Selon, le guide fourni par l’appli booking.com, notre pass de transport s’appliquerait aussi aux ferries et aux trains. Nous prenons le bus pour Cais Sodre – la gare fluviale. N’importe quel ferry passant le Tage ferait l’affaire. En validant le pass au portillon cela ne marche pas. Si on achète un billet le ferry partira sans nous. On rentre à l’hôtel vers 16h recrues de chaleur.
Cais Sodré
A 17h30 me voilà rafraîchie et prête pour une exploration de la Baixa et du Chiado. Je ne veux pas quitter Lisbonne sans avoir flâné devant les vitrines pittoresques des rues de la Baixa et surtout sans avoir exploré le Chiado juste derrière l’hôtel.
Dans la Baixa je parcours la Rua dos Sapateiros (des cordonniers), la Rua Aurea (de l’or), j’arrive sous l’Arc de Triomphe de la Praça do Comercio. De là, je suis l’itinéraire du tram 28. A pied cela grimpe dur ; je me retrouve place Camoes et de là me promène dans les rues au hasard pour trouver les théâtres du Chiado. Non loin du San Carlo il y a un nombre incroyable de salles, comme il y a beaucoup de Musée de peinture et plusieurs musées archéologique. Lisbonne est vraiment une capitale culturelle.
Je me retrouve sur le Largo do Carmo. Le « musée archéologique » de l’église Carmo est ouvert jusqu’à 19h (3.5€) . la belle église gothique du 14ème siècle a perdu la voûte de sa nef fors du grand tremblement de terre de 1755. Les moines ont essayé de la reconstruire mais avec la mode romantique des ruines on a préféré laisser les arches se déployer dans le ciel. Dans la lumière du soir, elles se détachent sur le ciel d’un bleu intense.
Pour ce qui est du « musée » ce serait plutôt une collection lapidaire hétéroclite. Des stèle romaines la margelle d’un puits, des gargouilles, des anges, une fenêtre manuéline sont dans le plus grand désordre. Dans les pièces fermées c’est encore plus éclectique : la pierre tombale du chanoine voisine avec deux momies péruviennes, une autre salle contient des outils préhistoriques. La boutique vend toutes sortes de livres, poèmes, carnets de voyages ; C’est fouillis mais très sympathique.
Terminé un jour trop tard pour LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE, livre de saison puisque’il se déroule entre le 23 octobre et le jour de la Toussaint.
Maurizio de Giovanni nous transporte à Naplesen 1931 dans l’Italie de Mussolini, justement le duce annonce sa venue prochaine, ce qui met le commissaire divisionnaire dans tous ses états.
Publié dans la collection Rivages/Noir on ne peut pas imaginer de collection plus appropriée, pour la géographie mais surtout pour la noirceur de ce roman policier. Nous n’irons pas à Mergellina, ni à Capri, ni même au San Carlo…n’entendrons pas de chansons napolitaines…très loin de la cité ensoleillée que j’ai découverte comme touriste. A Capodimonte, quand même, puisque c’est là qu’on a trouvé le petit garçon sans vie. sous une pluie incessante qui confère au roman une atmosphère encore plus triste.
Le Commissaire Ricciardi ému par la fragilité et l’abandon du petit cadavre, contre l’avis de tous veut élucider le mystère du décès de l’enfant. Qui se soucie d’un enfant des rues, maigrichon, tellement mal en point que sa mort paraît à tous,naturelle?
Enfant des rues, il y en a tant à Naples, les scugnazzi, qui se soucie d’eux? On évolue dans une ambiance à la Dickens, frère de Gavroche, enfant des trottoirs de Bombay ou d’ailleurs.. Le commissaire découvre un orphelinat patronné par un curé peu charitable, un sacristain ivrogne, des riches et nobles dames patronnesses , des colporteurs voleurs, les habitants des bassi, un travesti un peu indic, des malfrats, un noble déclassé, des enfants cruels….tout un monde interlope. La personnalité de la petite victime se dessine au fil des pages. N’importe qui aurait pu être responsable de la mort de l’enfant. les hypothèses se succèdent.
