Sentier de St Pol vers Carantec- château de Kerjean

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le château de Kerjean


Château de Kervenez

Départ du GR  devant le château de Kernevez, à la sortie de Saint Pol de Léon. Belle allée plantée de grands marronniers entre les hauts murs jusqu’à la baie. La mer est haute, les petits bateaux de plaisance se balance sur une eau lisse comme un miroir. Le sentier côtier est en bordure du château qui apparaît au milieu d’un parc magnifique, grand, symétrique gris et un  peu pompeux.

Le sentier est très bien balisé. Quels pèlerins ? Quels scouts ont peint au pochoir la coquille des chemins de Saint Jacques ? Et parfois l’hermine bretonne. Protégé par des haies vives, il ne laisse voir la mer que par trouées. Je fais l’inventaire des essences : troènes ; tamaris mais aussi prunelliers et ajoncs.

Méditations pour un chou fleur

Je chemine le long des artichauts et des choux fleurs. J’aimerais interroger la propriétaire du gîte à leur sujet. Quand les sème t on ? Quand récolte-t -on ? Fait-on quelque chose des magnifiques feuilles des choux ? Est-ce qu’on laisse ces magnifiques plant d’artichauts plusieurs années durant comme dans les jardins ? Ce sont des questions innocentes. D’autres  concernant Le Prince de Bretagne, fâcheront peut être .

La Pointe Saint Jean, plus sauvage, s’avance dans la baie. Puis le sentier quitte le rivage pour serpenter entre les maisons d’un hameau et se perd dans les choux. Je débouche sur un lavoir à Keriven.Le GR suit la route à une centaine de mètres de la mer, cachée.

Midi au gîte : bavette à l’échalote, carottes râpées et la fin du kouing Aman.

Vers Kerjean, cueillette des choux fleurs

Kerjean

Le château de Kerjean est très bien fléché à chaque rond-point. Une belle brochure promet une visite intéressante. Nous nous habillons sur notre 31 pour faire honneur au château : jeans propre et Nike neuves !

Les remorques des choux fleurs sont tirées par de très gros tracteurs à cabine vitrée qui occupent toute la route ;  elles sont bâchées d’un blanc immaculé. Une fenêtre transparente laisse voir les cagettes de bois. Pendant la cueillette, un tapis roulant conduit les grosses têtes . Nous aimerions faire un court film de cette cueillette.

le château de Kerjean

Kerjean : le puits dans la cour

Le château  est entouré d’une enceinte quadrangulaire, de douves et d’imposantes tours carrées. Pourtant c’est un château Renaissance qui n’a jamais eu de fonction stratégique. C’était plutôt une résidence de prestige. Le portail d’honneur est surmonté d’un fronton de trois arcades décorées de colonnes corinthiennes, d’une cariatide et d’un atlante. Le niveau inférieur des pilastres est dorique. Côté cour, la galerie qui va du pavillon de l’horloge à la chapelle rappelle les loggias italiennes. Les clochers ornant les pavillons sont très complexes : empilement de niches de colonnes soutenant un templion  un lanternon, un pot à feu…
Les quatre côtés de la cour sont construits de bâtiments à deux étages. Seul le pavillon N-E a été détruit, sa façade se découpe à vide, tel le fantôme du bâtiment incendié. Cette ruine donne à l’ensemble un charme supplémentaire. Dans un coin de la cour le puits est très joli porte lui aussi pot à feu, templion et colonnes corinthiennes.

Kerjean les cuisines du château

L’intérieur de ce très vaste château est malheureusement bien  vide. Les grandes cheminées sculptées ont été restaurées mais il y a peu de meubles en dehors de coffres anciens, massifs et sculptés. La cuisine est complète avec de belles marmites de cuivre sa lourde table, le pétrin et un beau coffre. La visite manque d’histoire, d’anecdotes.

une expo prétentieuse

Une exposition d’architecture sur le thème de la Mesure de l’Homme défigure la cour avec des panneaux orange. Très ambitieuse, très intello, trop décalée. Que viennent faire ici Le Corbusier, Nouvel, le restaurant de Beaubourg, au milieu d’un exposé sur le Nombre d’Or et la projection d’une séquence de l’Année Dernière à Marienbad ?
Les lits clos bretons sont bien à leur place.

kersantite

Kerjean : fontaine

La chapelle possède un beau plafond  de bois. Elle est ornée de nombreuses statues, certaines en granite grossier, d’autres en kersantite. La kersantite ou kersanton des calvaires m’intrigue. C’est une pierre foncée à grain fin, venant de Daoulas. La carrière est inondée. La pierre contenant de l’eau serait tendre à sculpter, puis durcirait en séchant. C’est elle qui a donné les extraordinaires statues des calvaires.
Enfin je pars à la recherche de la fontaine que je trouve cachée dans un  creux – pot à feu, colonnes – verdis par la mousse sous de beaux arbres du parc.

