Parikia : promenade dans la vieille ville

CYCLADES

Sur le port de Parikia un moulin nous attend
Sur le port de Parikia un moulin nous attend

 

Il fait frais en avril dans les Cyclades. A 5h du matin je suis raide de froid et sors de l’armoire une magnifique couverture bleu marine et bleu clair figurant un tigre ressemblant à celles que nous avons vues à Naousa (Macédoine) l’été dernier.

8h, réveil : le soleil perce par les fentes des persiennes. Il fait un temps superbe.

9h, petit déjeuner sur la terrasse du restaurant de Stratos : fromage jaune en tranche, jambon carré, jus d’orange et yaourt grec. Simple et consistant. Parfait !

Stratos, l’hôtelier, nous descend au port dans son minibus en compagnie de Québecois. Il nous montre la Cathédrale et le Musée. Le Blue Star Paros est à quai et embarque pour Naxos. L’Office de tourisme est fermé le week end.

Saint Constantin
Saint Constantin et l’assise du temple archaïque

A l’arrière du port, une place moderne est bordée de banques, de là nous découvrons les ruelles de la Vieille Ville. Dans une rue commerçante, une cordonnerie propose des chaussures artisanales 35€ qui me font bien envie ainsi que nombreuses sandales à lanières qui sont un supplice pour celles qui marchent longtemps. Les galeries d’art sont fermées, c’est trop tôt dans la saison. Une église attire notre attention, toute blanche fondue dans la masse des maisons blanches : Panaghia Semptemvriani, une des plus anciennes de Parikia .

le kastro : les Vénitiens n'ont pas hésité à tronçonner les colonnes
le kastro : les Vénitiens n’ont pas hésité à tronçonner les colonnes

Une curieuse ruine est construite de blocs de marbres hétéroclites et même de curieux tronçons de colonnes. Derrière une placette, dominant la mer, la coupole d’une église plus imposante dépasse les toits des maisons. Son pignon est décoré d’une croix de faïence d’Iznik. Son portail est encadré de fins bas reliefs. Une galerie est composée de fines arcades. Je suis séduite et dessine l’église et la placette où un très vieux bougainvillier est enfermé dans une grosse jarre à côtes badigeonnée de blanc. Dans la rue située à l’arrière, une dame nous renseigne en Français : c’est Aghios Constantinos, fermée ouverte seulement pour la fête du saint le 21mai.

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Elle est ravie de nous faire découvrir les richesses archéologiques de son quartier : le mur de pierres sèches disjointes est l’assise du Temple archaïque d’Athéna. On a regroupé derrière un grillage les anciennes pierres du temple pour empêcher les riverains de s’en servir pour la maçonnerie de leur maison. Les Vénitiens n’ont pas eu ces scrupules : le mur hétéroclite est la ruine du Kastro vénitien bâti en 1260 par le Duc de Naxos avec les matériaux antiques de Paros. Un écriteau nous apprend qu’il avait la forme d’une ellipse avec une tour rectangulaire. Au sommet une tholos du 5ème siècle. Tout le long de la rue, le soubassement des maisons actuelles est formé d’énormes blocs de marbre fin, poli ayant gardé leurs frises et leur décor. Les fûts de colonnes tronçonnées forment des roues étrangement empilées.

Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques
Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques

Au fil des ruelles tortueuses, les églises sont nombreuses. La porte de l’une d’elle (1150) est encadrée de fines rosaces. Une bougainvillée pourpre se détache sur le mur blanc. L’église Taxiarchon est en pleine effervescence. Popes et dames d’un certain âge la briquent et la décorent pour le Dimanche des Rameaux, demain. Le programme de la Semaine Sainte (la Grande Semaine, disent les Grecs) esrt punaisé sur la porte. Les cierges sont ornés de graminées tressées (nous avons vu un décor analogue dans le Vieux Caire Copte). Des feuilles de palmiers sont stockées dans le Presbytère.

La rue Gravaris est bordée de nombreuses boutiques de mode et de bijoux. Elle conduit à une curieuse placette où une merveilleuse fontaine de marbre sculptée portant la date de 1711 se trouve à l’avant d’une église à coupole bleue. Sur une chaise du kafenéion,  un borsalino négligemment posé, composera une photo parfaite.

