L’Hermine – Christian Vincent

l'hermine affiche

Dans le programme des dernières semaines des Cinémas du Palais, l’Hermine n’était pas mon premier choix.  Et même,mercredi dernier, j’avais préféré rester à la maison alors que j’avais prévu de le voir….

Excellente surprise! Lucchini se bonifie, s’humanise.

 

Un film à suspens, la Cour d’Assises comme  un théâtre avec son cérémonial, ses costumes, et  ses rebondissements. Le tribunal comme révélateur d’une région, d’une ville Saint Omer, avec ses notables et ses déshérités. L’entêtement de l’accusé qui répète « j’ai pas tué Melissa ».  L’humanité des jurés qui, honnêtement, veulent comprendre.

Goliarda Sapienza – L’ART DE LA JOIE

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Je ne suis pas mécontente d’être arrivée au bout de cet énorme pavé si pesant! (vive la lecture électronique quand les 500 pages sont dépassées). Pesant au sens propre et parfois figuré.

L’Art de la Joie raconte la vie de Modesta (quel prénom inapproprié pour une princesse tout sauf modeste). Née le 1er janvier 1900. Le livre se termine dans les années 60. Toute l’histoire de la Sicile défile, deux guerres mondiales, le fascisme, la libération de la Sicile, les compromis politiques après…Histoire des idées, Modesta est très cultivée et partage ses lectures avec ses amantes et ses enfants. Irruption de la psychanalyse.

l'artdela joieCet aspect historique est très intéressant.

Particularismes de la Sicile. Chaque fois Modesta se démarque du continent : coutumes, usages, cuisine… c’est donc exotique et dépaysant.

Modesta naît dans un milieu misérable, avec sa mère et une sœur mongolienne. Quand son père apparaît c’est pour consommer un inceste. La petite fille est confiée aux religieuses d’un couvent où elle va acquérir une excellente éducation : lectures, musique et même astronomie. La Mère supérieure la remarque et lui donne l’occasion de s’introduire dans sa famille noble comme préceptrice de la petite princesse. Modesta se fait apprécier et épousant le fils de famille mongolien devient princesse aussi?

Après l’épidémie de grippe espagnole, Modesta, maintenant chef de famille, quitte la campagne pour Catane. Elle met au monde un enfant, adopte celui que son mari a fait à son infirmière, fait venir une nourrice et son fils. La villa au bord de la mer se remplit d’enfants et d’invités. Nous suivrons maintenant les aventures de toute cette tribu et de ceux qui fréquentent la maisons, domestiques mais surtout amants, militants, amantes….

L’Art de la Joie est l’histoire d’une femme libre, féministe et très sensuelle. Grande amoureuse, Modesta a vite compris qu’il fallait vivre au bout de ses passions parce que l’amour finit par lasser et ne dure pas. Amoureuses et amants se succèdent. Pas de mari, elle ne veut pas de maître. Cet aspect  est parfois ennuyeux. Modesta est irrésistible, ni femme ni homme ne lui résiste. Séductrice, belle, sûre d’elle même. Et agaçante pour la lectrice qui la trouve bien imbue de sa personne. Et puis le sexe c’est excitant quand on le vit pas forcément quand on le lit.

Le livre est écrit essentiellement sous forme de dialogues souvent répétitifs. Combien de fois elle se serre contre sa partenaire, sent son sein chaud, la (le) couvre de baisers. Heureusement l’intendant lui apprend à monter à cheval, le médecin lui apprend à nager, Joyce la psychanalyse, Nina l’anarchie …

Livre féministe, dépeignant une femme très forte, très belle, très intelligente, n’en jetez plus! Certains aspects sont quand même très limite. Modesta a quand même tué deux femmes pour monter l’échelle sociale. Elle est toujours à la limite de l’inceste…

On se laisse immerger dans ce roman-fleuve qu’on rejette parfois pour le reprendre plus tard. Comme l’a très bien écrit Celine de Babelio, on ne sait pas vraiment si on a aimé!

Le Radôme de Pleumeur-Bodou : musée des télécommunications

CARNET DU TREGOR 

Le Radôme de Pleumeur-Bodou
Le Radôme de Pleumeur-Bodou

Radôme : Rad pour Radar, Dôme pour Dôme.

Le Radôme fut construit en 1962 pour capter les émissions du satellite Telstar : le dôme blanc abrite l’antenne PB1  et fut en service jusqu’en 1985.

Telstar
Telstar

Il est l’attraction majeure d’un Parc de Loisirs comprenant La Cité des télécoms, le Planétarium de Bretagne, un village Gaulois.

Par un jour gris et humide, nous partons pour Pleumeur Bodou. Sous une belle halle en triangle, je me suis passionnée par cette Odyssée des Télécoms.

