exposition temporaire : Musée Cernuschi jusqu’au 19 février
J’avais été éblouie par l’exposition de peinture ancienne peindre hors du Monde. L’affiche dans les couloirs du métro me faisait de l’œil.
L’exposition se déroule dans 6 salles :
Ecriture ancienne et peinture moderne au début du XXème siècle: sans surprise des calligraphies, des paysages, des motifs végétaux ou animaux
.
pêcher
moderniser la peinture entre Chine et Japon
j’ai adoré le gibbon, dommage que ma photo soit ratée!
les artistes chinois sont allés apprendre de nouvelles techniques au Japon. Ils ont aussi utilisé la photographie pour des cadrages spectaculaire comme la falaise rouge
Détail de La falaise rouge Zhang Daqian
3. Un exil intérieur : à la découverte des peuples de l’Ouest
le Japon a occupé une bonne partie de la Chine, dans les années 30-40, certains artistes se sont repliés à l’ouest. La route du thé : sur un rouleau horizontal, en plusieurs tableau montre le thé chargé à dos d’homme, puis dans des caravanes de chameaux est m’oeuvre que j’ai préférée
la route du théla route du thé
4. peindre le nu à l’encre vers un art universel
Des Chinois allèrent à Montparnasse s’initier à La Grande Chaumière à la peinture occidentale et enrichirent la peinture chinoise de la peinture du nu qui n’était pas un thème traditionnel
nu
5. peinture rouge dessins et encres révolutionnaires
Sans trop de surprise, ces œuvres s’apparentent au peintures soviétiques, ici à la gloire du Grand Timonier
Pluie de printemps
6. entre deux mondes dialogue avec l’abstraction
Zao Wou ki
On retrouve Zao Wou Kisans surprise . Je découvre un autre plasticien qu’on voit peindre un seau à la main, faisant des grandes dégoulinades, étalant l’encre à pleines mains : Walasse Ting dont j’ai retenu ce corbeau
corbeau Walasse Ting
7. Couper le fil du cerf-volant?
la dernière section pose la question de la transmission de la tradition. Les Chinois peuvent créer de la peinture résolument contemporaine ou poursuivre la tradition;
Nous quittons Funchal vers 8h30 très facilement par l’autoroute ER 101 (VR1). Dès la sortie de la ville, les petites terrasses des bananeraies s’étagent sur les pentes raides. La route est si souvent dans des tunnels que nous avons tout juste le temps d’entrevoir les montagnes ou chercher la mer que nous sommes déjà sous terre. A Ribeira Brava la ER104 (VR4) se dirige vers le nord. C’est l’itinéraire recommandé par le GPS. Il faut ruser pour l’éviter à la sortie d’un tunnel et rester sur ER 101. A la sortie de Ribeira Brava, nous entrons dans un nouveau tunnel en direction de Ponta do sul où, selon la carte Michelin, une route touristique suivrait la côte. Impossible de la trouver ! Peu avant La Madalena do Mar, à un rond-point, une route marquée « accès local » mène à un village de pêcheurs.
Quelques maisons de l’autre côté de la route, sous la falaise, peintes de blanc et de bleu aux toits de tuiles rouges, les portes protégées par des petits auvent. Des potées de fleurs alignées, à l’arrière, les bananes. La route entre dans un tunnel. 30 mètres plus loin, des paquets d’eau se déversent en un rideau, une cascade peut être, une autre ouverture donne sur une terrasse où pêche un homme encapuchonné. Les vagues qui s’écrasent sur les rochers éclaboussent le pêcheur. J’imagine la photo et la déclenche au jugé sans rien voir, je suis complètement éblouie par le soleil. Par chance le résultat est exactement ce que j’attendais.
la Madalena : le pêcheur
Promenade le long de la plage de gros galets gris battue par un rouleau impressionnant. Je passe devant un joli café, tout simple, quelques tables dehors avec des bancs. Derrière le comptoir, un assortiment de bouteilles, coupes, une figurine de footballer en bleu et blanc, sans doute Cristiano Ronaldo, la gloire de Madère à qui on a dédié l’aéroport international ? je choisis un gros bolo recouvert de crème anglaise et de cristaux de sucre et commande un petit café uma bica et sors m’installer face à la mer pour un petit déjeuner de rêve. Sûrement le plus beau des vacances !
La madalena : promenade sur la digue
Comme il est encore tôt, je m’accorde une promenade à pied sur la digue le long de l’eau dépassant La Madalena do Mar, village très tranquille avec des restaurants engageants. Il faudrait pouvoir y revenir ! la route, et ma promenade, bute devant un mur , une falaise colorée présentant des strates roses, orangées, pourpres, brunes, superposées. Un éperon pointu se détache sur le ciel. Il faudra contourner l’obstacle. La route principale ER101 court sous terre. Une petite route blanche tortille dans les terres et grimpe jusqu’à Arco da Calheta puis redescend vers la mer. Il faut être attentives et désobéir au GPS qui veut toujours nous aiguiller vers la ER101.