Placette: fontaine et borsalino
Placette: fontaine et borsalino

Se perdant dans les ruelles  tranquilles,  une autre placette ombragée a, elle aussi, sa fontaine  de 1711. Au milieu de la rue, sur une estrade, en haut de plusieurs marches, un café ravissant a installé sa terrasse. Nous y prendrions volontiers le premier apéritif des vacances (ouzo et café frappé) mais l’établissement s’intitule « crêperie » et on nous tend le menu du Breakfast (à midi).

Bougainvillée et chapiteau
Bougainvillée et chapiteau

Au hasard de cette promenade sans but ni boussole (nous avons bien une carte mais les noms de rue n’y figurent pas, seules les boutiques) nous aboutissons à la grande basilique où Stratos nous a déposées ce matin. Non loin, sur une grande place, la Librairie Internationale vend des cartes postales, des cartes et guides et même des romans en grec, anglais et français.

13h, apéro ou déjeuner ?

Ce sera déjeuner Chez Zorba qui sert gyros et souvlakis. 4 souvlakis, une assiette de tsatsiki, du pain un verre de vin blanc et une petite bouteille d’eau 13€. Nous cherchons un supermarché avant que tout ne ferme (et peut être jusqu’à lundi). Nous remontons à pied le trajet du minibus et arrivons au « périphérique » . Miracle. Stratos nous klaxonne et s’arrête. En route pour le port pour l’arrivée du ferry. Stratos nous emmène au grand supermarché Vidalis du front de mer en face du port de pêche. Nous voici parées pour au moins trois jours.

Asklepion au coucher du soleil
Asklepion au coucher du soleil

Je savoure mon premier café grec avec le plaisir des goûts retrouvés. Sur la colline en face d l’hôtel se trouve un petit édicule avec un fronton triangulaire classique. Dominique l’appelle le « temple » alors que je lui trouve plutôt les dimensions d’un cabanon dans les vignes. Renseignement pris auprès de Stratos : c’est vraiment l’emplacement de l’Asklepion mais le site est fermé au public. A l’aplomb de notre balcon se trouve la plus charmante des chapelles blanche et bleue au dessus de l’eau turquoise. Pour y descendre c’est un peu compliqué. Des murs barrent le chemin. La troisième tentative est la bonne. Le bord du littoral est fleuri de grosses succulentes roses ou jaunes (Mesembryanthemum edule ouCarpobrotus edulis ) qu’on appelle également des griffes de sorcières selon mes recherches sur Internet cette plante exotique originaire d’Afrique du sud serait invasive et une peste en milieu méditerranéen. Elle est très décorative. Il y a également des agaves des immortelles violettes et blanches, de petites fleurs mauves. Un sentier longe la côte devant  de belles maisons qui ont chacune un accès à la mer. On rêverait de baignades….

la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière
la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière

Sur notre balcon je pourrais dessiner mais le temps manque. A 19h j’ai rendez vous avec un blogueur avec qui je corresponds depuis de nombreuses années ; la blogosphère devient de moins en moins virtuelle !

Parikia agave et ilets
Parikia agave et ilets

A 18h30 j’emprunte les raccourcis pour descendre en ville. Je quitte dès que je peux  la route qui passe devant l’hôtel (route de l’aéroport) très passante. J’aboutis à une sorte de canal cimenté à sec en ce moment – peut être se remplit-il quand il y a des orages. De nombreux restaurants sont installés sur la corniche, certains chics, d’autres moins certains livrent à domicile à scooter gyros et souvlakis. Ce soir les terrasses sont vides. Une énorme église est illuminée. Les palmes des Rameaux dessinent une arche triomphale à l’entrée. Deux femmes s’affairent devant un monceau de branches d’olivier( ?) en tas à l’intérieur j’entends les chants des liturgies sans m’attarder puisque je chronomètre le parcours de l’hôtel jusqu’au port (15mn) .

La soirée se termine fraichement ; dès que le soleil se couche je me rappelle que l’on est en avril. Mon châle n’est pas suffisant et je prends congé de mes nouveaux amis parce que je suis congelée.

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Dîner sur le balcon de beefsteak surgelé (par paquet de 10, c’est très économique et cela  nous assure de la viande chaque jour) avec une salade grecque. Les reflets dans l’eau du port offrent un beau spectacle.