 

Pointe de Penharidy sous un crachin breton

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Le changement d’heure  procure une grasse matinée supplémentaire pour lire au lit les Louves de Zoé Valdès. Une histoire de pirates caraïbes pour un port breton ? Ce n’est pas le livre le plus réussi de la romancière cubaine. Ses femmes pirates sont belles, forcément, les capitaines sont sexy, forcément. Histoire de travestissement dans un 18ème siècle convenu. Beaucoup de clichés.

Crachin breton : temps de Toussaint ? Voire, il fait doux. La télévision annonce des températures record dans le Midi. La maison est humide, rien ne sèche. On va acheter du linge de rechange.

Sous la pluie, je descends la petite route entre choux- fleurs et fermettes transformées en B&B croulant sous les hortensias. J’ai revêtu ma pèlerine de plastique vert par-dessus le coupe-vent. Je me promène sur la plage. Arrivée au village, je peux enlever tous mes équipements de pluie. Le temps s’est éclairci.

Déjeuner chaud au gîte : boudin et kouing aman.

marée basse et temps de Toussaint

Le circuit N°3  fait le tour de la Pointe de Penharidy limitant vers l’Ouest la baie de Laber. Un petit château de granite, genre manoir hanté, monte la garde devant la digue qui enjambe un ruisseau. A gauche, un  marais, joncs, roseaux et plantes d’eau. On s’attend à dénicher les oiseaux. Une aigrette plane.

A la base de la pointe, un lotissement et un grand camping. Le sentier se perd ensuite entre fougères et ajoncs. Des haies de tamaris et d’éléanus en fleurs embaument. Autant la fleur de l’éléanus est discrète autant son parfum est entêtant. Il me semblait que ce pistachier était une plante typiquement méditerranéenne. Ici elle se plait tellement qu’elle forme de hautes haies. Le circuit serpente entre la face est et la face ouest de la pointe. Face à Roscoff nous longeons le cordon dunaire. Les thuyas ont des proportions de cèdres. Nous contournons le centre héliomarin, grands bâtiments blancs, piscine sous une verrière moderne. Un gros rocher forme l’éperon du petit cap. Je m’installe pour dessiner. L’île de Batz est toute proche. La baie de Laber a été abandonnée par la mer. On pourrait presque la traverser à pied sec. Et toujours ces écueils qui affleurent autour de la côte.
De retour par la plage, nous  avions oublié l’existence du ruisseau. Je remonte sur la digue tandis que D préfère se mouiller et passer dans la vase.

Enclos paroissiaux, Monts d’Arrée : tourbière allée couverte

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à la découverte des enclos paroissiaux


Temps couvert. Une bande orangée nous laisse l’espoir de voir le soleil.

en route vers Landivisiau : choux fleurs
Le circuit des Enclos Paroissiaux commence à Landivisiau. Autour de Roscoff et de St Pol de Léon la campagne est cultivée exclusivement de choux fleurs et d’artichauts. Tous alignés, de même taille, pas une mauvaise herbe, pas une feuille qui dépasse. Le Prince de Bretagne est tout puissant.Comment les paysans se procurent ils les semences, les engrais et les pesticides ? Quelle catastrophe si le cours vient à s’effondrer ! Il faut que j’en parle avec la propriétaire. Ils cultivent aussi des oignons et des salades Iceberg, mais où ? Toute puissance de l’Agro-alimentaire. On ne parle même plus d’agriculture à cette échelle. D’ailleurs, je lui ai demandé si nous pouvions acheter les légumes à la ferme. Elle a pris un air étonné. Leurs salades sont destinées aux sachets de « salade mélangée ».

Aux alentours de Landivisiau la monoculture du Prince est battue en brèche par l’arrivée du maïs. Plus loin, le bocage d’herbe verte avec des laitières noires et blanches ? Les gens ici sont conscients des enjeux politiques de l’industrie agroalimentaire. Dans chaque église, une discrète affiche jaune invite à une conférence « Le Soja contre la Vie » à Châteaulin.

Le premier calvaire du circuit, à l’entrée de saint Pol de Léon, est masqué par les panneaux publicitaires dans l’univers de consommation des ZAC à l’entrée de la ville, zones industrielles, entrepôts et hypermarchés installés à l’entrée de chaque ville – même petite – quelle tristesse !
Landivisiau est très animée le samedi matin. Nous aurions volontiers fait nos courses dans le beau marché couvert. Nous achetons du pain frais pour accompagner crevettes et langoustines de l’andouille de Guéméné et du boudin.

Saint Thégonnec

Saint Thégonnec  possède un enclos paroissial  monumental. On y pénètre par une Porte Triomphale (1587). Le magnifique calvaire est peuplé d’une multitude de personnages en habits du temps d’Henri IV portant la fraise. Le sculpteur semble s’être beaucoup amusé à leur faire des trognes de soudards ou des cheveux longs de mousquetaires. Face à l’enclos : le Bar du Loup. Le saint patron local, Thégonnec, après que le loup ait dévoré son âne l’avait attelé à sa charrette. Je découvre avec plaisir la petite statue le représentant. A l’intérieur de l’église Saint Hervé est aussi représenté dans ses démêlés avec cet animal.

