
Biographie très, très bien documentée. Trop bien presque, il me semble lire une explication de texte, pas une paraphrase mais presque. J’ai lu le début qui se déroulait en Indochine (la concession du barrage contre le Pacifique au Cambodge) et la période de l’Occupation, puis j’ai refermé le livre, préférant lire l’original à son commentaire.
Auteur : Miriam Panigel
Lire pour le Cambodge : Le pélerin d’Angkor – Pierre Loti
Loti est mon compagnon de voyage, avant de partir : pour rêver, à mes retours pour rêver encore….

Devant le grand Angkor Vat j’ai été comme empêchée d’écrire, stupéfiée.
Comment décrire la splendeur ? Platement, ou copier le guide…
Je préfère citer Loti
« Et plus loin, au delà des eaux stagnantes, voici des tours en forme de tiare, des tours en pierre grise, de prodigieuses tours mortes qui se profilent dans le ciel pâli de lumière! Oh! Je les reconnais tout de suite, ce sont bien celles de la vieille image qui m’avait tant troublé jadis, un soir d’Avril dans mon muséee d’enfant….. »
« ces enceintes colossales et ces tours, qui viennent de nous apparaître comme quelque mirage de la torride chaleur, ce n’est pas la ville-même mais seulement Angkor-Vat…. »
« Pour conduire à la basilique-fantôme, un pont des vieux âges construit de blocs cyclopéens traverse l’étang encombré de roseaux et de nénéuphars ; deux monstres, rongés par le temps et tout barbus de lichen, en gardent l’entrée; il est pavé de larges dalles qui penchent par place, on le dirait crouler dans l’eau verdâtre. Au pas de nos boeufs, nous le traversons, presque endormis; à l’autre bout s’ouvre une porte, surmontée de donjons comme des tiares et flanquée de deux gigantesques serpents cobras qui se redressen, éployant en éventail leurs sept têtes de pierre. »

« je monte sans hâte, éclairé par un soleil d’éblouissement et de mort. Oh! combien de symboles effroyables, échelonnés sur cette pénible route ascendante! partout des monstres, ds combats de monstres ; partout le Naga sacré, traînant sur les rampes son long corps onduleux, puis le dressant en épouvantail ses sept têtes vipérines! Les apsâras, qu’elles sont jolies et souriantes sous leurs coiffures de déesses, avec pourtant toujours cette expression de sous-entendu et de mystère qui ne rassure pas….. »
Precious life – film israélien de Shlomi Eldar

Sous le coup de l’émotion, parce que personne ne peut être aussi innocent que Muhammad, âgé de quelques semaines, dépourvu de système immunitaire, qui ne pourra pas être soigné à Gaza… Parce que le hasard a voulu que le sauvetage de cet enfant – une greffe de moëlle osseuse, qui ne peut être effectuée qu’en Israel – s’est déroulée quelques mois avant la guerre à Gaza, et que le tournage du film a continué malgré la guerre.
Absurdité
La vie est précieuse veut expliquer le cinéaste, tellement précieuse que l’enfant sera sauvé par un donateur anonyme dont nous savons seulement qu’il est israélien et qu’il a perdu un fils pendant une opération militaire.
La mort est normale, dit la mère qui a perdu deux filles de la même anomalie génétique et qui ne sait pas si elle gardera Mohammad vivant. La mort est normale, dit la mère qui a vu tellement mourir à Gaza. La mort est normale, répète-t-elle, imaginant même que le bébé pourrait devenir un martyr s’il grandit….
Etrange métaphore que le combat entre les cellules de l’enfant et le greffon de moëlle osseuse que sa cousine lui a donné, et que bien que compatible, est rejeté puis accepté au prix de longs traitements.
Absurdité que la situation de ce médecin qui attend qu’on lui donne l’ordre d’entrer dans la bande de Gaza en pleine opération Plomb durci et qui garde le contact avec son patient justement à Gaza.
Et pourtant,
des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.
Et pourtant,
des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.
Lire un policier Laotien? Le déjeuner du Coroner – Colin Cotterill