Je n’en dis pas plus!
Les caractères sont un peu convenus. L’intrigue un peu lente. Mais c’est un bon polar distrayant.
Le tramway 28 parcourt toute la ville. C’est un vieux tram en bois : 20 places assises 28 debout. Si on veut profiter du parcours, il convient de se lever tôt et la meilleure façon de choisir sa place est de le prendre au terminus place Martin Morim située derrière la place Figueira.
8h40 – le chauffeur est une dame africaine. Elle connaît sa machine. Dès les premiers tournants elle arrête le tram et sort avec une sorte de long pied de biche. Une panne ? Non c’est la routine. Que fait-elle ? Déplace-t-elle un aiguillage ou enlève-t-elle quelque chose de coincé ? Cela se produira plusieurs fois sans que j’élucide la question.
A bord du tram!
Le tram suit d’abord une rue bien large bordée d’arbres. Dès qu’il s’engage dans les petites rues, c’est toute une aventure. Il gravit les pentes raides pour s’élancer ensuite dans une descente vertigineuse. Parfois il n’y a qu’une voie, il faut laisser passer le tram qui vient d’en face. On voit une voiture foncer droit sur nous, mais le tram tourne à angle droit brusquement. Parfois, il y a juste la place pour le petit tram jaune. Comment fait-on pour déménager dans cette rue ? Heureusement, il fait bon. On peut baisser la vitre pour prendre des photos.
laSé
Je suis le trajet sur le plan de Lisbonne mais ne l’ouvre pas. Je préfère me laisser brouetter, attentive aux façades carrelées, aux magasins pittoresques, aux échappées sur le Tage qu’on appelle aussi la Mer de Paille. Le parcours du 28 fait deux boucles : la première sur la colline du château passe devant la Sé, il descend à la grands Praça do Comercio pour monter au Chiado jusqu’à la place Camoes où le poète est couronné de lauriers. Les quartiers devient ensuite plus aérés, plus « modernes » avec des immeubles carrelés et d’’autres Belle Epoque ou Art Nouveau. On passe devant une très grande église très blanche puis devant l’énorme bâtiment de L’Assemblée du Peuple, le jardin d’Estrela pour arriver au terminus de Prazeres où nous nous dépêchons de descendre du tram pour y remonter aussitôt et reprendre les mêmes places.
Vue du mirador sur l’Alfama (le musée du fado en rose)
Au deuxième passage, j’ai ouvert le plan. Nous descendons au Mirador du Largo das Portas do Sol en face du Musée des Arts décoratifs – bâtiment rouge avec un beau portail – où nous avons vu une belle terrasse de café. La Cathédrale nous servira de repère pour nous préparer à descendre.
Au Largo das Portas do sol un panneau porte un plan des murailles du château tout proche. Un minibus y monte que nous négligeons. Les rues aux abords du château sont soignées, fleuries, décorées mais un peu trop touristiques. On se croirait à Montmartre ! Je pensais que le château Saint Jorge serait fermé le lundi. C’est ouvert 8.5€. Le prix nous fait reculer. Nous avons visité récemment de nombreux châteaux forts avec chemins de ronde, murailles crénelées. On aurait pu chercher la porte que Martin Morim empêcha de se refermer pendant l’attaque d’Afonso Henriques…si j’avais lu le siège de Lisbonne de Saramago j’aurais été plus motivée !
le chateau
Nous négligeons aussi la Sé qu’on avait vue à notre précédent passage. Avec ses deux tours carrées elle ressemble aux cathédrales d’Evora et de Porto.
