En moins d’une demi-heure je traverse Rome. La métropolitana a des quais sombres et tristes mais dans la rame le voyageur a de la distraction : sur un écran on diffuse de la publicité, des nouvelles et la météo, même l’horoscope. Les stations sont bien annoncées, signal lumineux et sonore. A midi je suis au Vatican et sors à la station Lepanto.
Dominique m’attend au pied du château saint Ange devant un violoniste qui nous régale d’un concert.
Pour déjeuner, nous passons le pont et trouvons un petit restaurant qui a deux tables sur le trottoir, vue sur le Pont Saint Ange et un rayon de soleil. Je choisis des cannellonis épinards et ricotta, Dominique, pennes au saumon.
Nous passons l’après midi dans les quartiers proches du Tibre, évitant le large Corso V. Emmanuele II, parallèle à la via Giulia, la rue Banchi Vecchi est ornée de parapluies rouge et blancs suspendus sur les câbles courant d’une façade à l’autre (comme ailleurs la lessive) .
Je flâne au hasard, à l’inspiration plutôt. J’ai envie de revoir le Panthéon et de chercher les Caravage cités par Dominique Fernandez dans le Piéton de Rome. J’entre dans la vaste Chiesa Nova. Dès l’entrée je repère un Caravage. Un jeune homme me propose un audio-guide gratuit qui parle plus de Philippe Neri, saint fondateur de la congrégation, que des œuvres d’art dont l’église est remplie. Il signale une Rubens mais oublie le Caravage et le Cavalier d’Arpin. J’entre dans Santa Maria della Pace, et sur la Piazza Navona, Santa Agnese in Agone.
Piazza Navona
La Piazza Navona est noire de monde, le marché de Noël et un manège cachant les fontaines, les silhouettes métallisées et immobiles, des peintres à l’aérosol, des militaires occupent le terrain avec les nombreux touristes. Je fais passer mon sac du dos vers l’avant. La Fontaine des Quatre Fleuves est dans l’ombre. Trop de foule, il faudrait revenir le matin.
Saint Louis des Français – Caravage saint Mathieu
Saint Louis des Français est dans l’itinéraire Caravage de D Fernandez. Les tris tableaux du Caravage occupent la même chapelle Saint Mathieu. Saint Mathieu et l’Ange attire tout de suite mon attention avec le manteau rouge et l’ange aux ailes arrondies comme une draperie improbable dans la pénombre. Le Martyre de Saint Mathieu est d’une violence inouïe, suggérée par le contraste de la blancheur des corps dans la pénombre. La Vocation de Saint Mathieu est plus apaisé, surprenant cadrage des personnages alignés dans la lumière tandis que les 2/3 du tableau sont sombres, presque noirs. Il y a beaucoup de monde autour de la chapelle. Chacun met son obole dans la machine éclairante.
Panthéon
Enfin le Panthéon ! Énorme. La façade antique impressionne. Le fronton et les colonnes datent de 27 avant JC. Enfin un édifice antique qui tient debout après les vestiges ruinés du Forum. La coupole immense (43m) couvre du vide malgré le grand nombre de visiteurs. Autour les colonnes de marbres, porphyres, les dorures forment un riche décor. Il faudrait imaginer les statues antiques dans les niches. Trop paresseuse (fatiguée) pour sortir le Guide Bleu, je rate le tombeau de Raphaël « à ne pas manquer ».
Je retrouve Dominique qui m’attend devant une crêperie au Campo de’Fiori. Plus de marché, sauf les fleurs. La place est plus jolie le matin. En face sur la place Farnèse devant le Palais une fanfare joue des airs militaires et en conclusion la Marseillaise. J’ignore la raison de cette sérénade devant notre ambassade.
Pourquoi pas? Les conflits modernes s’apparentent à la tragédie antique. L’interprétation d’Antigone qui m’a le plus touchée est celle du Théâtre National Palestinien que j’ai vue à Ivry il y a quelques années. Là où il y a des guerres, il y a des héros à ensevelir, des résistantes, Antigone non au pouvoir!
J’étais donc très intriguée par cette Antigone, d’après Sophocle&Brecht. Je ne connais pas celle de Brecht, mais j’ai bien reconnu Sophocle. En Russe surtitré? Cela n’est en rien gênant, le texte est si connu. Le chœur antique : des rockeuses déchaînées: pourquoi pas? La prison en parpaing qu’une grue soulève devant nous.
Le texte m’a paru très resserré, un peu trop peut être, pièce vite finie, tout du moins l’ont cru les spectateurs qui ont applaudi quand la lumière s’est rallumée. Fausse sortie : des gradins descend un magnifique Tirésias. Une cérémonie funéraire avec bûcher enflammé se déroule…
Beau spectacle. Finalement beaucoup moins exotique que je le pensais en lisant le dossier de presse que j’avais consulté.
je lis Quo Vadis : la visite de la Via Appia est une évidence. Hors les murs de Rome, c’est une expédition. Piazza Venezia, pas de trace du bus 118 sur le plan des bus. Un chauffeur de bus me montre la colonne de Trajan : « le 118 tourne là ». Je découvre un arrêt du 118 de l’autre côté. Tous les bus s’y arrêtent sauf le 118. Après 20 minutes d’attente j’interroge les chauffeurs qui marquent l’arrêt. Celui du 51 nous fait signe de monter et nous fait descendre devant le colonne de Trajan. Encore 10 minutes, enfin !
Le 118 contourne le Colisée, arrive au Circo Massimo, prend la Via delle terme de Caracalla, sort dans la campagne à la Porte de San Sebastiano – une vraie porte entre deux tours . La route est goudronnée et la circulation est dense ; j’avais imaginé la Via Appia autrement, avec de grosses dalles et des pins parasols…
Nous avons dépassé l’arrêt des Catacombes. Nous débarquons Via Ardeatina après le Monument des Fosses Ardéatines qui commémore le massacre de juifs et d’otages pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Que faire ? Nous sommes découragées. La route qui rejoint la Via Appia n’a pas de trottoir, la circulation est infernale. Je suis résignée à rentrer à Rome sans avoir vu les catacombes. Le 118 dans l’autre sens tarde. Le 218 s’arrête. Je descends à la hauteur du Mémorial, Dominique rentre à Rome. On se téléphonera pour se retrouver.
