Perros Guirec – Ploumanac’h

CARNET DU TREGOR

 

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Matin frais et ensoleillé.

Départ de la balade à  Perros Guirec du parking de  la plage de Trestrignel . Je monte d’abord la rue Maurice Denis qui passe sous sa villa et qui conduit au Château. Le château est plutôt un gros rocher, le rôle défensif de cette position est expliqué par un écriteau. Un sentier fait le tour de la pointe du Château  en creux derrière une haie d’épineux et de hautes fougères aigles maintenant roussies. J’oublie que je me trouve en ville ; les îles se détachent dans la mer.
Je retourne ensuite à la plage de Trestrignel et trouve les balises du GR  dans les rues entre de magnifiques villas maritimes en granite rose avec clochetons, belles baies vitrées, et terrasses face à la mer. Les plus grandes sont maintenant des hôtels et des restaurants. Je suis le chemin de la Messe qui va de la Pointe du Sphinx au Centre ville. J’arrive sur la grande plage de Trestaou qui est la plus belle de Perros Guirec, bordée d’une corniche avec de belles boutiques.

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A l’extrémité de la plage, commence le sentier des douaniers. 4.400km jusqu’à Ploumanac’h. Il y a tant à voir et à photographier que je le parcourrai en presque 1h45, pourtant je marche vite. Ce chemin est très bien entretenu, cimenté ou sablé large de plus d’un mètre, souvent bordé de petits câbles d’acier. Au début, ce sentier, trop soigné,m’agace un peu, où est l’aventure ?

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Nombreux panneaux avec des photos montrent le site avant les aménagements : pelouse piétinée, végétation rare et le site très dégradé. Depuis que la circulation piétonne est canalisée les bruyères et les ajoncs fleurissent, ainsi que petites fleurs bleues blanches ou roses qui égaient le paysage. La mer est haute et très bleue. Les Sept Iles se détachent. On approche de la barre de granite rose de Pors Rolland que je photographie de loin, de moins loin, de près …Les rochers roses ont des silhouettes fantastiques. Je ralentis l’allure. Les promeneurs sont nombreux ce 19 octobre, je n’ose pas imaginer l’été !

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Le chaos granitique s’étend autour d’une petite plage à l’eau turquoise, des pins se détachent, sculpturaux, le Château du Diable s’élève au dessus de l’eau, dans une petite crique une rampe est équipée d’un rail pour descendre la baraque de sauvetage abritée dans un bâtiment peint en blanc. Un peu plus loin, un phare à tour carrée est surmonté d’un capuchon laqué de rouge. Je passe encore devant une belle plage de sable arrondie. J’approche du village de Ploumanac’h, belles maisons de granite basses et simples bien différentes des villas maritimes de Perros Guirec. Par cette belle journée ensoleillée, les terrasses des crêperies et des bars sont pleines.

moulin à marées
moulin à marées

Dominique m’a donné rendez- vous a port, je longe les quais et la retrouve sur une digue près d’un petit moulin à marée très joli. La surprise c’est est une pièce d’eau triangulaire « l’étang », de gros rochers gris bordent le lit de deux ruisseaux qui confluent dans cette étroite vallée. Des algues brunes empâtent les rochers les plus bas, d’autres, vertes s’étalent sur les pentes. De magnifiques pins se dressent, ils ont l’air taillés comme des pins asiatiques. Une très belle maison est perchée sur une butte, une baie arrondie est habillée de grands rideaux, j’imagine une salle de bal. Les oiseaux se reposent dans ces eaux calmes : aigrettes, hérons, goélands. Nous prenons place sur les bancs adossés aux murs du moulin à marée. Pâté de lapin aux noisettes, andouille, kouign aman. Un pique-nique terrien après les crevettes sur la plage hier !