Le Mirador de Santa Luzia offre un très beau point de vue sur l’Alfama. Une vigne soutenue par une colonnade, des azulejos et des petits sièges ménagé dans le mur font un endroit commode pour dessiner. Plus bas, un bassin rectangulaire turquoise, de gros bougainvillées violets, des cyprès se détachent. Bel endroit !
mirador Sa Luzia
Le Musée des Arts décoratifs est ouvert le lundi. Le menu du restaurant installé dans le patio nous tente. Le caissier n’est guère aimable. Il déclare que la visite se termine dans 20minutes et que pour manger il faut prendre le ticket de la visite. On renonce.
Descendons dans l’Alfama
Ruelles de l’Alfama
Nous descendons l’escalier le long de la muraille pour arriver derrière l’église S. Miguel, centre d’un petite « village » de maisons blanches avec la lessive étendue au soleil. Un chien attaché en haut d’un escalier, une arche s’ouvrant sur des marches me donnent des envies de dessin.
S’approchant du Musée du fado, les rues redeviennent touristiques, se meublent de tables de restaurant. Du fado s’échappe d’une cave. Nous retrouvons la petite place que j’ai dessinée vide hier ; Elle est pleine de tables. C’est là que nous déjeunerons au restaurant tipico Lautasco. Un caoutchouc a étendu ses branches pour donner de l’ombre à toute la place. Des sarments de vignes s’y sont mêlés. Pour égayer les grosses feuilles sombres on a tendu des guirlandes de papier rose, bleu, jaune.
Le restaurant tipico est cher sardines 9.9€. Qu’importe ! Nous avons envie d’un bel endroit. Nous refusons les olives le pain et le beurre qu’on apporte sans qu’on n’ait rien demandé – chaque article est payant 0.9€ ! Ici, le vin se vend à la bouteille et non pas au verre.
Sardines et omelette de gamba, ½ bouteille de blanc : 27€
Avec ce challenge c’est toute l’Italie que nous avons parcouru! Niccolo Ammaniti nous emmène en Maremme, à Ischianno Scalo, petit bourg enclavé entre mer, marais et l’Aurelia – la route qui va de Rome à Gènes- village où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien.
Le monde de Niccolo Ammaniti est moche et dégueulasse!
Mais le livre se lit bien, bon rythme, rebondissements inattendus, je tourne les pages….
Comme La Fête du sièclela construction s’organise en tissant deux histoires autour de deux personnages qui finiront par s’entremêler. Histoires de deux losers, Graziano, dealer minable, don juan des discothèques, champion de la drague, musicien de club de vacances…Pietro, 12 ans, fils d’un père alcolo d’une mère dépressive, dont le plus grand talent est de pédaler sur sa bicyclette, gamin rêveur, trop gentil, trop timide, harcelé au collège par les caïds de sa classe.
Le personnages secondaires sont tout aussi minables et antipathiques, Italo, le surveillant du collège, violent, les deux policiers, qui surveillent la vitesse sur l’Aurélia et manquent de se tirer dessus, personnel enseignant autoritaires et faibles, les copains de Graziano. Aucun pour racheter les autres.
C’est un roman bien masculin, imprégné de testostérone et de sauce tomate. Parfois, cela me lasse. Les femmes ne sont pas beaucoup avenantes, mamas obsédées par la cuisine, bimbo sans cervelle, putain au grand cœur, mais sans papier, adolescentes boutonneuses, vieille fille…Une humanité peu avantagée.
Ammaniti excelle dans le burlesque, certaines scènes m’ont fait rire aux éclats.
Notre forfait des 7 collines nous donne droit à l’ascenseur qui se trouve juste au bout de notre rue. Petite queue raisonnable. Pour 1.5€ de plus on accède au Mirador : escalier en colimaçon métallique qui conduit à une plateforme d’où le panorama est spectaculaire. On domine le Rossio et tout le quartier de la Baixa on voit très bien le Château et la Sé avec ses deux tours carrées qui ressemble à la Sé de Porto et à celle d’Evora.