 

 

Les pères Fondateurs :

maquette du télgraphe deCchappe
maquette du tél graphe de Chappe
  • Chappe (1763-1805) et l’invention du télégraphe optique (héritier des signaux de l’Antiquité) en 1794 dans la France de la Révolution en guerre. Le réseau télégraphique fut mis en place pendant tout le 19ème siècle.
  • Samuel Morse (1791-1892) inventa le code morse en 1838.perrosdt2015 005 - Copie
  • Marconi (1874-1938) permis avec les ondes hertziennes les premières liaisons transatlantiques
  • Les Frères Lumière inventèrent le cinéma en 1895
  • Hollerith 1860-1929 inventa les cartes perforées en 1890 et fonda la Tabulating machine Co qui devint IBM
  • Lee Forest mit au point en 1906 la lampe triode à la base de l’invention de l’électronique
  • Eastman(1854-1932) inventa la pellicule souple
  • Edison (1847-1931) 1877, phonographe
  • Graham Bell (1847-1922) inventa le téléphone en 1875

    Téléphone mural
    Téléphone mural

Chacun de ces hommes illustre figure avec son invention dans une vitrine, très beaux objets.

Les téléphones anciens, muraux en bois ou en métal sont particulièrement décoratifs.  Surtout le Ericsson 1900 avec sa poignée ciselée. .

Un petit amphithéâtre permet de visionner un film retraçant l’histoire des communications : Le Murmure du Monde (17mn)

La salle suivante présente toutes sortes de télégraphes électriques

  • 1837 : télégraphe de Morse à ruban, robuste fut adopté en France en 1855

Mais d’autres systèmes que celui de morse, avec d’autres codes ont été utilisés jusqu’au milieu du 20ème siècle

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Télégraphe Morse à ruban
  • 1844 –  le télégraphe de Breguet à cadran qu’on tournait,  fut utilisé dans les voies ferrées
  • 1856 – le télégraphe de Hughes avait un clavier à touches de piano blanches et noires portant les lettres il permettait des transmissions à 40mots/mn et fut retiré définitivement en 1948
  • Le télégraphe Baudot n’avait que 5 touches avec 5 impulsions d’électricité positive ou négative utilisait le code Baudot.

Eclaireuse, j’avais appris le code morse comme tout bon scout qui se respecte mais j’ignorais que d’autres techniques et codes étaient utilisés.

Le complément logique du télégraphe est bien sûr le câble transmettant les signaux.

Les Télécoms sous-marins sont le sujet de l’exposition suivante. Une cale de bateau en bois lambrissée avec des hublots ronds  sert de décor présentant une énorme cloche qui était une cuve où était enroulé le long câble. Des gravures montrent comment il fut enroulé et déroulé. L’histoire des câbles sous marin est aussi celle des empires européens au 19ème siècle. Les Britanniques préfèrent la voie terrestre via la Turquie pour joindre les Indes(1865) ou via la Russie (1868). Mais pour le continent américain il n’y avait pas le choix.

Une autre salle est consacrée à ces câbles dans un décor abyssal, dans une pénombre bleutée avec des rochers noirs. Les câbles et les grosses ogives des répéteurs et amplificateurs sont posés sur les fonds ; Il y a aussi un robot pour la maintenance de ces câbles, sorte de petit tracteur autonome.

Les câbles sous-marins ont évolué en un siècle et demi :

  • 1850- 1960 : le câble contenait un seul conducteur en cuivre et servait surtout au télégraphe
  • 1950-1990 : câble coaxial permettant de conduire les conversations téléphoniques
  • 1983 : la fibre optique est un conducteur universel pour le téléphone et pour le numérique.

A 11h30 il y a un spectacle son & lumières dans le Radôme

On y entre par un sas. Dans l’entrée une maquette du satellite Telstar est suspendu dans une ambiance « années 60 » des images d’actualité sont projetées : les funérailles e Kennedy, dans un mur des écrans de télévision montrent des émissions dont je me souviens bien Bonne nuit les petits, Thierry la fronde, Les Saintes chéries, Le mot le plus long, Catherine Langeais présente une émission, la mire….souvenirs…

l'antenne éclairée pendant le spectacle
l’antenne éclairée pendant le spectacle

Pour entrer sous le dôme il faut attendre l’hôtesse qui parle avec un écho étrange dans la pénombre. Sous le dôme des poutrelles construisent un étrange échafaudage qui supporte un énorme cornet : l’Antenne, oreille capable de capter les signaux très faibles renvoyés par Telstar. Le Radôme est un ballon de dacron gonflé à l’air en surpression (la pression dépend de la météo)    . Haut de 50m de 64m de diamètre. Le spectacle destiné à tous public est inégal, l’intervention de deux personnages qui grimpent aux poutrelles est destinée aux enfants, mais la suite est passionnante. Il y est raconté l’histoire du montage en 116 jour de cette structure impressionnante, il y est expliqué comment Telstar n’était audible que 20minutes par jour, il a transmis des émissions de télévision en Mondiovision.  On entend Yves Montand, on voit la couverture de Salut les Copains, avec les couleurs de l’époque. Les satellites géostationnaires ont rendu caduque l’Antenne. Le spectacle se termine en lumière colorées.

cet arbre est une éolienne
cet arbre est une éolienne

Sur l’esplanade devant le globe un grand tableau Landart, vert et blanc. Au centre un bloc de granit imitant un menhir immortalise la visite du Général de Gaulle. Tout autour des installations de deux télégraphes de Chappe permettent aux enfants de s’envoyer des messages, deux cabines sont reliées par des fils qui chantent sont une manipulation grandeur nature, pour communiquer en morse, il y a aussi une cabine autonome avec panneaux solaires et éolienne pour les régions où l’énergie électrique n’arrive pas. Il y a aussi un arbre à énergie, dont les feuilles en plastique vert sont de petites éoliennes. Plus loin,  diverses paraboles complètent le cercle.

