Exposition importante couvrant 2000 ans d’histoire et tout le Moyen Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, du Liban à l’Arménie……réunissant des pièces d’une valeur inestimables, certaines prêtée par des communautés et couvents. Grande variété aussi des objets, mosaïques et chapiteaux, icônes, manuscrits et textiles sans oublier les photographies et même des films…Chacun y trouvera ce qu’il cherche.
Bible arménienne enluminée
Pièces antiques des premiers chrétiens et objets liturgiques. Une étude très exhaustive présente les courants du christianisme avec les influences, les conciles, les théories qui les différencient: christianisme alexandrin, nestorien, arménien, melkite, maronite…. La naissance du monachisme, des stylites aux monastères du désert égyptien occupe une salle entière.
icône
Après la Conquête Musulmane au 7ème siècle, les Croisades au 11ème, et la Constitution de l’empire Ottoman, les influences se mêlent, les cultures s’hybrident, se répondent. Les objets s’échangent : objets de la vie quotidienne fabriqués par les artisans chrétiens pour les dignitaires musulmans, ou gravure des commerçants turcs à la Foire de Beaucaire.
maquette des lieux saints à destination des pélerins
Une Bible polyglotte en sept langues, imprimée à Paris par l’orientaliste Savay de Brèves, ambassadeur à Constantinople 1591-1614 – publiée de 1620 à 1645 permettait aux érudits de comparer la version hébraïque du texte sacré à sa traduction grecque, syriaque, copte, araméenne….J’ai été aussi très impressionnée par la lettre de Soliman à François 1er accordant les capitulations.
Détail du rideau d’autel en coton de madras
Un rideau d’autel de la chapelle arménienne de Jérusalem est en coton de Madras, venant d’Inde, illustrant le rôle des chrétiens dans le négoce des textiles dans la région et surtout à Alep…
Difficile de ne pas évoquer dans l’histoire récente, les persécutions : le Génocide Arménien ainsi que les massacres des Syro-Chaldéens au début du 20ème siècle. Une exposition photo des Pénélopes, femmes attendant un mari, un fils disparus, un film libanais…
Exposition temporaire du 23 avril 2017 au 4 septembre 2017
je ne me suis décidée à la veille de la clôture de l’exposition ou plutôt des deux expositions Etre là et les Initiés
J’ai été tellement impressionnée par Etre là présentant 3 générations de plasticiens contemporains en Afrique du sud,que je n’ai même pas fait un tour dans l’autre exposition. C’est souvent comme cela, quand une exposition m’intéresse, je suis tant concentrée à tout voir, prendre des notes, tout lire que je m’épuise et sature et ma curiosité s’émousse.
Cette exposition fait la part belle à la photographie, la vidéo et l’animation, et les installations spectaculaires. L’artiste qui m’a le plus impressionnée est sans aucun doute William Kentridgeque j’avais déjà remarqué dans l‘Afrique des routes au Quai Branly et dont une partie de la fresque en papier découpé, fragment de la fresque de Rome Triumph and Laments, occupe la place d’honneur au dessus de la librairie dans le hall. Le bateau et les femmes pleurant un naufrage à Lampedusa donnent le ton. Cette exposition est contemporaine, politique et ouverte sur le monde extérieur, sans concession.
Après avoir suivi encore la fresque de Kentridge on entre dans une installation de Jane Alexander : Infantry with Beast : 27 hommes à tête de lycaon, en ordre de marche derrière un lycaon dans une pièce noire. Le bataillon deJane Alexander est sonorisé par la vidéo d’animation de David Koloane : The Takeover au fusain selon une technique ressemblant à celle de Kentridge en peut être moins abouti. Deux tableaux représentant des canidés rouge orange de Koloane sont aussi effrayants.
On entre dans un univers de violence, où l’homme est un loup pour l’homme.
Dans la salle suivante on assiste à la projection de Notes toward a model Opera de William Kentridge (2015) .
