Arrivée à Lisbonne

CARNET PORTUGAIS

portugal2015mp2 049 - Copie

On quitte à regret la maison dans les bois, la terrasse et les oiseaux. Uier, un œuf est tombé du nid d’hirondelles. Il a attiré une colonne de fourmis. Nous retrouvons à Vendas Novas la RN4 qui nous emmène jusqu’à Montijo en face de Lisbonne. Nous traversons des cultures maraîchères et horticoles. Le revêtement de la chaussée est en très mauvais état. Toujours la même observation : de magnifiques autoroutes vides et un réseau secondaire mal entretenu. A Montijo nous montons sur l’autoroute A12 puis sur le Pont Vasco de Gama. Avant le pont nous voyons des marais avec des flamants roses, puis des marais salants en exploitation. Le pont Vasco de Gama est spectaculaire, suspendu à de haubans triangulaires. En face, Lisbonne se profile hérissée de  tours modernes. L’aéroport est très facile à trouver, le retour de la voiture se fait dans un parking souterrain.

A 11h, nous sommes dans un taxi avec nos trois valises.  Le métro a une belle bouche de céramique rouge sur le parvis de l’aéroport mais nous sommes vraiment trop chargées et la valise verte ne roule pas. Cela nous coûtera 20 € (16 au compteur)le chauffeur n’est pas d’humeur à rendre la monnaie, ni nous à contester.

L’hôtel Estrela do Mondego, calçada do Carmo, est juste au dessous de la gare du Rossio dans un vieil immeuble. Pas de réception en bas, un bouton d’interphone. Je grimpe au deuxième étage par un escalier ciré . Heureusement, il  a un ascenseur ! On nous offre d’abord une vaste chambre à deux litsavec une salle de bain (reliée par un très étroit passage). Nous n’avons pas encore déballé la valise que le réceptionniste vient nous annoncer qu’il faut déménager. La nouvelle chambre est étrange, elle est précédée d’une sorte d’antichambre avec – grand luxe ! – un frigo, une sorte de canapé mais pas de salle de bain ni toilette. La douche est bien dans la chambre, perchée sur une estrade, en plein milieu. On a collé du vénilia à fleurs sur la paroi transparente. Le lavabo est minuscule, pas de tablette pour le verre à dents. Un tube de néon éclaire le lit (cela fait hôpital). Des fleurs artificielles, cela fait cimetière. En revanche par la fenêtre une vue très agréable sur une placette sous la gare avec les terrasses de restaurants. Le soir, sur une estrade, il y  même de la musique vivante. Les dîneurs ont une bougie dans un photophore, très classe ! Nous allons rester 3 nuits. Il faudra nous adapter et surtout sortir le plus possible :

Premier objectif : acheter une carte de transports pour 3 jours. Cela se vend à la Casa do Sorte(la maison de la chance ? pas si étrange, c’est une boutique qui vend des billets de loterie et des jeux à gratter et accessoirement des titres de transport. 18€ pour 72h, la carte des 7 Collines qui donne droit au tramway, métro, autobus et ascenseurs mais pas aux ferry pour traverser le Tage.

notre cantine, prix imbattables
notre cantine, prix imbattables

Deuxième objectif : chercher un restaurant pour le déjeuner. Notre rue Calçada do Carmo est occupée par les tables de deux restaurants pour touristes(menu en 4 langues), prix pour touristes (sardines 8.5€ alors qu’on avait payé 6.5€ le repas complet à la mer).

La Calçada débouche sur la grande Place du RossioDom Pedro IV est en majesté. Belles terrasses de la Pastelleria Suiça et de Nicola qui ne correspondent pas à ce qu’on cherche. Nappes chics, prix encore plus élevés. Les rues adjacentes sont elles aussi remplies de restaurants touristiques.

portugal2015mp2 084

En face du kiosque de l’information touristique, je découvre la cantine idéale (depuis 1840 !)6 tables rondes des chaises en aluminium. Self-service à des prix défiant toute concurrence. On va au comptoir choisir la marchandise, on la rapporte soi-même sur un petit plateau ! soupe 1.20€, bacalau 2.20€, rissois de crevette, bolhinos de bacalau…. Le problème est de trouver une table. Elles sont toutes occupées. Deux jeunes femmes qui terminaient le café et le dessert nous proposent de partager leur table. La soupe est délicieuse, haricots blancs chou,  la morue aurait pu être plus dessalée elle s’éffeuille avec de grosses arêtes mais elle a bon goût.

