Amman, citadelle et Musée archéologique

les vedettes du musée : statuettes d’Ain Ghazal

CARNET JORDANIEN

Dans l’Odéon – théâtre de poche, très bien restauré, un guide francophone sort me montrer les escaliers qui permettent de monter à pied à la citadelle. Des Jordaniens nous disent de prendre le taxi qui ne coûterait que 1 JD, pour nous ce sera 2.

Grotte préhistorique

La Citadelle est construite à l’aplomb du  théâtre. Comme il n’y a pas de source sur la colline un système de citernes et de collecte  de l’eau est encore visible. Pas une goutte  ne devait être gaspillée. Le site est occupée depuis l’âge de Bronze (1700 – 1550avant JC) On peut voir une grotte

Les Romains ont fortifié la citadelle.

Temple d’Hercule et la main de la statue colossale, au fnd, la ville d’Amman

Un grand temple fut dédié d’abord à Tyché de Philadelphia puis à Hercule. Tyché, la Fortune, divinité hellénistique était vénérée en Orient, à Alexandrie, en Crète, à Antioche. Le temenos d’Hercule fut détruit pendant la période byzantine. Il en reste 6 colonnes à chapiteaux corinthiens (161-166 ap.JC). la figure d’Hercule a été retrouvée sur de la monnaie battue à Philadelphia il était associé au dieu ammonite Milkom. 3 chapiteaux corinthiens sont à hauteur d’homme, on mesure mieux l’énormité des proportions.

Musée archéologique

statuette d’Ain Ghazal

Devant le musée on voit   la main  d’une statue colossale. Le musée est vieillot, un peu poussiéreux mais recèle des trésors. Les vedettes sont les statuettes d’Ain Ghazal (8000-4000 av. JC) certaines sont des statues jumelles : d’un corps sommaire, rectangulaire émergent deux têtes délicates au nez et yeux bien formés ; Les yeux sont soulignés de noir (asphalte). Le Louvre héberge une statue d’Ain Ghazal, c’est même la plus ancienne statue du Louvre ; J’irai lui rendre visite à la prochaine occasion.

Statuettes ammonites

L’âge de fer correspond à la Période ammonite et au site de KHirbet-el-Hajjar (8ème siècle av.JC) les statuettes en calcaire sont originales. L’une d’elle porte une inscription en phénicien.

De la période romaine on trouve des céramiques, des statuettes en terracotta, genre des tanagra, des lampes à huile et une barque funéraire, aussi du verre, ‘industrie du verre romain aurait commencé au 1er siècle ap JC.

Antiquités byzantines

La plus jolie poterie byzantine est une lampe à 7 mèches.  Je photographie aussi un cygne formé à partir d’une coquille de porcelaine. On peut voir sur le site une vaste église byzantine ( 550 ap JC)

La ville bruisse de l’appel à la prière du vendredi et des prêches diffusés par des micros.

Palais Omeyyades

En sortant du musée je découvre le Palais Omeyyade  avec la salle de réception restaurée : on a reconstitué le dôme en bois et les décors d’arcs soulignés par des dents (d’influence perse) agrémentées aussi d’entrelacs et de motifs végétaux. Le complexe palatial comprenait aussi des bains, de l’Iwan ou salle d’audience, il ne reste plus grand chose.

Déjeuner chez Hacheem

Tous les taxis connaissent le restaurant populaire Hacheem  recommandé par le guide du Routard. Les  prix des taxis  ont augmenté depuis ce matin : 3JD . Les tables d’Hacheem sont installées dans une ruelle. Des familles jordaniennes sont attablées ainsi que des touristes. Le service est expéditif : le serveur dispose un film plastique sur la table, des cuillers en plastique, une corbeille de pain pita. Au menu, des mezzés : humus, falafels, tomates et oignons, aubergines. C’est très bon et bon marché (5JD pour les deux), à la bonne franquette mais les remplaçants  se présentent et nous ne pouvons nous attarder.

