la Madalena do mar/ Cabo Girao

CARNET DE MADERE 2022/2023

La côte sud vue de la route ER 229

Dernier jour des vacances : temps des révisions ! C’est aussi l’anniversaire de Dominique que fêterons avec un déjeuner dans un beau restaurant au bord de la mer.

Nous avons choisi de retourner à La Madalena do Mar et au petit village de pêcheurs qui nous avait émerveillées au début de notre séjour. Il fait un beau soleil. Pour éviter les tunnels de la fastidieuse ER 101, nous avons trouvé la petite ER 229 qui tortille en corniche jusqu’à Ribeira Brava entre bananeraies et maisons fleuries, jardins de légumes (choux surtout) et tonnelles de vigne. En cette saison hivernale les feuilles de vigne ont des teintes pourpres contrastant avec le vert vif des bananiers. Dans ces routes tranquilles, notre vitesse de croisière permet d’inventorier les arbres des jardins : agrumes, surtout citronniers aux petits citrons bien jaunes, anones aux feuilles arrondies, faux poivrier, frangipanier avec des fleurs et d’autres que je ne sais pas identifier.

l’église de Ribeira Brava

Nous nous arrêtons au Miradouro do Forte à l’entrée de Ribeira Brava, je tente une photo du paysage avec strelitzias en premier plan.

au marché

Nous avions traversé Ribeira Brava sous la pluie au 1er janvier. La petite ville est beaucoup plus animée aujourd’hui sous le soleil. J’entre au marché : pas de poisson ni de viande mais, alignés dans des cageots et des cartons tout un échantillonnage des tubercules poussant sur l’île : pommes de terre de tous calibres de moyen à énorme, ici la grenaille ne fait pas recette. Taros appelés aussi madère ou racine-madère, ignames, patates douces. Plus loin : les fruits . Les oranges viennent d’Algarve sont au prix de 0.85€/kg alors qu’elle se vendent 1.25€ dans les petites boutiques et 1.65€ en supermarché, bien sûr les inévitables petites bananes à divers stades de maturation, des pommes, des goyaves , des anones et papayes de Madère, des fruits de la passion beaucoup plus chers (Brésil) , mangues et des ananas (provenance non indiquée) et un étrange cylindre vert sous plastique noté ananas ( ?). Les petites rues pavées sont bordées de magasins de souvenirs : beaux pulls tricotés main, pas chers du tout mais encombrants, maillots de foot, sacs et ceintures en liège et diverses cochonneries voyantes. Les boutiques de mode sont désuètes ; Madériens et Madériennes ont-ils conservé la mode des années 60 avec de grands manteaux de laine, des jupes droites sombres et des pulls bien sages ? je retourne à l’église dans l’espoir qu’on aura éteint les guirlandes qui éteignent les couleurs des peintures. Pas encore, l’énorme crèche est bien là. Les personnages sont en bois sculptés c’est plus beau que le plâtre des crèches géantes qui sont au carrefour (3  sur un même rondpoint).

Bananeriaies à La Madalena

Un tunnel plus loin, nous sommes près de Ponta do Sol, encore un tunnel et nous trouvons La Madalena do Mar. Les pêcheurs sont bien là, les cueilleurs de bananes font une pause devant une belle maison ancienne. J’arpente la digue jusqu’à la falaise sous un chaud soleil la mer est plus tranquille que la première fois. Il y a deux restaurants sur le bord de la route, une taverne plus colorée et un restaurant plus élégant avec de beaux parasols sur les tables dans un jardin. Dominique réserve la meilleure, au coin. Nous commandons comme d’habitude : un steak de thon et un espada (poisson-sabre) à la banane. Les garnitures variées sont très abondantes, haricots, pois chiche, petits pois  et champignons crus. Et surtout le cadre est très agréable.

Repas d’anniversaire

16h30 : soleil au balcon.

Cabo Girao : falaise 585 m, au loin Funchal

Pour le coucher de soleil, je monte à 17h45 au Miradouro de Cabo Girao. 585 m au-dessus de la mer. On a ménagé une plateforme de verre, Skywalk, attraction payante à l’origine, très vantée sur les guides, « incontournable » de Madère »Attention au vertige ! « pour appâter le client.

skywalk

Heureusement c’est gratuit, le plancher de verre n’est pas vraiment transparent on a imprimé de petits points, aucune sensation de vertige mais une foule de touristes qui encombrent, des perches à selfies. Ce serait sûrement le meilleur endroit pour voir le coucher du soleil si une barre nuageuse ne s’était pas invitée au dernier moment. Il y a aussi un téléphérique qui permet d’attendre la petite plaine cultivée.

Cabo girao : la nuit tombe sur Funchal

 

 

journée miradouros de la montagne

CARNET DE MADERE 2022/2023

les sommets dominant Faja dos Cardons

J’écris sur le balcon de l’appart’Hôtel du Cabo Girao : large balcon meublé d’une table carrée avec trois chaises et deux chaises-longues, face à la mer. A la réservation sur Booking.com je n’avais pas commandé la « sea-view ». Hier on nous l’a attribué gracieusement pour éviter des marches. La résidence est composée de 6 bâtiments de 3 étages avec 4 appartements par niveau dans un environnement vert et fleuri. De hauts palmiers, des yuccas dépassent des buissons de lantana, lauriers-roses, poinsettias, aloès rouges qui donne une touche très gaie. Il y a aussi d’épaisses touffes d’agapanthes qu’il faudrait imaginer fleuries au printemps.