De Créteil à Paros en passant par le Pirée: avion, bus, bateau

CYCLADES

Arrivée au Pirée
Arrivée au Pirée

 

Taxi : Créteil 5h – Roissy CDG 5h20 (66€)

Enregistrement

Mauvaise surprise à la dépose-bagage, la valise enregistrée sur Internet ne s’est pas débitée sur ma carte bleue: il en coûte 30€ à la place de 15€ pour une seule valise. Air France s’est mis au diapason des compagnies Low Cost « pour le prix de votre billet » a soupiré le monsieur du guichet. Il propose qu’on ouvre la valise et qu’on rajoute du poids. Moralité : si on paie un bagage en soute, autant qu’il soit bien lourd ! Ce qui ne ferait pas du tout notre affaire  à Athènes où nous devons prendre l’autobus, ni dans le ferry.

En vol

Par le hublot, la visibilité est mauvaise, le paysage embrumé. Je lis le Monde . Les Alpes italiennes sont encore bien enneigées. Je reconnais le delta du Pô avant que les nuages ne cachent l’Adriatique. Dommage! les îles croates et la côte des Pouilles sont un spectacle dont je ne me lasse pas. Enfin la Grèce! l’Isthme de Corinthe, l’avion longe la côte Attique pour atterrir en douceur sous une belle journée. 15°, vent léger.

Le Pirée

Quincaillerie grecque
Quincaillerie grecque

A l’aéroport, j’achète le billet du ferry Blue Star Paros pour 1€ de plus qu’au port mais ce sera bien utile de le montrer au conducteur de l’autobus au Pirée. Le bus 96X est direct, il passe des zones commerciales, longe la grande carrière de Koropi puis la côte vers Glyfada. On voit les installations des jeux Olympiques de 2004,  des immeubles cossus dont les balcons débordent de verdure, des marinas avant d’arriver au Pirée qui beaucoup moins chic avec de vieux immeubles gris de ciment au crépis lépreux. L’avenue qui borde le port est très animée . Au bas des immeubles, agences de voyages,  boutiques et des restaurants(fast-food grec, Everest, Gyros, et sandwiches variés). A l’arrière, les petites rues m’amusent avec les magasins vieillots, les inévitables chaises en plastique blanc, les devantures des boutiques de marine, bouées et balises, manomètres et les cuivres et les quincailleries à l’ancienne avec la ferblanterie, les burettes à huiles, les entonnoirs, les bidons en métal brillant. Dans dix jours ce sera Pâques. A Athènes, la rue Athinas regorgeait de barbecues et rôtissoires pour l’agneau pascal à la broche. Pas trace ici, peut être est-ce trop tôt. Ou est-ce l’effet de la Crise ?

Pour les Cyclades, embarquement porte E7. Un bureau de Blue Star Ferries se trouve dans un container peint en jaune et bleu, mais la salle d’attente est vide, cadenassée. Dans un coin, une petite cantine a installé des tables sous des parasols rouges Coca-Cola juste en face du débarcadère. J’achète un  feuilleté aux épinards chez Everest. C’est toujours ce que je choisis à l’arrivée en Grèce.

Blue Star Paros, notre navire
Blue Star Paros, notre navire

Quand je rentre de ma promenade, le Blue Star Paros est à quai, vraiment très imposant. Les marins nous délestent de nos valises. Nous nous installons sur le pont supérieur l’arrière. Rapidement le froid nous chasse derrière le bar.

17h30 – le Paros quitte le Pirée en lâchant un gros nuage de fumée noire. Le ciel est couvert. La mer grise. Dès la sortie du port des crêtes blanches hérissent la surface de l’eau. Ce ferry est énorme. L’eau brisée par le passage de son étrave est bien plus abondante que les vagues.

Le Blue Star quitte le Pirée
Le Blue Star quitte le Pirée

Difficile de se repérer dans le Golfe Saronique. En face d’Eleusis de nombreux pétroliers attendent. Quelques voiliers croisent. Le spectacle est merveilleux l’été. Le vent est très frais, rapidement nous sommes congelées et nous prenons place dans des sièges-avion (on apprendra le lendemain qu’il aurait fallu payer un supplément à la Réception). Nous somnolons éveillées de temps en temps par des annonces au micro. Le restaurant Goody’s sert des hamburgers très corrects pour moins de 3€ et des salades pour le double.

Le bateau a pris du retard et n’arrive qu’à 10h à Parikia. Impatientes nous piétinons dans la cale étouffante avec nos valises dès 9h30 quand la musique de la  « chicorée Leroux » se fait entendre accompagnant la descente du hayon avant même d’arriver à quai.

L’hôtelier brandit une pancarte Stratos. Nous le suivons jusqu’à un vieux minibus. Conversation en Grec. Je n’ai pas tout oublié !

