Patrimonio, Saint Florent, Nonza et la Côte occidentale du Cap Corse

CARNET CORSE  de BASTIA à BONIFACIO

Traversée du Cap Corse de Bastia à Saint Florent : 24 km

Saint Florent/Nonza : 19 km

Patrimonio, le vignoble

Traversons rapidement Bastia sur la T11 : voie rapide en front de mer. D81 jusqu’au Col de Teghime (536m). Des bancs de brume masquent de temps en temps le panorama ; les nuages s’accrochent sur le sommet Serra di Pigno 960 m. Au Col de Teghime, le monument aux morts porte une curieuse inscription que je n’arrive pas à déchiffrer. Ce sont les noms des goumiers marocains qui prirent le col aux Allemands en octobre 1943. Plus tard à saint Florent nous avons trouvé un enclos blanc, cimetière musulman. Ceci contraste avec l’inscription « Islam fora » qui salit un mur près de notre gîte. Sur la route D81 ce sont les les français qui sont visés « French Go home », encore plus loin la mafia « mafia fora ! »Le barbouillage semble être un sport local répandu.

Anna, une amie corse, m’avait dit :  « vous irez sûrement à Patrimonio où l’on fait le meilleur vin de Corse ». Patrimonio est sur notre route. Village viticole, on ne peut rater les caves et les dégustations sur les domaines. Nous ne sommes pas intéressées mis ne pouvons que constater l’importance de la production viticole qui draine un tourisme important et modèle le paysage : des carrés de vigne bien ordonnés sont à l’avant de collines découpées en dents de scie. Dans les échancrures, on voit briller la mer. Au loin, d’autres montagnes pointues forment des lignes de crêtes qui s’étagent .

Eglise de patrimonio

A Patrimonio, le Guide Vert signale l’église juchée sur une butte et une statue-menhir.

 

L’église Saint Martin, en schiste avec son haut clocher, a une allure austère qu’aucun décor n’adoucie avec ses épais contreforts et sa pierre rugueuse.

La Statue-menhir est encagée derrière de solides barreaux. Qui songerait à emporter ce menhir haut de 2.29 m en pierre très blanche.

Le soleil sort des nuages lorsque nous arrivons à Saint Florent. Longeons une longue plage de galets en passant devant des hôtels en front de mer. Nous nous arrêtons sur un parking à l’arrière de la Citadelle bâtie par les Génois en 1439 avec un donjon circulaire. Petite citadelle ronde, trapue, recouverte d’un enduit beige rosé entaillé de nombreuses inscriptions.

la citadelle de Saint Florent

A la base du parking un escalier descend à un restaurant au-dessus d’une crique minuscule entaillée dans des rochers de calcaire blanc. L’eau cristalline st tentante. Il faudrait sauter des rochers (sauter n’est pas un problème, remonter est plus difficile). Une rue piétonnière dallée de pierres blondes et lisses mène à l’église par des rues aux boutiques chic. La placette derrière l’église est occupée par les terrasses des restaurants. L’église est petite et toute simple. Il en existe une autre : la Cathédrale, à l’extérieur de la ville. Derrière l’église, se trouve le port de plaisance assez important. De nombreux bateaux-taxis conduisent les touristes aux plages inaccessibles du désert des Agriates : Lotu ou Saleccia.

Nous nous contenterons d’un tour en voiture jusqu’à la Plage de la Roya . Plage de sable qui fait face à Saint Florent. Nous déjeunons le long de la plage de galets assistes sur le parapet en face d’une pâtisserie où j’achète des canistrelli au vin.

Sainr Florent vu de la Plage de la Roya

Nous consacrons l’après-midi à explorer la côte occidentale du Cap Corse très sauvage, escarpée, rocheuse et déserte avec de rares marines pour me baigner. A la marina de Farinole, à l’arrière de la Tour Génoise, on aurait pu déjeuner. Belle plage de sable avec beaucoup de posidonies.

Tour génoise

La Marina de Negru est aussi gardée par sa tour génoise à côté d’une maison pittoresque sur une petite baie coincée entre des falaises sombres. Galets sombres et sable grossier. Le parking est vide et le café fermé. Une belle maison, à l’écart a organisé une belle terrasse avec des transats, un jacuzzi. Servent-ils un café ? Non, c’est une maison d’hôte. Il n’y a personne sur la plage. Chaussée de mes chaussons bleus je traverse les galets et me décide à nager. L’eau est bien fraîche mais dès que je m’agite je me réchauffe. Les galets confèrent à l’eau une teinte émeraude d’un vert foncé rare. Quel plaisir de traverser la petite anse dans l’eau tranquille.

Nonza vue de la Tour Paoline

Nonza est perchée sur la falaise. La tour paoline domine le village, juchée sur un rocher. Elle n’est pas ronde comme la plupart des tours génoises mais carrée. Les seigneurs Avogari y bâtirent leur château au XIIème siècle, il fut détruit par les Génois. En 1760, Paoli fait construire cette tour de guet. Pour y parvenir, il faut traverser la placette en face de l’église, passer sous un porche et découvrir des maisons fleuries de magnifiques massifs d’hortensias et de bougainvillées. On grimpe encore un bon nombre de marches. Juste sous la tour, un restaurant a aménagé des terrasses ombragées (prix prohibitifs). Enfin, on parvient à la tour dont la terrasse est équipée de panneaux racontant l’histoire de Nonza.

L’église Sainte Julie est perchée sur une haute volée de marches. Elle est crépie en rose orangé, son fronton est triangulaire et le clocher jaune. L’intérieur est somptueux : le maître-autel est en marbre blanc incrusté de pierres dures polychrome 1694 (travail florentin), belles fresques baroques. Une statue de la Vierge en marbre se trouve devant le tableau naïf de Sainte Julie crucifiée. Selon la légende, Sainte Julie naquit en 420 ap.JC à Carthage, elle fut vendue comme esclave à un commerçant syrien qui fit escale à Nonza pendant une fête païenne. Julie fut enlevée mais refusa de participer aux sacrifices païens fut fouettée puis crucifiée. Julie est la sainte patronne de la Corse. Selon une version corse, ses bourreaux lui coupèrent les seins et de sa bouche sortit une colombe.

promenade des terrasses

Après ma promenade dans le village aux terrasses de cafés colorés et fleuris, à la fontaine de Paoli je m’engage dans une promenade fléchée « promenade des terrasses ». Ces terrasses étaient cultivées avec des jardins et des vergers. La culture locale est celle des cédrats. Il ne reste que quelques terrasses entretenues, la plupart son envahies par le maquis. Cette promenade débute à la route en face de la boutique. Des marches bien entretenues se descendent facilement jusqu’à la plage de Nonza. Un petit détour conduit à la Fontaine de Julie. A l’emplacement où elle aurait été crucifiée, aurait surgi une source. Le sentier descend « à pas d’âne » : les marches sont espacées et hautes ; On ne peut pas les descendre comme un escalier ordinaire. Les plaques de schistes sont tassées verticalement. Ceci forme des marches solides mais pas très confortables. En dehors de l’inconfort c’est une promenade magnifique et fleurie avec des immortelles de Corse jaunes, des coquelicots rouges, des œillets roses. Les terrasses boisées s’échelonnent.