Un voyage au Laos en projet?
Non, seulement une suggestion d’Amazon lorsque j’ai commandé Le saut du Varan de Bizot!
Séduite ausi par la couverture exotique et désuète d’un pousse-pousse.
Une petite réserve : pourquoi la traductrice a-t-elle choisi de garder l’anglicisme coroner ? médecin légiste aurait mieux fait l’affaire. Après tout Siri Paiboun est un médecin qui a fait ses études à Paris, et des traces de francophonie subsistent à l’hôpital de Vientiane où se déroule le roman!
1976, Laos sous gouvernement du Pathet Lao. Le Grand Frère de Hanoï est également très présent. Austérité, idéologie, slogans sous le regard ironique et désabusé d’un vieux (72 ans) combattant, médecin dans la jungle, qui aspire plus à la retraite qu’à contribuer au pouvoir révolutionnaire qu’il a soutenu pendant tant d’année. C’est donc dans l’humour que commence le roman.
Placardisé dans la morgue de l’hôpital de Vientiane avec un trisomique comme adjoint et une infirmière effrontée, Siri fait un piètre coroner. Il préfère soigner les vivants. Jusqu’à ce que la femme d’un dirigeant soit autopsiée ….et enlevée par son mari peu de temps après, le dossier volé. Intrigué, le héros commence une véritable enquête au…. lycée, seul endroit où subsistent encore des réactifs chimiques.
Et comme sa vocation de détective s’est éveillée, arrivent d’autres clients à la morgue : des vietnamiens, noyés, torturés à l’électricité, présentant de curieuses lésions….
L’enquête qui avait commencé comme un crime domestique (mais dans les sphères du pouvoir) tourne au thriller. On met des bâtons dans les roues, on surveille, on tire sur la porte de Siri. Ce dernier se trouve transporté en avion dans la forêt chez les Hmongs. Et là, nouveau tournant, nous atterrissons en pleine sorcellerie. Siri est-il la réincarnation d’un héros Yeh Ming, vieux de 1000 ans qui a mis en dérouteune armée anamite à l’aide d’une seule corne de buffle?
Les amulettes et les esprits interviendront maintenant dans les différentes affaires que cherche à démêler Siri. le lecteur est perplexe dans la confusion générale. Violence et bouffonneries vont alors se succéder, explosions et incendies. Mais, curieusement le roman reste bon enfant. Siri n’est pas Rambo, loin de là! le Laos est plutôt tranquille, les pénuries aidant…
Généralement les interventions surnaturelles me rebutent. Curieusement ici, non! Et même je repense au film thaïlandais Oncle Boonmee dont je n’avais pas du tout apprécié les fantômes. Je le reverrais bien maintenant de retour du Cambodge, après toutes ces lectures asiatiques. Réincarnation et fantômes vont- ils bien ensemble?
En tout cas je me promets de lire les autres romans de Cotterill pour retrouver Siri!
Et puis pourquoi pas un voyage au Laos? Nous avions abordé l’Asie du sud-est par laThaïlande, l’exotisme m’avais enchantée, au Vietnam nous avions retrouvé quelques sensations et découvert toute une civilisation, les Khmers, c’était encore autre chose. Diversité et culture, nous avons encore bien des choses à apprendre.
Lire pour le Cambodge : Le Papier ne peut pas envelopper la braise – Rithy Panh et Louise Lorentz

Rithy Panh est un cinéaste cambodgien qui a récemment réalisé Un barrage contre le Pacifique d’apès Marguerite Duras et des documentaires dont le célèbre
sur la prison Khmère rouge de Phnom Penh, Le Papier ne peut pas envelopper la Braise a été égalment tourné comme documentaire.
Comment appelle-t-on un documentaire quand il s’agit d’un livre? Un témoignage, un reportage?
Ce livre donne la parole à une douzaine prostituées partageant un logement dans le Building blanc, un immeuble qui fut autrefois un fleuron de l’architecture de Phnom Penh.
Confidences tristes, révoltes, tendresse, entraide…. ces filles partagent leurs peines et parfois leurs joies.
Jeunes, à peine une vingtaine d’années et déjà si abimées par la vie. Toutes droguées, souvent séropositives, parfois mères. Elles ont presque toutes la même histoire : paysannes pauvres, leur famille les a vendues, a vendu très cher leur virginité, pour payer les soins d’un père malade, racheter un lopin de terre ou réparer une maison. Elles sont souvent le seul soutien de famille et nourrissent mères, soeurs, et souvent leurs enfants. Certaines ont été mariées à un bon à rien; la plupart galère seule. Une passe suffit à peine à se procurer une dose de mâ, la drogue qu’elles fument dans un narguilé de fortune. Sans le mâ, elles n’auraient pas le courage de travailler. Mais la dose épuise leurs maigres ressources. Reste la solution d’emprunter à la maquerelle….
Tellement courageuses et vivantes.
Le livre se termine par la mort de Phirom emportée par le Sida, Phirom la fleur de sac de jute…
Terriblement touchantes, elles raconte un Cambodge loin de celui que les touristes visitent. J’ai lu avec intérêt cet ouvrage.
lire pour le Cambodge : Le Saut du Varan – François Bizot
Le Portail était un témoignage, bouleversant, vraiment un grand livre.