Sous la halle, à l’étage il y a une exposition temporaire sur les Illusions d’Optique exposition très fournie et très pédagogique, ludique aussi. On participe, certains illusions sont spectaculaires, on le les ressent pas toutes cependant.

Au rez de chaussée, les Télécoms spatiales, une belle salle autour d’une photo aérienne de la Bretagne et des Pays de Loire, raconte la suite de l’histoire avec des maquettes de satellites et de la fusée Ariane. Des vidéos racontent les lancements de la fusée. Après avoir lu attentivement toutes les explications sur l’histoire du télégraphe je n’ai plus la patience et la concentration pour étudier sérieusement cette histoire.

Le temps s’est éclairci. Nous pouvons pique-niquer à l’extérieur (salade de pommes de terre, thon anchois, olives).

La tête reposée, je peux affronter une dernière exposition Les Coulisses du monde digital qui commence par l’algèbre de Boole passe par les langages Fortran, Cobol ou Basic inconnus maintenant du grand public dont j’avais entendu parler, étudiante, quand l’ordinateur était réservé aux spécialistes. Avançant dans la chronologie, on voit l’évolution des téléphones, et des explications un peu abstraites, beaucoup à lire. Je n’accroche pas trop.

Comme le temps s’est éclairci et qu’il fait un pâle soleil nous retournons à la mer pour un tronçon de sentier côtier jusqu’à Trégastel. La mer est haute ; sous la faible lumière, les paysages changent.

Pendant ce temps Dominique a acheté des coquilles Saint Jacques de Saint Brieuc à des prix défiant toute concurrence (2.90€/kg) avec des salicornes.

Des « cités de caractère » La Roche-Derrien – Pommerit-Jaudy – Runan – Pontrieux

CARNET DU TREGOR

château de Kermezen
château de Kermezen -Pommerit-Jaudy

Crachin breton, il fallait bien s’y attendre fin octobre !

Route facile par Louannec, Kermaria jusqu’à la Roche-Derrien annoncée «petite ville de caractère » qui mérite bien ce titre.

La place Martray – place du Marché – a plusieurs maisons à pans de bois, la plus belle, revêtue d’ardoise est en rénovation. Au fond, la Maladrerie abrite l’Office de Tourisme (fermé jusqu’au 16 mai 2016). Le grand bâtiment sévère est moyenâgeux, nous ne l’avions pas vu du premier coup. Heureusement la ville est couverte de panneaux explicatifs illustrés par des cartes postales anciennes. Dans les petites rues, les boutiques d’artisanat d’art ou de produits bio, le village a perdu son activité industrielle de tissage du lin et cherche à survivre grâce au tourisme vert.

les maisons à pans de bois de La Roche-Derrien
les maisons à pans de bois de La Roche-Derrien

La colline était coiffée du donjon, disparu, il est remplacé par une petite chapelle, 19ème siècle, assez moche. La vue vaut l’ascension. On découvre tous les jardins du village (dont un asiatique avec pagodes, bouddhas et pont arqué rouge) et le panorama sur le Jaudy.

Je descends par la venelle des Anglais très en pente jusqu’au Quais, autrefois les voiliers remontaient la rivière, à l’époque du lin….les murs bordant la venelle sont en schiste, colonisés par des plantes fleuries surtout une sorte de pâquerette aérienne.

les murs en pente de La Roche-Derrien
les murs en pente de La Roche-Derrien

Nous montons à l’église Sainte Catherine 12ème -13ème mais ayant été restaurée plus tard. Son clocher est une grosse tour carrée flanquée d’un escalier octogonal percé d’une meurtrière qui témoigne de son rôle de fortification. Il existe également des souterrains. Une flèche octogonale pointue coiffe le clocher. A l’intérieur on découvre des bannières brodées  d’un pardon, des vitraux très colorés. Le joyau de l’église est son orgue (on peut cliquer sur le QR code pour les explications). C’est le plus ancien de Bretagne. Il était autrefois à Saint Brieuc, restauré par Cavaillé-Coll. Il vient de Westminster.

