Santana et ses environs

CARNET DE MADERE 2022

Santan : maison traditionnelle

Il fait très frais dans notre jolie Quinta à l’ombre de la montagne qui ne voit pas le soleil malgré un ciel très dégagé. Au-dessus de la couette, nous avons mis une couverture polaire.

Au programme de la journée : office de Tourisme pour programmer les randonnées, visite de Santana et ses maisons de paille typiques, après, on verra …

L’Office de Tourisme est justement installé dans l’une de ces maisons, peinte en blanc éblouissant, portes rouge, encadrement des huisseries bleue. C’est coloré, pimpant mis en valeur par un parterre d’impatiens. Mais au centre-ville, entre les grands bâtiments en ciment de l’Hôtel de, Ville et  une pharmacie ultramoderne, au milieu de la circulation, elles sonnent ultra faux aussi faux que la grande crèche où pousse presque fleuri du muguet. La jeune hôtesse de l’Office de Tourisme, derrière l’hygiaphone est peu communicative. Au lieu de commenter les randonnées recopie sur un post-it l’adresse du site-web de Madère où des webcams renseigne sur la météo. Aucun conseil personnalisé. Elle ajoute le fascicule que je possède déjà en trois exemplaires et nous envoie au ¨Parc Thématique » situé à l’entrée de la ville.

Le Parc thématique est un parc d’attraction pour les enfants (âge maternelle). Aucun intérêt pour nous. Béton, couleurs criardes. A fuir !

Je pensais que nous passerions la journée à Santana. C’est raté !

Seul point positif : le supermarché Continente. Pas de rayon-traiteur, surtout des surgelés ; à la poissonnerie des dorades d’aquaculture et de la morue séchée. J’achète un fromage et du beurre des Açores ainsi qu’un gâteau rond typique de Madère : bolo de mel (ou « gâteau à la mélasse de canne à sucre» en français) avec des noix, et du pain de Madère.

Ilhas : maisons dans la campagne

Pour rentrer à Arco Sao Jorge, nous improvisons. La petite route ER219 par Ilha tortille dans la montagne. Très joli parcours mais un peu court (4km). Pour pimenter la course, juste au niveau du miradouro où nous pensions faire une pause, le camion-poubelles bouche la rue et force Dominique à faire une longue marche arrière sur l’étroite route très pentue. Du point de vue, on voit toute la campagne, très construite avec des maisons dispersées, des granges à double-pente formant un angle aigu comme les « chaumières » de Santana. La tôle a remplacé le chaume. Elles sont plus authentiques avec le linge qui sèche et les jardins travaillés à la      main. Une dame passe avec sa faucille. Une très vieille porte son seau. Bien loin du parc thématique !

De l’autre côté de la voie rapide ER101, la ER 219descend vers la mer à Calhau où il y a une piscine naturelle entre les galets (lagoa) et les piscines artificielles d’un grand restaurant. Un pont arqué enjambe la petite rivière Ribeira de Sao Jorge,. Le Caminho Réal pavé passe sous une belle arche de pierre. Si on vise bien on peut photographier un îlot rocheux dans l’ouverture de l’arche.

Calhau : l’arche sur le Caminho Real

A l’entrée d’Arco Sao Jorge une grande file de voiture stationne. Les habitants sont venus pour l’inauguration en fanfare du nouveau tunnel qui raccourcira le trajet jusqu’à Santana et surtout le sécurisera de nuit et par tout temps. Pour nous, touristes, la traversée de l’île par tunnels n’a guère de charme. Pour les habitants, c’est différent !

Nous déjeunons dans notre beau jardin de la Quinta das Hortensias : avocat et fromage des Açores, au dessert le délicieux bolo de mel, spécialité de Madère ? Attention ici « miel » vient de la canne à sucre.

le délicieux jardin de la Quinta das Hortensias

La Roseraie est une des attractions d’Arco Sao Jorge. Elle se trouve dans l’enceinte d’un hôtel composé d’une pléiade de bungalows certains anciens jaunes au milieu d’une végétation luxuriante et fleurie, d’autres plus modernes, plus grands carrés, sans aucun intérêt sur leur carré de gazon. Evidemment je me perds dans le labyrinthe des bungalows et les allées parfois bordées de buis. Décembre n’est pas le meilleur moment pour visiter une roseraie, même à Madère. Les roses sont détrempées par la pluie, fanées. Quelques-unes subsistent mais il fait trop frais pour exalter les parfums.

Le Pain perdu – Edith Bruck

LECTURE AUTOUR DE L’HOLOCAUSTE


Les livres des survivants ou survivantes de l’Holocauste révèlent des personnalités fortes et très diverses. Edith Bruck est une écrivaine originale. 

Le Pain perdu débute dans un village hongrois en 1943 . La petite fille Ditke a déjà très conscience de l’antisémitisme des villageois et des lois antisémites qui s’appliquent aussi à l’école et les brimades de la part des adultes et des enfants

« S’ils se rendaient à l’unique pompe d’eau potable, ils étaient repoussés en queue de la file d’attente et il n’était pas rare que l’on crache dans leurs seaux. Contre les Juifs, tout devenait légitime pour les villageois, et le plus petit d’entre eux se sentait puissant, en imitant les adultes. »

Le Pain perdu, c’est celui que la mère avait préparé avec la farine qu’une voisine avait offert, qui levait et qui devait être mis au four, quand les gendarmes sont venus en 1944 chercher la famille pour la déporter vers le ghetto. « le pain »,  » le pain », était la plainte de sa mère devant la catastrophe imminente.