La chambre est très simple, presque monacale mais les serviettes sont présentées avec un pliage « papillon » le lit est pris dans un cadre de ciment bleu. Une plaque de marbre fait office de coiffeuse sous un miroir encadré de blanc. Le mur en face est bleu. Rideaux blancs, persiennes bleues. Seul le couvre-lit mauve jure un peu. Le balcon donne sur la mer toute proche. Une petite chapelle est construite sur une avancée dans l’eau. De l’autre côté de la baie des maisons sont dispersées dans la colline. Au loin, une île, laquelle ?

Un héros de notre temps – Lermontov

CHALLENGE ROMANTISME

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Lecture commune initiée par Claudialucia

A la découverte du romantisme russe?

 

 

 

 

 

 

 

 

Le héros de « notre » temps est Petchorin

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« J’ai une âme gâtée par le monde, une imagination sans repos et un cœur insatiable. Tout me paraît petit; je m’habitue facilement à la souffrance comme au plaisir et mon existence devient de plus en plus monotone de jour en jour. il ne me reste plus qu’une ressource : c’est de voyager »

déclare-t-il alors que Béla, la jeune caucasienne, se consumait d’amour à l’attendre lorsqu’il partait à la chasse.

Le roman ressemble plutôt à un recueil de nouvelles ou de contes. J’ai beaucoup aimé les premiers récits qui se déroulent dans les montagnes du Caucase, monts inaccessibles chemins improbables, Géorgiens, Circassiens, Tatars, peuples exotiques dont on ne sait s’ils sont soumis ou hostiles. Pris dans la neige dans un refuge, l’attente rapproche les voyageurs et pousse aux confidences.

L’histoire de Béla, avec noce, chevaux,cosaques, enlèvements et bien sûr une histoire d’amour, est très touchante. Petchorin, jeune officier, ne laisse pas transparaître sa nature cynique tout de suite.

Au cours des retrouvailles de Maxime et de Petchorin, on se rend compte que ce dernier, oublieux de son ancien ami, presque méprisant est un personnage singulier et plutôt antipathique.

« ne vous est-il jamais arrivé de remarquer cette chose étrange chez quelques hommes? C’est l’indice d’un caractère méchant ou d’un chagrin profond et permanent A travers ses paupières à demi-baissées, ils brillaient d’une certaine clarté phosphorescente sil’on peut s’exprimer ainsi. »

Taman, un autre récit exotique nous conduit chez des contrebandiers, onirique et étrange

« quelle bizarre aventure, gaie et triste en même temps »

Lermontov_russe_herosEn revanche la suite se déroule dans une ville d’eaux Piatigorsk. Que peut-il se passer dans une ville d’eaux?Mondanités et ragots.

 

 

 

 

Nous retrouvons Petchorin en compagnie d’un jeune officier noble

 

 

« Son arrivée au Caucase a été la conséquence de son exaltation romanesque. Je suis sûr que la veille de son départ du village paternel, il a dû dire avec tristesse à ses jolies voisines, non pas qu’il entrait tout simplement au servie mais qu’il allait à la mort »

Les manœuvres de séduction des deux officiers m’ont bien agacées. le mépris dont il tiennent les femmes n’a d’égal que la vacuité de leurs propos:

« – Tu parles de jolies femmes comme de chevaux anglais, m’a dit avec indignation Groutchnitski

-mon cher? lui ai-je répondu, m’efforçant de copier sa manière, je méprise les femmes pour en pas les aimer, car autrement la vie serait un mélodrame trop ridicule. »

duel
duel

Qui séduira la princesse, de Petchorin ou de Groutchniski? Petchorin retrouvera-t-il son ancienne maîtresse ou préférera-t-il la jeune princesse riche? Ou peut être jouera-t-il sur les deux tableaux.

Rivalités, cabales, duels, j’ai plutôt décroché. Ce romantisme-là, même avec références à Byron m’agace plutôt.

 

Le Roi des Montagnes – Edmond About

LIRE POUR LA GRECE

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Le Roi des Montagne, Hadji-Stavros est un bandit qui sévit aux portes d’Athènes. Pallikares, klephtes, armatoles, haidouks, les bandits grecs ont résisté à l’occupant turc, combattu pour la liberté de la Grèce et n’ont pas été désarmés à l’indépendance.