La Madalena : falaise volcanique
Nous avons repéré un port à Calheta. Arrivées sur place une déception. Pas de bateaux de pêche, une marina bien équipée pour les plaisanciers avec des restaurants pour touristes, des agences qui organisent des tours en mer pour voir les baleines et les dauphins. Un hôtel jaune 4* bouche l’horizon. C’est banal à pleurer. En face de l’hôtel, Continente, un grand supermarché pour les touristes. C’est le premier que nous voyons depuis notre arrivée. A l’intérieur, on s’y bouscule dans toutes les langues. Les Portugais si souriants et tranquilles dans les petites boutiques sont aussi brutaux que les Allemands, les Suédois ou les Français qui se fraient un passage dans les allées encombrées. Beau rayon traiteur où nous achetons un demi-poulet grillé, des croquettes fourrées aux coquillages. Les légumes et les fruits exotiques sont très appétissants.
A Estreito da Calheta nous quittons la mer pour trouver la route 222, puis la ER 210 qui part de Prazeres et traverse la montagne. Quand nous demandons notre chemin les Madériens ne comprennent pas pourquoi nous choisissons cet itinéraire alors que ER101 et ses tunnels sont si commodes. Nos collègues touristes sont aussi perdus que nous. Par chance, un panneau « Fonte do Bispo »va nous sortir d’embarras. Ce lieu figure sur la carte Michelin et le GPS connaît.
Végétal indéterminé
La route grimpe allégrement entre bruyères arborescentes et ajoncs. Nous arrivons au col à 1166 m après de nombreux tournants. La température s’est rafraîchie sérieusement mais le soleil chauffe bien. Il fait agréable dans la végétation hivernale.
Pique-nique près du col sur une pelouse rase vert très vif qui brille sous les gouttelettes minuscules dorées sous le soleil. De minuscules champignons jaunes complètent la décoration. J’essaie d’herboriser. Plantnet me géolocalise en Afrique mais n’identifie pas l’arbuste à feuilles rouge et à minuscule clochettes, i-Naturalist non plus. De l’autre côté de la route une petite mare est peuplée de grenouilles qui sautent toutes ensemble à mon approche.
La route qui descend est bordée de grosses touffes d’agapanthes et d’hortensia fanés. Décembre n’est pas la meilleure saison ! Plus bas nous découvrons des eucalyptus gigantesques aux fûts impressionnants qui sentent très bon.
Nous pensions déjeuner près du port dans la vieille ville où les restaurants ont installé leurs terrasses dans les ruelles. Mais comment garer la voiture? Les parkings sont saturés, les rues? piétonnières. Dominique s’arrête sur une place réservées aux « moradores »(riverains) en face d’un snack. Sur l’ardoise : « Repas de poisson 6.5€ viande 5.9€ ». C’est un self, on me donne une barquette « à emporter » qu’on garnit de 4 beaux morceaux de cabillaud pané, 2 grosses pommes de terre vapeur, du chou et des cubes frits qui ont un peu le goût de chou-fleur : c’est du milho frito sorte de polenta de maïs mélangée à du chou, une spécialité de Madère. Nous retournons à FX Pena et déjeunons au soleil sur la terrasse moquettée de vert au-dessus d’une petite bananeraie.
14 heures – je descends la Rua Pedro Jose de Ornelas bordée d’arbres magnifique, puis la Rua das Hortas pour arriver Rua do Bom Jesus, très animée avec de nombreux bars en terrasse, restaurants et boutiques.
Collège des Jésuites
L’Université de Madère est installée dans l’ancien collège des Jésuites qui a une très belle église dont les murs sont recouverts d’azulejos, les autels et chapelles dorés et le plafond peint en trompe-l’œil figurant des balustrades avec des personnages, balconades et colonnades et même une fausse coupole. Evidemment il y encore une crèche avec de grands personnages.
Place de la mairie et marché de Noël
Une large place rectangulaire est bordée de bâtiments officiels aux murs blancs aux portes et fenêtres encadrés de pierre sombre. Le marché de Noël est très envahissant. Je rejoins la Cathédrale Sé dont j’admire surtout le plafond de bois travaillé à la manière mudejar en cèdre doré. Le campanile en lave coiffée de tuiles vernissée, tranche sur le bâtiment blanc.
Chalet du marché de Noël : les poinsettias remplacent les sapins
L’avenue Arriaga, est également occupée par les chalets du marché de Noël : petits chalets rouges des artisans et des fleuristes. On peut acheter les spécialités de l’île :des confitures, le typique Bolo de Caco ( petit pain de Madère), du punch, des dentelles ou lainages tricotés à la main, on peut aussi acheter des semences ou des bulbes. Les rares sapins verts sont éclipsés par les poinsettias rouge et blancs. Une crèche géante en liège est une reconstitution d’un village entier avec moutons et bergers. Toute cette animation est sonorisé avec des chants de Noël ou des standards internationaux.