Birkenau, Auschwitz, Landsberg, Dachau,  Bergen-Belsen…

Ditke et sa soeur Judit se soutiennent après avoir été séparées du reste de la famille

« Est-ce que c’étaient trois mois ou trois années qui étaient passés ? Chaque jour, à chaque heure, à chaque minute on mourait : l’une par sélection, une autre à l’appel, une autre de faim, une autre de maladie et une autre, comme Eva, suicidée, foudroyée par le courant du fil barbelé, restant longtemps accrochée comme le Christ en croix. Son image s’est imprimée en moi et en Judit, »

Quand la guerre se termine « une nouvelle vie » s’ouvre aux deux soeurs qui recherchent d’abord les survivants de leur famille à Budapest : Sara et Mirjam les soeurs ainées mariées,  David leur frère. Elles retournent au village où elles trouvent leur maison pillée et l’hostilité des voisins.

Judit persuade Ditke à la suivre en Palestine qui était le rêve de leur mère. Edith a une autre vocation : elle veut écrire. Elle pressent que la discipline qu’on exigera d’elle lui pèsera. Elle ne supportera pas « les dortoirs »

Pour suivre sa sœur et son frère Ditke essaye de s’installer à Haïfa, se trouve un mari, marin, un travail, rêve un moment d’une maison, et même d’un bébé. Fiasco, son mari est violent ; elle divorce.

« Fais ce que tu veux, de toute façon tu n’écoutes personne ! Attends, dès que tu auras dix-huit ans, tu pourras devenir une très jolie soldate et tu apprendras même la langue. — Je ne prendrai jamais une arme en main. — Tu préférerais te faire tuer ? — Je crois que oui. Je préfère avoir eu un père martyr plutôt qu’un père assassin. — Moi, par amour d’Israël, j’aurais été militaire. — Je sais. Pas moi. Les guerres entraînent des guerres. Moi, je désarmerais le monde entier. — Rêve donc tes rêves. Mais le réveil sera rude. — J’ai déjà vécu ce réveil »

 

Pour fuir le service militaire, elle se remarie, avec Bruck qui lui donnera son  nom d’écrivaine. Mariage blanc, elle s’enfuit devient danseuse à Athènes. D’Athènes à Istanbul, à Zurich suivant sa troupe , et enfin Naples et Rome

Pour la première fois, je me suis trouvée bien tout de suite, après mon long et triste pèlerinage. “Voilà, me disais-je, c’est mon pays.” Le mot “patrie”, je ne l’ai jamais prononcé : au nom de la patrie, les peuples commettent toutes sortes d’infamie. J’abolirais le mot “patrie”, comme tant d’autres mots et expressions : “mon”, “tais-toi”, “obéir”, “la loi est la même pour tous”, “nationalisme”, “racisme”, “guerre” et presque aussi le mot “amour”, privé de toute substance. Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle.

C’est donc en Italien qu’elle écrira comme elle l’avait toujours désiré. Coiffeuse des acteurs et actrices du cinéma italien, des critiques littéraires  des cinéastes, se marie avec le cinéaste Nisi. Toujours antifasciste, elle écrit :

« En fille adoptive de l’Italie, qui m’a donné beaucoup plus que le pain quotidien, et je ne peux que lui en être
reconnaissante, je suis aujourd’hui profondément troublée pour mon pays et pour l’Europe, où souffle un vent pollué par de nouveaux fascismes, racismes, nationalismes, antisémitismes, que je ressens doublement : des plantes vénéneuses qui n’ont jamais été éradiquées et où poussent de nouvelles branches, des feuilles que le peuple dupé mange, en écoutant les voix qui hurlent en son nom, affamé qu’il est d’identité forte, revendiquée à et à cri, italianité pure, blanche… Quelle tristesse, quel danger ! »

Une leçon de vie!

Lire aussi ICI le billet d’Aifelle

Punta Delgada – arrivée à la Quinta das Hortensias à Arco Sao Jorge

CARNET DE MADERE 2022

La côte Nord vue de Punta Delgada

Sao Vicente

Les Grottes de Sao Vicente sont fermées pour travaux, ainsi que le centre d’interprétation du volcanisme. Dommage

Le petit jardin botanique  ne mérite pas une seconde visite.

Le Nucleo Museologico Rota da Cal, à 2.5km du centre-ville est une agréable visite. Le jardin est soigné, sous un auvent le four à Chaux est accompagné d’une série d’explications, objets, et photographie. Le calcaire fut extrait à partir du XVIIème siècle. Le bois provenait de la forte de Lameiros. Selon la tradition orale, il y aurait eu trois autres fours à chaux. L’eau nécessaire à l’exploitation du calcaire était apportée à dos d’homme par tonneaux d’une source distante de 250 m.

Nous quittons Sao Vicente par l’ancienne route côtière bordée aux abords de la ville de restaurants, bars et installations de plage. Peu après le rondpoint, la route est coupée à la circulation automobile. Un cycliste et deux promeneurs continuent à pied jusqu’à Punta Delgada, 3 km plus loin.

Ponta Delgada

Ponta Delgada : l’église du Bom Jesus et la place du village

Arrivant du tunnel en haut du village, nous descendons une rue pavée entre des maisons basses et les murs des jardins. Ces pavés m’enchantent.

