Cette rétrospective est l’occasion d’une rencontre. Le Musée d’Art Moderne lui offre un bel espace pour déployer l’oeuvre de sa jeunesse de 1920 jusqu’à ses dernières productions en 1989 : tableaux mais aussi photographies accompagnées de plusieurs documents vidéo qui illustrent très bien le titre « La fabrique du geste« .
autoportrait 1922
Chacune de ces période se réfère au geste de l’artiste, à des techniques employée mais aussi à des période historiques, à des rencontres, des influences. De ses premières aquarelles où la couleur est jetée sur le papier, de ses premières compositions d’après les maîtres jusqu’aux énormes toiles à l’acrylique, il se dégage une parfaite homogénéité, une démarche logique. Ses œuvres de jeunesse, aquarelles ou calligraphies tracent une voie qu’on retrouve le long de toute l’oeuvre
1922 – 1939 – Vers l’abstraction
Les titres ne seront d’aucune aide pour interpréter l’oeuvre, ils sont simplement chronologiques. L’abstraction gagne vite le titre seules quelques rares oeuvres de 1922 1923 en portent comme ce 3 de mai interprétation du célèbre chef d’oeuvre de Goya
3 de mai
Hartungconnaît les expressionnistes allemands, dès 1932 il part à Minorque, interrogé par la Gestapo, chassé par les franquistes il s’installe en France. Je ne sais pas pourquoi ce tableau me rappelle Miro
les œuvres des années 30 sont accrochées autour d’une statue que je crois retrouver dans les peintures
1939, Hartung, allemand est interné. Il s’engage dans la Légion étrangère. Peindre dans ces circonstances n’est pas évident peut être est-ce la signification du titre de la section ; 1940 – 1956 – Peindre à tout prix qui présente des tableaux de plus petits formats : calligrammes et têtes qui me rappellent Picasso
ou les surréalistes
Dans les documents on rencontre Calder, Arthaud et Aimé Césaire que Hartung a illustré.
Un film d’Alain Resnaispermet de faire connaissance avec l’artiste et le voir peindre.
dans les années 1950, on voit sa technique évoluer, et ses travaux photographiques. j’ai beaucoup aimé ses photos de galets et ses galets peints (1954)
1957 -1970 Agir sur la toile
Hartung, toujours fidèle à ses tracés spontanés mais sophistiqués explore de nouvelles techniques dans des grattages, des pulvérisations
Ses oeuvres deviennent de plus en plus imposantes et plus colorées
1971 – 1989 Le geste libéré
Il utilise râteaux et balais en genêts pour obtenir de nouveaux effets, les formats sont toujours plus grands quand il projette la couleur avec le pistolet de carrossier ou des sprays.
J’ai également beaucoup aimé son travail de photographe avec des Noirs et blancs superbe de contrastes de lumières et de reflets.
Exposition temporaire au Petit Palais jusqu’au 26 janvier 2020
Le Joueur de Cartes
Quelle belle surprise!
Gemito (1852-1929) fut abandonné à sa naissance, adopté par une famille de maçon, il a grandi dans les rues de Naples et observé d’abord les artisans qui modelaient les personnages des crèches.
Figures de crèche napolitaine
Repéré très jeune, il commence à sculpter à 12 ans et son Joueur de cartes qu’il a modelé ) 16 ans est acheté par Victor Emmanuel pour être exposé à Capodimonte. A 18 ans il s’installe avec Antonio Mancini et exécute les têtes des scugnazzi, pêcheurs, enfants des rues qu’il connaît bien. pas d’innocence juvénile dans leur expression, plutôt des visages graves empreints d’inquiétude.
têtes enfantines
A 21 ans seulement, on lui commande des portraits d’artistes, bustes de plâtre ou de bronze de Verdi, Domenico Morelli, Giovani Boldini, Fortuny….
berger des Abruzzes
A Paris, il est pris sous la protection de Meissonnier. Dans l’exposition du Petit Palais, ses œuvres se trouvent en compagnie de tableaux de De Nittis et d’Antonio Mancini(le Petit Ecolier et le Petit Prêtre) Elles sont aussi avec la petite danseuse de Degaset un Gavroche de Menardo Rosso. Qui mieux que le sculpteur des gamins des rues, des porteurs d’eau ou des pêcheurs aurait pu comprendre Gavroche?
Le petit prêtre
Gemito, sculpteur de génie fut aussi un dessinateur hors pair.