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Les carrières de Granite rose sont à l’arrière du village. Toute la colline est creusée de très grandes exploitations. Le front de taille est haut de plusieurs dizaines de mètre. L’énorme tracto-pelle ressemble à un jouet. Des panneaux préviennent que les sites sont dangereux « casque obligatoire » tirs de mines, ils ne me découragent pas. Je vais me présenter auprès des ouvriers « je suis professeur de SVT, j’aimerais des photos pour mes élèves » . Les carriers sont sympas. Non salement ils ne me chassent pas. Un tractoriste se donne la peine de m’accompagner sur un point haut pour que j’aie un meilleur point de vue. Haut front de taille, très net, très propre. Je n’aurai pas d’arène granitique à photographier.

carrière de granit rose de la clarté
carrière de granit rose de la clarté

A l’arrière des carrières nous cherchons le moulin : belle tour ronde avec des ailes en bois, en parfait état, presque trop neuf !
Non loin de là une borne de granite porte un panneau émaillé pour borner l’entrée de la vallée des Traouiero. La promenade descend sous des châtaigniers jusqu’à une étroite vallée encombrée d’énormes blocs. Un frais ruisseau se glisse entre les rochers. Le sentier est très en pente mais des marches de bois facilitent la descente. On passe des petits ponts de planches. Des fougères, des roseaux se blottissent contre les rochers qui font des grottes. Des ronciers envoient de longes tiges qui descendent devant les grottes. Une merveilleuse promenade.

autour de Trestel – Port Blanc

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Soleil, nous partons vers 10h par Louannec dont l’église est encerclée par un impressionnant enclos. Passant par Trelevern nous retrouvons la plage de Trestel           où nous avions passé une deux semaines il y a une quinzaine d’années. Le Centre Héliomarin a une nouvelle aile plus moderne, on a aussi décoré la plage avec un petit phare transparent en plastique ou en verre. Le sable est très fin, très blanc, très agréable à fouler. Il fait trop frais pour marcher pieds nus. Pourtant, dans l’eau,  il y a des baigneurs : en combinaison, des personnes de tous âges marchent, des surfeurs sont allongés sur leurs planches. En 40 minutes, j’arrive à la plage du Royo. Un tracto-pelle décore le parking pour la construction d’une digue en énormes parallélogrammes de granite rose . Effet du réchauffement climatique, des tempêtes des hivers récents ?  Partout où je suis passée, hier et aujourd’hui, on a construit des murs avec ces grosses barres roses. La côte de granite rose s’étend même aux plages de sable ou de dunes.

Une promenade dans les marais de Trestel part de la plage, monte  dans la forêt de châtaigniers sur un beau sentier (auquel il manque quand même le balisage). Plus bas,  la station de lagunage est cachée par les arbres, puis on descend jusqu’à des pâturages clos. Le sentier passe un  petit pont et longe un  ruisseau. Le marais n’est pas très étendu, on retrouve les maisons fleuries, le sentier passe derrière des jardins, des murs pour arriver à Kergall. Ensuite le balisage disparaît complètement. Par où passer ? Heureusement mon téléphone me donne ma position.

 

Déjeuner sur la plage à Port Blanc. La route conduit au Camping des dunes, fermé en octobre, donc désert. Le sable de la plage est d’un blanc exceptionnel. Sous le soleil, l’eau prend des teintes turquoise comme on imagine dans les mers du sud. Les rochers ont des teintes orange. Les oiseaux sont très nombreux. Une aigrette d’une blancheur éblouissante atterrit sous nos yeux. Des huitriers-pies se promènent. Ils sont étrangement silencieux, heureusement leur cri est affreux. Il y a même un bécasseau avec sont long bec, il arpente tranquillement les rochers.

Je rentre à Trestel par la plage tantôt je marche sur le sable, quand il est remplacé par des galets je monte sur le sentier qui passe par un champ de chou, puis par de belles maisons.

Le soleil brille quand nous rentrons au gîte : les chaises longues de la terrasse à l’ouest sont parfaites.

