j8 -Arrivée à Fuerteventura

CANARIES 2015

 

Casillas del Angel
Casillas del Angel

Par un beau soleil, nous quittons Lanzarote à bord d’un bateau de promenade La Graciosa- Piroquet pirate- Le vent d’hier est tombé, les crêtes blanches qui hérissaient l’océan ont disparu. Une demi-heure pour passer de Lanzarote à Fuerteventura : nous voici dans un autre monde. Une île est un espace fini qui a sa personnalité propre.

Abordant Corralejo nous voyons les immeubles colorés, jaunes ou rouge sang un peu passé, couleurs espagnoles, des publicités sur le bord de la route. Un certain désordre. L’harmonie blanche et verte, les petits immeubles bas voulus par Manrique sont remplacés ici par les ambitions des promoteurs. Une grande pyramide (genre Grande Motte)  se détache des dunes. On ne voit que cet hôtel RIU de très loin depuis le bateau. Corralejo est une grosse agglomération. A la sortie nous trouvons les dunes du Parc National El Jable. Des parkings sont aménagés sur le bord de la route FV-1 pour que les visiteurs puissent se promener soit sur les grandes plages de sable fin, soit sur la dune. Rien ne restreint les passages sur le sable. Sûrement très agréable pour les touristes mais je m’étonne : en France le Conservatoire du Littoral insiste « la Dune est fragile ». ici, rien. Cette dune n’est pas fixée par des oyats ni par aucune sorte de végétation. Le sable est clair, fin, il vole sur la chaussée de la route. D’où provient –il ?

Changement de couleurs : à Lanzarote, prédominait le noir des cendres ou des coulées, les malpais. A Fuerteventura ce sont toutes les nuances de brun, beige, rouge, orange. Les sommets sont également volcaniques mais semblent plus anciens, plus érodés, oxydés. La réputation de Fuerteventura, l’île rouge où il ne pleuvrait jamais est écornée par la météo cette année. Depuis Novembre, nous raconte Mia, il fait mauvais. L’île est donc verte, la pluie a fait pousser toutes sortes de fleurs.

Notre gîte

gite fuerteventura
notre terrasse

 

Mia nous a donné rendez-vous au restaurant Casabel au km 5 à partir de Puerto Rosario sur la route d’Antigua FV-20. Roberto le restaurateur nous fait la bise. Cet accueil chaleureux réconforte. La maison est en face de l’autre côté de la route. Son adresse, Caserio Llanos pelados, décrit bien le paysage caillouteux où rien ne pousse. Notre gîte est une maison basse vieux rose qui regroupe d’un côté la maison du propriétaire Alejandro en équerre et trois appartements destinés à la location. Chacun possède une belle terrasse, ornée de plantes grasses,  meublée d’une grande table ronde en verre sous un auvent de bois, deux chaises longues. La maison est meublée dans le style contemporain : blanc et bleu, cuisine américaine, grand frigo gris métallisé, micro onde idem, un four encastré, des plaques vitrocéramique. Des pièces vastes, tout le confort. La chambre est bien conçue dans les teintes chaudes orange et jaunes mais elle est aveugle, derrière, un mur.

nos autruches!
nos autruches!

L’environnement est campagnard : au fond du terrain des poulaillers et des volières avec des dindons et même deux autruches, les canards se promènent en liberté comme les chiens. Malheureusement Alejandro semble collectionner les épaves, camions, containers qui font un peu désordre. Quelques arbres rachitiques essaient de pousser dans cet univers caillouteux.

Nous allons être très bien !

Courses au Mercadona sur la rocade qui contourne Puerto del Rosario. Changement d’île, changement de chaine de supermarché et d’approvisionnement. Au Hiperdino d’Arrecife nous trouvions des oranges canariennes à 0.65€ et des fruits tropicaux, mangues, anones, papayes et goyaves. Ici, oranges en filets comme en France à1.1€.

Après le déjeuner : plage !