Gemito et sa muse Mathilde rentrent à Naples en 1881, Mathilde meurt zr Gemito, désespéré part à Capri. A partir de 1885, son état mental se détériore. Il est hospitalisé mais continue à sculpter et dessiner avec succès.
la fin de l’exposition est plus académique avec le Retour à l »Antique, les bronzes de Dioniysos et d’Alexandre.
Exposition à l’Orangerie du 19/10/2019 au 27/01/2020
Fénéon par signac
J’ai rencontré Félix Fénéon au Quai Branly dans l’Exposition Les arts lointains et j’avais apprécié sa critique de la Colonisation et ses questionnaires « Entreront-ils au Louvre » en parlant des oeuvres d’art africains. Je m’étais promis de le retrouver à l’Exposition prévue à l’Orangerie.
L’exposition présente ses années anarchistes de 1892 à 1894 pendant lesquelles Fénéon est accusé d’avoir participé à un attentat. Son procès est même mis en scène. Les dessins de Luce le montrent en prison. Des coupures de journaux témoignent de cette épisode. L’anarchie est peinte dans un tableau idyllique de Signac : Au temps d’Anarchie rebaptisé plus tard Au temps d’harmonie, l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir.
Signac : Au temps d’anarchie
Critique d’art, collectionneur, journaliste, galeriste, Félix Fénéon a joué un rôle important en soutenant les néo-impressionnistes, Seurat, Signac, Cross, mais aussi en organisant une exposition pour les Futuristes italiens et plus tard d’autres artistes novateurs.
Secrétaire de la Revue Blanche, il a aussi joué le rôle d’éminence grise en publiant des oètes symbolistes : Stephane Mallarmé, Paul Verlaine, puis Proust, Gide Oscar Wilde, Charles Péguy….
La lecture Rysselberghe
L’exposition montre une grande variété d’oeuvres, de merveilleux tableaux pointillistes colorés de Seurat et Signac, mais aussi des dessins très sombres de Seurat avec des préoccupations sociales.
Usine à Courbevoie
Après les tableaux futuristes, il y a aussi des Bonnard, Vuillard, Matisse….l’occasion de voir de belles choses.
Après le bel article de lisapascaretti, j’ai eu bien du mal à rédiger mon article!
Le Musée d’Orsay consacre une exposition à Berthe Morisot (1841-1895) considérée d’après les organisateurs comme une figure fondatrice de l’Impressionnisme et pourtant très peu exposée, la dernière exposition en France date de 1941.
la première section de l’Exposition : « Peindre la vie moderne » montre des portraits que Berthe Morisot a fait de ses soeurs, Edma et Yves, qui ont aussi appris la peinture. Edma, a sacrifié sa carrière d’artiste, mariée à Lorient s’ennuie. Elle a servi souvent de modèle à Berthe.
Le Berceau, Berthe Morisot a peint sa soeur Edma
on voit les deux soeurs sur un canapé
les deux sœurs sur le canapé
Plusieurs tableaux montrent une femme de profil, rêveuse, silencieuse. Berthe Morisot excelle dans la peinture des toilettes, des voilages et rideaux.
Les tableaux en extérieur, dans le chapitre « Mettre une figure en plein air » sont plus gais, plus vivants et plus colorés. Berthe peint des marines à Lorient et à Cherbourg, ainsi qu’en Angleterre où elle voyage en compagnie de son mari, Eugène Manet, le frère du peintre célèbre.
femme et deux enfants sur une pelouse dans un parc
les coups de pinceaux rapides donnent une impression de légèreté à l’herbe de la pelouse et le sapin est très réussi.
La Lecture
Comme les impressionnistes elle sort de son atelier, cependant certaines peintures ont été préparées par des aquarelles.
la barrière à Bougival.
Elle prend aussi comme modèle sa fille
Monsieur Manet et Julie
Elle excelle à peindre les femmes à leur toilettes, et engage pour cela des mannequins professionnels (il n’aurait pas été convenable de montrer ses sœurs en déshabillé)
devant la psychée
mais plus que les dames bourgeoises en toilette élégantes avec jabots et dentelles j’ai aimé ces femmes au travail, la nourrice, la blanchisseuse qui étale le linge ou la petite servante
la blanchisseuse qui étale le lingela peitte servante.