Le Jardin du Presbytère – jardin public – se trouve à 50m sous l’église, dans une ruelle, sur des terrasses avec une très belle vue. C’est un jardin rustique planté de pommiers (avec des pommes rouges), des poiriers aux feuilles automnales, verger tout simple. Sur la terrasse supérieure sous le mur poussent des plantes aromatiques, lavande, mélisse, menthe …

A la mairie on nous offre toute une documentation sur les environs.

Kermezen
Kermezen

Pommerit-Jaudy est une petite cité précédée d’un lycée monumental. Un itinéraire de 8km balisé en jaune permet de découvrir toutes les curiosités des environs. Sous la pluie je renonce à la randonnée pédestre mais on peut faire une partie du circuit en voiture. Le château de Kermezen est bien fléché (il y a des chambres d’hôtes). Nous découvrons d’abord la  chapelle Sainte Anne avec ses deux croix, le château est précédé d’une allée d’arbres rougeoyants hêtres et chênes américains, la façade claire  est encadrée de tours carrée et rondes poivrières, une vigne vierge rouge, des massifs fleuris égaient sous la pluie qui tombe dru. Impression de château du Grand Meaulnes à travers les fûts des hêtres. Il manque l’étang mais à l’arrière court le ruisseau. Non loin de là, plusieurs voitures sont  garées sous l’écriteau Jardin Hortense, malgré la pluie je descends avec seulement ma polaire. Le chemin est balisée en jaune, en plus du jardin, j’espère voir le pont Eiffel et la fontaine de Kermezen annoncés sur le topo-guide du circuit de la Vallée du Jaudy. Je descends un beau chemin à couvert sous les hêtres et les châtaigniers et ne sens même pas les gouttes. J’arrive sur un autre chemin bien boueux qui me contraint à rentrer sans avoir vu, ni jardin, ni fontaine, ni pont. Comble de malchance, la Peugeot bleue n’est plus sur le Parking. Peut-être Dominique a continué sur la route : à 50m je trouve le hangar de Hortense. Un  peu plus loin se trouve l’entrée du jardin (2 circuits le plus long 45minutes dans les hortensias. Mais toujours pas de voiture bleue. Et pas de réseau pour le téléphone mobile ! Enfin, on se retrouve mais je suis bien mouillée !

Sur le ruisseau : trois moulins annonces.  Ce sont des maisons habitées, on n’ose pas s’approcher.  Le dernier, moulin de Traou Jaudy se voit mieux de la route, la roue est parfaitement restaurée.

Il est temps de prendre la route pour Pontrieux – notre destination initiale.

Pique-nique devant l’enclos paroissial de Runan.

Eglise de Runan
Eglise de Runan

L’église appartenait aux Templiers, passa aux Hospitaliers de Jérusalem puis fut agrandi au15ème siècle. L’édifice est de grande taille précédé par 3 grandes croix sur un piédestal. Deux porches sculptés et de nombreux bas-reliefs ornent les murs. Au dessus du porche sud le linteau est sculpté d’une Annonciation et d’une belle piéta. Curieux bas-reliefs : deux chiens autour d’une cloche. Que signifient-ils ? La place du village st plantée de beaux arbres. Village très tranquille. On ne voit personne, aucun magasin.

Runan : pieta
Runan : pieta

 

Pontrieux, au fond de l’estuaire du Trieux, surnommée « Venise verte ».

Pontrieux : Office de Tourisme
Pontrieux : Office de Tourisme

Deux ponts, un viaduc, une passerelle. Pontrieux porte bien son nom ! L’Office de Tourisme se trouve sur la place Yves le Troquer dans une belle maison à colombages bleus. On nous offre un plan avec un circuit de deux kilomètres pour découvrir la ville. Première étape le port, puis je prends le Pont Neuf sous le viaduc ferroviaire pour parcourir la rue sur l’autre rive. A La Roche-Derrien pourtant proche, les murs étaient de schistes, à Pontrieux surtout des moellons de grès rouge, dans une venelle menant à la passerelle les murs sont couverts d’une plante très verte aux minuscules feuilles rondes accompagnée de fougères scolopendre – variations sur le thème du mur et de l’humidité !

Moulin de sur le Trieux
Moulin de Richel sur le Trieux

La passerelle conduit à un important moulin, le Moulin de Richel, très grosse scierie construite en 1880 actionnée par une roue à aube, maintenant fermée. En face un potager fleuri offre un premier plan coloré avec des capucines orange.

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Nous terminons la visite  en beauté « Au bon goûter 1900 », le plus joli salon de thé qui soit. Une jolie vitrine, quelques tables fleuries d’une grosse tête d’hortensia, une collection de théières, tisanières, cruches sur une étagère, des cartes postales anciennes. Dans un porte-parapluie, on offre (vend) des parapluies de d’époque (bien utiles aujourd’hui). Une radio ancienne diffuse des chansons  début de siècle. Notre hôtesse en robe assortie nous accueille gentiment. La carte est bien fournie : thés blancs, thés verts, thés rouges aromatisés à la rose, la violette, Darjeeling, Earl Grey, des tisanes aussi, vin chaud, chocolats et cafés. Des friandises accompagnent les boissons. Ici c’est « goûter », calissons, gâteaux tunisiens… nous choisissons des tranches de brioche avec des gelées de framboise et groseilles, mais on aurait pu choisir sapin, pissenlit…Nous prenons notre temps pour terminer cette bonne journée pleine de surprises et réussie sous la pluie.