Le jardin municipal situé de l’autre côté de l’avenue offre un peu de calme sous ses arbres immenses.
Je rentre par le front de mer écrasé par deux énormes bateaux de croisières qui bouchent l’horizons et par une circulation automobile intense et bruyante. Au-dessous de l’artère, une rue en contre-bas est bordée de bars, petits restaurants et même un pub irlandais.
Fortalezza Palacio Sao Lourenço
La Fortalezza Palacio Sao Lourenço – un ensemble de bâtiments blancs avec des tours, canons, pont, bâtie au XVI -le siècle – a belle allure. C’est une zone militaire, résidence du Gouverneur militaire de Madère. Le soldat qui monte la garde m’éconduit poliment et me recommande la visite du Musée Militaire (entrée avenue Zarco).
Flânant au hasard derrière la Cathédrale, je trouve la grande et belle Place de Colombo attirée par la musique d’un guitariste qui joue à la terrasse d’un café. J’apprécie cette musique tranquille. La place est presque vide. Une stèle de pierre très sobre imite les replis d’une draperie ; elle est dédiée aux brodeuses.
Musée du sucre : armoiries e la ville de Funchal
Le Musée archéologique : Museu a Cidade do Asucar , dans une maison ancienne raconte l’histoire de la production sucrière au XV et XVI ème siècle, connue comme « le cycle de l’Or Blanc ». la plupart des objets exposés proviennent de la maison du marchand flamand Janine Esmenaut ou en portugais Jao Esmeraldo qui a été l’hôte de Christophe Colomb en 1478. Colomb a fait la connaissance de Filipa Perestrelo qu’il a épousée, Colomb avait une résidence à Porto Santo. Dans le port de Funchal on peut voir une réplique de la caravelle Santa Maria.
De cette visite tranquille je retiens que les armes de la ville portent 5 cônes de sucre, le blason encadrés d’une palme de canne à sucre et d’un sarment de vigne. Le vin de Madère a ensuite supplanté l’ »or blanc »
Cônes de sucre, moule, marteau pour casser le sucre
J’aurais aimé parcourir encore les petites rues de la vieille ville mais il est temps de remonter à FX Pena et de faire quelques courses. J’ai trouvé des goyaves, des petites bananes et des oranges locales et surtout les petites « tomates de Madère » qui ne sont pas des tomates mais des fruits rouges vernissés en forme de poires brillantes à l’écorce épaisse (immangeable) mais remplie de petits grains rappelant les fruits de la passion.
Coucher du soleil sur la petite terrasse verte au-dessus de la bananeraie. Le soleil se couche plus tard qu’à Créteil vers 18h15 et se lève plus tôt. Non seulement nous avons gagné en température mais aussi en luminosité !
Au réveil, il fait déjà chaud; je revêts une jupe en jean, un T-shirt et des sandales pour une journée urbaine. Nous montons par les rues escarpées de Funchal en première, la Twingo refuse d’escalader en seconde. Le parking du Jardin Botanique est commun avec le Téléphérique du Jardin Botanique (billet combiné téléphérique jusqu’à Monte + Jardin) J’avais pensé monter en téléphérique et descendre à pied mais ce n’est pas si simple selon la dame du guichet.
La vue est fantastique sur la Baie.
Jardin botanique de Funchal
Malgré la saison hivernale le jardin est fleuri. Les Lantanas de Montevideo forment un tapis violet. Les Hibiscus rouges et lesAgapanthes sont plus clairsemés. Les Aloès d’un rouge éclatants se détachent sur la verdure ainsi que les Strelitzias . Bougainvillées, camélias et azalées sont aussi fleuris. Quand les fleurs manquent à l’appel ce sont les feuillages colorés qui chatoient : verts, violacés, pourpres, panachés des Bromélias, Tradescantias (la Misère) ou des Colléus. Cactées, succulentes et autres plantes grasses ont des formes et des silhouettes originales.
Le jardin botanique occupe une pente raide mais on a planté une mosaïque verte et rouge sur une grande terrasse plane. Bordant les allées, les rangées touffues de Strelitzias me fascinent : comment prendre la meilleure photos de ces plantes si élégantes ? Pour prendre la photo parfaite et m’y reprends à plusieurs reprises. Heureusement que le numérique se prête à tous ces essais.