robes brodées

Après la prière du vendredi, les commerçants ont ouvert les boutiques. Des robes brodées rouges ou noirs sont suspendues ou sur des mannequins, mais plutôt que des souvenirs, je cherche une boutique de téléphone qui me remettra ma carte SIM française, et j’espère redonnera vie au téléphone bloqué. Les boutiques de téléphone ne manquent pas. Gracieusement un jeune homme replace la puce – sans résultat pour ranimer le smartphone –  « go to combany ! » me conseille-t-il. Dans la rue commerçante, je trouve le Nymphée romain monumental mais peu gracieux.

 

Après avoir goûté à une pâtisserie locale le Kunafa  au fromage fondu  chez Habiba  dégusté chaud  dans la rue sur le rebord d’un muret (on n’est pas toutes seules).

 

Nous décidons de remonter à la Citadelle pour voir le coucher du soleil. L’ambiance est différente de ce matin. Les familles ont remplacé les touristes. Des enfants font voler des cerfs-volants qui sont des drapeaux jordaniens agrémentés de franges vertes. Je dessine la ville, le théâtre à mes pieds et les collines en face. Dessiner permet de fixer mon attention ? Amman est très minérale avec ses maisons de belle spierres calcaires, quelques cyprès émergent entre les terrasses. Une mosquée à bandes noire et blanches me fait penser à certaines églises toscanes. Je constate une réelle homogénéité de l’architecture, brisée seulement par deux tours jumelles et un ou deux autres gratte-ciel qui dépassent. Il fait frais, le soir,  à Amman, nous n’avons pas prévu de lainage et retournons en taxi à l’hôtel Retaj.

Amman vue de la citadelle

Omar de l’Agence Enjoy Jordan vient nous apporter un petit Nokia hors d’âge et un GPS que nous lui avons réclamés. Nous lui faisons part de nos ennuis : s’il avait donné le Nokia à ses employés hier, je n’aurais pas verrouillé mon téléphone. Il ne s’attarde pas à donner des conseils touristiques. Pour un peu, nous décourage de faire le circuit des châteaux du désert du guide Bleu en entier.

L’hôtel Retaj n’a pas de restaurant mais il est situé dans un quartier où les restaurants de toutes sortes abondent, du fast food Burger King au chic Moulin(en français sur l’enseigne lumineuse) je découvre même un Carrefour Contact. A 50m du Retaj , sur le même trottoir  Jabri sera notre « cantine » c’est une sorte de self service qui propose de la cuisine jordanienne excellente à manger sur place ou à emporter. Sur place, il y a un décor « self service » sans intérêt, j’emporte donc pour 13.5JD deux plats de riz et poulet et deux yaourt lebaneh. On paie à la caisse et le serveur prépare les plats . C’est très bien servi.  Il y en a pour quatre ! Le riz est le meilleur que j’ai jamais mangé : des grains longs et fins sautés et des amandes grillées, le poulet est excellent quand au yaourt ! du yaourt grec en meilleur, plus épais, plus crémeux, un peu acide, une merveille. Nous en mangerons souvent.

Pour terminer la soirée, nous trouvons la BBC et CNN parmi la centaine de chaines en arabe.

 

 

 

 

La vie ne danse qu’un instant – Theresa Révay

Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel de m’avoir offert ce livre !

Alice Clifford est correspondante de presse, intrépide reporter de guerre est  sur tous les fronts, de l’Abyssinie 1936, quand les troupes de Mussolini ont chassé le Négus, Madrid 1937,  à la Guerre d’Espagne, puis la Nuit de Cristal à Berlin novembre 1938, jusqu’à Monte Cassino aux côté des troupes américaines.

Fine journaliste, elle interviewe  Mussolini, fréquente un prince romain introduit au Vatican, publie des articles analysant les mécanismes du pouvoir fasciste. Dans les premières prévient des atrocités contre les Juifs dans les camps de concentration.