 

  Côte orientale du Cap corse, déjeuner à Tamarone

CARNET CORSE JUIN 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Lavasina : sa plage de galets et son sanctuaire

Le long de la D80, l’urbanisation se fait moins dense, les maisons s’espacent un peu jusqu’à Miomo qui devait être notre premier arrêt. Nous la ratons première halte. Impossible de garer la voiture. Ceci sera une constante au cours de la journée. Ne pas chercher à s’arrêter à s’arrêter dans un site précis. Laisser la voiture où on peut, et, revenir sur nos pas à pied. De toutes les façons, les panoramas seront magnifiques et on fera des trouvailles inattendues.

Lavasina est célèbre pour son sanctuaire qui attire les foules pour son pèlerinage au mois de septembre. Le campanile en béton, très haut se voit de loin et dépasse tous les toits. L’église de dimension plus modeste n’a rien qui puisse attirer la mécréante. Où s’arrête pour profiter de la plage de galets ? (refrain)

Villages perchés

A l’entrée de Lavasina, une petite route part en épingle à cheveux. Nous la ratons, revenons en arrière. Le virage est alors trop serré, il faut s’y prendre une troisième fois pour une nouvelle tentative. La  D54 monte dans un épais maquis vers les villages perchés de Poretto et Pozzo. Une église isolée dans la verdure avec un haut clocher, est précédée d’un vaste parvis entouré d’une banquette de pierre. Est-ce le couvent des capucins annoncé par le Guide Vert ? Je n’aurai pas le loisir d’approfondir le sujet, Un gros chien noir s’approche, menaçant. j’ai juste le temps de remonter en voiture.  Une autre route  monte au Monte Stello et se faufile entre deux coupoles surgissant de la verdure, chapelles ou tombes ?

perdue dans la montagne la grande église

Un parking est le départ pour la randonnée du Monte Stello, le plus haut sommet du Cap Corse (1306 m), randonnée difficile avec 1000 m de dénivelée, 7h10 de marche selon Visorando. Seule, je ne me lancerais jamais dans une telle expédition ! Cependant le parking est plein. A partir du 1er juin, le petit village de Pozzo est interdit à la circulation. Il est particulièrement calme et pittoresque. A la porte d’un hôtel, un tas de vieilles chaussures de montagne, des bûches et un vieux vélo. Devant une buvette, des packs d’eau sont empilés pour les randonneurs imprévoyants et assoiffés. Belles maisons de pierres. Toits de lauzes. Un clocher dans la verdure.

Nous descendons vers Erbalunga par le hameau de Castello. Le château est invisible. La chapelle Notre-Dame-des-Neiges est  très jolie avec son toit de lauzes. La petite chapelle est l’arbre qui cache la forêt ; à savoir une énorme église que je découvre en tournant autour de la chapelle. La taille et le nombre d’édifices religieux au Cap Corse qui me paraît si désert sont des sujets d’étonnement. A Erbalunga, bien disciplinées, nous garons la voiture au parking. Le long de la route se trouvent toutes les commodités (Mairie, cafés, Spar, pharmacie). Plus bas des ruelles conduisent à des placettes pittoresques. J’arrive à la Tour Génoise située directement sur le rivage puis me promène sur le mignon petit port.

la plage de Tamarone

Dominique a réservé au restaurant U Paradisu sur la plage de Tamarone à midi et demie. Nous traversons sans nous arrêter la Marine de Sisco,   la Marine de Pietracorbara, et celle de Porticciolo sans nous arrêtons et admirons au passage deux tours génoises.

Macinaggio est un village très touristique avec un port de plaisance important, de nombreux restaurants et hôtels. Madame GPS nous envoie dans des petites routes bordées d’hôtels jusqu’à un camping. Le goudron s’interrompt alors ; la piste poussiéreuse fait des montagnes russes avec des nids de poules en prime. La Plage de Tamarone de sable blanc est baignée d’une eau limpide turquoise. En s’approchant on reconnait les tas argentés des lanières de posidonies. Ce ne sont pas des « saletés », au contraire ! les herbiers des posidonies sont les milieux de vie de nombreux poissons, mollusques et crustacés. Il est essentiel de les préserver. Evidemment quand l’eau en contient beaucoup la transparence est altérée mais cela n’a rien d’une pollution quelconque.

Les baigneurs (3 dans l’eau) sont concentrés, à une extrémité où il n’y a pas de posidonies. Je les rejoindrai. La présence d’autres nageurs me rassure quand je ne connais pas la plage.

U Paradisu

U Paradisu est le seul restaurant de plage : un auvent de bois, un parquet, ni mur ni porte. Une jauge de 55 couverts. La table réservée se trouve dans un angle contre la plage< ; Le serveur et le patron sont aux petits soins ; Pour éviter les 3 marches pour Dominique, ils lui proposent de passer par la cuisine. Saint Pierre accompagné de légumes pour Dominique.  salade de poulpe grillé et chorizo pour moi. Le mariage poulpe et chorizo est très réussi servi sur un lit de salade verte avec des quartiers de tomates des lamelles de poivron rouge.  Les assiettes sont tellement bien garnies que nous renonçons au dessert alors que le soufflé glacé aux châtaignes nous tentait.

L’eau est bien fraîche pour la première baignade de l’année. Je commence à marcher dans l’eau jusqu’à la cheville puis aux mollets. Timidement j’avance face aux vaguelettes paresseuses qui ondulent. Je rejoins une dame mouillée jusqu’aux cuisses. « C’est la première fois ? » On s’encourage mutuellement, la vague mouille le bas du maillot. Je finis par me décider et la dame m’imite. C’est tellement bon après avoir été privée cet hiver de piscine ; Au-dessus des posidonies l’eau est peu profonde. Je regrette de ne pas avoir apporté mon masque. A l’ombre il fait 25°C mais au soleil bien plus. Je sèche vite.

