la route de Beit Zera – Hubert Mingarelli

beit Zera

 

Aifelle m’a donné envie de le lire.

beit zera livre

J’ai eu envie de me perdre sur cette route de Beit Zera dont le nom me parlait,: un kibboutz près du Lac de Tibériade. Je n’ai retrouvé ni le Kibboutz ni le Lac. Aucun de mes souvenirs n’a pu  se rapprocher de l’atmosphère du livre. La forêt épaisse et mystérieuse avec ses cachettes et les pins elle-t-elle dans les parages?

Cependant, je n’ai pas regretté cette lecture. C’est une merveille de finesse et de délicatesse. Comment en rendre compte sans dévoiler son secret, sans en raconter l’intrigue et spoiler?

Un homme solitaire et plutôt silencieux, une chienne, un fils aux antipodes, un garçon arabe taiseux, un ami de longue date avec qui il partage des cuites et des souvenirs de jeunesse….

Une maison en bord de forêt, loin de toute agitation. un secret.

C’est une écriture sensible, délicate.

 

Rendez-vous à Atlit – film de Shirel Amitai

TOILES NOMADES 

atlitaffiche

Trois sœurs se retrouvent pour vendre la maison familiale. Complicités et rivalités. Trois sœurs aussi dissemblables que possibles. Darel, l’aînée est attachée à la maison, à Israël, Cali – celle du milieu –  a besoin d’argent pour acheter un appartement à Paris, Asia la benjamine part en Inde.  A la télévision, capricieuse, tous surveillent la manifestation pour la paix où Rabin est abattu.

A voir, comme un document historique, pour entendre la voix de Rabin et aussi l’hystérie de la droite israélienne, appels au meurtre.

Les actrices sont sympathiques surtout Geraldine Nakache qui déborde d’énergie et de révolte, la seule qui refuse le mythe familial qu’ « il n’y avait rien » quand la grand mère est arrivée à pied de Russie, la seule qui rencontre le petit arabe clandestin « des territoires » qui gaule l’olivier et voudrait squatter la maison. En revanche les apparitions des parents décédés burlesques qui interviennent à tout propos sont peu crédibles et parasitent le film plutôt qu’ils ne l’habitent.

Un film sympathique, pas un  chef d’oeuvre, mais doit-on uniquement visionner les chefs d’œuvres?

lire aussi ICI

Istanbul était un conte

LEVANTINS

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« crédit photo Nathalie Ritzmann »

Certains livres me touchent et entraînent dans leur sillage d’autres lectures. Il en est ainsi du livre de Benny Ziffer : Entre nous levantins. Les références littéraires ne manquent pas et j’ai lu Le Bruit de nos pas de Ronit Matalon. Comme Benny Ziffer, Mario Levi est turc. Il écrit en turc même si de nombreuses langues se mêlent dans cet ouvrage.

Istanbul était un conte est un très gros volume de 700 pages, en petits caractères, sans paragraphes, des chapitres qui ne prennent même pas le temps de s’arrêter sur une page blanche. Il enchaîne histoires sur histoires à perdre haleine.

Un conte?
On songe tout de suite aux  Mille et une nuits? Peut- être? Mais il n’y aura pas de Shéhérazade ni de Palais. Il se déroule dans les quartiers commerçants  d’Istanbul,  sans Topkapi, ni Mosquée bleue ni Bazar pour touristes.
Les contes s’emboîtent les uns dans les autres, se mêlent, se tressent. Les personnages se croisent, sous différents éclairages, vieilles photographies, souvenirs de uns et des autres, repas de famille, de fête ou de deuil…
Personnages d’une famille juive stambouliote de  leurs voisins, leurs associés en affaires…les conjoints, les parents des conjoints.
Ville cosmopolite et polyglotte. On parle turc (le livre est traduit du turc) et grec mais aussi espagnol aussi yiddish et français, et anglais….
On voyage aussi, de Riga à Alexandrie, de Londres à Mexico.

On se perd, on se retrouve. On se ruine, on joue, on cuisine.
Qui est qui?