Nous remontons la FV-1 vers le nord. Arret à Puerto Lajas : plage de sable noir occupée par des kitesurfers qui gonflent leurs ailes. Sur la plage voisine les planches à voile sillonnent la baie. Je longe la plage et emprunte les ruelles du village pour parvenir à la seconde plage. Dans un garage, un homme et une femme s’affairent à leur char de Carnaval tandis que les enfants trainent en costume de peluche, oreilles de chat (ou de tigre) sur la capuche. Les maisons sont petites, simples, fleuries. Au bout de la rue : une chapelle blanche face au rivage.

Pour trouver de belles plages il faut retourner dans le parc des dunes. Des hôtels poussent bien dans la plaine caillouteuse mais il n’y a de plage accessible nulle part.

Sur el sable blanc, je me déchausse, l’eau est tiède à la mêm température que l’air. Au bout de la plage, une barre rocheuse noire contraste avec le sable blanc. Le sable s’écoule comme dans un sablier.

De retour au gîte, nous goûtons aux plaisirs du confort moderne. La lessive sèche au vent sur le séchoir extérieur. A Lanzarote les culottes mettaient deux jours à sécher.

Pour la deuxième fois en moins d’un an depuis que j’ai le petit Nikon bleu, j’efface toutes mes photos de Lanzarote d’un clic. Je suis prête à piétiner cet appareil photo capable de formater la carte quand mon doigt rippe sur la petite roue.

Fuerteventura vendredi20
arrivée à Corralejo, le gite de LLanos Pelados et plages

 

Mary Stuart – Schiller – Ivo Van Hove à la MAC

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J e ne connaissais pas la pièce de Schiller. je ne savais pas non plus qu’elle serait en néerlandais (surtitrée). Le personnage de Mary Stuart  m’intéresse et c’était donc une surprise totale quand la pièce a commencé.

Mise en scène d’une sobriété confinant à l’ascétisme : sur scène, rien, même pas une table ou une chaise. Une rambarde métallique où les comédiens s’appuient ou s’assoient. un rideau de scène métallique, très fine grille où seront projetées plus tard des images. Les costumes sont à l’avenant : les trois femmes en noir, talons-aiguilles, les hommes en costumes noirs assez mal fichus, j’ai eu du mal à les distinguer les uns des autres. Austérité du cachot de Mary

L’œil étant peu  sollicité, l’attention est donc portée au texte traduit projeté. L’oreille s’habitue au néerlandais que je ne comprends pas mais qui me semble  une passerelle convenable entre l’Allemand – la langue de Schiller- et l’Anglais – parlé par les personnages historique. Les Hollandais prononcent à merveille les Lady ou Sir… 

Pendant les premières scènes j’ai du mal à identifier les personnages masculins et à situer l’action. Mary est prisonnière. Elle sollicite une entrevue à Elisabeth. Cette entrevue est un morceau de bravoure. Chacune défie l’autre, la provoque, devant un  parterre de courtisans dont on ne sait pas à qui va la loyauté. Mary, la séduction. Elisabeth, l’autorité. Toutes les deux femmes de pouvoir. la gestuelle est chorégraphiée. On oublie le texte traduit on suit le langages des corps.

Deuxième partie, on sait que Mary va être exécutée, on se demande si Elisabeth triomphera ou si elle en sortira éclaboussée du sang. Sombres complots qui entraînent Mortimer et Leicester… Les reines sont toujours les vedettes dans des robes élisabéthaines magnifique.

Je sors ravie.  2h45, je n’ai pas vu le temps passer. Il me semble que je rêve en néerlandais.

L’Homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura

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Qui était »l’Homme qui aimait les chiens« ?

 

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Dans ce gros roman, les hommes qui aimaient les chiens sont nombreux: cet homme mystérieux qui promène ses deux barzoïs sur une plage de la Havane, cet écrivain cubain devenu vétérinaire, mais aussi  Lev Davidovitch Trotski, qu’on découvre au début de son errance en exil à Alma Ata avec Maya lévrier sibérien.

 

Trois histoires s’entremêlent donc : celle de Trotski, celle de Ramon Mercader son meurtrier et celle d‘Ivan l’écrivain cubain. Toutes trois sont les facettes de l’histoire socialiste, vues de l’intérieur. La Guerre d’Espagne, les persécutions staliniennes indissociables de l’odyssée de Trotski de Turquie au Mexique en passant par la France et la Norvège et plus récemment l’histoire et la vie quotidienne à La Havane.