Dans l’église

Comme l’église de Roscoff et toutes celles que nous visiterons aujourd’hui, l’église possède un beau plafond de boiserie. Elle est vaste, deux nefs partagées par des arcades. La chaire de bois sculpté, peinte et dorée attire tout de suite le regard. Des sculptures des vertus, les angelots dépassent. Bas reliefs, médaillons et guirlandes de fleurs. Tout cela est coloré, un peu naïf, kitsch. Je ne sais plus où donner de la tête entre les boiseries, les colonnes torses, l’Arbre de Jessé, les statues des saints…Comme à Roscoff, je suis ébahie devant une telle abondance de décors dans une église de village. Etonnée aussi de cet art proche du baroque mais en plus naïf. Les oiseaux picorant les pampres de vigne sont de bois et non pas d’or, les couleurs pastel des médaillons trahissent une certaine simplicité.

Guimiliau
Quelques kilomètres seulement nous séparent de l’Enclos de Guilmiliau ,celui qui m’a le plus impressionnée, avec ses 200 personnages peuplant le calvaire. Le panneau représentant l’enfer  m’a le plus amusée : Cattell Gollet, une pécheresse personnage connu ici. Dans le calvaire (1591- 1588)  les personnages narrent la vie de cette époque. Sous le porche deux rangées de saints et d’apôtres nous accueillent, nous n les identifions grâce à leurs attributs traditionnels.
Le baptistère de bois sculpté retient longuement notre attention. Saint Louis a la figure de Louis XIV (pas étonnant, il a été sculpté en  1675) . Le buffet d’orgue  date de la même époque ainsi que la chaire. Comme à Saint Thégonnec,  les retables richement ; colorés représentent les saints locaux : Saint Hervé et son loup, saint Yves patron des avocats entre le riche et le pauvre,Saint Miliau, roi breton décapité. Je me régale de toutes les anecdotes et des détails qui fourmillent dans ces sculptures.

Lampau-Guimiliau

Tout près, encore un Enclos remarquable à Lampau-Guimiliau, village très tranquille plus petit que les précédents, un seul magasin de souvenir, un bar. Tout semble fermé. Il est vrai qu’il est midi. Nous passons encore sous une porte triomphale pour trouver un calvaire. Sous le porche, les mêmes saints nous attendent, Pierre avec ses clés, Simon et sa scie, André et sa croix…A l’intérieur, toujours des lambris peints de bleu, une frise sculptée … Une Poutre de Gloire traverse la nef(16ème siècle) sculptée très colorée.

Sur la route de Commama

Nous avons visité avec beaucoup d’attention ces trois édifices , il est temps de passer à autre chose. Tout d’abord à pique-niquer  en bordure des monts d’Arrée, sur la route de Commana, devant un vaste paysage vallonné, avec des prairies très vertes où ruminent des vaches, nous dégustons langoustines et crevettes.
L’enclos de Commana  nous déçoit, l’église est fermée. Dans le cimetière qui se trouve dans l’enclos, on lave les tombes à grande eau à l’occasion de la Toussaint comme dans Volver  d’Almodovar.
l’allée couverte

allée couverte

Nous tournicotons dans la campagne à la recherche de l’allée couverte de Maugau Vian. De belles dalles de granite d’un  peu plus d’un mètre de haut sont alignées sur 14 m. A l’entrée, un panneau signale des  pétroglyphes : des lances et les deux seins de la Déesse Mère. Je suis sceptique, les pétroglyphes, je ne les trouve jamais ! Et bien si ! Les deux hémisphères sont bien perceptibles ainsi qu’une gravure qui ressemble à une plume.

La tourbière

Tourbière

Du parking part une promenade dans la tourbière – Ouverte de Mai à Octobre – lit on. Un cheminement de planches a été aménagé avec des bornes explicatives. Un korrigan, pour l’amusement des enfants, joue le rôle de  guide. Les explications sont très bien faites, et pas seulement pour les enfants. Des saules et des peupliers se sont installés sur ce qui était une pâture humide. La tourbière est menacée par ce boisement sauvage. Contre toute attente, une tourbière doit être entretenue. Nous traversons donc un petit bois très humide et moussu. C’est à la sortie du bois que  nous découvrons la tourbière proprement dite plantée de végétaux caractéristiques : la Narthécie ou Oxyfrage qui ressemble  à une graminée portant une inflorescence épaisse orange. Un panneau signale des plantes carnivores : droseras que je cherche longuement, sans succès. Sans doute la saison est trop avancée et elles ont disparu. Parmi les Narthécies, bruyères et callunes fleurissent encore. La ¨Plante de tourbière c’est la Sphaigne, plante éponge formant des coussinets en étoile. Les coussinets noyés formeront la tourbe tandis qu’au sommet de nouveaux coussinets cherchent la lumière. Il est écrit que la tourbière joue le rôle de château d’eau. Château d’eau bien plat alors que les crêtes des Monts d’Arrée sont toutes proches !

