les Maîtres Sonneurs – George Sand

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

J’ai dévoré ce gros roman de plus de 500 pages en 2 jours et j’ai adoré!

Comme pour la Petite Fadette, le récit est conté par le chanvreur au cours de trente deux veillées :

« soirées de breyage ; c’est ainsi, tu le sais, qu’on appelle les heures assez avancées de la nuit où l’on broie le chanvre »

et toujours dans la langue berrichonne si savoureuse.

L’action se déroule dans le Berry aux alentours de Nohant, au XVIIIème siècle, sous l’Ancien Régime. 

 

Trois enfants, compagnons de catéchisme sont inséparables : Tiennet, le narrateur, sa cousine Brulette, et Joseph, l’ébervigé, le rêveur qu’on pense un peu demeuré. En grandissant Brulette devient une jeune fille très courtisée. Tiennet un paysan travailleur. Joseph part se louer mais ne semble pas s’accomplir au travail de la terre. Les deux jeunes gens sont amoureux de Brulette. Qui sera l’élu? D’autant plus qu’elle a de nombreux galants. 

Joseph, est habité par la musique, il veut cornemuser et, pour cela, se trouve un maître dans le Bourbonnais.

« Il nous fit voir une musette si grande, si grosse, si belle, que c’était, de vrai, une chose merveilleuse et telle que
je n’en avais jamais vue. Elle avait double bourdon, l’un desquels, ajusté de bout en bout, était long de cinq
pieds, et tout le bois de l’instrument, qui était de cerisier noir, crevait les yeux par la quantité d’enjolivures de
plomb, luisant comme de l’argent fin, qui s’incrustaient sur toutes les jointures. Le sac à vent était d’une belle
peau, chaussée d’une taie d’indienne rayée bleu et blanc ; et tout le travail était agencé d’une mode si savante, qu’il ne fallait que bouffer bien petitement pour enfler le tout et envoyer un son pareil à un tonnerre. »

A l’époque, les provinces étaient différentes, exotiques presque, les langues différaient. Auvergnats et Berrichons se comprenaient à peine. George Sand nous fait découvrir de nouvelles contrées, paysages pittoresques et  nouvelles manières de vivre.

« Vous êtes gens de bêche et de pioche, et faiseurs de grandes tâches qui se voient au soleil ; mais il vous faut
ensuite la couette de fin duvet pour vous reposer. Nous autres, gens des forêts, nous serions malades s’il
fallait nous ensevelir vivants dans des draps et des couvertures. Une hutte de branchage, un lit de fougère,
voilà notre mobilier, et même ceux de nous qui voyagent sans cesse et qui ne se soucient pas de payer dans les auberges, ne supportent pas le toit d’une maison sur leurs têtes »

Courbet

Bûcherons ou bûcheux comme George Sand les appelle,  exploitent les forêts denses, ils ont une vie libre et fruste. Les muletiers vont transportent le bois et le charbon entre les chantiers et les paysans. Les muletiers ont mauvaise réputation, comme souvent les nomades parmi les sédentaires. Corporation des Maîtres Sonneurs, dont les règles sont strictes avec concours de musette mais aussi rites secrets. 

Ce roman est très riche. Roman d’amour :

« ne sait-elle point, s’écria Thérence, qu’il y a ici trois garçons qui l’aiment et dont elle se joue ? Joseph qui en
meurt, mon frère qui s’en défend, et vous qui tâchez d’en guérir ? Prétendez-vous me faire accroire qu’elle n’ en sait rien et qu’elle a une préférence pour l’un des trois ? Non ! elle n’en a pour personne ; elle ne plaint pas Joseph, elle n’estime pas mon frère, elle ne vous aime pas. »

Roman d’aventure avec bagarres aux poings et aux bâtons. Buveries et danses des fêtes villageoises. Nombreux personnages. Et surtout des personnage en évolution : Joseph, l’ébervigé, s’avère un musicien très doué, une personnalité originale. Brulette passera par différentes étapes, fillette appliquée, reine du village, amoureuse, nourrice….On s’attache aussi aux personnages secondaires très bien campés.

Superstitions et croyances. Souvent la sorcellerie et le Diable ne sont pas loin.