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Une grande leçon d’Histoire, venue du bloc socialiste, histoire différente de celle qu’on raconte en Occident. Leçon de cynisme et de manipulations. La Guerre d’Espagne perd un  de son héroïsme quand l’auteur montre que les combattants staliniens étaient plus occupés à défaire les anarchistes et le POUM qu’à vaincre les fascistes. Le Pacte Germano- soviétique devient plus compréhensible quand il explique que l’état major soviétique décimé par Staline n’est pas prêt pour la confrontation avec les nazis.

« Tout était organisé comme une partie d’échecs (une de plus!)dans laquelle tant de gens – cet individu que j’allais justement baptiser « l’homme qui aimait les chiens » et moi, entre autres – n’étaient que des pièces livrées au hasard, aux caprices de la vie ou aux conjonctions inévitables du destin? Téléologie… »

Padura, auteur de romans policiers, sait faire durer le mystère, sait aussi écrire un thriller dans la plus grande tradition des romans d’espionnage. Il joue aussi avec l’empathie du lecteur qui ne sait plus démêler les identités ou les fidélités. Evidemment, on connait le dénouement pour Lev Davidovitch, on sait qu’il mourra au Mexique, mais comment Mercader réussira-t-il? Et qui est vraiment Mercader? Les noms changent, les identité se forgent, se transforment,les personnalités sont modelées par les services stalinien, l’amour pour les chiens fait aussi partie de la manipulation.

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Que dire aussi du plaisir de croiser Frida Kalho, André Breton à Mexico « terre d’élection du surréalisme ».

 

Une autre lecture est aussi possible, la difficulté d’écrire à Cuba, l’autocensure, rejoignant l’argument du Retour à Ithaque – film de  Cantet mais scénario de Padura. C’est en revenant du cinéma que j’ai téléchargé L’homme qui aimait les chiens.

Retour à Ithaque
Retour à Ithaque

 

 

Voyage en Chine – film de Zoltan Mayer

TOILES NOMADES 

voyage en chine

C’est un voyage tout en délicatesse, tout en finesse, d’une étonnante légèreté si on considère que c’est un voyage de deuil.

Performance de Yolande Moreau.

Liliane part en Chine rapatrier le corps de son fils décédé dans un accident. Elle va à la découverte de la Chine et retrouve son fils perdu de vue depuis de longues année. Ses amis chinois, la voisine, la fiancée, des inconnus lui parle de Christophe, photographe, qui a su parler le chinois « presque sans accent », qui est tombé amoureux de la culture chinoise, des paysages du Sichuan et de Danjié.

Un sans-faute, depuis le générique – plan fixe -une porte?un tableau? un paravent chinois? La musique, lancinante est discrète, sobre. La beauté des paysages, des visages de gens simples.  Film pudique aussi : mise au point sur des cerisiers en fleur tandis que les visages sont flous.

 

 

 

Les Bas-fonds du Baroque au Petit Palais

LE MONDE EN EXPOS

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Exposition temporaire du 24 février 2015 au 24 mai 2015

LES BAS-FONDS DU BAROQUE

 ou

La Rome du vice et de la misère

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Cette exposition nous convie à une promenade dans Rome vers 1620 – 1640

J’avais cru reconnaître sur l’affiche Le Caravage dont Dominique Fernandez a si bien raconté la vie dans la Course à l’Abîme , lu il y a une dizaine d’années, mais qui m’a laissé un souvenir très vif.

Bien des peintures présentées sont caravagesques quoique plus tardive et postérieure au décès du Caravage. Caravagesques  dans leur thème comme dans la facture ou l’éclairage.

Certaines pittoresques, nous entraînent dans les tavernes où des rites initiatiques bacchiques s’y déroulaient, confrérie de buveurs et de noceurs, trognes d’ivrognes où les maîtres flamands ont excellé – bentvueghels – tricheurs, farceurs…

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Étrange monde interlope, étrange nu masculin rappelant plutôt une Vénus, grossier personnage faisant le signe de la figue.