Ponta Delgada : lavandière et lavoir

Au hasard, je découvre trois personnages de marbre blanc brandissant un bâton de marche noir, l’un d’eux est coiffé d’une noire chevelure de basalte, la femme au fichu blanc porte un gilet bigarré d’un marbre veiné d’orangé. Juste en dessous, devant le lavoir des femmes de marbre essorent ou battent le linge. Les lavandières du Portugal ? la chanson restera dans ma tête un moment. Quel sculpteur les a faites ? j’ai trouvé la réponse sur internet : les trois personnages sont les pèlerins du Bom Jesus et le sculpteur Gonçalo Martins, elles ont été inaugurées en 2011. Pourquoi ne sont-elles pas signalées sur le guide ?

Ponta Delgada : la chapelle des Rois Mages

La petite chapelle des Rois mages : Capela dos Reis Magos est enfermée dans le périmètre de l’hôtel

Casa Capelinha. Comme il n’y avait personne à la réception je me suis dirigée par les coursives pour la trouver à l’arrière d’un parvis pavé de petits galets soigneusement disposés verticalement avec la tranche arrondie vers le haut, très joli mais glissant avec l’humidité. Des fougères arborescentes et des palmiers font un écrin vert à la petite chapelle blanche du XVIème siècle. Elle était fermée je n’ai pas pu voir l’intérieur.

Les piscines naturelles (un peu artificielles) de Punta Delgada n’ont pas le charme de celles de Porto Moniz ni de celles de Seixal, pas d’arches ni de piliers ou de rochers pointus.

L’Igreja do Senhor Bom Jesus se trouve sur la grand-place du village. Elle a été reconstruite après un incendie en 1910. L’intérieur est très décoré surtout le plafond coloré, naïf où sont représentés Adam et Eve en compagnie d’animaux exotiques mais aussi des barques de pêcheurs le la caravelle des explorateurs. Un chant accompagne la visite. Je crois qu’il s’agit d’une musique enregistrée. Pas du tout c’est une femme qui passe le balai et qui chante pour elle-même. Après avoir rôdé dans tout le village nous nous asseyons au miradouro bien aménagé et fleuri.

Boaventura snack penalti

Sur la recommandation du guide Geo nous déjeunons au Snack Bar Penalti au bord de la route principale à la limite entre les communes de Boaventura et de Punta Delgada. Quelques tables sous une tonnelle dans les vignes, une maisonnette en scories volcaniques et toit de tuiles pour un brasier gréant avec des bûches où l’on cuit les brochettes. Au menu brochettes de bœuf, espetatadas, ou des pizzas. Le serveur parle français comme vous et moi. Il est né à Melun et a habité Brie Comte robert. On se retrouve voisins. Theresa sa mère vient bavarder. La tonnelle, les pommes de terre qui poussent sous les vignes, l’odeur du feu de bois : tout nous enchante. Les gros morceaux de viande sont enfilés sur une branche de laurier encore verte que le serveur effile à la serpette avant de la poser sur les braises. Jamais nous n’aurions imaginé ingurgiter une telle quantité de viande : fondante, délicieuse légèrement relevée d’ail et de sel. En accompagnement, salades tomate oignon cru, et des frites maison, bien dorées. Nous nous levons enchantées et promettons de revenir.

Boaventura : miradouro derrière le cimetière

Derrière le cimetière de Boaventura se trouve un mirador très fleuri de strelitzias, agapanthes qui surplombe la vallée entre deux hautes falaises. Des marches permettent peut-être d’y descendre. De loin, je vois le Caminho Real zigzaguer à l’assaut de la falaise. J’ai bien envie d’essayer.

Arco de Sao Jorge se trouve tout près, nous le traversons en longeant la Roseraie sans voir aucune trace de commerces ou de cafés. Notre gîte : La Quinta das Hortensias se trouve sur une petite route descendant à la mer. La Quinta das Hortensias est composé d’un groupe de maisons anciennes crépies de jaune dispersées dans un jardin luxuriant d’hortensias mais aussi de fuchsias, de rosiers, hibiscus, strelitzias avec des massifs, des recoins, des bancs, des tables et chaises bien cachés.

Quinta das Hortensias

On entre dans la pièce à vivre qui a gardé son four à pain en creux dans le mur, la pierre et un évier de céramique brune. Les appareils électroménagers sont camouflés. La table de bois ciré a un joli chemin de table de dentelle et une élégante banquette cannée très fine. Au fond de la pièce, un coin salon vieux rose, profond canapé et large fauteuil confortable. .

Quinta das Hortensias : cuisine

Dans la chambre deux lits en fer forgé, une coiffeuse intéressante avec trois tiroirs.

Notre hôte est très aimable, fils de la propriétaire, il débute son métier d’accueil aujourd’hui et s’acquitte de l’enregistrement avec beaucoup de gentillesse. Sur la table il y a des cadeaux, une bouteille de Madère et des gâteaux au sucre de canne spécialités de l’île. Dans un compotier, des fruits frais .

Je termine la journée dans l’émerveillement du jardin puis descends à la mer par la route, en une dizaine de minutes.

 

 

 

Les Maia – Eça de Queiroz

LITTERATURE PORTUGAISE

Roman-fleuve : 795 pages que l’éditeur, Chandeigne, a eu l’excellente idée d’imprimer sur papier-bible pour ne pas en faire un pavé intransportable.

Vous êtes donc prévenus! 800 pages avec nombreuses descriptions, digressions, discussions sur les courants littéraires, la vie politique….Entre Balzac et Zola, entre Romantisme et Naturalisme, les personnages (des intellectuels) hésitent. A lire tranquillement, pour s’imprégner de l’esprit des salons, flâner dans les rues et cafés de Lisbonne, aller au spectacle à l’opéra(le spectacle est au moins autant dans les baignoires et les loges que sur scène). Vous profiterez aussi de la douceur de la campagne fleurie, irez en excursion à Sintra….Peu d’action, ce n’est pas un livre dont on tourne vite les pages.