Théodore rousseau : le massacre des grands chênes

On retrouve aussi l‘amour de George Sand pour les arbres. Elle a défendu la Forêt de Fontainebleau avec Théodore Rousseau et d’autres artistes. écoutez le podcast de RadioFrance : CLIC

« Et puis, je me lasse de couper des arbres. Sais-tu, Tiennet, que je les aime, ces beaux vieux compagnons de ma vie, qui m’ont raconté tant de choses dans les bruits de leurs feuillages et les craquements de leurs branches !
Et moi, plus malsain que le feu du ciel, je les en ai remerciés en leur plantant la hache dans le coeur et en les couchant à mes pieds, comme autant de cadavres mis en pièces
[…]
Ne ris pas de moi, je n’ai jamais vu tomber un vieux chêne, ou seulement un jeune saule, sans trembler de pitié ou de crainte, comme un assassin des oeuvres du bon Dieu. »

Ne comptez pas sur moi pour dévoiler l’intrigue. Lisez-le!

Au pied du Palais de Justice Porte de Clichy, Parc Martin Luther King

TOURISTE DANS MA VILLE

Une affaire familiale au Palais de Justice m’a fait découvrir le Parc des Batignolles par cette matinée de printemps très ensoleillée. Plaisir de la promenade dans les arbres en fleurs.

palais de Justice

Plaisir aussi de découvrir tout un quartier qui a surgit de terre cette dernière décennie.

façades variées

Et comme l’heure du déjeuner était arrivée, nous nous sommes installés en terrasse au restaurant argentin Palermo à proximité du marché des Batignolles, Rue des moines,  très animée et plus traditionnelle. 

Palermo

Qui dit « argentin« , dit excellentes grillades d’Angus . A la carte empanadas délicieuses ou ceviche. Une boutique adjacente vend également des produits exotiques et des empanadas à emporter.

Nadia Myre -Des océans et des ombres -à l’Orangerie du Château de Chamarande

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 7 février au 12 avril 2026

Ocean’s lament

 

Le parcours de l’exposition commence dans l’Auditoire par une vidéo : une femme dans le cercle d’un grand hublot contemple l’océan agité. Au About de quelques minutes, je sens le mal de mer. Mon cerveau ne sait plus interpréter les repères entre la figure immobile et l’eau mouvante. Déstabilisation océanique.La suite est à l’intérieur de l‘Orangerie. Deux tables au centre de la pièce, des photos et des objets aux murs.

La médiatrice me conduit à l’installation Ocean’s Lament. Aucune explication, elle me conseille de respirer, sentir l’odeur qui se dégage, puis de deviner l’origine de ces petits tubes crème montés somme les perles d’un improbable collier. Ce sont les tubes de pipes des marins provenant de la vase de la Tamise. J’ai déjà lu quelque chose sur les trouvailles dans les sédiments de la rivière à Londres. Combien de tubes? combien de pipes? combien de marins? de voyages transatlantiques? Cette matière première fait rêver et se relie au titre « Des océans et des ombres »

Une sorte de tapis tissé de cylindres rouge et blancs évoque clairement les bandes du drapeau étatsunien. Ce n’est pas un hasard. Nadia Myre est canadienne et algonquine; ses œuvres mettent en évidence les mémoires et les héritages coloniaux. les cylindres sont en céramique fabriqués par l’artiste elle-même

After the fire

les douze photos carrés au même motif m’interpellent : de loin je crois voir des radiographies de poumons . Quand je m’approche j’ai la surprise de découvrir des mocassins, des chaussons d’enfant sagement rangés par paire; la médiatrice m’explique qu’ils ont été trouvés dans une institution où sont morts de nombreux enfants enlevés à leurs parents autochtones pour être élevés par des soeurs. Histoire poignante de ces enfants enlevés, acculturés, puis décédés.

chaussons d’enfants

Un objet est la clé de l’installation : le wampum . A l’origine le Wampum est un collier de coquillages porté parfois comme une écharpe ou une ceinture. Le Wampum symbolisait un accord, un traité comme un document signé ou un sceau. Les colons britanniques ou français rapportèrent des wampum témoignant de la conquête de territoires autochtones

nadia myre : wampum

la plasticienne s’est inspirée de cet objet traditionnel pour construire cette installation. Les perles sont ici en céramique, comme dans le tissage à rayures rouge et blanches. Le collier de tubes de pipes procède probablement de la même inspiration.