La route qui rejoint les Catacombe San Sebastiano a un trottoir, elle n’est as fréquentée. La promenade est plaisante (amis pas antique). Je passe devant les Catacombes de Callisto fermées le mercredi, celles de Sebastiano sont un peu plus loin.
Catacombes de San Sebastiano
Saint Sébastien du Pérugin villa Borghèse
La visite est guidée en français. Mes compagnons de visite sont un monsieur en grand manteau de laine noir, très-comme-il-faut et ses deux neveux et un jeune randonneur. Le guide parle un français parfait avec juste une pointe d’accent italien. Il tient à tordre le cou aux légendes du 19ème siècles ; entre autres, à celles de Quo Vadis. Les catacombes, selon lui, sont des cimetières où sont enterrés des chrétiens mais aussi des juifs et des païens. Elles n’ont jamais servi de refuges aux chrétiens ni de lieu de culte. En revanche c’est un lieu de dévotion aux martyres.
On enterrait les morts dans les loculi individuels ou familiaux plus ou moins luxueux selon les moyens économiques. Le mort était enveloppé dans un linceul puis on mettait de la chaux vive. Le tombeau était celé avec du marbre ou des tuiles (selon la richesse de la famille).
Le guide nous fait remarquer que ses commentaires ont » l’approbation « du Vatican.
Constantin
Selon lui, Constantinne se serait converti au Christianisme qu’au moment de sa mort. Les « rêves » ou miracles n’auraient rien d’historique. Il n’a pas non plus fait du christianisme une religion d’état – au contraire il a rétabli la liberté de culte, principe qui existait dans la Rome républicaine.
Maxence avait favorisé les conflits inter-cultes pour asseoir son autorité. Il s’agit donc ici de politique et non de religion. L’histoire de Constantin a fait l’objet de manipulations ultérieures. A ce moment-là un certain équilibre s’était établi entre Chrétiens, Mithréens et païens. Quand les Chrétiens sont devenus majoritaires il en a été fini de la liberté de culte de Constantin. Les Mithréens furent massacrés et les païens convertis. Le 4ème siècle fut un siècle de décadence pour l’Empire romain. Il fallait alors consolider l’empire par la religion.
Symboles chrétiens
Le guide nous montre le sceau rond du fabricant de tuiles ainsi que les empreintes de la patte d’un chien qui s’était assis sur la tuile qui séchait, il nous fait remarquer les lampes à huile encastrés dans la paroi. Les Chrétiens utilisaient des symboles : l’orante, silhouette avec les bras tendus vers le haut, le poisson, l’ancre et le monogramme du christ. Nous visitons ensuite le tombeau de Saint Sébastien, soldat de Dioclétien qui aurait subi deux martyres. Au premier, il fut attaché à un arbre et criblé de flèches. Une matrone romaine l’aurait soigné. Au second il fut attaché à une colonne et battu à mort. Nous arrivons enfin au lieu-dit Kata (près) cumbes (cavité) ancienne carrière abandonnée, nécropole païenne découverte au 20èùme siècle en très bon état de conservation. Les chambres mortuaires avaient une façade décorée de masques de théâtre servant de gargouilles, sur la tombe voisine la plaque de marbre porte des inscriptions latines faciles à déchiffrer. A l’intérieur, les peintures sont en parfait état : peintures avec des perdrix entourant un compotier et une vigne. D’après le Guide Bleu, la vigne pourrait avoir une symbolique chrétienne. Une scène bucolique a été figurée ainsi que trois hémicycles avec des têtes figurant un banquet mortuaire. D’autres décors prêtent à des interprétations : pioche : allusion au métier du défunt, un artichaut…Il semblerait que les restes de Pierre et de Paul auraient été conservés quelques temps ici du 1er au 3ème/4ème siècle. Des témoignages de dévotions des fidèles à ces deux saints sont nombreux : graffitis en latin, grec et même araméen invoquent Pierre et Paul. Une basilique leur fut consacrée (maquette) remplacée par l’église actuelle barque dédiée à Saint Sébastien. Elle a un magnifique plafond à caissons dorés aux armes des Borghèse ; Cette église recèlerait la dernière œuvre du Bernin que nous ‘avons aps pu voir puisqu’on célébrait la messe quand nous sommes arrivés.
palais de Maxence
Promenade sur la Via Appia jusqu’au Palais de Maxence : une tour dans la campagne, le mausolée de Romulus, fils de Maxence dont on avait visité le temple dans le Frum. Puis des arches, ruine de la villa ou d’un aqueduc. On distingue encore le cirque de Maxence long de 520m large de 92m, l’obelisque a été transféré Piazza Navona.
Tmbe de Caecilia Metella
Le mausolée de Caecilia Metella , cylindrique rappelle un peu celui d’Hadrien, en plus petit bien sûr. Une frise de marbre blanc avec guirlandes et bucranes tient encore. A l’intérieur on a exposé de nombreuses sculptures. J’ai oublié de prendre le billet des thermes de Caracalla qui donne l’entrée au mausolée. Je renonce à payer à nouveau. Je continue pour trouver enfin les vieilles dalles antiques de la Via Appia. J’aurais aimé voir aussi la borne miliaire. J’avise un autobus garé non loin, le 660 qui va au métro Colli Albani et profite de l’aubaine pour descendre à la première bouche de la Metropolitana à Arco di Traventino.
Une année à Tokyo, rythmée par les saisons, commencée à la floraison des cerisiers. Une ville fortement urbanisée avec un train (métro?) mais aussi des vélos, des jardins….Une échoppe qui vend des pancakes fourrées, les dorayakis appréciés par les collégiennes . Un cuisinier au regard triste, une vieille dame enthousiaste, une écolière solitaire forment une équipe hétéroclite et solidaire. On est d’abord capté par la recette de ces Délices de Tokyo. Puis se dessine une histoire forte, pleine de secrets que bien sûr je dévoilerai pas!