Trois générations des Maia, une famille aristocratique portugaise ouverte sur le monde : chacun fera un séjour à Londres, à Paris, en Italie ou à Vienne. Le grand père, Afonso, incarne la rigueur et la tradition. Le père, Pedro, se marie avec une très belle femme à la réputation douteuse, rejetée par la bonne société. Abandonné par sa femme, il se suicide en laissant un très jeune enfant : Carlos Eduardo qui sera élevé par le grand père. Carlos est étudiant après une centaine de pages. L’essentiel du roman se déroule dans les années 80 du XIXème siècle et sera le personnage principal de l’histoire.

Autour de Carlos de Maia gravite toute une société, Jao de Ega écrivain, presque-frère, alter ego, Dâmaso le parvenu, affreux snob, l’importun, un pianiste, un poète, un diplomate, un couple aristocratique, les Gourinho, les Cohen, lui banquier, elle Raquel, très belle….La présentation de ces personnages secondaires, du mobilier des appartements (avec un goût pour le « bric-à-brac », des toilettes des messieurs et des dames, les menus est particulièrement exhaustive et soignée. C’est donc un voyage exotique auquel j’ai pris grand plaisir. Nous rentrons de Madère et j’ai encore très proche le goût des pasteis de nata.

Bien sûr, il y a une histoire, une histoire de famille, un secret bien gardé (j’arrête là). Il y a des histoires d’amour, de passions…Avec tous les préjugés de la fin du XIXème siècle, si misogyne. Une femme ne peut être que parfaite ou perdue .

Prenez votre temps et dégustez !

le billet de Claudialucia ICI

Miradouros de l’Ouest – Restaurant à Paul do Mar

CARNET DE MADERE 2022

Ponta do Pargo phare

Météo exécrable. Pas de randonnée prévue. Promenade en voiture à la pointe Ouest de l’île de Madère de miradouro en miradouro sur cette côte très escarpée avec ses falaises presque verticales. Nous reprenons le circuit après Cabo, Ribeira da Vaca et cherchons aux alentours de Pico par des cheminements très étroits et tortueux. Après les dernières maisons de Serrado, nous trouvons la flèche Miradouro Garganta Funda . A la fin du goudron, une petite route pavée de petits galets pris verticalement dans le ciment, se termine par un sentier rouge et glissant dans une prairie où est attaché un petit taureau avec une chaîne au museau, bien paisible. Le mirador ne donne pas sur l’océan mais sur une cascade très haute dans une entaille. Les maisons aux alentours sont abandonnées, les terrasses recouvertes d’herbe. Ce village a été délaissé récemment, une maison porte la date 1937. Ma condamnation péremptoire de la « bétonisation touristique » est ébranlée. Le tourisme redonne un peu de vie à cette campagne désertifiée, escarpée et difficile à cultiver. Je croise des paysans une faucille ou une serpette à la main. Les jardins sont travaillés à la bêche.

Punto do pargo falaises

Ponta do Pargo : un phare est construit à la pointe, on y accède par un tunnel. Le phare a été construit il y a exactement cent ans en 1922, à 290 m au-dessus de la mer. Une plaque indique que nous nous trouvons à l’extrême Ouest. Non loin du phare il y a un autre miradourod’où on découvre des falaises impressionnantes. Nous évitons la route principale et passons par les petites rues de Ponta do Pargo, , avec un centre social imposant, une église blanche et une belle place. La route secondaire ER 222 qui dessert les villages d’Amparo, Lombo et Lombada dos Marinheiros passe par des maisons fleuries, de petites vignes, au ras de l’Eglise Sao Jao, frôle l’autoroute. Nous trouvons deux autres miradouros à Massapez et à Zimbreiros .

Paul do Mar vu à travers les aloès

Le miradouro de Zimbreiros a trois tables installées sous une pergola. Les aloès fleuris au premier plan du panorama sur la plage de Paul do mar encadrée par des falaises volcaniques multicolores. Les opuntias, euphorbes en coussins bleutés, parsèment la montagne.

Dominique me laisse au bout de la digue de Paul do Mar que je parcours à grands pas. Trois dames avec seau et balais sont devant leur porte. Elles m’interpellent »On te dit bonjour ! » « enlève ta veste il fait chaud ! » C’est vrai, le soleil est sorti, je marche à grands pas et je transpire. Au milieu de la promenade le restaurant Sol e Mar a une belle salle vitrée avec vue sur la mer. Le service n’est ni accueillant ni souriant. Nous commandons quand même :  espada (poisson sabre) à la banane et de bacalhau  aux crevettes assaisonné à l’ail et au persil. Des légumes bouillis : haricots plat, pommes vapeur, carottes chou, accompagnent les plats. Le tout est servi dans de grandes assiettes. C’est bon, abondant et pas cher. Pour 34 € avec le vin et le café.

Levada da Ribeira da Janela – Seixal – Sao Vicente

CARNET DE MADERE 2022

Levada da Ribeira da Janela

Dès le matin, les averses se succèdent mais le temps reste clair.

La Levada da Ribeira da Janela arrive à un grand réservoir d’où elle est canalisée.