Deux veuves pour un testament – Donna Leon

MOIS ITALIEN 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Entre deux lectures sérieuses, après un roman difficile, un polar vénitien pour chanter?

Le mois italien m’a encouragé à sortir de la PAL un énième Donna Leon. Les promenades à pied ou en vaporetto avec Guido Brunetti sont toujours un plaisir, la cuisine parfumée de Paola aussi.

Une dame est trouvée morte par la voisine. Autopsie. Elle était visiteuse dans une maison de retraite. Brunetti y passe des heures ; ce n’est pas le décor le plus glamour, ni le rythme le plus haletant. L’intrigue, piano piano, ronronne. La dame était certainement une personne vertueuse, elle hébergeait  des femmes battues. Peut être l’une d’elles…. Peu d’action. Je poursuis ma lecture dans la même torpeur qui me cloue devant Louis La Brocante à la télé. Personnages sympathiques, j’ai envie de connaître la suite, d’ailleurs, il y a des tableaux  disparus….

Dans le dernier quart du récit, cela se précise. Visite chez un galeriste.  Venise, ville d’art, jolie description d’un tableau de Sainte Catherine. Les petits vieux de la maison de retraite prennent de la consistance. Il fallait juste être patiente!

Une balade agréable dans Venise mais pas un cru exceptionnel!

logo eimelle, le mois italien

 

Quels sont ces chevaux qui jettent leur ombre sur la mer – Antonio Lobo Antunes

LITTÉRATURE PORTUGAISE

 

quels sont ces chevaux

 

Je prolonge le voyage par l’exploration de la littérature portugaise : Antonio Lobo Antunes , un auteur à découvrir.

Un beau titre, une belle couverture m’ont séduite à la Médiathèque. Si j’avais lu 4ème de couverture, je ne sais pas si j’aurais entrepris cette lecture .  La famille est réunie pour veiller la mère qui se meurt. Triste dimanche de Pâques pluvieux à Lisbonne. Souvenirs d’enfance, secrets de famille resurgissent, jalousies, ressentiments.

Ce livre choral est d’une lecture difficile. Peu ou pas de ponctuation. Des phrases hachées, même des mots coupés. On ne sait pas qui est le narrateur. La phrase est coupée par une parenthèse en incise, ou une interjection « -toi, » ou « -ma fille ». Qui est donc intervenu? les récits s’entrecroisent. Flash-back,  images de la quinta où le père élevait des taureaux, vacances dans une pension à la mer. Photos anciennes d’ancêtres .

Chacun garde son quant à soi. Il y a peu de dialogue, peu d’échange entre les frères et sœurs désunis. Francisco cherche à tirer profit des restes de la fortune perdue. Du mépris pour Ana, la laide, la droguée qui fouille à la recherche de quelque objet de valeur. Peu de compassion non plus pour Joao, qui drague les garçons au parc. Qui est donc ce mystérieux frère caché à la quinta? Les disparus aussi interviennent.
Il m’a fallu, une bonne centaine de pages pour m’y retrouver. J’ai envisagé abandonner. Puis, je me suis laissé emporter par les phrases poétiques, par la sensibilité de l’auteur. Le style est haletant, des phrases mystérieuses, des images reviennent comme ces chevaux qui jettent leur ombre, on retrouve une pensée interrompue, comme une obsession.

Le 4ème de couverture annonce une tragédie, comme une corrida. Je ne connais rien à la tauromachie. Je n’ai pas pu apprécier les allusions, ni en  comprendre le plan.

 

Evoramonte – Arraiolos

CARNET PORTUGAIS

Evoramonte sur sa colline
Evoramonte sur sa colline

Le village d’Evoramonte est à 20km à l’est d’Evora. Pour gagner du temps et éviter la traversée de Montemor et d’Evora nous choisissons l’autoroute que nous quittons à la sortie 6 juste après Evora. Il reste encore 17km de route.

portugal2015mp2 030 - Copie

Négligeant le village moderne au pied de la colline, nous montons à l’assaut du château Ses remparts foncés encerclent le sommet ; le château blanc les domine de sa hauteur. On peut entrer en voiture dans l’enceinte.  Une rue monte à l’esplanade où se tient le château, une autre, dans son prolongement, descend à l’église et au cimetière. Ces deux rues sont bordées de maisons bien blanches ornées de plantes en pots. Près du château  on remarque deux portes au tour en granite et à l’ogive gothique. Une maison porte une simple plaque : c’est ici qu’a été signée la Convention d’Evoramonte fin 1834 qui a mis fin à la guerre civile entre Libéraux et Absolutistes. L’Office de tourisme est fermé, le café-restaurant aussi. Seule boutique ouverte : celle d’une céramiste. Nous faisons donc une promenade très tranquille à travers les rues désertes, animées seulement par les allers et retours de quelques chats. Tout est photogénique : les pavés de la rue en pente, les hautes cheminées blanches, les façades rehaussées de jaune d’or ou bleu.

