Portraits florentins à Jacquemart-André

PARIS EN EXPO – IL VIAGGIO

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SORTIR!

Ne pas se laisser intimider ou enfermer!

Eleonor de Tolède
Eleonor de Tolède

Il n’y avait pas foule ce matin au Musée Jacquemart-André pour l’exposition des Portraits  à la cour des Médicis au XVI ème siècle.

Savonarola
Savonarola

Pourtant cette exposition est très intéressante. Double intérêt : historique, elle retrace l’histoire de Florence, de Savonarole par Fra Bartholomeo (1499-1500) au duc de Florence Alexandre de Medicis  (1574)peint par Vasari, en passant par Cosme 1er , sa femme Eleonor de Tolède qui est à l’affiche de l’exposition. Des salles thématiques dépeignent la vie de cour, les artistes, peintres ou musiciens, les nobles avec leurs animaux familiers, l’amitié est aussi célébrées à plusieurs reprises. Costumes, parures et parfois (rarement) paysages en arrière-plan. Sur les murs les commentaires sont nombreux : explications ponctuelles, arbre généalogique des Medicis, chronologies….

alexandre de medicis vasari

Une autre approche est celle de l’histoire de l’Art et plus particulièrement du Maniérisme, terme que l’on doit à Vasari « la manière moderne« . En introduction à a visite elle-même, une vidéo Mains maniéristes compare la manière de peindre les mains par Andrea del Sarto,  Corrège et Bronzino et celle de Michel Ange. Position des doigts, ongles, chairs, chaque artiste a sa manière. Le DVD se vend à la librairie.

la monaca

 

 

 

 

La Monaca de Ghirlandaio le double portrait de deux amis de Pontormo m’ont beaucoup plu dans la première salle en compagnie d’une femme en jaune d Andrea del Sarto.

La salle suivante est à l’honneur de Cosme 1er peint par Bronzino . D’autres tableaux sont les œuvres de Salviati. Enfin dans la dernière salle on voit des portraits de nobles moins connus par des artistes dont je n’ai pas retenu les noms.

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La petite iXe : une collection féministe PINAR SELEK – ROSA BONHEUR

CADEAU FÉMINISTE

Si telle la Mère Noëlle vous voulez glisser un cadeau dans la ballerine de quelqu’une sous le sapin ou lui faire la surprise en le glissant subrepticement dans son sac, voici une jolie idée! Encore mieux pour le 8 mars, mais c’est dans longtemps!

Format presque carré 12,9cm x 10 cm , une couverture souple blanche aux motifs abstraits, moins d’une centaines de pages. Collection militante pour des textes originaux que j’ai envie de faire connaître autour de moi.

PINAR SELEK – Loin de chez moi..mais jusqu’où?

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Préfacé par son collectif de solidarité.

Je connaissais Pinar Selek romancière de La Maison sur le Bosphore que j’avais beaucoup aimé. Au détour du blog Entre les lignes, j’avais lu une analyse de son texte Service Militaire en Turquie construction de la classe de sexe dominante et entendu parler de ses poursuites par la justice turque qui l’ont contrainte à l’exil. J’ai apprécié la romancière, la sociologue et la militante féministe et pacifiste. J’avais envie de mieux la connaître. Quand les éditions iXe m’ont proposé de lire un livre de leur collection, c’est mon premier choix. Je les remercie de me l’avoir envoyé!

Le collectif de soutien à Pinar Selek présente son histoire, ses engagements féministes, pacifiste et antimilitaristes dans une première partie. Loin de chez moi…mais jusqu’où? est un texte assez court(20pages) mais très dense. Annoncé par deux vers de Novalis:

« La philosophie est le mal du pays

C’est le souhait de se sentir chez soi partout »

C’est donc un texte philosophique sur le sentiment d’appartenance à une maison et sur l’exil. Virginia Woolf écrivait :

« En tant que femme je n’ai pas de pays. En tant que femme je ne désire aucun pays. Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier. »

Philosophe féministe elle « expérimente l’état de déterritorialisation » repoussant toute frontière.

L’exil comme nostalgie de la maison, ou l’exil comme chance?

ROSA BONHEUR : « Ceci est mon testament… »

ceci est mon testamentSuzette Robichon dans l’avant-propos Le domaine de la parfaite amitié présente Rosa Bonheur, célèbre peintre animalier(e?) , sa vie libre dans la nature, son amour des animaux, ses succès internationaux et ses compagnes, Nathalie Micas, son amie de toujours depuis ses 14 ans et Anna Klumpke « sœur de palette » qu’elle désigne comme légataire universelle lui laissant le « Domaine de Parfaite Amitié« . 