La randonnée PR 15 (brochure de l’Office de tourisme) N°70 Rother, est décrite également dans les applications Visorando et Alltrail. Attention les applications font apparaitre un dénivelé imaginaire. La randonnée est sans aucune difficulté et complètement plate.

mur végétal : fougères et mousses

Le départ de la randonnée est à Lamaceiros à 3km de Porto Moniz, fléchage routier, parking, pancarte, facile à trouver. Un grain s’abat au moment du départ « pluie du matin n’arrête pas le pèlerin ! » encore moins la pélerine sous sa cape Décathlon grise.

La Levada Central n’est pas une mince rigole comme la levada de Moinho ou celle de Rabaçal. C’est un canal large et profond, bien rempli au vif courant. Elle est très bien entretenue avec des bassins équipés de grilles. le sentier est planté d’agapanthes en massifs touffus aux fleurs très rares  qui me rappellent les posidonies méditerranéennes et d’hortensias aux têtes desséchées, de gros bourgeons annoncent le printemps. Je commence donc la promenade dans un jardin soigné avec des tables et des bancs. De grosses flaques encombrent le sentier que je n’essaie même plus d’éviter. Mes chaussures Columbia, très confortables, n’ont pas de Goretex, mes pieds seront rapidement mouillés.  Après le « jardin » je marche sous les eucalyptus et les mimosas qui sont bientôt remplacés par les bruyères (Erica Arborea) et les arbres de la Laurissylve. Les fougères-aigles ont gardé la mémoire de l’hiver et sont sèches comme en Europe, d’autres fougères restent vertes. Quand la paroi rocheuse est humide, un véritable mur végétal vert très vive perle de gouttes de pluies qui tombent sur le sol à grand fracas comme une cascade. Il y a aussi de vraies cascades.

fougères

L’appréhension qui pimente chaque départ vers l’inconnu est vite dissipée. De petites bétonneuses oranges témoignent de l’entretien de la levada et de son sentier. On a répandu récemment du cailloutis et posé des planches de bois là où le sentier est effondré. Après 4.5 km, à l’entrée du tunnel je rebrousse chemin. Je n’ai pas de frontale, selon le topoguide le tunnel serait long (10 minutes) et j’ai peu de tomber en panne de batterie de téléphone si j’actionne la torche. De toutes els façons 9 km suffisent pour une matinée.

La pluie a cessé. Les oiseaux sortent de leurs cachettes. Une bergeronnette me précède et me fuit, puis m’attend. Des pinsons sont au sol. Passe un petit chat tigré. A peine me suis-je débarrassé de la capuche de ma cape que j’entends bourdonner autour de ma tête. L’insecte affolé me pique, abeille, bourdon ou guêpe, je n’ai pas vu le responsable de la piqûre qui me brûle un bon quart d’heure.

A midi je suis de retour au parking. Une famille portugaise, presque une tribu a apporté des glacières, des gâteaux pour un pique-nique de Noël en famille sous la pluie. Ils sont entassés sous un abri, joyeux et bruyants.

Ribeira da Janela : vignoble

Une petite route conduit à un miradouro, passant par les vignes sous Ribeira da Janela. Les terrasses sont parfois très petites, 3mx5m. Chacune est abritée par des murs de bruyère sèche tassée. Elles ont encore leurs feuilles aux couleurs automnales de jaune à orangé, parfois pourpres. Les sarments sont conduits très haut à la portugaise.

Pitons volcaniques

J’avais imaginé que nous visiterions en voiture la côte nord de Porto Moniz à Sao Vicente. Il existait autrefois une route en corniche, aujourd’hui elle est abandonnée lorsqu’on a pratiqué des tunnels. Il est donc impossible de suivre la côte. La VR 2 s’enfonce en un tunnel interminable. Depuis que j’ai constaté que les levadas avaient leurs propres tunnels je suis plus compréhensive. La voiture sort à ‘air libre le temps d’u rond-point au croisement de la route qui va à Ribeira da Janela et continue dans al montagne sur Paul da Serra. En face une petite route se dirige vers un gros rocher avec des prismes de basalte et dans l’océan les deux pitons rocheux visibles du port de Porto Moniz. Nous continuons sous terre jusqu’à Seixal que nous abordons par Laje

seixal

Arrêt pique-nique face à la plage de Laje où des rochers brise-lame permettent par beau temps de nager au calme. Je découvre une route qui mène à une maison neuve contemporaine puis à des ruines de maisons abandonnées en basalte. Un chemin pavé monte vers le village de Seixal. Des petits pavés très minces enrobent des marches arrondies. D’un côté, la mer émeraude, de l’autre les vignes. Une rue s’éloigne du rivage entre de vieux murs. Un figuier défeuillé et une vigne s’échappent au-dessus des murs<. Dans les jardins des néfliers avec leurs feuilles épaisses.

Seixal

Seixal est une grosse bourgade resserrée sur un petit cap arrondi. La corniche est joliment arborée. De là on découvre au-dessous des piscines naturelles comme celles de Porto Moniz accessibles par une rampe très pentue, si pentue qu’on a fait des marches sur les trottoirs. De l’autre côté du village à Cais il y a une plage de sable noir et une très grande piscine ronde comme suspendue au-dessus de l’océan enserrée dans des rochers. par meilleur temps, ce doit être un endroit merveilleux pour nager.

Seixal côte nord

Nous terminons l’excursion à Sao Vicente où le guide Geo vante un jardin botanique qui s’avère très décevant : les arbres sont entortillés des guirlandes lumineuses de No<ërl, les étiquettes sont illisibles et il semble qu’il y ait peu de variété .