Sur trois écrans sont projetées des animations vidéo qui se complètent mais différentes, des cartes, documents divers constituent le fond, carte de Chine, carte géologique de Normandie, Journal Officiel d’époque rendant compte de la commune de Paris….. Des danseurs affublés de cones, d’armes ou d’uniformes de l’Opéra révolutionnaire chinois exécutent des chorégraphies révolutionnaires inspirées de la gestuelle révolutionnaire chinoise brandissant un drapeau rouge ou un fusil, avec les mouvements corporels de la danse africaine…Des slogans révolutionnaires ou ironiques traversent l’écran sur des pancartes LISTEN TO THE ECHO _ NATIONALISE THE HEAVEN ou LONG LIFE TO THE SPARROW-LONG LIFE TO MOTHERLAND…..
Une installation deKemang Wa Lehulere occupe une salle : Dog sleep Manifesto ou Redding of the Greens : des chiens (décidément c’est un motif récurrent) gardent des valises ouvertes contenant un carré de gazon. Elles symbolisent les terres que les Noirs ont dû quitter lors du déplacement des Noirs 1913. Un dessin mural géant accompagne les objets et les chiens imitant le tableau noir d’une école.
Des oeuvres d’autres plasticiens se partagent la même salle principalement des textiles. J’ai apprécié les tapisseries deAthi Patra Ruga
que l’artiste refuse d’encadrer et qui sont en forme de parallélogramme
La photographie occupe une grande place dans l’exposition avec David Goldblattqui témoigne des luttes anciennes comme des plus récentes comme la protestation dees étudiants en 2015 contre la statue de Cecil J. Rhodes qu’on a couvert d’excrément puis déposée.
Zanele Muholise définit comme photographe activiste visuelle . Un mur est occupé par une série de portraits Faces and phases follow up où un même personnage est photographié à plusieurs phases de sa construction.
Jody Brand avec des photographies très colorées de grand format donne une visibilité aux agressions dont sont victimes les femmes et représente des homosexuels ou des trans
j’ai aussi été impressionnée par les grands tableaux – photographies ou tableaux? – d’une grande violence de Kudzanai Chiuraiqui est un artiste originaire du Zimbabwe mais établi à Pretoria.
D’autres artistes contemporains encore sont présentés qui m’ont peut être moins frappée (ou j’étais fatiguée). J’ai pris un énorme plaisir à rechercher ensuite sur Internet les biographies et les articles concernant ces artistes tous (sauf Kentridge) nouveaux pour moi.
EXPOSITION TEMPORAIRE du 23 juin au 17 septembre 2017
Judith Scott(1992)
Inextricable, les objets pelotonnés de Judith Scott, la laine enroulée emmêlée : Art brut, l’histoire de Judith Scott est bouleversante : fillette trisomique séparée de sa jumelle, puis la retrouvant 36 ans plus tard.
Fétiche d’Afrique de l’Ouest
enroulé, liés les objets magiques, vaudou loin de l’art contemporain et pourtant si proche! enroulements magiques. Ceux de Judith Scott ne l’étaient ils pas aussi?
Fétiches ou création contemporaine?
cornes magiques? entrelacs complexes de matières et d’objets. si par mégarde les objets se trouvaient mélangés il faudrait appeler le conservateur pour les ranger!
Objets de culte que ce mur de la Maison de Marie d’Ephèse où les pèlerinsontaccroché des lambeaux de tissus, des rubans ou des papiers…
Que dire des reliquaire, le papier enroulé a remplacé le tissu mais quels entrelacs!
reliquaire
Qui dit entrelacs dit aussi broderie, textile couture ou tricot. Comme il est beau le Manto daApresentaçao d’Arthur Bispo do Rosério vêtement cérémoniel pour être digne de se présenter devant le Créateur : Art brut que ce travail obsessionnel réalisé à l’hôpital psychiatrique avec des matériaux récupéré.
