Nous faisons nos adieux à Aquinino, toujours aussi souriant mais discret. Il est dans son bureau avec ses ordinateurs à l’arrière de son magasin général, du nom des Vieux Amis. On y vend vraiment de tout, de l’eau, des légumes, des fruits, mais aussi des baignoires, des rouleaux de linoléum, des sacs de ciment, de la plomberie…
Aquinino et son secrétaire sont sur Internet tandis que la femme rend la monnaie sortie d’un tiroir en bois et inscrit les menus comptes à la main sur un cahier d’écolier.
Je fais des compliments sur les plages. Une restriction, cependant. Les dépôts d’ordures sur la plage de Barril. Justement, en Octobre, les luxembourgeois ont un projet pour nettoyer tout cela. On a bien besoin du Luxembourg !
Révision des paysages, à bord d’un magnifique 4×4 de Toy (notre loueur), décoré de petits drapeaux américains. J’aime toujours repasser plusieurs fois aux endroits visités.
Transfert Sao Nicolau/Sal
Pour changer, l’avion est ponctuel. Dominique a enfin trouvé l’explication des retards à répétition : pour les liaisons inter-îles TACV ne possède que trois ATR. Si un seul est en retard, cela détraque tout le planning des vols. Comme d’habitude, nous prenons nos places à l’avant de l’avion pour avoir plus de place pour les jambes. Pour trente minutes, ce n’est pas indispensable, mais c’est amusant. Ce sont nos places attitrées !
Retour à la modernité
A l’aéroport de Sal, retour à la modernité : un autobus nous fait traverser le tarmac, peut être 100m à parcourir. Les bagages arrivent sur un tapis roulant. Sommes nous encore au Cap Vert ? Santa Maria est beaucoup plus animée que lorsque nous l’avons quittée : des boutiques ont ouvert leurs portes, tous les restaurants sont ouverts, les agences immobiliers aussi. La saison touristique bat son plein ! Il fait aussi nettement plus chaud.
Notre chambre à la Pensao Alternativa nous surprend agréablement : vaste, fraîche, grande salle de bain, mobilier simple et clean.
Vers cinq heures, je vais me baigner au ponton. Les vagues ont disparu. La première fois que nous étions venues c’était le jour de la tempête de sable.
Plage
Aujourd’hui l’eau est tiède, limpide. J’ai renoncé aux sandalettes. Quel plaisir de fouler le sable juste tiède. Il est beaucoup plus blanc et plus fin que sur les autres îles. C’est la blancheur qui est surprenante lorsqu’on revient à Sal. On est ébloui par les dunes claires. L’œil s’était habitué à l’ocres rouges et noires des basaltes.
Promenade pieds nus sur toute la longueur de la plage sur le sable mouillé. La vague vient me lécher les orteils.
Le temps est couvert. Lorsqu’on arrive au col avant Cachaço, il fait même carrément frais. La piste du Monte Gordo est très étroite. Au beau milieu devant une maison toute une foule fait du ciment. Ils aplatissent leur tas pour qu’on puisse passer au-dessus. Je me renseigne : « Est ce que la route est carrossable ? ». Une femme regarde le 4×4 et nous rassure. La montée est impressionnante, cela grimpe tout droit pendant un bon moment puis les lacets sont très serrés, des épingles à cheveux. La Suzuki est très vaillante mais comment se comportera t-elle à la descente ? Dominique n’a pas du tout confiance. Une fois engagées, nous n’avons d’ailleurs plus le choix. Nous arrivons à une maison, une grille barre la route. Il faudrait continuer à pied. Une jolie forêt d’eucalyptus et de plantes inédites aurait été bien tentante sans le soucis – que dire, l’angoisse du retour. Qui gâche tout.
D’autant plus que Suzuki refuse de repartir. Que faire ? De toute façon il faudra redescendre. Je pars quelques minutes en exploration. En d’autres circonstances j’aurais été enthousiasmée par la forêt magique avec les mousses et les lichens qui pendent, les cultures soignées dans le cratère. J’aurais cherché les caféiers censés s’y trouver. Mais dans ce matin gris et froid avec la perspective de la panne ou pire encore, je n’ai pas le cœur à herboriser.
Quand je reviens à la maison, Suzuki, refroidie, veut bien redémarrer. Nous faisons une distribution de chewing gum et de crayons aux enfants de la maison forestière, très polis.
Distribution de crayons
LA VOITURE EST MAUVAISE !!
Dominique entame la descente. Je la précède à pied pour dégager la route des passants éventuels, je baragouine « la voiture est mauvaise« . Incrédulité,- « pas de freins »-. J’explique sans doute mal, le mot portugais doit être très différent.
Dominique descend à 5 à l’heure. Les premiers virages, j’ai à peu près confiance. Si elle réussit à maintenir cette allure, cela devrait bien se passer. Ce qui m’inquiète le plus, c’est la grande ligne droite. J’ai peur que la voiture ne s’emballe.
Une vieille avec deux enfants descendent un bidon d’eau sur la tête du petit et de la lessive. Je me gare. Dominique les décharge du bidon et de la lessive. La petite fille est ravie. A un tournant, des hommes maçonnent le parapet, les femmes gâchent le ciment et surtout vont chercher l’eau pour en refaire d’autre. Elles sont 4 avec leurs seaux. J’essaie de les faire pousser, – pas moyen-, elles entourent la voiture. Je recommence : « Carro mau ! Non ! ». Celle qui porte un maillot de foot est catégorique, la voiture est très bien, pour un peu, elle la conduirait elle même. Elles ne comprennent pas pourquoi nous encombrons le passage. Je trouve la solution : « la voiture a chauffé, elle doit refroidir« . Cela, je sais le dire en Portugais, et cette explication leur convient.
Le volcan Montegordo
Heureusement, parce que Dominique, au volant, est sur le point d’exploser. La femme au maillot bleu répète doctement les explications à ses copines. Pour les freins, elle est incrédule. La Suzuki est une bonne voiture.