De Macinaggio à Rogilano, le sentier des douaniers longe la côte. Je marche entre lentisques (les plus communs), arbousiers qui portent leurs fruits en pompons, bruyères et myrtes fleuris . Pour les senteurs, œillets, immortelles sont en pleine floraison. Il y a aussi des petite mauves (Malva neglecta selon l’appli Plantnet). Trois îles sont très proches de la pointe du Cap corse. L’un d’eux porte une ruine. Plus loin se profle une autre plage blanche déserte.

11

Dernière étape : le village de Tomino à 4km de Macinaggio. A la sortie du village la D353 monte dans un maquis très touffu. Elle serpente complètement à l’ombre de grands arbres. On ne devine le village qu’au dernier moment. La route bifurque, d’un côté la Mairie, de l’autre l’église. De loin se profilent les silhouettes massives de deux tours, l’une ronde, l’autre carrée. Encore la menace d’un chien féroce interrompt la prise de photos.

Direction de l’église Saint Nicolas XVIIème baroque, façade jaune rythmée de colonnes cylindriques blanches, le clocher allégé d’arcades et coiffé d’une coupole. L’église se dresse à l’arrière d’une grande esplanade en balcon. Quelques mûriers très élagués sont alignés pour former des arcades. Je traverse l’esplanade pour admirer le panorama. C’est le Campo Santo – le cimetière – qui a la plus belle vue sur la mer. Une table d’orientation montre les îles italiennes visibles par temps clair et même les carrières de marbre de Carrare. Des hirondelles me survolent avec des cris suraigus, formant comme un essaim agressif.

 

Un dimanche à Bastia

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Le vieux port de Bastia

Courses à Bastia

L’emplacement du cottage est exceptionnel, en pleine nature. 750 m plus bas se trouve un centre commercial avec Géant Casino, où nous trouvons tout le ravitaillement de base pour la semaine. Un peu plus loin, nous arrivons au Port de Toga, port de plaisance faisant suite au port des ferries . Le port de plaisance est bordé des terrasses des bars et des restaurants qui me font bien envie mais déserts à cette heure matinale. Des plongeurs embarquent du matériel et enfilent leurs combinaisons de plongée.

Un peu plus loin, quelques femmes portant des serviettes et des matelas de plage se dirigent vers les deux petites plages de galets.

Nous reprenons la voiture en direction du Centre-ville, passons devant le Terminal des ferries, à quai il y en a jaune de Sardinia et Corsica Ferries.

Place Saint Nicolas

Bastia place Saint Nicolas

L’Office de Tourisme est ouvert ce dimanche matin. Nous garons la voiture dans un grand parking situé entre la voie rapide et la grande place Saint Nicolas où se tient une grande brocante.

Au coin de la place je remarque la reproduction du sous-marin Casabianca  qui a participé à la Résistance en Corse après avoir échappé au sabordage de la flotte à Toulon(27 novembre 1942) et à la libération de l’île (11 septembre 1943, Ajaccio et 4 octobre Bastia). La cloche du sous-marin est devenue le symbole de la Résistance, elle se trouve au musée de Corte. De nombreuses stèles et monuments nous rappelleront ces épisodes tout le long de notre séjour.

La brocante est bien achalandée. De très jolis objets sont mis en vente. €Je trouve deux petits verres gravés (les 4 pour 1€). Plus loin, sur une sorte marché aux fripes je trouve une robe de plage.

Des cafés et restaurants ont déployé leurs terrasses le long de la place sous les platanes. Trop tôt pour l’apéro !

L’après-midi, je reviendrai pour admirer l’élégant kiosque à musique fleuri de petites roses roses. Le Monument aux morts massif œuvre des sculpteurs bastiais Peckle et Patriarche qui honore les morts de la Première Guerre mondiale mais qui représente une scène des guerres d’Indépendance. Une veuve ayant eu deux fils tués offre son 3e enfant âgé de 16 ans au Général Paoli. Symétrique par rapport au kiosque, Napoléon est représenté en empereur romain en marbre de Carrare, d’abord destiné à orner une place de Livourne. Je n’échapperai pas à Napoléon, cette année ni en Corse, ni à Paris mais je me soigne, en antidote j’ai téléchargé trois livres sur la Commune de Paris.

Déjeuner sur la table de jardin : filets de rougets, pommes de terre et fraises pour le dessert.

Les nuages ont couvert le ciel, la pluie menace quand je pars à pied à la découverte de Bastia. La ville est resserrée, les distances ne sont pas grandes mais elle est très pentue. Je descends et monte un nombre incalculable de marches.

Je quitte le chemin de Furcone pour la rue H Tomasi qui passe devant un groupe scolaire au nom de Charpak. Cela me fait très plaisir qu’un juif polonais soit honoré ici après être passée devant des bombages à la peinture noire « Islam Fora ! » et même « Français Fora ! ». Un sentier, dans la verdure et les escaliers, mène dans un quartier de jolies villas fleuries, puis après un escalier j’arrive rue César Campinchi et par la rue Miot à l’extrémité de la Place Saint Nicolas. La rue Napoléon est piétonnière, elle est bordée de boutiques pour touristes, souvenir et gastronomie.

L’Oratoire Saint Roch est richement décoré, c’était l’Oratoire d’une confrérie d’adolescents. L’Oratoire de l’Immaculée Conception est fermé, je ne peux qu’admirer sa façade décorée d’angelots qui n’ont rien à envier aux putti siciliens.

Descendant la rue Saint Baptiste je débouche sur le Vieux Port. La rade est remplie de bateaux de plaisance, les quais de terrasses de restaurants. A l’entrée deux phares, l’un coiffé de rouge, l’autre de vert font face à la grande église Saint Jean Baptiste. Il est 15 heures quand j’arrive et les terrasses sont pleines. Il règne une ambiance musicale (spontanée ou organisée ?) tout le port bruisse de chansons en italien et en corse reprises par l’assistance.

 

Longeant les quais, j’arrive au bel escalier qui monte au Jardin Romieu qui est étagé sur plusieurs niveaux sur la pente de la citadelle. Cela embaume les immortelles corses largement épanouies. Par un tunnel, je découvre un escalier très raide accédant à la Citadelle. Je n’ai pas fini d’emprunter des escaliers et des tunnels ! J’arrive sur une placette. Selon un écriteau, sur la place de la Chiappa se tenait un marché. Les commerçants qui faisaient faillite étaient exhibés déculottés « le cul nu sur la pierre du scandale ».