Patrick Leigh Fermor : The Broken Road

LE VOYAGE EN ORIENT

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Une nouvelle édition rassemblant les trois récits du voyage de Fermor de Londres à Istanbul vient de paraître!
J’ai lu le Temps des Offrandes et  Entre Fleuve et Forêt il y a bien longtemps. j’attendais la suite depuis des années.

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Patrick Fermor – 18 ans – est parti de Londres en décembre 1933 à pied vers Constantinople.
Fermor est décédé en 2011.

Surprise : en 2013, la fin du voyage est enfin parue : The Broken Road

J’ai choisi de la télécharger en anglais sur ma liseuse. Je préfère lire en VO, même si le texte est littéraire et comporte tout un vocabulaire choisi que je ne possède pas. Magie de la liseuse : je clique et les dictionnaires m’aident.
c’est donc une lecture, lente, savoureuse, jubilatoire.

Fermor quitte la Serbie et les Portes de Fer, arrive à Sofia.

Rila
Rila

Au monastère de Rila il fait connaissance avec une étudiante de son âge qui l’invite à Plovdiv. Puis, il  marche dans la campagne, entre dans une épicerie à Tarnovo, le fils est étudiant également, ils sympathisent. De Routschouk – ville natale de Canetti – il traverse à nouveau le Danube et rejoint Bucarest où il est reçu dans la meilleure société…puis longe la Mer Noire et arrive pour la nouvelle année à Istanbul, dont nous n’apprenons presque rien.
Le périple n’est pas terminé puisqu’il se poursuit au Mont Athos.
C’est un livre de randonnées, Fermor raconte ses aventures. il raconte surtout ses rencontres.
De la haute société de Bucarest, francophone, proustienne et snob il passe à une grotte occupée par des pêcheurs grecs et des bergers bulgares avec leurs troupeaux avec le même bonheur – et pour le nôtre! Nous ferons enfin connaissance avec des moines russes, bulgares ou grecs…

 

Susan Abulhawa : les matins de Jenine

PALESTINE

morning in Jenin

 

 

J’ai d’abord cru lire un témoignage. Ce n’est que dans la post-face située habilement à la fin du récit, que j’ai découvert qu’il s’agissait d’un roman. Roman poignant.
Saga d’une famille palestinienne originaire de Galilée, contrainte à un premier exil en 1948, à Jenine, puis dispersée quand les hommes prennent les armes en 1967 et poursuivent au Liban.La narratrice s’installe aux Etats Unis.
Famille décimée.

Naqba, Septembre noir, Sabra et Chatila, occupation ordinaire, chaque catastrophe prend son lot de victimes.

susan abulhawaLe manichéisme primaire est évité par l’irruption dans l’histoire d’Israéliens proches et mêmes parents. Si l’amitié du jeune palestinien et du juif de Jérusalem dans les années 40 est tout à fait crédible, l’enlèvement du bébé donné à une femme rescapée de la Shoah l’est moins. Les retrouvailles improbables.

 

lu en anglais sur ma liseuse

 

Des Temps et des Vents – fil turc de Reha Erdem (DVD)

TOILES NOMADES

Les temps, ce sont les moments de la journée, rythmés par les appels à la prière. C’est aussi le passage des saisons, l’arrivée de l’automne et de l’hiver. C’est le temps d’autrefois, le temps de la ruralité dans ce village perdu de la mer Egée.

des temps et des vents enfants

C’est aussi le temps de l’enfance, le temps de l’école, le temps qui passe…

Les vents sont ceux de la mer Egée, Borée ou Meltem…

J’avais été fascinée par ce film à sa sortie en 2008 et j’ai retrouvé après l’avoir longtemps cherché, le DVD.

des temps et des vents minaret

Film tragique, rythmé par la musique d’Arvo Paart. Film où la mort rôde. Les enfants allongés, parfois ensevelis dans les feuilles ou des buissons, ne miment-ils pas la mort? Étrange désir de la mort du père de la part de l’adolescent.

 

Reproduction des brutes.

La grand-mère ne dit-elle pas que les enfants sont mignons quand ils sont petits mais qu’ils deviendront des abrutis en grandissant. Le père qui humilie son fils adulte, confiant l’étrange punition de construire un mur. Celui qui bat le petit berger pour une poignée de pistaches. Le grand frère qui repousse le petit à coup de pierres. Il ne dure pas le temps de l’innocence.

