J’ai envie d’offrir ce livre à toutes mes élèves kurdes que j’ai rencontrées au collège.
J’ai envie de faire lire l’histoire de Nujeen à tous ceux qui ne sont pas persuadés que les migrants, les réfugiés, les Syriens (ou Irakiens, ou Afghans….) ne sont pas capables d’offrir plus à leur pays d’accueil que leur simple force de travail.
Leçon de vie aussi, que celle de la jeune fille du 5ème étage d’Alep. Clouée par son handicap à la maison, elle a été capable non seulement de parcourir tout le périple d’Alep à la Rhénanie sur son fauteuil roulant. Elle a vécu cette Odyssée non comme une épreuve mais comme une aventure. Aventure pleine de premières fois excitantes.
Nujeen à cause de son handicap, n’a pas pu aller à l’école, n’a pas pu nouer d’amitié avec des enfants de son âge, mais elle a tiré profit de ses heures passées à regarder un feuilleton télévisé pour apprendre l’Anglais seule et cette compétence la rendra, non seulement utile comme traductrice pour sa famille et son entourage, mais même célèbre (je ne spoile pas, cela ressemble à un conte de fées). De sa solitude, et de son éloignement des enfants, elle a accumulé, grâce à Internet, une culture étonnante. Culture hétéroclite, dispersée mais tellement étendue!
Comment ne pas imaginer que Nujeen s’adaptera en Allemagne et qu’elle fera de sa vie quelque chose de bien!
J’ai été scotchée par l’Amie Prodigieuse et sa suiteLe Nouveau nomet j’attends lasuite! QuandEimelle a proposé le 25 Octobre comme jour dédié à Elena Ferrante j’ai téléchargé derechef Le Jour de mon abandon sans trop me préoccuper de cet abandon et du contenu mortifère possible. J’ai fait confiance au talent de l’auteur qui m’avait enchantée précédemment. Et puis, j’ai laissé filer le 25 Octobre, entre deux voyages, la Masse Critique, on oublie parfois les engagements aux Challenges….
Donc, le 25, j’ai démarré Le Jour de mon abandon en toute urgence et en toute confiance! Et je l’ai fini le 27 avec soulagement. Non que mon retard m’ait empêché de dormir, mais plutôt parce que cette lecture est une épreuve. Il relate la rupture du mariage d’Olga 38 ans, et de Mario qui lui a annoncé sans aucun préambule qu’il la quittait.
Olga est d’abord incrédule, elle cherche les raison de cet abandon. Puis, comprenant que la situation est irrémédiable, elle sombre dans un naufrage pénible à suivre.
Elena Ferrante ne nous épargne aucun détail de la vie quotidienne d’Olga, ni la promenade du chien, qui était l’apanage du mari, ni la lessive qu’elle trie, les enfants à l’école….tout ce qui fait la vie d’une ménagère de bientôt 40 ans, qui a oublié ses rêves d’écriture, qui a laissé tombé un travail dans une maison d’édition plutôt gratifiant, qui était soucieuse de son élégance pour plaire à Mario et qui se retrouve flouée de tout.
Olga n’est guère sympathique, je n’arrive pas à m’identifier à elle, ses réactions m’agacent. Comme toujours, l’écriture d’Elena Ferrante déborde, l’analyse fouille dans la psychologie et dissèque les moindres réactions du personnage. Autant Lila et Elena sont pleines de vie, des battantes, complexes,étonnantes autant Olga est passive devant son destin de femme-mariée-mère-de-famille-abandonnée-par-un mari-atteint-du-démon-de midi.
Le talent de l’auteur n’est pas en défaut. Si le jour de son abandon est finalement assez terne, c’est plus tard que la tragédie va s’amplifier. Pendant un jour, un véritable enfer
Après cette légère déception, j’attends toujours avec impatience le tome3 de la série de l’amie Prodigieuse!
Comment réaliser une exposition pour présenter un écrivain?
