Arrivée à Ouistreham – plage des environs et gîte

BALLADE NORMANDE

Colleville-Montgomery

 

En route

Après avoir fait étape à Pont-Audemer, nous aurions volontiers passé Pont-Levêque sans nous y arrêter. La circulation très ralentie nous permet d’admirer encore des maisons à colombage et des ponts fleuris.

La route suit le tracé de l’autoroute (plutôt c’est l’inverse). Sur la route nous profitons de la campagne normande, des chaumières avec des iris sur le faite, des vergers de pommiers. Nous quittons la grande route à Troarn, traversons une forêt de très grands hêtres et devinons l’approche de Caen avec une haute cheminée d’usine et les grues portuaires avant de passer l’Orne et le canal au Pont Pegasus (haut lieu de la guerre, trois planeurs y atterrirent à la veille du Débarquement).

Pique-nique à la plage

Nous arrivons trop tôt pour nous installer au gîte. Le temps est magnifique : nous filons à la plage. Riva bella, la plage de Ouistreham est isolée de la route par une dune, le parking est payant. Nous continuons la route côtière jusqu’à Colleville-Montgomery. Un grand parking est installé autour de la statue en bronze d’un bagpiper écossais mais on peut aussi se garer de l’autre côté de la piste cyclable. Des bancs sont tournés vers le large. Nous avons une belle terrine de saumon avec des algues, des rillettes de poisson, pique-nique marin, donc !

Je me livre à mon exercice favori : la marche les pieds dans l’eau. Quand je pars la mer est basse. La grève est peuplée de pêcheurs  à pied avec des râteaux qui remplissent des seaux de coques. Il est fortement déconseillé de consommer coques et moules de l’estuaire de la Seine. Les coquillages filtrent l’eau et concentrent les métaux lourds. Dans l’estuaire de l’Orne ce n’est pas conseillé non plus. Ceci ne décourage pas les pêcheurs. La mer monte et la marche devient plus difficile : la plage est barrée d’épis en, ciment ou de pieux enfoncés. L’eau creuse à proximité des brise-lames et il faut faire de grands détours.  A la fin de la journée mon podomètre affiche 15 km.

la petite maison de Valérie

Un jardin merveilleux : balancelles à courges, reposoir à potiron et arbres à tomates

A 16 heures nous découvrons la « petite maison » au fond du jardin. Les propriétaires sont très accueillants. La petite maison contient quand même deux chambres et une salle à vivre avec la cuisine et une salle d’eau.  Elle a tout le confort moderne sauf la télévision et cela nous fera du bien. Décorée avec goût , de belles photographies sont affichées : noir et blanc dans la salle, couleur dans la chambre. Valérie, notre hôtesse a laissé tout le nécessaire en épicerie de base et produits d’entretien.

Un petit marché au poisson se tient sous une halle en ciment près du phare au bout de la fête foraine. Nous achetons un kilogramme de moules pour le dîner des crevettes et pinces de crabe pour le pique-nique de demain.

Nous tournons beaucoup dans Ouistreham pour trouver les commerçants. A proximité de l’église, il y a plusieurs boulangers mais pour le reste on va à Carrefour sur la route de Caen à la sortie de la ville. Après les courses nous retournons à la plage. Les prévisions de la météo sont mauvaises pour demain. Profitons du soleil aujourd’hui !

En route vers la Normandie: Pont-Audemer

BALLADE NORMANDE

L’Office de Tourisme se trouve dans la belle Mairie de brique proche de la ville historique. J’y trouve un plan et un itinéraire touristique. C’est facile de s’orienter avec le clocher et deux grandes rues : la rue Thiers et la rue de la République qui lui fait suite et parallèlement, la rue Sadi Carnot. Entre les deux artères : des ruelles et des canaux qui courent entre des maisons à pans de bois et d’autres de briques, réveillées par des pots de fleurs et des jardinières.