la lande

ajoncs de la lande

Nous parvenons à la lande. J’ai la surprise d’apprendre que la lande n’est nullement un paysage naturel mais une création  de l’homme à la suite de l’écobuage et du déboisement. Même les ajoncs ne poussent pas ici par hasard ! Avant l’introduction des prairies artificielles au 17ème    siècle on a apporté des ajoncs pour améliorer la qualité des sols granitiques pauvres avant de cultiver le terrain en céréales. L’ajonc était aussi utilisé, broyé, comme litière pour les animaux. Ajoncs et callunes fleurissent en cette fin octobre alors que les fougères aigles sont complètement roussies ayant leur aspect hivernal. Le sentier aboutit à un large chemin d’ardoise qui monte vers les crêtes. En un bon quart d’heure je serais parvenue au sommet si un grillage n’en avait pas interdit l’accès. Une baie rouge, brillante et juteuse roule à mes pieds. Quel est ce fruit semé en vol par un oiseau ? Je découvre rapidement un hou magnifique haut de 4 à 5 m. Un peu plus loin, un pommier sauvage porte des petites boules rousses innombrables : des petites pommes miniatures ! je n’en avais jamais vues. Pour être plus sûre, j’en dissèque une et la goûte. C’est bien une petite pomme mais son goût est infect : âpre et blet à la fois.

Sizun

Dernier enclos : Sizun. La Porte Triomphale est très grande, digne d’un arc de triomphe an tique ou d’une loggia toscane. Le reste de l’enclos est sans prétention. L’ossuaire Renaissance est fermé. L’église ressemble à celles vues ce matin. Nous sommes blasées. Cinq enclos pour la journée, c’est beaucoup ! Nous passons sans nous arrêter devant le 6ème du circuit à proximité de Landivisiau.

Ile de Batz

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Le bac.

Roscoff vu du bac

Au lever du jour, ciel complètement  est dégagé sans un nuage. Toutes affaires cessantes, nous prenons le premier bac pour l’Ile de Batz. Nous comprenons enfin le rôle de la passerelle ce ciment qui enjambe le port : l’estacade. C’est l’embarcadère pour Batz à marée basse. Mais ce matin, la marée est haute, les bateaux de pêche se reflètent dans le miroir de l’eau. Bouées et balises étincellent dans le soleil. Le bac s’appelle l’Ilienne. La traversée coûte 7€ et dure 15 minutes. Nous prenons place à l’arrière et regardons s’éloigner Roscoff. Le clocher complètement évidé semble encore plus aérien et léger qu’hier, les toits plus intéressants.

Au débarcadère : des roulettes

Batz, côté village

A peine avons-nous quitté le port de Roscoff, que Batz s’approche derrière des bancs de roches qui affleurent. Plages de sable, côtes rocheuses, thuyas et pins, pelouses vertes occupent la pointe est.
Le bac aborde sur une jetée en bord de village. Comme sur toutes les petites îles, une noria de tracteurs attend les arrivants. Les chariots, caddies, roulettes se déclinent sous toutes les versions, la plus simple étant le diable. Les caisses plastiques, arrimées avec des sandows sur roulettes.

Un joli village

Bars et crêperies ont des noms de fantaisies. Le Bigorneau Langoureux, aux volets mauves et nombreuses ardoises, a disposé chaises et tables de lattes de bois pour attendre les clients. Les corbeilles d’argent en touffes très odorantes colonisent les murs de pierres. Palmiers et yuccas sont en fleurs. Au sol des capucines rampent.
C’est la morte saison. Bien des volets sont clos. Pourtant, on devine une petite communauté bien  vivante avec sa maison paroissiale, sa mairie et même son collège.

Tour de l’île sur le sentier côtier

le chien de l'île de Batz

Après avoir traversé le village, admiré les jardins, pris maintes photos des petites anses, nous trouvons le chemin côtier. Peu entretenu, plutôt boueux et très mal balisé. Un labrador jaune nous accompagne. Après trois quarts d’heures de marche, nous faisons une courte halte au pied du phare, face aux dernières maisons que je dessine. Le chien nous plante là, préférant suivre d’autres marcheurs. C’est vexant !
A la pointe Ouest, nous voyons enfin la mer ouverte, les vagues qui roulent sur les écueils et qui se brisent en écume blanche. Sous le ciel sans nuage, l’eau est bleu marine. Hier, sous le ciel gris elle était verte.