Dominique maintient la cadence de tortue, tous freins serrés, à pied et à main. Nous sommes presque en bas, il faut encore franchir l’obstacle du tas de ciment (on l’aplatit à nouveau). Imprévu : un âne refuse obstinément de dégager le passage. Un gamin tire de toutes ses forces sur la ficelle, l’âne coince ses sabots, rien à faire, une des maçonnes lui donne des coups de pelle (elle tape sur le harnais, pas sur l’âne). Après l’âne, je monte en voiture, la descente se termine bien mais nous avons besoin de nous refaire. Pause à la chapelle pour être au calme.
La chapelle était très belle sous le soleil, se détachant toute blanche sur le ciel bleu. Aujourd’hui, sur un fond de nuages blancs, elle ne mérite même pas la photo. De plus, il fait froid.
La galerie de l’eau
Dragonnier et >MOnte Gorgo dans le brouillard
A Faja, nous cherchons la galerie qui a permis d’apporter l’eau de la nappe phréatique captive sous une vallée fossile : un tunnel long de plus de 2km. Tout le monde connaît la « galeria » et nous en indique l’entrée près d’une entreprise de menuiserie. Le menuisier lui-même nous guide à la grille cadenassée: Rien à voir : une galerie cimentée avec une arrivée rudimentaire d’air de l’époque du forage. Un responsable parlant très bien le français nous commente l’ouvrage. En cette saison, la nappe est vide, on attend la pluie sur le Monte Gordo pour qu’elle se recharge, alors viendra le délicat travail de fermeture des vannes et de distribution de l’eau d’irrigation.
Faja : jardins
les jardins de Faja
Faja est une véritable oasis avec de jolis jardins des vergers enclos dans des murettes surmontées de claies en bambou. Les papayers sont magnifiques. Certains ont des branches verticales comme les cactus des westerns. Les bananiers sont florissants ainsi que la canne à sucre à la base presque rouge avec des anneaux rapprochés. Des rangs serrés de carottes, de courges, de salades de betteraves sont très bien entretenus, désherbés (il y a même des mauvaises herbes ici !). Je demande à une femme sur le bord de la route avec un sac de mangues où je pourrais acheter des papayes ou des bananes mûres. Elle appelle un jeune homme qui me demande un sac en plastique .
papayer
et disparaît un long moment puis revient avec deux magnifiques papayes orange pour 70$. Nous nous promenons dans les petits sentiers. On se croirait dans une oasis. Les nuages sont bas, il tombe une sorte de crachin pendant quelques minutes.
Dès que nous passons le col vers Tarrafal, plus un nuage et chaleur accablante. Nous traversons la ville et continuons vers la plage, la route traverse une sorte de plaine caillouteuse très laide, le long de la montagne, des éboulis et des pierriers sans intérêt. Le village de Barrilest formé de cubes de ciment le long de la plage. Sur une pointe, un joli petit phare et surprise ! Plus loin, un bosquet d’acacias de belle taille qui donnent une ombre agréable, une plage de sable fin à l’abri des gros rouleaux. Ce serait un endroit idéal si ce n’était une décharge avec des gravats et surtout des centaines de bouteilles de bière entassées. Pour gâcher encore plus cette plage merveilleuse, des pelleteuses viennent chercher du sable. Quel dommage ! Nous pique-niquons sur le bord de l’eau. Le vent rend la chaleur supportable. Je pourrais même me baigner si nous n’avions prévu de continuer l’exploration de la côte Ouest. Dès que nous reprenons la voiture, le paysage devient plus intéressant, les montagnes se rapprochent avec des reliefs imposants et des couleurs variées : cendres noires oxydées en surface orange à jaune, poussière jaune, roches rouges violacées, noires ou grises, mauves de loin. Certaines coulées se débitent en prismes. Un volcan aux pentes couvertes de cendres grises présente trois cratères emboîtés, extrêmement bien préservés. Seules quelques rigoles creusées témoignent de l’érosion, mais de loin le cône est très régulier. Au retour nous remarquerons que du côté de la mer un secteur est effondré.
Les petits acacias forment des buissons secs, ne serait-ce que pour eux. Je prie pour une pluie abondante le mois prochain. Ils semblent à la limite extrême de la sécheresse, seules quelques branches paraissent encore vivantes.
Praia branca perché au bout de la piste
Praia Brancaest un très joli village à mi-pente avec des maisons colorées. Comment-peut on habiter un tel désert ?
Après Praia Branca la route pavée devient piste poussiéreuse pavée seulement aux endroits critiques. Le rivage est très découpé et rocheux. La piste contourne un canyon très étroit découpant une coulée noire formant des orgues basaltiques. La piste devient alors scabreuse. Je retiens mon souffle, transpire de peur, conduis en pensée le 4×4 . Quelques fois, on ne devine plus la suite de la route. Il semble qu’elle donne directement sur le vide. Je descends pour voir s’il y a une suite à la piste. Oui, elle continue en pente raide. Dominique, cramponnée au volant, a déjà eu son compte de frayeur. Elle est forcée de continuer. On ne peut pas faire demi-tour. Que se passerait-il si un véhicule survenait en sens inverse ? Ce n’est pas si impossible que cela. Les rochers sont habités, partout on voit des pêcheurs perchés sur les rochers. Comment sont-ils arrivés ? Finalement nous trouvons un espace assez large pour faire demi tour. La falaise en face est vierge. Pas une trace de chemin côtier, seul le roc plongeant quasiment à la verticale dans l’océan. Fin du voyage ? Fin du monde ?
Falaises du bout du monde
Au retour on retient son souffle jusqu’à Praia Branca.
D’après Aquinino, il faut une heure de marche pour rejoindre cette jolie plage de sable blanc. D’après le guide Olizane, il y aurait 6 km ; d’après la carte, encore plus.