Le testament et la lettre-testament n’ont aucune prétention littéraire. C’est cependant un texte scandaleux pour l’époque (1898). Il était alors, (et maintenant?) inconcevable de déshériter les proches de sang (frère ou sieur)  au profit d’une étrangère même si cette dernière avait partagé le domaine du vivant de Rosa Bonheur. Dans la lettre-testament, elle croit nécessaire de justifier sa conduite envers sa famille « m’ayant mal jugée en mon droit de libre librement » . C’est donc le testament d’une femme libre.

Enfin un article de la Fronde raconte l’enterrement de l’artiste à Thomery puis au Père Lachaise. 

En annexe, une chronologie complète l’ouvrage.

 

Une Histoire de Fou – film de Robert Guediguian / L’Arménienne Gaya Guérian

ARMÉNIE

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Coïncidence, je viens à peine de terminer la lecture de L’Arménienne au moment de la sortie du film de Guediguian Une Histoire de Fou. Je comptais aller au cinéma ce week-end. L’actualité en a décidé autrement. Coïncidence, encore, le sujet : des attentats terroristes, le rende encore plus d’actualité. 

 

L’ArménienneL’indestructible fil de la vie  – Survivre au génocide  – de Gaya Guérian

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Roman ou témoignage?

Le récit déroule le fil des générations, de mères en filles, arméniennes. Comment porter l’insupportable, le souvenir du génocide de 1915?
Après les massacres de Trébizonde, Achrène a erré sur les routes du désert, a perdu son bébé après avoir été séparée de sa fille Chenorig agée tout juste de 2 ans. Chenorig est une rescapée, sauvée par un soldat turc, à peine tolérée dans la famille de paysan qui lui dispense une chiche hospitalité.
Mère et fille se retrouveront par miracle en France.
Elles s’installent dans la France de l’entre deux guerres. On voit comment la communauté arménienne maintient le souvenir et la culture en diaspora mais aussi comment elle s’adapte. Gayané, l’auteure, née en France, porte sa double culture et la génération suivante aussi.
Le témoignage est poignant même si on reste un peu sur sa faim quant à l’analyse historique. On aurait aimé plus de précisions, plus de détails descriptifs. J’aurais aimé mieux connaître Trebizonde, goûter aux saveurs de la cuisine… Il manque un je- ne- sais- quoi, de littéraire. Toutefois, c’est une lecture facile( difficile d’écrire « agréable » si on pense à la tragédie abordée).
Je remercie les éditions XO document et la Masse Critique  de Babélio de m’avoir offert ce livre.

Une Histoire de FOU – film de Guédiguian

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Même si les critiques ne sont pas unanimes pour louer ce film, j’ai tenu à la voir. Guédiguian, Ariane Ascaride, Abkarian font partie de ma « famille de cinéma » tant pour leur personnalité que pour les idées qu’ils portent. Pour le centenaire du Génocide arménien Guédiguian a réalisé un long (2h14) film entre fiction et documentaire.

Documentaire, la reconstitution en noir et blanc du procès à Berlin  (1921)de Soghomon Thelirian, qui a froidement abattu Talaat Pacha, l’un des responsables du Génocide, condamné en Turquie et réfugié en Allemagne.

Thelirian – acquitté à Berlin – sert de modèle, des décennies plus tard aux jeunes Arméniens qui essaient de réveiller la mémoire du génocide au monde à coup de bombes et d’attentats meurtriers. On se souvient de l’attentat d’Orly.

une histoire de fou Abkarian ascaride

Fiction :   – en couleur –  à Marseille,  Aram poussé par sa grand mère rescapée du génocide, fil de commerçants (Simon Abkarian et Ariane Ascaride) rejoint les terroristes. Il blesse un cycliste qui passait sur les lieux de l’attentat et s’enfuie à Beyrouth où d’autres arméniens s’entraînent dans des  camps en compagnie de Palestiniens, d’Irlandais et d’autres combattants.

une histoire de fou beyrouth

Anouch, la mère désespérée de l’acte et de la fuite d’Aram rend visite au blessé pour lui dire sa honte. Ce dernier débarque à Marseille chez les épiciers, se documente sur la cause arménienne et demande à rencontrer Aram…

Actuellement il est difficile de visionner un film qui met en scène des terroristes. On ne peut que les condamner en bloc. Même si le souvenir du génocide est une cause louable. pPeut être est-ce pour cela que le titre s’intitule une Histoire de Fou.

