Beati Paoli t3 : Coriolano – Luigi Natoli

IL VIAGGIO : LECTURE COMMUNE 

Coriolano

Pavé de l’été (644p)! 

J’ai pris un plaisir de lecture presque adolescent, comme à 12 ans les 3 Mousquetaires, ou Le Comte de Monte Cristo. Je me suis laissé embarquée dans les enlèvements de la prisonnière d’un couvent, dans les conspirations et coups tordus des parents de Giovanna, les recherches des titres de noblesse de Cesare….et bien sûr les amours contrariées, les duels, les réunions secrètes…

Je ne me suis pas lassée de ce feuilleton interminable (après les 2 premiers tomes,  1870 p) parce que je me suis promenée avec un  plaisir toujours renouvelé dans Palerme. J’ai préféré ce dernier épisode parce que le contexte historique et presque révolutionnaire avec l’accaparement des grains par les spéculateurs est particulièrement bien évoqué.

Comme j’étais curieuse de la véracité des faits, je me suis documentée sur Luigi Natoli : site de l’éditeur Métailié ICI 

J’ai été étonnée de ce que ce roman qui ressemble aux romans romantiques du 19ème siècle ait été écrit au 20ème siècle. Luigi Natoli était journaliste et historien, on peut lui faire confiance pour la vérité historique.

Un autre point de vue celui de l’Humanité qui rattache les Beati Paoli à la Mafia ICI

trouvé sur Youtube :

Et bien sur comme c’est une lecture commune : un lien vers le blog de Martine : ICI

 

Splendeur – Margaret Mazzantini

IL VIAGGIO

J’avais beaucoup aimé Le Mer, le matin. J’ai eu plus de mal à entrer dans ce gros roman de 406 pages. Je ne suis pas une bonne cliente pour les romans d’amour. Le petit garçon riche malheureux qui jette ses jouets par la fenêtre m’a passablement agacée. L’amitié tardive avec le fils de la concierge qui ne se découvre que sur la fin de leur scolarité commune ne m’a pas semblé crédible. Paradis que ce voyage scolaire où les deux garçons se découvrent, ne m’a pas convaincue;

Pourtant j’ai continué et j’ai préféré la suite  qui se déroule à Londres (pour le voyage à Rome, on repassera). Les amours hétérosexuelles, son mariage, ses relations avec la fille de sa femme sont décrites avec délicatesse, surtout quand on se rend compte que l’unique passion de Guido sera pour Costandino. J’ai fini à m’attacher aux personnages et je voulais savoir si leur histoire trouverait enfin un dénouement heureux.

Recherche de normalité dans une époque où l’homosexualité n’est pas encore acceptée. Costantino, pour sa part a un ménage tout à fait conformiste mais il n’a pas oublié Guido. Quand leurs retrouvailles paraissent possibles, les deux hommes subissent une agression violente. Jamais leur amour ne pourra s’exprimer au grand jour.

Splendeur? Triste splendeur. Où est-elle la splendeur dans le non-dit, le refoulement, voir le mensonge?

Noli me tangere – Andrea Camilleri

LIRE POUR L’ITALIE

nNoli me tangere Fra Angelico

Roman policier, puisque un policier, le commissaire Maurizi mène l’enquête sur la disparition de Laura, la femme d’un écrivain célèbre. Enquête discrète pour éviter un scandale.  Par ailleurs, le bien-fondé de cette enquête n’est pas évident : pas de cadavre, seule la voiture vide est retrouvée au bas d’un pont, le sac à Venise. La disparue a peut être organisé sa fuite sciemment.

Faute d’indices, Maurizi fait plutôt une enquête de personnalité. Il lit des lettres, interroge les anciens amis et amants. Laura est une femme complexe. Alors que les hommes qu’elle a fréquentés ont une opinion plutôt négative, son professeur d’Histoire de l’Art voit en elle un esprit très fin, et une grande intelligence. Égoïste et allumeuse?

Giotto Noli me tangere

Et comme nous sommes en Italie, un circuit artistique s’organise autour du thème Noli me tangere qui a inspiré de nombreux peintres et qui est le sujet de la thèse de Laura. Pour mon plus grand plaisir!

J’ai bien aimé ce roman fin et léger, mais je préfère toujours les romans siciliens  de Camilleri qui me font rire.

Noli me tangere Titien

 

Un Homme seul – Antonio Manzini

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Merci à Babélio et aux éditions Denoël , pour ce bon moment de lecture!

Un polar bien ficelé qui m’a emmenée à Aoste,  à Rome, Pescara et même en prison.