Des plumes en porcelaine blanches rappellent encore les traditions algonquines.

Cette installation m’a fait beaucoup voyager, elle m’a aussi émue

 

 

Domaine de Chamarande –

BALADE EN ILE DE FRANCE

Buffet d’eau et château

Chamarande est un village de l’Essonne situé à une cinquantaine de kilomètres de Paris non loin d’Etampes accessible en voiture par la RN20 et en train par le RER C, la gare se situe tout près du domaine. en revanche, se munir de son pique-nique, pas de commerces ni cafés au village, seulement une boîte distributeur de pain, qui a volé mes 2€ et pas délivré la baguette attendue. 

Château de Chamarande côté cour

Le château (1654)d’architecture Louis XIII, briques et pierre, toit d’ardoises, parfaitement symétrique. Il abrite les Archives départementales et un centre d’Art Contemporain. Il ne se visite pas actuellement (en travaux, ouverture prévue 2028). Les expositions sont dans l’Orangerie : du 7 février au 12 avril 2026 Nadia Myre : Des océans et des ombres. 

Le Parc  des 98 ha offre plusieurs parcours de promenade avec des bornes commentées et même un QR code pour encore plus d’explications. Il est équipé nombreuses tables de pique-nique ainsi que de parkings (obligatoires parce qu’on ne peut pas se garer dans le village).

L’église de Chamarande

Avant d’explorer le domaine, le village mérite un détour à pied. Il est ravissant et très calme.

Du parking, j’ai découvert le grand potager aménagé au XVIIIème siècle par Pierre Contant d’Ivry qui a dessiné le jardin à la française. Carré, enclos de quatre murs de pierre palissés de vieux arbres fruitiers en espaliers, il était cultivé selon un plan original où des losanges remplacent les carrés habituels. Plusieurs bassins ronds étaient prévus pour l’arrosage. on y cultivait les légumes consommés au château, pois, fraises….

L’auditoire

L’auditoire n’était pas un pavillon d’agrément mais le lieu où se tenaient les audiences de justice. C’était le symbole de la puissance de la Noblesse sur les bourgeois. Le seigneur, propriétaire du château avait droit de justice. Sous le bâtiment se trouvaient deux cachots. 

A côté de la belle grille, on a construit une grande volière semi-circulaire. Un peu plus loin, l’Orangerie. Pierre Contant d’Ivry  a aménagé le parc en 1737 avec plusieurs fabriques et pavillons d’agrément. 

le Pavillon des grâces, est une curieuse construction, plutôt un abri pour s’isoler. Il est défiguré par une statue rouge figure biface assez grossière due à Elmar Trenkwalder.  Les grâces auraient été effrayées par cette horreur.

Je découvre la glacière partiellement enterrée pour conserver la glace nécessaire pour les sorbets et rafraîchissements. 

jeu de l’Oie

Le Jeu de l’Oie (1742)se pratiquait à l’extérieur suivant deux allées circulaires bordées de dalles matérialisant les cases. Des buissons, des petits charmes, des boules de graminées bordent le parcours tandis que des petits cyprès graphiques rythment le jardin. Les restaurations datent de 1999 et 2018. Au centre  se trouve une oeuvre contemporaine : un marbre de Denis Macrez

Denis Macrez : corps en éclosion

C’est l’œuvre contemporaine que j’ai préférée.

« corps en éclosion, en devenir, un corps qui se fond dans la roche, dans le bloc de marbre en disparaissant et en retournant aux origines »

J’ai été beaucoup moins sensible aux diverses installations présentées dans le parc.

le belvédère

Le Belvédère, 1745, perché sur un tertre artificiel, domine le paysage ; il était dédié à la détente, pavillon de chasse et de musique où l’on donnait des concerts et des collations;

L’allée s’engage dans une partie plus sauvage du parc, une forêt  de très beaux arbres. On devine de loin la grande perspective avec le château.

canal des houx, plus de houx, ce sont des platanes

En descendant j’aboutis à la Juine et au marais parcouru de canaux ménageant des perspectives et des tableaux d’eau et de végétaux  comme l’île artificielle à la jonction de deux canaux bordée des racines des cyprès chauves

île artificielle

je longe un moment la Juine, affluent de l’Essonne assez large qui permettait le transport local avant l’arrivée du chemin de fer en 1850. Retour au château par le Canal des amoureux en cherchant les sculptures contemporaines cachées (un vieux camion, une feuille d’acier Corten pliée : Busto N°7 de Francesco Moreti) et d’autres réalisations du même acabit : grandes plateformes en croix blanches Troisième système de Bert Theis en référence au jardin à la française (?) et pire s’inspirant du Plan pour la ville de Paris de e Corbusier (1922) !