« Clephte aux yeux noirs descend dans les plaines : son fulsil doré sonne à chaque pas ; il dit aux vautours : « Ne me quittez pas, je vous servirai le pacha d’Athènes »

Le narrateur, un botaniste allemand Hermann Schultz, parti herboriser sur le chemin du Pentélique, rencontre deux Anglaises, la mère et sa fille, avant de tomber aux mains d’Hadji-Stavros qui les capture pour en obtenir rançon.

L’Anglaise est très imbue de ses origines et commence toutes ses phrases par « Je suis anglaise et je veux être bien servie… »

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Le jeune Allemand est conforme à ce qu’on attend d’un scientifique et s’il est d’un milieu modeste, il n’en souscrit pas moins à la misogynie:

« Le portique d’Erechtée repose sur quatre Athéniennes du siècle de Périclès.

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Les femmes d’aujourd’hui sont de petits êtres ailés, légers, remuants et surtout pensants, créés non pour porter des temples sur leur tête, mais pour éveiller le génie, pour égayer le travail, pour animer le courage et pour éclairer le monde aux étincelles de leur esprit »

klephtes

La lecture naïve est celle d’un roman d’aventures exotique bien amené et plein de rebondissement.Comment les trois otages seront libérés? avec la rançon ou par l’intervention des gendarmes, ou bien en s’évadant? On se laisse prendre à l’action, regrettant les préjugés et les lieux communs : les bandits sont sales, boivent beaucoup mais sont chevaleresques et pieux, les Anglais bornés et fiers de leur supériorité…

On peut aussi passer au deuxième degré et voir l’ironie et l’humour d’Edmond About.Il  se moque des touristes, naïfs, des Anglais se voulant les maîtres du monde, des savants allemands….

« -il cherche des herbes – c’est un apothicaire. – non madame : c’est un savant; – Ah! sait-il l’anglais<, Oui, madame, très bien – Ah! les trois « ah »de la vieille dame furent dits sur trois tons différents »

L’auteur se moque aussi bien du brigand qui tient bureau en plein air sous le soleil mais qui place l’argent de ses rançons dans une banque anglaise et qui fonde même une société par actions. On peut même imaginer un clin d’œil, à la corruption du pouvoir, à l’impuissance des politiques grecs tandis que » les puissances qui avaient mis la Grèce en liberté essayaient de fonder un royaume » en plaçant un roi Allemand.

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Hadji-Stavros, ami des militaires et des politiques affirmait:

« Alors le brigandage ne sera plus qu’un impôt sur la circulation : impôt juste car il sera proportionnel ; impôt normal, car il a été perçu depuis les temps héroïques ».

Et au Nième degré de lecture on goûte d’autant plus la plaisanterie!

 

« Moi, Auguste, empereur de Rome » – Exposition au Grand Palais

 

Auguste
Auguste

LE MONDE EN EXPOS

 

De retour d’Arles, de Glanum, et après avoir vu tant et tant de villes romaines….je me suis précipitée au Grand Palais pour l’exposition sur Auguste. Surprise : pas de queue, du tout! Des familles avec enfants prennent une leçon d’histoire antique. Le Romains font moins recette que Braque, sans parler de Picasso.

la bataille d'Actium
la bataille d’Actium

Pourtant c’est une fort belle exposition, très intéressante qui analyse aussi bien les luttes de pouvoir avant qu’Octave ne devienne Auguste que l’instauration du culte de la personnalité ou plutôt de la divinité impériale. Politique et religion.

Auguste prêre
Auguste prêre

Grand bâtisseur également, Auguste se vantait d’avoir trouvé une Rome de brique et l’avoir remplacée par une Rome de marbre.

procession et sacrifice
procession et sacrifice

A côté de l’histoire officielle, l’exposition fait aussi la place aux objets de la vie quotidienne, bijoux, monnaies, fresques.

Auguste bâtisseur de théâtres à Rome
Auguste bâtisseur de théâtres à Rome

Il y a beaucoup à voir et beaucoup à lire.