En face, le Palais du Gouverneur est une grande bâtisse jaune à la façade sobre. Au fond de la cour bordée d’arcade se trouve le musée (5€). Un ascenseur monte au 5ème étage au jardin suspendu. Pelouse verte entourée de lantana (jaune et orange) et de romarin corse très touffu. Des graffiti des conscrits et des prisonniers rappellent le passé militaire de la Citadelle. Un parcours d’escaliers avec de très belles échappées sur la mer, le vieux port et la ville reconduit au musée qui raconte l’histoire de Bastia.

La première salle raconte le passé antique de la Corse (emporium d’Alalia – Aléria) et les échanges méditerranéens avec le Trésor de Bastia (une amphore contenant un trésor monétaire contenant des pièces de Rome, Constantinople, Antioche…) céramiques grecques, étrusques ou de Campanie d’Apulie…

La Corse médiévale passa de la souveraineté des Vandales, de Byzance, des Lombards…en 750 propriété pontificale, au 11ème de Pise, puis de Gènes, Aragon 1297. En 1357 les Génois s’installent à Bastia.

La Bastia, la forteresse qui donna son nom à la ville, fut édifiée de 1378 à 1380.

Divers tableaux racontent la vie à Bastia, la plupart ont pour sujet la Citadelle ou le Vieux Port.

Bastia, capitale de la Corse génoise est marquée par l’influence ligure : architectes génois, maçons génois. Les éléments architecturaux : impostes, entablement décors de portes sont exposés. J’ai bien aimé les coffres de marins peints.

Les dernières salles contiennent la collection Fesch avec des maîtres napolitains ; j’ai remarqué la Peste d’Ashdod de Nicolas Poussin et Le Joueur de billard de Carlo Amalfi.

Nicolas Poussin la peste d’Ashdod

Les rues étroites de la Citadelle sont différentes de celles de la ville basse. La Cathédrale est ouverte mais il y fait bien noir. Comme je suis saturée de visite je ne tente pas de l’allumer avec la boîte prévue à cet effet. J’en ressors en faisant bien attention aux « éléments de corniche qui risquent de tomber ». Je descends en passant devant le Couvent des clarisses très austère de l’extérieur.

Un petit fortin est aménagé, dominant la mer, mais désert. De là, je découvre la Spassimare, piste cyclable et piétonnière qui longe la route du front de mer, passe sous un tunnel carré sous les remparts pour rejoindre la Jetée du Dragon qui porte le phare rouge. Selon mon plan, un tunnel passerait sous l’entrée du Vieux Port mais je ne le trouve pas. Le retour le long du front de mer est moins agréable que je ne l’imaginais. La circulation sur la voie rapide est bruyante, les terminaux du port des ferries assez désagréables.

 

 

 

Voyage et arrivée à Bastia

CARNET CORSE de BASTIA à BONIFACIO

Bastia : le Magnifique cottage

vol

Le voyage s’est très bien déroulé. Depuis la Pandémie l’aéroport d’Orly est réservé aux voyageurs munis de leur carte d’embarquement. Les formalités d’embarquement sont à peine ralenties par la lecture des documents sanitaires. L’avion est loin d’être plein. Nous sommes deux sur une rangée de trois. Malheureusement, le ciel est nuageux et on ne voit rien jusqu’aux Alpes. L’avion amorce sa descente avant même de survoler la Méditerranée. Les premières images de la Corse seront celle du lac Biguglia voisin de l’aéroport Poretta.

Location de la voiture

Sixt et Hertz ont fermé leurs guichets dans le Hall des arrivées, leurs bureaux sont à l’extérieur. Sixt nous a envoyé un lien vers un appli sur le téléphone KIRRK qui est censée nous indiquer le numéro du parking où notre véhicule nous attend. Pour créer un compte il faut scanner passeport, permis de conduire et carte de Crédit, prendre un selfie. Cela nous a pris presque une matinée ! Avantage :  court-circuiter l’impressionnante queue de touristes imprévoyants. Inconvénient : aucun contact humain, aucune réclamation n’est possible, aucun conseil pour la mise en route. « Si le véhicule est défectueux, si la carrosserie est  rayée, prendre une photo avec le smartphone ! ». La DS3 qui nous est attribuée ne correspond pas à notre réservation : nous avions demandé une voiture de catégorie A (type 108, C1 ou Smart, la DS3 est catégorie B, nous avions demandé une voiture manuelle. Celle-ci est automatique. Débrouillez-vous ! Une chance qu’elle ne soit pas électrique, la recharge est un cauchemar pour les malchanceux, les bornes tout à fait insuffisantes.

Arrivée au « Magnifique Cottage »

L’application Booking.com a un lien vers le Googlemaps qui nous guide presque jusqu’au portail dont nous avons les codes. Presque ! Je suis forcée d’appeler le propriétaire après avoir tourné trois fois dans le quartier malgré la série de photos qu’il nous a envoyées.

Magnifique cottage

jardin du magnifique cottage

Le « Magnifique Cottage » est un grand studio blotti dans la verdure à mi-pente sur la colline au-dessus de Bastia. On quitte le Chemin de Furcone à une épingle à cheveux pour s’engager dans un sous-bois barré par un portail métallique qui s’ouvre sur une propriété fleurie. Le studio donne sur un péristyle de colonnes de béton carrées avec des massifs de lantanas – buissons à petits pompons rose, oranges et jaunes hauts d’un mètre et très touffus. Un bougainvillée rose s’adosse au coin de la maison. Trois grandes portes-fenêtres en arcades s’ouvrent sur la façade. Sous un oranger, une table ronde turquoise et deux chaises de jardin assorties, à l’arrière un banc de bois patiné.