Le sentier court parmi les ajoncs et les gros rochers de granite. Des chevaux à la longe et une grosse vache rousse verte paissent la belle herbe verte. Sur les rochers, de nombreux goélands, aussi des petits limicoles, des cormorans mais aussi des hérons et de nombreuses aigrettes blanches. Sous nos pas, des passereaux surgissent, un vol de chardonnerets .Les champignons sont monstrueux. Une coulemelle atteint 40 cm. Deux promeneurs en remplissent des sacs.
Vers midi des bancs de nuages arrivent sans altérer l’impression de beau temps. Sur les plages, les laminaires pourrissent sous des vols de mouches innombrables, curieusement peu agressives. Le goémon a une odeur iodée agréable, pas les laminaires !
La côte nord  très découpée et rocheuse, est  sauvage, peu construite. Les champs de choux-fleurs arrivent au ras de l’eau. Certains viennent d’être coupés mais il en reste encore.
Nous avons marché une bonne douzaine de km et obliquons à travers les choux avec le sémaphore pour cap.

marée basse

le pêcheur avec ses appâts

14H45, au village,la mer s’est retirée. Les bateaux paraissent échoués. Il faut parcourir toute la jetée pour rejoindre l’Ilienne qui libère ses passagers venant à notre rencontre : des étudiants revenant pour le week end, des îliens avec de gros paquets de courses dans les supermarchés du continent. La traversée est courte par basse mer. Au bout de l’estacade un bateau de pêche est décoré de fanions rouge et jaunes. A bord, le pêcheur découpe soigneusement des lanières de calmar qu’il accroche à ses hameçons faisant cercle autour d’une sorte de tambour. Que va-t-il prendre avec ces appâts si bien disposés ?

Roscoff, visite de la ville et courses à Saint Pol de Leon

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le clocher de l'église de Roscoff

Une petite route descend vers la mer, un peu chemin creux. Elle traverse les champs de choux et d’artichauts. Nous sommes dans la Principauté du chou Fleur. De grandes feuilles allongées s’épanouissent sur un trognon. Est-ce là le chou fleur ? Je n’oserai jamais le demander à la propriétaire de peur de me rendre ridicule.

De la maison, nous devinons la mer, enclavée dans la baie, parsemée de rochers et de bateaux, barrée par l’île de Batz. Le clocher à clair voie dépasse les habitations. Il nous guide parmi les maisons et les hôtels construits le long du rivage.

Roscoff s’est fait une spécialité de la Thalassothérapie, la balnéothérapie, l’Héliothérapie…et, ce, depuis un siècle. Des grandes bâtisses occupent les meilleurs endroits de la côte. Bâtiments sévères coiffés d’ardoise, aux murs de granite. Ils ne détonent pas comme les établissements modernes de certaines stations.

Aux abords de ces hôtels, le stationnement est difficile. Nous nous ruons sur la première place disponible aux abords de la station biologique. Erreur ! La ville possède de nombreux parkings beaucoup plus proches du centre et du port.

Johnie : vendeur d'oignon en Angleterre, une tradition

Après avoir fait l’acquisition d’une carte de randonnées au 1/25 000ème, nous visitons Roscoff.

L’église

A l’abri, dans son enclos paroissial,le  haut clocher Renaissance  avec des lanternons ouvragés, des gargouilles et des figures de granite, dragons et monstres en saillie, se détache sur le ciel bleu et je ne me lasse pas de le photographier. A l’intérieur, un  magnifique plafond de bois, comme une carène de bateau, peint de bordures colorées. Des statues telles des figures de proues. Le retable est baroque : colonnes torses dorées ornées de motifs végétaux. La parenté avec l’Espagne et le Portugal m’apparaît évidente. La rude vie des marins, des pêcheurs, des gens de mer côtoyant la tempête a réuni Galiciens, Portugais et Bretons, ainsi, que les techniques de construction des bateaux.

Un tourisme chic

maison à Roscoff

Les boutiques ouvrent dans la rue principale proposent des lainages chics, saint James, pulls marins ou kabigs, coupes indémodables, vêtements increvables. Prix élevés. Détaxe possible pour la clientèle étrangère.

Restaurants et crêperies de bon goût. Ici, peu de souvenirs criards d’un tourisme tapageur et bon marché. Peut être l’été, les touristes en marcel ou maillots de foot tranchent- ils sur  la distinction de ces maisons de granite aux lanternons, tourelles et aux monstres sculptés ?

Circuit des abers

 

le port de Roscoff

Le « Circuit des Abers » nous paraît bien fléché. Censé longer le rivage, il disparaît dès la sortie du port. Et nous voici parcourant la même rue dans l’autre sens. Après l’Aquarium (fermé) toujours pas de sentier de douanier. Un escalier permet de descendre sur la grève. Par chance la marée est basse. Nous marchons sur le goémon et les rochers. Je repère des bigorneaux de collection. Après la Thalasso et les cliniques, le rivage devient plus sauvage, le sable blanc accueillant. On s’y installe pour le pique nique.

Je retourne au gîte par la campagne. Très jolie promenade, très tranquille. Les hameaux sont fleuris. Les capucines forment de véritables tapis. Les hortensias ont encore des boules énormes. Beaucoup de maisons sont aménagées en chambres d’hôtes ou en locations saisonnières.

L’après midi, averses fréquentes et violentes qui ne nous empêche pas de nous promener.

St Pol de Léon
Courses au Leclerc de saint Pol de Léon.