Histoire de fou, aussi, l’entêtement de la Turquie 100 ans ans plus tard à nier le génocide. On ne  comprend pas ce qu’elle a à gagner ou à perdre dans cette attitude négationniste.

 

 

Le Sillon de Talbert

CARNET DU TREGOR

Le sillon de Talbert
Le sillon de Talbert

 

La D6 nous conduit à Tréguier que nous contournons sans nous y arrêter.

Pleubian est un  beau village aux maisons de granite, plusieurs bars, des commerces. En ce moment, bien tranquille,  peut être plus touristique en été. Je peste contre l’automobiliste qui s’est garé perpendiculairement au porche de la jolie église. C’est le curé qui affiche un papier. La cloche résonne, le glas. Ce n’est pas l’enterrement. Un jeune homme vient de mourir la cloche l’annonce au village. Les clientes de la boulangerie toute proche viennent aux nouvelles, chacune porte un paquet de pâtisseries.

Pleubian : chaire
Pleubian : chaire

L’église a de beaux vitraux colorés, mais elle est fermée. Ce n’est pas le moment de demander au curé qu’il l’ouvre pour la visite touristique. Derrière l’église, une croix sur un cylindre sculpté. Je reconnais la Cène, des soldats, (les romains ?). Surprise le cylindre est creux ! C’est une chaire à prêcher quand des prêcheurs venaient et que l’église était trop petite.

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Le sillon de Talbert  est un peu plus loin après L’Armor. C’est un cordon de galets long de plus de 3 km abritant un marais très mouillé vers l’est. Un sentier commence sur une dune plantée d’oyats. On conseille de descendre sur la plage pour ne pas piétiner les galets ni déranger les oiseaux qui font halte sur le sillon au cours de leurs migrations ou qui nichent au sol. D’ailleurs c’est beaucoup plus confortable de marcher sur le sable mouillé que sur les galets. Ils sont roses, de granite rose, ou de grès, gris, de granite gris, verts de schistes ou gris foncé presque noirs de dolérite. Un panneau émaillé raconte que ces galets proviennent du temps des glaciations. Le gel a fractionné  les rochers en éclats. Les courants ont construit ces cordons à l’abri des récifs et des ilots. Certains sont même en queue de comète. Les cordons se sont accumulés pour former ce long sillon.

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Dans ce coin les algues sont nombreuses, goémon mais aussi grandes laminaires dont le « pied » -grosse boule décorée de cupules – est décoratives.

Près du sillon, dans la mer, les roches sont alignées, et encore plus loin, il y a un phare. Je croyais que j’y arriverai à pied à marée basse, mais un bras de mer les sépare. Quand je rentre la mer est montée, le sable mouillé sur lequel la marche était facile est immergé. Je suis forcée de marcher sur les galets. L’idéal aurait été de piqueniquer à la pointe et d’attendre la marée haute.

Nous avons de belles crevettes roses, un avocat et des gâteaux achetés à Pleubian. Beau pique-nique.

limicoles
limicoles

Le sentier côtier le long de la presqu’île de Lézardrieux entre Trieux et Jaudy  est recouvert d’un sable jaune. C’est une promenade agréable le long des plages de galets, les rochers. Je passe entre une lande de fougères et des champs, choux, artichauts et maïs desséché. Cette région est très agricole, pas touchée par l’urbanisation touristique. De temps en temps il y a des petites maisons de granite. Parfois des gîtes ruraux. De belles plaques émaillées commentent le paysage : géologie et phares. Un grand phare en mer est le Héaut de Bréhat. Nous nous retrouvons au phare de La Chaine. Tout d’abord on cherche le phare : c’est une petite maison blanche au fronton rouge !

Cette maison est un phare!
Cette maison est un phare!

Dernier arrêt : une allée couverte  de Men ar Rompet près de Kerbors « pierre des druides » (néolithique) non loin du Jaudy caché dans une prairie.

Allée couverte
Allée couverte

deTrégastel à Ploumanach

CARNET DU TREGOR

Ploumanac'h
Ploumanac’h

Matinée grise, petite visite à Perros Guirec. Flânerie dans le centre-ville, boutiques classieuses. Architecture très homogène, façades de granite rose, pans de bois laqués bleu, toits très en pente et frontons triangulaires. Perros Guirec est une station chic de longue date.

Le soleil fait son apparition. Je parcours la grande plage de Trestaou. Dans l’eau un groupe en combinaison de plongée fait « le petit train » avec d’énergiques mouvements de bras, de l’eau à la hauteur de la poitrine. Trois femmes en maillot de bain marchent les pieds dans l’eau. Et les petits rentrent avec leurs surfs.