Exposition temporaire Homère 27 mars 2019 – 22 juillet 2019
Les dieux de l’Olympe et Twombly
Les dieux de l’Olympe nous accueillent, plus grands que les mortels, perchés sur des piédestaux ronds. Ils proviennent de la gypsothèque du Louvre : Arès de Leptis Magna, Apollon du Belvédère de Leochares, Zeus de Phidias et les déesses, bien sûr, Athéna, Héra Farnèse d’après Polyclète, Aphrodite du Capitole….Ils sont confrontés à eux œuvres contemporaines un grand tableau de Twombly, blanc avec un graffiti rouge : Achille pleurant la mort de Patrocle, et en face une tapisserie rouge d’après David Boenooù sont écrits des extraits du Chant IV de l’Iliade, noir et rouge, rouge le sang, qui est aussi qualifié de « sang noir » dans le poème.
Le poète et sa lyre peut être Homère?
transition : Polymnie, la muse de la rhétorique et Un poète assis tenant une lyre
Les images d’Homère
Rien ne prouve qu’Homère ait existé, mais selon Pline « On se représente par l’imagination ceux qui n’existent pas, par l’effet des regrets qu’on éprouve, on prête els traits à ceux dont la tradition ne nous a pas permis la ressemblance »
Homère est assimilé à Démodocos, l’aéde de l’Odyssée.
4 bustes antiques, ou d’après l’antique, représentent Homère. Il a inspiré, de nombreux artistes du 19 ème siècle: Ingres a dessiné le carton de la grande tapisserie, David d’Angers, Corot, Pradier.
J’ai bien aimé le portrait d’un Italien du 17ème qui la dessiné en mendiant.
Anachronismes
En référence à Schliemann on a rassemblé des « objets homériques » comme ce poignard mycéniende bronze et argent(1500 av-JC) le casque à dents de sanglier (cité dans l’Iliade) .
Sur un ostracon : le 1er vers de l’Iliade (580-640 après JC) écrit en grec et le cahier de l’écolier Théodoros…
De très vieilles éditions d’Homère : un papyrus de l’Odyssée (225-200 après JC) une édition imprimée de 1488, sont aussi des témoignages émouvants.
L’Iliade
La suite de l’exposition illustre les épisodes les plus marquants de l’Iliade :
La colère d’Achille – Fournier
La colère d’Achille (Coypel 1711, Fournier 1881, Giovanni battista Gauli dit Baciccio)
La colère d’Achille Corypel
Le départ d’Hector(Coypel, Carpeaux, Gustave Moreau – Hélène sur les remparts.
Achille affrontant le fleuve Scamandre – épisode spectaculaire que j’avais oublié (Jourdy 1831 et Schopin 1831, avec une étrange ressemblance entre les deux tableaux où le fleuve est personnifié)
Hector tiré par Achille a été peint par Rubens c’est une composition préparatoire à une tapisserie.
La mort de Sarpédon : grand tableau de Gustave Moreau
Au milieu des cimaises modernes, des vases antiques et un sarcophage (200après JC)
Raphaël : Le Jugement de Pâris
Le Jugement de Pâris : Watteau et Carrache, une grande tapisserie de Raphaël
Tous les grands(ou presque) sont présents
Odyssée
Scylla
Les monstres: Je suis surtout intéressée par les représentations antiques de Scylla (nous en revenons) et des autres monstres, Sirène, Cyclope….
Ulysse aveuglant le Cyclope
J’ai bien aimé les tableaux de Chagall, mais j’aime toujours Chagall!
Les figures féminines :
Bourdelle :Pénélope
Calypso de marbre, Pénélope de Bourdelle
Et pour finir, un très beau Derain: le retour d’Ulysse
Derain : retour d’Ulysse
Peut-on rire avec Homère? sûrement, avec les caricatures de Daumier! et un Bûcher du Poète Percy Schelleybien satirique
Et pour finir une vidéo contemporaine IL Canto di Ulisse deManon Recordon raconte un naufrage de migrants au large de Lampedusa.
En plus des collections permanentes, le Musée du quai Branly propose des expositions fort intéressantes, l’Exposition Félix Fénéon, Les Arts lointains, pourrait s’apparenter à La Peinture des Lointains ou Picasso Primitif.
Félix Fénéon (1861 -1944) est un collectionneur, découvreur de talents et défenseur de l’art africain. Il est célébré cette année par plusieurs exposition, une à venir du 16 Octobre 2019 au 27 janvier à l’Orangerie.