Les tenues de Guiseppe Versino réalisées avec les serpillières après nettoyage de l’hôpital psychiatrique de Turin sont de toute beauté
A côté des fétiches et talismans, desproductions d’Art brut réalisé en hôpital psychiatrique, des plasticiens reconnus comme Annette Messager ou LouiseBourgeois ou Pierrette Bloch ont réalisé des oeuvres qui trouvent leur place.
L’oeuvre de Michel Nedjar m’a beaucoup impressionnée. Nouages symboliques d’objets liés à ses voyages en Afrique ou en Iran mais aussi ces poupées de tissu tout à fait effrayantes qui clôturent l’exposition juste avant la projection de vidéos où les artistes racontent leur travail. Michel Nedjar – dans Les chantiers interdits – livre une clé pour comprendre : il voit dans sa vie un avant et après Nuits et brouillard – tombé dans une profonde dépression il s’enferme pour fabriquer ces poupées qu’il trempe dans un »bain rituel » il les exhume comme s’il exhumait les morts…
Michel Nedjar
Une autre vidéo du Suisse Marc Moret explique comment avec divers objets pris dans une pâte de verre pilé, il fabrique des compositions étranges collage à maman intègre les aiguilles à ouvrage, des tissus redonnant « vie » à ces objets…
EXPOSITION TEMPORAIRE DU 21 juin au 23 octobre 2017
Hockney n’est pas uniquement le peintre des piscines californiennes! Je les aime beaucoup, mais ce n’est qu’une partie de son oeuvre qui est présentée dans cette rétrospective.
Comment Hockney est- il passé de la représentation de l’Angleterre laborieuse des Builders ou du Poulailler 1954 qu’il a peints en sortant de l’école d’Art de Bradford à ces piscines? C’est cette évolution que montre l’exposition de Beaubourg, bien qu’elle ne soit pas vraiment chronologique mais plutôt par thèmes.
La salle qui succède au réalisme socialiste présente les Love paintings – passage à l’abstraction qui’l est bien difficile de décrire avec une économie de couleurs et de motifs, une figure phallique récurrente, la présence de mots écrits… le cartel explicatif note l’influence de Pollock, Dubuffet et Beacon. j’ai été surtout impressionnée par Shame – moins abstrait que les autres, plus facile aussi à interpréter.Le mot-clé qui fait la liaison entre les deux peinture, est sans doute propagande. La peinturede David Hockney est engagée et politique. Il s’engage très tôt dans la sous-culture homosexuelle dès 1960.
Du libertin de Londres au dandy New Yorkais est le titre de la salle suivante: The rake’s progress est une série de gravures en Noir& blanc soulignées ou tachées de rouge où un personnage à lunettes (lui-mêm je présume?) évolue dans un contexte bizarre.
La salle suivante est encore très différente et titrée Démonstration de Versatilité : suivant l’exemple de Picasso, Hockney affirme « qu’il pouvait maîtriser tous les styles. la leçon que j’en tire c’est qu’on peut les utiliser tous » . Les tableaux grand format et souvent très colorés surtout dans ses tableaux américains Rocky mountains tired indians(1965) et Arizona m’ont beaucoup plu.
On arrive à la Californie (1964), les cartels notent l’influence de Warhol . Un portofolio montre les photographies très belles, ayant inspiré les tableaux de piscine ou de scène de douches. A bigger splash a aussi fiat l’objet d’une vidéo. mon préféré est Pool & Steps, le nid du Duc (1971 ). merveilleuses étude de la transparence de l’eau. Occasion aussi d’introduire des nageurs peu vêtus.
Dans la même salle on voit une des illustrations de 14 poèmes de Cavafy
En contrepoint aux grandes piscines colorées une série de portraits à la plume ou rehaussés de couleurs, montrent une grande dextérité et une maîtrise du dessin.
Double portraits est le titre de la salle suivante où la taille des cadres est encore plus grande. Deux personnages souvent figés dans un décor où l’on voit souvent des oeuvres de la peinture des grands maîtres. Ces grandes toiles photographiques sont parfois ironiques.