La piste traverse la plaine caillouteuse hérissée de petits monticules (des coulées) et creusée d’entailles (canyons). L’environnement immédiat est assez laid et surtout ennuyeux, toujours des scories bulleuses de tailles diverses sans intérêt. Heureusement à l’arrière plan le Monte Gordo domine le plateau formé d’épaisses coulées avec un alignement de petits cônes.
Les nuages cachent le plus souvent le soleil ce qui permet de marcher dans une relative fraîcheur. La suite de la piste est cachée par des chicots rocheux. On a du mal à savoir par où passer. Je crois qu’un canyon est caché derrière le rocher et je prends la piste qui le contournerait. Dominique m’emboîte le pas. Erreur ! Nous avons perdu un bon quart d’heure. Après avoir marché plus d’une heure, on ne voit rien qui indiquerait une plage de sable. La mer est à quelques centaines de mètres plus bas, bleue, calme. On entend parfois se fracasser une vague sur une avancée rocheuse. Elle est trop loin pour nous rafraîchir. La piste se déroule devant nous dans ce désert. Seule distraction, des oiseaux, genre de rapaces ressemblant à des vautours aux plumes marron. Enfin, le sentier bifurque à 90° vers l’océan. Fausse joie, pas de plage !
La plus belle plage du Cap vert
Récompense après deux heures de marche : la plus belle plage du Cap vert se mérite ! Sable blanc, gerbe de prismes basaltiques qui ne sont pas sagement alignés en orgues mais disposés en bouquets formant des arches, des sortes de grottes. Le sable fin, doux au pied, blanc contraste avec la roche noire, donne à l’eau transparente des teintes turquoise. La mer est extrêmement calme. Même tout près du bord, je vois les grains de sable qui roulent sur le fond au gré du flux et du reflux. Avec le masque de plongée, c’est une immersion merveilleuse : être dans le bleu, voir le soleil faire ses jeux de lumière sur le fond, les petites rides de sable. A un moment, je nage au milieu d’un banc de poissons.
Au retour, les nuages se sont dissipés et il reste encore deux heures de marche sur les cailloux. Après la baignade je me suis bien rafraîchie mais pour Dominique c’est un calvaire.
Nous rentrons à 2h. Enfin de l’eau glacée. On déjeune de yaourts et moi de fruits.
Dernière baignade à Tarafal
Dernière baignade sur la plage de Tarrafal. Pas de vagues aujourd’hui, dommage, c’était rigolo.
Dernière soirée sur la terrasse. L’atmosphère est plus brumeuse. On ne distingue pas les îlots comme les autres soirs. Le soleil, grosse boule jaune, nous donne un espoir de coucher de soleil mais comme tous les soirs il est englouti dans la brume. Nous regardons les gens déambuler sur la promenade le long du port. Des enfants ont fabriqué un radeau en bidons tout à fait perfectionné avec des rames en tasseaux de bois et couvercles de pots de peinture. La surface de l’eau prend des couleurs changeantes dorée, puis rose mauve enfin argenté. Curieusement, ici, les différences sociales sont plus visibles. Les femmes, qui vendent le poisson, passent avec leurs fichus, leurs pagnes enroulés portant des seaux noirs et des bassines. Des enfants misérables et poussiéreux jouent à la plage. En revanche des groupes bien habillés en tennis neuves, des hommes en pantalons repassés chemise et mocassins passent avec des serviettes d’hommes d’affaire. Certains enfants grassouillets et habillés en Nike et en Gap parlent américain.
Sefarad veut dire Espagne en hébreu. « séfarade » qualifie la population juive originaire d’Espagne, avant l’Expulsion de 1492, orientale, turque, bulgare, italienne…. ayant gardé souvent la langue espagnole, et parfois la clé de la maison espagnole abandonnée il y a des siècles. L’étude de ces juifs séfarades n’est pas, l’objet principal de ce livre, même si l’auteur s’y réfère d’abondance.
Sefarad est aussi le titre de la dernière nouvelle, ou la dernière histoire de ce gros livre (512p) qui compile 17 récits, qui pourraient se lire indépendamment les uns des autres comme des nouvelles, mais où des personnages récurrents font le lien, un peu comme dans un roman choral. L’éditeur (ou l’auteur) ne nous guide pas en sous-titrant, nouvelles, roman, récit, témoignages ou essai qui conviendraient tous à cet ouvrage. J’ai été déroutée pendant la première centaine de pages, cherchant à identifier un narrateur, ou des parentés entre les personnages qui disent je en différents lieux, différentes époques. Puis j’ai décidé de me laisser porter par chaque histoire.
Incipit
« Nous avons fait notre vie loin de notre petite ville, mais nous ne nous habituons pas à en être absents, et nous aimons cultiver la nostalgie…. »
Sefarad est un livre de nostalgies, d’absences, d’exils, c’est un livre de voyages:
« parfois, au cours d’un voyage, on écoute ou l’on raconte des histoires de voyages. Il semble du fait qu’on est parti, le souvenir de voyages antérieurs devient plus vif, il semble aussi que l’on apprécie mieux, que l’on prend plus de plaisir aux histoires qu’on vous raconte, parenthèse de mots précieux à l’intérieur de l’autre parenthèse temporelle du voyage. »
Dans chaque récit, il y a un train, un départ et souvent un exil.
De nombreux personnages sont connus, Kafka ou Primo Levi, Baruch Spinoza pour les plus célèbres, Walter Benjamin ou Margarete Buber-Neuman qui a rencontré Milena Jesenska, l’ancienne fiancée de Kafka,dans les camps nazis après avoir été déportée au Goulag. Je n’avais jamais entendu parler de Münzenberg et Jean Amery . M. Salama, commerçant de Budapest, exilé à Tanger, sauvé des nazis par l’identité espagnole accordée à certains Juifs Séfarades qui en ont fait la demande, mais qui n’a pu être étendue aux communautés de Rhodes ou de Salonique, exterminées, est-il un personnage de fiction?