Ne pas oublier de prendre la recette de ces Dorayakis disponible au comptoir du cinéma.
Château saint Ange et Pont saint Ange qui y conduit
Le château Saint Ange
La grosse base cylindrique est le Mausolée d’Hadrien . Mausolée mais aussi forteresse, il résista aux invasions barbares puis devint propriété des papes qui le fortifièrent avec des bastions et un mur d’enceinte. Forteresse puis prison. Ses prisonniers fameux furent les Cenci, Giordano Bruno…Pour monter au château j’emprunte d’abord la rampe hélicoïdale conduisant au tombeau d’Hadrien. La rampe papale lui succède, escalier aux minces degrés qui arrive dans une cour occupé par l’Archange Michel( une autre statue de bronze surmonte l’édifice).
Château saint Ange cour et ange
Un escalier raide passe sous une arche .Du couloir circulaire, la vue sur le Tibre et sur Rome est surprenante. Nous prenons photo sur photo, des ponts sur le Tibre et de la coupole de Saint Pierre.
Le Tibre
Les appartements papaux sont somptueux : Salle d’Amour et Psyché et (encore !), Chambre de Paul III Farnèse meublée d’un grand lit rouge et d’un clavecin historié. On passe devant la salle des coffres-forts et de très beaux tableaux (Nicolas Poussin). De la Salle du Trésor, je monte enfin à la terrasse supérieure d’où je filme le panorama sur Rome. Une cafétéria a judicieusement installé ses tables dans le corridor extérieur. Les prix ne sont pas excessifs, la vue est incomparable. Nous commandons des tramezzini avec vue sur Saint Pierre(18€ deux sandwiches, un verre de vin et un café).
Le Vatican
La logique géographique aurait voulu qu’on visite le Vatican dans la foulée. Je n’aime pas empiler les visites. Il nous faut une pause pour être à nouveau capable d’apprécier de nouvelles œuvres d’art. Nous rentrons par le bus 23, et descendons devant l’Ile Tibérine . Deux ponts Cestio et Fabricio enjambent le Tibre. Le courant du fleuve est puissant, il a rompu le vieux pont le pont Rotto qu’on peut encore voir. Pas de promenade autour de l’île : de chaque côté d’une petite place se trouvent deux hôpitaux.
Nous passons devant la Grande Synagogue, le Théâtre Marcello que j’avais découverts le jour de notre arrivée.
Les restaurants du ghetto
Flânerie dans les rues du ghetto occupées par de nombreux restaurants et bars proposant de la cuisine romaine juive typique. Pause sur un banc au soleil à déguster une glace. Non loin je trouve la Fontaine des Tortues, très élégante : quatre personnages de bronze assis sur des coquilles élèvent les bras pour retenir quatre tortues qui semblent glisser de la vasque supérieure. Mélange de textures et de couleurs, marbre blanc du bassin, avec une eau bleue, marbre gris des coquilles, bronze…Dans les rues, à chaque pas une surprise, une galerie, une vieille librairie, un palais orné de sculptures.
Fontaine des tortues
Nous rentrons à pied par le Campo de’Fiori. J’avise une belle boucherie : enfin nous allons cuisiner de la viande ! Le marché a remballé les légumes, la boucherie n’ouvrira qu’à 16h30. J’attends son ouverture en remontant la via dei Capellari, trouve un café-Internet pour lire mes mails et rentre fièrement à la maison avec des hamburgers aux artichauts, des oranges de Catane et des courgettes bio pour un repas équilibré après le déjeuner de sandwiches.
La RomaPass est terminée. Je sors à 8h du matin avec la poubelle chercher une carte de transports hebdomadaire, de l’argent au distributeur.
Pour les poubelles, j’ai enfin compris le mode d’emploi. Les paresseux qui ne trient pas mettent leur sac au coin de la rue où il y en a d’autres. Les consciencieux qui trient apportent les différents sacs : organique, tout-venant-non-recyclable, verre, papier-carton, plastique sur la place Trilussa aux poubelles sélectives qui arrivent sur un petit camion le matin et disparaissent ensuite ; la liste des emplacements de tri est punaisée à l’intérieur de notre porte d’entrée.
Les cartes de transports journalières et les tickets se vendent à l’Edicola (kiosque à journaux) mais les cartes hebdomadaires ne se trouvent que dans certains bureaux de tabacs.
Le distributeur automatique de billets s’appelle en italien Cash machine il y en a un enfermé dans un bar fermé à 8h30 et un autre caché derrière l’Edicola qui rend beaucoup de services et me rappelle les kiosques périptères grecs.
La Farnesina
les orangers de la Farnesina
La villa se trouve très près de notre gîte, au bout du viccolo Moroni, on passe sous une arche et on arrive dans une rue tranquille bordée du grand palais Corsini où est morteChristine de Suède.
La Farnesina est la « villa de campagne » sur les bords du Tibre construite par Baldassare Peruzzi de 1503 à 1518 pour Agostino Chigi très riche banquier siennois. Elle n’est plus à la campagne mais au milieu d’un parc entouré de grands murs ; le jardin est planté de parterres de buis. Une fontaine coule en son centre. Dans de grosses poteries orangers et citronniers sont en fruits.
La loggia de Galatea au plafond l’horoscope de chigi
Nous arrivons les premières et profitons des décors magnifiques. La Farnesina n’est pas un écrin pour des collections comme la villa Borghèse. C’est la maison elle-même qui est l’œuvre d’art – entièrement peinte à fresques couvertes de marbres multicolores et précieux.
Raphaël : Galatea
La loggia de Galatée est peinte par Raphaël et ses élèves ? La Maitre a dessiné Galatée sur une coquille tirée par des dauphins. Dans le ciel des amours ailés avec arcs et flèches. Sur le panneau voisin Polyphème convoite la nymphe. Le plafond est l’œuvre de Sebastiano del Piombo. Dans dees lunettes sont peintes des scènes mythologiques et une grosse tête en grisaille qui serait (d’après le Guide du Routard) un clin d’œil de Michel-Ange à Raphaël le premier reprochant au second la petitesse de ses personnages.