Le château d'Evoramonte
Le château d’Evoramonte

En me rapprochant du château, je suis déçue de découvrir que le château blanc est recouvert d’un enduit de ciment gris fort laid au lieu des belles pierres blanches que j’imaginais. . La restauration aurait-elle été bâclée ?

Le château se visite. Un plasticien a conçu des installations à l’intérieur du château. Son œuvre-maîtresse qui donne le titre à l’exposition – Pegasus – une moto à voile, le cheval ailé  s’envole de la grande salle du 2ème étage.

Salle du château d'Evoramonte
Salle du château d’Evoramonte

Au rez de chaussée, dans une salle voûtée aux belles arcades sont  soutenues par de courts piliers de roche claire qui sont sculptés de motifs manuélins « flammes » évoquant l’amour mystique ou les vagues de la mer. Dans cette salle basse on a disposé des panneaux explicatifs qui m’ont beaucoup intéressée. Certains présentent le château, son « plan centré » avec ses trios salles carrées superposées flanquées de quatre petites pièces dans les tourelles.  Contrairement à ce que j’imaginais en le voyant dominer ses remparts crénelés, Evoramonte n’est pas un château-fort ni une forteresse. C’est une résidence de chasse, un palais de prestige « imitation de Chambord ». Là, je tique, Chambord est autrement plus grand et plus beau !

Construit très rapidement en 2ans en matériau composite – pierre, briques –  à l‘origine, on a donné la part belle au mortier. Le ciment de la rénovation rappelle donc l’esprit de la construction.

Un autre panneau établit une longue chronologie que j’ai recopiée en sautant des étapes.

1166 Evoramonte est conquise par Afonso Henriques

1248 : octroi de la charte d’Evoramonte

1306 : une inscription sur la forte de Feixo apporte le témoignage de la fondation du château

1512 le duc de Bragance se réfugie dans le château accusé du double meurtre de sa femme et de son amant

1531 un séisme met à bas la forteresse

1532-1533 reconstruction du palais

1725 nouveau séisme 2 tours s’écroulent

1834 convention d’Evoramonte

On a pas trouvé de vestiges de la période maure mais le village a des caractéristiques méditerranéennes : maisons blanches, carrées, dôme rond sur la chapelle.

D’autres panneaux montrent des châteaux construits à la même époque qu’Evoramonte. Je retrouve Aguias Brotas, la tour vue hier. Elle a été construite en 1530.

La Tour de Brotas, le château d’Evoramonte, la tour de Belem seraient toutes les trois de la même veine.

Des décorations manuélines discrètes ornent le château chaque étage est enserré à l’extérieur d’une corde marine sous les fenêtres carrées, on voit un nœud de marin. A l’intérieur al base des chapiteaux représentent des flammes qui peuvent aussi être les vagues de l’océan.

portugal2015mp2 039 - Copie

De la terrasse du château, la vue est panoramique : on voit partout des oliviers plantés régulièrement ;   les oliviers portugais ont une coupe un peu bizarre, ils sont comme étêtés, cours et non pas taillés en coupe comme en Italie ou en Grèce. Au lieu de voior de beaux troncs noueux et tordus on voit une sorte de buisson. Les arbres majestueux sont les chênes-lièges.

portugal2015mp2 045 - Copie

Nous trouvons la RN4 venant d’Espagne pour gagner Arraiolos, la ville des tapis brodés. Comme à notre habitude, nous montons au château perché entouré de ses murailles (1306-1310). Elles ont fait l’objet de nombreuses reconstructions, la dernière de 1944(il semble que Salazar ait consacré beaucoup d’énergie aux châteaux médiévaux !).

Du château (1306-1315), il ne reste que deux tours, l’une d’elles à peu près carrée, l’autre à peu près octogonale.

La colline est coiffée d’un imposant sanctuaire : l’église du Salvador (1275 modifiée au 16ème siècle )à qui détonne dans cet environnement médiéval.

