Vitry, sa population mélangée, le Street-Art dans les rues, le marché du samedi, et non loin, un collège où j’ai enseigné autrefois. Musée d’Art Contemporain très accessible. Ce qui est paradoxal. Pas de snobisme. Des visites guidées passionnantes.
Coco de RinneZ devant son autoportrait en Marylin de Warhol.
J’ai eu le grand plaisir d’échanger quelques mots avec la photographe Coco de RinneZ qui s’est « autoportraitisée » en Che Guevara, Basquiat, ElisabethII d’Angleterre, Frida Kalho, Basquiat, Bob Marley, Polnareff marquant ainsi les identités multiples dépassant les catégories de genre, de race, de culture.
Coco de RinneZ : autoportraitsCoco de RinneZ : autoportraits
je n’avais pas remarqué la série de peintures faciale. C’est Coco elle même qui me les a montrés. Encore plus de cosmopolitisme. Et cela va très bien à Vitry!
Mario D’Souza : Home away from Home
L’installation de Mario D’Souza est plus énigmatique : sur trois tapis fleuris l’artiste a disposé des tissus de couleur vive pliés, des cadres contenant des dessins, des oiseaux en bois, et des répliques de fruits exotiques. Devinette : d’où proviennent tous les objets? Un texte en sanscrit nous donne un indice : Mario D’Souza est né à Bangalore. Home awimpray from Home illustre-t-il l’exil ou le cosmopolitisme?
Dessins de Mario D’Souza : mains cueillant des fruits
Rebecca Topakian née à Vincennes nous transporte avec ses photos en Arménie d’où est originaire sa famille. Certaines sont imprimées sur de curieux supports en verre ou en pierre.
La chambre rouge de Maïlis Lamotte-Paulet (voir plus haut) est plus énigmatique. Quelle chambre a son sol en goudron? et ces parpaings emballés dans des sacs plastiques roses? Le rose fait girly, le rouge, bordel, bonbons, grenades et jus de fruit sur l’écran de télé, étonnent. Se trouve-t-on dehors ou dedans? Feuilletage des métaphores a dit le conférencier.
Agitatrice de Chadine Amghar
Agitatrice cette planche à repasser recouverte de Toile de Jouy? L’écharpe d’un club de foot marocain montre l’ambiguïté de cet accessoire normalement féminin, ambiguïté aussi de la double culture franco marocaine. Chadine Amghar détourne les objets ménagers ainsi que les trottinettes emballées dans du polystyrène : monument à la mobilité douce ou au contraire emballage de ces trottinettes décriées. La présence des pigeons est aussi contradictoire : les pigeons, comme les trottinettes sont des malaimés.
Jordan Roger : Burn them all
Le gentil château de conte de fées en céramique pastel suggère le Chateau de Disney. A première vue, il est bien enfantin et innocent. Si on le regarde mieux, il brûle des flammes de l’enfer. Des inscriptions assassines se découvrent ensuite. C’est une dénonciation de l’homophobie : des contes de Disney où les gays sont les méchants. Rejet même dans la famille de l’artiste qui lui a fait barrer le Roger de son nom.
Je n’ai pas pu étudier, photographier les autres installations. Dommage. A vous de faire le déplacement à Vitry!
Evidemment, il y a aussi les collections permanentes avec des œuvres nettement antérieures. Parmi les noms les plus connus Annette Messager, Agnès Varda, Etel Adnan…. et bien d’autres.
John Sargent, arrive à Paris à 18 ans en 1874. Carolus-Duran impressionné par la qualité de ses dessins l’admet dans son atelier. Bientôt l’élève surpasse le maître. En 1879, il fait avec Manet le « pèlerinage » au Prado et copie Velazquez, puis part en Hollande avec Helleu pour étudier Franz Hals. L’exposition d’Orsay montre 3 portraits de ses collègues à la manière de Velazquez ou de Franz Hals.