 

A propos de livre, à défaut du catalogue, merci  à Arthur de Graaw  voici le lien vers le dossier de presse

Le rocher de Tanios – Amin Maalouf

LA VOYAGE EN ORIENT

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Au temps où Lamartine et Nerval ont décrit la société féodale de la Montagne libanaise, Maalouf raconte l’histoire d’un village Kfaryabda où règne le Cheikh Francis

« Des Cheikh Francis il y en avait eu à chaque génération depuis le 16ème siècle, depuis le jour où le roi de France avait obtenu de Soliman le Magnifique, un droit de regard sur le sort des minorités chrétiennes du Levant »

Les villageois lui prêtait allégeance

« De même que chaque homme devait monter ne serait-ce qu’une fois par mois « voir la main » du cheikh, toutes les femmes devaient fournir leur journée au château pour aider aux travaux courants ou saisonniers »

Les femmes qui voulaient échapper aux assiduités du cheikh avaient inventé « une panoplie de ruses ».

seule le muletier Nader, colporteur érudit, maudissait ces traditions :

« sale vie! devoir baiser des mains pour ne pas perdre son gagne-pain! »

Dans ses voyages il avait entendu parler de la Révolution:

« C’était quelque chose la Révolution française, toutes ces têtes de cheikh qui tombent…. »

Un mystère entourait la naissance de Tanios. Était-il le fils de Gérios, le trop docile intendant du cheikh? ou le fruit des amours de la belle Lamya et de ce dernier?

Qui aurait pensé que ce village de la Montagne, loin du monde et de l’Histoire, deviendrait le nœud de la géopolitique mondiale? Enjeu des luttes d’influences entre la France et la Grande Bretagne qui se constituaient des empires, entre Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte et le sultan d’Istanbul.

L’arrivée d’un pasteur anglais au village marque l’entrée de cette politique:

« Un pasteur anglais dans notre village! comme dit le proverbe. qui vit longtemps verra beaucoup de merveilles. Il faudra que je revienne avec de l’eau bénite pour purifier le château » Dit le curé du village!

La scolarisation de Raad, le fils du cheikh et de Tanios à l’école anglaise devient un enjeu politique.

« Ce n’était pas à l’école qu’il (Tanios) allait mais au seuil du vaste univers… » […] »le lourdaud de Raad n’avait pas entendu parler de Lamartine, mais Lamartine avait entendu parler de Raad »

Tanios, intelligent et curieux, marginal à cause de sa possible bâtardise, se trouve au cœur de l’histoire quand le Patriarche a intrigué pour que le cheikh Francis retire son fils de l’école hérétique, il voit son avenir se refermer.

« alors Tanios on réfléchit avec les pieds » l’interpelle Nader le muletier

« moi aussi je réfléchis avec les pieds. Forcément je ne fais que sillonner les routes. Les idées que tu forges avec les pieds et qui remontent à la têtete réconfortent et te stimulent. Celles qui te descendent de la tête aux pieds t’alourdissent« 

Les soldats égyptiens se déploient dans la montagne libanaise:

« à les entendre ce n’était pas une guerre de conquête mais un combat pour la renaissance des peuples »

promettant d’abolir les privilèges.

les Puissances ne restent pas indifférentes : « l’Angleterre, l’Autriche, la Russie se consultaient sur la meilleure façon de protéger le Sultan ».

C’est dans ce contexte que Tanios tombe amoureux. encore une fois, le fils du cheikh se trouve sur sa route et le drame se noue. en cascades, les catastrophes s’abattent sur le village.

Et Tanios? Entre deux mondes Tanios, entre deux vengeances….

Mais je ne raconterai pas la fin!

Dernier après midi à Séville – Guadalquivir et musée archéologique

ANDALOUSIE Pâques 2009

Sur le bord du Guadalquivir, par temps de chaleur

Séville tour de l'Or

A notre exploration de Séville, il nous manquait une promenade sur le Guadalquivir. A 16h,  sous un soleil estival, nous cherchons les bateaux qui appareillent sous la Tour de l’Or. Un beuglant convoque les touristes à une promenade bien sonorisée à grand renfort de musique de foire. Cela nous dissuade, nous aurions rêvé une croisière tranquille et reposante. La Tour de l’Or ne se visite que le matin. Le plan de visite est foireux. Il y a peu d’ombre.  Le thermomètre dépasse largement l 30°C.
J’improvise : suivant le fleuve, sur le Paseo de las Delicias, je rejoins les Jardins de l’Exposition de 1929. En cas de canicule, le secret est de rester à l’ombre. Le pavillon de Buenos Aires me fascine. Il est occupé par une académie de danse, ne se visite pas.

 

Musée Archéologique de Séville après Italica

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romains anonymes

C’est un vrai plaisir de visiter le Musée Archéologique le lendemain de notre sortie à Italica.