Le Saut du Varan est un roman policier : une jeune fille a été éventrée, trouvée par un Français travaillant à la Conservation d’Angkor. L‘inspecteur divisionnaire français, Boni, est donc chargé d’élucider l’affaire.
1970, les autorités cambodgiennes, fantoches des Américains, en pleine guerre du Vietnam, ne contrôlent plus grand chose dans la région de Siem Reap où circulent les troupes du Nord Vietnam et les Khmers rouges. Les Français ont depuis lontemps passé la main à Phnom Penh, mais à Angkor, les archéologues semblent encore administrer le site malgré les combats qui se déroulent dans les parages.
Rénot , ethnologue, se charge d’accompagner le policier dans la jungle des Monts Kulen sur le lieu du crime. Participent à l’expédition, deux jeunes femmes khmères, Chhüey et Prohm, femme ou compagne ou amante de l’ethnologue. Ces dernières facilitent les rapports avec les locaux et prennent en charge l’intendance (cuisine dans la jungle, un vrai bonheur). Si Rénot est ouvertement polygame Boni est un mari trompé inconsolable. Une véritable amitié se nouera entre les deux hommes si différents. Rénot livre des élucubrations philosophiques:
« L’homme c’est la seule créature du monde qui vienne au monde en pleurant. Dans la douleur. Tu vises? la seule! »
Point de vue de l’ethnologue qui a vu d’autres meurs, d’autres amours, l’archéologue confie à Boni un « relativiseur » , un outil préhistorique vieux de 4000 ans dont la perfection du poli est altéré par de petites arêtes, on sent encore au toucher le travail de l’artisan, il y a 4000 ans répète-t-il avec complaisance.
Prohm et Chhüey livreront la clé de l’enquête. Prohm, fille d’un village isolé, à l’écart de toute modernité qui a su conserver toutes les traditions ancestrales, saura conduire les deux hommes au milieu de la jungle et au coeur de l’énigme. La jeep sera abandonnée et l’équipe poursuivra à pied dans la forêt. Des pages fascinantes racontent un bivouac près d’un temple où vit seul un ermite. Rénot décrypte avec l’aide de ses compagnes les traditions bouddhiques. On découvre des coutumes très étranges.
Le drame : « Devant Prohm se tenait un guerrier. l’homme était à demi-caché , le frer de sa lance ramené contre lui. Il portait un chignon orné d’un peigne cornu, un canif à lame courbe et d’une aigrette en poil de cerf.Deux lourds bouchon d’ivoire allongeaient ses oreilles.A son cou des dents de chien, la grande arbalète et le coupe-coupe de combat posé sur la cambrure du manche. Au dos le carquois à bec de calao…. »
On attendait les Viet-congs, les Khmers rouges, et voici des guerriers comme dans La Voie Royale de Malraux
Comme Perken dans la Voie Royale, Rénot est touché d’une flèche empoisonnée. Mais ici, les deux Français sont accompagnés. Même si le pays est fermé aux étrangers, les jeunes femmes obtiendront non seulement l’asile pour eux, mais Rénot sera soigné selon la médecine traditionnelle. La fin se déroule dans une sorte de délire du blessé. Hallucinatoire, cette découverte du temple habité où les usages des Khmers angkoriens du 12ème siècle, un roi sa cour…une cérémonie d’un autre âge? Rénot l’a-t-il découvert? L’a-til rêvé? Ai-je mal lu?
Une bombe au propane américaine mettra fin à l’aventure. Le XXème siècle et la guerre du Vietnam reprennent le devant de la scène.
votez rouge, vert, bleu ou même blanc mais votez!