Plutôt qu’à un « cottage » on penserait à une orangerie (mais en Corse ce n’est pas vraisemblable, les agrumes poussent en pleine terre) ou à un atelier d’artiste, une chambre d’ami, dépendance de la grande maison rose aux fenêtres bleues bâtie au niveau inférieur qui a une merveilleuse piscine avec vue sur la mer, mais en travaux.

lantana

La grande pièce est étrangement agencée, encombrée de grands canapés orange autour d’une table basse en acajou, style bateau. Le lit est très grand à baldaquin, sans les rideaux, les montants en solides rondins. Un meuble un peu étrange porte une très belle lampe à abat-jour original. Décoration de bon goût avec des tableaux modernes intéressants. La cuisine, en revanche st minuscule. Des panneaux coulissants cachent un frigo et un micro-ondes. Les plaques de cuisson à induction sont à côté de l’évier. Un autre panneau cache des placards. Dans un si petit volume, sont agencés tous les ustensiles (cafetière, bouilloire, casseroles, passoires). Il faut être agile pour utiliser la bouilloire cachée derrière la cafetière et se hisser sur la pointe des pieds pour atteindre les casseroles. Etrange quand même : l’absence de table chaises ou tabourets pour prendre les repas ! la seule table est encombrée de bougies énormes, cierges XXL faux, ils sont électriques.

Le studio est beau, luxueux mais pas du tout fonctionnel. On imagine, un week-end en amoureux, une fête entre copains plutôt qu’un séjour d’une semaine que nous projetons. S’il fait beau on vivra dans le jardin.

J’ai oublié de mentionner la salle d’eau, douche vaste luxueuse, originale.

Femmes-peintres au Musée du Luxembourg

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 25 juillet 2021

Nina Villers : Portrait de Madame Soustas laçant son chausson

Si on a oublié certaines d’entre elles, ce ne sont pas des artistes mineures. De leur temps elles étaient célèbres, parfois riches, des peintres reconnues. Elles ont investi les peintures de portrait, de genre, parfois d’histoire, de paysage. L’exposition leur rend honneur dans leur diversité et les fait sortir de l’oubli.

Elizabeth Vigée Lebrun : autoportrait 1800

Elizabeth Vigée Lebrun est sûrement la plus connue de nos jours. en 1783 époque elle est admise à l’Académie  ainsi que Adélaïde Labille-Guiard.

Pour ma part je me suis surtout intéressée aux autoportraits afin de mieux les connaître. Elles se représentent au travail.

marie-Guillemine Benoist : autoportrait

l’enseignement de la peinture et des Beaux arts se faisait dans des ateliers réputés

l’atelier de Leon Coigniet : Catherine Caroline Cogniet-Thevenin
Autoportrait : Louise Duvidal

j’ai bien aimé cette petite fille.

L’enfant à la poupée : Anne Geneviève Greuze

je ne livre ici que mes tableaux préférés, il y en a beaucoup d’autres!

A vous de voir

Le soleil des Landes

ESPAGNE ATLANTIQUE – RETOUR

Vieux Boucau, plage de Messange

Temps magnifique. Avant d’aller à la plage, nous traînons dans les rues commerçantes. Au marché, je trouve les sandales de mes rêves des Méphisto à  50 Euros. J’ai de gros doute sur l’authenticité, elles sont agréables à porter. J’ai surtout envie de trouver un remplaçant à mon maillot de bain « Deauville 1920 » si possible un deux pièces.

Belle journée à la plage sous le parasol.
Les vagues sont très fortes, presque comme au Cap Vert. La plage est surveillée. Au premier essai, les maîtres nageurs rappliquent en voiture pour nous déloger de l’eau, deux gamins et moi. Seuls les surfeurs restent dans la zone non surveillée. Le mazout est très présent. On voit des galettes sur le sable mais aussi dans l’eau. Je ressors toute tachée, cela gâche le plaisir. Le plus agaçant est qu’on a l’impression que rien n’est fait pour avertir les vacanciers, ni pour expliquer comment s’en débarrasser ou nettoyer. Nous avions pris l’habitude en Espagne des grands panneaux citant l’entreprise chargée du nettoyage, des affichettes destinées aux baigneurs et de la présence des escouades blanches. Les plages étaient plus propres qu’ici. Je viens de lire dans le Monde que le Plan Polmar avait été suspendu fin juin de peur d’effrayer les touristes. C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles.

Contrairement au Cap Vert où nous avons été très imprudentes avec le soleil, nous ne nous méfions pas assez et négligeons de nous cantonner à l’ombre du parasol et de nous tartiner. Quand nous levons le camp vers six heures mon dos me chauffe. Ce n’est qu’après une douche laborieuse (aceite y frotar ) , j’ai les seins tout noirs sous le maillot noir, que nous découvrirons les coups de soleil.

Promenade et dîner le long du lac marin.
Dominique a le haut de la cuisse complètement brûlé, c’est l’unique fois qu’elle a enlevé le short des vacances, la peau n’était pas préparée. Impossible d’envisager une nouvelle journée de plage. Nous rentrerons demain matin à Créteil.

 

 

 

 

 

Pluie sur le Pays Basque / Berméo- Guernica arrivée dans les Landes

ESPAGNE ATLANTIQUE 2003

Bermeo sous les nuages et la pluie

Réveil dans le brouillard. Il pleut. Nous nous promenons sur le port et sur la digue de  Berméo .Le vieux port est installé dans une jolie rade nichée entre les maisons Les maisons du port sont étroites, hautes et colorées avec toujours ces vitrines. Elles se reflètent dans l’eau. Des bateaux blancs et des barques colorées dansent. Le port plus récent est vaste et contient de plus gros bateaux de pêche. De très gros bateaux sur des cales attendent la réparation. S’il avait fait beau, nous aurions pu faire de nombreuses promenades. Sous cette pluie, nous songeons au retour si bien que nous retournons faire précipitamment les valises avant midi.

Guernica

Terroristes ?
A midi, nous sommes en voiture, direction Guernica. J’avais imaginé cette ville rasée par les allemands, certains beaux bâtiments anciens avec des arcades bordent les rues. A la sortie de Guernica : embouteillage. Nous croyons à un accident, mais la file n’avance pas, les gens sortent des voitures, téléphonent, beaucoup font demi tour. « Que  pasa ? » « Une bombe dans un restaurant » (on apprendra ensuite que c’est à l’aéroport). La route est bouclée, on nous conseille d’essayer la route côtière.

Nous remontons vers l’océan le long de la Ria, traversons Artéaga puis de belles forêts dans les collines. Jolies vaches grises, beaux jardins. Encore des petits ports entourées de maisons colorées, une plage de sable jaune très profonde. Le village suivant est à 13 km. De nombreux marcheurs suivent la route. La plupart portent un parapluie. La pluie ne semble pas les effrayer. D’ailleurs, elle a cessé. Encore un petit port, c’est la fête locale, les voitures encombrent les bas côtés de la route, impossible de stationner. Pourtant, nous aimerions au moins acheter du pain.