Depuis quelques temps, Oscar Wildem’intéresse, je me suis même inscrite au MOOC qui lui est consacré. Je redoutais toutefois une accumulation de manuscrits, lettres ou photographies anciennes. Ou pire! des pages et des pages d’exégèses sur des panneaux.
La mort et le sommeil portant Sarpédon
Oscar Wilde, le dandy, l’esthète, a lui-même mis en scène sa vie, ce qui a facilité la scénographie de l’exposition. Scénographie rythmée par ces citations ou aphorismes spirituels appropriés à chaque étape de son existence.
En introduction à l’exposition, le visiteur lit :
UNE BONNE REPUTATION. C’EST UNE DES CONTRARIÉTÉS A LAQUELLE JE N’AI JAMAIS ÉTÉ SOUMIS
ON NE DOIT JAMAIS FAIRE SES DEBUTS PAR UN SCANDALE. IL FAUT RÉSERVER CELA POUR L’INTÉRÊT DES VIEUX JOURS.
Plusieurs documents, photographie, de Sarah Bernhard ainsi qu’un sonnet manuscrit que Wilde lui a offert nous projettent dans l’univers de l’écrivain, théâtre, mondanité.…je découvre sa belle écriture régulière.
Dans la seconde partie, nous découvrons Wilde, critique d’art, sur un portrait de groupe à la Grosvenor Gallery, 1877. La plupart des tableaux ont des sujets mythologiques comme La Mort et le Sommeil portant le corps blessé de Sarpédon de William Blake Richmond, Orphée et Euridyce de Watts. Wilde était fasciné par Rome peinte par Heilbuth.
night and sleep
Sous Night and Sleep d’Evelyn de Morgan on peut lire le commentaire de Wilde. J’ai aussi aimé le tableau Préraphaélite de Stanhope, Love and the Maiden, la Renaissance de Vénus de Walter Crane…
1882 : conquête de l’Amérique
S’AIMER SOI MÊME C’EST SE LANCER DANS UNE BELLE HISTOIRE D’AMOUR QUI DURERA TOUTE LA VIE
L’écrivain , déjà célèbre, y fait une tournée de conférences. A cette occasion le photographe Napoleon Sarony tire une série de portraits dont celui de l’affiche de l’exposition. La citation introduit ces photographies ainsi que des caricatures et même des cartes publicitaires qui utilisèrent la figure de Wilde pour vendre un peu n’importe quoi.
Paris-Londres (1883-1889)
Reçu par Victor Hugo, rencontrant Verlaine, Paul Bourget, Gide, Wilde est introduit dans la société littéraire parisienne. Dans cette salle une vitrine consacrée à sa famille nous montre sa femme Constance et une lettre à son fils Cyril. Un panneau de Toulouse Lautrecdécorant la baraque de la Goulue, la danse mauresque illustre cette période.
Les années créatrices (1890-1895)
IL N’EXISTE PAS DE LIVRE MORAL OU IMMORAL. UN LIVRE EST BIEN ECRIT OU MAL ECRIT. UN POINT C’EST TOUT
LE PUBLIC FAIT PREUVE D’UNE TOLERANCE ÉTONNANTE. IL PARDONNE
Salomé
Salomé pièce écrite en français, a l’honneur d’une piece à elle-seule. Au sol sont projetés les deux films de Charles Bryantet d’Al Pacino. les illustrations de Bearsdsley : 17 estampes sont de toute beauté
J’ADORE LE THÉÂTRE, IL EST TELLEMENT PLUS VRAI QUE LA VIE
Le Procès, la prison et l’Exil (1895-1900)
VIVRE EST LA CHOSE LA PLUS RARE AU MONDE. LA PLUPART DES GENS SE CONTENTENT D’EXISTER
Une vitrine montre les éditions des oeuvres publiées après sa sortie de prison signées C.3.3 ou même « L’auteur de l’éventail de Lady Winthermer »
Un grand portrait d’André Gide qu’il a rencontré quand Gide avait 22 ans et qui lui est resté fidèle.