Portrait de Vernon Lee – historienne de l’art, féministe
Portraitiste virtuose, Sargent est aussi un peintre voyageur : La Bretagne, Venise, Capri lui fournissent des sujets aimables quoique un peu conventionnels et touristiques
J’ai bien aimé ses représentations de musiciens espagnols et de danse de flamenco El jaleo et d’autres danseuses
El jaleo (Wikipedia)
Peintre-voyageur, ses carnets de croquis de marine sont intéressants .
Frances Sherborne Ridley
Peintre reconnu, il obtient des médailles et expose chaque année au Salon de grands tableaux de belles dames avec de belles robes, ou quatre petites filles à la manière des ménines. Il excelle dans le rendu des tissus, des dentelles ou des tulles fins et mousseux. On imagine les salons mondains du temps de Zola ou de Proust…mais ce ne sont pas les tableaux que j’ai préférés. Je me suis amusée de rencontrer les artistes, ses amis ou collègues : Rodin, Helleu, Monet, Gabriel Fauré
Monet peignantHelleu dessinant
Mon préféré est la répétition de l’orchestre Pasdeloup
Répétition de l’orchestre pasdeloup
La brillante carrière de Sargent à Paris s’achène par un scandale avec le portrait de madame X, la bretelle de la robe noire qui a glissé a été jugée trop suggestive pour les bien-pensants.
À l’occasion du bicentenaire de sa mort en exil à Bruxelles en 1825, le Louvre consacre à David une grande exposition. Exposition sans surprise : les tableaux majeurs sont au Louvre dans les collections permanentes. La plupart des tableaux présentés ici sont très connus, illustration des manuels scolaires. L’intérêt de cette rétrospective est de retracer la carrière du peintre et montrer son engagement politique comme citoyen pendant la Révolution puis son attachement à Bonaparte/Napoléon.
Bélisaire demandant l’aumône
De Paris à Rome (1770 -1779) et de Rome à Paris (1780 – 1783) et même Rome contre Paris
Lauréat du Grand Prix (après 3 échecs) David part à Rome où il peint de grands tableaux antiques, très classiques. Les premiers ne séduisent pas. Il découvre ensuite Caravage, Ribera et se détache du goût « rocaille » pour des compositions très théâtrales comme le Serment des Horaces
Ces grands tableaux sur des sujets antiques sont interprétés par d’autres peintres. Bélisaire a été copié pour un autre commanditaire, mais aussi peint par Vincent (1776) et Peyron (1779). Parmi les autres tableaux antiques il y a aussi La Mort de Socrate ou La Douleur d’Andromaque.
En plus de ces tableaux héroïques on voit plusieurs versions des Amours d’Hélène et de Pâris (1789). J’ai noté déjà le goût pour le mobilier antique (lit annonçant le mobilier « empire » et le soin dans la peinture des draperies.
David portraitiste : l’épure sans concession
Dans ses portraits David n’enjolive pas , il fait des portraits réalistes de membres de sa famille.
David dans la Révolution (1789 – 1792) –
Le serment du Jeu de Paume (étude)
David plutôt que de peindre l’héroïsme comme dans la Rome antique, s’engage dans l’action politique. Il a ébauché un énorme tableau du Serment du Jeu de Paume (10 mx 6 m) qui est resté inachevé, les personnages sont esquissés seul quatre d’entre eux ont les visages peints, sans doute pour faire appel à une souscription. Curieusement il a dessiné les personnages nus avec un soin particulier pour la musculature. Pourtant sur le projet ci-dessus on les voit bien habillés.