Le petit Musée d’Histoire Naturelle se trouve au milieu d’une roseraie qui embaume (fin décembre !). Trois salles aux parquets sentent bon l’encaustique. Des vitrines anciennes de bois et de verre contiennent les collections.
le petit musée d’histoire naturelle
La salle dédiée à la géologie de l’île présente de nombreux fossiles : Bois, Oursins, mollusques, coraux. Ils proviennent du récif calcaire de Lameiros (Sao Vicente). Le musée documente sur l’histoire géologique de Madère : le processus volcanique a commencé au milieu deu Miocène et l’île a émergé il y a 7 millions d’années. Autour de l’île on a assisté au développement d’une faune marine avec récifs coraliens et algues. 5.6 MA : une activité volcanique intense a recouvert les sédiments qui se sont retrouvés à 475 m d’altitude avec le soulèvement de l’île. Les fossiles marins de Porto Santo (14MA) racontent une histoire plus ancienne. Sur Porto Santo l’actrivité volcanique a commencé il y a 18 MA et a cessé il y a 8MA .
Dans l’entrée les vitrines montrent de magnifiques coraux.
De l’autre côté de l’entrée, les collections zoologiques. Toute une escadrille de poissons naturalisés : thons, tortues, phoques forment un cortège impressionnant. Les murs tout autour de la pièce sont couverts de vitrines avec des oiseaux empaillés dans un état assez triste surtout que je viens de lire Le Détail du Monde de Romain Bertrand qui raconte le massacre précédant le travail des taxidermistes.
Des petites allées conduisent à de nouvelles terrasses avec d’autres compositions. Des étiquettes identifient les plantes dont la provenance fait rêver : Ethiopie, Japon, Mexique ou Brésil. Au bord du ravin des miradouros sont aménagés avec vues sur la mer ou les orgues volcaniques des coulées, malheureusement sur les pylônes, échangeurs et tunnels autoroutiers qui défigurent le paysage.
Monte
En haut l’église de Monte, blanche, se détache. La pente est si raide que la Twingo cale à plusieurs reprises. Sur le dernier tronçon de la route, juste avant d’arriver les passants nous font signe de rouler à gauche. Nous nous sommes égarées sur la piste des traineaux d’osier, le « toboggan » si lisse que le goudron semble verni.
A l’écart du village, un vaste Parking borde une vaste propriété qui était la Quinta Jardim do Imperador, signalé comme jardin remarquable à ne pas manquer par notre guide. Actuellement en chantier pour y implanter un musée duRomantisme. L’empereur qui a donné son nom au jardin est le dernier de Habsbourg, Charles 1er.
Je descends à pied vers un petit jardin municipal où se trouve une élégante fontaine. Des « sapins de Noël écologiques » sont alignés pour un concours, ils sont construits avec des matériaux de récupérations et sont moyennement esthétiques.
En haut des marches, l’ Igreja de Nossa Senhora do Monte est une grande église blanche à deux campaniles qui se voit de loin dans Funchal. Etrangement je ne suis pas arrivée à la photographier par manque de recul ou trop de végétation. A l’intérieur, l’église est dorée à souhait avec en plus les décorations de Noël et les Poinsettias qui ont pris l’avantage sur les sapins. Une crèche avec des personnages à taille humaine occupe toute une chapelle, les Rois Mages sont particulièrement réussis. A l’étage, une exposition célèbre le centenaire de la mort du dernier des Habsbourg : Charles 1er , mort en 1922 dans une propriété toute proche Jardim do Emperador. Son portrait est suspendu dans l’église. Sur le chemin du retour vers le parking je croise la très longue queue des touristes qui attendent les traineaux d’osier : sur le coup de midi, débarquent d’un vieux car une cinquantaine d’hommes habillés de blanc et coiffés d’un canotier : ce sont les pousseurs des traineaux.
Escale à Porto 35 minutes, les passagers pour Funchal restent à bord. Un cortège se présente : des passagers portugais et un groupe entier de touristes qui n’a pas pu atterrir hier à cause des mauvaises conditions météorologiques. L’avion est retourné à Porto. Transavia leur a payé l’ hôtel. Les nuages se séparent au-dessus de l’océan. L’avion perd de l’ altitude, nous découvrons des rochers noirs, volcaniques, îlots à l’avant d’une pointe. Sur un plateau très vert : en croix, une piste recoupée par une autre perpendiculaire. L’avion continue vers le large. J’ai des doutes, peut-être n’est-ce pas Madère ? L’avion remonte, décrit des cercles avant de descendre à nouveau. L’atterrissage est délicat. La piste est construite sur pilotis. Au lieu de ralentir le pilote remet les gaz. Au micro, l’hôtesse commente : « un petit avion occupe la piste ». Nouveau tour au-dessus de la péninsule rocheuse. Au troisième passage, enfin, l’avion atterrit sous les applaudissements des passagers (surtout de ceux qui devaient arriver hier.).
Aéroport de Madère : 23°C sous un beau soleil. Tout se passe bien chez Sixt. Une Twingo jaune orangé nous attend sur le parking. Le GPS de mon smartphone fonctionne. Autoroute jusqu’à Funchal. Des tunnels se succèdent. Sortie n°12, guidage parfait jusqu’à l’hôtel FXPena.