Eglise do Carmo – Les ruines les plus romantiques de Lisbonne!
Un pont métallique relie le parvis de l’église de Carmo notre » église » puisque notre hôtel Estrela do Mondego est au 25 Calçada do Carmo. Cette église est ruinée. De la nef, il reste des arcs en ogive vides. Un musée archéologique y est installé. Contournant le monument, on aboutit sur une très jolie placette avec des arbres, une fontaine, des terrasses. De là une descente bien raide bordée de boutiques désuètes , librairie d’occasion, friperie de vêtements chics, vintage, …
Gare du Rossio
On fait un crochet par la Gare du Rossio c’est une vraie gare, un train sur deux a pour destination Sintra. Si nous restions plus longtemps….La façade est très ouvragée, flanquée de tours, ornées de décors manuélins.
Puisque le déjeuner a été gastronomique, le dîner viendra de Pingo Doce où je trouve un cornet de radis frais et des yaourts. Mais comme nous sommes au Portugal, je redescends acheter des rissoisaux crevettes des bolhinos de bacalau et des croquettes de viandes à la pastellaria du bas de la rue. Aux terrasses des restaurants cinq jeunes brésiliens font une démonstration de capoeira. Le temps d’aller chercher l’appareil photo, ils ont disparu.
Le 794 relie ces deux musées, l’arrêt se trouve devant le porche de l’église, arrêt Madre de Deus. A l’arrêt de nombreux touristes attendant ainsi qu’une dame portugaise et son mari. La dame nous explique qu’il faudra descendre à la 2ème station Apolonia. Depuis un bon quart d’heure le 794 aurait dû passer, celui de 13h41 ne passe pas on plus, ni celui de 14h11. Le couple portugais a pris un taxi, une famille française avec trois gaillards est partie à pied, les autres ont pris d’autres bus. Je songe sérieusement à héler un taxi. Il en passe souvent en maraude. Avec 1heure de retard le 794 arrive bondé.
Musée du fado
Le bâtiment rose 19ème siècle est en bas de l’Alfama ; Prix : 6€
Pour le prix de l’entrée, au vestiaire on distribue un audio guide en Français avec des explications intéressantes et surtout des extraits musicaux. Un grand montage photographique présente les fadistes de tous les temps (depuis que photos et enregistrements musicaux existent) pas de nom ni de présentation, des numéros. On compose le numéro et on entend le chanteur. L’ennui est que je suis complètement néophyte et que je ne comprends pas les paroles. Au bout d’un certain temps je m’ennuie un peu.
A l’étage, les salles sont plus variées.
Une maison de poupée ? C’est un bordel ! en témoignent les images explicites des jeunes femmes dénudées. Le fado est né dans les périodes de troubles ai 19ème siècle, dans les cafés, les bordels, chez les marginaux et les mauvais garçons. Il existait aussi une version théâtrale le « fado masqué » qui se jouait dans les carnavals lisboètes ou dans les fêtes populaires.
En 1927, une loi tenta d’encadrer ce phénomène marginal. La censure essaya de réguler les côtés troubles et d’enfermer le fado dans les Casas de Fado. . A partir des années 1950, grâce à Amalia Rodrigues, le fado s’internationalise, se popularise surtout au Brésil et en Afrique. Il devient une icône de la culture nationale, intéresse le régime de Salazar, par conséquence subit d’autres critiques.
Sans connaître le fado, je pense au Rebetiko qui lui est contemporain, aussi musique des cafés et des marginaux.
Des œuvres plastiques illustrent aussi le fado.
Le fadiste de Malhoa
1872, première gravure sur bois d’un fadiste.
O Fado de Malhoa est un tableau très connu. Amalia Rodrigues l’a même chanté. Le fadiste,l’air éméché ou inspiré, tient une guitare. Sa compagne à moitié renversée fume. Sa pose est négligée une jambe posée sur un banc, la tête rejetée. Le peintre a porté une grande attention au décor, réaliste jusqu’aux mégots sous le banc, le bouquet d’œillets et les objets d’un intérieur populaire. Il a convoqué les habitants du quartier pour garantir l’authenticité.