Loggia d’Amour et Psyché
La Loggia d’Amour et de Psyché est aussi l’œuvre de Raphaël et de son école d’après l’Ane d’Or d’Apulée (que je n’ai jamais lu mais que je viens de télécharger). Il est partagé en deux longs rectangles où se déroule un banquet. Les convives sont très dévêtus (surtout les hommes qui exhibent une puissante musculature). De nombreux animaux, soit réels comme un aigle, des paons ou imaginaires comme le sphinx, accompagnent les dîneurs. Des guirlandes végétales chargées de fruit suggèrent l’ouverture sur les jardins. Dans des triangles je reconnais Hermès, des amours et des nymphes. Cupidon est accompagné des trois pies en vol. Ailleurs, un attelage de colombes. Des candélabres en albâtre complètent le décor.
La pièce des frises est de Baldassare Peruzzi : sur un fond noir et gris, de petits personnages colorés racontent les travaux d’Hercule et des scènes mythologiques : Orphée charmant les animaux, Danaé sous la pluie d’or…..
Salle des Perspectives
L’escalier est monumental, le plafond hémicylindrique est recouvert de stuc blanc relevé de rose tendre, les murs sont en marbre gris en bas, rose en haut, les marches blanches étincellent. Au détour de l’escalier : une surprise, la très vaste salle des Perspectives est une merveille de trompe-l’œil : fausse loggia, fausses colonnes, de même le paysage entre les colonnes peintes, même le marbre du sol qui semble s’étendre sur le faux balcon. Chigi n’a profité longtemps de sa merveilleuse villa qui fut envahie par les lansquenets de Charles Quint lors du sac de Rome de 1527. On peut encore voir les graffitis qu’ils laissèrent.
Sodoma – Les noces d’Alexandre et de Roxane
La salle des noces d’Alexandre et de Roxane (1519) est de Giovanni Antonio Bazzi dit Sodoma. Les grands personnages sont de taille humaine.
Le corridor est couvert de grottesques. A l’occasion, j’apprends que le mot grottesque vient du mot grotte . Style résultant de la découverte accidentelle de la Domus Aurea. Un jeune Romain, tombé dans une fissure découvrit par hasard cette villa de Néron recouverte de fresques. Les grottesques imitaient les décors de la Domus Aurea ou les peintures pompéiennes.
Lundi est jour de fermeture des musées à Rome. Forum et Colisée sont ouverts, nous leur consacrons donc la journée.
9h – piazza Venezia, par un froid piquant et un ciel bleu très pur. La colonne de Trajan étincelle. Souvenir de lycée, elle illustrait mon livre de 5ème Latin ou Histoire- Géographie, la même professeur enseignait les deux matières, à l’époque toute l’année de 5ème était consacrée à Rome et Byzance. 30m de haut, 17 cylindres, c’est une véritable bande dessinée. Des centaines de personnages sont occupés à toutes sortes de tâches, embarque sur des vaisseaux, débarquent des marchandises, des vases. Il manque le guide qui aurait pu nous la commenter. Trajan n’est pas un inconnu pour nous, nous avons croisé ses pas en Dacie (Roumanie) en Macédoine ou en Bulgarie.
Colonne de Trajan (détail)
Le Forum de Trajan a été fouillé en même temps que les autres Forum impériaux au 16ème siècle. La promenade qui les surplombe est nommée Via Alessandrina , elle est bien agréable dans la lumière du matin. Il n’y a personne. On voit mieux les monuments du dessus qu’au ras du sol. Le Marché de Trajan est en brique rouge, le marché est en hémicycle sur 6 niveaux. Une exposition de sculptures contemporaine s’y tient. Les sculptures se détachent et sont mises en valeur. Entre le marché et la colonne Trajane les colonnes polychromes de l’ancienne basilique Ulpia se détachent.
Marché de Trajan
A l’arrière, la tour carrée de la Milizie du 12ème domine le marché. Le Forum d’Auguste jouxte celui de Trajan. Je remarque surtout les degrés blancs de la base du temple de Mars Ultor. Les énormes colonnes cannelées aux chapiteaux corinthiens sont enchâssées dans un mur de brique. Je note qu’il y avait aussi autrefois des caryatides comme celles de l’Erechthéion .
Une passerelle mène à la place du Grillo et à la maison des Chevaliers de Rhodes (fermé lundi) dont la loggia surplombe le Forum d’Auguste.
Forum de Nerva et maisons modernes
Le Forum de Nervaconserve un beau portique de colonnes géantes blanches qui se détachent à l’avant de maisons contemporaines jaunes ou blanches.
La billetterie du Forum Romain est en face de l’autre côté de la grande Via dei Fori Imperiali . Je prends l’audioguide qui est une tablette avec plan, commentaires, commentaires approfondis. Je n’arrive pas à le faire fonctionner et remonte me le faire expliquer. Il faut 10 minutes par point d’intérêt. Perte de temps ! Je le rends. Nous serons libres de flâner, de lire les panneaux explicatifs très complets, de suivre le plan du Guide Gallimard. Au diable les ordinateurs !
Temple de Faustine et d’Antonin
1000 ans d’histoire romaine se jouent au Forum. Les empereurs tardifs ont effacé les vestiges de la des rois et de la République. Des temples et basiliques primitifs, il ne reste plus grand-chose mais on peut toujours situer leurs emplacements.
Forum Romain
Nous avons donc retrouvé (sans rien voir) la Cloaca Maximaqui a drainé le marais où passait le petit fleuve Velabre. Au pied du Capitole , l’umbilicus urbis qui communiquait avec les puissances infernales, même sans y croire, cela fait rêver….Non loin, le Temple de Saturne était le théâtre des Saturnales qui se déroulaient à partir du 17 décembre (jour de notre arrivée à Rome) 2000 ans plus tôt, nous aurions débarqué dans des fêtes étranges où les maîtres servaient les esclaves. Le Temple ancien a disparu, il fut reconstruit à plusieurs reprises. Le portique qui reste a été restauré après l’incendie de 238 après JC.