Les rues très en pente sont bordées de maisons blanches au décor bleu. Pas de brodeuses sur le pas de la porte ! Peut être n’existent-elles que dans l’imagination du rédacteur du guide touristique (ou préparent elles le déjeuner à cette heure-ci).la ville semble active avec des équipements neufs, de nombreux cafés.

Brotas

CARNET PORTUGAIS

Tour de Brotas
Tour de Brotas

Pour profiter davantage de notre belle maison j’ai prévu un circuit dans les environs immédiats : route jusqu’à Ciborro (9km), puis vers le nord sur la route de Mora,  une dizaine de km jusqu’à Brotas et de là  Arraiolos, village des tapis brodés et retour par Montemor-o-Novo.

A la sortie de Ciborro, dans une propriété privée, mais bien visible de la route, nous percevons un petit dolmen, en bon état avec sa table bien entière (son chapeau comme disent ls pancartes en Portugais). Une carte montre d’autres dolmens dans la propriété. Il faut prévenir le Musée de Coruche qui organise des visites en 4×4. Ce petit dolmen d’Agua Doce est un bonus à la journée d’hier, une surprise.

Dolmen d'Agua doce sur la route de Coruche
Dolmen d’Agua doce sur la route de Coruche

Brotas est un village compliqué. Un feu tricolore régule les entrées. Le centre historique est tout en bas du village à droite de la route principale. Nous en ratons l’entrée, très discrète. Le village moderne est en haut : il est composé de petites maisons blanches de plain-pied au tour des fenêtres soit bleu soit jaune, au plan très simple : une porte, une ou deux fenêtres. Tout est fermé, tout est calfeutré pour éviter le soleil de l’été. Un café a installé sa terrasse dans un angle bien ombragé : sept hommes y sont assis, trois sur un banc, les autres sur des chaises. Ils vont nous voir passer à plusieurs reprises parce que nous ne trouvons pas le chemin et que nous tournons en rond. Enfin, sous le château d’eau deux flèches : Torre d’Aguas et Ermida S. Sebastiao.

la Tour de Brotas perdue dans la campagne
la Tour de Brotas perdue dans la campagne

La tour est le but de notre venue. Le gérant du Monte dos Arneiros m’en a fait l’éloge. Une très belle photo de la tour orne le bureau de son ordinateur de bureau. Une petite route va jusqu’à l’entrée d’une propriété privée et se poursuit par un chemin de terre sur lequel on s’engage sans savoir si nous arriverons à la tour, et surtout à quelle distance elle se trouve, ou si la visite est permise. Dès qu’on descend, la route se dégrade ; les eaux de ruissellement ont dégagé de grosses pierres, les ornières sont difficiles à négocier. Nul endroit assez large pour faire demi-tour. Au détour d’un virage, on vit la tour, assez loin. La voiture mord le milieu bombé du chemin. Cette VW Up ! est très basse, rien à voir avec la » 205-4×4-berbère » des pistes marocaines ou avec les autres voitures que nous avons lancées sur les pistes crétoises ou grecques.

Pour gagner un peu de légèreté je continue à pied sur la route poudreuse. Les routes affleurent de plus en plus.

La tour est grise, sur le même modèle que la Tour de Belem mais dans une version fantôme à côté d’un village-fantôme aux toits crevés, niché dans un creux. Une seule maison porte une antenne de télévision et ses portes sont peintes de frais. Une petite chapelle se tient à l’écart. J’ai peur des chiens, j’évite les maisons.

Au retour, une fouine, peut être un putois, travers la piste. Très tranquille. Le museau allongé, la longue queue fournie, de la taille d’un chat mais plus long.

au café!
au café!

Au village, nous repassons encore au moins trois fois devant le même homme qui ponce sa grille (auparavant il la soudait). Nous revoyons les vieux du café. Enfin, nous retrouvons le feu tricolore et découvrons enfin l’église ancienne au bout d’une pittoresque rue blanche aux tours des portes bleus.