O Marinheiro de Constantin Fernandes (1913) symbolise un autre aspect du fado la saudade- la nostalgie -. Dans ce triptyque on assiste au départ du marin, à sa nostalgie à la réception d’une lettre de sa femme, tandis que l’émotion est à son comble au retour à quai du bateau, scène de retrouvaille sur le panneau central.
Lisboèta de Costa Pinto
Lisboeta(1952) de Candido Costa Pinto : une femme masquée porte une guitare et un plateau avec une bouteille de Porto. Du linge sèche. Ses bas noirs trop courts donnent une impression équivoque, le masque une atmosphère étrange le tout a un air de surréalisme. .
Au sous-sol, exposition temporaire du peintre Julio Pomar « Sans Caprice ou Présomption »
Ulysse
J’ai beaucoup aimé les couleurs éclatantes, les rouges, les jaunes et la variété des thèmes. Mon tableau préféré est Burro tocando guitarra(2011), un Portrait de Pessoa portrait de l’écrivain avec deux visages ainsi que deux versions d’un même thème Tableau grand format et lithographie de Ulisse e as sereias (qui voudra bien traduire ?). Je suis toujours sensible au thème d’Ulysse. Ici, Ulysse a un air brésilien ou tropical, on reconnait par contre son embarcation grecque.
Je suis plus sensible aux expositions plastiques que musicales. Cela me donne envie de connaître mieux cette musique. J’ai l’impression que ce musée s’adresse plutôt à des initiés qu’à des touristes comme au Caire, le Musée Oum Kalsoum.
A 16h, le soleil cogne c’est une fournaise. Je n’ai qu’une envie : m’asseoir à une terrasse ombragée et commander une boisson fraîche. Dans les petites rues de l’Alfama il y a de nombreuses casas de Fado, des restaurants qui occupent les ruelles à l’ombre. Malgré l’heure tardive, toutes les tables sont prises par des « déjeuneurs ». Pas question de s’asseoir pour de simples consommations. J’ai si soif que je me précipite dans une épicerie et achète une bouteille d’eau glacée. Les ruelles de l’Alfama me donnent envie de dessiner. Je m’installe sur une marche dans une placette adorable à l’ombre d’une tonnelle – ficus et vigne – des guirlandes en papier crépon sont tendues entre les maisons. Je dessine les portes, les balcons et le linge suspendu. J’aurais bien aimé me promener plus longtemps mais la chaleur assomme.
Recueil de 13 nouvelles très différentes les unes des autres, se déroulant toutes en Sicile à différentes époques. La première Réversibilité met en scène Le roi Ferdinand du Royaume des deux Siciles et Mussolini, tandis que Giufà remonte au temps des Arabes en Sicile. Les autres sont plus contemporaines.
La nouvelle qui a donné le titre au recueil La mer couleur de vin, raconte un voyage en train Rome -Agrigente par Reggio de Calabre.
« Le fait est, pensa l’ingénieur, qu’un voyage est comme une représentation de l’existence, par synthèse par contraction de l’espace et du temps ; un peu comme le théâtre, en somme ; il s’y recréent intensément, sur un fond inconscient de fiction, les éléments les raisons et les rapports de notre vie »
La couleur de vin de la mer est une référence à Homère. la Sicile est diverse, Grecque, « voilà la Grèce la Sicile ; la question peut être là !A propos de tout, il faut que nous nous référions à la Grèce »Arabe, aussi comme Giufà nous le rappelle. Hilarante leçon d’étymologie du mot Mafia dans Philologie. La mafia, la grande affaire sicilienne : comme le raconte le Western en Sicile , Sciascia y fait allusion dans nombreux textes.