Promenade aussi dans les ruines, pas encore romantiques, plutôt hantées par les misérables, les mendiants,  pisseur qui se soulage derrière un bloc de marbre…ce n’est pas la Rome officielle du Vatican et des grandes églises ou palais. La Place d’Espagne n’est montrée qu’à cause de troubles ayant suivi une fête.

Lanzarote J7 – La Fondation Cesar Manrique de Tahiche

CANARIES 2015 

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Mobile de Manrique au rond point de Tahiche

 

 

fondation manrique2La fondation fut conçue par le peintre en 1982, dans la maison qu’il habitait avant de s’installer à Haria. 

Elle est bâtie sur deux niveaux : hors sol, un bâtiment moderne aux larges baies ouvertes sur la coulée qui semble entrer par une fenêtre. Cactus et euphorbes se détachent sur la lave noire et les murs blancs.

On devine le salon à la belle cheminée;  les belles pièces d’habitation

sont  des salles d’exposition présentant les collections de Manrique .

 

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Reina Dona mariana en Grises Manolo Valdès

 

Mon tableau préféré est un portrait de Felipe IV de Manuel Valdès :tableau noir, au premier abord, où seuls apparaissent blancs, le visage au dessus d’une large fraise, les mains sortant des manchettes. Lorsque je regarde mieux, un empâtement plus noir que le fond, grumeleux, en diagonale matérialise le corps.

Comme j’ai perdu la photo je me suis documentée sur Manuel Valdès et j’ai trouvé ces deux tableaux un peu dans la même veine. 

 

 

 

 

Deux tableaux de Lam, colorés aux teintes acides, sont figuratifs. L’un d’eux torero ou taureau « aux trois testicules » ne m’a pas plu  (on se demande pourquoi ?).

tapies_l_escala_resourcesofrhetoric_1 Dans l’échelle de Tapiès (1962) on reconnait bien le style du peintre : fond clair, une échelle grise sur un socle noir, des gribouillis noirs maculent la toile.

Une affiche de Miro (1978) s’intitule « avant la lettre ». Deux dessins de Picasso éblouissant de dextérité complètent la collection.

 

Dans les autres salles des toiles abstraites très colorées m’ont moins parlé sauf le triptyque d’Ildefonso Agular (2007) Estructuras  efemeras , sable et pigment, a beaucoup de classe. Le quart du bas est presque entièrement noir puis il s’éclaircit vers le haut. Dans le noir, une griffure figure comme une route sinueuse.

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Ildefonso aguilar

 

Un tableau surréaliste de Juan Ismael  me rappelle le harpiste d’Arrecife.

 

Une salle est consacrée aux esquisses et ébauches de Murales, mobiles de toutes sortes réalisés par César Manrique. Nous connaissons déjà le mobile orange au rond point proche du Jardin des Cactus, un autre très grand très aérien se trouve au carrefour le plus proche, mais il en a conçu d’autres à Tenerife et ailleurs aux Canaries. Dans une vitrine, une sculpture métallique Homenaje al Mar.

Au niveau bas : sous la coulée

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Bulle de lave

 

Un escalier dans la lave nous conduit ensuite aux bulles de laves, salles situées à l’intérieur de la coulée. L’architecture de Manrique utilise la nature, se l’approprie, la met en valeur. Le sol y est laqué de blanc ainsi que le bas des murs.  Ce blanc éblouissant fait ressortir les éléments végétaux : grands philodendrons et plantes dégoulinantes du petit patio où une fontaine sourd d’un rocher arrondi. Ces bulles ont éclaté dans leur apex, un élément végétal, palmier, figuier semble crever la bulle pour chercher la lumière.

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Après le patio, un couloir nous conduit dans une bulle blanche qui est un salon au canapé de skaï blanc, on passe ensuite à la bulle rouge : rouge des canapés et des éléments décoratifs, puis à la bulle jaune (canapés écossais) et enfin à la piscine – miniature de Jameos del Agua.

 

Enfin, nous arrivons dans un vaste hall d’exposition où sont accrochées les toiles du maître de maison. 13 grands tableaux où le brun domine mais où le rouge est très présent ; il y en a même un bleu. Les empâtements, les épaisseurs, les matériaux inclus donne un relief frappant. Peinture abstraite où on peut imaginer le sujet.