Dès que les balises du GR34 sont visibles je descends par une  petite route entre deux hauts murs couverts de polypodes, de mousses et de graminées. Derrière l’un d’eux, un château peut- être ? En tout cas un  petit bois de mimosas
La  mer s’est retirée, les bateaux de plaisance sont affalés sur l’estran. Une promenade est aménagée le long de l’eau. Malgré la pluie battante, on se donne rendez vous sur l’îlot Sainte Anne. Gros rocher émergeant d’une pelouse où poussent des pins parasols magnifiques. Une chaussée carrossable a été construite sur une digue qui se poursuit jusqu’à un centre nautique.

Sur la digue, j’ai une surprise : la mer est parsemée de rochers. Depuis ce matin, nous n’avons pas encore vu la mer ouverte. Devant Roscoff : l’île de Batz. Ici, je ne sais pas où se trouve la mer, la Baie de Morlaix, l’aber. Comment nommer cette grève abandonnée par la marée et jonchée de bateaux ?

Roscoff, un joli gîte, le village les environs

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Notre petite maison de pêcheur

notre gîte petite maison de pêcheurs

Arrivée au soleil couchant, par les lueurs somptueuses d’un  ciel orangé barré de nuages gris. Après la grille d’un manoir, nous découvrons notre petite maison de pêcheur posée sur sa pelouse bien verte aux touffes jaunes d’anthémis. Un  pommier croule sous sa charge de petites pommes vertes immangeables. La barrière de bois,peinte en blanc, délimite notre domaine.

Un très bon accueil
En face, une très  belle maison bretonne à étage, les fenêtres habillées de dentelles laissant deviner cristaux et orchidées.
La propriétaire, une grande dame très bien coiffée, très comme il faut, vêtue de lainage chic. nous explique Roscoff, le gîte… dans un déluge de paroles.
Nous sommes donc très bien  accueillies avec deux beaux bouquets de dahlias jaunes, une bouteille de cidre, une autre de jus d’orange, un paquet de très bons gâteaux bretons et des sachets de thé et de café.
La dame me conduit dans les hangars de la ferme pour chercher du bois de chauffage. Une bonne dizaine de très gros engins, des murs de palettes et de cagettes sont rangés là. Le gîte est situé sur une très grosse entreprise maraîchère. Face à notre maison une série de serres de verre.
Sur la table, une orchidée rose s’écroule sous une floraison abondante. Comme je la complimente, la dame me fait un cours de soin d’orchidées.J’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas faire avec celle que Roberte nous a apportée : remplir le cache-pot à ras bord pour les vacances !

le gîte, le soir

Bleu et jaune

La maison est décorée dans un ensemble de jaune et de bleu. Bleues les fenêtres, les tringles des rideaux, le canapé rayé de blanc, les cadres des photos. Jaune à motifs marins bleus, les rideaux, la nappe, d’autres cadres, les fleurs. Jaune et bleue, la vaisselle…de très belles photos grand format illustrent la Bretagne, ses hortensias, ses voiliers, ses goélands…
Le mur du fond aux pierres apparentes,  grande cheminée d’angle avec son âtre surélevé de 80 cm. Un bar, étrange installation dans une si petite maison, permet de cacher nos sacs innombrables. Les autres murs sont chaulés. Le plafond et les cloisons sont lambrissés ainsi que la chambre à coucher.

Peste&Choléra – patrick Deville

 

 

 

 

 

 

Yersin , depuis notre séjour à Nha Trang,  fait partie de mon Panthéon personnel. J’attendais avec impatience de lire sa biographie. Livres ou films trop désirés, trop attendus, réservent parfois des déceptions. J’ai donc ouvert le livre de Deville avec une certaine appréhension..

220 pages,  des chapitres courts, quelques pages, parfois deux. C’est un livre  concis. Le titre symbolise bien le style : Peste&choléra sans articles, sans conjonction de coordination. Rien que &. Phrases courtes, parfois sans verbe. L’essentiel. Rien de superflu.

Le personnage de Yersin a sans doute  inspiré ce style sobre. Protestant de Morges, taiseux,   Yersin est resté deux ans seulement auprès de Pasteur, deux ans médecin de marine, explorateur-cartographe ethnologue chez les Moïs et les Sédangs, découvreur du bacille de la peste à Hong Kong, planteur d’hévéa, de quinquina, amateur des premières automobiles…. Yersin est passé d’une activité à une autre avec  le même brio sans s’y attacher. Avec élégance, sans fioritures.

 

 

J’ai d’abord regretté que Deville ne s’attarde pas davantage sur les expériences : Yersin a isolé la toxine diphtérique, mais comment ? Je suis frustrée. J’attendais des protocoles expérimentaux, comptes-rendus Ce n’est pas le propos de l’auteur. Pour la découverte du bacille de la Peste Yersinia pestis, la découverte que retiendra la postérité, il est un peu plus disert, à peine.

La lecture de Peste &Choléra requiert une attention soutenue.  Racontant la longue vie de Yersin , l’auteur procède par flash- back, le vieil homme en 1940, de retour vers Nha Trang, se souvient-il ? Le lecteur dispose d’indice pour se situer dans la chronologie. Congrès de Berlin, affaire Dreyfus, Exposition Universelle, il faut dater soi-même les évènements, les chiffres auraient sans doute altéré la sobriété du style. Parfois l’auteur se met lui-même en scène, introduisant ainsi des anachronismes, si on n’y fait pas attention. Jeu intellectuel qui requiert la participation du lecteur.