Les mosaïques sont merveilleuses, certaines statues de marbre sont énormes. On imagine le site ainsi meublé (pourquoi ne fait on pas des copies ?). Les  têtes des romains anonymes sont très émouvantes, tellement proches des visages actuels. Nous aurions pu les croiser en costume moderne dans la rue, sur le pas d’une boutique, derrière le comptoir d’un bar…contrairement aux Grecs idéalisés, ils sont souvent bourrus et pas toujours amènes.

Le Musée comporte aussi des sections de Préhistoire. Ma visite était dédiée aux Romains. Je passe donc vite devant le Trésor de Tartessos. Pourtant les Phéniciens m’intéressent bien.

Séville – Musée des Beaux Arts de Séville- peinture espagnole

ANDALOUSIE Pâques 2009

 

Chocolate con churros

 churros

Enfin, je vais satisfaire mon caprice d’un vrai, petit déjeuner avec »chocolate con churros » dans un café en même temps que les Espagnols ! Nous en avons eu un avant-goût sur le bord du Guadalquivir. à midi et dans un gobelet en plastique, chers et froids, c’était un peu gâché. Rue Eloy, dans un petit café populaire, des vieux messieurs se goinfrent avec les beignets. Une jeune fille frit sous nos yeux une spirale de pâte légère qu’elle retourne habilement de deux tiges métalliques. Elle coupe d’énormes parts et les empile sur un plat ovale métallique. Le chocolat est si épais qu’il me vient un doute : convient il de le boire ou seulement de tremper le churro ? je regarde mes voisins pour les imiter . le vieux monsieur accoudé au bar trempe dans le café au lait. Les enfants arrivés juste après moi ont commandé des sodas. Dans le doute, je m’installe à l’écart et je trempe. Puis je laisse les deux tiers de ma part trop copieuse et pourtant bon marché : 2€, chez Carmen.

 

Musée des Beaux Arts de Séville- peinture espagnole

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Zurbaran

Au Musée des Beaux Arts on me demande ma Carte d’Identité    qui m’ouvre le Musée gratuitement. Je dois laisser mon sac à la consigne.

Les peintures des anonymes du 15ème siècle me ravissent toujours autant : fonds dorés comme des icones, finesse des détails, imitation des tissus damassés. L’Annonciation de Martorell me rappelle des souvenirs de 2003 : L’exposition Bermejo à Bilbao.

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Fraqncisco Pacheco

Les grand tableaux de Francisco Pacheco sont intéressants. Curieusement, ils  offrent des similitudes avec les toiles symbolistes fin 19ème avec ls corps des jeunes gens haves et musclés. Pacheco fut le maître de Cano et Velasquez. La présentation du Musée est claire. Chaque salle représente une école. Le Maniérisme occupe les salles III et IV.

Le baroque trouve sa place naturelle dans la chapelle du couvent. Le mot « chapelle » ne doit pas évoquer dans ce cas un  espace intime. C’est une construction monumentale avec une haute coupole peinte. Les tableaux sont de grands formats tout à fait à la mesure du monument.

Juan Roelas et Zurbaran représentent la peinture Naturaliste. Roelas m’ennuie. Zurbaran est un grand maître, sûr de son art, ce qui le l’empêche pas de peindre aussi des bondieuseries ennuyeuses.

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L’hôte d’honneur de la chapelle est Murillo. Murillo peint très bien les anges, et les vierges diaphanes aussi. Je reconnais Santa Justa et Santa Rufina autour de la Giralda (nous les avions vues à l’Hospital de los Venerables). Ces femmes en équilibre sur une boule transparente m’agacent.

A l’étage, Jose de Ribera et Juan Valdès Leal (dont nous avons déjà vu des fresques). La salle Zurbaran est la plus convaincante : saint Hugues au Réfectoire des Chartreux est d’une autre trempe que toutes ces Immaculées ! Le talent de Zurbarán se déploie dans d’autres styles que les éternels poncifs. Et puis Zurbarán a un « truc » : comme tous les baroques, il met des anges joufflus et des nuages plein ses tableaux. Le « truc » de Zurbaran c’est que les « nuages » sont faits avec les visages des anges, transparents et diaphanes.

Un couloir est occupé par une série représentant une procession devant la Cathédrale ses environs. C’est fou que les Espagnols aiment processionner ! Et pour une fois c’est une procession profane ! Domingo Martinez montre minutieusement les étapes de ce défilé avec les chars représentant l’Allégresse, les Masques, les quatre éléments.Derrière  le char, les figurants portent toutes sortes d’objets en rapport avec le thème. Celui de l’Eau, tiré par des dauphins, est suivi par des pêcheurs, des harpons, des monstres marins…Avec l’Air défilent les instruments à vent, les girouettes, un moulin … le Feu, la guerre, les canons. Même si la qualité de la peinture ne se compare pas avec celle des grands maîtres, c’est frais, amusant, cela raconte la vie à Séville au 18ème siècle.