L’appartement est très vaste : la pièce à vivre a une cuisine très bien équipée, un vaste canapé face à la télévision. La chambre est presque aussi grande avec des tables de chevet et des rangements. Les murs sont ornés avec goût : belles lithographies, rideaux aux motifs végétaux. C’est parfait dans le style international des hôtels 4*. Il y a même un porte serviettes chauffant bien utile pour notre petite lessive.

Faja dos cardos

Au-dessus de Câmara de Lobos, l’ étroite vallée du petit torrent Ribeira dos Socorridos s’enfonce dans la montagne. La route ER 107 qui s’y enfonce se termine en cul de sac à Fajà dos Cardos tout près des sommets qui culminent à 1727 m. Un long tunnel de plusieurs kilomètres précède Curral das Freiras. Des travaux dans le tunnel et la présence de plusieurs camions ralentissent le trafic. Quand nous arrivons au bout de la route à Fajà dos Cardos nous découvrons un énorme chantier tout un flanc de la montagne est consolidé, la route regoudronnée. Les camions qui nous précédaient ont livré une énorme grue. J’imaginais le coin perdu, sauvage…le chantier a eu raison du calme et de la poésie. Je me promène dans le village sous les sommets. La spécialité locale est la culture de la cerise. En altitude les cerisiers se plaisent. Les maisons sont très soignées ; les pots de fleurs sont alignés sur les murets et sur chaque marche d’escalier. Je découvre une très grande sauge bleue, un bassin fleuri. Les sommets sont très proches : coniques, pointus, rocheux.

Faja dos cardos

 Curral das Freiras – 2000 habitants se trouve encaissé dans une cuvette à 640 m d’altitude. Très touristique, il est envahi par les cars, les minibus, les taxis et les voitures. Les marchands de souvenir tiennent le haut du pavé, les restaurants pour touristes, aussi. Ce village isolé, enclavé dans ses montagnes a donné refuge aux religieuses du couvent Sainte Clara après les razzias des pirates ce qui a donné le nom à la paroisse. J’attendais plus de charme au village. Le tourisme a tout gâché. L’église est encore illuminée de guirlandes qui éclipsent même l’autel. Les peintures au plafond sont récentes (1950). Des visiteurs font la queue pour visiter une crèche géante. Je commence à en avoir assez de ces crèches. La spécialité est la châtaigne et le gâteau à la farine de châtaigne.

Eira doSerrado

A la sortie du long tunnel, une petite route monte au Belvédère d’Eira do Serrado (1095 m)d’où  on découvre le site de Curral das Freiras : cuvette entouré de pics impressionnants. Une route descend, Le chemin des nonnes ; J’aurais beaucoup aimé le faire mais je ne peux pas imposer à Dominique la corvée d’un nouvel aller-retour dans le long tunnel  . De l’autre côté on voit la mer et Funchal. Un très grand parking précède un hôtel-Restaurant. Toutes ces constructions seraient rébarbative si je n’avais pas trouvé un chemin pavé et un escalier qui mènent à un autre belvédère, en retrait, plus intime qui surplombe le village mais aussi une autre vallée très resserrée et quelques maisons accrochées à un éperon rocheux ; la petite promenade s’effectue en procession derrière les autres touristes.

Curral das Freiras vu de Eira do Serrado

Après avoir exploré cette vallée, il nous reste encore d’autres points de vue à découvrir.

Pique-nique au-dessus de Câmara de Lobos au Miradouro Pico da Torre : une colline aménagée avec une croix célébrant la fondation de Madère (1140), non loin une antenne, inévitable cône de lumière XXL pour les illuminations de Noël. Le soleil brille, la petite baie de Churchill est jolie avec ses barres volcaniques qui protègent l’entrée du port.

miradouro dos Namouradps 

Retour dans la montagne au-dessus de Jardim da Serra au miradouro da Boca dos Namourados (580 m)situé sur l’ancienne route piétonne des pèlerins qui se rendaient à Curral das Freiras. Les gens du comté s’y réunissaient avec des tentes, de la boisson et de la nourriture. A l’origine de ce nom : un garçon, Pero, tombé amoureux d’une jeune fille Inez. Nous faisons confiance au GPS qui choisit les plus petites routes qui grimpent tout droit à l’assaut d’une pente insensée. La pauvre Twingo jaune a grimpé en première. Le pire le Caminho velho qui, comme le suggère son nom, n’est pas une route mais un étroit chemin entre deux murs. Le belvédère est tout simple, pas de béton, tout juste trois barbecues en pierre avec un toit de tuile. Deux hommes éventent un feu de bois avec des cartons. Sur le plan de travail ils ont posé un faitout ; leur déjeuner est pantagruélique : viande de bœuf sur les grandes brochettes de bois ensuite des saucisses. D’autres hommes arrivent, ramassent du bois, puis trois motards. Qui a dit que les grillades étaient un mode de cuisson masculin ?

 

1er Janvier 2023 : Vers le sud – Ribeira Brava – Câmara de Lobos – Cabo Girao

CARNET DE MADERE 2022/2023

Camara do Lobos : port

Nous quittons la Quinta sous une faible pluie par la route de Sao Vicente que nous connaissons bien maintenant. Pour éviter les tunnels de la VR4 qui traverse l’île du Nord au sud, nous suivons la flèche Encumeada sur ER 228. Dominique redoutait le brouillard au col. C’est une pluie battante qui s’abat. Au moins on voit le paysage, les montagnes pointues, les forêts épaisses.