FXPena occupe un pavillon au fond d’une allée fermée par un portail, carrossable, mais très étroite et, surtout, interdite. Il faut stationner dans la rue voisine. Ce n’est pas vraiment un hôtel, plutôt une auberge de jeunesse. Une grande cuisine partagée. Des douches partagées. La chambre propre et vaste, claire est meublée de blanc. Deux lits, pas d’armoire, un portant et des cintres. La télévision permet de capter TV5Monde.
La jeune femme qui tient l’établissement fait le planton debout dans l’allée. Elle insiste pour scanner nos passeports avant de nous laisser entrer. Méfiante mais gentille.
Impossible d’ouvrir le coffre de la Twingo ! heureusement le mari de notre hôtesse qui loue des scooters et des voitures, me montre le bouton caché à la base de l’essuie-glace arrière.
Je descends de nuit faire les courses (18h45) au centre -ville. Funchal brille de mille feux. Etrange pour moi, ces guirlandes de Noël sous cette température tropicale. J’ai abandonné parka et gilet.
Retour au XXème siècle : les commerces sont à l’ancienne. Dans une petite superette, on trouve de tout (pâte, riz, conserves, yaourts dans le frigo) mais pas de panier ni de caddy, je dépose mes achats à la caisse au fur et à mesure. J’achète des spécialités : un régime de petites bananes et des pasteis de nata.
« Comme tous les peuples, celui dont sortaient Ilona et Iochka n’avait pas d’histoire. Pas dans le sens qu’on pourrait croire – qu’on ne lui accorderait pas d’importance – mais dans le sens d’être absent du monde, mort sans aucune autre suite. Parce que ceux qui avaient écrit l’histoire, depuis toujours, avaient marqué, noté les faits, les guerres, les ententes entre les puissants que l’on appelle la paix, en laissant croire à tout le monde que les petites gens n’étaient que des instruments, de la chair à canon et des bêtes de somme, »
Dans une vallée perdue des Carpathes, des hommes construisent une voie ferrée qui n’arrive nulle part, un hôpital psychiatrique héberge des « fous » ou peut-être des opposants au régime. L’électricité est parvenue presque jusqu’à eux.
Iochka est arrivé dans la vallée après avoir fait la guerre avec l’armée roumaine (du côté des Allemands) puis avoir été déporté dans un camp soviétique du côté du Caucase, il trouve la paix dans la vallée et il est rejoint par Ilona.
C’est une histoire d’amour. Les descriptions érotiques sont circonstanciées et parfois tirent en longueur (suis-je forcée de lire tout cela?) .
C’est aussi l’histoire d’amitié virile entre les quatre notables : Iochka, le forgeron, le Contremaître du chantier, le docteur de l’hôpital et le pope qui vit plus haut dans son ermitage. Amitié autour d’une bouteille de palinca, ils boivent beaucoup. La gnôle délient les langues, alimente des disputes entre le pope et le docteur athée, scelle des réconciliations. Ils boivent vraiment beaucoup (suis-je forcée de les suivre pendant des pages?).
A force de lire, je découvre les histoires individuelles (je suis restée sur ma faim en ce qui concerne le médecin, comment est-il arrivé là?). Chaque histoire se développe. Chacun se dévoile dans sa complexité. Je m’attache aux personnages.
C’est aussi l’histoire de la Roumanie, toute une tranche d’histoire de la Seconde Guerre mondiale à l’installation des communistes, la chute des Ceausescu, la modernisation qui gagne avec la construction des chalets de touristes dans la vallée. Histoire désenchantée où la chute du dictateur apporte peu aux gens ordinaires :
Peut-être que le régime était tombé, peut-être qu’un chef avait été exécuté sommairement un matin d’hiver dans l’espoir que le passé soit révolu mais quiconque aurait observé le monde aurait compris une vérité que les plus simples, à qui personne ne demandait rien, connaissaient : un homme avait disparu mais son époque n’était pas finie et peut-être ne finirait-elle jamais. Parce que, mais cela seuls les sages le comprennent et le comprendront jamais, les mondes dirigés par un seul homme ne sont pas dirigés par lui mais par des milliers
[…] Au plus petit signe d’hésitation du puissant, lorsque les peuples se révoltent, ceux qui l’entourent l’exécutent et mettent en place un autre puissant derrière lequel ils se cacheront et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. […] Sans bruit et sans chercher à tirer des ficelles pour la faire disparaître, le nouveau propriétaire avait couvert le terrassement et les rails d’un talus qui enterrait sous un mètre de terre toute l’histoire passée de ces lieux. »
Malgré les longueurs, je me suis laissé emporter dans ce roman très exotique pour moi. J’ai bien aimé partager les moments de fête, les traditions orthodoxes gardées fidèlement par la pope beaucoup moins borné que je ne l’imaginais au début, un fin lettré collectionneur d’icones et d’objets d’art.
Roman de tolérance aussi : le Contremaître communiste, le docteur athée, le pope se disputent, comparent leur vision de la vie, se réconcilient, s’associent pour prendre soin de Iochka, le taiseux, l’homme simple.