Echelle 1.0 de Phiklippe Ramette

Non! ce ne sont pas des couvreurs géants qui font la réfection des toits et qui ont posé une échelle disproportionnée. C’est une sculpture qui est censée offrir une illusion d’optique en laissant imaginer au spectateur que le château aurait rapetissé. Pour l’art contemporain, je fais des efforts mais je ne pige pas toujours.

Platane Hybride

je préfère laisser le dernier mot à la nature et au Platane Hybride qui se marcotte

Silas Marner, Le tisserand de Raveloe – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Silas Marner est tisserand dans un village des Middlands. Seize heures par jours, comme une araignée, il tisse dans sa maisonnette isolée. Etranger au village, de physique peu séduisant avec ses yeux proéminents, c’est un personnage marginal, un peu craint, suspect aux habitants de Raveloe. Avant d’arriver au village, il vivait dans une communauté religieuse d’où il a été banni, accusé à tort de vol. Il s’est refermé sur lui-même. Tisser du lin, rapporte bien; Avec son travail acharné, Sileas Marner a accumulé un trésor. Sa seule satisfaction est de contempler les piles de pièces d’or.

Le début du roman est sombre. Le personnage étrange, peu attirant. Les villageois ne sont pas plus gais. Le squire Cass, le personnage le plus important du village, et ses fils, ne sont pas plus sympathiques. Dunsey, exerce un chantage auprès de son aîné, Godfrey qui cache un sombre secret. Le roman s’enfonce dans le mystère des sentiers creux, des bois touffus où les nobles chassent.

Silas découvre le vol de son trésor. Désespéré, il va à l’auberge chercher son voleur. Paradoxalement, cet évènement lui gagne la sympathie des villageois.

Conte de Noël? Pendant le Réveillon, dans la campagne couverte de neige, une pauvre femme meurt de froid à proximité de la maison du tisserand. La petite fille qu’elle portait trouve refuge devant l’âtre de Sileas Marner. Les boucles blondes de l’enfant se confonde avec l’or perdu. La petite fille devient le trésor du tisserand qui l’adopte. Elle éclaire littéralement le récit.

J’ai été charmée par ce roman, dans la même veine que La Petite Fadette mêlant la description de la vie rurale, juste avant que l’industrialisation ne s’installe. L’usine qui s’installe dans l’ancienne ville de Silas montre que la modernité bouscule l’ancien monde. Cette campagne anglaise est encore imprégnée de mystère comme dans un conte.

22 Mapesbury Road – Rachel Cockerell

FAMILLE MEMOIRE ET QUÊTE D’UNE TERRE PROMISE

Enquête familiale sur trois générations, sur trois continents et près d’un siècle.

L’ancêtre David Jochelman (1869-1941) arrive à Londres dans les années 1910 et s’investit dans le mouvement sioniste aux côtés d‘Israël Zangwill (1864 -1926)écrivain  britannique, très célèbre l’auteur des Enfants du Ghetto. 

Son fils Emmanuel Jochelman, (1898- 1939)sous le nom de plume de Emjo Basshe fut un dramaturge Newyorkais qui s’impliqua dans le théâtre expressionniste expérimental en compagnie de Dos Passos et d’Hemingway, entre autres. Ses demi-sœurs Fanny  et Sonia vivaient à Londres dans la belle maison de 22 Mapesbury Road, qui a donné le titre du livre. 

La troisième génération, née dans les années 1930-1940, ont vécu la Seconde Guerre Mondiale à Londres, puis certains s’installèrent en Israël à la création de l’Etat d’Israël.