Je tente une sortie, sous cape, au Parque Forestal de Chao do Louro d’où partent des balades d’environ une heure. La pluie redouble, je m’abrite sous un arbre. Des torrents ruissellent sur la route. Je remonte en voiture.

Boca da Encumeada

Boca de Encumeada 1007 m. Plusieurs randonnées partent col. On s’arrête pour désembuer les parebrises de la voiture. Pas question de sortie à pied. Derrière des rideaux de pluie, le paysage ressemble à des tableaux chinois à l’encre: des sommets se découpent en silhouettes, les crêtes se succèdent, noyées dans les brumes. 16 km pour atteindre le niveau de la mer : la route descend très raide.

La pluie a cessé quand nous arrivons à Ribeira Brava : gros village autour d’une église ancienne(XVIème siècle) dont le campanile est coiffé d’un damier bleu et noir. Les décorations de Noël ont envahi la nef, le feu brille de mille ampoules éclipsant retables et tableaux. Je cherche les éléments de décor manuélins(Manuel 1er 1469-1521) signalés dans le guide Géo. Seules les arches gothiques ont échappé aux guirlandes électriques. Pourtant les lustres aux pendeloques de verre auraient suffi ! les peintures de l’école flamande sont ternies par un tel éclairage. A l’arrière de la place, la petite ville est bien vivante.  Quelle activité ! Après le feu d’artifice de Funchal je pensais que tout le monde dormirait.

De l’autre côté de la rivière canalisée, on a aménagé une belle promenade plantée de verdure, doublée d’une piste cyclable. Certaines portions sont couvertes par un toit de ciment porté par de solides piliers cylindriques : la montagne est fragilisée, pierres et blocs menaceraient les promeneurs. La circulation automobile est réduite et en sens unique (Punta do sol vers Ribeira Brava) l’inverse dans un tunnel. Je parcours d’un bon pas la digue dans le fracas des vagues.

Dominique a trouvé dans le guide Géo l’adresse d’une pâtisserie qui confectionne des feuilletés au poivrons délectables, à Câmara de Lobos à 15 km vers l’est. Nous cherchons à coller le plus possible au rivage en suivant les petites routes. C’est une promenade à petite vitesse très agréable entre jardins, maisons fleuries et petites bananeraies. La côte sud est très construite avec des maisons anciennes petites, des villas contemporaines et de grosses maisons. Toutes ont vue sur mer et son fleuries mais elles mitent le paysage agricole.

Vers Campanario nous nous en remettons au GPS : il est 12h30 et la pâtisserie ferme selon Google à 13h. Nous arrivons à 12h45 devant la pâtisserie fermée (vacances, travaux ou fermeture définitive ?) Après un grand détour nous trouvons une place dans le grand parking à l’arrière du mignon port de pêche. Des énergumènes jouent les placiers. On leur donne volontiers la pièce puisque le parking est gratuit le dimanche.

Câmarade Lobos vue de la promenade

Câmara de Lobos est pittoresque. Les barques coloriées sont hissées sur le ciment : bleues, blanches, jaunes, elles sont du meilleur effet. A l’arrière, sur les quais, des maisons anciennes blanches ou jaunes aux toits de tuile à quatre pentes sont occupées par des restaurants avec des terrasses qui nous tentent. Ce serait si agréable de profiter de l’animation du petit port sous le soleil qui est revenu ! Deux snacks, deux restaurants classieux. Ces derniers, très chers, sont vides. Les snacks sont pris d’assaut. Nous finissons quand même par trouver une table à notre convenance mais voilà que nous sommes transparentes, le serveur ne distribue pas de menu. Je vais en chercher un sur une table voisine. Les prix sont illisibles et ressemblent à ceux des stations-services en panne de carburant 000 ou 888. Ce qui est proposé ne nous plait guère. Cela pue l’attrape-touriste. Au bout d’un quart d’heure on se lève et personne ne nous rappelle.

Nous mangeons la pizza de Theresa de Boaventura assises sur les banquettes en pierre d’une placette ombragée par un bel olivier. Une foule de touristes y arrive par un escalier qui conduit à des quartiers anciens de petites maisons cubiques et à des ruelles. Sur la corniche repeinte en rouge-sang une belle promenade conduit à Funchal.  Le  Four à chaux est une imposante pyramide dont l’entrée est gardée par un dragonnier. On arrive à une cimenterie. La promenade est alors sur une passerelle directement sur l’eau. Si l’environnement industriel n’est pas très poétique la présence des vagues qui se fracassent sur les rochers fait plaisir ;longer le rivage :  plaisir rare à Madère !

Câmara do Lobos four à chaux

De  retour à Câmara de Lobos, à l’arrière des terrasses du port je parcours un gros bourg en pente dominé par l’Igreja Matriz de Sao Sebastiano érigée en 1426 agrandie au XVI et XVII, très baroque et toujours envahie par les décorations de Noël et une crèche monstrueuse. Je redescend ensuite vers la Baie de Churchill , Churchill en bronze est assis palette à la main en trin de peindre à l’entrée d’un restaurant.

Cabo Girao : hôtel résidence

Notre nouvelle étape : Cabo Girao est une résidence hôtelière située sur la célèbre falaise

Levada do Rei – Moulins- Boaventura –

CARNET DE MADERE 2022

Levada do Rei

PR 18 levada do Rei – N°25 Rother, décrite également dans Alltrail.

Départ en face du snack Levada do Rei, au-dessus de Sao Jorge , hameau Achada da Felpa . le GPS connait  « Levada do Rei », il suffit de se laisser guider.

Petite grimpette jusqu’à la citerne où aboutit la levada, puis le sentier qui suit la levada est bordé d’agapanthes puis passe sous des eucalyptus.