Temple de Saturne
De notre visite précédente, il y a 18 ans, un février pluvieux j’avais gardé le souvenir des Rostres et du Temple des Dioscures . La Curie, avec ses grandes portes de bronze vues samedi à Saint Jean du Latran, est fermée. Elle ressemble à un bâtiment actuel. Les grandes basiliques Giulia et Emiliennes occupent un vaste espace mais parlent eu à mon imagination. Dans ces décombres, l’Arc de Triomphe de Septime Sévère s’élève fièrement, ses bas-reliefs sont « comme neufs ».
Dans le temple de Romulus : les Dioscures trouvés près de la Fonttaine de Juturne
Quittant la voie sacrée et contournant la basilique Giulia, nous marchons sur le vieux chemin qui descend du Capitole pour aller au Temple des Dioscures et la Fontaine de Juturne. Deux cavaliers étaient apparus à la bataille du Lac Regille opposant Romains et Latins. Ayant donné la victoire aux Romains ils furent identifiés comme les Dioscures. La Fontaine Juturne se trouve près du temple de Castor et Pollux. Juturne était une nymphe, sœur des Dioscures qui possédait un talent guérisseur. Un peu plus loin, dans le petit temple rond de Romulus (pas celui de la fondation de Rome, le fils de Maxence, mort en 309 ap JC), on a exposé les statues de deux chevaux et de deux cavaliers trouvés à la Fontaine Juturne.
maison des Vestales
Derrière la fontaine, adossée au Palatin, l’Eglise des 40 martyres porte des fresques du 8ème siècle rappelant les martyrs du temps de Dioclétien. Une rampe couverte s’enfonce dans la colline pour rejoindre les palais des empereurs. On accède à une terrasse panoramique dominant le Forum avec une vue étendue sur la Ville. De là, je découvre la Maison des Vestales près du petit temple rond de Vesta.
Vestale
De l’autre côté de la Via Sacra de grand édifices sont bien conservés : le Temple de Faustine et d’Antonin occupé par une église mais qui a gardé une belle colonnade, plus loin les énormes basiliques de Maxence avec leurs voûtes décorées de caissons hexagonaux.
Nous sortons du Forum à midi passées, temps de déjeuner avant de poursuivre la visite au Colisée. Nous nous attablons à la première terrasse venue en face du Colisée. Belle table, très belle vue mais service calamiteux, on nous tire, nous pousse, pour caser de nouveaux clients. Le risotto très cher est quelconque, juste trois crevettes sans goût dans un grand tas de riz pour 13€, une portion de cannelloni rikiki.
Colisée
Plus de queue à 14h au Colisée ; Le billet est combiné Forum-Colisée –Palatin. Ma visite au Colisée est rapide. Le Colisée est à Rome ce qu’est la Tour Eiffel à Paris, symbole de la ville qu’il faut avoir vu sans que ce soit le monument le plus intéressant. Le Colisée d’El Djem ou le Théâtre de Pouzzoles sont plus beaux et mieux conservés.
Palatin
Sur la colline du Palatin, se trouvaient les palais des empereurs romains, c’est même le Palatin qui est à l’origine du mot « palais ». C’est maintenant un vaste parc avec même un verger de mandarines, des pins parasols magnifiques, des lauriers presque noirs, des pelouses et des buis taillés. Promenade très verte après l’aridité du Forum. Les palais se succèdent, de taille énorme, proportionnés aux thermes de Caracalla ou aux basiliques de Maxence. Je me promène au hasard ; découvrant ici un beau point de vue sur le Circo Massimo, là sur le Forum, on voit la coupole de Saint Pierre. Il faudrait un guide pour faire parler les palais. Le petit musée est agréable. Je suis un peu fatiguée. La concentration n’est plus au rendez vous. Je pousse jusqu’à la villa d’Auguste, celle de Livie.
Nous commençons à nous repérer : Piazza Trilussa et Piazza Gioacchino Belli ont chacune une statue de poète, le dernier est coiffé du haut de forme de Verdi. Le tram 8 nous emmène piazza Venezia où on nous indique le bus 80 jusqu’à Barberini, là un autre autobus nous conduit à la villa Borghèse . Il reste une promenade de 500m dans le parc jusqu’à la Galerie.
La villa dans la brume
Aparition villa Borghèse dans la brume
9h, Dans le brouillard, les pins se détachent. Byron, assis sur son socle (vers de Childe Harold). Un cavalier émerge de la brume, c’est Umberto V. Au loin, des clameurs proviennent de l’hippodrome.
La Galerie
La Galerie est perchée sur une colline, des fontaines occupent des creux. La Galerie est précédée par une balustrade portant des statues antiques. C’est une bâtisse de deux hauts étages avec un double escalier portant des cornes d’abondance. La loggia, à l’étage est très ornée.
Pinacothèque
Raphaël : Redéposition du Christ
Nous sommes arrivées sans réservation. On nous laisse entrer, à 9h15, il n’y a encore personne. Sur le conseil du Guide Bleu, nous commençons à l’étage par la Pinacothèque.
Les tableaux sont accrochés partout. Nous cherchons les plus fameux : La Déposition du Christ par Raphaël, une prédelle d’Andréa del Sarto, le Saint Sébastien du Pérugin .
la Cène de Bassano qui est surprenante, loin des tableaux figés et solennels ; les convives sont débraillés et semblent même avinés, Jean s’est endormi, les apôtres font de grands gestes, dans un plat il reste une tête de moutons (je pense aux oignons et poireaux de Cènes bulgares) sous la table les chiens attendent les restes.
Bassano: LaCène
Dans la salle des maniéristes je retrouve Bronzino (visite récente des portraits florentins à Jacquemart-André) . Nous nous attardons devant certains tableaux. Autour de 10h nous sommes très tranquilles. La foule n’arrivera qu’à onze.