Brotas
Brotas

Chaque maison porte une petite plaque rectangulaire en céramique. « confrérie de Lavre « , « confrérie d’Arraiolos »etc… cela me rappelle ces grands sanctuaires de pèlerinage en Espagne ou les plus petits en Sardaigne où chaque paroisse avait une maison prête pour les jours de fêtes.

portugal2015mp2 028 - Copie

Une dame très aimable qui repeint sa façade avec un petit pinceau m’adresse la parole. Est-ce que je veux visiter l’église ? « Oui, bien sûr ! ». Elle téléphone à la voisine qui détient la clé. La dame tout en noir, arrive avec une grosse clé. L’église est toute carrelée d’azulejos de type « tapis » aux motifs géométriques avec une dominante de jaune. Une scène est peinte en camaïeu de brun. Dans un coin, la dame me montre la Vierge de Bratos très révérée c’est une petite statue de moins de 30cm de haut qui semble être d’ivoire, très simple. Avant d partir, je laisse de la monnaie dans le tronc. La dame me fait signe que non ! C’est à la Vierge qu’il faut donner directement sur l’autel. Ce qui me force de choisir une grosse pièce de 2€, et comme je ne veux pas paraître pingre, je laisse 2.5€. Ce n’est pas fini : elle réclame son propre pourboire. Un peu en colère je lui fais cadeau de toutes mes pièces jaunes.

Il est trop tard pour Arraiolos, passé 13h, les tapis ne seront pas visibles. Nous avons hâte de retrouver le gîte.

circuit des mégalithes

CARNET PORTUGAIS

portugal2015mp2 011 - Copie
cromlech d’Almendres

Ce circuit figure dans le Guide Vert et dans Voir. Il démarre à 10 km d’Evora sur la RN114. Tourner au panneau Guadalupe puis suivre les flèches marron Cromlech d’Almendres.

Cromlech d’Almendres

Cromlech d'Almendres
Cromlech d’Almendres

Miraculeusement, tout se passe comme prévu. A Guadalupe, une piste poussiéreuse à peu près lisse sur 3 km conduit à un parking à 200m du Cromlech pour préserver la surprise et la magie du site.

Le Cromlech est un alignement d’une centaine de mégalithes dont certains sont gravés. Les pétroglyphes sont difficile à identifier dans le granite en pleine lumière. Comme souvent, on avance des interprétations astronomiques. J’envie un groupe arrivé dans un minibus avec un guide anglophone EBORA MEGALITHICA Guided tours.  Pour faire parler les pierres, il faut un spécialiste. Celles-ci sont très vieilles et peu causantes.

Menhir d’Almendres

Menhir d'Almendres
Menhir d’Almendres

Près de la somptueuse propriété d’Almendres au portail énorme s’ouvrant sur une allée de cyprès et conduisant à une maison magnifique près de laquelle de curieuses tours blanches (citernes ?), un sentier discret est ménagé pour atteindre le Menhir. Cette fois-ci je me joins au grupe pour profiter du guide d’Ebora magalithica qui explique que le menhir a été trouvé couché qu’on l’a relevé récemment mais à l’envers : la face ouest devrait être à l’est. Il explique la technique de levage. Les cordes à l’époque n’étaient pas assez résistantes, la seule solution pour l’ériger était de le faire glisser sur un plan incliné de terre dont on augmenterait la pente petit à petit. Il montre des gravures sur la pierre, invisibles en pleine lumière. Il faut se tenir dans l’ombre du menhir et très près pour les deviner.

 

Retour à Guadalupe pour prendre la route de Valverde où se trouve le plus grand Dolmen de la péninsule ibérique : le dolmen de Zambujeiro (Anta de Zambujero). Il se trouve non loin du village. Une mauvaise piste, heureusement courte part des étables d’une très grosse ferme. Ici aussi, j’ai la chance d’écouter les explications du guide d’un couple arrivé en même temps que nous. Il déplore les techniques brutales de fouille qui ont cassé la grande pierre sommitale pour accéder à la chambre funéraire. Celle-ci git à  côté brisée en plusieurs morceaux. L’allée couverte est obstruée de briques et de poutres tandis que le hangar de protection rouille. S’il se plaint de la négligence et du mauvais entretien  il est peu disert sur le dolmen lui-même. L’amas de pierres est énorme mais les dolmens bretons de Locmariaquer ou de Gavrinis sont autrement plus beaux !

La visite de la Grotte d’Escoural est à 14h30. Notre logeur a eu la gentillesse de prendre rendez vous par téléphone. Il nous a assuré que nous n’aurions aucun mal pour déjeuner sur place avant la visite.