Lannion, Saint Michel en Grève, Plestin les Grèves

CARNET DU TREGOR

Plestin les Grèves
Plestin les Grèves

Il pleut ce matin. Inutile de se lever tôt. Grasse matinée lecture, La Fête du siècle de Niccolo Ammaniti ne m’enthousiasme pas trop, j’en ai déjà lu la moitié, ce serait bête de l’abandonner,  le récit s’anime pendant la fête .

Lannion est à moins d’une dizaine de km.  Malgré son aéroport, son IUT, les nombreux magasins  à l’entrée de la ville, c’est une très petite ville. A l’office du Tourisme, l’employé très aimable ne sait que me conseiller pour un jour de pluie « Allez à la médiathèque », située dans un couvent. Il me vend un plan avec trois promenades. Sous cette pluie cela ne nous séduit pas vraiment.

Nous continuons dans la direction de Plouaret où se trouvent trois châteaux, des jardins et des chapelles.

Ploubezre
Ploubezre

Premier arrêt à Ploubezre, pittoresque village de granite rassemblé autour de son église: deux bars, un restaurant de kebab « la Turquoise ». L’église est dans son enclos, restaurée au 19ème siècle, elle garde des chapiteaux 12ème et 13ème que nous ne verrons pas puisque elle est fermée. Plus que le calvaire usé par le temps, le vieil if au coin de l’enclos et deux buis déplumés m’ont plu.

Sur la route de Ploubezre à Plouaret à un croisement, à la sortie du village,  un calvaire original : Cinq croix, toutes simples. Il y a plus loin une chapelle, fermée en cette saison. Dans la région,  manoirs et châteaux sont nombreux, trois se trouvent dans le voisinage. . Nous nous détournons pour voir le château de Kergrist – fermé en cette saison.

La route débouche à Saint Michel en Grèves : la belle plage est dégagée, à marée basse. Sous le ciel gris, la mer grise est très loin. Sur le sable il y a de nombreux canards (je regrette d’avoir oublié mes jumelles). Il fait trop frais pour se déchausser, je longe donc la grève jusqu’au parking suivant où Dominique m’attend.

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Un panneau raconte la légende de la Croix de demi-lieu, elle aurait été érigée quand Saint Efflam et les Bretons s’installèrent  en Armorique au Vème ou VIème siècle. Il est écrit que la croix se déplacerait d’un grain de blé tous les 7 ans et que,  lorsque elle atteindrait l’église, se serait la fin du monde. Le Guide Gallimard donne une autre version  : cette croix de demi-lieue est au milieu de la grande plage d’une lieu. Autrefois, le seul moyen d’aller de Saint Michel à Plestin était de passer par la plage. La Croix était un repère, si son pied était dégagé on pouvait passer le gué, si les eaux cernaient la Croix il valait mieux s’abstenir. En cas de brouillard, les voyageurs se guidaient en écoutant les cloches de Saint Michel et du tocsin de grève de la chapelle Sainte- Enora.  La croix fut renversée au cours de la dernière guerre mondiale. On en dressa une nouvelle en 1993. Gallimard raconte une autre légende : sous cette immense grève, au Rocher Rouge, une cité aurait été engloutie, on entendrait la nuit de la Pentecôte les cloches de l’église immergée…

Toutes ces histoires confèrent du charme à la promenade le long de la plage.

Belle maison de Saint efflam
Belle maison de Saint Efflam

A Saint Efflam, le GR quitte la plage. Il passe d’abord devant de merveilleuses maisons de granite avec des clochers, des gargouilles, des pinacles, dans des jardins avec des palmiers et des plantes exotiques. Le sentier grimpe dans la forêt qui surplombe les rochers. Les randonneurs ne semblent pas les bienvenus : à la place de « sentier côtier » ou « GR34 » il est écrit « servitude de passage ». De belles propriétés sont cachées.