Le Long voyage est une histoire d’émigration, histoire d’autrefois, du temps que les Siciliens poussés par la pauvreté émigraient aux Etats Unis. C’est aussi une histoire actuelle. Les Siciliens qui voient les migrants arriver aujourd’hui s’en souviennent-ils encore?
Histoires ironiques, même drôles parfois, comme Affaires des Saints, en miroir on enlève la statue de l’autel de Sainte Filomena, la sainte locale et la dépouille de Staline est retirée du mausolée….
Moi qui lis très peu de nouvelles, j’ai beaucoup aimé ce roman, d’écriture limpide, racontant diverses facettes de la Sicile.
Le Mois Italien d’Eimelle et les critiques des blogueurs(ses) m’ont incitée de lire la Fête du siècle.
Niccolo Ammanitiraconte une bouffonnerie : une fête donnée par un magnat du bâtiment, (mafieux?) dans la Villa Ada à Rome où toute la jet set, des journalistes aux footballeurs, est conviée pour de grotesques safaris et un concert de Larita, une chanteuse à la mode. Le thème de la fête a été monté par le cinéma italien, par Fellini ou Pasolini, et récemment par Sorrentino …Récemment, les funérailles kitsch de Casamonica en Août dernier à Rome s’apparente à cette culture de la fête.
Je me suis bien ennuyée pendant la première partie Genèse , prologue à la fête. Fabrizio Ciba, l’écrivain à la mode, a écrit un best-seller mais il semble plus préoccupé de sa tenue négligée, étudiée de ses vêtements de lin froissés, ne pense qu’à sauter toutes les femmes qui passent sur son chemin, bimbo ou intellectuelle, Saverio, minable vendeur de meuble est sataniste. Je ne ressens aucune sympathie pour ces deux héros, surtout aucun intérêt pour ces mondanités ou pour les sacrifices et les déguisements infantiles. l’action se traîne. Mortel ennui!
Dans la fête, on s’amuse plus, certaines scènes sont cocasses. J’ai bien ri quand les éléphants excités par la star du football sèment la panique. La chanteuse Larita qui préfère aller vacciner les enfants africains à des vacances aux Maldives est bien gentille. L’intervention des troglodytes, la catastrophe finale, sont réussies.
Finalement, sans être un chef d’oeuvre, ce roman est divertissant, à condition de lire en diagonale la première partie.
A peine ai-je fini Plus Haut que la mer ,j’ai ouvert Eva dort . Ce n’est pas toujours un bon plan de lire plusieurs ouvrage d’un même auteur. Le suivant fait parfois rengaine quand la musique originale est déjà connue. J’ai fait cette expérience avec Milena Agus : le mal de pierre n’avait déjà pas soulevé mon enthousiasme, je me suis franchement ennuyée avec Quand le Requin dort, de mêmeles Donna Leone perdent de leur saveur au fil des lectures. Rien de tout cela avec Francesca Melandri! Plus haut que la meretEva dort sont deux livres bien différents : dépaysement : l’un est sur une île au bout de la Sardaigne, l’autre se situe le plus souvent en Haut Adige. Autre ton, autre style, autre époque. Plus haut que la mer est une sorte de conte poétique, Eva dort, une saga. J’aime les auteurs qui se renouvellent! Quelques points communs tout de fois : un intérêt pour le terrorisme et les poseurs de bombes qui questionnent la démocratie en Italie, l’attentat qui a coûté la vie à Aldo Moro est évoqué dans les deux opus. Un goût pour les voyages en train ou en bateau. Les héros parcourent l’Italie et nous convient au voyage….Une attention particulière pour l’histoire récente de l’Italie qui m’a bien intéressée.