Déjeuner au gîte, sur notre terrasse , steak haché et pommes de terre sautées au persil.

Avec le temps gris, j’ai des envies de piscine ; nous allons nous renseigner au Forum de la Mer à Trégastel. Le GPS nous y mène directement. « Vous êtes arrivé ! » clame-t-elle devant un gros rocher surmonté d’une curieuse sculpture peinte en blanc. Au Forum de la Mer, la piscine jouxte l’Aquarium très bien situé dans le chaos granitique, face à la mer. Pour éviter la foule avec les enfants,  il vaut mieux revenir après 19 heures.

En attendant je fais le tour de la presqu’île de la Renote. Sur la carte, et sur le panneau, temps  prévu 30 minutes. J’ai doublé la durée du parcours en prenant photo sur photo et en m’amusant à tourner autour des rochers, passant dans des tunnels, dans de petits passages. Les gros rochers ronds sont dispersés dans les anses qui séparent Trégastel de Ploumanac’h.

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Au lieu de chercher les balises (rares) du GR34, je préfère faire le tour de la belle plage de Trégastel, Ste Anne Paul Palud. Tantôt je marche sur le sable grossier, tantôt sur le sable fin, sur la vase. Je me faufile entre les rochers et évite les gros tas de goémon. L’anse est très arrondie, presque fermée. Je remonte sur un  petit cap boisé et découvre un étang. J’ai complètement perdu le GR. Je ne sais pas si je dois coller à la plage ou si je peux traverser la pointe pour rejoindre l’anse de Tourony où Dominique m’attend. Il y a tant d’îlots, de presque- îles, de pointes et d’anses que j’ai complètement perdu le nord. Je finis par mettre le GPS du téléphone pour me géo-localiser. L’anse de Tourony est encore plus fermée que la baie de Saint Anne, sable grossier, bateaux échoués, gros rochers ronds et toujours la vue sur les îles de Ploumanach et le château dans ses beaux pins. Fin de la promenade au moulin de marée où nous avons pique-niqué hier.

Perros Guirec – Ploumanac’h

CARNET DU TREGOR

 

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Matin frais et ensoleillé.

Départ de la balade à  Perros Guirec du parking de  la plage de Trestrignel . Je monte d’abord la rue Maurice Denis qui passe sous sa villa et qui conduit au Château. Le château est plutôt un gros rocher, le rôle défensif de cette position est expliqué par un écriteau. Un sentier fait le tour de la pointe du Château  en creux derrière une haie d’épineux et de hautes fougères aigles maintenant roussies. J’oublie que je me trouve en ville ; les îles se détachent dans la mer.
Je retourne ensuite à la plage de Trestrignel et trouve les balises du GR  dans les rues entre de magnifiques villas maritimes en granite rose avec clochetons, belles baies vitrées, et terrasses face à la mer. Les plus grandes sont maintenant des hôtels et des restaurants. Je suis le chemin de la Messe qui va de la Pointe du Sphinx au Centre ville. J’arrive sur la grande plage de Trestaou qui est la plus belle de Perros Guirec, bordée d’une corniche avec de belles boutiques.

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A l’extrémité de la plage, commence le sentier des douaniers. 4.400km jusqu’à Ploumanac’h. Il y a tant à voir et à photographier que je le parcourrai en presque 1h45, pourtant je marche vite. Ce chemin est très bien entretenu, cimenté ou sablé large de plus d’un mètre, souvent bordé de petits câbles d’acier. Au début, ce sentier, trop soigné,m’agace un peu, où est l’aventure ?

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Nombreux panneaux avec des photos montrent le site avant les aménagements : pelouse piétinée, végétation rare et le site très dégradé. Depuis que la circulation piétonne est canalisée les bruyères et les ajoncs fleurissent, ainsi que petites fleurs bleues blanches ou roses qui égaient le paysage. La mer est haute et très bleue. Les Sept Iles se détachent. On approche de la barre de granite rose de Pors Rolland que je photographie de loin, de moins loin, de près …Les rochers roses ont des silhouettes fantastiques. Je ralentis l’allure. Les promeneurs sont nombreux ce 19 octobre, je n’ose pas imaginer l’été !

