Lecture parfaite pour rester au bord de la mer, à Porticciooù je me suis baignée, dans les villages de l’intérieur. Je me fais des films avec des images récentes.
Melvin Dahmani doit quitter Paris, se faire oublier. A la suite d’embrouilles et d’escroqueries, il reçoit une convocation au commissariat.En même temps, un curieux faire-part de décès d’un amour de vacances ancien, lui parvient, il décide de partir pour Ajaccio et d’assister aux funérailles.
Au cimetière, après l’enterrement, il est victime d’une balle perdue. Lysia s’est-elle suicidée? Dans quelle affaire s’est-il embarqué? Un cahier caché par Lysia fait référence à des histoires anciennes remontant au décès de deux petites filles en 1931. Le livre est rythmé par des brèves de Corse-matin datées de juin 2012, faisant état de nombreuses fusillades, d’accidents suspects, exécutions, plasticages….climat de violence!
Melvin Dahmani cherche à élucider le mystère de la mort de Lysia . Il rencontre sa famille, des témoins, un peintre sympathique et bien bavard pour un Corse, une séduisante journaliste….. Il mène un curieux « tourisme funéraire » .
Mais je ne vais pas spoiler! C’est un peu rocambolesque, un peu compliqué! A vous de le lire!
D’après le Guide Evasion 2h30 jusqu’au Grand Capo AR 7km.
Comme une petite route rejoint le Petit Capo nous nous y donnons rendez-vous. La balade est facile, pas de marquage mais un seul sentier, le plus souvent une entaille dans les lentisques ou les buissons couverts de salsepareille. Un petit sommet fait de l’ombre sur le chemin le matin. Les joggers et des cyclistes sont nombreux le dimanche. Quelques cabanons sont construits sur le Petit Capo. La plage n’est pas très belle, ce n’est pas l’heure pour la baignade et la paillote a déjà tout vidé pour la fermeture annuelle.
sur le chemin vers Petit Capo
Nous reprenons la voiture pour Grand Capo par Pisinale sur le goudron et ensuite sur de grandes pistes qui vont aux paillotes. Chaque paillote a son grand parking ; à 11h ils sont déjà complets. C’est un spot de surf, il y a de belles vagues ce matin, impossible de se baigner.
beaucoup de vagues aujourd’hui
Nous décidons de chercher une autre plage et un joli restaurant. La petite route vers Saint Antoine traverse un vallon herbu avec des vaches et des balles de foin emballées dans du plastique ; elle gravit ensuite une montagne escarpée et nous nous retrouvons à l’arrière d’Ajaccio. D’après la carte, j’aurais aimé trouver la D61 pour Alata qui passe au pied du château et qui relie le Golfe de Lava. Une fois arrivées au pied des immeubles d’Ajaccio, impossible de naviguer à la carte. Le GPS prend le relai et nous ramène sur les grands axes dans les carrefours de la rocade entre les grandes surfaces commerciales et autres horreurs urbanistiques. Nous quittons Ajaccio sur la route de Cargèse (D81) qui s’élève jusqu’au col de San Bastiano après une montée interminable et d’une descente aussi interminable.
La petite route marquée Ancone et Pevani longe la longue plage d’Orcino bloquée par les installations du Club Marmara puis ouverte un peu plus loin. Sur la plage deux restaurants : le Malibu mieux situé, aïoli au menu, mais accueil très moyen, Les Tamaris en retrait de l’autre côté de la route, pizzas moules et poissons.
Je joue un peu avec les vagues, pas très rassurée. Derrière les crêtes des vagues je peux nager confortablement. Nous commandons deux pizzas, gigantesques et délicieuses. Les serveurs sont charmants. Comme nous sommes bien incapable de terminer les pizzas, la serveuse apporte une boite en carton et emballe les restes. Dîner assuré !
Deuxième baignade, moins de vagues et surtout plus de baigneurs y compris de très jeunes enfants qui me rassurent. Je prends beaucoup de plaisir.
Il faut traverser la ville sur le bord de la mer puis se diriger vers l’aéroport et longer les pistes, on arrive ensuite à Porticcio. La plage d’Agosta nous a tenté pour une longue baignade face à l’hôtel Radisson. Eau tiède pour ce premier jour d’automne, j’ai le plaisir de nager avec deux ou trois gros poissons que j’observe sans masque ni tuba.
Nous faisons le tour de la presqu’île de l’Isolella à la recherche du sentier qui mène à la Tour génoise. Cette presqu’île est pittoresque mais beaucoup construite. Il faut guetter les échappées entre murs et haies qui cachent la mer. Par hasard, nous arrivons à la Punta di Sette Nave où des rochers granitiques sont – d’après une légende – sept navires envahisseurs pétrifiés. Des canoës et kayaks se faufilent entre les rochers d’un véritable chaos qui ferait penser à la Bretagne ou à la Sardaigne. Un gros zodiac libère des plongeurs en combinaison. Je découvre des criques minuscules puis monte à la tour en très (trop) bon état.