Le temps de l’école, espoir d’une vie meilleure. L’institutrice est aimée de tous. La jeune Yildiz est bonne élève mais sa mère la charge de corvées l’empêchant d’étudier et de lire.

des temps et des vents

 

 

 

Orhan PAMUK : Le Château blanc

LIRE POUR LA TURQUIE

pahmuk le chatea blanc

J’ai été enthousiasmée par Mon nom est Rouge que j’ai lu il y a quelques années alors qu’une exposition à L’Institut du Monde Arabe présentait des miniatures. Thème de la peinture, opposition etre la technique de la miniature et la peinture italienne avec portraits et perspective au débbut du 19ème siècle quand Bellini a portraituré le Sultan.

Dans le Château blanc on trouvé également la confrontation entre l’Occident et le monde Ottoman. Mais le thème est différent : il s’agit de sciences. Un jeune italien cultivé, est capturé par des pirates turcs et réduit en esclavage. Peu désireux de devenir forçat, il se présente comme médecin, exerce la médecine et se fait remarquer par un Pacha désireux de faire un feu d’artifice éblouissant. Autre thème de ce livre, une sorte de gémellité, l’Italien est présenté à son double, le Maître qui est pratiquement son sosie, un peu plus âgé. Le pacha cède l’Italien comme esclave au Maître, à charge de lui enseigner les sciences, l’Astronomie mais aussi la physique. Les deux hommes vivront face à face dans le projet d’instruire le Sultan-enfant. Ensemble, ils élaboreront des théories sophistiquées, écriront pour le Sultan des traités ou des contes qui devraient l’édifier et lui donner le goût de l’étude. Le Sultan a une ménagerie et adore les animaux. Les deux compères inventeront un bestiaire fantaisiste pour le plaisir du souverain. Il veut connaître l’avenir : astronomie et astrologie sont voisines !

Une épidémie de Peste se déclare à Istanbul, deux écoles s’affrontent : celle des conservateurs qui voient dans le fléau la main d’Allah qu’il est interdit et inutile de contrarier, celle des scientifiques qui pressentent la contagions et qui préconisent au Sultan des mesures de prophylaxie élémentaires. L’épidémie est vaincue, c’est le triomphe du Maître qui remplace l’Astrologue du Sultan.

Le Sultan part en campagne, en Hongrie, en Pologne. Les deux associés inventent une machine infernale destinée à terroriser l’ennemi, sorte de tank avant l’heure (il faudrait que je revoie les machines inventées par Léonard de Vinci).

Ce qui m’a charmé, c’est la rencontre avec Evleya Celebi dont j’ai lu les relations de voyage récemment. On retrouve les scènes fantastiques mêlées avec la relation quasi scientifique des contrées visitées. Evleya n’a pas vu l’Italie, il demande à l’Italien de la lui raconter. J’aime quand mes lectures dialoguent .

Cependant, le Château blanc n’a pas l’envergure de l’œuvre d’Evleya qui est absolument géniale. Il n’atteint pas non plus la densité de Mon nom est rouge que je lui ai nettement préféré. Toutefois, je vais continuer à explorer l’œuvre de Pamuk qui est tout à fait passionnante

Ronit MATALON : Le bruit de nos pas

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

ronit matalon

J’ai découvert Ronit Matalon dans le livre de Benny Ziffer.

C’est l’histoire d’une famille de juifs égyptiens, près de Petah Tikva : la mère, Lucette (Levana), Sami, serrurier, le fils, Corinne la grande sœur mariée à Memel, la grand-mère, la Nonna Esther, et l’enfant, la narratrice dont on ne donne pas le prénom. Ils habitent une baraque à géométrie variable, dont la mère réorganise la distribution des pièces.