L’énorme tableau inachevé
– Auprès de Robespierre (1792 -1794)
Avec le rapprochement avec Robespierre, David se radicalise. Elu député de Paris à la Convention , il fait aussi partie du comité de Sûreté générale et est ordonnateur de grandes festivités . Avec la mort du roi, un culte des martyrs de la liberté illustré par La Mort de Marat présenté avec solennité en trois exemplaires . Cette représentation est presque christique. Un autre martyr est le jeune Bara
La mort du jeune Bara
Pour sa participation à la Terreur, David est incarcéré et a peint cet autoportrait
Autoportrait
Revenir sur le devant de la scène (1795 -1800)
Survivant de la Terreur, épuisé, David se remet au travail sans attendre l’amnistie et peint des portraits. Le plus connu est celui de Mme Récamier
Madame Récamier
Les Sabinesmontrent les femmes faisant cesser les combats et appelant à la réconciliation. Les femmes ne sont plus passives comme dans le Serment des Horaces. Elles sont venues avec leurs enfants. Hersilie, au centre du tableau s’interpose entre son père Tatius, roi des Sabins et Romulus, identifié par son bouclier.
les Sabines
« je vous aime David »/ »Bonaparte est mon héros »
David rencontre Bonaparte en 1797. Il fera des portraits . J’attendais le Sacre il n’est pas dans l’exposition! En revanche une série de portraits en 1812 de l’empereur peuvent être observés avec attention. L’heure à la pendule 4h15, les bougies consumées suggèrent que Napoléon a travaillé toute la nuit et le résultat est une accumulation de lettres et rouleaux de papier…
Exil à Bruxelles (1816 – 1825)
Mars terrassé par Vénus et les Grâces
David ne m’attirait pas tant que cela, les tableaux sont archi-connus pour la plupart. Mais l’exposition a piqué ma curiosité et présenté le personnage engagé en politique, même si souvent j’ai préféré les tableaux de ses rivaux comme le grand Jupiter et Thétisd‘Ingres faisant face à Mars terrassé... De même j’ai préféré la version de Gérardpour Psyché et Amour
Les collections permanentes occupent le 2ème étage du Musée de Pont Aven.
Enseigne de l’ancienne Pension Gloanec peinte à 4 mains Van den Anker et Quignon
J’aurais résumé l‘Ecole de Pont Avenavec les peintres les plus fameux : Gauguin,Emile Bernard, Sérusier et les Nabis. Je suis très étonnée d’apprendre que Pont Aven accueillait les peintres depuis 30 ans déjà avant la venue de Gauguin (1886) et d’Emile Bernard(1888). Dès l’arrivée du chemin de fer (1850) des artistes de diverses origines confluèrent vers la Bretagne et Pont Aven : Américains, Scandinaves, Britanniques, Néerlandais attirés par le pittoresque du paysage et des costumes bretons comme de la modicité de la vie dans cette petite ville.
Otto Weber retour de l’église
Je découvre des peintres dont je n’avais jamais entendu parler. Les tableaux les plus anciens sont d’une facture plutôt classique représentant des scènes pittoresques de la vie bretonne : sortie de messe, costumes traditionnels, scènes d’intérieur de mobilier breton.
Van der AnkerLe partage du beurre
La vie artistique était collective avec des tableaux peints « à 4 mains », certaines œuvres n’étaient même pas signées, certaines peintes sur le mobilier de l’auberge comme une porte, ou cette très belle enseigne de la Pension Gloanec peinte par Van Den Anker et Fernand Quignon.Les artistes étaient si nombreux que Gauguin préféra chercher le calme au Pouldu. La bonne entente entre Gauguin et Emile Bernardne dura pas très longtemps, la rupture eut lieu en 1891.
Maurice Denis – Régates à Perros Guirec
Les collections du Musée de Pont Aven témoignent d’un foisonnement de styles de recherches picturales : japonismeà la suite de l’Exposition Universelle de 1867 . Avec la diffusion des estampes on voit la proximité avec le cloisonisme, style mis au point par Emile Bernard et Louis Anquelin (1887) . Le Talisman peint par Serusier, icone des Nabis,fut peint au Bois d’Amour (1888) sous les enseignements de Gauguin, une véritable leçon de peinture.
Pour les 40 ans du Musée de Pont Aven, Gauguin et Emile Bernard s’exposent:
Gauguin Martiniquaises
Tout un mur est couvert de zincographies sur papier jaune de Gauguin dessinés à Arles, à la Martinique, en Bretagne… Gauguin ou Emile Bernard? ils sont si proches que parfois je m’y perds comme avec ces bretonnes sur un pré vert.