Enfin, un diaporama montre Manrique avec son chien, à la piscine ….

 

Lanzarote J7 – la Geria – la Santa

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Vue de notre gite : Casa Sandra
Vue de notre gite : Casa Sandra

Nous avons terminé les  visites « incontournables ». Il  reste un jour pour tranquillement nous laisser porter par le hasard des petites découvertes. Nous aurions dû rester plus longtemps sur Lanzarote pour marcher, dessiner, profiter de notre véranda.

Balades à pied à la Geria

la geria  promenade
De la route j’ai pris la piste dans les vignes

 

Par une matinée  ensoleillée, le vent faire courir des nuages épars qui ne s’arrêtent pas. Au rond point du Monumento al campesino nous empruntons la route de Masdache, village de maisons blanches dans les vignes, et nous arrêtons au croisement avec la piste «  carratera centrale » conduisant à un volcan noir Montana Negra. Je m’élance sur cette balade piétonnière qui traverse une coulée à la surface plutôt lisse fendue de grosses fentes, larges fissures beaucoup plus régulières que dans les Malpais. Les lichens recouvrent la surface de la coulée et les euphorbes s’installent. Au pied du volcan, sous un palmier solitaire et très haut, je suis les balises jaunes et blanches d’un PR.

Le haut palmier est enfoncé dans un puits profond. Autour du cône volcanique, un haut mur longe le rebord de la coulée et forme un couloir où un énorme figuier s’est épanoui.

Le PR quitte la piste,  devient un petit sentier non balisé mais visible qui retourne à la route traversant une zone cultivée creusée d’entonnoirs. Ici, le vignoble n’est pas entretenu, des arbres s’installent dans les creux ; des géraniums aux fleurs roses fleurissent. Une demi-heure plus tard je rebrousse chemin. Un peu plus loin des balises jaunes et blanches promettent une autre promenade dans les vignes. Mais la balade tourne court, premier avertissement « propriété privée défense d’entrer! »prenant l’autre chemin j’arrive encore à une maison. Je crains les chiens et évite de m’approcher des maisons isolées.

La Santa

l'Atlantique déchaîné à la Santa
l’Atlantique déchaîné à la Santa

Envie de mer. Besoin d’essence. Nous reprenons la LZ-56 vers Tinajo passant devant le volcan des Corbeaux d’hier que je ne reconnais pas tout de suite.

De Tinajo nous continuons vers La Santa, station balnéaire construite en face d’un îlot. Restaurants sur le bord de la route, petites maisons blanches, un hôtel-club monstrueux de l’autre côté de la lagune aménagée en marina, plage en saison ? Nous faisons le tour de la petite île ronde déjeunons devant le spectacle de l’Atlantique déchaîné. Les rouleaux se brisent sur les rochers noirs dans un nuage d’embruns comme un feu d’artifice avec une mousse écumeuse. Nous guettons les plus hautes vagues. Ce n’est pas l’écume le plus beau mais le rouleau d’une couleur menthe glaciale qui s’enroule et se déroule. J’imagine le plaisir des surfeurs. J’ai aussi une pensée pour les pirogues charges d’immigrants partant du Sénégal ou de Mauritanie. Comment imaginer naviguer sur cet océan hérissé de crêtes ? Comment imaginer aborder sur ces côtes gardées par des rochers intraitables. Les plages accueillantes sont rares aux Canaries. Ce vent terrible est-il habituel?ou assistons-nous à une tempête ? La météo du Smartphone fait état de 42km/h  qui n’est pas exceptionnel, mais où l‘a-t-on mesuré ? Je remarque au retour, les buissons de salicornes noyés dans la mer. Cela me fait penser aux grandes marées. Les salicornes ne poussent pas dans la mer et sont occasionnellement inondées.

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Lanzarote J6 – parc des Volcans

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Parc des volcans
Itinéraire du J5 : Parc des volcans, La Geria, El golfo Salines

 

timanfaya

Départ très tôt à 8h15 pour arriver les premières à ‘ouverture du parc. A 9h, s’ouvre la barrière de la route qui conduit au Parc de Timanfaya, le volcan entré en éruption en 1730 ? Le parc s’appelle aussi Montanas del Fuego. La route traverse un immense champ de lave AA correspondant à une surface très irrégulière où la croûte superficielle de la coulée s’est solidifiée très rapidement, fracturée, hachée en écailles plantées à la verticale ou dans le plus grand désordre.

