Vauville : jardins et château

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Jardin botanique de Vauville

Continuant la Route des Caps vers le nord qui n’est pas une route bien définie mais une succession de très petites routes, presque des chemins creux étroits et goudronnés où il est difficile de se croiser reliant des hameaux et des villages aux belles maisons de pierre. Nous traversons donc Siouville, Heauville, Vasteville et Biville.

Le marais de Vauville vu du mirador de la route de Thot

 De là, nous descendons sur Vauville par l’étroite Route du Thot,qui traverse un petit aérodrome herbu puis descend raide jusqu’à un mirador d’où nous dominons les marais de Vauville. une pièce d’eau aux contours ondoyants occpue le centre de la zone humide. Un peu plus loin, les dunes herbues ont des reliefs compliqués. Encore plus loin les vagues se déchaînent à l’assaut de la longue plage de sable. Succession de crêtes blanches jusqu’au large. Presque la tempête. Des écriteaux préviennent que des amphibiens, crapauds,  tritons et salamandres protégés sont susceptibles de traverser la route pour rejoindre leur lieu de reproduction dans l’étang du marais et enjoignent les automobilistes de ne pas les écraser; Fin Août, la période de reproduction doit être terminée, seuls les escargots se promènent. 

le jardin botanique de Vauville

Fougères et bassins

Selon l’écriteau de la billetterie, prévoir 1 heure 15 pour visiter le jardin. je décline le prêt d’un parapluie qui me gênerait pour les photos. Visiter un jardin sous la pluie n’est pas désagréable, cela devient une habitude même depuis l’Ecosse et l’Irlande. Il me semble que les plus beaux jardins se visitent dans des contrées pluvieuses.

Le plan donné à l’accueil s’avérera bien utile pour s’orienter dans les 5 hectares du parc aménagé en 20 chambres de verdurequi communiquent les unes avec les autres par des cheminements scénographiés. Abrité par la colline de 200m d’altitude, tempéré par présence de la mer et du Gulf stream à 300 m, protégé par des masses d’arbres robustes qui font brise-vent, le jardin bénéficie d’un microclimat qui a permis l’acclimatation d’une végétation tropicale et exotique. Planté dès 1948 par le parfumeur-voyageur Eric Pellerin, c’est un véritable dépaysement que cette promenade qui commence dans un Théâtre de Bambous se prolonge dans une palmeraie (il y en a même deux, une haute palmeraie et une autre plus basse, Cyprès et eucalyptus ont pour certains été plantés dès 1950 et forme un bosquet d’arbres impressionnants protégeant les végétaux les plus fragiles des vents froids. On passe par l‘allée des hydrangeas, encore bien fleuris alors que rhododendrons et camélias n’offrent que leurs feuillages vernis et brillants. 

Bain d’oiseau

Jeux d’eau avec le Bain d’oiseau, ou l’abreuvoir et son petit canal, jardin d’eau ou bassins des gunéras

Gunéras aux feuilles énormes, fougères arborescentes donnent une impression d’étrangeté.

Au hasard de la promenade on découvre le petit château dans son écrin de verdure.

Château de Vauville

C’est vraiment une promenade enchantée qui vous retient bien plus que l’heure et quart annoncée. Une petite angoisse : comment sortir de ce labyrinthe? Même avec mon plan j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois avant de trouver la sortie.

Ce qui fait la beauté du jardin, c’est la présence de grands arbres qui ont pris leur temps pour s’épanouir, certains ont plus de 70 ans. Trois générations de jardiniers ont construit étape après étape au cours des années un ensemble impressionnant et fantaisiste.

Flamanville – sentier en balcon jusqu’à Sciotot – Dielette – pique-nique à Siouville

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Flamanville : sentier côtier et bruyères

Flamanville! On pense à la !centrale nucléaire, mais ce n’est pas tout.

Flamanville  est aussi un massif granitique intrusif dont j’ai étudié le métamorphisme de contact et visité, étudiante, lors d’une excursion géologique. Nous avions traqué dans les cornéennes  les effet de ce métamorphisme, traqué les grenats. Dans les collections du laboratoire de SVT de Schweitzer, nous avions une boite de galts à grenats rapporté de Dielette par isabelle, ma collègue. 

le sentier côtieautour du massif offre une très belle promenade suspendue. Ne voulant pas renouveler l’expérience de Jobourg en sandale, j’ai donc chaussé lez chaussures de randonnée et sorti le bâton de marche.