Dans la salle suivante, il est question de quête spirituelle avec des tableaux de Sérusier, Marcel Denis et encore Emile Bernard.
Emile Bernard Le pardon
Un film va illustrer toutes ces recherches picturales : « tout oser! » à l’origine du Synthétisme
Parmi les plasticiens que je ne connaissais pas j’ai bien aimé André Jolly avec ses tableaux frais, colorés racontant la vie bretonne et le travail des goémonier.
André Jolly : le four
La peinture ne s’est pas arrêtée au début du XXème siècle à Pont Aven, il me faudrait aussi visiter les très nombreuses galeries de peinture. Certaines pour touristes, d’autres intéressantes. Mais je suis saturée de peinture, besoin de respirer sur le sentier côtier!
Exposition temporaire : Sorcières (1860-1920)Fantasmes, savoirs, liberté du 7 juin au 6 novembre 2025
Le Feu et les Bûchers occupe la première salle et sert d’introduction. On y rappelle que 80% des victimes des bûchers furent des femmes.
Sidonia von Borcke Edward Burne Jones
Deux figures historiques sont les héroïnes : Jeanne d’Arc qui devint un mythe pendant la IIIème République et qu’il est inutile de présenter. Sidonia von Borke (Wikipedia) en Poméranie, orpheline, refusa l’autorité de son frère et fut enfermée dans un couvent d’où elle transgressa les règles et fut condamnée comme sorcière(1620) Elle inspira un roman gothique à Wilhem Meinhold et un portrait fameux au peintre préraphaélite Edward Burne Jones.
Les jeux de la nuit
La lune rousse
Des héroïnes littéraires, on peut citer Esméralda, le culte d’Hécate, les sorcières de Macbeth qui inspirèrent avec les feux infernaux, les danses frénétiques graveurs, illustrateurs et peintres. 4 petites gravures de Goya m’ont bien plu. Deux grands tableaux racontent des légendes bretonnes. Diverses illustrations de Notre Dame de Paris sont exposées avec 12 portraits de la main de Victor Hugo, des illustrations de Faust par Eugène Delacroix ou Luc Olivier MersonpourMacbeth. Cinq dessins de Spilleri pour Maeterlincket Verhaeren.C’est une section très littéraire.
Certaines œuvres contemporaines accompagnent les plus anciennes.
Au coin du feu
se disent les contes, et dans les contes la sorcière est très présente. Le XIX ème siècle est l’âge d’or de l’illustration des contes de Grimm, Perrault et des contes russes de Baba Yaga
Le feu au corps
Salomé d’Oscar Wilde
Une autre face de la sorcière est celle qui dissimule ses maléfices, un vieille femme horrible ou une séductrice : Méduse de Bourdelle, Circée ou Salomé Au début du XXème siècle c’est aussi une nymphomane hystérique. gravures de Beardsleypour Salomé d’Oscar Wilde
le Feu du Savoir
la sorcière est aussi la femme guérisseuse, la savante. George Sanddans la Petite Fadette écrit « On n’est jamais savant sans être un peu sorcier »
Des artistes imaginent la sorcière alchimiste et savante accompagnée de leur chat noir. Ranson, Incantation et en face la peinture sophistiquée de Waterhouse
Des vidéos accompagnent l’exposition, Méliès et la Fée Carabosse, Loïe Fuller.
Avant tout, équipez vous de l’audioguide qui se déclenchera au moment opportun devant chaque œuvre! Mais une fois que j’ai eu l’audioguide et le smartphone dans l’autre main pour les photos, je n’ai pas pu prendre de notes comme à l’accoutumée. Je vais donc illustrer la B.O. !
La B.O.
• Richard Wagner, Prélude de l’opéra Lohengrin, 1850
le plus russe des œuvres présentées?