C’est le printemps!
12h – dans mon bureau de vote de banlieue, 997 inscrits, 88 votants, calculez le pourcentage!
20h – clôture du scrutin, 273 enveloppes, moins de 30% … cela fait quand même plus de 70% d’abstentionnistes!
Et voici qu’on va donner des leçons de démocratie de par le vaste monde. Apportons la démocratie à coups de canons en Afghanistan, en Irak et maintenant en Lybie!
Que ces frappes démocratiques mobilisent le Journal télévisé pendant qu’ici des élections locales, ordinaires, qui n’intéressent personne? se déroulent dans l’indifférence quasi-générale.
Où est l’erreur?
lire pour le Cambodge : La Voie royale – André Malraux

« il ne dormirait pas. Rêver ou lire? Feuilleter pour la centième fois l’Inventaire,jeter son imagination comme sa tête contre un mur, contre ces capitales de poussière, de lianes et de tours à visages, écrasées sous les taches bleues des villes mortes? »
Claude Vannec, le jeune archéologue, sur le bateau qui l’emmène en Indochine, cherche en Perken un compagnon d’aventures pour découvrir les temples perdus de cette Voie Royale.
– » Ces taches bleues?
– les villes mortes du Cambodge. Explorées déjà. a mon avis il y en a d’autres, mais passons. Je reprends : vous voyez que les points rouges des temples sont nombreux à l’origin de ma ligne noire, et suiventsa direction
– C’est?
– La Voie royale, la route qui reliait Angkor et les lacs au bassin de la Menam. aussi importante jadis que la route du Rhône au Rhin au moyen âge.
…Je dis qu’il suffit de suivre à la boussole le trajet de l’ancienne voie pour retrouver des temples… »
Quel programme! Je rêve d’archéologie…de découvertes. De temples perdus. Au risque d’être déçue!
« Tout cela est bête comme une histoire de chercheur de trésor… »
avoue Claude, ayant découvert un temple, mais pas les statues.
La découverte du temple, enfoui dans la végétation, lui inspire toutes sortes de sentiments, de la violence, de la fureur, de la cupidité mais peu de curiosité intellectuelle, comme on pourrait attendre d’un archéologue.
Quand à Perken il ne voit que les mitrailleuses que la vente des sculptures lui procurera pour armer des tribus laotiennes et se tailler un royaume.
« ces mitrailleuses qu’il était allé chercher en Europe, elles étaient là, dans cette forêt… »
La plus grande émotion, n’est pas la découverte de ce temple merveilleux qu’est Banteay Srei, c’est plutôt :
« soudain un vide: tout reprit vie, retomba à sa place come si tout ce qui entourait Calude se fut écroulé autour de lui: il resta immobile attérré…les deux pattes du pied de biche venaient de casser. »
Si j’avais espéré une découverte scientifique majeure, un livre d’histoire de l’art, j’en serais pour mes frais.
Les deux aventuriers sont des voleurs. Rien de plus?
Il ne faudra plus rien attendre des temples khmers dès que les charrettes auront été chargées des statues volées. Le roman prendra une nouvelle direction. Celle de la jungle, des territoires insoumis, celle des villages Stiengs et des Moïs. « Plus rien de la nonchanlance voluptueuse du Laos et du bas Cambodge : la sauvagerie avec son odeur de viande. »
Parce que la recherche archéologique n’est qu’un prétexte à roman d’aventure et que c’est d’aventuriers qu’il s’agit. Un roman viril – ce qui n’est pas forcément un compliment. Des hommes qui défient la mort ou plutôt la déchéance. un roman qui veut parler d’érotisme et qui parle d’impuissance. Partis à la recherche de Grabot, un troisième aventurier, plus tête brûlée que les premiers, ils ne trouveront qu’un esclave, aveugle et agonisant.
A partir de là, tout s’emballera, le rythme de la narration deviendra haletant. Echappant aux lancettes de bambous plantées dans le sol, aux sangsues, ils attendront le guêt-apens, l’assaut, l’incendie de la case puis le combat, lances et fléches empoisonnées…
La dernière partie est une course de vitesse entre Perken qui sait qu’il va mourrir de la blessure empoisonnée, les Stiengs en fuite et cette colonne. Derrière la colonne, le gouvernement du Siam et le chemin de fer qui va apporter la civilisation la modernité à ces tribus . Course haletante. Et c’est dans ce registre que le roman est le plus réussi.
43; Banteay Srei en touktouk