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Le chaos granitique s’étend autour d’une petite plage à l’eau turquoise, des pins se détachent, sculpturaux, le Château du Diable s’élève au dessus de l’eau, dans une petite crique une rampe est équipée d’un rail pour descendre la baraque de sauvetage abritée dans un bâtiment peint en blanc. Un peu plus loin, un phare à tour carrée est surmonté d’un capuchon laqué de rouge. Je passe encore devant une belle plage de sable arrondie. J’approche du village de Ploumanac’h, belles maisons de granite basses et simples bien différentes des villas maritimes de Perros Guirec. Par cette belle journée ensoleillée, les terrasses des crêperies et des bars sont pleines.

moulin à marées
moulin à marées

Dominique m’a donné rendez- vous a port, je longe les quais et la retrouve sur une digue près d’un petit moulin à marée très joli. La surprise c’est est une pièce d’eau triangulaire « l’étang », de gros rochers gris bordent le lit de deux ruisseaux qui confluent dans cette étroite vallée. Des algues brunes empâtent les rochers les plus bas, d’autres, vertes s’étalent sur les pentes. De magnifiques pins se dressent, ils ont l’air taillés comme des pins asiatiques. Une très belle maison est perchée sur une butte, une baie arrondie est habillée de grands rideaux, j’imagine une salle de bal. Les oiseaux se reposent dans ces eaux calmes : aigrettes, hérons, goélands. Nous prenons place sur les bancs adossés aux murs du moulin à marée. Pâté de lapin aux noisettes, andouille, kouign aman. Un pique-nique terrien après les crevettes sur la plage hier !

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Les carrières de Granite rose sont à l’arrière du village. Toute la colline est creusée de très grandes exploitations. Le front de taille est haut de plusieurs dizaines de mètre. L’énorme tracto-pelle ressemble à un jouet. Des panneaux préviennent que les sites sont dangereux « casque obligatoire » tirs de mines, ils ne me découragent pas. Je vais me présenter auprès des ouvriers « je suis professeur de SVT, j’aimerais des photos pour mes élèves » . Les carriers sont sympas. Non salement ils ne me chassent pas. Un tractoriste se donne la peine de m’accompagner sur un point haut pour que j’aie un meilleur point de vue. Haut front de taille, très net, très propre. Je n’aurai pas d’arène granitique à photographier.

carrière de granit rose de la clarté
carrière de granit rose de la clarté

A l’arrière des carrières nous cherchons le moulin : belle tour ronde avec des ailes en bois, en parfait état, presque trop neuf !
Non loin de là une borne de granite porte un panneau émaillé pour borner l’entrée de la vallée des Traouiero. La promenade descend sous des châtaigniers jusqu’à une étroite vallée encombrée d’énormes blocs. Un frais ruisseau se glisse entre les rochers. Le sentier est très en pente mais des marches de bois facilitent la descente. On passe des petits ponts de planches. Des fougères, des roseaux se blottissent contre les rochers qui font des grottes. Des ronciers envoient de longes tiges qui descendent devant les grottes. Une merveilleuse promenade.

autour de Trestel – Port Blanc

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Soleil, nous partons vers 10h par Louannec dont l’église est encerclée par un impressionnant enclos. Passant par Trelevern nous retrouvons la plage de Trestel           où nous avions passé une deux semaines il y a une quinzaine d’années. Le Centre Héliomarin a une nouvelle aile plus moderne, on a aussi décoré la plage avec un petit phare transparent en plastique ou en verre. Le sable est très fin, très blanc, très agréable à fouler. Il fait trop frais pour marcher pieds nus. Pourtant, dans l’eau,  il y a des baigneurs : en combinaison, des personnes de tous âges marchent, des surfeurs sont allongés sur leurs planches. En 40 minutes, j’arrive à la plage du Royo. Un tracto-pelle décore le parking pour la construction d’une digue en énormes parallélogrammes de granite rose . Effet du réchauffement climatique, des tempêtes des hivers récents ?  Partout où je suis passée, hier et aujourd’hui, on a construit des murs avec ces grosses barres roses. La côte de granite rose s’étend même aux plages de sable ou de dunes.

Une promenade dans les marais de Trestel part de la plage, monte  dans la forêt de châtaigniers sur un beau sentier (auquel il manque quand même le balisage). Plus bas,  la station de lagunage est cachée par les arbres, puis on descend jusqu’à des pâturages clos. Le sentier passe un  petit pont et longe un  ruisseau. Le marais n’est pas très étendu, on retrouve les maisons fleuries, le sentier passe derrière des jardins, des murs pour arriver à Kergall. Ensuite le balisage disparaît complètement. Par où passer ? Heureusement mon téléphone me donne ma position.