Bucarest/ Paris:
George, fidèle lecteur et commentateur roumain m’a envoyé une documentation sur l’auteur Cristian Fulas que je recopie ici :
Cristian Fulaș, né le 3 juillet 1978 à Caracal, diplômé en lettres, puis études approfondies en théorie de la littérature. Il a fait ses débuts en 2015 avec Fîșii de rûsine (Gestalt Books; Prix de l’Observatoire culturel pour ses débuts; Prix du colloque « Liviu Rebreanu »; Prix du magazine Accente; nominé aux USR Awards pour ses débuts; nominé pour le prix du livre de l’année du Iași Journal). Des fragments du roman ont été traduits en français, italien, allemand, anglais, bulgare, croate, suédois, hongrois. En 2015, il publie Jurnal de debutant (Tracus Arte Publishing House), et en 2016 After Crying (Max Blecher & Gestalt Books Publishing House ; nominé pour le prix du livre de l’année du journal Iași). Il a traduit une cinquantaine de titres de l’anglais, de l’italien et du français, parmi lesquels on cite : Machiavelli’s Dream (Christophe Bataille), Tell Them About Battles, Kings and Elephants (Mathias Énard), Classic Myths (Jenny March), Igitur • A Throw by Dés (Stéphane Mallarmé).
Du même auteur, le court volume en prose Cei frumoși si cei buni (2017) et les romans Fîșii de rûsine (2018)(Bandes de honte) et Dupa plîns (2019)(Après avoir pleuré) sont également parus aux éditions Polirom. En 2018, il publie Povestea lui Dosoftei à la Maison d’édition du Musée littéraire de Iași, dans le cadre d’un projet FILIT. Depuis 2019, il traduit Marcel Proust, « À la recherche du temps perdu ».
En trois chapitres Romain Bertrand raconte l’entreprise de la Description de la nature de Bernardin de Saint Pierre et Buffonen passant par Goethe
« Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d’une « histoire naturelle » attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s’autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la « peinture de paysage » au rang d’un savoir crucial. »
Dans la première partie : La vie rêvée des coléoptères, l’auteur dresse un tableau de cet inventaire du monde par les naturalistes du XIXème siècle. Il présente Wallace (1823-1913) gallois qui a sillonné le pays pour arpenter les pâtures et labours pour le compte de l’Eglise d’Angleterre et qui, dans le sillage de Humboldt part en expédition sur l’Amazone,
Ivre de canopée, Wallace exulte : « Je ne me suis jamais autant amusé. » La remontée du Rio Negro lui offre
l’occasion d’une initiation à la vie de brousse. Il dort au beau milieu de la jungle, dans des huttes de fortune, à
même le sol de terre battue ; fouille à mains nues la boue …
Il part ensuite pour Singapour et Bornéo, rencontre Brooke, un aventurier, un peu bandit, qui s’offre un royaume à Sarawak.
« Wallace observe la déclinaison des espèces et de leurs attributs. Parvenant à la corréler aux états anciens des terres émergées, il avance à pas de géant dans la compréhension des mécanismes de la « lutte pour l’existence » : séparées par accident géologique ou climatique de leur groupe-souche, des populations animales développent des caractères inédits »
Sous d’autres latitudes, observant d’autres espèces, il arrive à des conclusions analogues à celles de Darwin qui publie simultanément L’Origine des Espèces. Wallace se reconnaîtra darwinien avec fairplay.
Le XIXème siècle est celui des grandes collections qui ne se font pas sans un massacre systématique de la faune étudiée. Pour dessiner ses merveilleux oiseaux Audubon utilisera des techniques de thanatopracteur aussi sophistiquée que les égyptiens anciens dans leur momification. Des centaines d’oiseaux, de mammifères sont abattus pour la cause de la science sans état d’âme. Si
Alfred Russel Wallace, le grand et austère savant coauteur de la « théorie de l’évolution », donnant le biberon puis la becquée à un bébé orang-outan,
c’est parce qu’il a arraché le bébé à sa mère. Pour lui « il n’existe aucune contradiction entre la vie contemplée et la vie prise » et il est dit plus loin que la « somme des spécimens collectés par Wallace est tout bonnement collosssale pas mois de 125.660 pièces » .
Le chapitre 2 : Le bleu des choses commence au début du XXème siècle lors de l’Exposition universelle de Paris, plus précisément dans le Pavillon de Madagascar où se trouvent un diorama « une série de scènes d’après natures signées d’un certain Louis Tinayre ».Un des protagonistes de l’histoire sera le peintre Louis Tinayre – ancêtre des reporters de guerre qui a cheminé à Madagascar. Le « bleu » qui donne son nom au chapitre est celui du ciel, ou tout au moins la difficulté de rendre toutes les nuances de bleu. Albert 1er de Monacorepère le peintre et l’associe à ses expéditions de 1904 à 1914 qui aboutiront à l’exploration des abysses.