Ce collectionneur, critique, anarchiste est une personnalité attachante et cette exposition est une rencontre que j’espère bien approfondir !
Le Quai Branly a mis l’accent sur les collections exotiques et sur la promotion de l' »Art Nègre » au début du 20ème siècle comme l’a fait Apollinaire. Déjà, dès les années 1890, Fénéon dénonce les exactions de la colonisation. Il mène une enquête inédite « faut-il craindre l’immigration? » interviewe Jules Verne et Elisée Reclus. Plus tard en 1920, il fait une nouvelle enquête « seront-ils admis au Louvre? », les réponses seront partagées.
Lucie Cousturier
Autour de Fénéon, des artistes s’intéressent à l’Afrique : Lucie Cousturier achète en 1913, à Fréjus, une propriété proche du camp des tirailleurs sénégalais leur apprend à écrire et fait de beaux et émouvants portraits « des inconnus chez moi ». EmileCompard
La revue nègre : Joséphine Baker
expose grâce à Fénéon et la Revue Nègre en 1926 .
poulie de métier à tisser
Fénéon le collectionneur, à côté de sa collection de peinture, il collectionne divers objets africains dont des objets d’usage quotidien comme les extraordinaires poulies de métier à tisser.
Les statuettes sont présentées en compagnie des œuvres de peintres que Fénéon soutenait.
Exposition temporaire : 22 mai – 15 septembre 2019
1815 Passage des souverains Porte Saint Denis
PARIS ROMANTIQUE 1815 – 1848
L’exposition est une déambulation dans le Paris des années 1815 (Cent Jours) jusqu’à la Révolution de 1848. Quelques dates balisent notre parcours
1819 GéricaultRadeau de la Méduse, Ingres : Grande Odalisque
1822 DelacroixBarque de Dante
1824 mort de Byron, Delacroix Massacre de Scio,
1830 Hernani, Symphonie Fantastique
1931 La Liberté guidant le peuple et Notre Dame de Paris
Nous ne verrons pas ces tableaux célébrissimes qui sont pour la plupart au Louvre.
Une carte de Paris présente les étapes de notre promenade dans Paris qui commencera aux Tuileries dans les ors royaux, passera par les Galeries du Palais Royal, le Louvre, Notre Dame, la Bastille puis le Quartier Latin, la Chaussée d’Antin, la Nouvelle Athènes, les Grands Boulevards.
A chacune de ces étapes une salle est décorée, meublée et présenteles tableaux et objets traduisant l’esprit des lieux.
La Duchesse du Berry
Au Palais des Tuileries seront présentés les membres de la famille royale dans un décor royal – très surchargé – de meubles de marqueterie, de vaisselle d’or et de pierres précieuses, de lourds candélabres. Les broderies des robes de cour aux motifs d’or ou d’argent sont aussi précieuses que le reste de la décoration. On fait aussi connaissance avec des personnalités sympathiques comme la duchesse de Berry, Marie d’Orléans, artiste, élève d’Ary Scheffer. Dominante de rouge et ors, ce n’est pas la salle que j’ai préféré.
Palais royal scène de café
Le Palais Royal, était selon le cartel de présentation, l’épicentre de la vie parisienne. Une grande fresque murale presque à l’échelle humaine, deux belles maquettes nous familiarisent avec les lieux. Les vitrines des boutiques sont reproduites et occasion de présenter tout ce qu’on imagine être les Articles de Paris . On pouvait trouver des souliers d’une grande finesse, des bottines en satin (de très petite taille, les élégantes ressemblaient-elles aux Chinoises aux pieds bandés?), des éventails précieux en ivoire ajouré ou peints, incrustés…, sacs et bourses de formes extravagantes, pour les hommes, des cannes, véritables armes de défense, et même les bretelles de Balzac.
Balzac
Bronzes et pendules, coffres à ouvrages et même des fontaines de parfum. J’ai beaucoup aimé cette section évoquant la vie quotidienne et illustrant les nouvelles de Balzac que, justement je suis en train de lire. Le Palais Royal avait aussi une réputation sulfureuse avec les tripots des joueurs et le racolage.
