GUADELOUPE

Le matin sur la terrasse
Chaque matin, les poules nous réveillent bien avant le lever du jour (6h15). Je profite de la délicieuse fraîcheur du matin sur la terrasse pour observer le colibri qui va de fleur en fleur, si rapide, sur la verveine blanche. Jai parois la visite d’un petit oiseau noir à gorge rouge, il me semble le sporophile curio , rouge-gorge ; il n’est vraiment pas craintif ; très curieux il s’approche de moi. Un autre oiseau jaune et gris va de branche en branche, probablement un sucrier à ventre jaune. J’ai vraiment plaisir à rédiger mes carnets.
6h45, Dominique me rejoint avec les oranges du petit déjeuner. Petites, vertes, dures, elles ne valent rien. Elles proviennent d’Amérique latine.
Bains de Sofaia

8heures, nous faisons route vers Sainte Rose. La route des Bains de Sofaia (D19) grimpe sec vers la montagne. . En 6 km, près de 300m de dénivelée. Je suis surprise par les nombreuses maisons dans leurs beaux jardins s’étageant sur la colline. A la fin de la route un vaste parking autour d’une pelouse. An bas les « bains de Sofaias » plutôt la douche d’eau thermale : l’eau sulfureuse goutte de nombreux trous d’une double rampe dans un espace creux, carré, carrelé.
Départ des randonnées : Le saut des trois Cornes est noté facile, 3.2 km, 1h20. Aller ou aller /retour ? J’essaie de me connecter sur Visorando sans succès. Trois femmes de mon âge me découragent, selon elles, la cascade serait à 1h30 et autant pour revenir. Je m’engage sur la trace de Baille-Argent, large piste et décide de marcher 30 minutes et de revenir par le même chemin. Au bout de 20 minutes je retrouve le sentier des 3 cornes et regrette bien de ne pas l’avoir fait.

La descente de la D19 est beaucoup plus spectaculaire que la montée avec une vue fantastique sur la mer et sur la mangrove. Une fois encore se confirme l’idée qu’un merveilleux paysage entrevu de voiture peut donner des photos médiocres. Il suffit de descendre du véhicule pour ne plus rien retrouver de l’émerveillement ; de remarquer l’alignement des poteaux téléphoniques et toutes sortes de murs et clôtures disgracieux. Notre cerveau les élimine tandis que l’appareil photo enregistre tout.
l’Ecomusée

Caché derrière un grand mur, l’Ecomusée ne paie pas de mine, il n’a même pas de parking. .Il faut sonner à la porte et attendre qu’une dame vienne ouvrir. Entrée 10€. La dame offre un délicieux cacao sucré mais sans lait.
La visite est libre à travers le jardin de plantes médicinales, de nombreux panneaux guident le visiteur.
Je découvre que les bégonias blancs peuvent être consommés en salade, avec modération cependant, ils sont riches en acide oxalique. La jolie fleur jaune d’Estragon du Mexique (Tagetes lucida) de la famille des œillets d’Inde peuvent servir de condiment dans les papillotes des dorades ou pour parfumer la marinade.
Plantes-condiments et surtout plantes-médicaments : nommés Efferalgan et Doliprane (Plectranthus grandis et Plectranthus neochibus)
Poivre noir, Calbassier pour les calebasses, Aristoloche pour chasser les mauvais esprits….
Il y aurait beaucoup à apprendre en ce qui concerne la médecine traditionnelle.
Le long d’un mur perpendiculaire on a installé de mignonne vitrines représentant les communes de Guadeloupe. Chaque vitrine est une petite installation évoquant le bourg. Pour Vieux-Habitants, des photos de l’église la plus ancienne de l’Île, avec des petits sacs de café, Pointe Noire est représenté en tableau de sable, Deshaies raconte la tragédie du crash du Boeing 707 en 1962, Sainte Rose une charrette …C’est joli, touchant. J’apprendds l’histoire de chacune de ces communes.
La suite est historique : découverte de l’Amérique par Christophe Colomb et en face des documents d’époque accusateurs comme ces étranges Conseils d’un colon à es successeurs, signé Yvon Bourges 1958
Après l’Histoire, la vie quotidienne : fabrication du bâton-cacao, de kassav , de bâton de cannelle, selon les procédés traditionnels. Une case créole est meublée, une autre raconte les Zindiens (1852-1885) et l’arrivée des Syro-Libanais dès 1870 illustrée par une boutique de tissus.
Une visite ne suffirait pas pour épuiser les richesses de ce petit musée qui contraste avec le Jardin Botanique de Deshaie touristique plein de QR-codes branchés. Petit musée plutôt désuet mais riche en documents, siège d’animations pédagogiques. Le restaurant tout simple me rappelle certains restaurants du Togo ou du Bénin avec leurs lourds meubles de bois sans aucun décor futile. Le côté vieillot est sympathique. Il fait plutôt appel à la curiosité et à la réflexion qu’à l’esbrouffe.
en bordure de la mangrove