 

Déjeuner sur la plage à Port Blanc. La route conduit au Camping des dunes, fermé en octobre, donc désert. Le sable de la plage est d’un blanc exceptionnel. Sous le soleil, l’eau prend des teintes turquoise comme on imagine dans les mers du sud. Les rochers ont des teintes orange. Les oiseaux sont très nombreux. Une aigrette d’une blancheur éblouissante atterrit sous nos yeux. Des huitriers-pies se promènent. Ils sont étrangement silencieux, heureusement leur cri est affreux. Il y a même un bécasseau avec sont long bec, il arpente tranquillement les rochers.

Je rentre à Trestel par la plage tantôt je marche sur le sable, quand il est remplacé par des galets je monte sur le sentier qui passe par un champ de chou, puis par de belles maisons.

Le soleil brille quand nous rentrons au gîte : les chaises longues de la terrasse à l’ouest sont parfaites.

Lannion, Saint Michel en Grève, Plestin les Grèves

CARNET DU TREGOR

Plestin les Grèves
Plestin les Grèves

Il pleut ce matin. Inutile de se lever tôt. Grasse matinée lecture, La Fête du siècle de Niccolo Ammaniti ne m’enthousiasme pas trop, j’en ai déjà lu la moitié, ce serait bête de l’abandonner,  le récit s’anime pendant la fête .

Lannion est à moins d’une dizaine de km.  Malgré son aéroport, son IUT, les nombreux magasins  à l’entrée de la ville, c’est une très petite ville. A l’office du Tourisme, l’employé très aimable ne sait que me conseiller pour un jour de pluie « Allez à la médiathèque », située dans un couvent. Il me vend un plan avec trois promenades. Sous cette pluie cela ne nous séduit pas vraiment.

Nous continuons dans la direction de Plouaret où se trouvent trois châteaux, des jardins et des chapelles.

Ploubezre
Ploubezre

Premier arrêt à Ploubezre, pittoresque village de granite rassemblé autour de son église: deux bars, un restaurant de kebab « la Turquoise ». L’église est dans son enclos, restaurée au 19ème siècle, elle garde des chapiteaux 12ème et 13ème que nous ne verrons pas puisque elle est fermée. Plus que le calvaire usé par le temps, le vieil if au coin de l’enclos et deux buis déplumés m’ont plu.

Sur la route de Ploubezre à Plouaret à un croisement, à la sortie du village,  un calvaire original : Cinq croix, toutes simples. Il y a plus loin une chapelle, fermée en cette saison. Dans la région,  manoirs et châteaux sont nombreux, trois se trouvent dans le voisinage. . Nous nous détournons pour voir le château de Kergrist – fermé en cette saison.

La route débouche à Saint Michel en Grèves : la belle plage est dégagée, à marée basse. Sous le ciel gris, la mer grise est très loin. Sur le sable il y a de nombreux canards (je regrette d’avoir oublié mes jumelles). Il fait trop frais pour se déchausser, je longe donc la grève jusqu’au parking suivant où Dominique m’attend.

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Un panneau raconte la légende de la Croix de demi-lieu, elle aurait été érigée quand Saint Efflam et les Bretons s’installèrent  en Armorique au Vème ou VIème siècle. Il est écrit que la croix se déplacerait d’un grain de blé tous les 7 ans et que,  lorsque elle atteindrait l’église, se serait la fin du monde. Le Guide Gallimard donne une autre version  : cette croix de demi-lieue est au milieu de la grande plage d’une lieu. Autrefois, le seul moyen d’aller de Saint Michel à Plestin était de passer par la plage. La Croix était un repère, si son pied était dégagé on pouvait passer le gué, si les eaux cernaient la Croix il valait mieux s’abstenir. En cas de brouillard, les voyageurs se guidaient en écoutant les cloches de Saint Michel et du tocsin de grève de la chapelle Sainte- Enora.  La croix fut renversée au cours de la dernière guerre mondiale. On en dressa une nouvelle en 1993. Gallimard raconte une autre légende : sous cette immense grève, au Rocher Rouge, une cité aurait été engloutie, on entendrait la nuit de la Pentecôte les cloches de l’église immergée…

Toutes ces histoires confèrent du charme à la promenade le long de la plage.

Belle maison de Saint efflam
Belle maison de Saint Efflam

A Saint Efflam, le GR quitte la plage. Il passe d’abord devant de merveilleuses maisons de granite avec des clochers, des gargouilles, des pinacles, dans des jardins avec des palmiers et des plantes exotiques. Le sentier grimpe dans la forêt qui surplombe les rochers. Les randonneurs ne semblent pas les bienvenus : à la place de « sentier côtier » ou « GR34 » il est écrit « servitude de passage ». De belles propriétés sont cachées.