Page 182, il me semble que l’auteur décrit sa méthode de travail :
« j’ai pressenti au long de deux ou trois années, la tentation, la possibilité d’un roman, j’ai imaginé des situations et des lieux comme des photographies séparées, ou comme ces photogrammes tirés des films qu’on exposait autrefois, assemblés sur de grandes affiches à la porte des cinémas[….]Chacun d’eux acquérait une précieuse qualité de mystère, se juxtaposant aux autres, sans ordre. Ils s’éclairaient l’un l’autre par des connexions multiples et instantanées que je pouvais défaire ou modifier à ma guise et dans lesquelles aucune image n’annulait les autres ou ne parvenait à s’imposer sur elles, ne perdait au profit de l’ensemble sa singularité irréductible »
p.185, il poursuit :
« Mais j’ai la paresse d’inventer, je n’ai pas envie de m’abaisser à une falsification de littérature inévitablement rapiécée. Les faits réels dessinent des trames inattendues auxquelles la fictions ne peut pas se risquer…. »
Ce livre est comme un puzzle racontant l’Histoire du XXème siècle traversée par le fascisme et le stalinisme qui se sont combattus justement pendant la Guerre Civile. Ce point de vue espagnol donne une cohérence unique. La rencontre des communistes espagnols qui trouvèrent – croyaient-ils – refuge à Moscou, avec d’autres dirigeants comme Münzenberg ou Neumann dénonce les crimes du stalinisme et la perversité du Pacte Germano-soviétique. L’histoire du jeune espagnol combattant sous l’uniforme nazi de la légion Azul qui rencontre à Narva (Estonie) une colonne de déportés juifs est poignante. Autre versant de la Guerre d’Espagne.
Vie quotidienne dans une petite ville – jamais nommée – de modestes artisans, sous le franquisme (implicite, pas expliqué), petites gens dans des quartiers misérables de Madrid.
Par touches impressionnistes, l’histoire, grande et petite est imprégnée de ces nostalgies et des exils, jusqu’à New York, au musée Hispanique où attend la petite fille peinte par Velazquez qui clôt l’ouvrage.
Il faut se laisser emporter dans ce long voyage littéraire.
Nous avons loué un magnifique 4×4 noir avec une capote rose. Cela change la vie !
Rando de la chapelle à Ribeira Brava
A la sortie de Tarrafal, la route monte dans le désert puis traverse des champs en altitude. Un vaste parking permet d’admirer toute l’île. On voit la mer de tous les côtés et aussi le sentier qui va de la chapelle Nossa Senhora da Monte à Agua das Pataspuis à Ribeira Brava, la capitale de Sao Nicolau. Des petits lacets descendent au flanc de la colline, puis des maisons dispersées dans une ribeira cultivée. Dominique me laisse au village de Cachaço et fera un grand détour de 35 km par la route pour me retrouver en bas à l’entrée de Vila Ribeira Brava.
le sentier de Ribeira Brava
Je monte à la chapelle blanche bordée d’un liseré rouge sur une place fleurie. Au village, des ânes stationnent devant la fontaine publique. Dans un grand jardin irrigué poussent des fraisiers, des betteraves et des salades,. A côté il y a également une pépinière de petits arbres dans des pots en plastique. Le sentier muletier est bien pavé mais très raide. Il est même pavé avec beaucoup de soin, on voit des dessins, des croisillons et j’arrive vite à des maisons très fleuries. Aboiements. J’ai un peu peur, mais les chiens restent chez eux.
Dominique m’attend à Agua das Patas. La jolie Jeep ne freine pas très bien, c’est plutôt gênant en montagne. Peut-être les petits pavés glissants y sont ils pour quelque chose. Heureusement il n’y a pratiquement pas de circulation à cette heure ci.
Ici on ne passe pas inaperçues!
Dominique a rencontré une dame qui a attendu l’avion avec nous à Sao Vicente et qui lui a parlé. Nous la retrouvons et j’essaie de faire la conversation avec mon petit portugais. Je complimente le paysage. Elle se désole : « c’est sec, si vous étiez venues après la pluie cela aurait été plus joli, tout vert. Les champs sont prêts, on y sème quelque chose. »
La petite capitale de la petite île
Ribeira brava la capitale de l’Ile
Ribeira Brava est une très jolie ville au creux de la vallée avec ses rues étroites bordées de vieilles maisons peintes à étages aux fenêtres ornées de ferronneries compliquées. Les places fleuries sont très fraîches. Nous nous installons dans un jardin public sous des flamboyants et de jacarandas. Il y fait très bon.
Visite de la ville, de la vieille cathédrale blanche, l’intérieur est peint en blanc, bleu et doré. Dans la rue principale, les boutiques anciennes sont nombreuses. Les produits d’entretien trônent dans leurs belles vitrines de bois. Certaines, comme à Mindelo, sont tenues par des chinois. Nous faisons le tour par le haut de la ville pour voir les minuscules jardins contenant parfois un seul plant de canne, un plant de coton ou un papayer.
la place fleurie de Ribeira Brava
Route en corniche
Nous prenons ensuite la direction de l’Est et suivons la route en corniche le long de la mer qualifiée de fantastique par le Petit Futé. Nous ne sommes pas déçues. L’eau transparente a des couleurs magnifiques, les vagues font un liseré blanc signalant des rochers invisibles. Du côté de la montagne, les coulées empilées donnent des formes étranges, mur vertical d’une cheminée qui traverse les couches horizontales, grottes, arches, blocs éboulés…
Sur la gauche, deux villages de cubes de parpaings peu photogéniques.
Juncalinho
Au bout de la route, le village perdu de Juncalinhoest flanqué de deux cônes très bien conservés, l’un d’eux porte un cratère couronné de roches noires. Juncalinhon’est pas encore défiguré par le parpaing. Ses maisons sont encore en pierre couvertes de chaumes, les rues poussiéreuses, certaines maisons plus modernes sont peintes surtout en jaune. L’électrification est arrivée mais le village est tranquille. Un homme rentre sa vache et ses deux veaux. Partout, des chèvres.