Nous allons à la limite de la mangrove à la Pointe Granger au bout d’une route qui aboutit à un petit port. Quand nous arrivons, l’endroit est désert. Arriveront plus tard des pêcheurs et un véliplanchiste. Quelques bâtiments sont en piteux état. Des bateaux à moteur au port, un ponton de bois. Des îlots verts barrent l’horizon. La mer est lisse comme un lac. L’eau transparente. Je me renseigne auprès du véliplanchiste : peut-on se baigner ? Il semble que oui et que l’eau est propre. Baignade idéale, je fais des traversées comme à la piscine.
Pendant notre pique-nique des voitures sont arrivées, des gens du coin se rafraîchissent dans l’eau, bavardent assis, flottant avec une frite en mousse sous les aisselles. Un homme gonfle une voile de Kite. Il nage poussant son équipement jusqu’à la risée pour aller chercher le vent. Je vais explorer la mangrove protection du littoral mais hostile à la présence humaine, infranchissable.
Plage des Amandiers

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à la Plage des Amandiers à 4 km à l’ouest de Sainte Rose. Parking ombragé surplombant une magnifique plage de sable battue par l’océan. A l’extrémité une pointe porte une croix blanche ; je retrouve le sentier du littoral bien balisé et le parcours vers Sainte Rose. Je découvre un polissoir préhistorique amérindien. Les amandiers (Terminalia Catappa) n’ont rien à voir avec les amandiers méditerranéens. Ce sont de grands arbres avec de grandes feuilles coriaces qui ont des fruits en forme d’amandes mais très grosses. Belle promenade sous les amandiers et retour pieds nus dans l’eau mais la vague est puissante.
Nous rentrons tôt pour profite du beau jardin et nous endormons tôt après cette journée bien remplie pour être réveillées à 23h30 par la musique, les tambours des voisins. C’est vendredi soir, ils se réunissent jusqu’à tard dans la nuit.















Un panneau original fait son apparition : « klaxon obligatoire ». Nous comprenons pourquoi : impossible de se croiser, tournants brusques, descentes effrayantes suivies de remontées raides (en première). La voiture grimpe péniblement. La nature est exubérante. On se croit en pleine jungle. Les troncs des grands arbres sont recouverts de lianes. Les grandes feuilles découpées des philodendrons se déploient à plusieurs mètres au-dessus de nous. Encore plus haut, les branches sont colonisées par les épiphytes : touffes de Bromélias qui ressemblent à des nids, Tillandsias (mousses espagnoles) qui dégoulinent. Pour laisser passer une voiture, nous nous garons : la paroi rocheuse est recouverte de Tradescantia (misère) qui rampe partout. Les Oreilles d’éléphant Alocasia macrorhizos . Je suis encore plus enchantée qu’au jardin botanique. Six kilomètres de cette route sauvage nous conduisent au portail fermé (depuis 2011, bravo les guides !).On devine les toits de tôle de l’Habitation Grivelière parmi la végétation. Impossible d’imaginer la plantation et l’usine. A la suite de la route, une piste cimentée tout à fait carrossable pour les véhicules hauts monte encore plus loin. Ici on appelle « Traces » les pistes et les sentiers. Cette trace conduit à la Cascade Paradis. Dix heures, trop tard pour entreprendre une randonnée. Une femme très enceinte me le déconseille, il faut franchir à gué la rivière et c’est loin. Je me fixe 20 minutes, traverse sans difficulté le cours d’eau et grimpe une belle montée. Jusqu’à la rivière, je distingue des clôtures et bien cachées, des maisons. Les haies et les clôtures sont recouvertes de lianes fleuries : la Suzanne aux yeux noirs (Thunbergia alata), je la croyais africaine comment est-elle parvenue ici ? Il y a aussi de belles corolles violette des ipomées. Sur le chemin, des bouses de vaches.