Thermes de Hogolo
Thermes de Hogolo

Le sentier monte des marches, descend. Comme il a plu ce matin les marches sont parfois glissantes. Je regrette de n’avoir pas pris mon bâton de marche. Tantôt je marche sous des arbres magnifiques, chênes et châtaigniers, tantôt dans des fougères roussies. Dans un creux je vois des schistes verts, cela change du granite, je passe sous une arche taillée dans des houx très touffus. Les houx sont de vrais arbres, les troncs sont dégagés. La côte regardant vers le nord est très découpée avec des pointes que le GR suit. Je retrouve Dominique à la plage des Curés. Le GR devient plus facile. Il passe dans une pinède le long de la baie paisible, estuaire  à sec à marée basse. Un site archéologique a été dégagé du sable par une tempête : les thermes d’Hogolo , ce sont des bains privés donc d’assez petite taille.

chapelle Ste Barbe
chapelle Ste Barbe

La promenade se termine à la chapelle Sainte Barbe, un peu à l’écart de la route entourée de belles maisons fleuries. Dédicacée à la Patronne des Gardes-côtes ; elle protège les femmes enceintes. Le toit de lauzes est charmant.

 

Notre-Dame de Paris – Victor Hugo

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Esmeralda, Quasimodo, la Cour des Miracle font partie de notre imaginaire si  bien que nous croyons connaître Notre Dame de Paris sans même l’avoir lu. Des adaptations au cinéma et au théâtre, une comédie musicale récente, contribuent à cette impression. Pourtant le roman mérite vraiment une lecture attentive.

Encore une fois, le challenge de Claudialucia m’a entraîné à  télécharger Notre- Dame de Paris. Avantage de la lecture électronique, c’est gratuit, et léger. Inconvénient : les notes sont inaccessibles et dans cet ouvrage, pourtant elles sont nombreuses et nécessaires. Le vocabulaire employé par Hugo m’a donc plongée dans une certaine perplexité : qu’est-ce que  le surcot de tiretaine, le hoqueton de camelot, ou la cotte-hardie, la brigandine ou le bicoquet, la passequille? des vêtements et des tissus, d’après le contexte mais j’aspire à plus de précision.

Jubilation de lecture du style imagé et foisonnant de Hugo. La fête donnée aux ambassadeurs de Flandre dans Paris avec la représentation  d’un mystère  au Palais de Justice  est un début étourdissant. Nous faisons connaissance avec Pierre Gringoire, l’auteur du mystère, le mari à la cruche cassée d’Esmeralda. Les nombreux dialogues, le chahut des écoliers et des clercs ou des commères dans un langage moyenâgeux m’ont beaucoup amusée.

« L’algarade du chaussettier flamand, en humiliant les gens de cour, avait remué dans toutes les âmes plébéiennes, je ne sais quel sentiment de dignité encore vague et indistinct au quinzième siècle. » 

Le concours de grimaces, épreuve pour devenir le pape des fous est tout aussi divertissant.  Quasimodo le sonneur des cloches de Notre Dame,bossu, contrefait et sourd, en est le gagnant.

Enfin, La Esmeralda, la bohémienne qu’on appelle plutôt l’Egyptienne avec sa jolie chèvre Djali met fin au mystère et entraîne tout le monde dans les rues. Péripéties, enlèvement, délivrance par le chevalier Phoebus. L’intrigue est mise en place avec ses personnages principaux.

L’arrivée de Pierre Gringoire à la cour des miracles continue la cohue pittoresque  qui m’a charmée. Dans ce monde interlope tous les langages ont cours. je me régale des inventions langagières de Clopin-Trouillefou, le Roi de Thunes qui fait régner son ordre sur les argotiers et les truands.

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Après ces deux livres endiablés, Victor Hugo change de ton pour présenter le sujet du roman: la cathédrale, elle-même, avec ses pages architecturales, façades, statues, gothiques ou altérées par les ajouts Renaissance ou classiques. Engouement romantique pour le Moyen Age et le style gothique. Réflexion sur le sens caché de l’architecture :

« les plus grands produits de l’architecture sont moins les œuvres individuelles que des œuvres sociales ; plutôt l’enfantement des peuples le travail que le projet des hommes de génie »

L’architecture occupe une partie importante dans Notre-Dame-de-Paris, architecture  détrônée par l’invention de l’imprimerie qui annonce justement les Temps Modernes et la fin du Moyen-Âge.