Eva dort débute en 1919 quand l’Empire autrichien fut dépecé et que le Tyrol du sud échut à l’Italie. Province germanophone aux traditions alpines d’autant plus ancrées qu’il s’agit de vallées enclavées renfermées sur elles-mêmes. Italiénisation du Haut Adige par Mussolini heurtant la population locale et séduction des nazis pour retrouver la patrie perdue. Les Huber prirent le train pour l’Autriche pour revenir dans leur vallée à la fin de la seconde guerre mondiale et se retrouvèrent en minorité sur leurs terres. Certains prirent les armes et firent sauter pylônes et installations italiennes.
Dans ce contexte de rivalités ethniques, se déroule l’histoire de Gerda, la très belle fille, séduite par un fils de famille, fille-mère mais cuisinière de talent qui a su faire sa place dans un grand hôtel de montagne. On assiste aussi au développement des sports d’hiver qui donnent une nouvelle vie à la vallée. Gerda place sa fille Eva chez des paysans et ne la voit qu’à l’intersaison.
Gerda est une très belle femme. Elle est remarquée par les militaires italiens et noue une relation avec un carabinier calabrais Vito prêt à adopter Eva. Hélas les préjugés contre les mères célibataires empêchent leur union.
Trente ans plus tard Vito mourant appelle Eva qui traverse l’Italie pour le rejoindre. C’est pendant ce voyage qu’elle évoque les épisode de sa vie et de celle de sa mère. Occasion aussi de décrire les paysages traversés pendant 1397 km, toute l’Italie!
J’ai beaucoup aimé ces deux femmes de caractère. Les personnages secondaires sont aussi bien développés aucun ne tombe dans la caricature (facile avec les préjugés de chacun sur les Allemands, les Italiens du sud, les carabiniers….).
Eva dort.Drôle de titre alors qu’Eva paraît plutôt insomniaque, qu’elle enchaîne un vol transatlantique et la traversée de toute la Péninsule sans fermer l’œil. Et pourtant, « Evadort » revient à plusieurs reprises dans l’histoire. Quand le facteur apporte un paquet que sa mère refuse, quand sa mère reçoit un homme, quand Wesley la séduit avec le Paradis perdu de Milton :
« je sais pourquoi tu dors si peu, Eva, me dit-il. Tu ne veux pas rater les secrets que l’archange Michel confie à Adam ».
Googlemaps a fourni l’itinéraire : autobus 759 sur la place du Rossio.
Le Musée est dans le couvent de Madre de Deus dans un quartier industriel. Comme c’est trop tôt, je prends un café au comptoir d’un bistro très prolo 0.60€. Pusi on attends l’ouverture dans la cour fleurie. Des Althéas fleurissent rose et leur pistil est grand comme celui d’un hibiscus.
Nous avions déjà visité ce musée et acheté le catalogue. Cette nouvelle visite est un plaisir renouvelé.
Les salles d’exposition sont réparties autour d’un patio d’une simplicité monacale. Le parcours est chronologique et très didactique il y a aussi un parcours tactile pour non-voyants. Les premiers azulejos sont maures. Les plus anciens son 13ème . J’ai du mal à distinguer les motifs maures des motifs gothiques. Les carreaux Renaissance sont plus élaborés, les lignes sont plus courbes, il y a plus de fruits ou de fleur. On cite une commande du Duc de Bragance en 1558 d’azulejos italo-flamand-maniéristes.
La production d’Azulejos ne commence à Lisbonne qu’au 16ème siècle. Deux versions coexistent : grandes scènes historiées et carreaux répétitifs formant une « tapisserie ». Un magnifique retable polychrome 1580 occupe tout un mur ; Les motifs des « tapisseries » sont variés : ceux à la « pointe de diamant » peuvent avoir un carré au centre, ou une pyramide ou un ovale. (vu à Tomar à la chapelle)
Au 17ème siècle l’Eglise était le principal commanditaire d’azulejos pour couvrir l’intérieur des églises. D’autres motifs sont floraux : camélias ou acanthes, d’autres religieux comme les coquilles saint Jacques ou les croix de Malte. Les azulejos évoluent sous des inspirations sont asiatiques, chinoises ou indiennes, paons et animaux exotiques sont représentés ainsi que dees éléphants ou des pagodes.