 

La petite route monte  au point de départ des autocars sur une éminence où est édifié un magnifique restaurant dessiné par César Manrique : El Diabolo – le petit diable est aussi la mascotte du Parc.

Faisons un petit geyser!
Faisons un petit geyser!

Dès notre arrivée, les Rangers du parc – chaudes parka et passe-montagnes – nous font garer et nous accueillent. Le prologue à la visite st une démonstration que le volcan respire encore, que le magma est proche et que le sous-sol est brûlant(Dommage qu’il ne nous réchauffe pas, il fait un vent glacial). Le garde me donne dans la main quelques graviers pris par terre, ils sont tièdes ! Des buissons épineux bien secs attendent d’être tassés dans un creux profond de moins d’un mètre, ils s’enflamment instantanément. Puis c’est un seau d’eau qu’on déverse dans un tube fiché dans le sol.

Pfffuuuttt!!!!
Pfffuuuttt!!!!

Le jet de vapeur fuse à grand bruit. On passe au restaurant voir le barbecue naturel où cuisent en robe des champs de grosses pommes de terre et des demi-poulets rôtissent à la géothermie.

Barbecue géothermique
Barbecue géothermique chez El Diabolo

Nous sommes arrivées les premières, occupons le premier rang dans le premier car qui démarre ; le spectacle est grandiose. Le grand car se faufile sur le fin ruban de goudron avec dextérité. Une bande sonore (espagnol-anglais) raconte l’éruption de 1730, lisant le témoignage du curé de Yaiza. La musique dramatique accompagne le voyage. Nous aurions envie de tout photographier et consacrons beaucoup d’énergie pour essayer d’éviter les reflets et autres artefacts. En collant l’objectif en en débrayant le flash les résultats sont meilleurs. Nous aurions peut être mieux fait de nous laisser aller au plaisir de l’excursion et aux points de vue magnifiques.

 

Vu du ciel l'alignement est parfait
Vu du ciel l’alignement est parfait

Le nombre de cônes et de cratères est impressionnant. Il n’existe pas vraiment de volcan Timanfaya mais plutôt un alignement de petits cônes sur une faille orientée WSW-INE. L’éruption de 1730-1736 fut une éruption fissurale ;la carte offerte par le  Parc montre les cratères alignés. Les petits cônes sont recouverts de matériaux pyroclastiques soit noirs brillants soit rouges. Certains monticules, les Islotes n’ont pas été recouverts par la lave et les cendres mais ne sont pas forcément indemnes de magmatisme. Le restaurant est installé sur l’islote Hilario. Hilario fut un ermite qui vécut 15 ans en seule compagnie de son dromadaire et qui planta un figuier qui ne fleurit jamais en raison de la chaleur du sol.

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Vu du car, on se croit sur la lune!

 

Après le circuit nous visitons le Centre des visiteurs situé à l’entrée du Parc sur la route de Tinajo. Les panneaux racontent le volcanisme, décrivent la faune et la flore. J’y glane le nom de plantes que je cherche depuis longtemps Ulvilla de mar : Zygophyllum fontanasii  – et le nom espagnol des Euphorbes Taibabal. Confirmation sur le rôle des alizées dans la colonisation des Malpais par les lichens. La guide du Parc bat le rappel : une simulation de l’éruption du Timanfaya a lieu dans le sous-sol. Le sol est surélevé et nous montons sur une estrade, des rochers nous entourent. Il faut imaginer la panique des paysans du 18ème siècle qui ne connaissaient rien aux volcans. Le son était si puissant qu’il résonnait jusqu’à Ténériffe à 230 km de là. On peut imaginer qu’ils crurent à la fin du monde. 40ù de la population émigra dans les îles voisines. L’éruption dura 6 ans. Nous ‘aurons que 3 minutes d’ »enfer » avec des craquements du sol, des roulements infernaux, des rougeoiements et des fumerolles. Le bruit ne m’a pas terrifiée mais je n’avais pas pensé à la fumée. Après la  démonstration nous demandons à la dame très gentille de nous indiquer des promenades.