• We praise Thee (chant russe orthodoxe)
Toussaint
• Arnold Schönberg, Trois pièces pour piano opus 11. Mässige (modéré), 1909
Arnold Schoenberg
• Arnold Schönberg, Quatuor à cordes en fa dièse mineur opus 10. Mässig (modéré), 1907-1908
Le Concert avec le piano de Schoenberg
• Alexandre Scriabine, Poème de l’extase opus 54, 1907
• Modeste Moussorgski, Tableaux d’une exposition, 1874
• Johann Sebastian Bach/Anton Webern, Ricercata (Fugue à six voix), extrait de L’Offrande musicale BWV 1079, 1935
• Alban Berg, Concerto « À la mémoire d’un ange », 1935
..
La visite se déroule donc en musique. En plus des tableaux sont présentées aussi des études, des dessins, et de grandes animations en musique projetées sur de grands écrans, il semble qu’on voit le tableau se construire en rythme, des triangles, des cercles bougent, dansent, changent de place. Les Tableaux d’une expositions ont été mis en scène à Dessau à l’école du Bauhaus. Curieuse mise en abyme d’une exposition de peinture que Moussorgski met en musique et qui inspire Kandinsky pour une nouvelle mise en peinture, couleurs synesthésiques? formes dansantes? Architecture. Une autre projection XXL sur un écran : le Salon de musique (1931) conçu pour l’exposition d’architecture de Berlin .
Composition X (1939) écoute : à la mémoire d’un ange – Alban Berg
j’ai découvert Mohamed Bourouissa au Musée d’Art Moderne CLIC
puis croisé au Palais de Tokyo
j’aime bien les surprises que des plasticiens contemporains apportent au Louvre comme l’an passé Barbara Chase Riboud je me suis mise en quête de l’installation de Mohamed Bourouissa signalée en bas par une belle affiche.
Mais aucune indication précise sur la localisation, un vague « espace Presse ». Sous la Pyramide, j’interroge un jeune homme vêtu d’un uniforme noir : sécurité ou accueil? Il est très aimable et me répond :
« je vais interroger ChatGpt »
Diable! moi qui le croyais chargé d’accueillir le public! Et le mieux c’est que ChatGpt lui donne l’information que c’est une exposition virtuelle sans localisation dans le musée. Je retourne au comptoir d’accueil et demande à un monsieur d’un âge certain. L’installation se trouve dans la Chapelledans l’aile Sully à l’étage. Belle grimpette, 1 étage au Louvre équivaut à 3 ou 4 dans un immeuble d’habitation.
Une salle vide, sombre, avec 3 poufs poire sur un écran se projette une vidéo les 4 temps au Tuileries
Le soir tombe, les gardiens verrouillent un cadenas, on suit le personnel de sécurité dans les jardins vides à l’arrière d’un coucher de soleil somptueux sur la Défense (jeu de mot, justement à la Défense il y a un Centre Commercial : Les 4 temps). Ronde de nuit pixellisée, à l’arrière des éclairages urbains de la rue de Rivoli. Les statues sont esseulées, elles semblent se mouvoir. …Le matin se lève avec les joggers et les ramasseurs de poubelles. Hiver : les marronniers sont dénudés, le jardin semble appartenir aux corbeaux..
Printemps, ronde des saisons, les touristes sont nombreux….
J’ai aimé voir le temps se dérouler aux jardins, aimé aussi l’attention que le vidéaste prête au personnel de gardiennage ou d’entretien qu’on ne voit pas forcément.
Et merci au monsieur du comptoir!
et zut à ChatGpt qui donne des informations erronées!
Dans la cohue du Louvre j’étais seule dans la Chapelle:
marie Thérèse de SavoieExposition temporaire jusqu’au 8 février 2026
Emmanuelle Kant « Portrait Grandeur Nature « et Angelica Kauffmann Autoportrait en bacchante
Le Musée Cognac Jay réunit les collections XVIIIème siècle des fondateurs de la Samaritaine. Rue Elzevir, non loin de Carnavalet dans un joli hôtel particulier, l’hôtel Donon. Les pièces d’exposition sont particulièrement soignées avec des boiseries d’époque. Les tableaux et bibelots sont présentés avec des meubles précieux . Même hors exposition la visite des collections permanentes vaut la visite.