Si le récit est avare en détails pittoresques, en revanche interviennent de nombreux personnages de premier plan qu’on a plaisir à rencontrer : les pasteuriens bien sûr, le Commandeur, pasteur, lui-même, mais aussi Roux, Calmette, et de nombreux autres. Avec Paul Doumer il fonde Dalat. Plus inattendus, Livingstone, l’explorateur-modèle, Rimbaud…mais aussi la « bande » des sahariens, ou celle des parnassiens, quand Yersin était à Paris avec Pasteur, celle des artistes de Montparnasse, beaucoup plus tard. Lyautey et Ho chi Minh… Et même ce pasteurien que fut Destouches – alias Céline.  Du Second Empire à la Seconde Guerre mondiale, toute l’histoire défile sous les yeux de cet original que fut Yersin. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

C’est aussi un voyage, Yersin, médecin de marine, marin comme Loti a navigué sur la mer de Chine, entre Saigon, Manille ou Haiphong.  Médecin de la Peste, il a soigné à Hong Kong, Canton Bombay, mais surtout héritier de pasteur, il a présidé aux destinées des nombreux Instituts Pasteur éparpillés entre Brésil, Australie, Europe et Asie.

Comment reprocher alors à Deville de ne pas avoir consacré plus de place à l’expérimentation en bactériologie ?

lire aussi la critique ICI

 

Anima – Wajdi Mouawad

Incendies, le film m’avais éblouie dans sa fulgurance. J’ai vu la pièce après et ,j’ai été aussi scotchée que si je la découvrais.

« – Dites -moi, vous n’auriez pas vu passer un homme blessé à la figure?[….]

C’est un meurtrier.

– Nous sommes tous des meurtriers, tu ne le savais pas?

Non […..]Nous sommes tous des meurtriers mais certains choisissent de l’être. C’est tout. Un homme en tue un autre. Et alors? Est-ce qu’un homme n’est pas un animal?…. » dit FELIS SYLVESTRIS CATUS, le chat

Felis sylvestris catus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le roman, Anima, s’ouvre sur un crime atroce. Cela aurait pu être un roman policier. Qui peut être capable d’une telle sauvagerie?  On découvre dans les premières pages l’identité du meurtrier. Cela aurait pu être le roman noir de la traque du mari, traque dans les forêts canadiennes, les grands espace de l’Ouest américain, Illinois, Missouri, Nouveau Mexique….road movie

« Donc . Réfléchis. si un homme est un animal et que, suivant les croyances des Indiens, chaque humain a un animal comme symbole de cette part invisible de son être magique, sa poésie, son totem, pourquoi l’homme en tant qu’animal, ne pourrait être cela pour son semblable en tant qu’humain? Et si cela est possible, il existe une probabilité qu’un homme tuant un homme tue aussi son propre totem. Ou l’inverse : le totem tuant sa part humaine…. »

C’est un roman choral. Les voix des témoins, les animaux, nommés par leur nom latin, animaux sauvages, moufette ou corbeau, animaux domestiques, chien, chats mais aussi, abeille araignée ou luciole, s’entremêlent et racontent la traque. L’intervention des animaux m’a interpellée. J’ai d’abord vu un regard diffracté, un peu comme l’œil à facettes des insectes, une manière de faire intervenir des odeurs, l’odeur de la peur colorée pour le chien, les signaux de détresse perceptibles par les animaux, auxquels nous sommes insensibles.

grus canadensis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis, j’ai pensé que ces animaux répondaient à la forêt canadienne, à la culture des Mohawks.

« La grue. comme celle que tu nous as apportée : Grus canadensis. Teha’no htetsihs en langue Wendat. Tu ne peux pas savoir, toi, la vision que tu as été pour nous. on t’a vu au bout de la route et je me suis dit que c’était le grand esprit en personne qui débarquait chez nous avec le miroir de nos Nations dans les bras : meurtries mais vivantes. [….] Tu nous offres la chance de guérir un oiseau sacré. Pour Jackson , pour Shelly, pour moi, c’est l’oiseau de nos parents, même si nos enfants ne savent même plus la distinguer d’un héron  ou d’un canard. Je n’ai jamais vu Sabra et Chatila, mais tu as eu raison de dire que nous sommes comme des frères puisqu’on se rencontre aujourd’hui à travers le même oiseau et un frère, on a envie de lui offrir quelque chose qui soit aussi fort que ce qu’on a offert. »

Cette explication ne tient pas longtemps, la plupart des animaux qui interviennent sont des animaux domestiques (si une araignée ou une abeille peut être considérée comme domestique….)