Retour en Angleterre pour des tableaux de paysages très colorés et des vidéos : la même route dans la forêt est prise exactement au même endroit pendant les 4 saisons, l’ensemble est composé de 18 pavés, la colonne du milieu semble immobile tandis que sur les côtés les pavés semblent zoomés, et s’éloigner; lr spectacle est en 3D et saisissant.
l’exposition se conclue sur des tableaux très colorés, série sur un jardin avec une terrasse bleue et triptyque autour de l’Annonciation.
LE MONDE EN EXPOS Exposition temporaire jusqu’au 23 juillet 2017
Attention! c’est une très grosse exposition, il faut compter au moins 2 heures et même plus. C’est une exposition double : la première partie est une chronologie, passionnante mais surtout des textes et des photos, quelques masques mais peu d’oeuvres de Picasso, même si c’est très intéressant il faut passer assez rapidement pour avoir encore de la fraîcheur et de l’attention pour la seconde partie qui est la confrontation des oeuvres des « primitifs » et de Picasso. Il y a de nombreuses toiles quelques sculptures, et c’est vraiment éblouissant.
Gou dieu Fon (Abomey) et la femme à la poussette
« je me hâte d’ajouter que je déteste l’exotisme »
écrit Picasso à Apollinaire
parcours chronologique
Année après année, commençant par l’Exposition Universelle de 1900, nous suivons les découvertes de Picasso, ses premières acquisitions, ses rencontres (1905 Gertrud Stein), Vlaminck acquiert le masque fang qu’il transmet à Derain où Picassole voit en compagnie de Matisse
masque fang
1907 est une année capitale , c’est l’année des Demoiselles d’Avignon et celle de la visite de Picasso au Musée Ethnographique du Trocadéro, malgré « l’odeur de moisi et d’abandon… » Picasso est saisi : « j’ai compris que c’était le sens de la peinture. […] ce n’est pas un processus esthétique c’est une sorte de magie »
Une vidéo de 2’10 en N&B est projetée très réussie.
C’est aussi l’année où Picasso achète un Tiki polynésien.
1912 apparition de l’expression « art nègre »
masque Nimba guinée
c’est l’occasion de découvrir Picasso dans le décor familier de ses ateliers successifs avec ses amis et le tout-Paris. On voit apparaître successivement Gertrud Stein (1918) AndréBreton, puis en 1922 Aragon… en 1945 le poème de Senghor « masque nègre »est dédié à Picasso
Masque nègre
Léopold Sédar SENGHOR
Recueil : « Chants d’ombre »
A Pablo Picasso
Elle dort et repose sur la candeur du sable.
Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.
Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!
1947 Picasso fait le portrait d’Aimé Césaire
Nevimbumbao
Matisse veut lui offrir le masque Nevimbumbao . En 1951, Picasso le refuse mais le réclame à la mort de Matisse en 1954.
Picasso se met en scène en chef indien coiffant les plumes d’un chef indien, coiffure offerte par Gary Cooper, ou en matador, en costume africain..
Cette exposition chronologique vaut à elle seule le déplacement
Mais la deuxième partie Corps à corps où les oeuvres du Maître sont confrontées aux masques, tissus, statues des Arts Premiers, est absolument magique. Les oeuvres sot rassemblées par thème Verticalité, parexemple, rassemble 5 études pour « Nu debout » 1908 vis à vis d’une statuette du Gardien Reliquaire
Verticalité : Nu debout
Un autre thème exploité est celui de la métamorphose ou la mise en abyme
nature morte avec guéridon
Dans cette nature morte se cache une femme, pour la trouver un indice : les deux pommes vertes sont les seins! Elle est exposée près d’une cape inuit de toute beauté où se cachent des corbeaux et des baleines.
Autre technique : l‘assemblage, collage, sculpture, céramique, les techniques employées par Picasso sont diverses. Les assemblages sont bien sûr nombreux dans les masques et fétiches africains riches de leur charge magique.
singe
les animaux ne sont pas oubliés.