La randonnée est facile, le sentier parfois large parfois très étroit : une mince bande de ciment. Il est tellement bien sécurisé que je n’ai pas vu quel endroit aurait pu être vertigineux. De même ils m’ont effrayée avec le passage sous la cascade qui aurait pu être glissant, si bien que j’avais décidé de faire demi-tour juste avant la cascade. Je suis un peu fâchée de m’être inquiétée pour rien.

Je suis partie à 8h45. Tôt le matin, je marche précédée par la bergeronnette des ruisseaux au vol caractéristique, ventre jaune, longue queue qui bouge (on l’appelle aussi Hochequeue). Au sol, les pinsons sont très familiers et ne s’enfuient pas à mon approche. J’ai même rencontré le tout petit roitelet de Madère avec sa petite calotte jaune. Un gros papillon a l’abdomen gonflé et soyeux, gris volète autour de moi. Clapotis de l’eau, cris d’oiseaux. Je marche vite et découvre de belles échappées. Seul regret : les végétaux que je n’ai pas eu l’occasion de déterminer. Plantnet ne m’a pas beaucoup aidée. Si j’avais rejoint une excursion avec guide, il aurait pu me montrer les Tils dont je n’ai vu le nom que dans les livres. Le petit tunnel est bien trop court pour nécessiter une lampe frontale. La cascade, pas assez abondante pour me tremper. Quant aux dalles glissantes, on a prévu un câble pour s’assurer. Je termine donc la promenade au petit torrent : Ribeiro bonito. La fin se déroule dans l’obscurité de la forêt de laurissylve touffue, sombre.

Rio bonito

Au retour, je croise quelques randonneurs, polis, courtois, les croisements d’effectuent sans problème. Un groupe d’Espagnols écoute les explication de leur guide. Au pire endroit, là où le sentier est réduit à un étroit ruban de ciment, un groupe d’Allemands vient à ma rencontre. Je m’éfface en sautant de l’autre côté de la levada ; Leur guide me rappelle : elle va tester son groupe en lui demandant de se mettre à cheval, un pied sur chaque rebord de la levada en me laissant un cheminement confortable.

Double moulin

Je rentre après 2h45 pour 12 km. Il est à peine midi ; Nous descendons jusqu’aux deux moulins à eau. Le premier actionne une scierie, mais c’est fermé. Rien à voir. Le second est u n moulin à grain. Des meules blanches sont adossées aux murs, exposées le long de la route. A l’intérieur : un double moulin encore fonctionnel que le meunier actionne pour moi. Le premier pour le maïs qui est cuisiné pour la polenta et pour le milho frito, cubes spécialité de Madère. L’autre est pour le blé ensaché dans des sacs de tissu.

Nous sommes retournées déjeuner à Penalti comme nous l’avions promis à Theresa et son fils. Les brochettes sont toujours succulentes et Dominique commande une pizza bien garnie. Ce soir pour le Réveillon de la Saint Sylvestre, tout Madère se retrouvera à Funchal au Feu d’artifice, le plus beau d’Europe ! Le premier janvier, traditionnellement les familles déjeunent ensemble, parfois au restaurant.

Le village de Boaventura

Le mauvais temps annoncé n’est pas arrivé. Nous retournons à Sao Vicente pour une promenade à pied sur l’ancienne route côtière (ER 101 antigua) fermée à la circulation automobile. Près de Punta Delgada, je comprends pourquoi on l’a fermée : d’énormes blocs se sont détachés, la chaussée est fracassée par endroit écroulée. Je marche en écoutant les vagues.

Nous terminons la journée au Miradouro du cimetière de Boaventura, mon village préféré.

Avec le collectif du Lac de Créteil : balade de sciences participatives et citoyenne

TOURISTE DANS MA VILLE

L’hôtel de ville vu derrière la roselière

Comme chaque fin janvier le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade guidée au Lac. Convivialité occasion de rencontrer des spécialistes : ornithologistes, entomologistes, urbanistes, jardiniers-paysagistes selon les années.

le site de Seine Amont et les gros yeux de JR sur les digesteurs

Cette année c’est le SIAAP (service public de l’Assainissement des eaux) qui ouvre la séance. La station d’épuration de Valenton (site Seine-Amont) traite les eaux usées (et pluviales) . Deux filières : eaux traitées et déversées dans la Seine, et valorisation des boues (agricole et énergétique avec production de biogaz dans les digesteurs décorés par JR) . Le service environnement est soucieux des nuisances olfactives éventuelles et recrute sur Créteil des Jurés de nez volontaires capables d’alerter de mauvaises odeurs éventuelles. Le site du SIAAP es très étendu (71 ha dont 12 ha d’espaces verts où vit une faune sauvage variée : hérissons, lapins, renards….

A l’occasion, le délégué du SIAAP nous signale le fléau des lingettes qui gêne l’épuration des eaux avec le slogan « pas de lingettes dans les toilettes ». 

Ce dernier week-end de janvier est également le Week end de Comptage des oiseaux des jardins comptage des oiseaux très communs que chacun peut faire sur son balcon ou son jardin en une heure. Avec ce comptage participatif, un grand nombre de données collectées par le Muséum d’Histoire Naturelle, sera un indicateur des tendances de la biodiversité

Ces sorties organisées par le Collectif du Lac de Créteil sont des occasion de science participative. Au printemps 2022, avec I-naturalist , nous avions participé à l‘inventaire de la faune et de la flore. Participer à ce genre de programme est tout à fait enthousiasmant. Chacun à son niveau peut apporter sa brique à la construction de la banque de donnée. Maintenant la science sait utiliser ces observations en très grand nombre (big data).