Guernica4

Tapas à Delia
Délia est le dernier village avant l’autoroute, encore un port, des maisons en hauteur, des bateaux de pêche… deux plages de sable. Je ne trouve pas la boulangerie. J’entre dans un bar et achète les plus jolis bocadillos, les plus raffinés : tortilla au lard thon et piment, champignons confits  escalope panée au piment. Dans de tout petits pains frais. Ce sont des mini sandwich à consommer en tapas, j’ai du mal à convaincre le barman de  les emballer « para llevar ».
Pour ce beau pique-nique, il nous faut un bel endroit ! Justement un mirador est aménagé avec des bancs, une table d’orientation  et une lunette. Les falaises de flysch gris se succèdent dans une mer grise sous un ciel gris. Belle vue mais photo tristounette, qu’on ne prend pas.

Irun, la frontière
Autoroute jusqu’à Irun, arrêt courses au poste frontière. Il règne un désordre inhabituel à cette heure de sieste. Les gens remplissent des caddies entiers d’alcool.

  Vieux Boucau
Retour en France, les montagnes s’éloignent, les nuages se séparent. Arrivées dans les Landes, il fait très beau.
Nous trouvons un bel hôtel à Vieux Boucau près de Souston : l’Hôtel de la Côte d’Argent ** situé sur une rue piétonnière. Non seulement il reste des chambres, mais le prix est raisonnable 45 euros. Notre chambre n’est pas grande mais elle est claire, vue sur parking (nous sommes mal habituées) papier peint pastel, belle salle de bain et téléphone. La plage est assez loin, il faut traverser le quartier piétonnier, contourner le lac marin puis de grosses résidences (bien fichues, en Espagne la construction  était vraiment laide), je trouve une certaine élégance à ces immeubles modernes aux volumes variés, surtout ils paraissent finis et léchés. Je crois que la dimension y est pour beaucoup : ils n’ont que trois ou quatre étages ; beaucoup moins que les immeubles espagnols ?. Au déboucher du lac, nous trouvons la dune, bien haute et bien pénible à gravir. Derrière, l’océan avec de jolies vagues (drapeau jaune). Nous sommes sur une plage déserte – baignade interdite- au retour, nous verrons des écriteaux « plage interdite : pollution ». La marée noire est ici, non pas deux ou trois bouettes comme en Espagne mais des galettes de l’ordre du décimètre alignées sur le sable mouillé.

Au Pays Basque à la recherche d’un abri pour la nuit

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

La côte découpée du Pays Basque

15h40, Bilbao, sans un regard pour le Guggenheim puisque j’ai les yeux fixés sur les panneaux. Nous négligeons les stations balnéaires de Getxo et de Plentzia trop proches de Bilbao . Nous empruntons la route côtière qui domine la mer de très haut. Cette portion de côte est très inhospitalière, pas de plages . En ce samedi ensoleillé et chaud, les gens sont installés dans les prés, parasol et sièges pliants avec la vue sur la mer, comme à la plage. Pas de villages, de belles fermes basques sont dispersées dans les prés bien verts bien pentus abrités par d’épaisses forêts aux alentours.
Je commence à m’inquiéter pour l’hébergement. ce n’est pas ici que nous allons trouver le petit hôtel de nos rêves avec une chambre avec vue sur la mer comme nous en avons pris l’habitude : la dame de l’Office de Tourisme m’a recommandé les fermes de l’agrotourisme.

Complet à Bekio!
Bekio et Berméo, stations balnéaires, sont assez décevantes. Dans l’étroit espace coincé par la montagne, les immeubles se tassent le long de la route, très hauts, très laids. Bekio affiche complet.

Dernière chance à Berméo

Berméo

A l’office de tourisme de Berméo, on retient pour nous par téléphone la dernière chambre disponible de l’auberge de Manu à ( km dans la montagne.

la Venta : notre gîte

La Venta est une belle bâtisse en pierre, cubique, dans un petit hameau avec une petite chapelle et un curieux cimetière. La vue est magnifique sur le vallon vert. L’accueil est incroyable : un homme lave un quad, il me demande si c’est l’office de tourisme qui nous envoie et continue tranquillement à laver son engin. Je me dirige vers le bar : personne,  à la réception, personne non plus . L’homme arrose tranquillement le quad, prend son temps pour fermer l’eau puis vient au comptoir. Il me demande mon nom  et vérifie si c’est bien celui de la réservation. Carte d’identité, il remplit la fiche en silence, me tend une clé « c’est au premier étage », puis il disparaît. J’ai tout juste le temps de lui demander le prix « 37 euros »,. Il ne nous a même pas demandé combien de nuits nous comptions rester ni si nous dînons. Je jette un  coup d’œil à la carte : le coup de fusil !

Plage de Mundaka

Plage sur la Ria de Guernica3

Nous descendons rapidement à la mer . Déception, il n’y a pas de plage à Bermeo, il faut aller jusqu’à Mundaka, à l’entrée de la Ria de Guernica . la plage est minuscule et bondée, le pire est le parking.
C’est marée basse, nous laissons les gens entassés sur le sable sec et nous installons près des rochers couverts d’huîtres. L’eau est chaude, sans une ondulation. Je nage comme en piscine le long d’un  filin portant des flotteurs jaunes. Un peu plus loin vers le large, des surfeurs, debout, glissent sur les vagues de la mer ouverte. Un curieux bateaux rouge chargé d’estivants, fait des allers et retours . Où vont ils ? Dans quelle plage cachée inaccessible aux voitures ? De l’autre côté de l’estuaire, un plage magnifique, immense de sable clair. Si nous faisons abstraction de tous les gens entassés derrière nous, le site est magnifique dans cette crique enchâssée dans des rochers gris aux formes bizarres, bleu de la mer, vert vif des collines.

Nous faisons halte aux miradores, admirons les falaises et les îles de la côte découpée, le petit port de Bermeo, vu d’en haut   puis grimpons au sommet d’une colline pour pique-niquer au coucher du soleil.