NOUS SOMMES TOUS DANS LA BOUE. MAIS CERTAINS D’ENTRE NOUS REGARDENT LES ETOILES
Je me suis attachée à l’héroïne du roman : Noga, la harpiste, qui vient pour trois mois occuper l’appartement de son enfance à Jerusalem tandis que sa mère fait un essai dans une maison de retraite à Tel Aviv. L’univers de AB Yehoshua, m’est un peu familier, je suis ses romans toujours avec plaisir.
Plusieurs thèmes traversent le livre. La musique, bien sûr puisque le personnage principal est une musicienne. Jolie interprétation de la Mer de Debussy avec des variations inattendues, la musique comme exorcisme du tsunami, la mer/la mère…Evocation agréable de la vie d’un orchestre, la vie quotidienne, les déplacements, aussi les temps morts des interprètes d’instruments qui ne sont que rarement sollicités comme la harpe.
Le désir d’enfant ou le refus d’en porter joue un rôle croissant à mesure qu’on progresse dans la lecture. Noga, femme libre, la quarantaine, n’a jamais voulu avoir d’enfant. Au début cela paraît très simple, il s’avère que la question est plus complexe…
Le quartier où Noga a grandi, se « noircit » se peuple de plus en plus de juifs orthodoxes, la coexistence entre les laïques et les religieux est-elle impossible? Cette question se pose à Jérusalem. La réponse de la mère de Noga est d’une grande tolérance. Ses voisins orthodoxes sont finalement plus ouverts qu’on ne l’imagine.
Noga, pour meubler les trois mois sans activité, fait de la figuration dans des films. Les épisodes des tournages montrent le milieu du cinéma sans prétention artistique, sans égo des acteurs ni exigences des metteurs en scène. Parmi ses collègues-figurants, une amitié pourrait se nouer. Rien n’est vraiment important : Noga dans cette parenthèse provisoire est figurante dans les films tournés mais aussi dans sa vie.
La peinture moderne espagnole est très riche, mais et j’aimerais beaucoup la connaître davantage. Sans parler des illustrissimes Picasso, Miro ou Dali, j’avais été bluffée l’an passé à la fondation Manriqueà Lanzarote des collections de Manrique, bien sûr, mais aussi Tapies, Manuel Valdes.…et bien d’autres.
L‘exposition Barceloau Musée Picasso : Sol y Sombraest l’occasion de faire la connaissance d’un autre plasticien : Miquel Barcelo. J’y ai couru en urgence puisque l’exposition prend fin le 1er octobre, et j’ai raté l’autre partie de l’exposition à la Grande Bibliothèque.
L’exposition s’intitule Sol y Sombra en référence aux places de l’arène – allusion à la tauromachie – thème cher à Picasso .
Arène
Un singe hirsute accueille le visiteur en haut de l’escalier qui mène au sous-sol où se trouvent les salles de l’exposition. Dans la première salle sont accrochés deux grands tableaux, plutôt clairs (sol plutôt que sombra,).
Atelier avec 6 taureaux :
Atelier avec 6 taureaux : détail d’un taureau
Un cercle jaune en à-plat, occupe le centre de la toile : sable de l’arène, peut être? entouré par des masses irrégulières, empâtements, encroûtements, accumulations de matière – plâtre ou peinture . je cherche longuement les taureaux. Un seul apparaît au premier regard, j’en découvre ensuite un gros, noir qui occupe le coin gauche en bas. Des personnages à peine esquissés, de dos, blanchâtres, fantomatiques émerge à l’observation plus prolongée. Je découvre enfin à droite une autre arène où se déroule une corrida. plutôt ombre que lumière, l’opposition est à-plat/masse de matière parfois charbonnée.
Table aux têtes
Encore un grand tableau où règne la confusion qu’il faut examiner avec attention! La table rouge est figurée par un trait un peu de travers (champ?) et un pied contourné. les têtes sont celles d’animaux, des têtes humaines sont aussi schématisée dans un coin.