Promenade de Julie et Saint Preux sur le lac de Genève
La 3ème salle représente Le Louvre. Mon regard est attiré tout d’abord par le très grand tableau de Delacroix : Le Christ au Jardin des Oliviers, trop grandiloquent pour mon goût ainsi que des Saints aux visages trop éthérés de Ary Scheffer. Je préfère m’intéresser à des tableaux de plus petite taille de peintres aux noms oubliés (inconnus de moi) Bouihot, Debia, Roquelin…
Passage de Portes-de-Fer
La promenade en barque de Julie et de Saint Preux sur le Lac de Genève peinte par Le Comte de Crespy est une très belle surprise, et illustre l’idée que je me fais du Romantisme. Exotiques, les Portes-de-Fer (1839)illustrant la conquête de l’Algérie. Exotique aussi ce Souvenir de Voyage de Dumas à Cadix (1846) peint par Giraud. Orientaliste, Delacroixavec ces admirables Convulsionnaires de Tanger.
Delacroix : convulsionnaires de Tanger
Une salle nous emmène dans la Notre Dame de Paris, celle de Victor Hugo (sans la flèche) avant la restauration de Violet le Duc. Pendule dorée de la cathédrale. Mais surtout des scènes du roman : Esméralda avec sa petite chèvre de Steuben et les Scènes de Notre Dame de Paris.
Daumier : Portraits-charges
Dans la Salle 5 on évoque le Paris de la Révolution de 1830 qui fut aussi celui de la Bataille d’Hernani illustrée par de nombreuses caricatures et celle de la Symphonie Fantastique. A propos de caricatures, je découvre les Portraits-charges, petites sculptures en terre-cuite peintes ou non
Le Quartier Latin met en scène le personnage de la Grisette(Mimi de la Vie de Bohème). Les Boites à marmottes étaient exhibées par les petits savoyards qui montaient à Paris faire les ramoneurs. Les étudiants furent les sujets des gravures de Gavarni : sur l’une d’elle une femme fait une mise en plis « Combien m’en mets-tu de papillotes? »
Erection de l’Obelisque Dantan
La Nouvelle Athènes réunit des artistes . Au centre on a mis à l’honneur un piano Pleyel comme celui de Chopin. Un fond musical accompagne la visite. On voit encore des portrait à charge de Dantan. Liszt est caché par ses longs cheveux. Une petite aquarelle montre George Sand et Liszt.
George Sand et Liszt
Les Grands Boulevards réunissent Théâtre et opéra; On y présente des décors des pièces romantiques, des costumes de scènes et encore des caricatures de Daumier, des Portraits-charges de Dantan; Dantanne se limite pas à la caricature, il a aussi exécuté des bustes des musiciens : Meyerbeer, Bellini, Donizetti et Verdi. Les grands actrices et chanteuses La Malibran, Giulia Grisi, Rachelsont aussi présentes peintes sur de grands portraits.
L’exposition se ferme sur la Révolution de 1848 le bureau de Louis Philippe porte les cicatrices d’ouverture par les Révolutionnaires.
Cette exposition est très agréable par sa variété, plutôt que de mettre en évidence des chefs d’oeuvre de peinture ou de sculpture, elle a pu évoquer la vie quotidienne avec objets, musique, théâtre…
J’ai hésité avant de me rendre à la Monnaie de Paris : l’affiche placardée dans le métro ne me disait rien : visage grimaçant d’un rose violacé violent. J’ai parfois du mal avec l’art contemporain (mais je me force) de jolies surprises et parfois des déceptions.
Un monstre soufflant de la vapeur par les narines accueille les visiteurs dans la cour de la méridienne, tête de vache (ou de girafe) queue de dauphin. Je le retrouverai plus tard dans l’exposition en miniature, figurine de pâte Fimo colorée que le sculpteur a confectionné pour ses enfants.
Muses et Héros :
Si les personnages masculins – les Héros – sont souvent grimaçants, hiératique ou gesticulants, les Muses sont plus apaisées.
Femme d’aluminiumFemme d’acier
A ces deux femmes voluptueuses (surtout la femme d’aluminium) succède une rangée de gnomes perchés en hauteur dans un couloir. Têtes de céramique émaillée noires, bleues, vertes métallisées, vieux messieurs sévères ou grimaçants rappelant les bustes d’empereurs romains , les caricatures de Daumier ou des masques de carnaval (selon le cartel)
Gnome en céramique émailléeGnome
Une série de portraits à l’aquarelle ou de caricatures est interrompue par des ours en peluche
La salle la plus spectaculaire est celle des United ennemies, des petites marionnettes aux têtes colorées en pâte Fimo habillées de tissu et réunies par paire sont perchées sur des colonnes et coiffées de globes de plexiglas.