Pique nique
Juncalinho
Nous prenons une piste pour trouver un coin pique-nique. Cette piste est assez mauvaise, pavée seulement par endroits, le plus souvent caillouteuse et poussiéreuse. Curieusement, il y a pas mal d’arbres. Il nous faut de l’ombre mais aussi un endroit pour garer la voiture. L’endroit a l’air complètement désert mais nous rencontrons toute une troupe avec des bêches et du fourrage sur la tête. Il y a des champs que nous n’avions pas remarqués !
Au retour, nous prenons une autre piste vers la mer : au bout trois barques hissées sur des , pêchent avec une canne de bambou, un fil et un hameçon. La pêche est miraculeuse, à peine a t-il lancé, il remonte un nouveau poisson frétillant. Je me mouille les pieds sans aller plus loin. Dominique demande au père des gamins s’il y a une plage dans les environs : » oui, Prahina après Vila Ribeira Brava« .
Baignade à Prahina
Prahina
La piste qui descend à Prahina est vraiment très raide. Je ne m’y serais pas engagée. Au retour je serais vraiment très surprise de voir comment la Suzuki grimpe bien. Dans une petite anse, une estrade est installée sur la plage. Au Cap vert, il y a toujours des estrades pour des spectacles musicaux sur les plages fréquentées. Les Capverdiens ne sont pas des fanatiques des baignades mais ce sont des fervents des fêtes sur les plages.
Au lieu d’un gros rouleau menaçant, les vagues arrivent en sept ou huit rangs. Interférent peut-être à se multiplier ainsi, elles se neutralisent et perdent de leur violence,. Elles se brisent avec une belle écume blanche sans que je me sente aspirée par le reflux. Ni giflée par le mur liquide. Il y a quelques baigneurs. Prudente, je reste quand même près du bord. Je joue avec les vagues d’eau presque tiède et limpide. Elles n’ont pas assez de vigueur pour soulever le sable, l’eau est donc parfaitement transparente.
Sur la route du retour, je découvre des villages très verts, de la canne à sucre, quelques cocotiers, de papayers, des jardins. Quelques chaumières basses sont du plus bel effet.
Dragonnier
Dragonnier
A Faja, je photographie un dragonnier, mais la circulation s’intensifie. Trois aluguers passent.
Nous terminons la soirée sur la terrasse. Pendant que le soleil se couche nous regardons le manège des barques et des petits chalutiers qui rentrent moins d’une heure après être sortis. Une barque pose ses filets près de la plage. Les barques ne sont pas hissées sur la plage comme ailleurs. Elles dansent dans l’eau dans la belle lumière du soir qui tombe.
Le dîner d’Alice est infect. Dommage, la journée avait été très réussie.
L’affiche avec Le Semeur de Van Gogh, seule m’aurait fait traverser Paris. Le Semeur est il une peinture mystique? Semeur de vérité, le soleil lui fait comme une auréole. Un autre Van Gogh : La nuit étoilée sur le Rhône est une autre star de l’exposition.
Pour le plaisir, j’ai donc mis en avant ces deux tableaux que j’adore. Que de stars dans cette exposition! Que de vedettes qui valent à elles seules le déplacement. MonetetGauguinsont à leur place à Orsay, les Nabis aussi. Cette exposition organisée en collaboration avec les canadiens de Toronto nous fait découvrir des horizons américains ou nordiques qui m’étais inconnus. La Croix de O’Keefes’inscrit dans ce parcours mystique étoilé.
En conclusion de l’Exposition toute une salle Cosmos nous emporte dans le vide étoilé avec entre autres Wenzel Hablik
Wensen Habllik
Vous pourriez penser que cette exposition est bien nocturne! pas du tout
Monet : meule
la première partie intitulée Contemplation joue avec les variations de la lumière du soleil avec trois séries de Monet : Meules, Peupliers et Cathédrales et Nymphéas où le sujet disparaît devant la couleur. La spiritualité – puisque c’est le sujet de l’exposition – n’apparaît pas d’évidence, plutôt la contemplation. Jolie découverte que ces îles d’or de Cross !
Cross : les îles d’or
Merveilleux jardin de Klimt et panneau décoratif dans les teintes dorées, oranges, d’Odilon Redon
Klimt : rosiers sous les arbres.
la spiritualité et la transcendance sont plus assumées chez Kandinsky et Mondrian
Le Bois sacré et Le Divin dans la Nature
Gauguin : la vision après le Sermon : lutte de Jacob avec l’Ange
Ces salles rassemblent les nabis et l‘école de Pont-Aven. La religion est un aspectcentral de cette peinture. En plus desGauguin, Maurice Denis et Emile Bernard
Maurice Denis
J’ai beaucoup aimé un grand tableau de Jan Verkade ( artiste que je découvre ici), les arbres forment dans les deux tableaux comme des piliers entre la terre et le ciel.
Verkade – paysage décoratif
Autre découverte que Mogens Ballin.
Une école italienne de Divisionnistes est aussi intéressante. La conclusion de ce sujet religieux est peut être apportée par Munch avec la Danse sur le Rivage qui m’est apparue plus païenne.
Quittons le Bois sacré pour l’Idée du Nord
Je pars en terres inconnues, canadiennes et scandinaves, remarque Carr et Hartley, Varley et Harris. Le tableau spectaculaire de Jens Ferdinand Willumsen me fait un peu penser à Hodler dans le traitement des reliefs . C’est un très grand tableau (interdit à la photo sur place je n’ai trouvé que ce timbre poste sur Internet)
Varley se trouve dans une autre section Paysages dévastés
Dans la salle des paysages dévasté je remarque un très beau Egon Schiele
Egon Schiele paysage aux corbeaux (1911)
Je rajouterai bien le Chagall Au dessus de Vitebsk
Tarrafal est éveillée depuis un bon moment. Des groupes d’hommes passent en bavardant très fort. Quelques femmes portent des bassines. Je contemple, l’usine de l’autre côté de la route : des murs jaunes enferment une aire carrée de ciment légèrement en pente, au fond un bâtiment bas aveugle couvert de tôle surmonté par une imposante cheminée. Quelques objets : deux filets, un chaudron. Sur l’aire, hier, des ouvriers ont répandu et ratissé ce qui me paraît être du gravier. A quoi cela peut il bien servir ? Aquinino lèvera peut être ce mystère ?