Thermes de Hogolo
Thermes de Hogolo

Le sentier monte des marches, descend. Comme il a plu ce matin les marches sont parfois glissantes. Je regrette de n’avoir pas pris mon bâton de marche. Tantôt je marche sous des arbres magnifiques, chênes et châtaigniers, tantôt dans des fougères roussies. Dans un creux je vois des schistes verts, cela change du granite, je passe sous une arche taillée dans des houx très touffus. Les houx sont de vrais arbres, les troncs sont dégagés. La côte regardant vers le nord est très découpée avec des pointes que le GR suit. Je retrouve Dominique à la plage des Curés. Le GR devient plus facile. Il passe dans une pinède le long de la baie paisible, estuaire  à sec à marée basse. Un site archéologique a été dégagé du sable par une tempête : les thermes d’Hogolo , ce sont des bains privés donc d’assez petite taille.

chapelle Ste Barbe
chapelle Ste Barbe

La promenade se termine à la chapelle Sainte Barbe, un peu à l’écart de la route entourée de belles maisons fleuries. Dédicacée à la Patronne des Gardes-côtes ; elle protège les femmes enceintes. Le toit de lauzes est charmant.

 

Notre-Dame de Paris – Victor Hugo

CHALLENGE VICTOR HUGO

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Esmeralda, Quasimodo, la Cour des Miracle font partie de notre imaginaire si  bien que nous croyons connaître Notre Dame de Paris sans même l’avoir lu. Des adaptations au cinéma et au théâtre, une comédie musicale récente, contribuent à cette impression. Pourtant le roman mérite vraiment une lecture attentive.

Encore une fois, le challenge de Claudialucia m’a entraîné à  télécharger Notre- Dame de Paris. Avantage de la lecture électronique, c’est gratuit, et léger. Inconvénient : les notes sont inaccessibles et dans cet ouvrage, pourtant elles sont nombreuses et nécessaires. Le vocabulaire employé par Hugo m’a donc plongée dans une certaine perplexité : qu’est-ce que  le surcot de tiretaine, le hoqueton de camelot, ou la cotte-hardie, la brigandine ou le bicoquet, la passequille? des vêtements et des tissus, d’après le contexte mais j’aspire à plus de précision.

Jubilation de lecture du style imagé et foisonnant de Hugo. La fête donnée aux ambassadeurs de Flandre dans Paris avec la représentation  d’un mystère  au Palais de Justice  est un début étourdissant. Nous faisons connaissance avec Pierre Gringoire, l’auteur du mystère, le mari à la cruche cassée d’Esmeralda. Les nombreux dialogues, le chahut des écoliers et des clercs ou des commères dans un langage moyenâgeux m’ont beaucoup amusée.

« L’algarade du chaussettier flamand, en humiliant les gens de cour, avait remué dans toutes les âmes plébéiennes, je ne sais quel sentiment de dignité encore vague et indistinct au quinzième siècle. » 

Le concours de grimaces, épreuve pour devenir le pape des fous est tout aussi divertissant.  Quasimodo le sonneur des cloches de Notre Dame,bossu, contrefait et sourd, en est le gagnant.

Enfin, La Esmeralda, la bohémienne qu’on appelle plutôt l’Egyptienne avec sa jolie chèvre Djali met fin au mystère et entraîne tout le monde dans les rues. Péripéties, enlèvement, délivrance par le chevalier Phoebus. L’intrigue est mise en place avec ses personnages principaux.

L’arrivée de Pierre Gringoire à la cour des miracles continue la cohue pittoresque  qui m’a charmée. Dans ce monde interlope tous les langages ont cours. je me régale des inventions langagières de Clopin-Trouillefou, le Roi de Thunes qui fait régner son ordre sur les argotiers et les truands.

