CARNET ROMAIN

Fumicino 8h30, 6°C, beau soleil.
Achat de Romapass -72h , et tickets de train à la machine (8€). Il existe un autre train Leonardo Express, plus rapide, 21 plus cher, qui va à Termini. Le train pour la gare de Trastevere-Roma est un omnibus vide qui se traîne dans la campagne hivernale ensoleillée. Les pins parasols qui bordent les routes, les cyprès et les eucalyptus donnent une illusion de verdure.
La Stazione Trastevere- Roma est une gare vieillotte aux dalles de marbre mais aux ferronneries rouillées. Actualité oblige : des militaires en treillis et en armes lourdes patrouillent.
L’arrêt du tramway n°8 est un peu plus loin sur le Viale Trastevere.Tickets journaliers à l’edicola, le kiosque à journaux qui vend des DVD de Pasolini pour commémorer l’anniversaire des 40 ans de sa mort. Le n°8 est un tram moderne aérodynamique mais peu équipé en siège ; nous sommes debout pendant les 6 stations qui nous séparent de Gioacchino Belli. La signalétique est peu pratique, c’est écrit tout petit, illisible, les voyageurs sont gentils et nous aident.

Suivant l’itinéraire de Guido, je trouve facilement le nom des rues gravés sur des plaques de pierre, les rues Gustavo da Modena, via della Renella et Politeama sont en enfilade, très calmes, pavées, entre les maisons jaunes ou oranges. Guido devait nous attendre place Trilussa devant la statue du poète vert de gris qui semble surgir du socle de pierre. Personne !
De l’autre côté,un monument, sur une volée de marches. Un panneau raconte la conversion de Christine de Suède qui vivait au Palais Corsini, dans les parages. J’ai lu cette histoire récemment dans les Dix Mille Guitares de Catherine Clément. Après cette lecture instructive, je commence à m’inquiéter, les locations fantômes sur Internet cela peut exister !
En bas des marches, des militants s’activent à étaler, à scotcher et à froisser de grands sacs-poubelles autour d’un canot de survie orange, des affaires trainent. Sur des feuilles blanches imprimées en lettres noires, une inscription sobre : 18 Décembre, jour des migrants. Une femme distribue des tracts : HUMAN WASTE, l’Onda della Vergogne. Ce n’est pas une manifestation mais une installation artistique de Monica Pepe et Gianpaolo Renzi « Reconstruire cette mer noire avec les objets qui ont accompagné les migrants dans leur traversée… ». Peu de spectateurs, quelques photographes, des habitués du quartier lisent leur journal sur la place, un homme a étalé l’Unita.
Enfin un homme qui ressemble à la photo, marche, le telefonino collé à son oreille !

Notre maison est tout près dans le vicolo Moroni au 39, en rez de chaussée.
Une pièce avec deux canapés et un écran plat, une alcôve derrière un panneau coulissant en verre coloré, une petite salle de bain. Mais où est donc la cuisine? Ecola ! A la cave, qu’on atteint en descendant un escalier aux marches hautes et étroites surtout la troisième, après c’est raide mais plus large. Un peu de vaisselle, ni nappe ni torchons, basique. Pour le petit déjeuner! les touristes iront au restaurant midi et soir ! Justement nous louons un appartement pour économiser sur les repas.


