Les Grottes volcaniques et le musée du volcanisme qui m’intéressent beaucoup sont fermées « pour maintenance ». nous repasserons mardi prochain.

24 décembre : Levada do Risco- courses à Calheta – Jardim do mar – Paul do Mar

CARNET DE MADERE 2022

Rabaçal dans le brouillard – cherchez la randonneuse!

Prévisions météo correctes, pas de pluie avant 13h

Nous avons toujours affirmé que les Réveillons à rallonge nous écœuraient mais il se trouve que nous n’avons rien pour dîner en dehors d’un chou-fleur ou de pâtes sans sauce. Rien qui nous plaise dans les supermarchés de Porto Moniz, ni dans la superette près de chez nous, ni en bas dans le supermarché un peu plus grand. Les madériens, ont des jardins, des congélateurs, mangent de la morue salée séchée ou du chorizo plutôt que saumon et foie gras.

La route de Rabaçal monte dans la montagne, passe un col à 1166 m. Le brouillard s’abat les sommets, des écharpes s’enroulent, des rideaux avancent et nous noient dans la purée de pois. On évite les vaches sur la route au dernier moment. Et pourtant, le parking de Rabaçal est occupé par nombreuses voitures. Je ne serai donc pas la seule aventurière.

Rabaçal, levada PR 6.1

Le PR6 se divise en plusieurs itinéraires. La randonnée la plus fameuse est la 6 Randonnée des 25 Fontaines et 6.1 Cascade de Risco. La dame de l’Office de Tourisme de Porto Moniz m’a déconseillé la première qui attire les groupes en car. Comme le sentier est très étroit un sens unique est imposé et les randonneurs bouchonnent. Le départ des deux randonnées est commun : une route goudronnée descend jusqu’à l’auberge de Rabaçal les deux sentiers se séparent ensuite.

Auberge de Rabaçall

La route est sèche, le brouillard stagne à l’altitude du parking autour de 1000 m. Comme il est tôt, il y a peu de monde. Je fais route un moment avec une famille anglaise. La jeune femme me félicite pour mon anglais. Je lui réponds que généralement les anglophones ne font pas d’effort pour les langues étrangères puisqu’ils sont compris dans le monde entier. « Mais je parle ourdou, arabe en plus de l’anglais ». C’est agréable de trouver de la compagnie. J’ai toujours une appréhension au départ d’une randonnée. Totalement injustifiée dans le cas de celle-ci. Le sentier est large, sec et sécurisé par de solides barrières du côté du ravin. Je suis la levada du Risco pendant un kilomètre et découvre une belle cascade. Pour l’aventure, vous repasserez ! Je regrette de ne pas avoir continué avec les Anglais sur les 25 fontaines. Le retour est un peu différent, je découvre un sentier qui mène à l’auberge sous la route, beaucoup plus agréable/

L’auberge parait très accueillante, par les fenêtres je vois de belles couettes blanches et des oreillers rebondis. On sert des pasteis de nata et des bolos variés au salon de thé. Des escaliers rejoignent la route. C’est déjà cela de gagné sur la remontée pénible sur le goudron. Je retrouve le brouillard à l’entrée du parking.

Le piquenique dans la montagne est compromis : brouillard et vent.

Nous descendons à Calheta, distante seulement de 9 km mais sur une route étroite et dans le brouillard complet. C’est une épreuve pour la conductrice. Sur la côte sud, le soleil brille faiblement : j’ai quitté chemise et polaire. Au supermarché c’est encore la foule. Les touristes cherchent à improviser un réveillon. La poissonnerie est bien achalandée avec de jolies dorades, des filets de rougets. J’achète des crevettes roses, une demi-papaye, un demi-ananas, un kaki des bananes. Noël tropical !

Les environs de la marina, hôtel et parkings me rebutent. Nous déjeunons sur le bord de la route à mi-pente sous les petites bananeraies et les jardins fleuris. Le soleil brille. Il y a de jolies couleurs. A la sortie de Calheta, le MUDAS, Musée d’Art Contemporain, perché sur la falaise me tente. C’est une belle construction en pierre volcanique grise, claire et bulleuse taillée en moellons réguliers, lisses aplatis. Les volumes sont très sobres, parallélépipèdes simples. Il faut se faufiler dans d’étroits couloirs pour découvrir le patio central et l’entrée. Les ouvertures en verre dépolis laissent passer la lumière mais ne dévoilent rien des œuvres exposées. Fermé, la veille de Noël et jusqu’à mardi, nous n’aurons pas l’occasion de revenir, dommage !

Nous improvisons la suite des visites dans les villages de Jardim do Mar et Paul do Mar fuyant toujours la ER 101 et ses tunnels. D’après la carte Michelin la ER 223 serait touristique. Nous n’en avons pas fini avec les tunnels que franchit la ER 223, mais petits et vieux. Bien sûr, les falaises impressionnantes interdisent tout trafic automobile aérien. Madère est un vrai gruyère.

Jardim do mar

jardim do Mar portinho

Nous traversons par erreur les rues étroites bordées de maisons et jardins fleuris réservées aux riverains et arrivons au portinho. Les barques ont été hissées à terre sous une belle cascade tandis que sur la digue se brisent de très hautes vagues. Des photographes attendent les plus spectaculaires. Avec le téléphone le cadrage est aléatoire. Heureusement, on peut rogner, recentrer, zoomer. Un snack bar répand des odeurs de poissons ou crustacés. Si on revenait ? Demain, il ne faut pas compter sur le restaurant : Noël c’est sacré pour les familles, tout sera fermé. Il faudra organiser le pique-nique.

jardim do mar portinho vagues

Le front de mer est aménagé pour une promenade, palmiers, agaves, aloès, pelouse. Les vagues sont impressionnantes, couleur menthe glaciale. Au loin, après une haute falaise se dessine l silhouette de Paul do Mar blotti autour de sa grande église blanche.