Dans le même esprit, les entomologistes de l’OPIE (office pour les insectes et leur environnement)sont venus avec leurs brochures mais aussi avec leurs outils de travail : filet « trouble-eau », pinces, loupes pour pêcher les chironomes du lac.

Les chercheurs de LICHEN-GO! avec loupes, clés de détermination et grillages font un inventaire des lichens , indicateurs de la qualité de l’air. On peut ainsi apporter ses observations au projet PARTICITAE (observatoire de recherche et dispositif participatif de l’environnement urbain). Ils ont distribué le Protocole que chacun peut suivre pour participer au dispositif. 

La grippe aviaire étant signalée sur le Lac de Créteil, nous avons évité le débarcadère où se rassemblent les bernaches qui quémandent du pain des habitués du nourrissage. Occasion de répéter que le nourrissage avec du pain est tout à fait nocif pour les oiseaux sauvages : très pauvre en nutriment, ce n’est pas un bon aliment pour eux, la mie a tendance à gonfler dans leur appareil digestif et à causer des gênes aux anatidés. C’est très difficile de faire passer le message. De nombreuses personnes sont heureuses d’attirer autour d’eux les oiseaux. Pour d’autres, l’impression de faire une « bonne action » en ne jetant pas le pain, a des origines presque religieuses.

A l’arrière du NOVOTEL j’ai découvert la plantation d’une douzaine (peut être plus) de jeunes arbres. Les forêts urbaines sont à la mode! Nos édiles se vantent du nombre d’arbres plantés dans la commune et en font un argument de leur action environnementale. Encore faut-il respecter les grands arbres et ne pas les abattre quand ils sont « gênants » « malades » voire morts. Un jeune arbre ne remplace en rien un jeune. Un arbre c’est une communauté végétale et animale, de champignons, bactéries, insectes, oiseaux spécifiques. Si on remplace un arbre par une autre espèce on risque de perdre l’oiseau qui lui est inféodé : si on supprime un aulne, on perdra également le tarin des aulnes, si on coupe les phragmites on perdra le bruant des roseaux…. le saule ci-dessus a l’air en mauvais état mais on constate qu’il héberge de nombreux hôtes qui ne viendraient pas dans les « hôtels à insectes » (image attrayante en greenwashing). D’ailleurs l’arbre creux ne vit pas du bois du centre du tronc mais de l’aubier en périphérie et l’on voit bien que les rameaux sont tout à fait vivants.

A ce propos un intervenant de Saint Maur vient plaider pour le vieux chêne de Saint Maur , arbre remarquable, ayant posé pour des cartes postales, menacé par un promoteur qui a obtenu un permis de construire posthume signé d’un architecte décédé voici trois ans! pétitions et manifestations en ce moment à Saint Maur!

Surprise pour moi qui n’ai pas fréquenté le lac depuis un certain temps :  une nouvelle construction meuble la grande pelouse : un accrobranche géant qui va de platane en platane et qui a nécessité l’érection d’une grande cage en face de la piscine à vagues. Certains naturalistes soulignent que les dispositifs d’accrochages pourraient être vecteurs de maladie pour les platanes. Je n’ai pas d’idée.

 

Je remercie encore les organisateurs du Collectif du Lac de Créteil pour cette balade très intéressante!

 

Queimadas, Boaventura, Ponta Delgada

CARNET DE MADERE 2022

Queimadas : levada caldeirao verde

Journée ensoleillée.

Nous arrivons au Parque Forestal de Queimadas à 9h après une montée très raide tout droit au-dessus de Santana. Les mimosas très hauts sont en fleur et embaument. Le parc forestier a un grand parking payant. Un café est installé dans une chaumière ravissante ainsi qu’un petit musée dans une autre. Trois randonnées sont proposées : une « pour tous » d’une heure, PR9 levada do Caldeirao verde (6.5 km x2 aller/retour) et Levada do Caldeirao do Inferno encore plus longue.

Je choisis Levada do Caldeirao verde. A 9h je marche seule, tranquille sur un chemin large et plat sous de très grands arbres : Cèdres du Japon, Hêtres d’Europe énormes et d’autres que je ne reconnais pas. Le sentier se rétrécit ensuite, la levada devient plus présente. Avec le bruissement de l’eau,  les petits oiseaux passent tout près de moi, un mur végétal de fougères dégouline, Deux petites douches me font presser le pas ; en été cela doit être charmant. Le sentier devient encore plus étroit, il domine le précipice. Le câble tendu sécurise le passage. Je me sens très détendue sur ce parcours paradisiaque. Je passe par un petit tunnel, court mais obscur parce que coudé. Avant l’entrée du deuxième tunnel, une pancarte m’indique que j’ai parcouru 4.5 km et qu’il reste encore 2 km pour atteindre le petit lac. J’hésite, allume la torche du téléphone. Le tunnel est long, le téléphone insuffisant. D’autres randonneurs me rejoignent, équipés de frontales, je les envie.

cascatelle et mur végétal

Je prends le chemin du retour avec un peu d’appréhension : j’ai marché sans problème sur le rebord large de 30 cm mais il sera impossible de s’y croiser. Au lieu de profiter du paysage, je suis en alerte écoutant si un groupe vient vers moi. Vont-ils patienter pour me laisser passer ou dois-je attendre ? Certaines personnes sont courtoises et s’effacent, disent bonjour, hello, ola, remercient quand je les laisse; d’autres vous poussent, prennent tout leur temps alors qu’ils voient bien que j’attends Qui va dire merci ? Le summum : au passage d’un gué avec 3 pierres, un « photographe » installe son trépied, soigne le cadrage, change la mise au point, fignole la photo indifférent aux autres qui sont de part et d’autre du gué, patientant, bien patients sans même protester.