Volcan los Cuervos
Volcan los Cuervos

On peut faire le tour du volcan de los cuervos (corbeaux) et même entrer dans le cratère pour environ 1h. Prendre la LZ-67 vers Tinajo  tourner deux fois à droite pour trouver LZ-56 en direction de La Geria au km garer la voiture au parking.

Nous avons été trop impatientes, un peu après le km3 nous trouvons sur la gauche un parking avec le départ d’une promenade autour d’un cône orange-rouge. Je suis le parcours pendant une petite heure. Heureuse de marcher sous le soleil. Le chemin est bien balisé, des pierres sont alignées de chaque côté de la piste. Il pousse même des géranium sur le parcours ; malheureusement les panneaux explicatifs ont été enlevés. Il faut que j’imagine les interprétations moi-même. Promenade facile et plate. Je n’ai pas trouvé l’entrée dans le cratère annoncé par la guide. Et si je m’étais trompée de volcan ?

C’est effectivement le cas : au km 4, sur la droite, sont garées e nombreuses voitures. De la route, on voit le cône égueulé ouvert au niveau du sol, béant. Le voilà le volcan de los Cuervos ! Ici aussi la piste est bordée de grosses pierres, il y a du monde. Les panneaux sont bien à leur place. Je les parcours distraitement : il n’y a pas de temps à perdre. Devant les surfaces AA du Malpais, on évoque une « mer de lave » : mer bien déchaînée comme l’est l’Atlantique en ce moment. Un autre panneau détaille les facteurs de dépôt des lapilli : le vent en est un important, capable de dévier les pyroclastes et de les accumuler dynamiquement. Sur certain cônes se forment les mêmes rides que sur les dunes (vu ce matin du car). L’entrée dans le cratère est étroite, de gros rochers comme des guetteurs se dressent de chaque côté, propylées infernales. On devrait imaginer qu’autrefois il y a avait un lac de lave fluide. Il est maintenant tapissé de lapilli gris clair. J’ai mis 25 minutes pour atteindre le cratère. Si je reprends le même chemin cela fera 50minutes alors que si je fais le tour cela prendra une heure. On déjeunera plus tard mais je ne veux pas renoncer au tour ; Avec le vent de face j’ai du mal à marcher vite pour tenir les délais. J’ai plutôt l’impression de faire du sur-place en montant dans les gravillons.

lanzarote J6 – la Geria – El Golfo – Salines

CANARIES 2015

après midi, La Geria, El Golfo Salines
après midi, La Geria, El Golfo Salines

La route LZ- 56 nous conduit à La Geria , vallées des exploitations viticoles. Le sol est creusé d’entonnoirs  avec des murs en arc de cercle protégeant un cep de vigne qui rampe au sol. En ce moment, on ne voit que des ceps tortueux, les sarments ont été soigneusement taillés  et les nouvelles pousses sont encore en bourgeons. Parfois des murs plus hauts abritent un gros figuier, souvent complètement défeuillé, mais les figuiers sont capricieux, certains arborent un beau feuillage vert. De temps en temps, un haut palmier se détache sur la montagne. Il n’a pas besoin d’abri ! Comment est-il arrivé là ? Contrairement au Parc complètement désert que nous venons de quitter, ou aux autres régions où l’habitat est regroupé dans des villages tout blancs, à La Geria les exploitations viticoles sont dispersées dans le vignoble. Grosses bodegas proposant des dégustations, belles fincas blanches. Certaines exploitations s ‘intitulent « Musée du vin ». Beaucoup de voiture sur les parkings. C’est une région animée.

La vigne est arrivée à Lanzarote au 19ème siècle après l’éruption du Timanfaya qui a stérilisé une bonne partie des terres arables. Le vin doit être d’excellente qualité pour justifier tout le travail mis en œuvre (creuser les trous construire les murettes taille et traitements….) Certains ceps sont soutenus par des supports de planches.