United ennemies
Les visages sont grimaçants, les couleurs violents, les attitudes conflictuelles. Comme si cela ne suffisait pas, Schütte les a mis en scène devant des photographies qui les montrent en gros plan.
La mise en scène est saisissante.
Autre mise en scène, une pièce de théâtre en trois actes : Mohr’s Life. L’artiste Mohr , au centre de l’intrigue, très petit personnage est placé dans un décor de taille réelle (placard à chaussure, penderie, armoire à vêtement). Dans l’un Mohr, sculpteur fait face à son oeuvre, dans un autre il peint des nuages et enfin il est confronté à un marchand d’art.
Deuxième acte (Mohr peintre au fond des chaussettes suspendues)
C’est amusant, déroutant par le décalage de taille, plein d’humour.
Les fantômes de verre en verre rouge de Murano sont aussi de petits personnages mis en scène dans une enceinte de miroirs
Fantômes de verre
Schütte a travaillé dans l’atelier de Berengo à Murano et a sculpté de très belles têtes de femmes en verre
Glaskopf
Séduit par cette belle matière, le sculpteur n’abandonne pas la céramique pour autant. Une énorme tête bleue est à l’honneur dans une belle pièce et se reflète dans le miroir 18ème siècle
Blauer Kopf
Des têtes géantes
L’art de Schütte ne se résume pas à ces têtes grimaçantes. Non seulement il travaille aussi bien le métal, le verre ou la pâte fimo, mais il fait de très délicates aquarelles et construit des maquettes d’architecture. Maisons inhabitables que ces « maisons pour une personne » mais aussi un centre d’art qui a effectivement été construit. Des étagères contiennent des maquettes ou des figurines minuscules.
Enfin, la dernière salle « Guillaume Dupré » avec son plafond à caisson en trompe-l’oeil et sa fresque ovale au plafond, ses balustres avec des dorures, les colonnes de marbre et ses vitrines luxueuses, offre un écrin à la maison-cristal et aux sculptures mise à l’honneur dans des vitrines précieuses. Point d’orgue à une belle exposition.
La cour d’honneur et les géants de bronze
Il reste encore à admirer les géants de bronze dans les cours, les jambes englués dans la boue.
ARCHÉOLOGIE : Exposition temporaire du 2/05/19 au 12/08/2019
Les sculptures géantes du palais de Tell Halaf
Connaissez-vous les Hittites?
Si vous vous intéressez à l’Egypte ancienne, vous avez peut-être entendu parler de la bataille de Qadesh que Ramsès II a fait représenter sur nombreux temples. Si vous êtes allés en Turquie, vous aurez peut être vu des vestiges. Les Hittites sont les grands inconnus et pourtant leur empire s’étalait sur un vaste territoire et ils étaient les rivaux des Pharaons.
Stèle de Ramsès II hommage au roi Hattusi II
Cette exposition est pour moi une surprise. Je ne savais pas à quoi m’attendre quand je suis entrée.
La rotonde à l’entrée est décorée de panneaux en noir et blancs : frottage au fusain des Orthostates – travail de Rayyane Tabet, collection Tell Halaf. Me voici partie pour l’inconnu. que sont ces Orthostates : ce sont des plaques de roches (basalte ou calcaire) portant des bas-reliefs.
orthostates
A l’entrée nous sommes accueillies par des sphinx ou plutôt des sphinges monumentales
Sphinges
A côté de ces sculptures géantes il y a aussi des très petits objets métalliques, sceaux en rouleaux ou chevalières; un rhyton en forme de cerf, des petites figurines, cavaliers, dieux….Les Hittites et les Araméens maîtrisaient la métallurgie et le travail de l’or dès 1400 av. JC.
personnage en métal
Autres objets : les tablettes et les écrits. Une double écriture est employée : les signes cunéiformes sur ablettes d’argile et les hiéroglyphes louvites. Plus tard l’Araméen utilise un alphabet assez comparable aux alphabets phéniciens ou sémites en usage au Moyen Orient. Les textes ont été déchiffrés et racontent les échanges entre les différentes puissances : une lettre raconte que la veuve de Touthankamon a cherché un mari chez les fils de Suppiluliuma . Une tablette raconte la légende de la disparition du soleil et le mythe de la paralysie de la terre par le gel.
La religion des Hittites était originale : un dieu de l’orage apparaît souvent sur les stèles avec une déesse portant grenade et miroir rond.