De quoi vivent ces gens?
D’ailleurs, toute l’agglomération de Tarrafal me renvoie à cette question. De quoi vivent ces gens ? Evidemment de la pêche, je ne vois aucune industrie et nous sommes en plein désert. Mais ce n’est pas si évident si je compare le nombre de barques avec celui des autres ports que nous avons visités, à Tarrafal de Santiago surtout où nous avions eu tant de plaisir à aller voir le retour des pêcheurs.
La ville s’agrandit, il semble qu’on cultive ici les maisons qui poussent anarchiquement. Certaines sont fort imposantes et plutôt bien construites. Est ce l’argent de l’émigration américaine ? Dans son bureau du Magasin Général, Aquinino affiche ses diplômes de Los Angeles,. Chez Alice? où j’ai acheté du poisson et du riz hier soir, un jeune, pas du tout surpris de mon exigence de « take away» m’a répondu en parfait américain. Le bâtiment peut il être considéré comme la plus grande industrie locale ?
En tout cas, il faut bien loger ces gens et cette foule d’enfants.
petit déjeuner américain
Le petit déjeuner est servi dans la cuisine de l’appartement d’Aquinino, vaste cuisine américaine, made in USA avec tout l’équipement moderne, micro onde, robots ménagers, batterie de cuisine, au grand complet, décor de bon goût, la femme d’Aquinino très discrète, ne parlant que le Portugais, nous laisse en compagnie d’un autre locataire, sur la table papaye et gâteau.
Courses
La banque est une école de patience, elle ouvre à 8heures, mais à 8h30 tout le monde est assis à attendre que les employés s’installent.
Nous avons un magnifique 4×4 noir avec une capote rose, cela change la vie !
Par un vendredi matin brumeux et encore bien hivernal nous sommes parvenues à Cernay-la-Ville et avons suivi la D24 pour rejoindre le départ de la Balade Les Moulins des Vaux de Cernay.Partant de l’Abbaye des Vaux de Cernay, le sentier suit le ruisseau jusqu’aux moulins (ou leurs traces). J’ai imprimé le descriptif de la randonnée. Le départ est sur le petit parking à l’arrière du mur enfermant l‘Abbaye.
Abbaye des Vaux de Cernay
Même par temps gris (surtout avec la brume) l’entrée sous un porche moussu est très mystérieuse, on se croirait en Irlande ou en Ecosse. Une chaussée grise pavée descend entre de vieux murs de meulières avec une poivrière au dôme arrondi et aux maisons basses avec des chiens assis sortant du toit. C’est l’Hôtel des Haras
Je passe une poterne et arrive dans un parc occupé par un vaste étang, de très beaux arbres et des constructions dispersées. Plus loin, une sorte de château de meulière, des dépendances : l’Hôtellerie.
L’abbaye fondée par les moines en 1118 puis construite en pierre en 1145 et rattachée à l’ordre de Cîteaux. On raconte que Saint Louis conçu un héritier après avoir bu l’eau de la fontaine miraculeuse. On construisit à la Renaissance un palais abbatial dont il ne reste que peu de vestige. Il restait encore une douzaine de moines à la Révolution. En1816une charge explosive posée dans le chœur de l’abbatiale la détruisit afin de partager les pierres de construction entre les différents acquéreurs.
Plus tard Charlotte de Rothschild acheta et restaura l’abbaye sous la direction de Hénard. Elève de Chopin, érudite, elle était entourée de peintres et de musiciens célèbres. Bizet et Saint Saëns y firent jouer leurs oeuvres.
Depuis 1988, le domaine devient un hôtel du groupe « Les Hôtes Particuliers ». un restaurant propose :même un brunch le dimanche pour 49€.
Le week end l’entrée est payante mais en ce vendredi hivernal, nous sommes très bien accueillies. On nous propose de visiter deux « petits » salons, que je qualifierait plutôt de très vastes.Un feu de bois brûle doucement dans la grande cheminée (4 grosses bûches de chêne sont disposes en carré) . Nous aurions pu nous asseoir pur boire un verre ou un café.
Le parc de 65 hectares est en visite libre la semaine. Le dimanche il y a une visite guidée avec une conférencière (12€ ou 20€ avec une boisson et une pâtisserie).
L’ancien cloître est occupé par les tables de la terrasse.Une belle rosace subsiste dans les ruines de l’abbatiale avec un escalier romantique. La salle des moines est très restaurée; Des panneaux détaillent les ordres monastiques. Autour d’une fontaine « miraculeuse » les bassins ronds sont mis en valeur par de la bruyère très colorée. Il y a aussi un Jardin des simples.
Je décide de faire le tour de l’étang en partant derrière la Gloriette Rothschild, qui ressemble à un pavillon chinois. Après un vieux pont le chemin des Moines va au bout de l’étang où le ruisseau se perd en nombreux bras sous un bois humide. Un peu plus haut une petite chapelle du XVIIème est perchée.
Après le pique-nique dans la voiture je renonce à la promenade des moulins, le chemin des moines était déjà bien trempé, je n’ose penser au sentier le long du rû.