Entre ses reportages de guerre, Alice Clifford vit à Rome où elle a un appartement et un amant.Ou elle retourne se ressourcer à Alexandrie où vit son père et son ex-mari.

Ce roman historique, très bien documenté rappelle dix ans d’histoire européenne.Si je suis restée un peu sur ma faim pour ce qui concerne la Guerre d’Espagne, tout ce qui se déroule en Italie, aussi bien à Rome que dans les guerres de conquêtes mussoliniennes est très intéressant. Le rôle des papes Pie XI et Pie XII est intéressant.

Je me suis moins attachée au roman d’amour. La jeune femme si belle, si désirable, si intelligente….qui se veut libre et non-conformiste est comme on dirait « trop ». « Trop » beaux, séduisants, bien-nés, riches….ses amants. Quand à Fadil, l’ex-mari il est tout simplement parfait. Tant de perfection me lasse.

En bref, c’est un roman historique intéressant, mais c’est un roman historique, pas un témoignage direct ni une oeuvre littéraire qui vous emporte.

Même si Alice est américaine, nous baignons dans une atmosphère italienne tout au cours du roman.  Ce qui explique pourquoi je publie le billet dans le mois Italien.

L’image contient peut-être : ciel, plein air, eau et texte

Jardins au Grand Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 24 juillet 2017 au Grand Palais

Avec le printemps, il m’est venu l’envie de flâner dans ces jardins…. de l’Antiquité à nos jours

Giuseppe Penone 1984 Verde con camicia

Exposition éclectique, présentant aussi bien des oeuvres anciennes que contemporaines. Peinture ou photographies, collages et herbiers….

matisse acanthes (papier découpé)

Dessin de Dürer au contemporain Patrick Neu, en passant par Redouté

Iris de Patrick Neu

ou d’herbier, en passant par celui de Jean Jacques Rousseau et ceux du Muséum d’Histoire Naturelle

Il y a aussi des fruits et plantes exotiques entières en cire qui n’auraient pas pu se conserver pendant un long voyage dans l’alcool, trop épais pour être mis en herbier.

Végétaux mais aussi jardins, merveilleux tableauxx représentant Marly ou Saint Cloud

parc et bassins de Marly

Et puis les grand maîtres, Cézanne, Klee, Bonnard, Caillebotte, Berthe Morizot, Picasso …

Klimt
Caillebotte

Amman, une journée pour découvrir la ville :Downtown

Amman théâtre romain précédé de la colonnade du Cardo maximus

CARNET JORDANIEN

A notre programme, une journée libre pour explorer la ville.

Hier soir, nous avons parcouru de grandes artères très larges, bien éclairées passant à travers des quartiers modernes aux belles maisons au parement de pierre (la même qu’à Jérusalem). Un pont suspendu aux éclairages colorés et changeants, relie deux collines « le plus haut du Moyen Orient » commente le chauffeur. Autour de l’Hôtel Retaj où nous logerons quatre nuits, je remarque des grands hôtels, Four Seasons, Sheraton , repères utiles pour retrouver notre chemin.

Aujourd’hui, nous circulons en taxi. Je négocie la course avant de monter :

« Downtown ! 3 JD »

Le chauffeur ne sait pas où nous déposer. Il téléphone à un ami anglophone et me passe l’appareil « au théâtre romain ! ». La course va très vite. Le vendredi matin tout le monde dort, les boutiques sont encore fermées.

Le théâtre romain et l’ancien forum de la ville romaine Philadelphia sont bien conservés. Une belle place dallée avec des arbres maigrelets dans des grandes jardinières les mettent en valeur. Une belle colonnade, reste des galeries bordant le Cardo maximus précède le théâtre. Le théâtre est adossé à une colline très raide. Les gradins sont vertigineux. Une fois grimpée en haut, j’hésite à descendre, encombrée de ma jupe longue. Le mur de scène est encore orné. Je découvre d’en haut le petit odéon.