Le retour est donc moins plaisant. La levada appartient à la randonneuse matinale !

Le parking est bien rempli à mon retour. Nous nous serions bien accordé une pause-apéro mais la route droite et étroite n’offre pas d’occasion de s’arrêter.

Course à Continente et le plein à la station-service BP.

Le temps est ensoleillé. Nous avons préparé des petits pains ronds fourrés au beurre de sardine, il faudrait trouver un miradouro agréable.

Mirador Sao Cristovao

A Boaventura, nous descendons jusqu’à Sao Cristovao. Le miradouro est privé et le parking est celui du restaurant. Une belle terrasse «avec vue » est installée avec des tables mais le restaurant refuse d’y servir sous le prétexte que des voitures circulent et leur compliquent le service. Bonne affaire pour nous qui avons un pique-nique ! je vais au bar commander des verres de vin blanc et nous mangerons discrètement les petits pains. Pour justifier notre présence, je consommerai encore une glace et un café que j’apporte moi-même. Je prends même le temps de dessiner.

Le paysage est spectaculaire : les falaises verticales de la côte nord tombent dans l’océan qui les ourle de l’écume des vagues. Îlots et rochers émergent, certains sont noirs, l’un d’eux est pourpre avec une forme contournée. Sur la montagne la plus proche Le Chemin du roi est bien visible, s’élevant en zigzag à l’assaut de la falaise puis disparaît. Ce chemin était autrefois pavé et parcouru par des cavaliers et des charrettes. Il me fait rêver mais je ne suis pas assez hardie pour tenter seule l’aventure.

Nous retournons à Ponta Delgada qui nous avait charmées avec ses rues pavées, sa place de l’église, son calme sans prétention. On gare la voiture au-dessus des piscines en ciment vides. Dans les montagnes on tire des pétards. La falaise renvoie l’écho, cela pète fort. Pourquoi ? A l’église grand affluence : tout le village est endimanché. Ce n’est ni un mariage ni un enterrement, des poussettes sont garées devant le porche, un baptême collectif ?

Solar Boaventura

Le guide Géo signale le Solar Boaventura, un manoir ancien. J’aime beaucoup ce village perché dans sa vallée encaissée avec ses maisons sur les hauteurs, les petits jardin, vignoble, choux et canne à sucre. La montagne est soigneusement sculptée en terrasses ?

Le Solar est un hôtel luxueux. Visiter un hôtel ? Pourquoi pas ? L’hôtesse de la réception se propose pour me guider : elle me montre la date de 1776 écrite devant le seuil avec des petits galets, puis la cuisine qui ressemble à celle de notre Quinta das Hortensias, la salle du restaurant, les confortables salons. Au niveau inférieur on a aménagé une sorte de musée ethnographique avec un gros pressoir, des  poteries, des bassines en bois et toutes sortes d’instruments agricoles. Il y a aussi une collection de bouteilles de Madère anciennes. Dans l’aile moderne, une magnifique piscine et jacuzzi. Une adresse tout à fait recommandable pour un établissement de charme.

 

Struma 72 jours de drame pour 769 juifs au large d’Istanbul – Halit Kakinç – Turquoise

HOLOCAUSTE

MASSE CRITIQUE de Babélio

Un roman historique ou un « tombeau«  pour les 769 Juifs morts noyés le 24 février 1942 sur le Struma, épave transportant des Juifs roumains fuyant les persécutions en Roumanie qui devait les conduire de Constança en Palestine. Véritable épave flottante, au moteur en panne rafistolé, le Struma  est arrivé à rallier Istanbul où on lui a imposé une quarantaine. La Turquie – en principe neutre – a refusé le débarquement aux passagers sous les injonctions des Britannique, des Allemands et a laissé pourrir la situation pour enfin remorquer le navire en Mer Noire où il a été torpillé par la marine soviétique. 

Roman, parce que l’auteur, Halit Kakinç, journaliste et écrivain, a essayé de faire « revivre » un certain nombre de personnages. Roman historique écrit après de nombreuses recherches , préfacé par Esther Benbassa, historienne et directrice d’études à la Sorbonne, sénatrice EELV. 

Ce livre est de lecture facile et instructive fait revivre ces épisodes tragiques récurrents comme l’odyssée du Saint Louis (1939) qui a quitté Hambourg pour rejoindre La Havane contraint de retourner en Allemagne, celui du Patria coulé à Haïfa en 1940, Exodus (1947), et tant d’autres moins fameux, peut être…

«  Ce roman historique nous rappelle avec pudeur et dignité le sort des réfugiés en 1941. D’autres aujourd’hui, perdent la vie en route, sombrant avec leurs espoirs, sans que beaucoup s’en émeuvent vraiment »

Esther Benbassa

Je remercie les Editions Turquoise de l’envoi de ce joli livre . 

 

Pointe de Sao Lourenço – Machico – Porto da Cruz

CARNET DE MADERE 2022

Punta Sao Lourenço

9h , le parking de Baia d’Abra à Caniçal est déjà bien occupé :  départ pour la randonnée PR 8 . Un groupe d’Allemands descendus d’un car se prépare. Ils seront sur mes talons pendant la moitié de la promenade. Les marches sont humides et glissantes dans le petit matin, plus bas, un chemin de planches, puis un chemin pavé sécurisé par des filins et des piquets verts. Ce n’est pas vraiment l’aventure. Je ne ressens pas le pincement d’appréhension et la montée d’adrénaline au départ d’un sentier inconnu. Mais le paysage spectaculaire compense largement !