Parc du château de Flamanville

La balade n°24 du guide Chamina part de l’église du village (comme à l’accoutumée). A côté de la tour du mur d’enceinte du Château, une petite porte blanche est ouverte. les randonneurs traversent le parc pour arriver devant la façade (1656-1660). Au XVIIIème siècle le châtelain construisit un pavillon pour accueillir jean Jacques Rousseau qui ne l’occupa jamais. De côté, on passe u  porche et on arrive dans un parc plus rustique où un gîte d’étape est installé (la vie de château!).

Château de Flamanville

La route derrière le château mène à la Centrale nucléaire finalement assez bien cachée dans un creux jouxtant le port de Dielette. L’itinéraire lui tourne le dos. Le GR longe la côte à travers des buissons épineueux (prunelles, ronces, ajoncs). De temps en temps il y a une belle échappée sur la mer et les îles Anglo-normandes. Le sémaphore n’existe plus. Le bâtiment d’habitation a été transformé en restaurant panoramique « Le Sémaphore » qui a même des chambres. La balade devient aérienne ; lesentier est aménagé avec des marches dans les passages délicats. 

Sur l’écran du téléphone l’heure de Grenwich se superpose à l’heure européenne. Impossible d’appeler Dominique, une voix artificielle m’informe en anglais que mon correspondant est injoignable. Je décoche les données mobiles, on ne sait jamais.

Sentier des douaniers : rochers et galets

Le GR arrive dans l‘anse de Sciotot : grande plage de sable avec des bancs rocheux, schistes et cornéennes. je descends chercher des galets à grenat, sans en trouver; je tenterai ma chance à Dielette. 

Plage de Sciotot : cornéennes20

Dielette

Dielette est le petit port d’où partent les vedettes pour les îles anglo-normandes. Brexit et Covid ont réduit à néant le trafic. Le port est vide. Le vendeur de vins et spiritueux attend sur le pas de sa porte ..Beaucop de bateaux de plaisances sont à quai mais aucune animation.

En revanche, côté centrale nucléaire, les parking sont pleins. comme ils sont nombreux, ceux qui y travaillent!

Une pluie drue se met à tomber. Pour la chasse aux galets, c’est raté.

Nous pique-niquons sur un parking sauvage (et sableux) à Siouville. Les diplotaxis jaunes donnent un peu de couleur. Les îles anglo-normandes ont disparu de l’horizon (ou peut être mes lunettes sont embuées). Crevettes roses et salade de la mer.

Autour de Pirou : château féodal et plages

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le château de Pirou

Des écriteaux aux environs d’Agon signalent des « Zones Conchylicoles« . Justement nous nous proposons de faire un dîner de moules marinières. Nous entrons donc dans une de ces zones conchylicoles : hangars, vastes cours où des engins et camions peuvent manœuvrer, parkings, parfois des bassins de ciments pour les huîtres. Où sont donc les parcs à huîtres et les bouchots? Pour les trouver nous allons sur la plage. Marée haute : on ne voit rien, vraiment rien. peut être ces 4 bateaux qui stationnent un peu plus loin? 

Plages

Plage pieux

Une file d’enfants suivant leurs moniteurs arrivent sur le sable. Étrangement, ils sont tous noirs. Suis-je transportée au Sénégal? Ils sortent du VVF voisin installé sous de grands thuyas beaucoup plus agréable que les villas étriquées de Coutainville-Agon, traversées ce matin. On a planté deux rangées de pieux sur le sable, ou plutôt des poteaux du diamètre d’un gros arbre.Protection de la dune et de la plage de sable?Fortifications de la seconde guerre mondiale? Conchyliculture?  Aucune explication.

On achète 1.5 kg de moules et des crevettes roses.

Plage et cale

Quelques kilomètres plus loin vers le nord, une belle route conduit à une grande rampe en ciment qui traverse la plage, à côté il y en a une plus courte. Probablement pour la mise à l’eau de bateaux ou pour la descente ds tracteurs des conchyliculteurs? La mer a baissé, laissant une large étendue de sable mouillé. Aucune trace de bouchots ou de parcs à huîtres à l’exception des coquilles quand j’arpente le sable d’une finesse très agréable sous mes pieds. Dominique a perché le siège « metteur en scène » sur la rampe. Une méhari blanche arrive avec tout un mécano de tiges et de roues qu’un homme déplie. En quelques minutes on reconnaît un char à voile.