Château de la Madeleine
Passant par Cernay-la ville, nous arrivons à Chevreuse qui est une petite ville plutôt qu’un village. Le château médiéval domine la ville sur les hauteurs. Construit au 11ème siècle par Guy de Montlhery de Chevreuse, il était alors protégé par une palissade en bis. L’aula, la basse-cour et la haute-cour furent ajoutées au 12ème siècle, puis au 14ème siècle Pierre de chevreuse entreprit la reconstruction de l’enceinte nord avec ses trois tours.
La Maison du Parc Naturel Régional de la Vallée de Chevreuse est logée dans l’enceinte du château. Nous y avons trouvé de nombreux dépliants et explications pour d’autres randonnées et visites. Attention en semaine, elle n’ouvre qu’à 14 heures!
Tarrafalsemble être au bout du monde,. Ville sans queue ni tête, une promenade le long du port, une rue large bordée d’acacias perpendiculairement à la mer allant jusqu’à de la mer à l’église. Ailleurs, les maisons sont construites n’importe comment sans former des rues bien définies. Procession interminable des enfants qui portent des bidons et des seaux allant aux fontaines publiques.
Nous cherchons une plage vers le nord. Marchons environ deux kilomètres pour arriver sur une magnifique plage déserte de sable noir réputé guérir les problèmes articulaires. Un seul rouleau, véritable mur liquide vert, lisse, s’enroule avant de venir se fracasser, très impressionnant d’autant plus que le reflux est très fort. Je me cramponne en enfonçant mes pieds dans le sable mouillé pour ne pas perdre l’équilibre. Quand la vague se retire, l’eau m’arrive tout juste au dessus des chevilles . C’est très agréable de sentir ce sable mou sous mes pieds.
Le rouleau
En ouvrant la porte sur le couloir pour faire un courant d’air et avec l’aide du ventilo, il fait presque frais . La veille nous avions été surprises par la chaleur pour la première fois au Cap Vert
Jeux d’enfants sur la plage
Surf de bidons
La plage de Tarrafal, ce matin, était vide. Elle nous avait paru sale et triste. A quatre heures de l’après midi elle est remplie de gamins qui ont bricolé des planches de surf très ingénieusement : une dizaine de bidons rectangulaires vides dans un sac de maïs en plastique, une ficelle et deux bâtons forment un flotteur rigide . De belles vagues déferlent avec une belle écume blanche sur laquelle ils se laissent glisser. Les vagues sont moins puissantes et je suis en confiance avec tous les enfants. Je m’amuse beaucoup à sauter dans les vagues. Sur le sable, le spectacle est partout : les surfers, les petits avec ou sans slip noirs se roulent dans le sable noir . Certains jouent au cerceau avec des jantes de roues de vélo. L’un d’eux est très rigolo avec son slip qui lui tombe aux genoux, tout couvert de sable, et sa bouille effrontée. Vers six heures les adultes arrivent, des jeux de volley s’organisent. A un moment tous les occupants de la plage convergent vers une bagarre, on sépare les combattants.
l’enfant au ceerceau
Nous rentrons pour nous installer sur la terrasse en compagnie du chien Orféo attendre que le soleil se couche sur les îlots. Au dernier moment la boule jaune avant de virer au rose disparaît dans la brume . L habitants ont la promenade sur la route qui longe la mer. Les bateaux rentrent au port, les pêcheurs sur leurs petites barques . Des filles font une partie de foot.
Une centaine de voyageurs emerge à Cergy le Haut au terminus de la ligne du RER A, dont une bonne dizaine d’habitants de Cergy désireux de nous faire partager leur expérience…
Ce qui reste de Mirapolis
Notre premier étape sera Mirapolis ou ce qu’il reste du parc d’attraction qui n’a fonctionné que 4 ans (1987-1991) détrôné par Disney, mais dont la tête du Gargantua est restée encore sur place après la fermeture du parc. Quelques éléphants décorent encore les grilles de la friche.La nature retrouve ses droits et la végétation conquièrent l’espace bétonné.
Les voies rapides, l’autoroute A15 et les lignes à haute tension encerclent la ville nouvelle de Cergy aussi bien que les remparts des villes médiévales. Une zone labourée par les pneus de gros engins et des plaques de plastique concassées témoignent d’un camp nomade détruit. Au delà : la campagne du Vexin. Les agriculteurs ont fait de la résistance pour que la ville nouvelle ne s’étende plus, un peu plus loin commence le Parc Régional du Vexin.
Nous retournons vers Cergy par des quartiers construits mais aérés de larges routes plantées et même d’une belle coulée verte qu’on n’empruntera pas à mon grand regret. On passe devant la mosquée qui a un vrai minaret (pas comme à Créteil où un pignon symbolique le remplace). Les rues ont des noms d’oiseaux aquatiques, hérons ou chevalier-gambette. On a fait des efforts pour varier les constructions et éviter les barres et tours. Certaines résidences d’apparence assez modeste sont enfermées par des grilles qui barrent des allées avec digicodes- pas très convivial cet aspect sécuritaire!la promenade sous le soleil nus emmène à la gare de Saint Christophe (RER A) qui porte l’horloge emblématique (1985) .
Cergy le marché et le beffroi
En face, le marché occupe la rue qui passe sous le beffroi de briques aux curieuses avancées , dans l’axe la tour de Karavan. Marché de fringues exclusivement dans cette rue amis avec une densité et une coloration africaine. Si mon porte-monnaie n’avait pas été dans mon sac à dos je me serais laissé tenter par un foulard à 2€, pas par les soutien-gorge fluos ni par les guêpières criardes rouge , il y a même d’authentiques robes africaines en wax multicolores. Une dame portant chapeau est tellement élégante que je lui demande la permission de tirer son portrait, « volontiers mais pas sur Internet! » accepte-t-elle.
Souk à Versaille? Dakar cheze bofill?