Briques et pans de bois

Pont-Audemer est sur la Risle (dernier affluent de la Seine) . Ce fut une petite ville industrielle avec des tanneries, sellerie et des papeteries. Le dépliant de la mairie, montre les souvenirs de ces industries. Les petites rues perpendiculaires aux grandes sont bien sympathiques, l’une d’elle a de jolis restaurants, une autre des librairies. La rue  Sadi Carnot est bordée d’hôtels particuliers de pierre.

L’église Saint Ouen est une merveille de finesse,  c’est un ouvrage inachevé avec une très belle nef ciselée avec un triforium gothique flamboyant. Les vitraux sont aussi une belle surprise certains sont 16ème siècle, très colorés tandis que dans le chœur d’autres modernes sont de Max Ingran 20 siècle très modernes avec des rouges vibrants.

Des éléphants dans le jardin – Meral Kureyshi

CARNET DES BALKANS/ KOSOVO

 

C’est le premier roman de Meral Kureyshi qui nous vient de Suisse,  écrit en allemand (2015) et publié en français (2017) par les éditions de l’Aire. Une jeune kosovare originaire de Prizren, en Suisse depuis 1991. Ce court roman (177p.) se présente comme une lettre à son père:

Incipit :

« ton cercueil est dans la terre. Tu voulais être enseveli à Prizren. Depuis un mois, chaque vendredi matin, je recouvre mes cheveux d’un foulard blanc et récite Ya-Sin, la prière des morts pour toi »

N’allez pas croire que c’est un livre triste, pas du tout, c’est plutôt tendre, simple. La jeune fille évoque sa famille, son enfance, l’intégration laborieuse en Suisse.

J’avais choisi ce livre comme une occasion de retourner à Prizren que nous avons visité et que j’ai bien aimé. De Prizren, on ne raconte pas grand chose dans ce livre. La jeune fille va voir sa famille, son école et le cimetière. L’essentiel de l’histoire se déroule en Suisse. C’est plutôt le livre de l’exil, de l’espoir d’une vie meilleure, des papiers qu’on tarde à leur donner, de la nationalité suisse qui est refusée malgré une intégration satisfaisante. 

J’ai attendu les éléphants du titre, je suis toujours curieuse de comprendre les titres. Les éléphants sortent de l’imagination de la petite fille qui cherche à inventer des choses extraordinaires dans un quotidien plutôt ordinaire.

Une note douce, affectueuse, mais en demi-teinte.

 

Splendeur et décadence du camarade Zulo – Dritëro Argolli

Tirana : Les ministères et bâtiments officiels

CARNET DES BALKANS/ ALBANIE 

« Voilà, les fils de bergers d’autrefois ont en main la comptabilité, sans laquelle il n’y a pas de socialisme vu que le socialisme c’est les notes de service et la comptabilité. »

Publié en 1972, ce roman raconte la vie des dirigeants du Parti. Le camarade Zulo est un personnage tellement considérable qu’il est hors de question de le déranger quand ses propres fils se retrouvent au commissariat après avoir saccagé la maison des voisins. Il est à la tête d’un bureau des affaires culturelles dont les compétences s’étendent du répertoire des chansons aux noces villageoises, à la censure du théâtre, l’implantation de bains publics dans les villages, l’organisation de festivals folkloriques….dans un esprit scientifique et démocratique!

Le narrateur, Demkë, est un écrivain raté qui rédige les rapports, interventions et discours de ses supérieurs, trop occupés, ou trop paresseux pour le faire eux-mêmes. Il lui arrive de rédiger un rapport sans savoir qui va en être le rapporteur ou parfois d’en écrire deux contradictoires pour une même conférence.

C’est ainsi que le Camarade Zulo sera le rapporteur du rapport commandé par le camarade Chemchedin éloigné en province, début de l’ascension du camarade Zulo qui prend sa place et fait de Demkë son bras droit.