Ce n’est pas tout à fait une saga familiale que Rachel Cockerell mais plutôt une enquête très documentée sur le mouvement sioniste, du Congrès de Bâle fondateur à la Création de l’Etat hébreu, en passant par différentes péripéties dans la recherche d’une Terre Promise qui ne fut pas obligatoirement située en Palestine et qui passa par Galveston (Texas). 

La forme du livre m’a déroutée. De grandes marges, pourquoi ces marges? Et puis des liens qui nous renvoient à des articles de Presse ou à des essais. L’autrice a mené son enquête et construit un texte comme une mosaïque ou un patchwork de citations. Elle présente les différents acteurs du mouvement sioniste par la plume de témoins, ou de critiques.

Première partie Vienne, Bâle, Galveston

Le chapitre 1er fait le portrait de Théodor Herzl, quelques lignes, parfois plus de journalistes ou de Schnitzler, Stefan Zweig, Chaïm Weizmann, Zangwill…

Le chapitre 2 nous fait connaitre Zangwill avec des témoignages de presse et d’écrivains

Chapitre 3 : récit du Congrès de Bâle selon le même procédé. 

Chapitre 4 : le pogrom de Kichinev. Ch. les réactions des politiques : Winston Churchill, Chamberlain. l’urgence d’offrir un refuge aux Juifs de Russie est reconnue. . Le territoire n’est pas forcément la Palestine : les britanniques proposent une colonisation en Afrique de l’Ouest. A Bâle, le congrès se divise sur ses objectifs. la Terre Promise sera-t-elle l’Ouganda? Ch. 8 : 1904, décès de Herzl. le mouvement sioniste a perdu son leader charismatique .

Selon Chaïm Weizmann, au VIIème Congrès le projet Ouganda est liquidé. Une nouvelle organisation pour un « sionisme sans Sion » va se mettre en quête d’un territoire : en Cyrénaïque, en Mésopotamie en Australie, en Angola etc…mais aucun ne convient, aucun n’est vraiment dénué de peuplement.

Jacob Schiff : « il me semble que la terre promise des juifs c’est l’Amérique »

Ainsi Schiff et Zangwill mettent sur pied le Mouvement de Galveston organisant l’émigration de milliers de Juifs Russes vers le Texas et le Sud Ouest des Etats Unis. La conclusion théâtrale serait-elle la pièce de Théâtre The Melting Pot de Zangwill?

Deuxième partie : New York 

Selon le même principe, l’autrice retrace la vie et l’œuvre du fils ainé de David Jochelmann à New York. On y découvre la vie des Juifs américains et le théâtre newyorkais et le théâtre. Le livre prend une tournure plus personnelle quand la narratrice, Emjo, la fille d’Emjo Basshe, le dramaturge, prend la parole. il n’est plus question de sionisme. 

Troisième partie : Londres

La famille est installée à 22 Mapesbury. On assiste de Londres à la montée du nazisme. Le 20 juillet 1933, une manifestation monstre des Juifs traverse la ville contre l’hitlérisme. Un nouveau personnage se présente : Jabotinsky qui ramène le sionisme au cœur du livre. Avec les persécutions en Allemagne, la guerre et l’Holocauste, la question d’un Etat Juif redevient urgente.

Témoignage de la vie sous le Blitz à Londres. Comme dans la deuxième partie, la saga familiale prend le dessus sur l’Histoire. La cousine américaine vient en visite.  Le lecteur  suit  avec plaisir la famille de l’autrice.

L’Histoire n’est pas bien loin : émigration d’une partie de la famille à  Jérusalem. Churchill entre dans le débat. Occasion pour nous d’assister à la création de l’Etat d’Israël et de suivre Ben Gourion dans sa déclaration de l’établissement de l’Etat Juif.. Liesse mais aussi début de la catastrophe pour les Palestiniens, qui n’est pas occultée.

London Daily News:  « C’est une des ironies les plus tragiques de l’époque moderne que l’établissement d’un foyer pour les Juifs, qui ont tant souffert, doive impliquer un si grand malheur pour autant d’Arabes
impuissants. Victor Gollancz, The Times Mieux que quiconque, les Juifs devraient comprendre ce qu’être un
réfugié veut dire. Qu’ils restent passifs face à cette tragédie est simplement impensable »

C’est donc une somme historique passionnante!