 

 

Burgos

ESPAGNE ATLANTIQUE LEON & CASTILLE 2003

Burgos

    De Leon à Burgos
Réveil à l’heure espagnole et encore un petit déjeuner de luxe. Nous passons à Carrefour, tout comme en France, nous y trouvons des salades et des crevettes, du pastis …

La route de Léon à Burgos est une quatre voies gratuite . elle est complètement vide. Nous roulons dans une plaine jaune paille. La moisson est terminée, Bottes et rouleaux traînent dans les chaumes. Pas un arbre, un peu comme en Turquie. Parfois, des tournesols minables, ils ont souffert de la sécheresse. La Cathédrale de Burgos se voit de loin, on pense à Chartres. Ce serait quand même dommage de ne pas nous arrêter.

La Cathédrale de Burgos

cathédrale de Burgos

     Burgos paraît plus animée que Léon. Toujours des pèlerins randonneurs, des touristes et beaucoup d’Espagnols endimanchés : les mariages se succèdent. La Cathédrale est toute blanche en pierre à grain très fin. Deux tours pointues, légères, aériennes, comme en dentelle ajourée. Une belle rosace surmonte un porche rectangulaire très simple. Sur la façade les rois de Castilles sont alignés. Sur le parvis, une rangée de pinacles pointus et sculptés et une belle fontaine. On voit un merveilleux plafond peint dans une chapelle, sérénité de la messe garantie par des panneaux de verre. Nous ne pouvons pas en visiter plus. Il faut acheter un ticket d’entrée à l’Office de tourisme : longue queue qui n’avance pas et nous décourage. Je renonce, notre temps est compté il reste encore 200km de route . Nous renonçons donc au tombeau du Cid et à toutes les merveilles, je le regretterai plus tard. mais nous avons déjà visité tant d’églises !

Où est donc le Cid?

 La porte de l’Arco de Santa Maria décorée des statues des grands personnages de la ville, entre autres, le Cid qui tient compagnie à Charles Quint, se visite – exposition d’art contemporain que nous parcourons au pas de charge -.
Nous aurions, sans doute, faire l’inverse, traverser Léon et rester à Burgos. Il est trop tard, Burgos ne m’avait pas attirée, sans doute sa mauvaise réputation de ville franquiste , nous aimerions terminer notre voyage par quelques jours à la mer.
Comme il est l’heure de déjeuner, nous entrons dans un bar particulièrement bien fourni en tapas et raciones : boudin coupé en tranches, calamars, poulpes, croquettes de pommes de terre ou fourrées aux piments doux rouge, un vrai délice ! que nous dégustons, installées sur les marches d’un escalier faisant face à l’entrée de la Cathédrale. Nous guettons la sortie des mariés. Les petites filles d’honneurs ont leur panier tout prêt.

Burgos danses

Un autre spectacle se présente : plus coloré que le mariage : des danses folkloriques au son d’une bombarde (hautbois ?), peu agréable à l’oreille. les filles sont vêtues de jupes vertes ou jaunes avec de larges ceintures rouges, jupons et culottes blanches sur des bas blancs tricotés, les garçons en noir, petit gilet, pantalons courts .danses en couple ; farandoles, tantôt des castagnettes, de foulards et des cerceaux.
Quittant Burgos, le relief s’accentue, toujours des champs de blé, mais aussi des collines ravinées, puis nous nous approchons des montagnes . l’autoroute passe par un défilé impressionnant avant de retrouver les montagnes vertes du Pays Basque.

Leon

ESPAGNE ATLANTIQUE, LEON &CASTILLE 2003

La blanche cathédrale de Leon

25 Juillet : (Saint Jacques, fête du patron de l’Espagne) Leon
8h30 petit déjeuner dans une jolie cafétéria juste en face de l’hôtel : café con leche y churros – le cadre est agréable, Ripolin vieilli beige jaunâtre et brun rouge sang, balustres, parquet ciré.

maquette de Leon

500m de marche pour arriver dans les anciens quartiers intra muros. Une maquette géante montre la croissance de la ville. Une enceinte autrefois rectangulaire consolidée par de grosses tours rondes entourait déjà la ville au 1er siècle, au Xème quelques faubourgs. De cette muraille, il reste quelques tronçons, suffisamment pour avoir une bonne impression, bien pratique aussi pour s’orienter Cette ville ancienne est piétonnière, c’est bien agréable.
vieux quartiers
Un dédale de petites ruelles ombragées et tranquilles contraste avec les grandes avenues commerçantes toutes proches. Dans la vieille ville, les maisons n’excèdent pas quatre étages. Clochers des églises, pignons de la Casa Bottine de Gaudi, dépassent des toits et  nous donnent des repères.
Casa de Bottine de Gaudi

La Casa de Bottine ressemble en plus sobre au Palais Episcopal d’Astorga. C’est une banque. Le bâtiment construit par Gaudi est fonctionnel. Le choix du granite gris martelé non poli accentue son aspect austère. Seuls les clochetons élancés recouverts d’ardoise brute, les créneaux d’ardoise, les fenêtres gothiques et une statue confèrent un peu de fantaisie à l’édifice utilitaire. Ne pas confondre l’architecte avec tous ses délires.

cathédrale

le porche gothique de la cathédrale de Leon

Une large rue au pavage lisse et moderne orné de coquilles dorées (chemin de Santiago oblige) nous mène à la cathédrale située sur une vaste place. Elle toute blanche, gothique, sans surprise. Enfin une façade que le baroque n’a pas phagocytée !

Jugement dernier : à droite l’Enfer, à gauche le Paradis

On admire d’abord le porche avec ses trois tympans dans des ogives surmonté d’une très belle rosace ? Dans le tympan central : un Jugement Dernier très réussi. Evidemment, c’est l’Enfer et ses monstres grotesques qui est plus rigolo !
A l’intérieur, résonne la marche nuptiale, une jeune chanteuse répète l’Ave Maria de Gounod et d’Albinoni. Nous restons longtemps à l’écouter. Un fleuriste apporte gerbes sur gerbes blanches. L’église embaume le lys .Dominique reste à écouter la chanteuse tandis que je parcours le déambulatoire. La nef est très haute, complètement ajourée de vitraux colorés.  Certains sont anciens et magnifiques. D’autres modernes. Evidemment, ceux qui sont au soleil sont plus beaux. Pour la rosace il faudra revenir l’après midi. Le chœur et l’autel sont abrités par une vitre. On voit bien mais de loin un retable.
Je suis plutôt saturée de visites de cathédrale, mon regard est distrait. Quant à Dominique, elle en a vraiment assez ! Nous décidons de renoncer à Burgos, encore une cathédrale ! Nous ne faisons pas un pèlerinage ! Ma curiosité est satisfaite, je n’ai plus la capacité » de m’émouvoir. D’ailleurs, le gothique m’émeut peu.
musée et cloitre