Paul do Mar vu de la promenade de jardim do mar

Pour arriver à Paul do Mar on franchit un tunnel (encore) . A nouveau Dominique se gare au portinho où se trouvent de nombreux cafés, restaurants et snacks. La promenade de front de mer s’arrête, les maisons sont construites directement sur l’eau. Il faut entre dans le village parcourir la rue principale pavée de noir et blanc avec des motifs maritimes, voiliers, vagues, bulles. L’église moderne en ciment et sans grâce se voit de loin. A la sortie du village une longue promenade est possible le long de l’océan, mais elle n’est pas végétalisée comme à Jardim do Mar. De l’autre côté de la route des blocs se trouvent des de logements cubiques jaunes peu avenants sans jardins ni fleurs.

 

 

Roi par effraction – François Garde

ROMAN HISTORIQUE

Pizzo : château aragonais

« Mourir à Pizzo ! Personne ne connaît Pizzo. Pizzo n’existe pas encore, et n’apparaîtra au monde que comme le lieu du martyre de Murat. »

Roi par effraction est un roman historique retraçant la vie de Joachim Murat

Pizzo que nous avons visité il y a quelques années en vacances en Calabre. Sans cette visite, je ne me serais peut-être pas intéressée à ce Maréchal d’Empire et à sa carrière militaire  bien que la fréquentation de Balzac a renouvelé mon intérêt pour l’épopée napoléonienne. 

selon Wikipedia :

« Le , le maréchal Joachim Murat, ancien roi de Naples, débarque à Pizzo avec ses partisans pour tenter de reconquérir son trône. Capturé par la foule et emprisonné au château de Pizzo, il est exécuté à la suite d’un procès joué d’avance le . »

Le roman de François Garde se déroule pendant ces 5 jours où Murat est prisonnier et revient sur sa vie, de son enfance, fils d’aubergiste dans le Quercy. Brillant cavalier, soldat intrépide de l’Empereur, il est remarqué par Caroline, la sœur de Napoléon qui en fera le Roi de Naples

« Roi par effraction » parce que Napoléon veut avoir le dernier mot et désavoue les initiatives qui feraient de lui un vrai roi et un champion de l’unité italienne.

« Il se prenait pour un véritable souverain ? Il reste le lieutenant de l’Empereur, voire le sous-lieutenant. Un simple délégué dépourvu de toute autonomie de décision. »

Et pourtant, il s’est attaché à l’Italie et s’est vraiment cru une mission en règnant à Naples. Après Waterloo, tandis que Napoléon prisonnier fait route vers Sainte Hélène, Murat croit encore en son destin à Naples. Réfugié en Corse,

« Lui qui a commandé les plus grandes charges de cavalerie de l’histoire et triomphé sur tous les champs de bataille d’Europe ne peut accepter l’idée d’être pourchassé comme un contrebandier dans la montagne corse, et au final capturé. Il ne se laissera pas enfermer dans un destin aussi médiocre.

[…]
toute hâte Murat fait imprimer des milliers d’exemplaires d’une proclamation célébrant son retour sur le trône et appelant tous les Italiens à se réunir sous sa paternelle autorité. »

Son destin s’arrêtera à Pizzo.

 

 

 

levada de Moinho, village de Cabo, restaurant A Careta, baignade

CARNET DE MADERE 2022

Levada do Moinho

Excellentes prévisions météo.

La promenade N°7 selon la brochure de l’Office de Tourisme (PR7) figure dans le Guide Rother N°66, est également répertoriée par VisoRando. Le départ de la randonnée est donc très facile à trouver : panneau PR7 après Achada da Cruz.

Le sentier grimpe sur un escalier de rondins de bois bien aménagé. La montée est rapide (745 m à 891 m) et un peu essoufflante. Heureusement j’ai mon bâton télescopique. Je passe d’abord sous les eucalyptus puis à travers les bruyères arborescentes avant de trouver la levada qui est une petite rigole cimentée, Levada do Moinho (du moulin) est également appelée Levada Grande. Son courant est rapide. Parfois le chemin qui la suit est sec. Parfois la levada déborde et je dois m’aider de mon bâton pour passer à pied sec en sautant de pierre en pierre.

Levada do Moinho

Les branches de la laurissylve font comme une arche au-dessus du chemin. Tôt le matin, il faisait bien frais. Vers 10 heures, le soleil perce le feuillage de la forêt et dessine de jolies taches sur le sol. Comme prévu, j’arrive à une cascade. Le sentier s’arrête. Est-ce déjà la fin ? Selon les topoguides, je devrais trouver les ruines d’un moulin. Alors que je suis prête à retourner sur mes pas ; je découvre que si je marche sur la margelle en ensuite sur le rebord en ciment de la levada, je retrouve quelques mètres plus loin le sentier. Pour m’assurer, je colle mon dos à la paroi moussue et bien mouillée. Quatre ou cinq mètres plus tard, me revoilà sur un sentier, les pieds bien mouillés ce qui me facilitera le retour puisque je n’essaierai plus d’éviter les flaques avec des acrobaties et que j’avancerai tout droit dans l’eau. Après une heure de promenade charmante, je trouve l’ancien moulin dont il ne reste qu’un bassin dans lequel se jette une cascade qui ressort du bassin en cascadant. Cette fois-ci, plus de trace de sentier à la suite. Fin de la randonnée.