Sans transition nous arrivons de Dakar à Versailles – ou plutôt sur la place monumentale de Bofill – demi-cercle de bâtiments blancs avec frontons néoclassiques et colonnes – moins spectaculaires que les Palais d’Abraxas de Noisy-le-Grand mais aussi voué au logement. Ce qui frappe, après l’animation du marché, c’est le vide de la place. La pelouse très verte, interdite. Pas d’enfants pour jouer ni d’adolescents pour tenir les murs. Le vide. les seuls êtres animés sont les voyageurs métropolitains qui se sont donné rendez-vous après 20 minutes de flânerie (et d’achats) dans le marché.
Bofill et Karavan
La colonne de Karavan se reflète fractionnée dans les miroirs des fenêtres, penchée de 1.5° rappelant la Tour de Pise(ce n’est pas spectaculaire) . Cette Tour-Belvédère est la première station de l‘Axe Majeur qui en comporte 12 et qui a été construit en plus de 30 ans. Nous parcourons l’axe en passant par le verger des Impressionnistes ou 295 pommiers en espaliers rappellent les tableaux de Camille Pissaro. Nous traversons l’Esplanade de terre battue, vide et immense pour parvenir aux 12 colonnes cylindriques. La vue sur la Défense, le Mont Valérien, et la forêt de Montmorency forme un panorama magnifique. Le Jardin des Droits de l’Homme dédié à Mendès-France fut inauguré par le Président Mitterrand. en 1990. Il domine le bassin, une passerelle surmontée d’arceaux carrés rouges continue l’axe majeur. L’île et la pyramide sont aussi des stations de l’Axe majeur. Le rayon Laser est émis de la tour.
L’Axe Majeur : l’étang, la pyramide et la passerelle
Nous pique-niquons sur la plateforme ronde de l‘Amphithéâtre. Le triporteur de Saveurs des quartiers apporte les desserts et le café. Le soleil brille, la journée est printanière. Les péniches croisent sur l’Oise.
les douze colonnes et la vue sur la Deféense
Nous traversons les prairies herbues qui longent l’étang rond et arrivons presque à la base nautique. Un pont traverse la rivière. on aborde le quartier du Port Cergy qui est une marina touristique actuellement arrivée saturation, un agrandissement est planifié. Terrasses de restaurants sur les quais sous le soleil, on se croirait en bord de mer. Les facades sont avenantes colorées de pastel, fausse Normandie….air de vacances.
L’Oise : Port- Cergy
Changement d »ambiance : un authentique village avec uneéglise ancienne Saint Christophe(1130-1140). Le porche Renaissance est tout à fait étonnant, il s’ouvre sur la cour : l’extension Renaissance a été interrompue pendant les Guerres de Religion et l’église commencée est restée inachevée.
Saint Christophe : porche Renaissance
Nous retrouvons un peu plus loin la ville nouvelle avec des bâtiments universitaires : une Ecole de chimie et plus loin l’Essec. Cergy est une ville universitaire. Nous traversons ensuite un quartier de briques, immeubles de taille raisonnable et maisons mitoyennes avec jardinet, en duplex rappelant de loin les corons. La variété des styles et des matériaux rend la balade plus amusante.
la Prefecture (1977)avec sa structure de pyramide inversée à la base est précédée par un parc très agréable et animé par cette belle journée de familles qui flânent. A l’arrière on découvre des bâtiments administratifs, une médiathèque verte , un parvis on arrive au Centre Commercial des 3 Fontaines (1973) qui est la première étape de la ville nouvelle. A proximité se trouve encore une gare du RER A. Les animateurs de la Randonnée proposent de monter sur les toits. Espérant une belle vue, je les suis avec enthousiasme. Nous traversons les allées commerçantes du Centre commercial. Il n’y a pas de voyage métropolitain sans Centre commercial. sans doute est-ce la constante de l’urbanisme contemporain. On peut imaginer une échelle de prospérité : luxe à Parly2, dégradé puis fermé aux Flannades de Sarcelles, ici 3 Fontaines, c’est rénové, actif mais sans prétention. C’est notre dernière étape à Cergy.
Cergy 3 Fontaine : tour des Jeunes mariés
Après avoir passé un quartier administratif : Tribunal de Commerce, gendarmerie, très ennuyeux; et un chantier sur une ancienne caserne où on construit du logement social peu intéressant, nous arrivons à Pontoise.
Pontoise, c’est une tout autre histoire! On franchit la Via romaine – la chaussée Jules César- qui relie Lutèce à Rouen, encore visible sur des photos aérienne dans le Vexin. Evidemment il ne faut pas s’attendre à voir les grosses dalles ni les bornes miliaires, mais cela me fait toujours rêver.
Au détour d’une petite rue, on découvre une curieuse tour ronde qui abritait un puits: la Fontaine d’amour avec sa légende des amants maudits. Encore du rêve. Décidément je dois vieillir et les villes anciennes m’attirent davantage que les constructions contemporaines. On n’aura pas le temps de visiter les grandes églises anciennes de Pontoise mais on remarque les portes de bois du Carmel : « sonner et attendre » encore un couvent! Je remarque les petites boutiques même si elles sont plutôt occupées par des kebabs, des agences immobilières ou d’intérim que par du petit commerce.
J’ai plaisir à me tordre les pieds sur les rues étroites pavées qui conduisent bien raide au belvédère du Musée de Pontoise. Photo de l’Oise et de ses ponts! Un coup d’oeil au jardin des simples, en fin de journée je fatigue.
Pontoise : un pont sur l’ Oise
Tellement que je quitte le groupe pour trouver la gare. Malheureusement à la Gare de Pontoise, il n’y a pas de RER A tous les 20 minutes comme à Cergy mais la ligne C qui tortille, et les H et J qui vont respectivement à la Gare du Nord ou à Saint Lazare. Calvaire des trains de banlieue : les retards! Je passe du quai 13 au quai 17 pour revenir au 13 puis au 14, les hauts-parleurs annoncent ordres et contre-ordres, pannes d’alimentation, train retardé….je renonce à la correspondance à Saint Denis avec le RER D qui est souvent erratique pour rentrer par la Gare du Nord et le métro après plus de 2 heures.