Les lavoirs sur le Trieux
Les lavoirs sur le Trieux

Osiris-Mystères engloutis d’Égypte à l’IMA

le réveil d'Osiris
le réveil d’Osiris

LE MONDE EN EXPOS

exposition temporaire du 8 septembre 2015 au 31 janvier 2016 à L’Institut du monde Arabe(pour tout renseignement pratique cliquer sur le site de l’exposition en lien ci-dessus. 

C’est un voyage magique que l’IMA propose. Voyage en Egypte ancienne, bien sûr. Découverte de deux villes englouties en Baie d’Aboukir à 35 km d’Alexandrie : Canope et ThônisHeraklion et plus étonnant encore une reconstitution des Mystères d’Osiris, culte réservé aux initiés (d’où le nom de Mystère). 

une princesse figurant Isis
une princesse figurant Isis

Les objets remontés par les archéologues-plongeurs de toute beauté sont accompagnés de ceux que les plus fameux musées du Caire et d’Alexandrie ont prêtés. La scénographie, dans la pénombre rappelle les profondeurs des eaux et aussi l’ambiance mystérieuse.

la statue géante d'Hapi
la statue géante d’Hapi

La grande salle du rez de chaussée présente les divinités : le couple IsisOsiris et leur enfant Horus,  faucon ou enfant avec sa mèche enfantine, etaussi Sérapis divinité hellénistique. La grande statue d’Hapi (le fleuve apportant la crue et la fertilité). domine toutes les vitrines. Un petit sanctuaire au toit pyramidal présente d’intéressantes gravures astronomiques.  Après un rappel chronologique et mythologique nous sommes préparés pour continuer à l’étage.

Bérénice
Bérénice

On fait connaissance avec un pharaon moins célèbre Nectanebo et avec la princesse Bérénice noyée qui participe aux cérémonies. On découvre les sites engloutis de Thônis-Heraklion et de Canope. Les archéologues ont reconstitué la topographie du port, des canaux et des temples principaux. Sur un canal, les barques sacrées d’Osiris glisseront emportant chaque année la divinité. 

 

 

On visite les sanctuaires de Thônis à différentes divinités entre autres Bès et Khonsou (assimilé à Héraklès d’où le nom d’Heraklion)et on découvre  les détails du culte osirien : la préparation dans une cuve-jardin de granite rose de l’Osiris de sable et d’orge qui va renaître en germant, la préparation d’un autre Osiris d’argile en 14 partie comme les 14 morceaux de la dépouille démembrée du dieu, les ustensiles pour arroser l’Osiris végétant, les aromates et épices à mélanger avec l’argile. Osiris sur un lit est gardé par 4 faucons tandis qu’Isis oiseau-de proie plus grande évente le pénis son mari pour pouvoir concevoir un enfant. Une autre statue montre l’éveil d’Osiris. Une procession de petites barques votives nous laisse imaginer la véritable procession. Tous ces détails ont été déchiffrés d’après des textes hiéroglyphique de Dendera.

Osiris veillé par des faucons
Osiris veillé par des faucons

osiris 016Au hasard je découvre que les vases canopes renfermant les viscères des momies viennent bien de Canope où des représentations de statues en forme de vase ne contenaient rien puisque la pierre était pleine. Canope vient d’un nom grec du pilote revenant de la guerre de Troie abordant ces rivages. Canope et Heraklion , ports cosmopolites étaient fréquentées par les marins venant de Chypre et de Grèce comme l’attestent de très belles statuettes d’argile.osiris 007

Un audiovisuel montre les archéologues au travail, cartographiant, mesurant, aspirant les sédiments, remontant statues énormes et petits objets.

Sérapis
Sérapis

La suite de l’exposition est plus hellénistique et romaine : analogie entre Osiris et Dionysos, buste d‘Hadrien et statue d’Antinoüs.

Vraiment une exposition passionnante!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portraits florentins à Jacquemart-André

PARIS EN EXPO – IL VIAGGIO

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SORTIR!

Ne pas se laisser intimider ou enfermer!

Eleonor de Tolède
Eleonor de Tolède

Il n’y avait pas foule ce matin au Musée Jacquemart-André pour l’exposition des Portraits  à la cour des Médicis au XVI ème siècle.