« l’imprimerie tuera l’architecture »

« C’était l’effroi du sacerdoce devant un agent nouveau, l’imprimerie.C’était l’épouvante et l’éblouissement de l’homme du sanctuaire devant la presse lumineuse de Guttemberg »

« Du temps de l’architecture, elle (la pensée) se faisait montagne et s’emparait puissamment d’un siècle et d’un lieu. Maintenant elle se fait troupe d’oiseaux, s’éparpille aux quatre vents, et occupe à la fis tous les points de l’air et de l’espace »

Victor Hugo pousse encore l’analyse et l’étend à la littérature :

« Dante, au treizième siècle, c’est la dernière église romane ; Shakespeare au seizième, la dernière cathédrale gothique » 

J’ai bien aimé cet éclairage.

Encore une fascination pour l’architecture : celle de Pierre Gringoire vers la fin du roman quand il a quitté la truanderie et qu’il n’est plus amoureux d’Esmeralda.

En revanche je me suis un peu ennuyée à son « Paris vu du ciel » reconstitution savante du Paris du quinzième siècle, trop détaillée.

Après ces parenthèses théoriques, l’action reprend. Nous faisons connaissance avec un autre amoureux d’Esméralda : Claude Frollo, l’archidiacre, l’érudit, le véritable maître de la cathédrale, le prêtre amoureux qui effraie tant la gitane, le protecteur de Quasimodo…

Roman d’amour, roman d’action. Rebondissements . Chevauchée, enlèvement, prise d’assaut de Notre Dame, fuite dans la nuit….il faut le lire.

Lecture commune avec Claudialucia, Nathalie, et Laure.

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D’Alep à Paris -les pérégrinations d’un jeune syrien au temps de Louis XIV – Hanna Dyâb

VOYAGE EN ORIENT

d'Alep à Paris

Plutôt qu’un voyage en Orient, c’est le voyage d’un oriental vers Paris de1707 à 1710. Après une expérience ratée dans un monastère libanais,Hanna Dyâb  rencontre Paul Lucas, explorateur au service de Louis XIV, entre à son service et le suit dans un périple qui le mènera à Chypre, en Egypte, à Tripoli, Tunis puis Livourne, Marseille et enfin Paris

Contrairement  à Evleya Celebi qui était un érudit-musulman, Hanna  est chrétien maronite. Il parle et écrit en Arabe, il s’exprime  aussi en Turc,  Français,Italien,  Provençal et sert d’interprète à Paul Lucas qui lui promet un poste à la bibliothèque arabe à Paris. Hanna connait les marchands marseillais pour qui il a travaillé avec son frère à Alep. La civilisation occidentale lui est moins exotique. Il semble partout chez lui.

_Antoine_Galland
Antoine Galland

C’est un conteur merveilleux. A Paris, il a rencontré Galland qui traduisait les contes des Mille et unes Nuits, on pense même que certains contes comme Aladin ont été inventés par Hanna Dyâb. La relation de son périple n’est pas un journal de bord, il le raconte 50 ans plus tard, dans ses vieux jours, à la manière des contes orientaux mêlant des descriptions précises,  les récits des aventures et des histoires, des rumeurs qu’il a entendues ou tirées de la vie des saints.

C’est aussi un excellent observateur. Il rapporte  la vie courante dans les pays traversés.C’est surtout à Paris où il est resté de longs mois qu’il raconte le grande hiver 1709 et la famine qui l’a suivi. Il décrit l’étiquette à la cour où il a été accueilli en apportant des gerboises..  Vie quotidienne comme l’installation des boutiques de café par des Syriens.

Les voyages sont périlleux, par terre comme par mer. Sur la mer,  les Corsaires rôdent. Paul Lucas et Hanna Dyâb ne les évitent pas. Le récit d’une attaque par les corsaires fait du récit un roman d’aventure. Son retour avec une caravane à travers l’Anatolie d’Istanbul à Alep en est encore une autre.

Les éditeurs et la traductrice ont ajouté une introduction et  tout un corpus de notes de bas de page enrichissant beaucoup ce livre. Certaines  concernent le choix du vocabulaire d’Hanna Dyâb, arabe syrien, turc, d’autres critiquent la chronologie en comparant les dates fournies par Hanna Dyâb à celles de Paul Lucas, d’autres, enfin, situent les épisodes racontés dans l’histoire, ce sont ces dernières qui m’ont passionnée.

C’est donc une lecture très agréable et un livre très sérieux.