« Le camarade Zulo ne peut pas rester sans donner son avis. Pour lui il n’y a pas de phénomène qui ne soit prétexte à l’épanouissement de sa pensée. « au début naît le phénomènen nait ensuite le rayon de la pensée a-t-il dit. »

Au premier abord, le camarade Zulo apparaît comme un personnage prétentieux et snob, intrigant au discours enflé et creux, prêt à tout pour une invitation officielle. Demkë l’accompagne en déplacement « au milieu de ses frères villageois ». Les deux hommes se rapprochent, le Camarade Zulo s’humanise, il est touchant de naïveté quand il s’extasie sur les beautés de la nature, presque poète. Le raki lui fait oublier son comportement officiel, on est presque compatissant quand il se ridiculise en se saoulant.

Il ne faudrait pas s’éloigner de Tirana, des sommets et des bureaux où se nouent les intrigues pour le pouvoir. Alors que les dirigeants passent des vacances à la mer dans des hôtels qui leur sont réservés, se trament des complots. La chute du camarade Zulo est programmée alors que personne ne se doute de rien.

Dans un style vivant, ironique et humoristique, les arcanes du pouvoir sont décrites de façon très amusante. Critique satirique ou témoignage? C’est en tout cas un livre amusant avec toute l’absurdité de la bureaucratie.

Alors que la disgrâce est manifeste, son entourage entretien une véritable légende et Demkë, retrouve le goût décrire en relatant la vie du Camarade Zulo:

« Devant l’insistante pression des camarades, et de Bakir en particulier, je me mis sérieusement à écrire la chronique de la vie du camarade Zulo ; je commençais à réunir les pensées et les propos tenus par les gens au sujet de sa mutation. Ils n’ont pas d’importance pour la description de son caractère mais ils donnent une idée de son prestige. Il faut être un homme hors série pour devenir à ce point objet de débat et faire naître autour de soi autant de discussions enflammées… »

Matinées au Café Rostand – Ismaïl Kadaré

CARNET DES BALKANS / ALBANIE 

C’est un ouvrage récent, publié en 2017 en français et 2014 en albanais.

Il réunit 8 textes, de longueur différentes, le dernier Mosaïques étant lui-même composé de plusieurs parties . Matinées au Café Rostand qui donne le nom au livre donne le ton et le thème à l’ensemble : qui est autour de l’écriture, des cafés littéraires, et de la difficulté d’écrire sous la censure communiste.

Le Café Rostand existe vraiment, il est situé au coin du boulevard Saint Germain, en face du Luxembourg. Quartier de librairies, d’éditeurs, et d’écrivains. Kadaré est un de ces écrivains qui aime travailler et faire des rencontres au café.

Le paumé – Fatos Kongoli

LIRE POUR L’ALBANIE

Tirana Blues de Fatos Kongoli ne m’avait pas franchement convaincue. En revanche,  Le paumé m’a beaucoup intéressée. Il se déroule dans les années 60 – 70 avec un épilogue en 91 à la chute du communisme en Albanie et à la fuite vers l’émigration de nombreux albanais.

Je me suis intéressée au personnage « paumé »  et je l’ai volontiers suivi dans ses tribulations.

« paumé »?

Pas tant que cela. l’enfant a découvert assez tôt la malédiction de sa famille : un oncle qu’il n’a jamais connu s’est enfui à l’étranger. Toute la famille du « traître » est entachée de cette faute. L’enfant apprend d’instinct comment réagir, cacher cette tache, forger un masque d’hypocrisie. Comme il apprend à se défendre de la violence qui l’entoure. Violence des autorités en la personne du directeur d’école, violence du quartier de banlieue où il apprend comme les autres à se défendre avec ses poings, à encaisser les coups et éventuellement à manier le couteau.

 Bon élève par là-dessus, après une scolarité dans un lycée de Tirana il est accepté comme étudiant. Il doit être beau garçon (il ne s’en vante jamais) parce qu’il obtient des succès féminins inespérés. Il suscite aussi des amitiés fidèles. 

Paumé?

Il est surtout vulnérable. Ses relations avec les personnes de la Nomenklatura sont fragiles. Il suffit d’un faux pas, il se retrouve dans cette cimenterie qui fait penser à un bagne où il casse des pierres à chaux. Une soirée alcoolisée pour que tout chavire et qu’il se retrouve au poste. L’alcool aide à supporter ces violences quotidiennes.