Exposition temporaire sur leModernisme à Barcelone. Mis à part une grande photo, rien sur Gaudi. Les dessins et les tableaux sont les œuvres de peintres catalans que je ne connais pas. Intéressant mais je suis un peu saturée.

De retour à la maison, je peux re-visiter le musée grâce la visite virtuelle du Musée accessible grâce à ce lien :

http://www.juntadeandalucia.es/cultura/museos/MBASE/visitavirtual/container.htm

Santiponce : San Isodoro del campo

ANDALOUSIE Pâques 2009

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Le monastère de San Isidoro del campo, à Santiponce n’est pas d’un accès facile. L’entrée est cachée sur le côté. Il faut contourner l’édifice.

Ici aussi, gratuité, mais photos interdites et sacs à la consigne.

L’église San Isodoro est gothique mais elle abrite deux retables baroques. Nous faisons connaissance avec Guzman el Bueno (nous avons vu sa rue dans le Barrio de Santa Cruz). Guzman el Bueno (1256-1309) est un héros de la Reconquête qui se distingua lors du siège de Tarifa. C’est dans cette église qu’il est enterré et on peut voir les gisants. Le cloître est décoré de motifs mudéjares en fresques beiges, orange rouge en camaïeu plutôt sobre (pas d’azulejos). Dans le réfectoire on voit des grands tableaux sombres sans aucune explication.

Le luxe des sacristies qui m’avait tant étonnée à Grenade trouve ici son explication. Dans un monastère se voulant rigoureux, on voit une vaste sacristie, des miroirs et  tout un décorum. C’est une des conséquences de la Contre-réforme : le prêtre se préparant à l’office doit se montrer dans tout l’apparat de sa fonction.

La salle Capitulaire nous réserve une excellente surprise. Les murs sont entièrement peints à fresque.On a décapé les peintures baroques et trouvé un très frais décor fleuri encadrant une série de scènes de la vie de saint Jérôme. L’une d’elle raconte l’arrivée du lion, l’autre l’intervention d’un âne (je ne suis pas assez calée dans la vie des saints pour connaître les anecdotes).

 

Séville : notre quartier autour de l’Alfafa , les vitrines pour la Féria

ANDALOUSIE Pâques  2009

 

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Dans notre quartier : les boutiques sont consacrées à l’habillement. Et pas n’importe lequel. Pas de confection banale. Le magasin du Marié est en face du magasin de la Mariée, en face de celui qui vend les articles de mariage et de communion.

Dans la rue suivante, on ne vend que des chaussures.

C’est ordonné comme dans un bazar oriental où toutes les boutiques d’une même rue vendent le même article, ou presque.  Le nom de l’Alfalfa m’évoque l’Orient où il désigne la luzerne. Je me plais à imaginer que cette place était l’endroit où les chevaux et les ânes livrant la marchandise trouvaient leur provende, un peu comme à Rosette, près d’Alexandrie.

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Pour Feria la fin de la semaine, les chaussures exposées sont toutes sur le même modèle : des escarpins à talon large et à bout rond avec une bride comme les chaussures des petites filles autrefois. Toutes les couleurs  sont proposées mais c’est le rouge qui domine à pois blancs ou noirs, c’est selon…Dans les magasins d’habillement c’est le « traje de flamenca » qui est exposé en vitrine : robe collante et décolletée avec des volants. Toutes les couleurs sont admises (encore une nette préférence pour le rouge) à condition qu’il y ait des volants.

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Tous les prix aussi, les plus ordinaires atteignent quand même 150€, les lus belles dépassent les 1000€.

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Plus loin, se trouvent les accessoires : éventails, fleur de tissu, peigne en écaille mais aussi boucles d’oreille très voyantes et colifichets en tout genre, châles aériens de dentelle ou brodés.

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On se presse pour acheter. Lorsque nous photographions une collection de robes nous sommes dérangées par le va-et-vient des clientes qui essaient, paient et emportent.

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La folie de la Feria a remplacé celle de la Semaine Sainte. Séville est prise d’hystérie pendant tout le mois d’Avril.

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