« pas un instant, elle ne cessait d’être la sentinelle de la baraque, de la vie qu’était la baraque »

Avec  acharnement,  la mère fait vivre la famille, essaie de fleurir le jardin de rosiers, cumule les emplois de femme de ménage, avec une énergie elle mène la famille presque avec violence, cassant de la vaisselle, » avec ses mains d’ouvrier, pas d’ouvrière ». Le père Maurice est absent, il fait des apparitions, puis disparait. C’est un personnage assez énigmatique. Leur parler mélange l’hébreu, l’arabe et le français. Famille atypique peu intégrée dans le moule israélien « bengourionniste ».

« Quelque chose d’énorme, dont la perte terrible, avait été perdu selon elle sur l’itinéraire de l’émigration »

La construction du roman en courts chapitres autour d’un sujet plus général est assez éclatée. Livre puzzle, livre kaléidoscope. Pas de chronologie. On a du mal à se repérer dans le temps comme dans l’espace. Quel âge a l’»Enfant », petite fille ou adolescente. Et le bébé de Corinne, on ne le voit pas grandir ? Peut être finalement le récit se déroule-t-il dans une période de temps réduite ? Un peu avant la Guerre des Six jours, un peu après. Et ce voyage en Egypte, s’est-il déroulé plus tard après le voyage de Sadate ? On n’en parle pas. Les absences de Maurice, le père, ont-elles duré des semaines ou des mois ?

Je suis perdue. J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Je me suis carrément forcée pendant la moitié du livre. Puis on s’attache aux personnages. Celui de la Nonna aurait dû être plus développé. Celui du père – intellectuel -révolté – révolutionnaire – est intéressant. Il livre une critique

« il apportait les autres idées et disait : »on doit toujours écouter les autres idées, ne pas les accepter, mais écouter » et en disant « on doit » il regardait la mère… »

La critique de l’idéologie « bengourioniste » , du socialisme israélien ashkénaze est originale.

« Cette doctrine que j’appelle le bengourionisme n’est ni du capitalisme bourgeois, ni du socialisme ouvrier, elle n’est ni de droite ni de gauche, ni au centre ni extrémiste, elle est conformiste et fidèle aux idées d’un seul homme. Cet homme a été défini par le Pr Yeshayahou Leibovitz : « David Ben Gourion  est la catastrophe qui s’est abattue sur le peuple juif dès le jour de sa fondation » Nous savons que cette doctrine est ouvertement anti-séfarade dans les faits et dans les actes. Et, en tant que telle, néo-raciste, néo-antisémiste dans son esprit et ses objectifs »

La critique de Maurice  est aussi très forte en ce qui concerne la  politique vis-à-vis des Arabes :

« Ils montrent les soldats égyptiens en déroute qui s’enfuient pied nus sans leurs chaussures ; ils le montrent sans cesse et humilient le vaincu, ils ne pensent pas au lendemain, au jour où il faudra perler avec ceux qu’on a humiliés. Les dirigeants aussi. « 

Et là, il se fait rabrouer par Corinne et chasser de la baraque.

J’aurais tant voulu m’enthousiasmer par ce regard différent, être ravie d’avoir découvert une écrivaine israélienne. Je me suis intéressée. J’ai aimé suivre ces personnages mais j’ai peiné dans la lecture.

Amin MAALOUF : Origines

 LIBAN

maalouf origines

« Pour moi, en tout cas, la poursuite des origines apparaît comme une reconquête sur la mort et l’oubli »

Amin Maalouf, mène une enquête minutieuse, plus historien que romancier, à la recherche de son grand-père Botros.

« Puisqu’il ne servait plus à grand-chose d’interroger les vivants, j’allais interroger les morts. [….]N’y avait-il pas, dans l’armoire de ma mère, une malle ancienne qui bruissait de leurs voix ? »

Nous le suivons dans cette enquête, dans la Montagne libanaise, jusqu’à Cuba. Ses recherches le font remonter  au milieu du 19ème siècle,  époque du Rocher de Tanios – livre que j’ai beaucoup aimé.  Elles rappellent un passé très ancien du temps des Omayyades où les princes brigands de la Montagne avaient imposé un tribut au calife de Damas.