Comment chroniquer un thriller sans spoiler? Il ne faut pas donner trop d’indices qui dévoileraient l’intrigue. Et pourtant je voudrais vous donner envie de le lire.

Rocco Schiavone n’a  pas la classe de Guido Brunetti ou la chaleur de Montalbano, mais c’est un personnage intéressant, complexe, que j’avais découvert avec Piste Noire. Un homme seul m’a tenue en haleine et je l’ai préféré à Piste Noire. Le sous-Préfet, qui tient à son grade, est l’homme seul, menacé, hanté par la perte de Marina, sa femme, on s’attache à lui malgré ses défauts. Il peut être grossier et brutal. Les personnages secondaires ont une bonne épaisseur et ne sont pas là pour de la figuration.

Je repartirai volontiers pour une nouvelle enquête avec Schiavone!

La Fille dans le Brouillard – Donato Carrisi

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO

La Fille dans le brouillard

Qu’ajouter aux 110 Critiques sur Babélio! C’est un livre populaire!

Après deux lectures un peu difficiles, j’ai chercher un roman avec une histoire à laquelle me raccrocher, un bon polar distrayant. Et c’est exactement ce qu’il me fallait. Un thriller qui vous emporte et ne vous lâche plus, avec des surprises, des rebondissements, une enquête passionnante qu’il faut, évidemment éviter de dévoiler. 

En plus d’une histoire très bien ficelée, il y a aussi une analyse de l’emprise des médias sur le déroulement de l’enquête mais pas seulement, aussi sur la manière dont le public perçoit l’information et dont il peut être manipulé.

C’est dans l’air du temps. Ces marches blanches après une disparition d’enfant, ces bougies qu’on allume, ces pélerinages  sur les lieux du crime, et ces reportages incessants qui occupent tout l’espace des informations. Voyeurisme? Empathie? Le criminel peut se mettre en scène, l’enquêteur utiliser tout le cirque médiatique pour débusquer le coupable. Un policier manipulateur, une journaliste sans scrupule….

Un livre qui donne envie de couper la télé pour un certain temps et d’aller faire un tour dans la montagne

lire aussi le billet d’eimelle

 

La Lumière parfaite – Marcello Fois

LE MOIS ITALIEN/ IL VIAGGIO

LIRE POUR LA SARDAIGNE

C’est la suite de Nel Tempo di Mezzo que j’avais lu, en Sardaigne,  en Italien. 1943 Vicenzo Chironi rentre à Nuoro, capitale de la Barbagia, au centre de la Sardaigne. La fin de l’histoire est racontée par la fils de Vicenzo, Cristian,jusqu’en 1979  quand débute  la Lumière parfaite et qui aura un fils Luigi Ippolito Giuseppe. La conclusion sera la généalogie des Chironi et j’ai bien l’intention de lire le livre qui me manque dans la trilogie.

Au début de  Nel Tempo di Mezzo, Nuoro était la capitale d’une province encore très rurale, très pauvre dévastée par la guerre, la sécheresse et la malaria. En 1979, la ville se modernise mais subit d’autres malédictions comme celles de la violence et du terrorisme des années de plomb. L’attentat de Bologne (1980) est perçu jusqu’en Sardaigne. Terrorisme politique et banditisme sont bien mêlés… Autre malédiction : la corruption, surtout dans le contexte de la spéculation et de la construction immobilière. La famille Chironi et celle des Guiso qui lui est proche sont en effet enrichis dans les chantiers. Cristian Chironi et son ami Domenico Guiso travaillent sur des chantiers municipaux. Des investissements d’aménagement touristiques sur la côte sont prévus….

Maddalena Pes est promise à Domenico mais elle Cristian, qui sont comme deux frères. Triangle amoureux, tragédie.

Je ne vais pas raconter l’histoire.

Flash backs et rêves, entrecoupent le récit, les retours en arrière vont très loin, à la première guerre mondiale, au premier Luigi Ippolito, l’ancêtre. Les rêves nous emmènent dans une contrée blanche, est-ce le domaine de la mort ? Poésie et chansons se mêlent aussi, mais les citations sont plus difficile à reconnaître. Tous ces ajouts ne facilitent pas la lecture. Pourtant j’ai été emportée par ce livre et j’ai bien envie de lire le premier titre de la saga qui me manque

 

 

 

 

Intermittence : Andrea Camilleri

ROMAN NOIR

Camilleri! J’achète systématiquement, sans 4ème de couverture ni recommandation des blogueuses. Il me transporte en Sicile et le plus souvent me fait rire. Aussi bien les enquêtes de Montalbano que ses romans historiques (avec une préférence pour les romans historiques).

Et pour une fois, pas de Sicile, ni Montalbano, ni de rigolade. Noir c’est noir!