De chaque côté du théâtre se trouve le Musée Jordanie. A droite, des bijoux et costumes folkloriques de Jordanie et de Palestine sont magnifiques mais les photos sont interdites. Si mon téléphone fonctionnait j’aurais volé des clichés. Les visiteurs sont jordaniens pour la plupart (ou originaire de la région, je sais les reconnaître). Les familles sont accueillantes. Les enfants exercent leur anglais scolaire « What is your name ? Where do you come from ? ». Les femmes me montrent les plus beaux bijoux d’argent ciselé, de corail ou d’ambre.

Dans l’autre partie du musée, on a reconstitué des scènes de la vie quotidienne : un salon urbain de la bourgeoisie, des scènes villageoises.  L’arrivée de la mariée dans un palanquin – véritable cabine carrée faite d’épais tapis – et la procession de dromadaires est spectaculaire.  La fabrication du fromage se fait  dans une outre de peau de chèvre. Divers artisans sont représentés: le vannier et le tisserand,(les fils de laine sont teints  au jus de grenade), le repasseur de couteau, le bijoutiers. Une tente bédouine a été montée, en deux parties, dans la moitié des hommes on prend le café préparé sur les braises à l’extérieur, dans le coin de repos des femmes l’une d’elle fume une longue pipe.  La famille qui m’a adoptée me fait partager son enthousiasme.

Dans l’Odéon – théâtre de poche, très bien restauré, un guide francophone sort me montrer les escaliers qui permettent de monter à pied à la citadelle. Des Jordaniens nous disent de prendre le taxi qui ne coûterait que 1 JD, pour nous ce sera 2.

Je danserai si je veux – film de Maysaloun Hamoud

FILM ISRAELIEN/PALESTINIEN

Laila et Salma partagent un appartement à Tel Aviv. Laila est avocate, belle, indépendante. Salma est DJ et barmaid dans un bar branché. Elles sont joyeuses et libres, boivent des bières, fument des joints et profitent de la vie trépidante de Tel Aviv. Quand Nour débarque dans la colocation avec sa grosse valise et son voile, elle détonne un peu.

Trois filles palestiniennes qui essaient de gagner la liberté et le bonheur, chacune à sa façon.

Laila, courtisée par un collègue juif ,  ne cède pas à ses avances, elle tombe amoureuse de Ziad, le beau garçon qui revient de New York ils forment un très  beau couple mais rapidement Ziad lui demande des compromis inacceptables pour elle.

Nour est fiancée à Wissam, un homme pieux qui ne songe qu’à avancer la date du mariage alors que Nour tient à terminer ses études d’informatique et à obtenir un emploi.

Salma est lesbienne. Sa famille chrétienne de Nazareth, qui paraît tolérante lui présente des prétendants qu’elle refuse.

A chacune, son degré de révolte, sa résistance,  ses limites.

Ce n’est pas facile d’être une femme – palestinienne – libre et heureuse même dans la grande ville.

Un film féministe réalisé par Maysaloun Hamoud qui a cherché à faire entendre une nouvelle voix dans l’ambiance des changements annoncés par les Printemps arabes.

Un film produit par Shlomi Elkabetz dédié à Ronit Elkabetz, sa sœur décédée il y a tout juste un an, bouleversante dans le Procès de Viviane Amsallem qu’ils ont réalisé ensemble.

 

Arrivée à Amman, privée de téléphone!

CARNET DE JORDANIE

Nous attendions beaucoup du survol de la cote dalmate et des îles de la Mer Egée, puis d’Israël…

Le vol a été retardé de plus d ‘une heure. Le soleil s’est couché vers Zadar, il faisait nuit noire sur la Grèce. Au dessus d’Israël, la  densité de l’éclairage électrique orange des routes et des rues, brillant des maisons m’a étonnée.