Garçon d’une banlieue défavorisée entré par effraction au Blok quartier réservé aux privilégiés du régime il est plutôt mieux armé pour la survie que son ami fils de ministre qui se suicidera à la disgrâce de son père. On découvre que nul n’est à l’abri de l’arbitraire.

Tirana blues – Fatos Kongoli

LIRE POUR LES BALKANS/ALBANIE

Les polars et les romans noir font visiter les recoins et les quartiers où un touriste avisé ne s’aventure jamais.

Polar ou roman noir?

Un peu des deux. Il y a certes une enquête policière mais ce n’est pas l’essentiel.

Bien sinistre, bien glauque, que les trois histoires de ce roman choral. Celle de la victime (une des victimes) un professeur d’âge mûr doit avouer à sa femme qu’il l’a trompée, histoire sordide. Celle du policier, qui enquête sans conviction sur le meurtre du professeur. La troisième voix est celle d’un petit voyou qui a trempé à son insu dans l’affaire. Les trois voix se croisent. bien glauque parce que les personnages sont tous déprimés, se laissent entraîner dans des affaire plutôt minables. Sinistre, cette banlieue qu’on appelle la « Tchétchénie » aux constructions illégales,. Même le week end à Sarandë et à Llogara en plein hiver n’est pas franchement rayonnant.

Si pour vous, polar veut dire thriller, ce n’est pas pour vous, le rythme est lent. Plutôt noir alors?

la Dernière Page – Gazmend Kapllani – INTERVALLES

CARNET DES BALKANS/ALBANIE

C’est un vrai coup de cœur!

Un de ces livres qui me semble personnellement destiné. Pas seulement parce que nous rentrons de Tirana. Pas seulement parce que le destin des Juifs de Salonique m’émeut toujours. Quête d’identité dans le mélange balkanique,exil et  métissage. Faux-semblants. Aussi pour l’amour des livres. Pour ce poème de Cavafy, glissé comme  par mégarde.

Je venais de terminer le Petit Journal de bord des frontières qui m’avait beaucoup touchée. C’est parfois une erreur de lire à la file deux livres du même auteur. Parfois la petite musique de l’auteur se répète, radote. Et bien là, pas du tout. Le narrateur des deux ouvrages semble être le même,  un exilé albanais, écrivain, vivant à Athènes. Les lieux aussi sont identiques, Tirana, la Grèce. Pourtant ce sont bien deux livres très différents. La Dernière Page mêle deux histoires (comme Le Petit Journal mêlait deux points de vue). L’auteur a recours à la typographie italique dans l’histoire du père, droite dans celle du fils.

156 pages,  et pourtant un roman complet, avec une intrigue, et même deux, du suspense, une analyse historique. Bravo!

Petit journal de bord des frontières – Gazmend Kapllani – ed. INTERVALLES

CARNET DES BALKANS/ALBANIE 

          »  Ma relation problématique avec les frontières a commencé de très bonne heure.                  Dès mon plus jeune âge. Parce que le fait d’être atteint ou non du syndrome de la                 frontière est en grande partie une question de hasard : tout dépend du pays où                    l’on  est né.

           Je suis né en Albanie »

Gazmend Kapllani est un auteur albanais qui vit en Grèce et écrit en Grec.

Je l’ai trouvé au hasard des algorithmes de Babélio ou d’Amazon, téléchargé « à l’aveugle » sans critique 4ème de couverture, ni recommandations et ce fut une excellente surprise.

Ce livre est double : un journal de bord , récit de l’émigration du narrateur, e, imprimé en caractères italiques et des chapitres d’une typographie romaine droite qui s’intercalent dans le récit et qui décrivent la condition de l’émigré, plutôt sur le mode méditatif et souvent ironique. Les chapitres alternent, action et réflexion, datés 1991 et intemporels, albanais et universels.

Le narrateur raconte d’abord les conditions de vie et l’enfermement des Albanais sous le régime d’Enver Hodja.