Le classement est en fonction de la provenance : salle de Ferrare, de Venise : des merveilles. Une surprise : Canaletto a aussi peint le Colisée !
Sculpture
La Zingarella – Nicola Cordier
Des sculptures sont présentées au milieu des peintures qui les accompagnent.
La bohémienne, la Zingarella de Nicola Cordier en marbre noir, marbre blanc bronze et bronze doré, occupe le centre de la salle X. Une femme portant un chien et un enfant, de Battista della Porta est aussi une autre statue de matériaux composites.
J’ai aussi beaucoup aimé l’enfant et le petit faune jouant avec la chèvre Amalthée du Bernin.
Bernnin : chèvre Amalthéa faune et enfant
Le rez de chaussée est plutôt consacré à la sculpture. Les chefs d’œuvre du Bernin sont mis en valeur dans de véritables écrins sur mesure. Le Rapt de Proserpine (1621-1622) occupe la grande salle des empereurs au plafond clair où des bandes dorées délimitent des secteurs clairs. Les bustes des empereurs aux têtes de porphyre et aux toges ou cuirasses de marbre jaune sont-ils antiques ou récents ? Proserpine est très gracieuse, la musculature de Pluton est celle d’un Michel-Ange, à leurs pieds Cerbère n’a que deux têtes. Ce groupe est confronté aux marbres antiques de toute beauté.
Bernin : Rapt de Proserpine
Scipion Borghèse avait bon goût. Il pouvait obtenir les plus beaux spécimens antiques et tableaux, même au prix des plus odieux chantages. L’Hermaphrodite est un marbre ancien avec une t^te plus récente. Dans la salle dédiée à la Rome antique et aux anciens romains un autre groupe du Bernin tient la vedette : Enée portant Anchise et Ascagne. Une Vérité du même Bernin ne m’a pas convaincue : étrange représentation de la Vérité regardant le ciel en extase et levant un masque. J’imagine la Vérité plus sévère et regardant bien en face.
Bernin Enée portant Anchise avec Astiannax
La Salle Egyptienne est décorée de hiéroglyphes. Sa vedette est une prêtresse d’Isis portant un sistre.
Caravage
Caravage – autoportrait
La salle 8 est dédiée au Caravage, autre célébrité baroque de la villa Borghèse. Le jeune Homme aux Fruits est le tableau le plus connu, il voisine avec Saint Jean Baptiste encore adolescent et SaintJérôme à son bureau où est posé un crâne. Jérôme n’écrit pas, son geste traduit l’abandon ou la fatigue.
Caravage Saint Jérôme
En face est accroché un autoportrait du Caravage, étonnamment jeune et un grand tableau de David saisissant la tête géante de Goliath. Caravage est mis en scène dans un décor de satyres. Un grand satyre sculpté joue des crotales. Le plafond est en trompe-l’œil figurant des bacchantes : allusion à la débauche du peintre ?
Le Hall d’entrée s’ouvre sur le jardin. Le sol est couvert d’une série de mosaïques antiques sur le thème des jeux du Cirque : gladiateurs ou chasse aux fauves. Les combattants figurent avec leurs noms. Les mosaïques proviennent d’une villa fouillée au 19ème siècle. Un buste de la Muse de Pétrone, m’amuse puisque Pétrone est un des personnages de Quo Vadis que je lis en ce moment.
Canova -Pauline Borghèse
Dans la salle de Leda, Pauline Borghèse (Bonaparte) sculptée par Canova, alanguie sur un sofa de marbre blanc dans un décor empire est entourée de bas reliefs antiques avec procession de musiciennes.
David, au front soucieux et aux sourcils froncés, est concentré en bandant sa fronde. Derrière lui, sur un fond très sombre, contrastant avec le marbre blanc, le David de Caracciolo.
Bernin -David
Apollon, poursuit Daphné qui se métamorphose sous nos yeux. Des feuilles poussent à ses cheveux, des racines à ses orteils. Marbre lisse ou mat, presque translucide aux feuilles, grain bulleux. Le marbre est éblouissant.
Apollon et Daphné
Un dernier groupe attire notre attention : un groupe de pêcheurs sur un rocher avec trois petites chèvres, deux barques qui accostent.
Nous sortons à midi. la brume s’est levée. Le ciel est bleu très vif, hivernal, le soleil cogne. Nous nous installons sur un banc de pierre face à la Galerie après avoir acheté un pique-nique à la cafétéria qui vend des sandwiches et salades à un prix très raisonnable.
Villa Borghèse: Uccellaria
Une très belle allée va dans la direction de la Villa Giulia – musée étrusque – passe devant le Zoo. Sur notre gauche, dans un vallon herbu, les Romains promènent leurs chiens. Les arbres de la Villa Borghèse sont magnifiques. La silhouette de très beaux pins dominent la porte Pinciana. Au dessus de nos têtes de très hauts chênes perdent leurs glands et nous bombardent avec fracas. L’allée vers la Galerie d’Art Moderne est bordée de platanes immenses et vénérables. Je passe devant un théâtre du Globe, réplique du théâtre londonien shakespearien. La Galerie d’art moderne m’attirerait, il faudrait rester un an à Rome pour épuiser les ressources de ce parc, visiter les grandes et petites casinas. Nous sommes passées le long de l’Uccellaria avec son très beau jardin et de la Casina Meridianaet son orangerie.
Casina meridiana
15h, nous n’avons pas encore trouvé la Villa Giulia. Après la merveilleuse visite de ce matin et sous le franc soleil, je n’ai as envie de m’enfermer pour une nouvelle visite de musée.
Comment rentrer ?
Les tram 3 et 19 desservent le Musée d’Art Moderne. Le chauffeur du 3 nous conseille de rendre le 19 jusqu’au terminus Piazza Risorgimento et ensuite le 23 qui suit les quais du Tibre. Traverser Rome en tramway, c’est aussi faire du tourisme ! Nous découvrons la grande Via Flaminia, passons le Tibre, le tram passe à côté de casernes et finalement, atteint le Vatican. Etonnamment, aujourd’hui dimanche, même autour du Vatican tous els commerces sont ouverts. Les Romains font leurs courses de Noël, trams et bus sont bondés de gens portant des paquets. Le 23 passe devant le Château Saint Ange au coucher du soleil. Après les murs de la Farnesina nous reconnaissons le pont Sisto et la Place Trilussa.