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Après ces deux livres endiablés, Victor Hugo change de ton pour présenter le sujet du roman: la cathédrale, elle-même, avec ses pages architecturales, façades, statues, gothiques ou altérées par les ajouts Renaissance ou classiques. Engouement romantique pour le Moyen Age et le style gothique. Réflexion sur le sens caché de l’architecture :

« les plus grands produits de l’architecture sont moins les œuvres individuelles que des œuvres sociales ; plutôt l’enfantement des peuples le travail que le projet des hommes de génie »

L’architecture occupe une partie importante dans Notre-Dame-de-Paris, architecture  détrônée par l’invention de l’imprimerie qui annonce justement les Temps Modernes et la fin du Moyen-Âge.

« l’imprimerie tuera l’architecture »

« C’était l’effroi du sacerdoce devant un agent nouveau, l’imprimerie.C’était l’épouvante et l’éblouissement de l’homme du sanctuaire devant la presse lumineuse de Guttemberg »

« Du temps de l’architecture, elle (la pensée) se faisait montagne et s’emparait puissamment d’un siècle et d’un lieu. Maintenant elle se fait troupe d’oiseaux, s’éparpille aux quatre vents, et occupe à la fis tous les points de l’air et de l’espace »

Victor Hugo pousse encore l’analyse et l’étend à la littérature :

« Dante, au treizième siècle, c’est la dernière église romane ; Shakespeare au seizième, la dernière cathédrale gothique » 

J’ai bien aimé cet éclairage.

Encore une fascination pour l’architecture : celle de Pierre Gringoire vers la fin du roman quand il a quitté la truanderie et qu’il n’est plus amoureux d’Esmeralda.

En revanche je me suis un peu ennuyée à son « Paris vu du ciel » reconstitution savante du Paris du quinzième siècle, trop détaillée.

Après ces parenthèses théoriques, l’action reprend. Nous faisons connaissance avec un autre amoureux d’Esméralda : Claude Frollo, l’archidiacre, l’érudit, le véritable maître de la cathédrale, le prêtre amoureux qui effraie tant la gitane, le protecteur de Quasimodo…

Roman d’amour, roman d’action. Rebondissements . Chevauchée, enlèvement, prise d’assaut de Notre Dame, fuite dans la nuit….il faut le lire.

Lecture commune avec Claudialucia, Nathalie, et Laure.

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D’Alep à Paris -les pérégrinations d’un jeune syrien au temps de Louis XIV – Hanna Dyâb

VOYAGE EN ORIENT

d'Alep à Paris

Plutôt qu’un voyage en Orient, c’est le voyage d’un oriental vers Paris de1707 à 1710. Après une expérience ratée dans un monastère libanais,Hanna Dyâb  rencontre Paul Lucas, explorateur au service de Louis XIV, entre à son service et le suit dans un périple qui le mènera à Chypre, en Egypte, à Tripoli, Tunis puis Livourne, Marseille et enfin Paris

Contrairement  à Evleya Celebi qui était un érudit-musulman, Hanna  est chrétien maronite. Il parle et écrit en Arabe, il s’exprime  aussi en Turc,  Français,Italien,  Provençal et sert d’interprète à Paul Lucas qui lui promet un poste à la bibliothèque arabe à Paris. Hanna connait les marchands marseillais pour qui il a travaillé avec son frère à Alep. La civilisation occidentale lui est moins exotique. Il semble partout chez lui.

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Antoine Galland

C’est un conteur merveilleux. A Paris, il a rencontré Galland qui traduisait les contes des Mille et unes Nuits, on pense même que certains contes comme Aladin ont été inventés par Hanna Dyâb. La relation de son périple n’est pas un journal de bord, il le raconte 50 ans plus tard, dans ses vieux jours, à la manière des contes orientaux mêlant des descriptions précises,  les récits des aventures et des histoires, des rumeurs qu’il a entendues ou tirées de la vie des saints.

C’est aussi un excellent observateur. Il rapporte  la vie courante dans les pays traversés.C’est surtout à Paris où il est resté de longs mois qu’il raconte le grande hiver 1709 et la famine qui l’a suivi. Il décrit l’étiquette à la cour où il a été accueilli en apportant des gerboises..  Vie quotidienne comme l’installation des boutiques de café par des Syriens.