 

 

Promenade dans Maisons Alfort – pavillons et cités de briques

TOURISTE DANS MA VILLE

La promenade commence à la Gare de Maisons-Alfort/Alfortville La voie ferrée arrivée en 1849, avec la Seine et la Marne peut commencer une industrialisation dans la plaine qui est encore maraîchère. Notre petit groupe s’engage dans des rues tranquilles entre petits immeubles de brique et pavillons de meulière.

Patricia, notre guide, nous fait remarquer les appareillages de la maçonnerie, les constructions soignées : les joints décoratifs entre les gros moellons de meulière où les maçon ont coincé des petits morceaux, ou les dessins des briques, panneresse(brique dans la longueur) et boutisse (petit côté), décors avec des briques formant des frises. Forsythias éclatants dans les jardins et un magnolia à l’envers des pétales d’un beau violet.

Cité petit Guyon, pavillons de brique et un immeuble

Avec ses nombreuses industries, alimentaires, pharmaceutiques, Spécia devenu Sanofi, Springer,  imprimerie Cino Del Duca, des immeubles logent les travailleurs, la petite cité Guyon en briques des années 1930 comprenant des pavillons mitoyens et un grand bâtiment de brique. Parallèlement à  la voie ferrée  des hautes barres plus récentes des années 60.

A la place de la grande imprimerie Cino Del Duca, un parc s’étend de la RN6 à la voie ferrée, large prairie ouverte bordée de massifs bas avec de petits jardins et des jeux d’eau l’été. Après avoir traversé le parc nous découvrons la cité HBM :Square Dufourmantelle construit de 1930 à 1934 par les architectes André Dubreuil et Roger Hummel. 600 logements

Square Dufourmantelle

Plusieurs cours communiquent par des arches à caissons ou par des portiques carrés.

Les huisseries étaient métalliques, les décors rythmant les façades en fausse pierre blanche moulée sur place, ferronneries soignées. Dans les cours, des arbres et des bosquets faisaient des espaces de jeux pour les enfants et de socialisation pour les plus grands. Eau courante, toilettes, appartements de plusieurs pièces. Hygiénisme et confort inconnus pour les ouvriers à cette époque.

Nous nous étonnons de la belle tenue de cet ensemble de brique alors que les bâtiments de béton plus récents sont beaucoup plus dégradés.

Le petit chaperon rouge de Maurice Saulo

A l’arrière de la cité se trouve la gare du RER D Le Vert de Maisons et la future station du Métro Grand Paris Express ligne 15. CLIC

j’apprends à cette occasion l’origine de ce nom « Vert de Maisons » : le village de Maisons, devenu au 19ème siècle Maisons-Alfort, était un relai de Poste important. Les chevaux de Poste se restauraient et se reposaient dans une vaste prairie « le Vert » sur l’emplacement actuel de la gare.

Groupe scolaire Jules Ferry

Un peu plus loin sur la Nationale 6,les mêmes architectes ont construit un imposant groupe scolaire dans le même style. Double école : Garçons/filles. Vu de l’arrière, il ressemble à un grand paquebot. Côté façade, un beffroi donne « l’heure laïque » (qui concurrence l’heure du clocher d’église).

Décor « Les contes de Perrault » de Maurice Saulo

le décor de l’entrée est particulièrement travaillé. Maurice Saulo reprend les contes de Perrault et on retrouve son Chaperon rouge . Une plaque nous apprend que ce groupe scolaire a été inauguré en 193 5 par le maire M. Champion(1901-1935) et … nom effacé, il s’agit de Laval. Son nom biffé et la plaque commémorative aux enfants déportés explique ce blanc.

Plus loin, sur la RB6, nous longeons les bâtiments de brique des usines Sanofi. Plus récents les briques ne sont que des parements mais le style du quartier est préservé.

Détour par l’église Saint Remi  ou Saint Rémi, très ancienne, clocher de pierre de style Roman, avec des vitraux modernes réussis.

levure Springer.