Banteay Srei est mon temple préféré.
Hier en réservant le touktouk, le chauffeur a tiqué pour le prix à mon offre de 15$ ;
– « C’est très loin, à 27 km, 30$ »
– « 30$ c’est trop, nous serons de retour à 11 heures »
– « combien êtes-vous prête à mettre ? »
– « 20$ »
A 7heures,monsieur SoPha nous attend, la glacière est pleine de bouteilles d’eau. Notre forfait suspendu à notre cou, bien visible, Lunettes noires, et krama autour du visage, nous savourons la longue balade qui durera 1h15 à travers forêt et villages. Devant chaque maison, à chaque borne-fontaine, je lis le nom d’un généreux donateur sur un écriteau, anglais, américain, australien qui a sans doute financé l’installation. Attacher son nom à un robinet peut paraître infantile et mesquin. Mais dans un pays où la corruption sévit, ce système est une garantie que les fonds ont été employés à destination et c’est plutôt rassurant. Comme j‘aurais aimé voir sur la Bibliothèque de Pobé « réalisation du jumelage avec le collège Simone de Beauvoir ». Je n’aurai pas eu cette fierté ! Cette pensée soulève des poussières d’amertume et de scepticisme envers les actions humanitaires.
Dès que nous avons quitté la forêt du parc d’Angkor, des vendeurs sont installés tout le long de la route , vannerie suspendues, étalages de lourds et sombres meubles vernis alignés sous des hangars, des petits étals de fruits, les chaudrons du sucre de palme, et sur les tables les tubes à section carrée en feuille de palmier, à un piquet on a suspendu les fleurs mâles et femelles. Ainsi que les récipients de bambou.

petites vendeuse de fruits : bananes et pommes de lait
Le camion qui livre la glace s’est arrêté ; On voit débiter à la scie un gros bloc. Ensuite je remarque que des glacières attendent au bord de la route. Il faut rester assez longtemps dans une contrée étrangères pour remarquer ce genre de détails ; ici, il n’y a pas de frigo en revanche la télévision est partout ? Question de priorité !
Les épouvantails chargés de protéger les maisons en faisant fuir les mauvais esprits sont ici tout à fait effrayants : ce sont des militaires lourdement armés, mitrailleuse ou même mortier, avec un visage où les dents sont dessinées dans une bouche soulignée de rouge.
Entre les villages, des rizières sèches, des buffles et la silhouette du palmier à sucre, qu’on appelle en Afrique, le rônier. Je veux absolument prendre ces palmiers en photo. On arrête le touktouk.
A 8h20, nous arrivons à Banteay Srei. Les touristes en groupe sont déjà nombreux. On peut quand même admirer les délicates sculptures des frontons. Je retrouve Indra et son éléphant tricéphale, la douche de Lakmi sous les éléphants, Râvana et la montagne sacrée, la lutte des singes ….et même d’autres scènes signalées dans le livre de Jacques et Freeman. Cette visite reste un enchantement.
Nous prenons bien notre temps pour faire le tour du temple et découvrir la campagne. Une vieille femme debout, accoudée à la balustrade chante .Les petits vendeurs de cartes postales détalent à l’arrivée de la police à moto.
Le retour est aussi agréable que le voyage aller.

42. Angkor en touktouk

7h, devant l’hôtel voisin, un seul touktouk, rouge, un chauffeur très souriant. Je marchande un peu 15$ pour Angkor Vat et le Bayon. Il proposait 20$ pour un plus grand tour.
Au lieu de traverser la ville, le touktouk s’engage dans une petite route. C’est possible parce que nous avons nos forfaits-semaine et qui peremettent de court-circuiter la billetterie. Nous découvrons une vie provinciale, tranquille, des écoliers qui partent à l’école, les hordes de motos des Cambodgiens qui partent au travail. Tellement plus sympathique que la RN6 bordée d’hôtels gigantesques, de restaurants tapageurs, de salons de massages…
A la sortie de Siem Reap, la poussière rouge nous assaille ? Nouvel usage du krama : en faire u n masque ; C’et une interprétation personnelle. La plupart des Cambodgiens possèdent de vrais masques en non-tissé. L’habitude de la moto dans la poussière a rendu très courant cet accessoire ;
Lunettes noires et krama, dans l’air frais du matin, je goûte la promenade en touktouk. Les grands arbres de la forêt d’Angkor sont odorants. Sur les bas-côtés, on balaye les feuilles, les employés de l’Apsara (société qui gère le site d’Angkor) sont innombrables. Quelle tâche de Sisyphe ! En tout cas, le Routard a tout faux, qui conseillait les chaussures fermées pour éviter serpents et scorpions faisant miroiter un voyage d’Indiana Jones alors qu’en réalité la première feuille qui tombe est impitoyablement balayée.