Les voyages sont périlleux, par terre comme par mer. Sur la mer,  les Corsaires rôdent. Paul Lucas et Hanna Dyâb ne les évitent pas. Le récit d’une attaque par les corsaires fait du récit un roman d’aventure. Son retour avec une caravane à travers l’Anatolie d’Istanbul à Alep en est encore une autre.

Les éditeurs et la traductrice ont ajouté une introduction et  tout un corpus de notes de bas de page enrichissant beaucoup ce livre. Certaines  concernent le choix du vocabulaire d’Hanna Dyâb, arabe syrien, turc, d’autres critiquent la chronologie en comparant les dates fournies par Hanna Dyâb à celles de Paul Lucas, d’autres, enfin, situent les épisodes racontés dans l’histoire, ce sont ces dernières qui m’ont passionnée.

C’est donc une lecture très agréable et un livre très sérieux.

 

 

Semmelweis – Louis Ferdinand Céline

HISTOIRE DES SCIENCES

« la lumière est faite. Les mains, par leur simple contact, peuvent être infectantes. chacun désormais, ayant disséqué ou non dans les jours qui précèdent, doit se soumettre à une désinfection soigneuse des mains par la solution de chlorure de chaux.

Le résultat ne se fait pas attendre, il est magnifique. Dan s le mois suivant la mortalité par puerpérale devient presque nulle… »

semmelweisJe m’étais promise de de rien lire de Céline.

J’ai donné un exposé à mes élèves de la cordée sur Semmelweis et l’asepsie. Cet ouvrage s’est imposé. j’avais oublié que Louis Ferdinand Céline était médecin. La biographie de Semmelweis est sa thèse. Thèse hautement littéraire. Il s’est plus attaché à la persécution dont le découvreur du lavage des mains a fait l’objet plutôt qu’à la découverte elle même.

Semmelweis est un personnage attachant. Sa folie est tragique.

Celine a choisi la version de sa mort due à une coupure pendant une autopsie dans un accès de folie.Ironie tragique du destin.  D’autres versions existent.

La vie, la mort, la vie – Louis Pasteur – Erik Orsenna

 

 

 

HISTOIRE DES SCIENCES

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Dans le cadre de la Cordée de la Réussite j’étais justement à la recherche d’une biographie de Pasteur pour mes élèves qui préparent des exposés d’Histoire des Sciences.

Orsenna est un merveilleux vulgarisateur, aussi bien dans son voyage au Pays du coton que dans l’Avenir de l’eau il sait raconter l’économie ou la science avec clarté et talent. Cette biographie de Pasteur est donc de lecture facile, avec de courts chapitres, dans une langue vivante et simple.

Orsenna  évite l’hagiographie trop cocardière souvent de mise avec notre génie national, en replaçant les découvertes dans leur contexte, citant les précurseurs ou les collaborateurs qu’on a trop souvent oubliés. Il n’oublie pas les pasteuriens qui ont poursuivi les recherches après la mort de Pasteur. Hommage au grand travailleur, à l’observateur exceptionnel, déjà adolescent il saisissait les expressions des visages en portraiturant ses proches, à l’esprit ouvert sur toutes les sciences, aussi bien la chimie et la cristallographie qu’à l’agronomie, ou à la médecine.

Il replace le savant dans son temps, fils de soldat de l’Empereur, il reste bonapartiste. Catholique et conservateur, il entre parfois en conflit avec les notables d’Arbois.

Un chapitre le place face à Victor Hugo, autre génie national, qu’il n’aimait pas.

Pourquoi Orsenna, l’économiste, le voyageur, navigateur, a-t-il consacré un livre à Pasteur?