De l’autre côté de la route, l’octroi et le complexe des usines de levure Springer qui occupe une vaste surface. Légère déception, je comptais bien la visiter! L’entreprise Springer de Maisons Alfort fut fondée par un baron autrichien après son usine viennoise qui fabriquait de la levure à partir de la fermentation des céréales. En 1926, bouillons, maintenant divers arômes alimentaires sont produits. Tout le monde connaît cette usine et les relents qui s’en dégagent par mauvais temps, l’odeur de Springer annonce la pluie, météo locale! Des bœufs allaient à la Seine chercher le grain pour la fermentation, de cette époque il reste le nom de Pont aux Boeufs juste en face. 

Photo

Dans le petit Château de Réghat un musée d’histoire locale est tout à fait intéressant. Il raconte l’histoire de Maisons Alfort avec des photos, des gravures, des petites boutiques reconstituée des anciens métiers. Les documents sont très nombreux ainsi que les objets made in Maisons-Alfort

Epicerie ancienne et produits locaux.

Il faudrait ajouter aux biscuits la Suze.

Un grand merci à Patricia Castéjon Gélibert, notre conférencière à qui je fais une publicité désintéressée, mais bien méritée : Bulle de culture, tourisme et loisir CLIC

la Vallée au Loup – Arboretum et Maison de Châteaubriand : Exposition Atala

BALADE EN ILE DE FRANCE 

L’île verte Chatenay-Malabry

Avant d’entrer dans l‘Arboretum, le détour s’impose dans le très joli jardin de L‘Île Verte : une petite pièce d’eau, une maison moussue, des tonnelles et un jardin aromatique. Il faut suivre les toutes petites sentes, monter des marches, découvrir des coins romantiques. 

magnolia

En ce printemps précoce de début mars, magnolias et camélias sont en fleurs. Dans les pelouses des jonquilles et des primevères jaune pâle, roses.

maison de Chateaubriand : camélias

la façade de la Maison de Chateaubriand est ornée d’une rangée de très hauts camélias, certains blancs, certains roses. En semaine la maison est ouverte l’après-midi (sauf lundi) le week-end aussi le matin de 10h à 12h. 

Chateaubriand par Nacéra Kainou

la Maison de Chateaubriand est meublée avec beaucoup de raffinement. Chateaubriand fit l’acquisition de la Vallée au Loup avec sa femme Céleste à la suite du succès d‘Atala. 

L’exposition s’intitule ATALA 1801 Voyage illustré au coeur d’un roman elle est prolongée jusqu’au 29 mars 2026

Edition originale illustrée de gravures

Ecrit à la suite du voyage de Chateaubriand en Amérique Atala a inspiré de nombreux artistes. Dessins, gravures, peintures, sont présentées à l’étage. Des cartels racontent les différents épisodes du roman. 

Horloge et tableau

Papier peint, toile de Jouy, horloge, rien n’échappe à la mode Atala.

maintenant, il ne me reste plus qu’à lire Atala!

La maison mérite une visite même s’il n’y a pas d’exposition, je me souviens bien de la salle à manger, la table dressée avec une très belle vaisselle. Les instruments de musique, le tableau de Madame Récamier…mais j’avais oublié le très bel escalier provenant d’un bateau rappelant les origines bretonnes de Chateaubriand

Escalier de marine

J’espérais trouver l’Arboretum plus fleuri. Il est encore hivernal. En revanche les arbres remarquables en sont encore plus spectaculaires : un châtaignier porte des rejets d’une bonne dizaine de diamètre, un séquoia est énorme (comme tous les séquoias) un cèdre pleureur abrite toute une placette.

Pour la floraison des arbres fruitiers il faudra revenir dans quelques semaines. Quant à la collection de bonsaïs que j’avais très envie de voir, elle n’est visible que l’après-midi.

50 ans à la MAC – Jubilée -Jubilons

MAISON DES ARTS DE CRETEIL

Jubilée affiche

Le 3 janvier 1975 : Inauguration de la Maison des Arts et de la Culture. La silhouette originale est l’œuvre de l’architecte Jean Faugeron

Polychromie d’Yvaral

Depuis plus de 40 ans, j’ai fréquenté régulièrement la MAC avec mes élèves et pour le plaisir. Théâtre, danse, musique et rencontres. Plaisir de  retrouver anciens collègues, anciens élèves. Surprises de troupes en tournées. Rendez-vous annuels avec Mourad Merzouki, Angelin Prejlocaj, Montalvo,  Blanca Li…

En mars, Festival de Films de Femmes, cette année, la 48ème édition a disparu en catimini. Privé de subventions de la Région, il a été « différé »(?) supprimé(?) sans aucune explication. C’était pourtant un rendez-vous important où j’étais sûre de retrouver des copines de longue date…

Bonne surprise que ce Jubilée .