Intermittence se déroule au pays du fric, des magouilles,  des fusions-acquisitions, des arrangements avec les politiques, des licenciements et des pratiques très limites. Au pays du fric, les hommes ont un peu de temps, juste un peu, pour le sexe avec des femmes très sexy, pas forcément intelligentes, parfois si.

Peu de décors, tant pis pour l’exotisme! pas de descriptions! peu de suspense, beaucoup de cul. Je me suis un peu ennuyée.

Sur cette terre comme au ciel – Davide Enna

IL VIAGGIO/LIRE POUR PALERME

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Incipit :

« Ils sont deux sur le ring…. » L’un pèse cinquante-sept kilos, mesure un mètre soixante-cinq et a vingt six ans. l’autre , on ne sait pas combien il pèse et ce qu’il mesure on s’en fiche, il grandira

Et cela se poursuivra sur tout le roman pendant 398 pages,. Entraînements, combats, ou bagarres. Des coups, en donner, en recevoir mais plutôt esquiver… un roman sur la boxe! Trois générations de boxeurs : Rosario, le Grand père, Umbertino, l’oncle qui gère une salle de boxe, Davidù, 9 ans au début du livre,  commence déjà à s’entraîner.

Si j’avais emprunté le livre au lieu de le télécharger je l’aurais peut être fermé dès le prologue.  La boxe ne m’intéresse pas. Les bagarres de gamins non plus. Une histoire de garçons. Non seulement je ne l’ai pas abandonné mais je me suis laissée entraîner dans cette histoire très bien racontée.

Trois hommes, à Palerme. Palerme bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, Palerme sous les bombes de la Mafia plus tard. Permanence de la violence. Pas seulement dans les salles de sport. Ce n’est pas Palerme des palais ou des églises baroques. Plutôt celle des petites gens, des gamins des rues.

« Seuls les aveugles ou les gens de mauvaise foi ne pouvaient pas prévoir que ça finirait comme ça, ce gâchis. Palerme a toujours été une poudrière, enculée de misère »

Histoire d’amitiés. Amitiés entre les prisonniers en Afrique, soldats perdus dans une guerre qui s’est déroulée sans eux où ils se trouvent piégés. Amitié de Davidù et de Gerruso, le faible, le méprisé, le souffre-douleur des gamins du quartier, amitié qui s’imposera peu à peu, même si Davidù la rejette.

Histoire d’amours, amours enfantines, amours adolescentes….

Saga d’une famille vouée à la boxe, le titre national échappe de  peu au grand père et au père de Davidù, arrivera-t-il enfin à le décrocher?

Le fil de l’histoire est sans cesse haché, on passe sans transition d’une époque à une autre. Cela surprend au début, ensuite je me suis habituée; C’est même ce qui donne du rythme au récit.

Et les femmes dans ce roman de garçons? Elles ont un rôle secondaire, on s’en doute. Il y a les femmes honorables, mères et sœurs,  et les putes. A y regarder mieux, les femmes de la famille de l’enfant sont très fortes, plus éduquées que les hommes.  Ce sont elles qui insistent pour que le petit boxeur travaille à l’école, qu’il apprenne le latin, qu’il sache écrire.

 

Où les eaux se partagent – Dominique Fernandez

VIAGGIO 2018

Où les eaux se partagent par Fernandez

« Seules vivantes dans ce désert restent les eaux qui changent sans cesse de couleur. juste au pied de la maison, elles se séparent en deux masses distinctes dont la jointure se marque par une ligne plus pâle indiquant un soulèvement du sol à cet endroit. Cette bande sous marine moins profonde, qui tantôt disparaît sous l’action des courants et tantôt se discerne à l’œil nu, relie la terre au fortin rose. la Mer Tyrrhénienne qui longe la côte occidentale de l’Italie se termine ici, où commence la Mer Ionienne, qui s’étend à l’est jusqu’à la Grèce. les deux fosses de la Méditerranée se rencontrent sur cette frontière tracée à l’époque où l’Afrique s’est détachée de l’Europe »

Depuis nos premiers voyages en Italie et en Sicile, nous avons choisi Dominique Fernandez pour passeur. Nous avons vu la Sicile avec ses mots et je ne rate aucune occasion de refaire le voyage en lecture. Le Radeau de la Gorgone est le meilleur des guides. Nous y sommes revenues après chaque visite, chaque promenade.

Cette fois-ci, il s’agit d’un roman. Romans historiques, ou plus personnels, j’ai dévorés ceux qui retracent la vie d’un artiste comme celle du Caravage, de Porporino , ou plus près de nous Pasolini. J’ai lu autrefois L’Ecole du Sud, Porfirio et Constance, qui m’ont semblé plus personnels. En résumé, je suis une grande fan de Fernandez!