L’église de Madre de Deus est très riche en dorures et tableaux. Comme notre visite est centrée sur les azulejos je les néglige. Le bas des murs est habillés de carreaux bleu et blancs de deux artistes flamands Willem van der Kloet (1666-1747) et Jan Van Qort . Flandre, bleu et blanc, chercher une piste du côté de Delft ? Les scènes sont bucoliques, la présence de crocodiles est étrange
Un petit cloître sur deux étages, bordé de fines colonnettes est « tapissé » de carrelage. A l’étage on retrouve motifs manuélins de cordages et feuillages.
chasse au léopard
La visite continue à l’étage : trois tableaux colorés ont des sujets mythologiques « Neptune et Amphitrite » ou profanes. Une « chasse au Léopard » m’a amusée ; se déroule-t-elle en Afrique en Amérique ou en Asie ? Des indiens sont nus avec des pagnes en feuilles, armés de lances, les léopards occupent une grande partie de l’espace. L’un deux se mire dans une glace trouvée dans un coffre ouvert, abandonné. Le tableau le plus burlesque est « le mariage de la Poule ». la Poule arrive dans un carrosse tandis que les singes viennent d’un autre angle dans une charrette, portant des instruments de musique ou chevauchant des chevaux. Le décor est oriental avec de nombreuses tours , minarets ou clochetons .
mariage de la poule
D’autres sujets sont plus classiques comme « La Bataille d’Alexandre au Granique contre les Perses ». autre burlesque : un médecin administre un clystère.
Au 18ème siècle, les scènes sont le plus souvent bleues et blanc parfois incluses dans une frise colorée dans les tons de jaune brun ou rose : scènes de la vie quotidienne racontant celle d’un chapelier.
18ème siècle
A l’étage on voit le « panoramique de Lisbonne » qui montre la ville avant le séisme de 1755. La tour de Belem est bien reconnaissable ainsi que le monastère dos Jeronimos. Entourées par des murs, des quintas, des palais sont dispersés dans la campagne. Un grand palais occupe la Place du commerce. Les collines du château et de l’Alfama, en revanche sont construites. En face du panoramique « Lisbonne aux mille couleurs » a été réalisée pour l’Exposition de Paris e 1937 par Paolo Ferreira (1911-1999).
Si le 19ème siècle m’intéresse moins, je me rappelle les azulejos des Gares de chemin de fer.
En revanche les œuvres du 20ème siècle sont bien représentées. Sous le titre « Réinterpréter les traditions » plusieurs séries de carreaux dessinés par Alvaro Siza Veira sont très intéressantes. Nous avons aussi aimé un panneau de Querubim Lapa (pavillon du Portugal exposition de Lausanne 1957 et une composition 1991 sur un fond rosé rythmé par des carreaux en parallélogramme, un renard et un chat ( ?) se lancent une balle. Sorti du cadre il y a aussi une maison et un bateau.
Pour finir, une exposition temporaire est consacrée au design d’Alvero Siza Veira.
Le restaurant est installé dans le patio sous des bâches vertes. Au fond u n bassin carré et une vasque sont peuplés de poissons rouges. Nous choisissons d’y déjeuner. 9.5€ Bacalau au four et miettes de pains de maïs . Les miettes- de la chapelure – recouvrent le poisson qui s’effeuille. Sur le poisson on a disposé des oignons en rondelles, et en dessous des épinards en branches. Quatre pommes de terres dans leur peau craquante ont cuit avec le poisson. C’est délicieux et abondant. 2€ une soupe à la coriandre et à la crème, très fine. Et 6.5€ une quiche de légumes accompagnée de salades.
C’est un peu cher dans les standards portugais mais c’est excellent et surtout le cadre est parfait.