Les hittites et leurs successeurs ont construit des palais en Anatolie et en Syrie.
L’archéologue allemande Max von Oppenheim a fouillé le site de Tell Halaf reconstituant deux palais dès 1911. la guerre a interrompu les fouilles et il a dû attendre pour les poursuivre. Le musée dédié à Tell Halaf à Berlin a été soufflé pendant la seconde guerre mondiale par les bombardement et les statues monumentales ont été pulvérisée. On a quand même pu effectuer une restauration minutieuse qui donne une idée des statues. Une vidéo raconte le travail de Max von Oppenheim. Des images de synthèse permettent de visualiser le site détruit.
J’ai été très impressionnée par cette exposition. Cependant il m’est difficile de rédiger un compte-rendu complet tant la visite était riche et tant cette histoire est nouvelle pour moi. Peut-être faudrait-il que je retourne au Louvre pour m’attacher à l’aspect historique, ou symbolique?
Malgré l’affiche qui ressemble à un biface, malgré le titre, ce n’est pas une exposition archéologique et vous verrez très peu de ces silex taillés, haches polies ou harpons d’os que vous avez l’habitude de trouver – parfois bien poussiéreux – dans certains musées de la Préhistoire.
Ami Drach & Dov Ganchrow
C’est d’art contemporain (ou moderne) qu’il s’agit!
Exposition ou plutôt parcours chronologique dans une spirale des temps géologiques. Il faut ici prendre « Préhistoire » au sens large, comme dans l’expression « animaux préhistoriques » parce que vous allez voir quelques fossiles et beaucoup de dinosaures. Il ne s’agit pas plus de géologie (même si on y fait allusion) mais d’art sous toutes les formes, sculpture, peinture et cinéma!
Gabritchevsky
Aux débuts de la Terre, une planète sans humains, peuplée de créatures fantastiques comme l’a peint Gabritchevstky qui avant d’être peint fut biologiste, entomologiste menant des recherches sur l’hérédité. Max Ernstet De Chirico ont aussi suivi cette inspiration en dessinant des monstres.
Max Ernst : frottage
35.000 ans, 28.000 ans. Non seulement les humains ont colonisé la Terre, mais ils sont déjà des artistes!
Vénus de Lespugue
La Vénus de Lespugue est une des stars de l’exposition. Elle a fasciné les plus grands de Picasso à Giacometti qui en possédaient des copies et qui les ont inspirés. Elle se trouve donc en compagnie des œuvres de ces artistes et de bien d’autres. j’ai beaucoup aimé la vitrine contenant des sculptures de Brassai
Brassai
ma préférée est celle qui est en bas à droite. Brassai s’est aussi inspiré des graffitis sur les murs, analogues aux graffitis dans les cavernes? Sur Caresse de Giacometti , une main gravée sur le marbre blanc fait peut être allusion aux mains préhistoriques qui décorent les peintures rupestres, sensualité du marbre.
Giacometti Caresse, marbre blanc
Nous connaissons les outils préhistoriques. Miro s’est amusé sur les deux tableaux ci-dessous:
modernité? Clés à molette, hélices, tuyauxPréhistoire? notez les analogies! massues, ossements, silex
Altamira, Chauvet, peintures rupestres. La caverne s’orne d’un art raffiné.
peintures rupestresYves Klein : Empreintes de corps de Femmes
ou
Richard Long
Et que dire des grandes fresques de Miquel Barcelo à l’argile sur du verre. Œuvres éphémères qui semblent surgir de l’âge de pierre, ou de la falaise des Dogons ou Barcelo a eu un atelier.
Barcelo – Danse macabre ou chasse primitive?
Les mégalithes de Carnac, les pierres gravées de Gavrinis se mêlent au Land Art de Spiral Jetty de Robert Smithson – une vidéo montre des engins de chantier déversant des chargements de roches dans le lac. A l’opposé Richard Long, le marcheur, construit son oeuvre par ses pas
Richard Long, néolithique ou contemporain?
La spirale des temps va-t-elle se boucler avec une extinction? Avec du papier hygiénique, du carton et des cure-dents, matières périssables, dérision de l’art, Jack et Dinos Chapman ont scénographié les dinosaures à la veille de leur extinction
Les dinosaures de papier et carton des Chapman
Une vidéo se déroulant à Fukushima où un singe habillé préfigure peut être cette extinction des humains.