Chapelle Sao Brissos
Chapelle Sao Brissos

Une route très étroite relie Valverde à Escoural. Elle passe à quelques mètres de la chapelle de Sao Brissos dont le narthex est un ancien dolmen. Le tout est chaulé de blanc. Gentille chapelle, mais il faut chercher les montants du dolmen. Le christianisme a assimilé les traditions populaires qui lui étaient antérieures. Jusqu’à des temps récents, cette chapelle était lieu de pèlerinage. On y rôtissait l’agneau pascal le  Lundi de Pâques  et s’y réunissait pour l’Ascension. On y processionnait pour demander la pluie en période de sécheresse. Une légende raconte que la Dame du dolmen aurait eu un enfant de saint Brissos qui l’avait trompée avec Notre dame des Neiges. Quand on avait besoin de pluie, on allait chercher la Dame du Dolmen pour l’emporter à l’église  mais en laissant l’enfant au dolmen. Les larmes de Notre Dame du dolmen parce qu’elle était éloignée de l’enfant mais proche du saint qu’elle détestait, provoquaient la pluie.

Escoural à midi
Escoural à midi

Escoural, sous la chaleur de midi, paraît déserte. Nous attendions une terrasse de restaurant à l’ombre. Tout parait fermé. Fermé ou les vacances annoncent des affiches sur les portes des deux restaurants de la place. Une épicerie, invisible au premier passage nous dépanne : banane, yaourt, doughnut au citron et un petit fromage de chèvre. Piquenique sur le banc sous l’unique pin de la place principale. Ce n’est ni gastronomique, ni portugais mais cela cale.

14h10 je rejoins le Centre d’Interprétation de la Grotte d’Escoural et y rencontre un couple portugais sans rendez-vous. Je leur propose de m’accompagner et de profiter de mon rendez-vous. Ils m’offrent un café. « Un café portugais ? »- « Bien sûr ! ». Je n’avais pas compris qu’un « café portugais » était corrigé à la goutte. Le café qui fait face au Centre d’Interprétation est un restaurant -petit restaurant qui n’a que deux tables. Nous n’aurions jamais deviné qu’il était ouvert. En étant plus attentive, j’en découvre d’autres. Par 35°, dans l’Alentejo on ne s’expose pas au soleil. On préfère manger dans la fraîcheur des maisons et il fait plus frais avec la porte fermée.

Gravures préhistoriques
Gravures préhistoriques

La jeune fille qui fait visiter la grotte est ferme : pas de visite sans réservation ! Dix personnes à la fois. L’espace est très restreint. Ce n’est pas Lascaux ni la Grotte Chauvet ! Les peintures sont d’une facture grossière, rouge ou noire. On croit deviner ici un auroch, là deux chevaux qu’elle pointe de son rayon laser, avec beaucoup de conviction. Les gravures sont encore plus difficiles à trouver seul. Si la roche (un calcaire rugueux) est sèche, on ne voit rien, si elle est trop mouillée, non plus. Il faut de la patience. Je suis bon public. Les relevés que la jeune guide brandit montrent des tracés très élégants. Le graveur a multiplié les traits pour donner l’impression de volume ou de mouvement et le résultat est intéressant.

portugal2015dt 251 - Copie

Retour par Montemor. Beefsteak haché à Intermarché qui ne vend ni poissonnerie ni boucherie sous vide. Les coqs sont vendus avec la tête et les pattes. On choisit sa viande à hacher. Le boucher prend son temps pour que le client soit satisfait.

Lettres d’Otrante – Geneviève Bergé

MOIS ITALIEN D’EIMELLE

 

L’arrivée d’un livre de La Masse Critique de Babélio est toujours une surprise.

babelio2

 

J’avais choisi le titre à cause d’Otrante . Il semblait entrer dans le cadre du Challenge initié par Eimelle. La présentation de l’éditeur parlait également de l’arrivée de clandestins,  ce qui est tout à fait d’actualité. Dernière raison de mon choix, l’envie de découvrir Otrante que nous n’avions pas atteinte dans notre tour des Pouilles.

Je remercie donc Babélio et les Editions Luce Wilquin  de ce cadeau

La Masse Critique c’est aussi un lecture « à l’aveugle » d’un livre qui vient de paraître et qui n’a pas encore été annoncé avec les tambours et trompettes de la renommée. Sauf si on a tiré un livre d’un auteur connu, on est dans les premiers à découvrir une pépite ou un pensum. C’est le charme de l’opération. 

mosaïque d'Otrante3

Le choix est donc important, et le résumé de l’éditeur primordial. Finissons en avec le sujet qui fâche! Ce n’est pas un livre sur l’arrivée des clandestins. Des clandestins, nous n’en rencontrerons que deux – une mère et sa fille érythréennes – bien intégrées semble-t-il, plus une ombre furtive avec une capuche orange. Bien sûr, il y a la rumeur qui meuble les conversations du bar de Fabio, pour les conversations du café du commerce point n’est besoin d’aller au bout de la botte italienne….