Tout avait bien commencé à l’aéroport d’Amman, visas commandés par l’Agence Enjoy Jordan, valises récupérées dans les premières.

smartphone et ordi

Cela s’est franchement gâché quand l’employé d’ Enjoy Jordan m’a entraînée à la boutique de téléphone pour acheter une carte Sim. Chaque fois que nous avons fait un « auto-tour », en Arménie, en Bulgarie, Roumanie…l’agence nous avait confié un téléphone local avec les numéros de contacts et un GPS préparé avec les adresses des hôtels et des sites déjà mémorisés (avec les transcriptions orthographiques lisibles par nous et la machine quand l’alphabet est différent de l’alphabet latin). Sur Skype,  j’en avais fait la demande à Omar et il avait promis, téléphone, GPS et carte. Les gens d’Enjoy Jordan sont venus les mains vides : ni téléphone, ni carte, ni GPS !

Alors que je suis très réticente à introduire une carte Sim sur le Smartphone, notre accompagnateur me rassure, il n’y aura aucun problème, selon lui.

J’ai eu raison de douter. Dès que le Jordanien change la puce l’antivirus réagit et verrouille le Samsung : une fenêtre noire me demande de déverrouiller avec le code PIN , impossible. Sur la fenêtre noire de McAfee il est écrit qu’u  email sera envoyé par courrier électronique. Mais ce qui me sert d’ordinateur est précisément le téléphone bloqué.  Au début je ne m’inquiète pas : à l’hôtel, j’aurai accès à Internet sur un ordinateur…Refus catégorique du réceptionniste !

Difficile de m’endormir : dans la chambre d’à côté une télévision hurle. A 5 heures du matin j’appelle la réception qui envoie quelqu’un l’éteindre : il n’y avait personne dans la chambre.

Voici que Google s’en mêle, impossible d’ouvrir ma boîte mail. Pour m’identifier on  m’envoie un SMS sur mon téléphone verrouillé. Cela tourne en rond !

Immense frustration : un smartphone ne sert pas uniquement à téléphoner. Toutes les adresses de mes contacts s’y trouvent. Il me sert aussi de réveil-matin, de lampe de poche. En randonnée, je suis une addict du podomètre. C’est aussi un appareil photo. C’est toujours agréable de montrer des photos de ma maison, de ma famille, aux gens que je rencontre à l’étranger. Je ne parle pas de la Matinale du Monde et du Monde auxquels je suis abonnée. Et bien sûr le GPS (puisque nous n’en avons pas). Sans parler de mes emails,  de FaceBook, de ma musique, mais on peut survivre sans cela…..

Comme je comprends la détresse de mes élèves quand je leur confisque leur portable qui a sonné inopinément en classe!

Au retour, la cure de deux semaine sans écrans  s’et très bien  passée. J’ai même défait la valise, mis la machine à laver à tourner, rangé mes affaires avant de mettre le téléphone en charge et de le déverrouiller.

Retour au XXème siècle quand les smartphones n’existaient pas. Je n’ai reçu le mien en cadeau que pour mes 64ans.

 

 

 

Le Mont Emeraude – Mansoura Ez-Eldin

LIRE POUR L’EGYPTE

J’aime l’aventure, la découverte de livres que personne n’a chroniqués dans mon entourage, la littérature étrangère, les auteurs inconnus!

Mais l’aventure implique aussi certaines déconvenues.

J’aurais dû plutôt laisser sur l’étagère ce livre à couverture d’un jaune acide et à photo peu avenante plutôt que de me laisser embarquer par le 4ème de couverture qui promettait un conte des 1001 nuits perdus, une Shéhérazade de la place Tahrir 2011…féministe. Les 1001 nuits et le Printemps arabe, deux sujets qui m’intéressent.

Les premiers chapitres sont plutôt réussis. Je me suis intéressée à Boustan al-Bahr au nom de mer et de jardin, tantôt persane tantôt arabe. La conteuse?

« Ne pouvant gagner ta compagnie, j’accompagne la poussière des chemins » Farîd- al-Dîn Attâr »

Poésie ancienne ou récit actuel.