Salon Boucher une des plus belles pièces du musée
Dans Correspondances, Agnès Thurnauer projette un éclairage contemporain sur l’art du 18ème siècle et plus particulièrement sur cette période-clé où les femmes peintres, comme Vigée-Lebrun, savantes La marquise de Chatelet ou Madame de Staël ont su s’imposer dans un monde masculin. Deux « Portraits Grandeur Nature » EMMANUELLE KANT et FRANCOISE BOUCHER gros badges comme des pins monstrueux donnent le la. Exposition radicalement féministe.
Un merveilleux Canaletto est accompagné de 7 petits tableaux de nuages avec l’inscription NOW. Commentaire de Agnès Thurnauer :
« une œuvre est plus contemporaine du regard que l’on pose sur elle que de l’époque où elle a été produite »
La plasticienne va orienter le regard du visiteur, établir des Correspondances entre les œuvres du 18ème S. et son travail exposé.
La salle suivante aura pour thème : Le Corps à l’Œuvre
Sleepwalker – Vénus de Poncet et au sol matrices de lettres
Il faut aussi confronter cet ensemble à l‘Odalisquede Boucher où le corps de la femme est livré comme objet de désir. Sleepwalker accumule les mots de l’artiste acrylique … académique … composition… dyptique… et par dessus le texte, le corps de l’artiste, nue de dos apparait sujet et non pas objet . L’artiste s’affirme créatrice et n’a pas peur à se représenter nue.
Perrette et le pot au lait (détail)
Performance au féminin occupe la salle suivante .
La figure centrale est Perrette et le Pot au Lait de Fragonard présenté ainsi par les Frères Goncourt
« La laitière du pot au lait montre ses jambes et pleure comme une naïade sur son urne brisée »
Regard masculin érotisé. Perrette pleure-t-elle ses rêves de fortune ou sa vertu perdue?
Agnès Thurnauer : Le Corps à l’œuvre
Ce n’est plus une petite fille éplorée mais une femme puissante dont les seins gonflés rappellent le lait perdu. Elle montre ses jambes bien campées au sol. Seules les couleurs sont celles de Perrette!
Lire, Ecrire, Se Représenter
Emilie e Breteuil Marquise du Châtelet
Cette salle met à l’honneur des femmes majeures du Siècle des Lumières. la figure centrale est Emilie de Breteuil, marquise du Châtelet, mathématicienne, physicienne, traductrice de Newton, représentée ici avec un compas.
Madame de Staëlcitée sur la cimaise :
Les femmes : « tantôt elle sont tout, tantôt elle ne sont rien. Leur destinée ressemble à quelques égard à celles des affranchis chez les empereurs, si elles ont du pouvoir, on leur rappelle, si elles sont esclave on opprime leur destinée… »
Prédelles entourant Marie Thérèse de Savoie
Agnès Thurnauerexpose les portraits d’autres femmes savantes intercalés entre ses Prédelles noter l’homophonie prédelle/près d’elles.
Le Goût du 18ème siècle
Bonheur du jour
nous entrons dans les collections permanentes avec toutes sortes de bibelots, tableautins, médailles, porcelaine de Meissen. Coup de cœur pour les meubles marquetés et surtout les joli Bonheur du Jour.
Il faudrait aussi montrer les statuettes, les tableaux d’Hubert Robert, de Boucher, Fragonard…..Je ne pouvais pas fair l’impasse sur l’âne de Balaam de Rembrandt
Rembrandt Ane de Balaam
Si je n’ai pas été convaincue par toutes les œuvres d’Agnès Thurnauerabusant de procédés répétitifs avec les lettres, en revanche le regard féministe décalé en fait une merveilleuse pédagogue. Elle guide notre regard, nous apprend à interpréter une œuvre. C’est aussi une féministe résolue qui met en avant des artistes un peu oubliées.