La réputation de pionnier de la protection des milieux marins d’Albert Ier de Monaco ne sort d’évidence pas
indemne du récit détaillé des chasses auquel le prince s’est livré »
comme Wallace, dans le chapitre précédent, le prince est un « viandard »
Dans la palette des peintres se trouve le « Bleu Guimet » , encore un explorateur! L’auteur s’attarde sur la « Nomenclature des couleurs, devenue outil de référence de la description naturaliste » et nous fait rencontrer Syme et Werner.
A la croisée de l’art et de la science, Haeckel est un savant remarquable
« Toute la vie intérieure de Haeckel se trouve placée sous le double signe de Darwin et de Humboldt. […] En 1866, c’est encore en hommage à Humboldt qu’il forge, dans sa Morphologie générale des organismes, le terme d’« écologie » pour désigner « la science des relations d’un organisme avec son environnement ».
Il note la réciprocité de l’admiration de Darwin
« Darwin s’émeut de la qualité et de la beauté de l’oeuvre de Haeckel, et en conséquence, l’admet dans le cercle restreint de ses disciples »
« l’esthétique de Haeckel est, sous cet aspect, impeccablement darwinienne, qui donne à voir les marqueurs de surface de l’Evolution »
Peinture, dessin il manquait la poésie, déjà évoquée avec Goethe, au début du livre, maintenant Valéry et Ponge sont convoqués. Pongepuis DH Lawrence et toujours cette difficulté à rendre le bleu du ciel!
le chapitre 3 : Le sociologue et l’oiseau va introduire le Birdwatching , science ou passe-temps amateur particulièrement développé dans le Royaume Uni.
« Pour Nicholson, qui gravite dans l’orbe d’influence du célèbre zoologiste Julian Huxley, l’art de l’observation des oiseaux, amusant passe-temps s’il en est, se doit de devenir une véritable science. Il n’est plus question de se contenter d’identifier au jugé les espèces selon les seuls critères – pittoresques mais trompeurs – de leur ramage et de leur plumage, mais de décrire scrupuleusement leur habitat et leur comportement. »
Le héros de ces observations est Tom Harrison et son groupe de Birdwatchersqui vont opérer une véritable révolution en
« Prenant le contrepied de la théorie de Darwin – pour qui c’est toujours la nature qui opère, souveraine, la sélection des espèces –, il y affirme qu’il existe un processus concurrent de « sélection de l’environnement par l’animal ».
« La connaissance fine des milieux modifie la perception même des paysages. Ceux-ci ne sont plus des étendues étales, mais des damiers d’habitats, des chapelets d’orées ouvrant sur des univers où coexistent et s’entremêlent des formes de vie. »
Il ne s’agira plus de chasser, de décrire des espèces, de collectionner des plumages mais de se cacher, d’être à l’affût, de se mettre dans la peau d’une poule d’eau pour raconter le comportement de l’oiseau, du point de vue de l’oiseau!
Et de la description des sociétés animales à celle des sociétés humaines, en appliquant les méthodes d’observation mises au point avec les oiseaux, « anthropologie de nous-mêmes » conduit à une anthropologie de masse.
On note aussi l’évolution des scientifiques qui passent des massacres des chasseurs à la protection des oiseaux.
Penone Verde del bosco description contemporaine!
C’est donc un ouvrage très riche, parfois un peu touffu, mais toujours passionnant qui complète la lecture desArpenteurs du Monde de Daniel Kehlmann et de l‘Invention de la Nature d’Andrea Wulf qui m’avaient fait connaître Humboldt et Haeckel et que j’avais dévorés. Souvenir del excellente exposition au Musée d’Orsay Les origines du monde en 2020 juste après le confinement
Tout à fait à sa place au Musée Marmottan qui conserve Impression, soleil levant, le tableau fondateur de l’Impressionnisme, misà l’honneur au milieu de l’exposition sur un panneau doré.
Le Soleil a été vénéré par les Egyptiens, dans l’entrée des scarabées solaires encadrent une jolie peinture ancienne. Le soleil perd sa position dominante ave le christianisme, créé le 4ème jour de la Genèse, il devient accessoire et périphérique. La lumière caravagesque de l‘Adoration des Bergers de Van Honthorst ou tombant sur l’Astronomede Giordano ne provient qu’indirectement. Le soleil a quand même été représenté dans la Vision de Saint Benoit de Del Biondo et sur les cartes du tarot d’Antonio Cigognara
Del Biondo : vision de Saint Benoit
Du Géocentrisme à l’héliocentrisme le soleil retrouve sa position centrale vers la Renaissance et Galilée. La mythologie fournit les mythes d’Icare et de Phaeton
Saraceni (1579-1620) Chute d’Icare
De merveilleux tableaux ensoleillés de Rubens, Le Lorrain et Vernet
Rubens : Paysage à l’oiseleur
Le Lorrain : l’embarquement de Sainte Paule à Ostie
le Soleil, c’est aussi le Roi-Soleil, Louis XIV représenté en tenue d’Apollon en costume de ballet, ou sur le plafond de Versailles : Lever de soleil dit aussi Char d’Apollon
Turner est vraiment le maître de la lumière avec le Soleil couchant à travers la vapeur, illustrant la diffraction de la lumière étudiée en ce temps-là. J’ai bien aimé le tableau doré
Turner : Terrasse à Mortlake
Soleil romantique, soleil mystique de Caspar David Friedrich dans deux petits tableaux : La Croix dans le Bois ou Le Matin de Pâques
Caspar David Friedrich : Croix dans le bois
Impression au soleil levant, est accompagné d’un joli Boudin, de Signac, Pissaro plus attendus dans le Musée de Monet.