Leon, cloître gothique tardif arcades

Curieuse quand même, j’achète un billet pour le Musée et le Cloître .Il sera fermé cette après midi « c’est la Saint Jacques, le patron de l’Espagne »explique la guide d’un air indigné quand on lui demande la raison de la fermeture. Une dame de Logrono proteste que chez elle, la Saint Jacques n’est férié que si cela donne un pont !
Le cloître gothique tardif a de belles ogives avec des clefs de voûte très ornées. La frise Renaissance est assez étrange : des animaux fantastiques font place aux têtes de mort humaines mais aussi animales, têtes de vaches ou de chevaux. La visite soi-disant guidée est un piège : la guide se contente d’ouvrir les portes, les referme, dit quelques mots et nous laisse livrés à nous mêmes. Dans une salle : belles statues de bois polychromes, un Saint Jacques Matamore très réussi. Mais le personnage piétinant les Sarrasins n’est guère sympathique ! la suivante présente des habits sacerdotaux dans des vitrines et la dernière des peintures modernes « Es un horror ! s’exclame la dame de Logrono».
J’ai vraiment l’impression de m’être faite piéger. La guide fait mal son travail, je me sens prisonnière Cette visite n’offre aucun intérêt Après la « salle des pierres » (statues romanes) celle de la peinture hispano-flamande (rien de spécial. par comparaison avec l’exposition de Bilbao. On arrive dans la salle « archéologique » silex et poteries romaines cassées, toujours explications minimales, je demande à sortir.

Leon, fresques de la collegiata

J’avais souhaité visiter Léon à cause d’une photo dans le Guide Vert du Panthéon Réal décoré de fresques. Il se trouve accolé à l’Eglise San Isodoro, bel édifice roman.
Encore une visite guidée, bon guide heureusement. D’après lui, ce bâtiment, accolé à l’église était le palais Royal des rois de Léon, de l’autre côté, il y avait un monastère. Il insiste sur le sens politique du bâtiment : le petit royaume de Léon avait bien besoin de la caution religieuse pour s’affirmer coincé entre le Royaume franc et l’Espagne musulmane. Repeuplé par les Mozarabes, es influences islamiques se font sentir sur le style des construction (arc en fer à cheval) et surtout dans l’artisanat. la salle du Trésor montre la coupe d’Urraca (1063) toute en or sertie de pierres précieuses. Les reliquaires décorés d’ivoire finement ciselés montrent aussi les influences mozarabes ou arabes.
La bibliothèque contient des incunables (on ne voit que des fac-similés des parchemins).

pantheon Real : fresque de l’Annonciation

Enfin nous descendons au Panthéon Réal où sont enterrés les rois de Léon. Les dalles sont près de l’entrée. les murs et les plafonds sont couverts de fresques très fraîches « préromanes » qui ont encore beaucoup en commun avec les fresques byzantines : le Pantocrator domine le centre de la nef, entouré des quatre évangélistes. Ces derniers sont très drôles : au lieu de représenter leur animal symbolique (lion, taureau, aigle, homme) à côté du saint, ils ont dessiné la tête de l’animal sur la silhouette humaine. Un autre plafond représente la Cène, un autre les anges et les bergers.

Calendrier des travaux des champs

Les animaux adoptent des poses pittoresques : combats de chèvres aux cornes torses emmêlées… sur un arc, on a représenté un calendrier des travaux des champs : en juillet on moissonne le blé à la faucille, en août, on le bat, vendanges en septembre, Octobre : récolte des châtaignes pour le cochon qu’on tue en Novembre. En Décembre, on reste chez soi. Le zodiaque montre aussi la course du temps, malheureusement, il est effacé. Trous ces travaux des champs évoquent les tombes égyptiennes en moins élaboré, toutefois. Les chapiteaux montrent les prémisses de l’art roman, on passe de la décoration végétale « asturienne » ou wisigothique d’acanthes et de pommes de pin aux chapiteaux historiés romans. Le Cloître roman, puis Renaissance est moins original. Vraiment, je n’ai pas été déçue de mon attente. Dernière surprise : une girouette, un coq d’or.
Dominique m’a donné rendez vous sur la place de la Casa Bottine près de la maquette. C’est aussi les rendez vous de tous les vieux messieurs. Elle a couru les magasins de la ville moderne et a rapporté un repas délicieux : anchois, artichauts, et aubergine confits à l’huile. Nous nous installons dans le parc aménagé le long de la rivière. Il fait bon, presque frais quand les nuages cachent le soleil. J’ai trouvé le Monde que j’aime toujours lire à l’étranger.
Après la sieste, nous retournons à la Cathédrale et à San Isodoro. Puis nous flânons dans les petites rues tortueuses aux maisons ocre, jaunes orange. Certaines ont de jolis balcons ouvragés, d’autre des loggias. Le re de chaussée est occupé par des boutiques. Les plus jolies sont celles des fromagers (une effluve de fromage les précède), celles des charcutiers disposant les conserves artistement, piments rouges, asperges en bocaux, olives, bouteilles d’huile.
Plaza Mayor

L’immense plaza mayor30

Nous découvrons l’immense Plaza Mayor avec l’Hôtel de Ville, blanc ouvragé à pignon d’ardoises. Une grande esplanade carrée est bordée d’arcades, maisons jaunes aux balcons de fer. Impression de vide, cependant. On rénove, on restaure, mais je me demande si les maisons sont bien habitées. Il faut cependant tenir compte de l’heure espagnole, à cinq heures, les boutiques commencent seulement à remonter les volets de fer et les cafetiers à disposer les chaises sur les terrasses. A la terrasse d’un glacier sur la Place de la Cathédrale, je commande l’ Horchata que j’attendais depuis le début des vacances (comme le café con churros de ce matin).
Belle promenade jusqu’à San Marcos situé à l’écart de la ville historique près du fleuve. Une esplanade immense très moderne la précède : fontaines basses dans des carrés ras du sol, calvaire simple, sur des marches, une statue moderne d’un pèlerin assis qui a enlevé ses sandales pour soulager ses pieds.
La façade très ornée de San Marcos (occupé par un parador) ne retient pas longuement notre attention. L’église avec ses coquilles en relief nous plaît plus. Nous avons un spectacle vivant : une sortie de mariage avec limousines, les badauds tournent autour et se font photographier. Scène vivante après toutes ces pierres !