Dans la salle suivante, sur une véritable table sont posées des têtes en plâtre avec des animaux fantomatiques qui ont peuplé les deux tableaux.
Dans un couloir des céramiques ressemblant à des assiettes sont accrochées au mur : assiettes de terre brute, colorées de noir, blanc, craquelées, je reconnais des motifs marins: poissons verts et crevettes jaunes. Ces assiettes sont peut être un clin d’œil aux céramiques de Picasso qui sont accrochées plus haut dans le Musée.
Taulera
Taulera II et Taulera II : 3 tableaux marrons sales représentent une pièce avec des tables grisâtres.
Des fragments de terre cuites pour la Cathédrale de Palma de Majorque sont un peu étranges, terre craquelée où surgissent des poissons noirs ou gris de la paroi.
mur de brique
Cette exposition fait vraiment la part belle à la terre malgré son titre évoquant la lumière. Une salle voûtée est divisée d’un mur de briques déformées, coulées, écrasées ou étirées, briques de construction industrielle ou têtes en brique avec toujours les mêmes couleurs rouge brique, blanc, terre brute, noir. On entre dans une salle dédiées aux urnes, amphores, pots ou gargoulettes comme la poterie usuelle traditionnelle posées sur une grande table de contreplaqué et sur une étagère ordinaire.
Dans l’exposition Picasso trois tableaux gris et blancs sont dans une pièce lambrissée.
La confrontation Barcelo/Picasso est naturelle : les thèmes de la tauromachie et les tons terre-blanc-noir se retrouvent. La céramique aussi. On comprend la parenté. Mais cette confrontation est au désavantage de Barcelo. Le génie de Picasso éteint l’inspiration de Barcelo. La pureté du dessin, l’invention est celle du maître.
Le titre un peu bizarre fait allusion à une blague (mauvaise) que Dovelé raconte dans son spectacle. Le roman relate un « stand up » dans une boîte de Netanya. Pas plus que le narrateur – Avishaï, un ancien juge, ami d’enfance de Dovelé – je ne prise ce genre de spectacle. Je suis entrée sans enthousiasme dans le récit.
Au début Dovelé, se pliant au genre, en fait des tonnes, interpelle des spectateurs, les provoque , gesticule, trépigne, gigote sur le mode grivois, même vulgaire
« Dis-moi, poupée, ça te paraît normal? je suis là à me casser le cul à te faire marrer et tu envoies des textos »
Alors qu’il s’acharne sur une petite dame au maquillage trop rouge et à la coiffure un peu ridicule, il découvre (?) que cette dame était sa voisine du temps de son enfance
« tu es l’enfant qui marchait sur les mains »
« le public fasciné par ce qui se déroule devant lui : le tissu de la vie qui se métamorphose en une bonne blague »
Des blagues, c’est cela que le public vient chercher!
« merci d’être là, on va passer une soirée d’enfer! »
Et là, il en fait des tonnes, « Minute qui est resté à la maison pour cogner sur les Arabes? Comme cela, au débouté, vous venez rigoler avec nous, vos dédommagements pour l’évacuation des implantation, c’est maintenant! »
C’est trop! Dovelé continue sur cette veine démagogique et me met mal à l’aise. Heureusement que je connais Grossman et que je lui fait entière confiance! « Cela vous dit de boucher les puits palestiniens pour le petit déjeuner, braves gens? » le public le suit avec enthousiasme. Mais la bonne fée est lunatique « C’est nous qui allons chanter Biladi, biladi…« Le public cogne sur les table, siffle.
L’humoriste change de registre, il sait reconquérir son public, raconte des blagues. C’est ce que les spectateurs attendent….