La défiguration est aussi un thème
pour arriver aux représentations sexuelles chez le peintre comme dans les arts premiers
Baiser
l’exposition se termine par une salle obscure, presque magique.
EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE DU LUXEMBOURG jusqu’au 9 juillet 2017
Cette exposition s’inscrit très bien dans notre série de visites de maisons d’artistes, il nous semble visiter Pissaro chez lui à Eragny. Le grand portrait nous accueille face à l’entrée où sont accrochées des photos de son décor familier. Photos de famille, de son atelier, de son chevalet mobile qu’il roule dans un verger.
Dans la deuxième salle, titrée « Des Panoramas à profusion » nous découvrons la campagne environnante avec une palette claire, gaie, avec des petites touches presque pointillistes.
L’anarchie et la nature
Met l’accent sur un aspect que je ne connaissais pas du peintre : proche d’Elisée Reclus et d’Octave Mirbeau, Pissaro veut faire partager ses convictions anarchistes en réalisant un recueil de gravures Turpitudes sociales dont le fac-simile réédité en 1972 est exposé sous une vitrine.
Les hommes prennent le devant de la scène.
En 1886, le groupe impressionniste se dissout, Pissaro se rapproche de Seurat. Est-ce à ce rapprochement qu’on doit des tableaux presque pointillistes? On fait aussi connaissance avec son fils Lucien qui réalise des toiles selon cette même technique mais avec une palette un peu moins claire. Père et fils peignent sur les mêmes thèmes.
De nombreuses aquarelles de petits formats témoignent de la recherche de rendre l’immédiateté des changements de lumière.
Revenons à Lucien, en Angleterre, il fonde une maison d’édition Eragny Press éditant de nombreux textes français illustrés, présentés dans une vitrine; je remarque particulièrement le début d’Hérodias de Flaubert . le texte ci-contre, le début d’Hérodias décrit le palais d’Hérode à Machéronte où nous sommes passées il y a peu.
Hérodias : Eragny Press
Les paysages d’Eragny 1887 montrent des personnages , la moisson, la cueillette des pommes.
Travaux des champs (1894-1901)
Le livre illustré sur le travail agricole fut publié à Londres en 1894 : pour cet ouvrage de nombreuses études sont exposées dans une salle qui leur est consacrée. Pissaro fait appel à de nombreuses technique : gravure sur bois, craie sur papier à décalque, fusain, stylo et encre de chine. Il recommence plusieurs fois et les étapes du travail en progrès sont très intéressantes. J’ai noté : la gardeuse de vache, la fenaison, les femmes « faisant de l’herbe », une femme nourrissant les poules, des femmes récoltant des pommes…et bien sûr les travaux des hommes, semeur, moisson…
récolte des pommesSemeur
Les personnages peuplent davantage les tableaux suivants!
Nous terminons l’exposition avec les vues du jardin potager d’Eragny.
Les expositions viennent par vagues, L’Afrique des Routes au quai Branly ICI, à la fondation Vuitton : Art Afrique le nouvel atelier, à la Villette, un festival 100% Afrique jusqu’au 28 mai, sans parler des manifestations maintenant terminées à la fondation Cartier: Beauté congo (Ici)
Je me suis donc laissé tenter par Les Trésors de l’Islam de Tombouctou à Zanzibar et j’ai été très agréablement surprise. Les expositions de l’IMA sont toujours passionnantes mais j’avais peur de trouver beaucoup de manuscrits et de Coran que je suis incapable d’apprécier à leur juste valeur (sans doute à cause des manuscrits de Tombouctou). Il y a certes, des manuscrits et des livres précieux dans la première salle qui présete ls sources (Ibn Battûta et René caillé pour les plus connus) des panneaux instructifs sur l’extension de l’Islam à différentes époques, en corrélation avec les routes du commerce de l’or, de l’ivoire et des esclaves des marchands arabes, commerce déjà florissant au Xème et XIème siècle à l’apogée au XIIème siècle.