Le château de Pirou

Pirou douves donjon

le château de Pirou est un très joli château-fort situé sur une île artificielle au milieu d’un étang qui lui procure des douves très vertes avec les lentilles d’eau. On passe d’abord trois arches de pierres correspondant à des fortifications . Le rôle du château était la protection du havre, mouillage intéressant pour les bateaux à fond plat comme ceux des Vikings. Tout d’abord un fortin de bois, la forteresse fut édifiée en pierre après la 2ème Croisade (1149). La famille de Pirou garda le château jusqu’au XIV ème siècle.

Pirou chapelle

Autour du château, on peut visiter quelques bâtiments : la boulangerie, le pressoir à pommes d’une taille impressionnante dont la vis de bois actionne une poutre à section carrée à l’arrière du’une plateforme carrée. La chapelle   possède un beau plafond en berceau rappelant celui de l’église de Port Bail, construit en 1649. les statues polychromes des saints locaux sont d’âges variés du XVème au XIXème. Deux belles épitaphes attirentl’attention des passants : « PASSANT ARRESTE TOY…. »

La Salle des Plaids désigne la Salle de Justice (plaids comme plaideurs, ou plaidoyers… et non pas comme une couverture écossaise). On y expose la Tapisserie du Pirou

Tapisserie du Pirou

A l’instar de la Tapisserie de Bayeux qui raconte la conquête de l’Angleterre, la tapisserie de Pirou raconte l’arrivée des Vikings dans le Cotentin et la  conquête par les Normands de l’Italie du Sud et de la Sicile. C’est une histoire que j’ai étudié l’an passé lors de notre voyage dans les Pouilles et en Calabre. Comme la Tapisserie célèbre, une longue bande brodée se déroule sur les murs de la pièce. mais ce n’est pas une oeuvre du XIème siècle, elle a été brodée 1976 et 1992 par Thérèse Ozenne qui a étudié la tapisserie de Bayeux pour reproduire les mêmes points à l’aiguille. 

Pirou chemin de ronde

On passe un petit pont et la poterne pour arriver dans la basse-cour plantée d’un grand châtaignier et d’un vieux poirier. Visite en sens obligatoire (Covid19 oblige) dans le logis et jusque sur le chemin de ronde. C’est une belle visite et j’aurais aimé y consacrer encore plus de temps.

Rando à la Pointe d’Agon

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Le sémaphore de la Pointe d’Agon

Certains termes géographiques  me fascinent ; les pointes à la mer, et les cols en montagne…malgré les 50 km qui séparent Surtainville de la Pointe d’Agon, nous choisissons ce circuit n°30 dans le Guide Chamina, empruntant la route directe D. 650 qui évite bourgs et plages.

L’église d’Agon

Arrivée à 10 heures à Agon- Coutainville. La promenade commence devant l‘église d’Agon. Agon est le vieux village. Son église Saint Evroult, XIIème siècle, possède un clocher carré, tour massive, dont le sommet est peint en blanc pour donner un amer aux marins. De l’église, je devrais rejoindre la mer par le Chemin de la Haule qui conduit au Club de Voile. Je traverse un quartier de résidences secondaires plutôt modestes et sans grâce ni style construites serrées où les allées de cailloutis l’emportent sur les plates-bandes et les massifs, déprimants. le sentier côtier s’est écroulé et a été dévié un peu plus haut dans la dune à la limite des mielles (nom donné dans la Manche aux plaines de sable voisines de la mer, et dont une partie est cultivée). Prairies de prés-salés, champs de carottes, poireaux. Marche facile, la déviation est bien balisée mais le trajet monotone sans grand intérêt. 

je retrouve Dominique au premier parking proche de l’eau, puis continue le chemin piétonnier qui traverse une pinède avant d’arriver au Sémaphore. Sur le bord de la route se trouve un curieux alignement de mégalithes, pierres de granite taillées et dressées qui ne doivent rien à la Préhistoire mais qui ont été installées par un sculpteur normand en 1976. Monument à la mémoire d’un poète normand Fernand Lechanteur. «  enterré à Agon-Coutainville. Un monument à sa mémoire, de 32 pierres levées en granit, agencé en forme d’esnèque, gravées notamment en Fuþark et simili-runes, est inauguré le , à la Mielle de la pointe d’Agon. » (Wikipédia) Ces dalles de granite gris taillées grossièrement et gravées rappellent la carène d’un bateau. Les motifs des bateaux vikings dessinés me font penser au Voyageur du Soleil de Reikjavik.

le phare est bas, trapu. il illumine la passe du havre de Regneville dont le trafic atteignit jusqu’à 30 navires par an, comprenant des navires anglais et même norvégiens. 