 

 

mosaÏque d'Otrante

La mosaïque de Pantaleone est la bonne surprise du livre.

 

J’aurais toutefois aimé en savoir plus .Comment on s’y prend pour la restaurer.Est-ce qu’on nettoie les tesselles? Est-ce qu’on les remplace. Quelles ont été les études préalables? Qui sont les restaurateurs, des mosaïstes, des archéologues? Aafke, l’épistolière, décrit les motifs qu’elle restaure, je pressens des merveilles cachées, des symboles bibliques, des allusions à la vie au Moyen Age, des légendes locales comme celle du tireur d’épine qui m’a charmée. Il y avait sans doute plus à raconter sur cette mosaïque qui est l’une des plus étendue d’Italie. J’ai passé 3 jours pleins à Ravenne sans me lasser, je suis absolument fan de mosaïque.

mosaïque d'Otrante2

 

 

Jolie évocation de la petite ville d’Otrante hors saison et des masserie dans la campagne environnante pour le challenge d’Eimelle!

 

 

 

 

Le véritable sujet des Lettres d’Otrante est beaucoup plus grave. Aafke raconte son quotidien, la mosaïque,son installation dans le studio de Simona, son chaton … à Peter. Qui est donc  ce Peter qui ne répond jamais, ou par un seul mot? Un ancien ami, un ancien amant? on ne le saura pas. Analyste ou analysant, quand elle fait allusion à Lacan. Ses réponses laconiques sont comme les petits mots par lesquelles l’analyste relance le discours de l’analysant. Le monologue d’Aafke y ressemble. Monologue mortifère qui commence par le massacre d’une portée de loirs, continue avec une naissance gémellaire qui s’est mal passée, arrivée de corps des migrants sur la plage, sans parler des ossements des martyrs du massacre des turcs en 1480….la mort est toujours présente. Et c’est plombant! J’ai failli refermer le livre avant la fin. Au fil des lettres on comprend mieux le sens de cette correspondance. (je ne veux pas spoiler). Il vaut mieux être prévenu, et je ne l’étais pas. 

logo eimelle, le mois italien

Montemor-o-Novo

CARNET PORTUGAIS

Eglise
Eglise de Sao Giraldo

La route de Monte dos Arneiros à Ciborro court au sommet de collines plantées de chênes-lièges, d’où on a des échappées magnifiques. Dans un petit creux on découvre un petit lac.

Ciborro est un village blanc blotti sur sa colline avec des rues très en pente. Sao Giraldo – le village suivant – a une jolie église blanche. Une très vieille dame coiffée d’un chapeau de paille passe pendant que je filme. La dame s’en rend compte, cela l’amuse : « l’église est jolie ! » commente-t-elle.

Dans la campagne, les troupeaux sont nombreux. Des panneaux annoncent « reproducteur de Limousines » puis ensuite « Charolese » . Il me semblait bien que je reconnaissais ces animaux.

Montemor-o-Novo

la ville close sur sa colline
la ville close sur sa colline

Montemor-o-Novo parait bien urbanisé. Le château sur la colline est cerné par les murailles. Reconquis aux Maures par Afonso Henriques en 116, ses murs furent reconstruits du temps du roi Dinis. Au 13ème et au 14ème la ville était dans les murs. Les 4églises (en ruine) témoignent de 4 paroisses ; c’était donc une ville importante. Passant sous une arche, nous découvrons le couvent blanc Convento de la Salutaçao – 15ème s refait au 19ème s dont la vieille porte est surmontée d’une sphère armillaire.

les anges musiciens de Sao Tiago
les anges musiciens de Sao Tiago

La petite église Sao Tiago 12ème s fut redécorée au 16ème avec ds fresques représentant des scènes de la vie des sœurs du couvent voisin. Au dessus de l’autel, belle décoration avec des anges musicien dans une tonalité brune. Le petit centre d’interprétation y est installé. I l présente dans quelques vitrines les brodequins du roi Luis, des pièces de monnaie de la période islamique, quelques pières décorées de l’époque des Wisigoths incorporées dans la maçonnerie.

la visite se termine « librement » sur les sentiers aménagés ; je monte sur les remparts puis fait le tour de la colline sur un sentier qui longe un chantier archéologique qui a  mis à jour les fondations des maisons 15ème 17ème. J’atteins l’église Sta Maria do Bispo. Les vestiges du chevet témoignent de l’importance de l’édifice. La porte a une belle décoration manuéline ; De la nef, plus rien, une olivaie l’occupe. Un peu plus loin s’élèvent les tours du Palais des Alcades : une tour ronde, une tour carrée. Du Palais du Conseil de la Ville, une seule arcade reste sur pied.