Savonarola
Savonarola

Pourtant cette exposition est très intéressante. Double intérêt : historique, elle retrace l’histoire de Florence, de Savonarole par Fra Bartholomeo (1499-1500) au duc de Florence Alexandre de Medicis  (1574)peint par Vasari, en passant par Cosme 1er , sa femme Eleonor de Tolède qui est à l’affiche de l’exposition. Des salles thématiques dépeignent la vie de cour, les artistes, peintres ou musiciens, les nobles avec leurs animaux familiers, l’amitié est aussi célébrées à plusieurs reprises. Costumes, parures et parfois (rarement) paysages en arrière-plan. Sur les murs les commentaires sont nombreux : explications ponctuelles, arbre généalogique des Medicis, chronologies….

alexandre de medicis vasari

Une autre approche est celle de l’histoire de l’Art et plus particulièrement du Maniérisme, terme que l’on doit à Vasari « la manière moderne« . En introduction à a visite elle-même, une vidéo Mains maniéristes compare la manière de peindre les mains par Andrea del Sarto,  Corrège et Bronzino et celle de Michel Ange. Position des doigts, ongles, chairs, chaque artiste a sa manière. Le DVD se vend à la librairie.

la monaca

 

 

 

 

La Monaca de Ghirlandaio le double portrait de deux amis de Pontormo m’ont beaucoup plu dans la première salle en compagnie d’une femme en jaune d Andrea del Sarto.

La salle suivante est à l’honneur de Cosme 1er peint par Bronzino . D’autres tableaux sont les œuvres de Salviati. Enfin dans la dernière salle on voit des portraits de nobles moins connus par des artistes dont je n’ai pas retenu les noms.

jacquemart andré 177

 

La petite iXe : une collection féministe PINAR SELEK – ROSA BONHEUR

CADEAU FÉMINISTE

Si telle la Mère Noëlle vous voulez glisser un cadeau dans la ballerine de quelqu’une sous le sapin ou lui faire la surprise en le glissant subrepticement dans son sac, voici une jolie idée! Encore mieux pour le 8 mars, mais c’est dans longtemps!

Format presque carré 12,9cm x 10 cm , une couverture souple blanche aux motifs abstraits, moins d’une centaines de pages. Collection militante pour des textes originaux que j’ai envie de faire connaître autour de moi.

PINAR SELEK – Loin de chez moi..mais jusqu’où?

loindechezmoi

Préfacé par son collectif de solidarité.

Je connaissais Pinar Selek romancière de La Maison sur le Bosphore que j’avais beaucoup aimé. Au détour du blog Entre les lignes, j’avais lu une analyse de son texte Service Militaire en Turquie construction de la classe de sexe dominante et entendu parler de ses poursuites par la justice turque qui l’ont contrainte à l’exil. J’ai apprécié la romancière, la sociologue et la militante féministe et pacifiste. J’avais envie de mieux la connaître. Quand les éditions iXe m’ont proposé de lire un livre de leur collection, c’est mon premier choix. Je les remercie de me l’avoir envoyé!

Le collectif de soutien à Pinar Selek présente son histoire, ses engagements féministes, pacifiste et antimilitaristes dans une première partie. Loin de chez moi…mais jusqu’où? est un texte assez court(20pages) mais très dense. Annoncé par deux vers de Novalis:

« La philosophie est le mal du pays

C’est le souhait de se sentir chez soi partout »

C’est donc un texte philosophique sur le sentiment d’appartenance à une maison et sur l’exil. Virginia Woolf écrivait :

« En tant que femme je n’ai pas de pays. En tant que femme je ne désire aucun pays. Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier. »

Philosophe féministe elle « expérimente l’état de déterritorialisation » repoussant toute frontière.

L’exil comme nostalgie de la maison, ou l’exil comme chance?

ROSA BONHEUR : « Ceci est mon testament… »

ceci est mon testamentSuzette Robichon dans l’avant-propos Le domaine de la parfaite amitié présente Rosa Bonheur, célèbre peintre animalier(e?) , sa vie libre dans la nature, son amour des animaux, ses succès internationaux et ses compagnes, Nathalie Micas, son amie de toujours depuis ses 14 ans et Anna Klumpke « sœur de palette » qu’elle désigne comme légataire universelle lui laissant le « Domaine de Parfaite Amitié« . 

Le testament et la lettre-testament n’ont aucune prétention littéraire. C’est cependant un texte scandaleux pour l’époque (1898). Il était alors, (et maintenant?) inconcevable de déshériter les proches de sang (frère ou sieur)  au profit d’une étrangère même si cette dernière avait partagé le domaine du vivant de Rosa Bonheur. Dans la lettre-testament, elle croit nécessaire de justifier sa conduite envers sa famille « m’ayant mal jugée en mon droit de libre librement » . C’est donc le testament d’une femme libre.

Enfin un article de la Fronde raconte l’enterrement de l’artiste à Thomery puis au Père Lachaise. 

En annexe, une chronologie complète l’ouvrage.

 

Une Histoire de Fou – film de Robert Guediguian / L’Arménienne Gaya Guérian

ARMÉNIE

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Coïncidence, je viens à peine de terminer la lecture de L’Arménienne au moment de la sortie du film de Guediguian Une Histoire de Fou. Je comptais aller au cinéma ce week-end. L’actualité en a décidé autrement. Coïncidence, encore, le sujet : des attentats terroristes, le rende encore plus d’actualité. 