Je me suis régalée dans les premiers chapitres de Où les eaux se partagent avec la découverte de cette pointe sud est de la Sicile.J’ai cherché avec Googlemaps la localisation de Rosalba et de Marzapalo : introuvables! Ce roman est bien une fiction! Quoique, en suivant la côte sur l’image satellite, on voit bien les deux couleurs des eaux, la ride sous-marine qui partage la Méditerranée. on voit aussi à Porto Palo, une vieille Tonnara, et plus au sud l’Isola delle Corrente, en direction de Syracuse une localité a pour nom, Marzamemi. La géographie est transparente.

Après la géographie, l’histoire!

Le roman est récent : il vient de sortir. L’action se déroule dans un passé mal défini. Je me jette sur les rares  indices . Quand ils rencontrent le propriétaire de la casina à Rome, le Guépard est sorti,  donc après 1958. Une allusion à la Dolce Vita (1960) repousse donc cet achat aux années 60. La chanson Nel blu dipinto di blu est datée 1954. L’histoire se déroule donc dans les années 60 un peu après, sans doute, puisque le peintre et sa femme reviennent chaque année pour les vacances d’été. La  compréhension du roman est donc ancrée dans un temps bien défini quand le souvenir du fascisme et de l’arrivée des Américains en 1943 est encore vivant.

Maria est ethnologue.  Elle préfère étudier les Aborigènes d’Australie que les mœurs des Siciliens. Lucien, au contraire,  se complaît dans l’exotisme des habitants. L’excentrique Prince Mazzarola delle Campane, propriétaire de la tonnara, avec son valet aurait pu   fréquenter les salons du Guépard de Lampedusa. Le ragionere, Cazzone, (quel nom!) à figure d’aubergine, ouvertement fasciste est un autre personnage haut en couleur, comme le sont les commerçants de Rosalba dont Fernandez nous livre des portraits saisissants, pittoresques et plein d’ironie.

Où les eaux se partagent est une sorte de roman de désamour, plutôt que roman d’amour. Deux jeunes amoureux achètent une villa au bout du monde, au soleil pour vivre leur amour …. les années passent. Maria se sent rejetée dans le monde machiste de la Sicile où les femmes quand elles veulent prendre le soleil tournent leur fauteuil le dos à la rue. Le premier malaise se traduit en agression, les jeunes la harcèlent quand elle prend un simple bain de soleil. Lucien ne réagit pas à ce rejet. Au contraire, il prend grand plaisir à la compagnie des adolescents sauvages. Le couple éclate quand Maria lui reproche d’aimer les garçons.

C’est là que mes efforts de datation prennent de l’importance. L’homosexualité date de l’Antiquité, peut être bien avant. Cependant, dans les années 1960, elle est refoulée et ne s’exprime pas au grand jour. Ce refoulement est aussi un des thèmes abordé dans ce livre.

La fin est donc amère, comme le désamour et le délabrement de la casina.

Les huit montagnes – Paolo Cognetti

IL VIAGGIO

 

Dominique, 

Nathalie chez Market marcel

Eimelle

Keisha

martine

et toutes les copines du mois Italien m’ont incitées à lire ce livre (Keisha, seule moère l’enthousiasme des autres.

Je vais donc en remettre une couche, ne sachant plus trop qu’ajouter au concert de louanges.

O

C’est un très beau livre sur la montagne, un beau livre sur l’amitié : amitié de Bruno et Pietro commencée à 11 ans et renouée à l’âge adulte. Un beau livre sur les relations parfois difficiles entre père et fils, transmission de l’amour de la montagne, de l’alpinisme, mais aussi secrets non-dits, silences . Enfin quand l’enfant devient adulte, la séparation.  Le rôle des mères est plus discret quoique plus constant.

Dans l’ombre du Mont Rose, pas de récits d’ascensions sportives. L’ alpinisme  est discret:  une signature dans un registre caché, hors des sommets balisés, tenace, paysan.

L’auteur aborde  tous les aspects de la montagne. On s’attarde un peu sur les sommets. Il fait surtout vivre  la montagne habitée, les alpages, les villages de moyenne altitude . J’ai adoré suivre les enfants dans leurs exploration des cabanes à moitié écroulées des granges ou des étables.

C’est aussi l’histoire d’une vie rurale sur le déclin. Les mélèzes pousseront sur les prairies d’alpage. Les efforts de vivre sur la montagne d’une agriculture traditionnelle sont vains. Les constructions s’écroulent….