Après le second parking, la flèche sableuse avance encore dans la mer, couverte d’oyats et de buissons.

Le GR 223 passe au pied du phare et traverse des étendues sèches aujourd’hui mais inondables couvertes de salicornes et d’immortelles violettes. le sentier contourne le marais à la limite des pâtures (refermer le portillon) et des bois. D’après la carte j’avais imaginé marcher a bord de l’eau. Nenni! le marais est couvert de hautes herbes, l’espace compris entre le sentier et le bord de l’eau est très étendu.

Mais c’est un joli endroit pour un pique-nique.

Le GR s’enfonce ensuite en sous-bois pour rejoindre le Mont Morel et un hameau de belles maisons de pierre.

 

Pique-nique à Port Bail

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Port Bail

Circuit N°27 du Guide Chamina

Mardi, jour de marché à Port Bail. Un joli marché alimentaire occupe le centre du village. J’y trouve une grosse poignée de tomates-cerises et une baguette craquante et chaude pour accompagner le pâté.

L’emplacement pique-nique idéal se trouve de l’autre côté du pont sur le bord du havre. Grand vent : on reste dans la voiture. Marée haute : les mielles  ou prés salés verts sont parcourues de chenaux remplis par la mer. Deux épaves sont couchées, la coque de bois laisse paraître des jours. Au lion, on voit les treize arches du pont et la silhouette massive du clocher de l’Eglise Notre-Dame avec sa tour à section carrée coiffée d’une petite pyramide pointue.

épave

Quand nous avons fini de déjeuner, un vent puissant a chassé les nuages et le soleil éclaire tout le village.

Eglise Notre-Dame et exposition

L‘église Notre-Dame (XIème siècle) possède de très beaux chapiteaux romans XIIIème siècle et un plafond de bois en berceau XIVème. La tour est qualifiée par Wikipédia de tour fortifiée : elle a servi de tour de guet ainsi que d’amer pour les marins. Désacralisée, c’est maintenant un hall d’exposition. En ce moment, on y présente des oeuvres métallique en étain plié (genre grosses cocottes en papier), ou découpé en gros crabes ou des panneaux ornés de poissons. Décoratifs, sans plus, je ne suis pas convaincue.

Port Bail possède une autre église Saint Martin au bout de la place où se tenait le marché. 

Baptistère de Port-Bail (6ème siècle)

Le baptistère (VIème siècle) est à l’écart du village, derrière la Mairie. Il est protégé par un curieux auvent couvert d’ardoises. C’est un grand bassin rond en briques, presque une piscine. on baptisait alors les adultes par immersion, de préférence dans l’eau courante.

Le circuit Chamina devait nous conduire à la plage puis dans le marais; la plage ne nous inspire pas. Nous préférons rentrer plus tôt pour profiter de la belle plage de Surtainville.

Moulin de Fierville-les-Mines

Le Moulin à vent de Fierville-les-Mines est à 6km de la route 650. nous nous enfonçons dans les terres dans une belle région de bocage vallonnée. Ce moulin de 1744 est en parfait état de marche. Son toit en forme de poivrière est mobile. Lorsque nous arrivons, un groupe de visiteurs le fait tourner. C’et surprenant de le voir pivoter. Malgré le vent très fort, les ailes ne sont pas déployées. Il est fonctionnel et moud blé, épeautre ou sarrasin. Des animations sont proposées aux visiteurs, on peut même faire son pain. On peut aussi déjeuner aux Cuisines du Moulin. 

Sur la plage de Surtainville, impossible de faire face au vent qui soulève le sable sec et nous cingle. Nous tentons notre chance à la plage du Rozel un peu plus abritée où je fais une courte promenade pieds dans l’eau. 

Promenade de Carteret à Hattainville

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Cap Carteret et le GR dans l’entaille

La pluie du matin ne me décourage pas. Nous avons appris en Irlande, Ecosse ou Islande de ne pas nous en préoccuper. Revêtir un Kway et sortir!

La randonnée n°26 du guide Chamina a pour départ l’église de Carteret.