A propos du sauvetage des manuscrits de Tombouctouun vidéogramme est présenté dès l’entrée, posant le problème : doit on les retourner à Tombouctou o ils sont encore en danger, à Bamako où le climat humide pose des problèmes de conservation ou à Paris? Selon l’optique sécuritaire, scientifique ou patrimoniale, les réponses sont différentes.
La surprise et la grande richesse de cette exposition est l’abondance de créations artistiques contemporaines ou récentes, colorées très graphiques.
histoire de l’Ethiopie
Dans l’aire Swahilie de Mogadiscio à Zanzibar les peintures Tingatinga de Tanzanie dans le style d’Eduardo Saidi (1937-1975) racontent l’histoire de Zanzibar avec le commerce des esclaves et de l’ivoire
commerce des esclaves et de l’ivoire
Pour l‘Afrique de l’Ouest, des documents de Théodore Monodn’ont pas de prétentions artistiques mais m’ont émue. Il a découvert en 1964 un chargement aban
donné par une caravane au XIIIème siècle.
Selle et flûte maures
Les fleuves Brûlent de Mohamed Elbaz est une oeuvre récente (2017) une broderie au fil d’or sur une toile blanche des bassins hydrographiques des grands fleuves africains.
Dialiba Konaté (2010) raconte la Fabuleuse Histoire du Ghana avec des dessins colorés d’une grande finesse
la Fabuleuse histoire du Ghanala fabuleuse histoire du Ghana
Une splendide tapisserie d‘Abdoulaye Konaté (2013) dit Non à la Charia!
A l’étage les révoltes mahdistes et le califat de Sokoto racontent une histoire plus récente au 19ème siècle.
Aboubacar Traoré (2016) avec ses grandes photographies couleurs Inch’Allahdénonce l’endoctrinement par les islamistes
Inch’allah
Maïmouna Guerresi (2011 -2012)
De très belles photographie du pèlerinage en Ethiopie à cheikh Hussein sont l’oeuvre de Ferrante Ferranti (2006-2008)
Une salle est dédiée à l’EXPRESSION DU CULTE
les confréries soufistes sont représentée avec les 7 étendards de la Tijaniyya par Rachid Karaïchi qui explique dans un vidéogramme la symbolique de son oeuvre : bannières de calligraphie.
Réalisées dans les quartiers des artisans des tentes du Caire, les calligraphies noires sur fond blanc sont la réplique inverse du drapeau de Daech,.
Ombre/lumière correspondent à cette utilisation du Noir/blanc.
Une autre confrérie est la Mouridiyya fondée par Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke, dont la capitale est à Touba au Sénégal. la figure du cheikh est récurrente au Sénégal sur des supports variés, autocars, boucheries… Cette figure se retrouve sur l’oeuvre de
j’ai la surprise de découvrir des masques qui me feraient plus penser à l’animisme. En Côte d’Ivoire des cérémonies masquées sont liées à l’Islam dans certaines ethnies.
Le cheval Al-Buraq , la monture du Prophète a inspiré ce groupe de Guinée. Dans ma visite à l’expo du Quai Branly : l’Afrique des routes j’avais vu un objet de même inspiration : la castelet Sibondel
EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME
jusqu’au 16 juillet 2017
Prévoir une demi-journée, l’exposition est copieuse.
Surtout visionnez les vidéogrammes qui sont passionnants!
QUI EST LE GOLEM?
« Qui peut dire qu’il sait quelque chose sur le Golem?On le relègue dans le domaine des légendes jusqu’au jour où un événement survient dans les ruelles et lui donne brusquement vie. »
Gustav Meyrink
Bien sûr, on connait le livre de Meyrink (1915) et les adaptations filmées.