El Golfo vu du ciel
El Golfo vu du ciel

 

Yaiza : changement d’atmosphère. Grands ronds-points fleuris, voies rapides, rocades, autoroute reliant l’aéroport aux stations balnéaires. C’est la partie balnéaire  de Lanzarote, où l’automobile est reine et le touriste pressé.

La route pour El Golfo longe le Parc de Timanfaya. El Golfo est un village de pêcheurs (ou plutôt de restaurants de poissons touristiques). Un phénomène volcanique tardif a creusé un maar, caldeira  d’effondrement comme au Lac Pavin.  Séparé de la mer par une plage noire, une jolie lagune verte a une couleur unique. Les roches sont rouges, noires, certaines grises et même jaunes. Un sentier bien pentu descend à la plage. Comme promis par le guide Evasion, je remonte une poignée de cristaux d’olivine.

 

Salines
Salines

les Salines

Route  en corniche. Les vagues battent les rochers noirs. Les salines sont en retrait dans une petite vallée. Ici aussi, l’eau sur-salée est vert amande. Dans les oeillets à sec, le sable jaune est colonisé par des buissons verts. Plus loin, les bassins d’évaporation sont roses, ceux qui sont pleins de sel, blancs brillant. Mosaïque de couleurs, puzzle aux pièces géométriques qui épousent le creux.

Pour rentrer, nous nous égarons dans les ronds-points de Yaiza qui se ressemblent tous. Le GPS  nous ramènera à bon port à Mozaga.

Lanzarote J5 – Teguise

CANARIES 2015 

Castillo Santa Barabara
Castillo Santa Barabara

Teguise est l’ancienne capitale de l’île, quand les dangers venaient de la mer. Supplantée par Arrecife au 19ème siècle, c’est une jolie ville ancienne, de la dimension d’un village.

A l’entrée de Teguise, perché sur le volcan de Guanapay aux flancs orange et grès ravinés, se trouve le Castillo santa Barbara . Edifice au plan carré il ressemble aux castillos d’Arrecife. Edifié au 14ème siècle par Lancelotto Malocello ou au 15ème (Wikipedia donne la date de 1402), il acquiert en 1596 son aspect actuel. Teguise était alors la capitale de Lanzarote et le restera jusqu’au 19ème siècle. Le fort fut édifié pour résister aux attaques des pirates. C’est donc tout naturellement que le Musée du Castillo Santa Barbara soit consacré à la piraterie.

L’iconographie est très variée, avec de nombreux emprunts à la BD et aux affiches de films de pirates.  L’exposition est très accessible pour les enfants, mais pas seulement. Des grand portrait des pirates fameux ornent les murs.

Nelson blessé à Teneriffe
Nelson blessé à Teneriffe
  • Nelson, le plus célèbre attaqua en 1797 les Canaries et y perdit son bras droit, est le dernier d’une longue liste commencée à la conquête normande en 1402. Entre 1550 et 1618 il se succédèrent :
  • 1522 Jean Fleury
  • 1553 Leclerc « jambe de bois » a perdu sa jambe à Guernesey
  • 1586 : Morato Arraes cité par Cervantès
  • 1585-1598 : George Clifford considérait les Açores comme son fief
  • 1583-1595 Francis Drake
  • 1657 Robert Blake a essayé d’envahir Ténériffe
  • 1618 Soliman attaqua Lanzarote et vola la vierge de Guadalupe de l’église de Teguise

    Francis Drake
    Francis Drake

La liste n’est pas exhaustive, tous ne sont pas célèbres, mais cet échantillonnage montre la diversité des pirates !

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Musée de la piraterie

 

Nous terminons l’après midi à Teguise, l’ancienne capitale qui tient plus du village que de la ville ;

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Place de la constitucion

Derrière l’église, nous découvrons la très jolie Place de la Constitucion triangulaire, comprise entre la Casa Museo Palazio Spinola et une autre Casa museo, toutes les deux fermées après 16h en saison hivernale. La place est occupée par un jardinet triangulaire orné d’une statue de bronze et de nombreuses potiches. Petite ville charmante aux belles portes closes et hautes fenêtres vertes. Nombreuses terrasses de cafés sont installées dans la rue, vides à cause du vent sans doute.

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Rue tranquille à Teguise