La séance de 20 heures a commencé avec une heure de retard, occasion d’évoquer les spectacles qu’on a aimés, se souvenir des plus marquants, des plus anciens.

Théâtre de carton : lac des cygnes

Olivier Martin-Salvan et son complice Clément Deboeur ont joué les maitres de cérémonie avec des intermèdes hilarants et leur théâtre de carton. Pirouettes, musique, chansons à grand renforts de panneaux de carton  ondulé. 

Un grand écran en guise de rideau pour projeter BOLERO.S de Mehdi Kerkouche tourné sur l’esplanade entre la MAC et la Mairie. 

Eric Reinhardt a fait une lecture de« L’Imparfait » paru dans la collection de La Nuit au Musée, nuit dans la Galerie Borghèse.

Puis un extrait du spectacle Requiem(s) du Ballet Prejlocaj

Un extrait aussi du spectacle de José Montalvo en avant-première. Versailles et Créteil, savamment mixé avec une grenouille géante…. pour le plaisir un  extrait de son spectacle Gloria qui est passé à la Mac il y a quelques temps

Et après encore des pitreries et plein de cartons le long de la Ligne8 du métro tous les artistes, le personnel de la Mac est appelé sur la scène pour un final endiablé

Un bal a suivi le spectacle, mais pour nous il était temps de rentrer. Ravies

Dessins sans Limite au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 15 mars 2026

Picasso : Tête Rouge

Dès l’entrée Picasso nous éblouit avec sa Tête Rouge , tellement parfaite. En face un Minotaure esquissé sur un grand tableau coloré. Ils sont tous là, ceux qu’on attendait : Matisse et un collage bleu de la danse, Modigliani dessin et tête sculptée. Et puis Chagall que j’aime tant, moins attendu dans ses évocations de sa Russie natale, 6 dessins (1911) comme un roman graphique de son enfance. 

Chagall: ma mère au four à pain

Moins attendus, cette série de Balthus, illustrations des Hauts de Hurlevent

Balthus : hauts de Hurlevent

Voyage en métro très coloré pour Dubuffet (11 planches)

Dubuffet : voyage en métro

Derain, Fernand Léger, Kupka, Giacometti, Camoin, Cocteau, et j’en oublie. Comment choisir? J’aimerais les garder tous. Dessins mais aussi caricatures pour certains : Ubu par Rouault

Derain : Femmes

Je suis restée scotchée dans la petite cellule où est projetée l’animation Other Faces de Kentridge 

En face de Kentridge le thème de la cimaise est « Hurlements » qui pourrait également caractériser la vidéo où on voit littéralement le personnage cracher ses hurlements à la figure d’un autre. 

George Grosz, déjà en 1920, dans Volkes Stimme ist Gottes Stimme dénonce la violence nazie, déjà la croix gammée figure sur la tasse.

Grosz Volkes Stimme ist Gottes Stimme

Julio Gonzalez(1941) a dessiné des femmes criant, cris aussi de Basquiat

Balbutiements est le thème suivant illustré par 4 œuvres de Paul Klee et Alechinsky avec une série de dessins danois et néerlandais que je ne connaissais pas. Inconnue de moi Miriam Cahn et bien dans le thème des gribouillages d’Henri Michaux.

On monte à l’étage pour découvrir des œuvres plus déroutantes, moins connues (de moi) pas seulement du dessin mais aussi des performances de dessins à l’aveugle, de danse avec Trisha Brown.

Brion Gysin

Influences orientales et calligraphies, près de Zao WouKi 

4 mains

j’aurais dû citer Penone, Tapiès,

Et voici dans al section Superposer reviennent Picasso, ,Juan Gris, Braque, Fernand Léger et Picabia pour ne citer que les plus connus. Dommage que l’exposition ferme bientôt ses portes. Je serais volontiers revenue pour faire connaissance avec ceux que je découvre.