le Bayon dans la lumière du matin
Jolis reflets sur les bassins. Le Bayon baigne dans la lumière du matin. Les tours-visages sourient de leur grés orangé. Visages par tours, 37 tours selon Jacques et Freeman, bien difficile à dessiner ! Ce temple-montagne représente également le Mont Mérou et les pics célestes malgré le fait que Jayavarman VII qui l’a construit était bouddhiste, il ne négligeait pas les traditins hindouistes.

préparation d’un banquet : cochon dans la marmite, brochettes grillées et flacon de boisson
Nous avons décidé de nous consacrer aux bas-reliefs : pas de problème pour s’orienter tôt le matin : le soleil est à l’est et nous arrivons par la terrasse orientale ! Le tour des galeries extérieures remplira toute la matinée. Nous avons l’intention de chercher les détails, de retrouver les bas-reliefs qui correspondent aux photos du livre de Jacques et Freeman. Dans la procession, nous retrouvons les Khmers et leur corde autour de la poitrine, les Chams et leur coiffure en fleur de lotus, les Chinois et leurs longs manteaux brodés…Est-ce la bataille de 1177 que Jayavarman VII livra contre le Champa ? Laissons la question aux spécialistes, nous recherchons les détails amusants, les scènes de genre dépeignant la vie quotidienne, les poissons du Lac Tonlé Sap, les animaux de la forêt. C’est un jeu. Parfois on trouve, parfois, non. La galerie à l’intérieur est décorée de scènes mythologiques plus difficiles à interpréter.

sous la bataille navale, les poissons du lac TonléSap et sur le registre inférieur : des scènes de genre
Entre temps, les groupes Coréens, Chinois, et autres, se pressent et encombrent le passage. A 10heures, nous retrouvons Monsieur So Pha et notre Touktouk. Nous n’avions pas remarqué la petite glacière rouge sur la banquette. M. So Pha nous offre des petites bouteilles bien fraîches.
A Angkor Vat aussi on se contentera des bas reliefs des galeries : la Bataille de Langka, le défilé de Suryavarman II, le Jugement de Yama et les Enfers et le Ciel. Malheureusement le Barattage de la Mer de Lait est en restauration à demi cachée par des panneaux de chantier. Nous effectuons nos révisions avec un réel plaisir. Prun nous avait très bien conté les récits mythiques mais il y avait tant de chose à assimiler qu’une histoire en effaçait une autre. Revoir les bas-reliefs était vraiment nécessaire !
Après 4 heures d’observation soutenue, la fatigue se fait sentir. Nous ne pénétrerons pas plus avant dans le temple, négligeant couloirs, galeries, tours préférant rester sur une impression, agréable.
Un jus de coco siroté sous les arbres en compagnie de 2 Russes et de leur guide. Ce dernier, plus très jeune, avec sa raie bien droite partageant ses cheveux, sa silhouette mince, sa chemise de guide soigneusement rentrée dans le pantalon, correspond exactement à l’image que je me fais d’un commissaire politique aux ordres de Moscou du temps de la Guerre Froide : c’est sans doute de l’entendre parler russe qui me donne des idées pareilles ! Comme il voit que je les observe il me demande si je parle russe moi-aussi. Mais lui s’exprime en anglais et en français !
L’après midi à la piscine est un régal. On s’amuse à voir les employés du restaurant aménager un karaoké sur le bord de la piscine : chaises habillées de blanc, tables dressées aux nappes rouges, énormes baffles et un écran. Alignement des plantes vertes au cordeau sous l’oeil expert du maître d’hôtel. Nous craignons le pire pour cette nuit. Nous serons agréablement surprises. C’est un goûter d’enfants qui se terminera tôt !