Punta Sao Lourenço

La roche affleure sans couvert végétal. Le contraste avec les levadas vertes dégoulinantes est total. Les coulées alternent avec des niveaux pyroclastiques et sont recoupés par des cheminées verticales. Variété des couleurs : de jaune verdâtre à pourpre en passant par l’orange, le beige, le violacé. Couleurs et formes spectaculaires. Pitons rocheux dans la mer, falaises verticales, îles au loin. Le sentier emprunte une arête rocheuse. Le relief de la péninsule s’abaisse, elle devient plus verte, il y a  même une oasis autour de la Casa da Sardinha. Je renonce à la descente vers la plage(il faudra remonter après et je n’ai pas l’intention de m’y baigner).

Punta Sao Lourenço

Le retour est plus rapide que je ne l’imaginais mais je suis à contre-sens des groupes de touristes. A 11 heures ils partent pour un pique-nique. Pour ma part je veux être de retour à midi pour aller déjeuner au restaurant. Il faut attendre qu4un groupe passe là où on ne peut pas se croiser. Le pire : les familles avec enfants tenus par la main qui occupent toute la largeur de la voie. Je m’amuse à deviner la provenance des randonneurs ; beaucoup d’Allemands, troisième âge,  des Français et des Portugais en famille, des italiens de tous âges, quelques Chinois et des Américains.

le sentier sur l’arête

Caniçal est un port de commerce peu attrayant : citernes, cheminées qui fument. Dominant le port six éoliennes tournent, le flanc de la colline est caparaçonné de panneaux photovoltaïques. Un complexe touristique la Quinta do Lorde ressemble à un village traditionnel avec son église, ses maisons variées, sa plage. L’ensemble serait très réussi sans les grilles métalliques qui enferment la résidence privée. Sans les grilles, on aurait envie de s’y promener, de chercher un restaurant pour s’y arrêter. Cela me met en rage de voir ces grillages, je ne m’y fais pas comme à Port Grimaud.

Machico

Pour arriver à Machico nous passons encore par un tunnel. Le GPS nous conduit au mercado vielho où nous devrions selon le Guide Geo trouver un charmant restaurant. Le marché est fermé définitivement, remplacé par des agences de voyage. Dommage j’avais eu envie de faire des achats de fruits tropicaux. Une belle place entre le marché et le fort est plantée de beaux platanes. Plusieurs restaurants ont installé leurs terrasses. Nous nous installons à Portas verdas – un snack sympathique, au menu varié sur les sets de table. Commandons un  steak de thon et le peixe espada (poisson-sabre) à la banane. Pour dessert : un flan carmel et un flan aux fruits de la passion avec de vrais fruits.

machico fort

Face aux restaurants : le fort triangulaire de N.S. Amparo peint en jaune. Des canons rouillés ressortent des ouvertures. Face à la plage : une inscription : c’est à Machico qu’abordèrent les Portugais en 1419. Machico fut même la capitale de l’île de Madère de 1440 à 1496. Le fort fut érigé au XVIII ème siècle pour défendre la ville des pirates.

Je me promène sur le bord de la mer jusqu’à la Chapelle St Roque construite au-dessus d’une plage de galet où s’exercent les surfers. Les vagues ne sont pas très grandes et peu arrivent à se lever et glisser debout entraînant les grands cris des spectateurs sur la digue. Le Forum, un centre culturel, est un beau bâtiment moderne plat en pierre claire.

De l’autre côté vers le port, il y a une vraie plage avec du sable jaune (venu d’où ?) Le sable d’or détonne un peu mais fait le bonheur des baigneurs qui ont étendu les serviettes et qui prennent un bain de fin décembre. Il y a encore d’autres curiosités à visiter à Machico mais il fait trop beau pour s’enfermer.

Porto da Cruz

Charmant village touristique sur la côte avant Santana. Nous passons devant le Moulin à sucre découragées par les hordes de touristes venus en car. Certains se promènent le  verre de Rhum de la dégustation à la main, d’autres munis de bouteilles. Une jolie promenade part de la Distillerie  le long de l’eau et rejoint le village où se trouvent les restaurants et l’église ainsi qu’un petit musée du rhum et du sucre. Je découvre les piscines d’eau de mer aux formes arrondies. Des jeunes nagent. Impossible de s’approcher en voiture des terrasses des restaurants, toutes els routes sont en sens unique ou réservées aux riverains.

Quand nous rentrons, le jardin de la Quinta das Hortensias est dans l’ombre. Je fais quelques croquis et rentre, en décembre il fait trop frais pour rester longtemps.

L’espion qui aimait les livres – John Le Carré

 

 

Au dernier recensement, les Proctor comptaient deux éminents juges, deux avocats-conseils de la reine, trois
médecins, un rédacteur en chef de grand quotidien national, aucun homme politique (Dieu merci !) et une
palanquée d’espions.

[…]
Comme toutes les familles de ce genre, les Proctor apprenaient dès le berceau que les services secrets constituent le sanctuaire spirituel des classes dirigeantes britanniques.

Roman posthume, John Le Carré nous a quitté le 12 décembre 2020, et L’Espion qui aimait les Livres est sorti en France en septembre 2022. je n’espérais plus lire de livre récent de l’auteur que je suis depuis mon adolescence avec toujours autant de plaisir.