« Plus les années passaient, plus l’isolement de l’Albanie se radicalisait, et plus le monde-au-delà des frontières se transmuait en une autre planète. Paradisiaque pour quelques-uns…. »

Il généralise son cas personnel, albanais à une condition universelle:

« Le véritable immigré est un égoïste, un narcissique invétéré. il pense que le pays où il est né n’est pas digne de lui »

J’ai aimé cet humour, cette ironie, nécessaire pour la survie aussi bien de ceux qui étaient asservis par la dictature que ceux qui en exil , dans les pires conditions veulent rire pour survivre

« le rire des hommes des frontières est le meilleur des masques. en riant, c’est comme s’ils disaient à la mort : « ne compte pas sur nous pour être tes clients. Tu vois bien que si nous rions, c’est que que nous n’avons rien à faire de toi »

J’ai aimé aussi l’ ouverture aux autres qui lui fait citer les Grecs en immigration aux Etats Unis qui fait de son livre non paas un livre sur les Albanais en Grèce mais le livre de tous les migrants. 

 

L’empereur à pied – Charif Majdalani

LIRE POUR LE LIBAN – RENTREE LITTERAIRE 2017

J’ai découvert Charif Majdalani avec  Caravansérail qui m’avait beaucoup plu. j’avais lu aussi le  Dernier Seigneur de Marsad,  et la Villa des Femmes avec grand intérêt et grand plaisir. J’ai donc téléchargé L’empereur à pied dès sa sortie.

Cette saga  s’étale sur près de deux siècles  et 7 générations. Elle  raconte comment l’Empereur, Khandjar Jbeili, arrivé à pied dans la montagne libanaise avec ses trois fils, a bâti d’abord sa richesse et son pouvoir en défrichant des terres escarpées, construisant des terrasses, introduisant la culture du mûrier et s’imposant au seigneur de la montagne comme collecteur d’impôt. Beaucoup de travail, du charisme et des alliances, de la violence aussi pour se hisser à une position sociale enviable.

Il n’est pas question de morceler le domaine, ni de partager les richesses. L’héritage devra rester indivis. Seul l’aîné pourra se marier et transmettre les affaires à son aîné!L’ainé fera donc fructifier la fortune. Le cadet sera condamné à servir son frère, ou à s’évader dans des expéditions lointaines  et aventureuses.

Charif Madjalani est un merveilleux conteur.

Son récit sera donc double, ascension de cette famille à la grande bourgeoisie chrétienne libanaise, propriétaires terriens mais ensuite commerçants et finalement affairistes. On verra descendre de la montagne les descendants de Khandjar Jbeili , s’installer dans un véritable palais jusque à ce que la guerre civile ne les en déloge. La période de la guerre civile est magnifiquement racontée et analysée. On verra leur mode de vie encore féodal jusqu’à la fin du 20ème siècle.

En parallèle, les aventures des cadets, les conduisent sur des itinéraires rocambolesques. Zeid, parti cherché fortune en Amérique, après une étape vénitienne,  se fixera au Mexique dans le redoutable Sonora où il s’imposera par son charme et par la violence.

Chehab, son cousin, fera route vers l’Orient, sur la route de la Soie, à la poursuite d’un général russe blanc, l‘Ataman Premerguine et son armée fantôme traînant un trésor de porcelaines fines ornées de roses et d’oeufs Fabergé.

Naufal, le poète lettré, ira à la recherche d’un  tableau perdu. Cette recherche le mènera à Venise, mais aussi à Dubrovnik, à Kotor et finalement il se lie avec un journaliste américain qui veut faire un reportage sur le Commandant Markos, sur le Mont Gramos, avec l’ELAS  dans la guerre civile grecque en 1948.

Ce roman en 6 parties distinctes est un peu hétérogène, mélange de Caravansérail – pour les aventures lointaines et du dernier Seigneur de Marsad pour les épisodes libanais. Si l’effet de surprise n’est plus présent pour moi, le plaisir de lire un  conte oriental est toujours très vif. Le dernier chapitre « en attendant les ogres » traite de l’évolution récente du Liban, de corruption, d’affairisme et de projets immobiliers m’a beaucoup intéressée.