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« treize ans durant, chaque jeudi après-midi, la chance m’a donné d’avoir pour voisin de droire François Jacob[….]Mon abyssale ignorance en biologie le fascinait. […] C’est lui qui m’a donné l’idée de ce livre. « Puisque , par on ne sait quel désolant hasard tu occupes le fauteuil de Pasteur plonge-toi dans son existence, tu seras bien obligé d’apprendre un peu! »

J’avais oublié que Pasteur comme Orsenna étaient académiciens!

Lisbonne (8) parc Edouard VI – Estufa fria

CARNET PORTUGAIS

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Nous bouclons les valises et les laissons à la réception de l’hôtel. J’ai les cartes d’embarquement sur le téléphone avec l’appli TAP. Il suffit d’être à l’aéroport à 17h30. Il reste une belle journée à Lisbonne.

J’avais fait un programme complet : Musée Gulbenkian et Estufa Fria dans le parc voisin. Métro Marquès de Pombal, occasion de faire connaissance avec le métro lisboète.

Visit Portugal, l’appli miracle, m’annonce que le Musée Gulbenkian est fermé le mardi.  On passera la journée dans le parc !

Le métro est décoré de céramiques abstraites, pas de publicité, un éclairage insuffisant ; Notre métro parisien est plus gai et plus fréquent !

La place Marquès de Pombal est un très grand carrefour autour d’une statue géante. Le jardin Edouard VI  est un grand polygone allongé dans l’axe perpendiculaire au Tage. Deux contre-allées sous de grands arbres. Des massifs arborés sur des buttes parallèles au milieu du buis taillé pour dessiner une sorte de frise. On monte la contre-allée pour trouver de hauts piliers portant des roues (gerbe de céréales ou engrenage ?). En haut la  fontaine moderne n’est  pas très réussie.

Estufa fria

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Sous des lattes de bois portées par de hauts montants métallique, dans l’ombre et l’humidité des arroseuses,  où l’eau court dans des ruisselets et des petites cascades ou des bassins où nagent des poissons et où s’ébattent des canards, une végétation tropicale exubérante s’épanouit : hauts bananiers, fougères arborescentes, philodendrons, hortensias, strelitzias, bégonias de toutes espèces. Nous passons près de deux heures à nous perdre dans la « jungle » à dessiner, à faire des photos, à lire…

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Juste en dessous de la serre une cafetaria dans le parc propose pizzas, toasts et salades.

Ma salade :saumon fumé, cubes de feta sur un lit de mesclun, roquette et oignon décoré de graines de sésame et traits de vinaigre balsamique artistiquement tracés.

Le toast est au pain poilâne fromage jaune en tranche beaucoup de thon cuit dans une machine à croque-monsieur et servi avec des chips.

Toutes les salades sont appétissantes, poulet pêche tranchée, avec tomate en rondelles et mozzarella.

Retour bus 736 jusqu’au Rossio. Mieux que le métro.

Nous terminons l’après midi à la terrasse de la pastelleria de la rue Calçada do Carmo. Je remarque la boutique d’un coiffeur pour hommes. Officient deux artistes septuagénaires en blouse bleues. Les clients sont encore plus vieux Une vieille dame entre ; vient-elle chercher son mari ? Quelques temps plus tard, je la vois avec une blouse bleue. C’est la manucure. Elle coupe, lime tandis que le coiffeur devenu barbier, manie le rasoir, taille les sourcils aux ciseaux, coupe les poils du nez. Le vieux monsieur est un coquet !

Lisbonne (7) Baixa – Chiado, flânant dans les rues

CARNET PORTUGAIS

Sur les bords du Tage : street art
Sur les bords du Tage : street art

Selon, le guide fourni par l’appli booking.com, notre pass de transport s’appliquerait aussi aux ferries et aux trains. Nous prenons le bus pour Cais Sodre – la gare fluviale. N’importe quel ferry passant le Tage ferait l’affaire. En validant le pass au portillon cela ne marche pas. Si on achète un billet le ferry partira sans nous.  On rentre à l’hôtel vers 16h recrues de chaleur.