 

L’ArménienneL’indestructible fil de la vie  – Survivre au génocide  – de Gaya Guérian

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Roman ou témoignage?

Le récit déroule le fil des générations, de mères en filles, arméniennes. Comment porter l’insupportable, le souvenir du génocide de 1915?
Après les massacres de Trébizonde, Achrène a erré sur les routes du désert, a perdu son bébé après avoir été séparée de sa fille Chenorig agée tout juste de 2 ans. Chenorig est une rescapée, sauvée par un soldat turc, à peine tolérée dans la famille de paysan qui lui dispense une chiche hospitalité.
Mère et fille se retrouveront par miracle en France.
Elles s’installent dans la France de l’entre deux guerres. On voit comment la communauté arménienne maintient le souvenir et la culture en diaspora mais aussi comment elle s’adapte. Gayané, l’auteure, née en France, porte sa double culture et la génération suivante aussi.
Le témoignage est poignant même si on reste un peu sur sa faim quant à l’analyse historique. On aurait aimé plus de précisions, plus de détails descriptifs. J’aurais aimé mieux connaître Trebizonde, goûter aux saveurs de la cuisine… Il manque un je- ne- sais- quoi, de littéraire. Toutefois, c’est une lecture facile( difficile d’écrire « agréable » si on pense à la tragédie abordée).
Je remercie les éditions XO document et la Masse Critique  de Babélio de m’avoir offert ce livre.

Une Histoire de FOU – film de Guédiguian

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Même si les critiques ne sont pas unanimes pour louer ce film, j’ai tenu à la voir. Guédiguian, Ariane Ascaride, Abkarian font partie de ma « famille de cinéma » tant pour leur personnalité que pour les idées qu’ils portent. Pour le centenaire du Génocide arménien Guédiguian a réalisé un long (2h14) film entre fiction et documentaire.

Documentaire, la reconstitution en noir et blanc du procès à Berlin  (1921)de Soghomon Thelirian, qui a froidement abattu Talaat Pacha, l’un des responsables du Génocide, condamné en Turquie et réfugié en Allemagne.

Thelirian – acquitté à Berlin – sert de modèle, des décennies plus tard aux jeunes Arméniens qui essaient de réveiller la mémoire du génocide au monde à coup de bombes et d’attentats meurtriers. On se souvient de l’attentat d’Orly.

une histoire de fou Abkarian ascaride

Fiction :   – en couleur –  à Marseille,  Aram poussé par sa grand mère rescapée du génocide, fil de commerçants (Simon Abkarian et Ariane Ascaride) rejoint les terroristes. Il blesse un cycliste qui passait sur les lieux de l’attentat et s’enfuie à Beyrouth où d’autres arméniens s’entraînent dans des  camps en compagnie de Palestiniens, d’Irlandais et d’autres combattants.

une histoire de fou beyrouth

Anouch, la mère désespérée de l’acte et de la fuite d’Aram rend visite au blessé pour lui dire sa honte. Ce dernier débarque à Marseille chez les épiciers, se documente sur la cause arménienne et demande à rencontrer Aram…

Actuellement il est difficile de visionner un film qui met en scène des terroristes. On ne peut que les condamner en bloc. Même si le souvenir du génocide est une cause louable. pPeut être est-ce pour cela que le titre s’intitule une Histoire de Fou.

Histoire de fou, aussi, l’entêtement de la Turquie 100 ans ans plus tard à nier le génocide. On ne  comprend pas ce qu’elle a à gagner ou à perdre dans cette attitude négationniste.

 

 

Le Sillon de Talbert

CARNET DU TREGOR

Le sillon de Talbert
Le sillon de Talbert

 

La D6 nous conduit à Tréguier que nous contournons sans nous y arrêter.

Pleubian est un  beau village aux maisons de granite, plusieurs bars, des commerces. En ce moment, bien tranquille,  peut être plus touristique en été. Je peste contre l’automobiliste qui s’est garé perpendiculairement au porche de la jolie église. C’est le curé qui affiche un papier. La cloche résonne, le glas. Ce n’est pas l’enterrement. Un jeune homme vient de mourir la cloche l’annonce au village. Les clientes de la boulangerie toute proche viennent aux nouvelles, chacune porte un paquet de pâtisseries.

Pleubian : chaire
Pleubian : chaire

L’église a de beaux vitraux colorés, mais elle est fermée. Ce n’est pas le moment de demander au curé qu’il l’ouvre pour la visite touristique. Derrière l’église, une croix sur un cylindre sculpté. Je reconnais la Cène, des soldats, (les romains ?). Surprise le cylindre est creux ! C’est une chaire à prêcher quand des prêcheurs venaient et que l’église était trop petite.