Dans sa famille, on a beaucoup écrit et conservé les écrits. D’ailleurs Maalouf écrit ::

« Hommage à la tradition orale, entend-on souvenir ! Pour ma part, je laisse ces pieux ébahissements aux coloniaux repentis. Moi je ne vénère que l’écrit. »

Parole d’écrivain, mais aussi, en droite ligne de ces personnages qu’il évoque : maîtres d’école, journalistes, pourfendant l’ignorance et voulant étendre l’esprit des Lumières sur le Moyen Orient encore englué dans les traditions et les querelles religieuses. Ecole catholique ou protestante ?  Botros est fier de son œuvre : l‘Ecole Universelle où l’on accueille toutes les confessions et où on enseigne aussi bien l’Arabe que le Turc, l’Anglais que le Français.

« Des milliers de lettrés jeunes ou moins jeunes « complotaient » de la sorte dans ce même espoir de « dissiper les ténèbres »

Au détour du 20ème siècle s’ouvrent des perspectives, des rêves, des possibles « bâtir chez nous au Levant, nos propres Etats-Unis, une fédération des différentes provinces ottomanes »

C’est une grande leçon d’histoire : la fin de l’empire Ottoman, la révolution des Jeunes-Turcs de Salonique où prévalait aussi cet esprit des Lumières, jusqu’aux péripéties du Mandat français.

Origines complexes qui ne se limitent pas au village de la Montagne. On voyageait beaucoup. On s’exilait pour chercher fortune, en Egypte et aux Amérique. L’enquête se déroule aussi à La Havane où l’auteur cherche les maisons « familiales » de Gebrayel, le frère de Botros.

« Nous les âmes nomades, avons le culte des vestiges. Nous ne bâtissons rien de durable, mais nous laissons des traces ».

Benny Ziffer – nous autres levantins

VOYAGE EN ORIENT 

benny ziffer

Benny Ziffer est un journaliste israélien. Il se revendique aussi comme « levantin » – d’un Levant qui s’étendait d’Athènes au Caire, Istanbul pour métropole, le Français pour lingua franca, la littérature, le cinéma et la peinture pour valeurs.

Ses carnets de voyage nous emmènent successivement au Caire, à Amman et ses environs, à Jérusalem, sur les pas de Mark Twain en Galilée, à Istanbul, à Athènes et même à Paris.

Peu d’attractions touristiques, les touristes sont plutôt considérés avec commisération. Au lieu de visiter les sites et les musées, Ziffer flâne dans les marchés avec une prédilection particulière pour les bouquinistes qui vendent à même le trottoir les livres en français  à l’Ezbeqieh  ou les suspendent avec des pinces à linge près de Beyazit. Il traîne dans les cafés et les lieux nocturnes du Caire en compagnie de son acolyte Niemand – personne – un Ulysse poète juif qui reviendrait à Ithaque/le Caire- improbable personnage, double imaginaire de l’auteur. Il passe une soirée avec Mahfouz. Nous emmène au cinéma….

A Alexandrie il rencontre le sosie de Cavafy, mais il faut se méfier des histoires qu’on colporte sur Alexandrie. J’en ai fait l’expérience personnelle!

C’est sur la piste d’une phrase de Flaubert qu’il traverse la Jordanie et nous en apprendrons plus sur le verre peint d’Hébron vendu par un arménien que sur le musée d’Amman.

J’ai été étonnée de la porosité des frontières. Ziffer ne se cache nullement d’être israélien. Au contraire, sa carte de presse lui ouvre certaines portes fermées.

Chaque fois, il souligne les parentés, les ressemblances entre les Levantins. Quant aux religions, elles offrent de surprenantes découvertes, Ziffer va à la synagogue au Caire et dans un monastère à Jérusalem. C’est en Israël, qu’il assiste à une cérémonie mystique soufie de derviches tourneurs.

Son récit à Istanbul est plus personnel, il touche de près ses origines familiales, la maison de ses parents, leurs amis. Plus politique aussi, le rapport au sionisme, politique turque aussi.

Et si le Moyen Orient oubliait ses différences pour ne vivre que ce qui rassemble?

http://www.turquieeuropeenne.eu/5627-Voulez-vous-des-nouvelles-du-chat-d-Erol-Guney.html

lire aussi cet interview de Benny Ziffer

Podcast de France Inter