Signac : le port de Saint Tropez
j’ai beaucoup aimé les deux Vallotton : un Coucher de soleil orange sur Honfleur très spectaculaire et presque abstrait Le coucher de soleil à marée haute, gris bleu
Vallotton, Coucher de soleil marée haute gris-bleu
Moins apprécié le Maurice Denis : Saint François d’Assise et la Crucifixion de Van Sauck.
Otto Dix : Soleil levant (1913)
le Soleil levant de Dix , clin d’œil à Van Gogh ,semble prémonitoire : peint en 1913, il semble annoncer le carnage de 14-18 . Pour mémoire, Delaunay. Inconnus de moi : Trachsel(1909) et Morgner.
Après 1915 et la théorie de la Relativité, le soleil perd un peu de sa place centrale pour devenir une étoile parmi d’autres comme on l’imagine avec les constellations de Baranov-Rossiné peintre ukrainien que je découvre ici.
Baranopv-Rossiné : nymphes , centaures
A l’occasion Fromanger a peint un énorme soleil jaune qui dégouline, à l’entrée de l’exposition et un grand tableau très impressionnant
Fromanger
la procession qui va vers le soleil fait perdre l’équilibre des spectateurs, on est étourdi. Belle conclusion!
J’ai rencontré Eva Croce et Mara Raïs, les enquêtrices de Cagliari lors d’un précédent épisode, L’Île des Âmes, lu au début de nos vacances sardes en juin dernier qui m’avait servi de guide de voyage sur la côte sud aux environs de Cagliari. Entre meurtres rituels, archéologie nuragique, vie rurale, gastronomie, j’avais bien aimé ce roman, même un peu gore pour moi. Dns un polar il faut ce qu’il faut de sang!
Envie de soleil et d’Italie, au cœur de l’hiver, envie d’un polar distrayant après des lectures plus sérieuses. J’ai eu envie de continuer la série, de retrouver les enquêtrices et Cagliari.
L’Illusion du Mal pose son intrigue dans un sujet très actuel : le populisme et l’exploitation par une certaine télévision trash, des faits divers :
» Quand certains directeurs d’antenne flairent une affaire atypique qui pourrait provoquer une flambée des parts d’audience, la justice est contournée sans scrupule et les procès se tiennent dans un studio de télévision, sans garantie de sécurité ni d’anonymat des témoins et des accusés, et sans aucun critère objectif autre que l’indignation personnelle. La priorité est alors d’alimenter la curiosité morbide et compulsive du public, qui de simple spectateur se mue en juge.. »
Il joue aussi sur la frustration devant les injustices de la vie et reproche à la justice d’être inefficace. Spectacle des injustices, désirs de vengeance, défiance des institutions et de l’Etat de Droit. Ignorance du Droit aussi. Refrains que distillent aussi les médias populistes chez nous.
En effet, le Dentiste a choisi une cible hautement symbolique et représentative d’un dysfonctionnement de l’institution judiciaire, déclara-t-il. Ce n’est pas tant un assassin que nous cherchons, qu’un semeur de colère sociale. Il veut faire monter la haine parmi la population, et l’utiliser pour renverser le système. — Une sorte de justice poétique, quoi.
[..]. ….avec le côté émotionnel de son “spectacle”, il paralyse le sens critique des gens, et plus généralement leur sens de la réalité. Le public n’a plus l’impression de participer à quelque chose de réel. C’est comme si les gens scellaient avec lui un pacte de suspension de l’incrédulité et devenaient parties prenantes de ce théâtre virtuel. Pour que l’effet fonctionne à plein, il a recours au masque le plus populaire de la commedia dell’arte… — Arlequin. L’esclave rebelle. »
Qui est ce Dentiste qui arrache les dents à des personnages peu recommandables et pourtant impunis, et qui remet le sachet de dents aux victimes? Qui est ce personnage qui utilise à merveille les médias et les réseaux sociaux? Comment sera-t-il démasqué?
A vous de lire cette intrigue captivante. En prime, vous allez enrichir votre vocabulaire d’insultes en sarde, sicilien et même vénitien.