Dès l’entrée on entend la voix de Borges lisant son poème sur le Golem : pour l’entendre cliquer ICI
Pouvoir des lettres qui donneront vie au Golem.
illustré par cette oeuvre Tserouf de Frank Lalou (2015)
Depuis la Kabbale, le pouvoir des lettres et des nombres qui leur sont attribués a occupé les érudits. Des arbres de la sainteté montrent sous forme de diagrammes ésotériques ces formules qui permettraient d’animer (ou d’endormir le Golem)
Dans la vitrine un Sefer Yetsira imprimé à Mantoue en 1562 montre encore ces figures!
LE GOLEM DE PRAGUE
Si le Golem de Prague est le plus célèbre, il exista d’autre Golem au cours des temps, on peut citer celui d’Elya Ba’al Chem de Chelm…
Yehouda Loew, Maharal de Prague oublia de l’endormir pendant le Shabat, il se transforma en une menace son corps se trouverait encore dans la Vieille-Nouvelle Synagogue de Prague.
Ambivalence du Golem, un être docile et protecteur peut se transformer en une créature dangereuse incontrôlable.
c’est le Golem de Prague qui est à l’origine de l’image qu’on se fait du Golem: dans cette salle de nombreux extraits de vidéogramme illustrent cette image.
UN HÉROS PROTECTEUR
Les comics américains ont emprunté à la figure du Golem cet image du géant protecteur; les dessinateurs juifs étaient familiers du mythes qu’ils adaptèrent.
On peut aussi imaginer le Golem qui défend les Juifs des nazis.
Un Jeu vidéo : « have no mouth and I must scream » exploite cette idée. De nombreux jeux vidéos font appel au Golem
On peut aussi écouter Elie Wiesel
« A nos yeux c’était un sauveur. Un sauveur muet et malheureux; Nul ne le comprenait…. »
UN MONSTRE INCONTRÔLABLE
Niki de Saint Phalleconstruisit ce monstre pour un jardin public à Jérusalem.
Le Golem fut aussi utilisé dans la rhétorique antisémite pour mettre en évidence la « monstruosité juive », on voit la couverture d’un pamphlet.
De nombreux plasticiens se sont emparés du thème : Garouste, Boltanski, des photographes aussi se sont inspiré de » la légende d’argile » comme Joachim Seinfeld.
jusqu’aux Simpson!
J’ai eu le grand plaisir de visionner deux films d‘Amos Gitaï qui fait naître de la terre, en musique un Golem féminin dans l naissance d’un Golem.
DESCENDANCES DU GOLEM
Cybernétique, ordinateurs et robots sont les descendants du Golem! Un des premiers ordinateurs de l’Institut Weizmann fut nommé Golem; j’ai bien aimé les constructions de Zaven Paré surtout son babbi Loew (mais j’ai raté la photo)
Zaven Paré robot
Led mot de la fin est la très belle projection du film d’Amos Gitaï : Golem l’esprit de l’Exil
« Va protège les vagabonds, les nomades, les exilés… »
EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 24 juillet 2017 au Grand Palais
Avec le printemps, il m’est venu l’envie de flâner dans ces jardins…. de l’Antiquité à nos jours
Giuseppe Penone 1984 Verde con camicia
Exposition éclectique, présentant aussi bien des oeuvres anciennes que contemporaines. Peinture ou photographies, collages et herbiers….
matisse acanthes (papier découpé)
Dessin de Dürer au contemporain Patrick Neu, en passant par Redouté
Iris de Patrick Neu
ou d’herbier, en passant par celui de Jean Jacques Rousseau et ceux du Muséum d’Histoire Naturelle
Il y a aussi des fruits et plantes exotiques entières en cire qui n’auraient pas pu se conserver pendant un long voyage dans l’alcool, trop épais pour être mis en herbier.
Végétaux mais aussi jardins, merveilleux tableauxx représentant Marly ou Saint Cloud
parc et bassins de Marly
Et puis les grand maîtres, Cézanne, Klee, Bonnard, Caillebotte, Berthe Morizot, Picasso …
Calao ou pélican?portant trois personnage dont l’un colonisateur, faisant du commerce
Exposition ambitieuse, pour contrer celui qui demandait à l’Afrique de « rentrer dans l’Histoire » (discours de Dakar), exposition historique comme en témoigne le dépliant disponible à l’entrée : côté pile, géographie une carte du continent africain, côté face une chronologie qui commence il y a 7 millions d’années avec Toumaï et se termine par l’élection d’Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria élue en 2006.