Dominique me dépose à la marina où j’ai repéré les marques rouge et blanches du GR 223 le long du quai planté de massifs fleuris, puis sur la Corniche. Sous la Corniche, tout contre le Cap je découvre une plage tranquille accessible par des marches. Des cabines de bois se blottissent contre la falaise. Le circuit monte parmi de belles maisons. Sans parvenir au Sémaphore où nos étions montées hier, à mi pente, le sentier des Douaniers est suspendu en balcon, rocailleux mais facile : assez large et plat pour ne pas être effrayant.

Après avoir contourné le gros rocher du Cap Carteret je découvre les dunes d’Hattainville 

la dune et la plage d’Hattainville

. Ces dunes sont couvertes de mousses, lichens ou d’oyats. Il convient de ne pas piétiner ce milieu fragile. Il faut rester sur les sentiers. Passée une église en ruine le sentier bifurque : le GR monte à l’assaut de la pente tandis qu’un sentier balisé en jaune indique « Hattainville 8 minutes, sentier des 150 pas » Je me laisse tenter par ce dernier, délaissant l’itinéraire de Chamina.

Dune et vieille église14

Tout d’abord, le sentier est bien tracé entre deux fils de fer. Malheureusement, les barrières protégeant la dune disparaissent, le sentier se ramifie. Les petites traces deviennent de plus en plus floues, l’itinéraire, illisible. Au début, je ne m’inquiète pas : la mer à main gauche, le sémaphore dans mon dos, je marche cap sur le nord, au jugé. Je comprends bien vite que je marcherai bien plus de 1500 pas et que les huit minutes sont déjà écoulées. Quand le sentier est sableux, je m’enfonce et peine dans les montées entre les grosses touffes d’oyats. Il disparaît complètement. Du haut d’une butte, je crois le retrouver plus bas, pour s’évanouir à nouveau. De temps en temps il y a des poteaux carrés de bois gris. Les dunes défient le sens de l’orientation. Je monte sur les crêtes espérant voir la suite du parcours. Je zigzague, évitant les terriers de lapins ou les touffes serrées et les buissons de ronces. Impossible de maintenir le cap. Je divague. Avec toujours la mauvaise conscience de marcher sur ce couvert végétal fragile. Personne à la ronde ; un lapin gambade ; les escargots profitent de la pluie. Je crois voir un promeneur : c’est un sac de plastique blanc! Je commence à paniquer. Peut être ai-je dépassé Hattainville où Dominique m’attend? J’interroge le GPS qui me géolocalise à Surtainville. Je monte de temps en temps au sommet d’une crête pour vérifier que la mer est proche. Finalement j’entrevois la route goudronnée : sauvée! Sur la flèche inscrit Carteret 3.3 km, à marcher en zigzag, j’ai sûrement doublé la mise.

Surtainville : La plage

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la plage de Carteret vue du Sémaphore

Au village de Surtainville, la boulangerie est aussi agence postale, épicerie, fruits légume. Une des spécialités locale est le « pain au beurre » : une boule qui ressemble un peu à une brioche. Excellente pour le petit déjeuner. 

La mer est à 600 m de notre gîte, elle est cachée par une dune infranchissable par Dominique. Il y a une entrée aménagée à côté du poste de Secours et de l’Ecole de surf. A mer descendante, la plage est immense. Elle est si grande que je n’arrive pas jusqu’au bout en marchant pieds nus les pieds dans l’eau.

Plage dune oyats

Vers 17 h nous partons explorer la côte par la Route des Caps qui n’est pas une route définie mais un itinéraire sur les petites routes proche du littoral de village en village. Carteret se trouve 12 km plus au sud. Un port et une station balnéaire pour changer. Nous montons au Cap Carteret où se trouve le sémaphore. La vue plongeante sur la plage est saisissante. A marée basse, des dunes sous marines séparées par des bâches se déploient en éventail. Du Cap on voit la « côte des havres« plus basse et sableuse qui s’étend jusqu’à Granville. 

Au marché et au Château de Bricquebec

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Lundi jour de marché à Bricquebec!  La rue principale est occupée par le plus joli marché de campagne : Surprenante, la présence d’animaux vivants : canards dans des cages, lapins et même des moutons. Les maraîchers ont apporté leurs productions locales : les carottes de Créances sont renommées, les pommes de terre de Surtainvilleet partout on voit des champs avec des poireaux ou des oignons du Cotentin. Les étals sont aussi fleuris. Une dame assise sur son pliant propose trois salades et de petits tas de légumes vairés ainsi que quelques bouquets. Plus loin il y a de véritables carrés de petits plants de salades à repiquer. Bien sûr, il y a aussi des food-trucks ou des « spécialités-régionales-attrapent-touristes » mais finalement très peu. 

production maison!