J’attendais aussi le récit de l’étudiante cairote, Hadîr, son témoignage sur la révolution. Rien de bien passionnant de son côté, une semaine de vacances dans un hôtel mexicain où elle tombe amoureuse d’un homme mûr. Le Caire vite parcouru…

Le conte perdu de la princesse Zomorroda sur le Mont Emeraude s’est avéré bien décevant. Peut être plaira-t-il aux lecteurs de Fantasy ou de SF? Le Mont Emeraude ou la Montagne Aimantée n’ont pas la poésie des palais de Shéhérazade. Des personnages se présentent et se perdent, je confonds les princesses et les héros. En bref, je m’ennuie.

Heureusement que le trajet en métro était long pour terminer ce livre.

Le principe du désir – Saïdeh Pakravan

Merci aux éditions Belfond qui m’a envoyé ce livre alors que j’avais sélectionné Azadi (et jamais reçu) à une précédente opération Masse Critique de Babélio. 

Je suis malheureusement une très mauvaise cliente pour les romans d’amour. Pour qu’un « roman d’amour » m’accroche il faut un contexte particulier, des personnages secondaires travaillés. Je ne crois pas au coup de foudre, encore moins à la flèche de Cupidon qui terrasse l’héroïne pendant le vernissage de son exposition et la contraint à s’aliter.

Je n’aime pas les gens parfaits: le beau  multimilliardaire au grand cœur qui n’a jamais licencié personne, qui s’avère un amant puissant,  un collectionneur d’art contemporain de goût, un mécène éclairé…..aucun défaut n’entache le personnage qui avoue une faute de jeunesse, qu’il souhaite racheter par un comportement exemplaire.

Ces gens parfaits, bien élevés, riches sans ostentation (quelle différence avec les Trump) vivent dans un monde de rêve dans un New York agréable, voyagent dans le confort à Londres ou Saint Paul de Vence. Ils ne fréquentent que des artistes ou des intellectuels de bon aloi… Monde qui m’est parfaitement étranger et qui ne me tente guère.

L’intrigue, minimaliste, joue sur le Principe du désir que n’importe quel adolescent connait mais ne réussit pas à applique : « on désire ce qu’on n’a pas et on s’en détourne quand on l’obtient » ou l’adage  « Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis » . L’étrange est que cette stratégie basique de séduction étonne et horrifie  tout le monde, la famille et même l’ami psychanalyste.

 

Me voilà bien sévère! Ce roman a pourtant du charme. Il se déroule dans les milieux de la finance et de lart contemporain. Je me suis amusée à chercher sur Google images les tableaux dont il était question dans le livre et j’ai découvert des plasticiens et des oeuvres que je ne connaissais pas. Le questionnement sur la valeur artistique, la cote de certains artistes connus m’ont aussi intéressée.

 

 

Lawrence d’Arabie – par Michel Renouard – Folio biographies

JORDANIE

Lawrence d'Arabie par Renouard

Dans deux jours, nous nous envolons pour Amman.

Bien sûr nous visiterons Petra et le Wadi Rum qui est un des lieux de tournage du Lawrence d’Arabie de David Lean. Commencer le voyage avec TE Lawrence s’est imposé comme une évidence comme la lecture de la biographie de Gertrude Bell qui suit. C’est une de mes habitudes de me chercher des compagnons de voyages prestigieux dans les bibliothèques. J’aurais pu relire le livre de Benoist Méchin qui était à la médiathèque mais j’ai préféré télécharger celle de Michel Renouard plus transportable en voyage sur la liseuse. 