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Le sillon de Talbert  est un peu plus loin après L’Armor. C’est un cordon de galets long de plus de 3 km abritant un marais très mouillé vers l’est. Un sentier commence sur une dune plantée d’oyats. On conseille de descendre sur la plage pour ne pas piétiner les galets ni déranger les oiseaux qui font halte sur le sillon au cours de leurs migrations ou qui nichent au sol. D’ailleurs c’est beaucoup plus confortable de marcher sur le sable mouillé que sur les galets. Ils sont roses, de granite rose, ou de grès, gris, de granite gris, verts de schistes ou gris foncé presque noirs de dolérite. Un panneau émaillé raconte que ces galets proviennent du temps des glaciations. Le gel a fractionné  les rochers en éclats. Les courants ont construit ces cordons à l’abri des récifs et des ilots. Certains sont même en queue de comète. Les cordons se sont accumulés pour former ce long sillon.

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Dans ce coin les algues sont nombreuses, goémon mais aussi grandes laminaires dont le « pied » -grosse boule décorée de cupules – est décoratives.

Près du sillon, dans la mer, les roches sont alignées, et encore plus loin, il y a un phare. Je croyais que j’y arriverai à pied à marée basse, mais un bras de mer les sépare. Quand je rentre la mer est montée, le sable mouillé sur lequel la marche était facile est immergé. Je suis forcée de marcher sur les galets. L’idéal aurait été de piqueniquer à la pointe et d’attendre la marée haute.

Nous avons de belles crevettes roses, un avocat et des gâteaux achetés à Pleubian. Beau pique-nique.

limicoles
limicoles

Le sentier côtier le long de la presqu’île de Lézardrieux entre Trieux et Jaudy  est recouvert d’un sable jaune. C’est une promenade agréable le long des plages de galets, les rochers. Je passe entre une lande de fougères et des champs, choux, artichauts et maïs desséché. Cette région est très agricole, pas touchée par l’urbanisation touristique. De temps en temps il y a des petites maisons de granite. Parfois des gîtes ruraux. De belles plaques émaillées commentent le paysage : géologie et phares. Un grand phare en mer est le Héaut de Bréhat. Nous nous retrouvons au phare de La Chaine. Tout d’abord on cherche le phare : c’est une petite maison blanche au fronton rouge !

Cette maison est un phare!
Cette maison est un phare!

Dernier arrêt : une allée couverte  de Men ar Rompet près de Kerbors « pierre des druides » (néolithique) non loin du Jaudy caché dans une prairie.

Allée couverte
Allée couverte

deTrégastel à Ploumanach

CARNET DU TREGOR

Ploumanac'h
Ploumanac’h

Matinée grise, petite visite à Perros Guirec. Flânerie dans le centre-ville, boutiques classieuses. Architecture très homogène, façades de granite rose, pans de bois laqués bleu, toits très en pente et frontons triangulaires. Perros Guirec est une station chic de longue date.

Le soleil fait son apparition. Je parcours la grande plage de Trestaou. Dans l’eau un groupe en combinaison de plongée fait « le petit train » avec d’énergiques mouvements de bras, de l’eau à la hauteur de la poitrine. Trois femmes en maillot de bain marchent les pieds dans l’eau. Et les petits rentrent avec leurs surfs.

Déjeuner au gîte, sur notre terrasse , steak haché et pommes de terre sautées au persil.

Avec le temps gris, j’ai des envies de piscine ; nous allons nous renseigner au Forum de la Mer à Trégastel. Le GPS nous y mène directement. « Vous êtes arrivé ! » clame-t-elle devant un gros rocher surmonté d’une curieuse sculpture peinte en blanc. Au Forum de la Mer, la piscine jouxte l’Aquarium très bien situé dans le chaos granitique, face à la mer. Pour éviter la foule avec les enfants,  il vaut mieux revenir après 19 heures.

En attendant je fais le tour de la presqu’île de la Renote. Sur la carte, et sur le panneau, temps  prévu 30 minutes. J’ai doublé la durée du parcours en prenant photo sur photo et en m’amusant à tourner autour des rochers, passant dans des tunnels, dans de petits passages. Les gros rochers ronds sont dispersés dans les anses qui séparent Trégastel de Ploumanac’h.

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Au lieu de chercher les balises (rares) du GR34, je préfère faire le tour de la belle plage de Trégastel, Ste Anne Paul Palud. Tantôt je marche sur le sable grossier, tantôt sur le sable fin, sur la vase. Je me faufile entre les rochers et évite les gros tas de goémon. L’anse est très arrondie, presque fermée. Je remonte sur un  petit cap boisé et découvre un étang. J’ai complètement perdu le GR. Je ne sais pas si je dois coller à la plage ou si je peux traverser la pointe pour rejoindre l’anse de Tourony où Dominique m’attend. Il y a tant d’îlots, de presque- îles, de pointes et d’anses que j’ai complètement perdu le nord. Je finis par mettre le GPS du téléphone pour me géo-localiser. L’anse de Tourony est encore plus fermée que la baie de Saint Anne, sable grossier, bateaux échoués, gros rochers ronds et toujours la vue sur les îles de Ploumanach et le château dans ses beaux pins. Fin de la promenade au moulin de marée où nous avons pique-niqué hier.