Histoire comme celle des échanges entre l’Afrique et le monde :
routes caravanières , on passe à l’entrée devant de magnifiques selles de chevaux et de dromadaires.
routes maritimes et fluviales, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours
objets nilotiques , égyptiens mais aussi hellénistiques ou romains comme les petites statuettes de pygmées qui m’ont plutôt fait penser à des satyres bacchiques, ou une fresque nilotique pompéienne.
pirogue sur un fleuve
maquettes de pirogues et aussi de bateaux à balanciers d’origine asiatique témoignant ds échanges entre l’Afrique de l’est et l’Inde, cartes de navigation, globe terrestres ….La permanence de ces échanges est représentée dans le choix des objets qui ne sont pas forcément africains. Le buste de Septime Sévère posé au milieu de la deuxième salle témoigne de l’ancienneté du commerce, il voisine avec un exemplaire du Coran de Tombouctou, 1200ans séparent ces objets.
Thématique par matière dans les Echanges commerciaux
Route du sel
en or ou dorée?
route de l’or d’Afrique de l’Ouest,
salière portuggaise manueline en ivoire
Route de l’ivoire avec la magnifique salière portugaise , de style manuélien (un de mes objets préférés de l’exposition). ou les oliphants
manteau de perles
route des perles, qui viennent parfois de Venise. On se souvient que « les esclaves furent échangés contre de la verroterie » terme péjoratif en regard de l’utilisation merveilleuse des perles pour couvrir une tête bleue de buffle camerounais ou un manteau d’apparat.
Routes de l’esclavage
Perles et cauris
Route des plantes avec le café, la banane, l’ananas….
Routes spirituelles avec l’expansion des religions monothéistes
à commencer par le Judaïsme, et l’histoire de la Reine de Saba, l‘Islam et le Christianisme. De nombreux objets témoignent de thèmes religieux comme le cheval ailé al-Buraq sur un merveilleux castelet Sibondel (autre merveille).
castelet sibuondel cheval ailé al-buraq
L‘animisme nest pas oublié : paquets fétiches.
Yemanja
L’échange n’est pas à sens unique : le vaudou et les autres religions africaines en Haïti ou au Brésil sont à l’honneur avec une tapisserie de perles haïtienne et une petite sirène Yemanja (qui m’a fait penser à la chanson Marin de Lavilliers). Métissage avec l’Asie? cette Mamiwata, mi-sirène, mi serpent nigériane…
mamiwata
Routes esthétiques
Occasion de présenter des objets divers et tous aussi beaux, de confronter les poteaux funéraires africains à des poteaux asiatiques vietnamiens, des cannes, statuettes….
mère et l’enfant, curé?
Les artistes contemporains ne sont pas oubliés : j’ai découvert les vidéos de William Kentridge (Afrique du Sud) que je ne connaissais pas (une belle surprise). La boucle est fermée par le naufrage de la Méduse, maquette sur les flots déchaînés, aux voiles de wax très symboliques (le tissu de wax très porté en Afrique est un héritage colonial) et l’anthropophagie des blancs renvoie au cannibalisme supposé des noirs dans l’imaginaire européen.
Haïti : tapis brodé de perles
Mon billet ressemble à une énumération, de routes, d’objets magnifiques. Dans toutes ces routes je me suis un peu perdue.
Difficile de me concentrer alors qu’un conférencier-conteur menait une troupe d’enfants sur une visite contée. Il avait pris pour fil d’Ariane la figure de la Reine de Saba. C’est à la fin devant une fresque style bande dessinée colorée éthiopienne que j’ai compris où il voulait faire aborder sa troupe. Merveilleux conteur! Je ne lui en veux pas du tout, j’avais envie de le filmer, pas osé!