C’est une biographie sérieuse avec notes (fin de chapitre)  et bibliographie fournie (en annexe). L’ouvrage est découpé en chapitres courts qui se lisent très facilement, chacun résume un épisode de la vie de Lawrence resituant les événements dans leur contexte historique, politique ou littéraire. Lawrence ne se résume pas à l’épisode de la Guerre, guérilla bédouine, bataille du rail,  prise d’Aqaba et chemin de Damas… que le film a popularisé. C’est un personnage complexe que l’auteur cherche à analyser dans ses différentes facettes et contradictions. Archéologue, orientaliste, espion, brillant stratège:

« Lawrence a parfois été accusé d’avoir joué double jeu pour mieux tromper les Arabes. il est vrai qu’il est d’abord et avant tout  au service de Sa Majesté(le contraire en pleine guerre aurait été surprenant). Reste qu’il se montre d’une grande loyauté envers Fayçal, l’allié…. »

C’est aussi une grande leçon d’histoire dans toutes les subtilités de la géopolitique que mènent les Britanniques et les Français dans le dépeçage de l’Empire ottoman. Le chapitre racontant les tractations avant le Traité de Versailles sont passionnantes. « Dans les corridors du pouvoir ». La rencontre de Fayçal avec Arthur Balfour, Rothschild et Weizmann aboutissant à un accord en anglais dont le codicille en arabe en change toute la teneur, annonce les luttes futures en Palestine.

Refusant la facilité des écrits hagiographiques ou les hypothèses scandaleuses ou journalistiques, l’auteur cherche à démêler les faits avérés des allégations du mythe.

Les derniers chapitres montrent un personnage qui fuit la gloire et recherche désespérément l’anonymat, s’engageant sous un faux nom (mais avec la protection de Churchill) comme simple soldat dans la RAF. Lawrence est un écrivain à succès qui refuse d’être publié et surtout qui néglige les droits d’auteurs qui lui permettraient de vivre confortablement. Loin de se contenter de ses mémoires il traduit  Homère.

Je n’en ai pas fini avec Lawrence : j’ai téléchargé les Sept Piliers de la Sagesse  (en VO) Je reviendai sur ce personnage avec les photos de Jordanie. 

37. Sal et retour vers l’Europe

CAP VERT 2002

la plage de Sal

Le bruissement de la canne à sucre semblable à celui d’une averse sur les feuilles de bananier a remplacé le roulis de la mer de Sao Nicolau ou de Santo Antao. Les volets d‘Alternativa peints en jaune ont une ombre bleue et l’ensemble est étrange. J’avais même cru qu’on avait peint l’envers en bleu.

pensao Alternativa

Ce vent m’inquiète un peu : est-ce que les vagues sont revenues ?
Sal, île du vent, mérite sa réputation.

Après le petit déjeuner, nous fermons les bagages en gardant le strict nécessaire pour la journée de plage qui reste avant de reprendre l’avion.

Nous nous installons devant les grands hôtels de bungalow et trouvons deux lits de plage et un parasol dans un endroit qu’on vient tout juste d’aménager. Nous sommes seules et personne ne dérangera. Nous avons toute la journée à attendre l’avion sur cette plage animée par les estivants des hôtels, c’est un peu une transition vers l’Europe. On parle plutôt Italien. Les planches à voiles évoluent devant nous faisant des poursuites, presque des régates, curieuses évolutions de Windsurf, sur une planche accroché à une sorte de cerf-volant comme celui des parapentes. Les vagues sont de taille raisonnable, il fait beau, je me baigne… Vers le soir, je pousse la promenade jusqu’au bout de la plage interminable. Des magnifiques voiliers rentrent à Santa Maria.

 

SDF?

Quand le soir tombe, nous sommes un peu SDF et dinons de yaourts sous un réverbère. Il faudra encore attendre de longues heures avant le taxi à 22h, puis dans le hall de l’aéroport. Une escale d’un avion brésilien en provenance de Fortaleza fait diversion. Les Brésiliens s’amusent beaucoup de la fresque, des escudos capverdiens. Pour nous, ils sont exotiques.

Notre avion, Amalia Rodrigues, nous conduira jusqu’à Orly. Il est presque vide, nous avons de la place pour nous installer et dormir.