 

On entre dans la cour du château en passant sous un porche. L’enceinte est complète, elle enferme une vaste cour circulaire autour d’une motte portant le donjon (11ème siècle).  Le corps du logis avec la vaste salle d’apparat est maintenant un hôtel.

Château de Bricquebec

Histoire du château

Ses origines remontent à l’époque viking avec le chevalier Anslech. Un baron de Bricquebec, Robert Brertan accompagnât Guillaume le conquérant en Angleterre. En 1207, quand la Normandie fut annexée à la couronne de France, Bricquebec perdit ses terres anglaises. 

1325, pendant la Guerre de Cent ans, des rivalités avec Geoffroy d’Harcourt entraînèrent  une allégeance à l’Angleterre.

1346 : débarquement des Anglais à Saint Vaast-la-Hougue

1417 nouveau débarquement anglais, le château fut occupé et resta sous domination anglaise jusqu’en 1450.

Au château de Caen, l’histoire de la Guerre de Cent ans est racontée en détail.

château de Bricquebec 2

A Bricquebec aussi, le topo-guide Chamina propose le circuit N°26 (12 km – 3h45) empruntant l’Allée Verte jusqu’à la Cage (un hameau de Rocheville) distant de 6 km.  L’allée Verte est un tronçon de l’itinéraire cycliste qui relie Cherbourg au Mont Saint Michel. C’est une large piste bien lisse, bien droite passant sous une voûte de très beaux arbres qui me protégeront complètement de l’averse. Mieux pour les cyclistes que pour les piéton (le parcours est assez monotone). En se rapprochant de Rocheville, elle est bordée de noisetiers, cerisiers et charmes. En contrebas, il y a de beaux jardins potagers. je retrouve Dominique au pied de la grande église de Rocheville. L’ennui c’est que dès qu’on quitte un circuit du topo-guide ce n’est pas aisé de retrouver la suite. Nous ne verrons pas l’Allée couverte – prétexte de la randonnée. Ce n’est pas un monument très connu. Le jeune qui descend de son tracteur pour expliquer le chemin n(en a jamais entendu parler, pourtant le dolmen se situe dans un rayon de moins d’un kilomètre. Les témoignages de la Préhistoire savent se montrer discrets.

Pendant que je marchais sur l’Allée Verte, Dominique a acheté un festin : une araignée, des bulots pour un déjeuner au jardin du gîte. C’est très amusant et très long de  décortiquer l’araignée, on mange tout sauf les branchies trop coriaces. Pour terminer figues violettes et chasselas.

La maison natale de Jean François Millet à Gréville-Hague

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Buste de JF Millet à Greville

Topo-guide Chamina N°21 – circuit 2h45 – 10.5 km au départ du village de Gruchy

maison natale de Jean François Millet à Gréville

 

 

Jean-François Millet  naquit en 1814 dans cette maison. Sa famille possédait une dizaine d’hectares, une certaine fortune à l’époque ; dans sa famille,certains membres étaient lettrés, il y avait même un ecclésiastique sachant le Grec et le Latin. 

Cette maison du XVIIIème siècle était celles de cultivateurs aisés.

 

Si l’extérieur a finalement peu changé, à l’intérieur, on  retrouve peu de choses de l’époque. La maison de Barbizon était plus chargée de souvenirs. En revanche, j’ai beaucoup appris sur le personnage d’après un vidéogramme où étaient lues des lettres du peintre. 

A l’étage, une exposition très intéressante montre comment Jean François Millet a su décrire avec précision le travail des champs. Une véritable épopée paysanne se déroule . En regard des reproductions des tableaux les outils des paysans sont présentés : botteleurs de foin, le semeur, le vanneur, les planteurs de pommes de terre, une faneuse, la laitière normande, les batteurs de sarrasin. Tous ces travaux des champs sont peints avec précision et réalisme. Millet peint la terre et les paysans avec une palette brun sombre.

Emile-Louis Foubert : Hommage à Millet (1899)

Une salle Hommage à Millet présente des portraits, autoportraits et photographies..