Il est 11h, que visiter dans les environs des thermes de Caracalla ?
San Giovanni in Laterano est accessible par le Tram 3, au Circo Massimo qui passe devant le Colisée.
San Giovanni in Laterano
La façade blanche est surmontée de 15 statues blanches de 7 m de haut qui se voient de loin. Du Janicule, on remarque ces pointes blanches. Le fronton triangulaire est classique avec des balustres et deux portiques. Cinq grandes arcades correspondent aux cinq nefs, ainsi que les 5 portes.
Porte principale
La porte principale, en bronze provient de la Curie antique.
La Porta sancta ( à droite) ne peut être ouverte que par le Pape à l’occasion des Jubilées, elle est murée et des maçons doivent enlever les briques. La statue de Constantin sur le côté, n’est pas mise en valeur elle est cachée par des grilles.
L’intérieur a gardé l’aspect voulu par Borromini en 1650 : 5 nefs et un plafond plat à caissons dorés. Dans les niches sous les piliers, les 12 statues des apôtres furent exécutées par des disciples du Bernin, spectaculaires mais plutôt froids.
Le pavement cosmatesque est formé de petits éléments de marbres polychromes. Je le trouve tout à fait charmant.
fresque de Giotto
Près de la Porta Sancta, caché par un pilier, la Fresque de Giotto : proclamation du Jubilée 1300 par Boniface VIII .
De nombreuses chapelles se succèdent – dans l’ennui .
Le transept est décoré de très grandes fresques maniéristes exécutées parle Cavalier d’Arpin, belles couleurs.
Derrière le chœur, l’abside est revêtue d’une mosaïque dorée, malheureusement dans la pénombre. J’ai du mal à retrouver les quatre fleuves se jetant dans le Jourdain de la Jérusalem céleste.
Baroque et équivoque!
Au Musée, une bonne sœur nous claque la porte au nez, aucun regret je n’ai pas de goût pour les chasubles, étoles, calices ou ciboires. L’entrée du cloître est payante (5€) la présence d’un échafaudage métallique bleu nous dissuade. Les gracieuses colonnettes vantées par notre guide se trouvent occultées.
Basilica di san Clemente
san clemente
Nous reprenons le tram n°3 qui s’arrête tout à proximité sur la Piazza San Clemente.
La basilique est dédiée à Clément 1er, le 4ème pape qui aurait péri attaché à une ancre en Mer Noire, en Crimée. En 861, ses reliques supposées — ou peut-être une partie d’entre-elles — ont été ramenées de Crimée à Rome par saints Cyrille et Méthode.
Cette église est très ancienne, élevée à la fin du 4ème siècle, détruite en 1084 (par les Normands de Robert Guiscard). Elle fut reconstruite au début du 12ème siècle. Malgré certains remaniements, l’édifice a gardé son caractère médiéval.
Le pavement cosmatesque date du 12ème siècle. Une très belle mosaïque dorée orne l’absidedu chœur : triomphe de la Croix . la croix se détache sur le fond doré orné de volutes végétales Une rangée de moutons borde le bas de la mosaïque. En observant mieux, je remarque de nombreux etits animaux ; des cerfs, des paons, une oie….Sous les agneaux, une rangée de personnages auréolés, droits et raides comme des byzantins.
Des marbres gris finement travaillés bordent le chœur et le « schola cantorum » – espace des chantres.
Dans un coin, un curieux bas-relief : près du gisant, un enfant pleure tandis que l’espérance de l’immortalité sourit. Le défunt est le comte de Bastérot député des pieux établissements français , ambassadeur de France près le Saint Siège. Le texte de la stèle est écrit en français.
légende de sainte catherine masolino
La chapelle de Sainte Catherine est ornée de fresques de Masolino de Panicale (1380-1440) qui est bien le même Masolino qui a travaillé à Florence avec Masaccio.
Un cloître très simple borde l’église.
Une surprise m’attend en dessous de la basilique : pour 10€, on peut accéder aux « fouilles archéologiques ». Une basilique paléochrétienne du IV ème siècle. Elle ne se découvre pas au premier regard.
Dans la pénombre, je découvre des fresques très anciennes et originales : Pesée desâmes Saint Michel, saint André et Saint Clément entourent le Christ qui bénit dans le style byzantin. Agenouillés, Cyrille et Méthode . Une autre fresque raconte le Miracle de la Mer d’Azov « illustrant la survie d’un enfant happé par la marée ». Sous un baldaquin on a représenté l’enfant tout autour des poissons et des pieuvres montrent la mer. Fresque 868, de la Translation des reliques de Saint Clément apportées par Cyrille et Méthode. La tombe de Saint Cyrille mort en 869 à l’âge de 42 ans est entourée de nombreuses plaques russes, slovènes ou croates.
On pénètre enfin dans le Mithréaum : sanctuaire voué au culte de Mithra. Un bas relief porte les attributs de Mithra : bonnet phrygien, taureau, chien, serpent, scorpion. Deux personnages portent des torches l’une levée, l’autre baissée symbolisant le lever et le cocher du soleil. On sacrifiait un taureau et procédait à des banquets rituels. Descendant encore d’un étage, on arrive au niveau du sol de l’époque antique. Dans l’antichambre du temple du dieu Mithra se trouve une fontaine pour les ablutions, avant d’entrer dans la salle du banquet. Dans la pièce du banquet les convives étaient allongés sur des banquettes de pierre et consommaient le pain, le vin et la viande de taureau. Le plafond rappelle celui d’une grotte (rituellement le banquet devait se tenir ans une grotte). A côté la Scolae : école où sont formés les fidèles. Le culte de Mithra fut interdit en 395.