Un stand up comme une psychanalyse. C’est aussi cela le spectacle : du sentiment, des émotions. Là encore, Dovelé en fait beaucoup. Il livre en pâture son enfance, son père, le coiffeur qui recyclait aussi des textiles, sa Maman qui a passé la Guerre cachée dans un wagon en Pologne….les berceuses en yiddish…Il en arrive à l’épisode le plus intime : son premier enterrement. Peut on faire rire avec un enterrement? Apparemment oui, même si c’est difficile et risqué. Le public suit encore « ap-plau-dis-sez la mort! » « Et presque toute « l’assistance hurle et bat des mains en rythme« .
La deuxième partie du livre prend une nouvelle tournure. On oublie le comique, le récit est poignant. Une partie de l’assistance déserte la salle. On suit l’enfant – « l’orphelin » – dans la camionnette qui l’emmène à l’enterrement sans qu’il ne sache lequel de ses parents est décédé. Les blagues sont pathétiques. Pourquoi l’humoriste se livre-t-il ainsi?
J’ai préféré Une femme fuyant l’annonce qui est un livre magnifique mais Un cheval entre dans un bar m’a scotchée.
Moussa Konaté est décédé en 2013. Meurtre à Tombouctou, paru en avril 2014, est donc un livre posthume.
avril 2012, l’armée malienne perd le contrôle de Tombouctou qui sera reprise courant 2013
décembre 2014 : sortie du film d’Abderrhamane Sissoko : Timbuktu
Meurtre à Tombouctou n’est donc pas un livre d’actualité, seulement un polar se déroulant avant la prise de la ville par les islamistes. D’ailleurs, l’agent français conclut son rapport « pas de terroriste du tout« . Cependant, Moussa Konaté campe l’ intrigue dans le contexte de la ville, il situe l’enquête en tenant compte des traditions des Touaregs, nous raconte leur mode de vie, essaie de décrypter leur mode de pensée. Il démonte aussi les forces en présence, les pesanteurs et les interventions des notables et des imams qui entravent l’enquête, l’influence de la France qui envoie un « spécialiste du terrorisme ».
J’avais beaucoup aimé L’Empreinte du renard qui m’avait fait découvrir les Dogons et leurs traditions.J’ai été très intéressée par ce Meurtre à Tombouctou, que je vous laisse découvrir. (j’ai horreur de ces critiques qui racontent l’action par le menu)
Elizabeth Gaskell(1810-1865)est moins connue que les Soeurs Brontë ou que Jane Austen. C’est ma maman qui m’a confié le joli petit livre entoilé vert des éditions Collins quo’n lui avait offert en 1936. 305 pages d’un petit format illustré de quelques gravures….
Dans la préface, il est écrit que Cranford « nécessite un fauteuil confortable, un feu de bois, des rideaux tirés et une lampe douce ».
Ambiance feutrée qui était celle des réunions des dames de Cranford, se réunissant pour boire le thé, jouer au cartes, et distiller des ragots. Il semble que la couleur des rubans de leurs coiffures, leurs broches, et la préséance dans la hiérarchie de la bonne société du village. Société essentiellement féminine, les hommes en sont bannis, à de rares exceptions.
Lecteurs de thrillers, de turn-pages, de sagas ou pavés, passez votre chemin. Cranford se déguste lentement, il ne se passe pratiquement rien dans ce village tranquille. Les jeunes filles ont vieilli sans même s’en apercevoir. Un mariage semble une incongruité. Des souvenirs des disparus, l’arrivée d’une Lady, d’un magicien, un vol de pomme ou d’un gigot d’agneau déclenchent des réactions disproportionnées. Et pourtant, c’est une lecture délicieuse. L’humour et l’ironie d’Elizabeth Gaskellse savourent lentement. Les pointes anti-françaises, peu de temps après les guerres napoléoniennes, sont particulièrement acérées.
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J’ai d’abord eu l’impression qu’il n’y aurait pas ni intrigue, ni d’histoire. Lentement, l’auteur a présenté ses personnages, puis des personnages secondaires (masculins) sont arrivés par effraction. On a vu revenir un ancien prétendant de Matty, qui a presque pris le deuil à son décès. La narratrice, l’amie de Matty, découvre l’existence de Peter, le frère disparu. L’auteur distille les indices, sans s’y attarder.