Cas de Sodré
Cais  Sodré

A 17h30 me voilà rafraîchie et prête pour une exploration de la Baixa et du Chiado. Je ne veux pas quitter Lisbonne sans avoir flâné devant les vitrines pittoresques des rues de la Baixa et surtout sans avoir exploré le Chiado juste derrière l’hôtel.

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Dans la Baixa je parcours la Rua dos Sapateiros (des cordonniers), la Rua Aurea (de l’or), j’arrive sous l’Arc de Triomphe de la Praça do Comercio. De là, je suis l’itinéraire du tram 28. A pied cela grimpe dur ; je me retrouve place Camoes et de là me promène dans les rues au hasard pour trouver les théâtres du Chiado. Non loin du San Carlo il y a un nombre incroyable de salles, comme il y a beaucoup de Musée de peinture et plusieurs musées archéologique. Lisbonne est vraiment une capitale culturelle.

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Je me retrouve sur le Largo do Carmo. Le « musée archéologique » de l’église Carmo est ouvert jusqu’à 19h (3.5€) . la belle église gothique du 14ème siècle a perdu la voûte de sa nef fors du grand tremblement de terre de 1755. Les moines ont essayé de la reconstruire mais avec la mode romantique des ruines on a préféré laisser les arches se déployer dans le ciel. Dans la lumière du soir, elles se détachent sur le ciel d’un bleu intense.

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Pour ce qui est du « musée » ce serait plutôt une collection lapidaire hétéroclite. Des stèle romaines la margelle d’un puits, des gargouilles, des anges, une fenêtre manuéline sont dans le plus grand désordre. Dans les pièces fermées c’est encore plus éclectique : la pierre tombale du chanoine voisine avec deux momies péruviennes, une autre salle contient des outils préhistoriques. La boutique vend toutes sortes de livres, poèmes, carnets de voyages ; C’est fouillis mais très sympathique.

L’automne du commissaire Ricciardi – Maurizio deGiovanni

LIRE POUR L’ITALIE/ IL VIAGGIO (le retour)

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Terminé un jour trop tard pour LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE, livre de saison puisque’il se déroule entre le 23 octobre et le jour de la Toussaint.

Maurizio de Giovanni nous transporte à Naples en 1931 dans l’Italie de Mussolini, justement le duce annonce sa venue prochaine, ce qui met le commissaire divisionnaire dans tous ses états. 

Publié dans la collection Rivages/Noir on ne peut pas imaginer de collection plus appropriée, pour la géographie mais surtout pour la noirceur de ce roman policier. Nous n’irons pas à Mergellina, ni à Capri, ni même au San Carlo…n’entendrons pas de chansons napolitaines…très loin de la cité ensoleillée que j’ai découverte comme touriste. A Capodimonte, quand même, puisque c’est là qu’on a trouvé le petit garçon sans vie. sous une pluie incessante qui confère au roman une atmosphère encore plus triste.

Le Commissaire Ricciardi ému par la fragilité et l’abandon du petit cadavre, contre l’avis de tous veut élucider le mystère du décès de l’enfant. Qui se soucie d’un enfant des rues, maigrichon, tellement mal en point que sa mort paraît à tous,naturelle?

Enfant des rues, il y en a tant à Naples, les scugnazzi, qui se soucie d’eux? On évolue dans une ambiance à la Dickens, frère de Gavroche, enfant des trottoirs de Bombay ou d’ailleurs.. Le commissaire découvre un orphelinat patronné par un curé peu charitable, un sacristain ivrogne, des riches et nobles dames patronnesses , des colporteurs voleurs, les habitants des bassi, un travesti un peu indic, des malfrats, un noble déclassé, des enfants cruels….tout un monde interlope. La personnalité de la petite victime se dessine au fil des pages. N’importe qui aurait pu être responsable de la mort de l’enfant. les hypothèses se succèdent.

Je n’en dis pas plus!

Les caractères sont un peu convenus. L’intrigue un peu lente. Mais c’est un bon polar distrayant.

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