Mithra et ses attributs (musée des thermes de Dioclétien)
On emprunte une ruelle étroite du 1er siècle construite pour faire barrière anti-incendie entre les maisons. On entre dans une maison romaine pour arriver à une source coulant encore très fort, très bruyamment.
On remonte dans la basilique du 9ème siècle. Une basilique n’est pas forcément une église pendant l’Antiquité, ce peut être n’importe quel lieu de rassemblement ou de commerce. Le plan basilical est un plan rectangulaire divisé par des travées de colonnes. Vie de Saint Alexis qui se retira comme ermite le jour de ses noces et revint incognito se présentant comme un mendiant, il se vit attribuer comme abri un réduit sous un escalier où il vécut jusqu’à sa mort. La fresque retrace la scène de reconnaissance.
la suspicion de Sisinius
Une vie de Saint Clément raconte la suspicion de Sisinus. Ce romain soupçonnait sa femme de se rendre chez son amant. Il la suivit. Elle se rendait à la Messe dite par saint Clément. Il ordonna à ses esclaves de se saisir de la femme. Aveuglés ils emportèrent une colonne. Cette fresques contient le premier texte écrit en italien, Saint Clément utilise le latin tandis que Sisinus insulte ses serviteurs dans ce qui va devenir l’italien.
Comment rentrer à la maison ?
Le retour est épique. Je pensais que le tram n°3 allait jusqu’à la gare du Trastevère où nous retrouverions le tram n°8. Erreur ! il s’est arrêté à la Pyramide et à la stazione Ostense et puis est reparti vers le Colisée. De là nous pensions trouver de nombreux autobus pour la Piazza Venezia et là le n°8 dans l’autre sens. Nous ne savions pas que, le samedi, les Fori imperiali sont piétonniers : pas d’autobus, il faut marcher à pied. C’est une très belle promenade au pied du Colisée qui s’éclaire et entre les forums illuminés mais nous sommes épuisées et avançons avec comme cap, la colonne Trajane et le sapin de Noel !
Sans connexion Internet, difficile de s’orienter dans le réseau de transport public. Au kiosque à journaux, on vend bien un plan, mais écrit si petit qu’il est illisible. La dame nous conseille d’aller Piazza Venezia où passent de nombreux autobus. Donc: tram 8, puis 628 à la Piazza Venezia. Le trajet du 628 est panoramique : Théâtre de Marcello,Circo Massimo.
Thermes de Caracalla
Les Thermes de Caracalla sont situés dans un cadre de verdure sous de beaux pins parasols. Le Viale delle Terme di Caracalla est bordé d’une piste cyclable et de sentiers de jogging, un stade jouxte la Palestre antique – tout à fait approprié !
Encore une fois, les thermes me frappent par leur gigantisme. Seule comparaison : l’énorme palais de Chakhrisab près de Samarcande avec ses hautes tours qui formaient autrefois l’arche d’entrée du Palais comme celles qui soutiennent la voûte du Caldarium. La brique rouge s’harmonise très bien avec la verdure, les pins parasols se détachent ainsi que les droits cyprès et les noirs lauriers. Cependant, il faut imaginer l’établissement resplendissant de marbres, de mosaïques orné de statues dans les niches et les jardins. Il ne reste que quelques colonnes de granite rose ou de serpentine verte pour donner une idée des couleurs. Leur diamètre est impressionnant.
De part et d’autre du complexe des salles d’eaux, caldarium, tepidarium, frigidarium et natatio, se trouvent vestiaires et palestres.
Le parcours de visite commence dans la Palestre où il reste quelques mosaïques colorées à motifs géométriques : tesselles vertes de serpentine, rouge et jaunes de marbres antiques. Les vestiaires sont pavés de mosaïques noires et blanches. Il faut imaginer les casiers pour les vêtements parfois gardés par un esclave.
La piscine a des dimensions « olympiques » (50m x 22m) mais peu profonde. Les bouches d’arrivée d’eau triangulaires formaient des cascades comme dans un nymphée.
tabula lusorium
Sur les bords, une dalle creusée de petites cavités rondes : Tabula lusoria était un jeu, une sorte de minigolf : une noix était lancée et devait courir dans les trous. Une inscription, une plaisanterie, est encore lisible (pour les spécialistes en épigraphie) .
Des décors somptueux , il ne reste plus qu’un chapiteau corinthien à feuilles d’acanthe près du natatio et une frise de marbre blanc finement ciselée dans la deuxième palestre qui permettent d’imaginer les décors. Au pied des murs on a relevé des mosaïques figuratives aux thèmes aquatiques.
Caracalla
Les Thermes de Caracalla ont été fouillés dès 1545-1547 par le Pape Paul III Farnèse. Dans le Frigidarium se trouvait le Taureau Farnèse (que nous avons vu à Naples) tandis que les grands bassins sont actuellement Place Farnèse devant le Palais. Nous sommes passées hier devant sans les remarquer. Près du Caldarium, les »petites « salles chaudes des Laconicum étaient des saunas.
Les deux tours du caldarium, il fallait imaginer une coupole les rejiognant
Du Caldarium, il ne reste plus que les gros piliers, hauts et larges comme des tours. Il faut imaginer une coupole, une verrière, un bassin froid pour se rafraîchir. Difficile d’imaginer les circulations d’air chaud avec de telles dimensions. Les chaudières étaient souterraines, les réserves de bois énormes. Les citernes se trouvent en face. Pour les approvisionner il a fallu construire un aqueduc, Aqua Nova Antonina, en 212 ap. JC.
Devant le Palais Farnèse, les grosses baignoires pris dans les thermes qui permettaient de se rafraîchir
Il tombe du ciel de curieux aéronefs, bleus, verts ou rose. Dominique a cueilli une de ces mini-montgolfières au vol, décorée par des dessins d’enfants. Deux diamètres en fil métalliques portaient à leur intersection une bougie ou une petite lampe pour chauffer l’air.
La visite se termine à laBibliothèque : il y en avait, l’une latine, l’autre grecque.