A la fin, la tragédie se noue. la naïve Matty se retrouve ruinée par la banqueroute de la banque. On est loin des tergiversations sur la couleur d’un turban ou d’un ruban. On a le cœur serré. Comment va-t-elle s’en sortir?
Le mois Italien est l’occasion d’un voyage en Italie. Ici, nous partons pour Bari , une ville que je connais mal, contournée à l’occasion de vacances dans les Pouilles, traversée à deux reprises avant d’embarquer pour le Ferry vers la Grèce.
Ce n’est pas tant la ville que je vais explorer que les milieux très exotiques des tables de poker, poker snob chez les riches, poker miteux des salles clandestines. Fièvre des jeux, addiction et triche. Quand le jeu ne suffira plus pour déclencher l’adrénaline, le héros basculera dans des contrées encore plus interlopes.
Polar? oui, il y a une enquête : on cherche le violeur en série qui sévit dans la ville.
Comment les deux histoires, celle de l’étudiant qui se laisse entraîner par un ami manipulateur (à tous les sens du terme, puisqu’il est un peu prestidigitateur) et celle de l’enquête, comment vont elles converger. Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir – même si on s’en doute un peu.
Polar très noir, sordide, même. Mais c’est la loi du genre. Chapitres courts, personnages attachants, ce livre se lit bien, même si il est loin d’être inoubliable.J’avais préféré de loin la Raison du doute du même auteur.
Bryan, notre logeur, nous a recommandé Castletown House à Ceilbridge accessible à 20 minutes à pied du gîte, mais au moins autant en voiture puisqu’on ne peut pas traverser Hewlett Packard et qu’il faut prendre l’autoroute à la sortie 5 et sortir à la Sortie 6.
Construit en 1722, pour le Parlementaire William Conolly (1662-1729) réputé l’homme le plus riche d’Irlande qui a fait fortune sur des terres des partisans de Jacques II. Deux architectes sont dessiné le château, l’Italien Galilei et Pearce qui introduisit les style palladien en Grande Bretagne.
C’est un grand château gris, sobre, régulier allégé de chaque côté par une galerie à colonnes incurvée. Plutôt que de s’étendre sur Conolly, la conférencière fait le portrait de deux femmes Katherine, la femme de Conolly et lady Louisa après elle, deux femmes qui restèrent sans enfants et consacrèrent l’essentiel de leur temps à leur intérieur et au parc, ainsi qu’aux bonnes œuvres auprès de la population environnante. De nombreux portraits de famille illustrent les propos.
Blanche entrée (18ème) avec des stucs et un escalier extravagant (si aérien qu’on préfère ne plus y monter de crainte qu’il ne s’écroule). Puis nous traversons des pièces plus ou moins meublées.
L’histoire de cette famille n’est pas l’aspect le plus intéressant de la visite. La conférencière explique les rénovations. La Chambre rouge toute tapissée de soie mérite bien les soins qu’on lui prodigue. Des sachets transparents contiennent la poussière extraite de l’aspirateur, de petites éponges pour maquillage servent à tamponner la tapisserie, une gaze aérienne rose panse les déchirures. Des échantillons de soie tissés spécialement à Lyon reproduisant les motifs d’époque seront utilisés our les rideaux assortis.
Print room
Une pièce est surprenante : la Print room tapissée de gravures, un peu comme les posters actuels, suggère la guide.
Salle de réception style pompéien
La grande salle de réception de style pompéien, mais dans des tonalités de bleu est de O’Reilly (1770).
Bryan nous a parlé trop tard de Castletown, tous les dimanches on y donne des concerts. Nous aurions été ravies d’y assister.
Dernier soir, on boucle tôt les valises. Demain,25 réveil à 4h50 !