Avec sa classe habituelle Le Carré nous entraîne dans les coulisses des Services secrets de Sa Majesté. Pas de voyage lointain, mais des coups tordus à souhaits. Comment vit un couple d’espions et leurs enfants? partagent-ils les secrets de Sa Majesté ou font-ils téléphone à part? 

« On est des espions, OK ? Maman est une espionne, Papa est un espion et moi je suis leur intermédiaire. »

déclare leur fille .

Comme on se trouve chez des gens très bien élevés on se soumets aux rites  les plus british et les plus raffinés. Des gens très bien élevés qui ont des connaissances littéraires plus pointues que celles du narrateur qui se pique de tenir une libraire. Au passage, une recommandation : Les Anneaux de Saturne de Sebald (que je note pour ma PAL). 

A la marge des mondanités, Proctor est en service commandé : il fait un dossier sur un de leurs agents dont ils doutent de la fiabilité. mais je ne trahirai pas le suspense.

Encore un bon Le Carré! heureusement il m’en reste à lire.

 

Santana et ses environs

CARNET DE MADERE 2022

Santan : maison traditionnelle

Il fait très frais dans notre jolie Quinta à l’ombre de la montagne qui ne voit pas le soleil malgré un ciel très dégagé. Au-dessus de la couette, nous avons mis une couverture polaire.

Au programme de la journée : office de Tourisme pour programmer les randonnées, visite de Santana et ses maisons de paille typiques, après, on verra …

L’Office de Tourisme est justement installé dans l’une de ces maisons, peinte en blanc éblouissant, portes rouge, encadrement des huisseries bleue. C’est coloré, pimpant mis en valeur par un parterre d’impatiens. Mais au centre-ville, entre les grands bâtiments en ciment de l’Hôtel de, Ville et  une pharmacie ultramoderne, au milieu de la circulation, elles sonnent ultra faux aussi faux que la grande crèche où pousse presque fleuri du muguet. La jeune hôtesse de l’Office de Tourisme, derrière l’hygiaphone est peu communicative. Au lieu de commenter les randonnées recopie sur un post-it l’adresse du site-web de Madère où des webcams renseigne sur la météo. Aucun conseil personnalisé. Elle ajoute le fascicule que je possède déjà en trois exemplaires et nous envoie au ¨Parc Thématique » situé à l’entrée de la ville.

Le Parc thématique est un parc d’attraction pour les enfants (âge maternelle). Aucun intérêt pour nous. Béton, couleurs criardes. A fuir !

Je pensais que nous passerions la journée à Santana. C’est raté !

Seul point positif : le supermarché Continente. Pas de rayon-traiteur, surtout des surgelés ; à la poissonnerie des dorades d’aquaculture et de la morue séchée. J’achète un fromage et du beurre des Açores ainsi qu’un gâteau rond typique de Madère : bolo de mel (ou « gâteau à la mélasse de canne à sucre» en français) avec des noix, et du pain de Madère.

Ilhas : maisons dans la campagne

Pour rentrer à Arco Sao Jorge, nous improvisons. La petite route ER219 par Ilha tortille dans la montagne. Très joli parcours mais un peu court (4km). Pour pimenter la course, juste au niveau du miradouro où nous pensions faire une pause, le camion-poubelles bouche la rue et force Dominique à faire une longue marche arrière sur l’étroite route très pentue. Du point de vue, on voit toute la campagne, très construite avec des maisons dispersées, des granges à double-pente formant un angle aigu comme les « chaumières » de Santana. La tôle a remplacé le chaume. Elles sont plus authentiques avec le linge qui sèche et les jardins travaillés à la      main. Une dame passe avec sa faucille. Une très vieille porte son seau. Bien loin du parc thématique !

De l’autre côté de la voie rapide ER101, la ER 219descend vers la mer à Calhau où il y a une piscine naturelle entre les galets (lagoa) et les piscines artificielles d’un grand restaurant. Un pont arqué enjambe la petite rivière Ribeira de Sao Jorge,. Le Caminho Réal pavé passe sous une belle arche de pierre. Si on vise bien on peut photographier un îlot rocheux dans l’ouverture de l’arche.

Calhau : l’arche sur le Caminho Real

A l’entrée d’Arco Sao Jorge une grande file de voiture stationne. Les habitants sont venus pour l’inauguration en fanfare du nouveau tunnel qui raccourcira le trajet jusqu’à Santana et surtout le sécurisera de nuit et par tout temps. Pour nous, touristes, la traversée de l’île par tunnels n’a guère de charme. Pour les habitants, c’est différent !

Nous déjeunons dans notre beau jardin de la Quinta das Hortensias : avocat et fromage des Açores, au dessert le délicieux bolo de mel, spécialité de Madère ? Attention ici « miel » vient de la canne à sucre.

le délicieux jardin de la Quinta das Hortensias

La Roseraie est une des attractions d’Arco Sao Jorge. Elle se trouve dans l’enceinte d’un hôtel composé d’une pléiade de bungalows certains anciens jaunes au milieu d’une végétation luxuriante et fleurie, d’autres plus modernes, plus grands carrés, sans aucun intérêt sur leur carré de gazon. Evidemment je me perds dans le labyrinthe des bungalows et les allées parfois bordées de buis. Décembre n’est pas le meilleur moment pour visiter une roseraie, même à Madère. Les roses sont détrempées par la pluie, fanées. Quelques-unes subsistent mais il fait trop frais pour exalter les parfums.