Une salle entière est consacrée à l’Angélus, le tableau et une quantité d’objets dérivés du tableau : assiettes, services à café, coussins utilisant le procédé d’époque la chromolithographie. Cette utilisation de l’Angélus s’est poursuivie jusqu’aujourd’hui. Je me suis amusée au dessin de Wolinski légendé « Dépêchez-vous y’a Dallas qui commence »

Une exposition temporaire  : Millet inspirateur de Van Gogh rapproche les tableaux sur les mêmes sujets  : le Semeur, la Sieste… ce qui change ce sont les tons de la palette de Van Gogh bien plus colorée. 

Une belle visite!

 

Le nez de Jobourg à la Pointe de la Hague

BALADES NORMANDES : COTENTIN

Nez de Jobourg prunelles

A la Pointe du Cotentin : le Nez de Jobourg est le site le plus réputé (après de Mont Saint Michel, bien sûr). Ce sera donc notre première excursion sous un beau soleil. 

Le GPS nous promène dans des petites routes tournicotantes puis on monte sur une sorte d’autoroute qui nous conduit à la Hague face à la route ; le cauchemar : le Centre de retraitement des déchets nucléaires

Le Centrer de Retraitement ds déchets nucléaires de la Hague

Arrêt photo, puis on tente de faire abstraction de ce complexe menaçant.

L’église de Jobourg : 

L’église de Jobourg

Au milieu du cimetière, une petite église trapue d’aspect rude. De toutes parts la vue est splendide sur la mer. Elle est ouverte. Construite au XII ème siècle, Jean François Millet aurait dit « On dirait que le temps s’est assis dessus ». 

Ce modeste village a pourtant eu un personnage illustre : son curé Dom Fleury qui encouragea  ses paroissiens à s’engager contre les Anglais dans la Guerre d’Indépendance Américaine (1773-1780), il obtint une pension du roi pour avoir apaisé les villageois dans l’Emeute ds blés. 

Cette visite m’a enchantée avant de rejoindre le site touristique du Nez de Jobourg. les Falaises sont hautes de 128 m. La vue sur les Iles Anglo-Normandes est très nette par temps clair. Nous remarquons un curieux alignement d’antennes mises en place pour une Campagne de Mesures océanographiques de la hauteur des vagues et des courants marins à l’aide de deux sortes d’antennes mesurant l’effet Doppler

Antennes pour la mesure de la hauteur des vagues

J’aurais aimé en savoir plus mais ma recherche sur Internet n’a abouti à rien.

Le topo-guide Chamina propose la balade n°23 : un circuit de 11.5 km , 4 h, dont la mlitié le long du sentier côtier à partir de la Pointe de Voidries à proximité du parking et du restaurant. Je pars d’abord vers le nord en direction de la plage d’Ecalgrain. le sentier est pratiqué dans une entaille à travers les prunelliers, les ajoncs et d’autres épineux. Il s’éloigne un peu du bord de la falaise et descend. J’essaie d’appeler Dominique pour qu’elle me rejoigne en voiture à Ecalgrain. Il n’y a pas de réseau. Avec la proximité des Iles anglaises(Guernesey 44 km, Serq 39 km, Aurigny 19 km) la téléphonie mobile est souvent prise en charge par l’Angleterre, j’ai la surprise de voir l’heure anglaise s’afficher sur l’écran. Retour au parking et je prends le sentier vers le Nez de Jobourg : le sentier en balcon est proche de la falaise et plutôt glissant. Je regrette d’avoir gardé mes sandales et laissé le bâton de marche dans la voiture. Les autres randonneurs sont très bien équipés. Dès que le sentier se met à monter très raide près du Cap, je rebrousse chemin. la montée ne me fait pas peur, c’est plutôt la descente en sandales que je redoute. Je n’ai pas vu la harde de chèvres sauvages.

barrière sur le sentier des douaniers

Des panneaux près du parking racontent les légendes et les histoires du cap : dans les grottes au pied de la falaise on a trouvé des traces de l’occupation préhistorique. Un écrivain régionaliste J. Fleury raconte l’histoire d’un gros chien noir gardant un trésor caché. Le long du sentier se trouvent des abris pour les douanier, appel&s aussi caches à tabac par les contrebandiers.

Le GPS , nous conduit à la plage d’Ecalgrain pour un pique-nique de luxe : grosses crevettes roses et salade de la mer.