Vestige de
Vestige de Sa Maria do Bispo

Une étrange construction rougeâtre est présentée soit comme une citerne, soit comme un abattoir maure. Ce n’est pourtant pas pareil.

portugal2015mp2 006 - Copie

La route qui fait le tour de remparts est actuellement en travaux, la circulation est déviée sur piste de terre qui descend au rond point sud de la ville.

Le marché décoré d’azulejos est fermé quand nous passons.

Retour pour déjeuner au gîte, piscine.

Attention aux faux amis ! Frigideiria en Portugais désigne une poêle à frire ? Qui l’eût cru ?

Notre maison dans les bois se trouve sur le chemin de l’étang « lagoa » charmant, dans un creux de la forêt fréquenté par les pêcheurs et les amoureux.

la Secte des Anges – Andrea Camilleri

LE MOIS ITALIEN

palermeputti0002 - Copie

 

Andrea Camilleri est le « père » de Montalbano dont je suis toujours avec grand plaisir les enquêtes, il a aussi écrit de romans historiques. J’avais adoré  le Roi Zozimo que j’avais  lu en riant aux éclats.
La Secte des Anges s’inspire d’une histoire vraie.
En 1901, A Palizzolo, une bourgade de Sicile, une étrange rumeur d’épidémie de choléra affole la population. Le prêtres partent en croisade contre la secte des angesl’avocat Teresi, défenseur des pauvres gens, et anticlérical notoire. Les autorités font appel aux carabiniers pour rétablir l’ordre….Pas de choléra mais plutôt une épidémie de grossesses chez les jeunes filles de bonne famille et dévotes.
Camilleri raconte avec humour et truculence sa Sicile. Aristocrates, mafia et clergé se liguent contre Teresi. Intimidation, violence, la justice a bien du mal à passer.
La narration est alerte, le rythme endiablé, avec tous les rebondissements de l’affaire. En revanche le style est alourdi par l’usage d’un « argot »(?) ou dialecte(?) étrange. Difficile de traduire les particularismes linguistiques de Camilleri! Le traducteur a fait appel à tout un corpus de mots inconnus qui entravent la compréhension. Il aurait fallu fournir le lexique. Un ou deux mots déformés ou inventés de temps en temps, passe encore, mais il y en trop!
Cela ralentit la lecture sans la gâter toutefois.
logo eimelle, le mois italien

Red Rose un film de Sepideh Farsi

TOILES NOMADES

 

red_rose_affiche_sm-73c00

 

Avant les élections de  2009 de grades manifestations se déroulèrent à Téhéran et furent sauvagement réprimées par les Basidjis. Une petite troupe de manifestants poursuivis se réfugient chez Ali, un quinquagénaire puis s’en vont. Sara a oublié son portable et revient le chercher. Cherche-t-elle son téléphone ou autre chose? Elle s’attarde chez Ali qui a le double de son âge, et se trouve en partance, les affaires déjà dans des cartons. Indifférent à ce qui se déroule dans la rue il ne sort pas de chez lui et attend un permis pour rejoindre femme et enfant au Canada. Sara va manifester mais elle revient chez Ali et le séduit. Une histoire d’amour se noue. Elle avoue chercher un homme et un lit. Un ordinateur peut être aussi. Sous le pseudo de Persianstar,  elle tweete, navigue sur les réseaux sociaux. Peut être est-elle une organisatrice? Elle cherche à entraîner Ali dans sa lutte. Il a déjà donné, quand il avait son âge, en 1988. Il est désabusé, casanier.

RED-ROSE3-1170x486

Sara étonne par son énergie et aussi par sa liberté de ton et de vie. Elle se veut libre et provocante quand elle ouvre les fenêtres en grand et toute nue crie dans la nuit « Allahou akbar! » cri de ralliement des manifestants.

Libre et provocant ce film qui comporte des scènes de sexe crues qu’on n’imaginerait pas dans un film iranien. Si la réalisatrice Sépideh Farsi est bien iranienne, le film est une collaboration Iran-France-Grèce. Elle vit en France et par ce film s’interdit un retour à Téhéran. Étonnantes aussi les images des manifestations filmées avec un téléphone portable, documents véridiques? Elles rythment un film qui serait un huis clos dans le bel appartement d’Ali.

Une fiction donc, mais aussi un document.