« les abeilles portent l’âme des morts »

 

 

 

 

Enfin, cherchant une explication au titre Anima, l‘âme, en contrepoint, j’y ai trouvé la présence des animaux, dont nous nions la possession d’une âme (sauf les Indiens justement). Le corbeau qui dévore les entrailles et les embryons d’un rongeur écrasé sur la route, la mouffette qui protège l’homme en projetant ses sécrétions puantes, sont-ils moins doués d’une âmes que les humains qu’on rencontre dans le roman? Le loup, qui choisit de deviner chien de l’homme qu’il a sauvé, est-il l’âme d’autres « loups pour l’homme » bien bipèdes et capable de parole?

Anima est un roman borderline, entre humanité et animalité, entre crimes monstrueux et solidarité, traversant les frontières géographiques comme celles des civilisations ou des religions, des exils indicibles. Fraternité inattendue  des nations autochtones et des Palestiniens de Sabra et Chatila. Il traverse aussi les langages, passant du français canadien, qu’on a envie de lire avec l’accent québécois, à l’anglais et à l’arabe libanais.

« .…je suis né d’un massacre il y a longtemps, ma famille a été » saignée contre le mur de notre jardin, et aujourd’hui, des années plus tard, à des milliers de kilomètres de là, la mécanique du sang semble remise en marche. [……] C’est ccomme un macabre jeu de piste qui se joue sur la Terre d’Amérique ou d’autres que moi, Indiens, colons, nordiste ou sudistes, ont traversé les mêmes carnages et je commence seulement à le pressentir….. »

Le meurtre a réveillé le souvenir d’autres meurtres, d’autres massacres, et par delà la poursuite s’ensuit une quête de la mémoire de l’exilé. Il n’est pas possible de résumer en quelques lignes ce roman complexe : il faut le lire.

 

La Pirogue film sénégalais de Moussa Toure- avec Souleymane Seye Ndiaye, Laïty Fall.

FESTIVAL SENEGALAIS

Entre 2005 et 2010, 30 000 Africains ont tenté leur chance sur des pirogues. 5000 ont péri en mer, c’est un film qui leur est dédié, dit le générique. Rien que pour cette raison il faudrait voir ce film.

mais ce n’est pas un documentaire, c’est du vrai cinéma avec des personnages forts, les héros, le capitaine, le passeur, mais aussi les personnages secondaires qui ne sont jamais des figurants et qui sont si différents. Sénégalais, Guinéens, Peuls, musulmans ou animistes, jeunes rêvant de musique, de football ou de bonnes fortunes, mais aussi un pêcheur infirme qui fait le voyage pour se procurer une prothèse, des hommes et des femmes si forts, si dynamiques, si vivants…

 

Une mise en scène soignée nous offre aussi du spectacle. Spectacle de lutteurs en introduction, tempête, et belles images des campagnes qui hantent les têtes des passagers, baobabs ou vaches peules aux cornes si gracieuses.

 

Ne pas spoiler! C’est un vrai beau film avec une histoire très prenante. Arriveront-ils? Réussiront-ils à accomplir leurs rêves. Il faut aller voir le film.

Reality film de Matteo Garrone

TOILES NOMADES

Survol de la baie de Naples, Vésuve, banlieues, cultures sous plastique… sur une route de jolis pavés anciens un carrosse tirés par deux chevaux blancs  arrive dans un château de contes de fées : total kitsch d’un « mariage de rêve »,  béni par une star de la télévision héliporté limousines, robes de lamé et matrones à la poitrine opulente, on se croirait dans un film de Fellini.

Changement de décor : un palazzo 17ème siècle en ruine, escalier magnifique, démaquillage, une vraie cour des miracles, ce serait plutôt Affreux, Sales et méchants. Nous sommes à Naples, misères et splendeurs!

Sordide trafic de vente et revente d’un robot ménager aussi imposant que ridicule. combinazioni! Inénarrable scène dans une église merveilleuse d’intimidation d’une vieille cliente récalcitrante. La poissonnerie de Luciano  est sur une place de marché haute en couleur, les praires crachent des jets d’eau de mer, Luciano vante sa marchandise.On s’y croirait! Bruits et odeurs!

Le marché a perdu son prestige, c’est dans un centre commercial que la famille de Luciano va se promener, c’est aussi là qu’a lieu le casting du Grande Fratello – émission populaire de téléréalité – loft et paillettes berlusconiennes. Luciano à force de bagout réussit à passer deux étapes de la sélection. Les mirages de la télévision tournent  la  tête de Luciano.  Tout le quartier soutient son héros télévisuel. L’un d’entre eux va devenir célèbre! Luciano vend sa poissonnerie.

Au dernier moment, quleque chose bascule, un autre sera appelé. « Never Give Up » est le mot d’ordre de la star de la télé qu’on a rencontré au mariage. Ce sera celui de Luciano. incapable de surmonter sa déception, il poursuit son rêve en s’abrutissant devant l’émission. Famille, amis tente de le ramener à la réalité. le mirage est trop puissant. La fin est étrange…la farce a cédé la place à la vacuité de l’idéal télévisuel, une séquence d’une émission télévisée a même des allures d’enfer .

Lire également la critique de cinéma de la lune ICI