Fin de la randonnée : la CAscade

Pendant ma randonnée Dominique a découvert la charmante chapelle N.S. Da Morte. Elle m’y conduit par par une petite route qui traverse le village très calme avec de nombreuses maisonnettes au toit à deux pans très pentus. Arrêt photo devant une crèche dans une cahute de paille décorée de fleurs et de boules argentées. Curieusement on a ajouté au troupeau de moutons, à l’âne et au bœufs traditionnels, deux dinosaures en plastique.

Crèche en paille sur le bord de la route

La campagne st recouverte d’herbe très verte où paissent des vaches. Curieux abreuvoirs : de vieux frigos couchés.

La chapelle est toute blanche avec un campanile carré et un porche à arcades. Elle est précédée par une place carrée pavée de petits galets ronds noirs et blancs. De là, un cheminement en ciment avec des marches conduit à un miradouro : plateforme dominant la falaise.

Cabo : capela NS Da Boa Morte

La vue est impressionnante. La falaise presque verticale est haute de 400 m . Un peu plus loin, il y a un autre miradouro :  Miradouro Pico Vermelho accessible par un autre chemin cimenté sécurisé d’abord par une rambarde conduisant d’abord à un petit autel fleuri avec des arums. Le sentier continue vers le mirador, raide et moins bien entretenu. Comme je n’ai pas pris mon bâton, j’ai peu de glisser et renonce.

Nous aurions pu pique-niquer à la chapelle mais nous préférons partir à la recherche d’un restaurant. Juste après avoir retrouvé la ER 101 il y en a un très beau A Carreta : carte variée, poissons et viandes. Je commande une soupe aux légume et du pain de Madère au beurre et à l’ail puis une crème à la mangue. Le pain est rond et ressemble un peu à un gâteau (ou à un scone en plus gros, plus épais) fendu, chaud et tartiné, excellent. En face du restaurant un route va à Lombo de Velha et au Miradouro Pico Vermelho. La route s’interrompt au village. Je demande mon chemin à une dame qui me répond « vous parlez Espagnol ? « demande-t-elle  « oui »« alors je vais vous l’expliquer en Portugais » . Logique ! mais compréhensible. Elle continue en parlant lentement. Il en ressort que le chemin de terre est vraiment très mauvais et qu’il vaut mieux prendre celui de Cabo que j’ai abandonné.

la falaise vue du téléphérique

A Achada da Cruz il y a un téléphérique : 600 m de câble, 450 m de dénivélé. C’est un des plus verticaux d’Europe. En 5 minutes on peut descendre à la mer, marcher le long de l’eau ou se promener dans les jardins puis remonter en téléphérique. J’avais envie de descendre à pied le sentier et remonter en téléphérique. Le sentier a été fermé à la suite d’éboulements. Je me contente d’admirer le point de vue

Piscines naturelles de Porto Moniz

J’avis regretté hier de ne pas m’être baignée dans les piscines naturelles de Porto Moniz. Il fait plus frais aujourd’hui mais je ne veux pas rater cette occasion. Cela rafraîchit bien mais après quelques brasses je m’y sens très bien.

 

 

 

 

 

 

Arrivée à Porto Moniz

CARNET DE MADERE 2022

Porto Moniz vue du miradouro sur la ER 101

Au miradouro, au-dessus de Porto Moniz, nous découvrons la côte nord découpée blanchie par l’écume des vagues qui se fracassent sur les rochers autour des piscines naturelles.

La ER101 fait des épingles à cheveux pour arriver à la mer.

Porto Moniz : roches volcaniques et piscines

Le site de Porto Moniz est tout à fait spectaculaire quoique gâché par des installations touristiques anarchiques. A côté du petit fort de pierre et du petit port abrité par une digue, on a construit le grand restaurant « Cachalote » directement au-dessus des piscines naturelles, un grand aquarium et centre de tortues au milieu du parking, un hôtel se trouve tout seul sur une place, ajoutons des boutiques alignées et des petits restaurants. Ce désordre urbanistique n’arrive pas à détruire le charme du paysage volcanique avec les pitons de lave, les barrages naturels qui isolent les piscines naturelles la frange blanche d’écume des vagues. Par moment, une vague plus puissante que les autres fait jaillir un haut jet mousseux.

Porto Moniz port et rochers

Notre appartement se trouve dans le village, plus haut, derrière l’église et la mairie. C’est un village traditionnel étagé sur la pente avec une pharmacie, une superette (minuscule) une bibliothèque sous le parrainage de la fondation Calouste Gulbenkian. Nous sommes logées dans un condominium d’une vingtaine d’appartements, immeuble neuf au-dessus avec un parking souterrain. Au rez de chaussée nous avons une petite cour carrelée plantée de géraniums roses. Un muret blanc sépare la cour d’une vigne qui a gardé ses feuilles roussies.

Eglise de Porto Moniz la vigne derrière notre cour

Notre appartement de deux pièces est composé d’une chambre avec deux lits, une pièce à vivre avec une cuisine bien équipée, une table ronde en marbre, un coin salon avec un vaste canapé qui fait face à une télévision à grand écran qui capte nombreuses chaines, TV5 Monde, Mezzo, la BBC…Dans la salle de bains il y a un lave-linge.