Tour génoise de l’Isolella
En quête de pique-nique, nous allons au « marché corse » de Pietrosella où le charcutier nous découpe un assortiment de charcuteries, jambon, coppa, saucisson avec du fromage de brebis vraiment très, très fait, même très fort.
Où pique-niquer ?
La plage d’Argent est vraiment très belle avec son sable blanc. Des panneaux préviennent que des « vaches sauvages » peuvent y divaguer et qu’il ne faut pas les approcher.
Eucalyptus
Nous préférons nous enfoncer dans la forêt de Coti-Chiaravani sur les flancs de la montagne. Sur les bords de la route, les eucalyptus ont des troncs d’un diamètre impressionnant, qui s’épluchent en rubans qui pendouillent comme des serpentins d’une saint sylvestre passée…Leurs branches ont une envergure extraordinaire. Ils parfument l’air.
Pénitencier de Coti-Chiavari
Nous nous installons en face du pénitencier de Coti Chiavari , pénitencier agricole construit sous Napoléon III à la place de l’établissement construit du temps de Gènes. Les bâtiments rénovés (hangars à foin) sont impressionnants, les constructions annexes sont plus énigmatiques comme ce haut campanile ou une construction ovale (une citerne ? un magasin ?) Le Guide Evasion fait état d’une mortalité inouïe parmi les prisonniers (110 en un an sur une population carcérale de 500), en raison du paludisme et du travail très dur.
Penitencier bâtiment énigmatique
La route qui monte en lacets serres passe dans une forêt dense de chênes lièges (exploités pour le liège). Les 5 km indiqués sur la care paraissent interminables.
Le petit village de Coti-Chiavari (581m altitude) a construit une belle terrasse face au Golfe d’Ajaccio. Un peu plus loin, perchée sur la colline, la petite église a un clocher de granite.
église de Coti-Chiavari
Nous poursuivons la route jusqu’au Capo di Moru qui ferme le Golfe d’Ajaccio et qui porte encore une tour génoise. Le vent s’est levé, les vagues battent les rochers. J’aurais aimé me baigner à la Plage des sables d’Argent . Impossible de nager, seuls les surfeurs sont à la fête. Je m’amuse un moment debout contre les vagues puis renonce.
Dès qu’on débarque en Corse, deux personnages sont « incontournables » (je déteste ce mot mais il convient ici) : Pascal Paoli et Napoléon Bonaparte. J’ai cherché un livre d’histoire sur Paoli et celui d’Antoine-Marie Graziani existe en format numérique ce qui est bien pratique pour la voyageuse.
C’est un ouvrage sérieux, très (trop?) détaillé. J’ai parfois peiné dans la lecture de tous les détails de querelles entre des personnages dont je n’avais jamais entendu parler et que je ne rencontrerai sans doute plus.
J’ai beaucoup apprécié le rappel d’Histoire des Idées Politiquesde Tite-Live à Machiavel, de Montesquieu à Rousseau. Paoli est un politique, un général, mais surtout un personnage des Lumières. Son action s’inscrit, avant la Révolution Française et même avant l’Indépendance américaine, dans la mouvance des Encyclopédistes. Ce n’est pas un hasard s’il a commandé une Constitution à Jean-Jacques Rousseau. En revanche, Voltaire endosse un mauvais rôle en caressant Choiseul dans sa lutte contre les paolistes!
Histoire de la corse et équilibres géopolitiques :
Depuis le Moyen-Âge, la Corse est une île trop petite pour être vraiment indépendante. Elle s’est trouvée sous la protection de Pise, puis depuis le 13 ème siècle de Gênes. La gestion de la République de Gênes fut pendant des siècles calamiteuse. Depuis 1729, des révolutions contre Gênes se sont succédé à la suite du prélèvement inique des impôts. Gênes a fait appel à l’empereur Charles VI, et envoie des mercenaires allemands en 1731.
En 1736 « un roi de carnaval« , Théodorede Neuhoffdébarque d’un tout petit bâtiment, et se fait sacrer Roi de Corse. Son règne éphémère mis en scène par Voltaire dans Candide au Carnaval de Venise.
Gênes se retourne ensuite vers le roi de France et signe un accord secret en 1737. En 1738, un corps expéditionnaire français débarque à Bastia. De leur côté, les Corses et Paoli cherchent la protection d’abord du Saint Siège et même de Malte, se tournent un moment vers l’Espagne. Il faut se rappeler que l’Italie est encore une mosaïque avec des équilibres subtils entre la Papauté, l’Espagne, l’Autriche et les Bourbons de Sardaigne.
L’Angleterre entre aussi dans les alliances. En 1743 sa flotte attaque Bastia.
Les luttes des Corses contre l’occupation génoise dure des décennies
« Cette représentation des Corses comme les héritiers des vertus classiques, et les défenseurs d’une cause juste, sera reprise par Jean-Jacques Rousseau, et les esprits libéraux et éclairés d’Europe jusqu’en 1768″
Paoli :
Exilé à Naples avec son père, il a servi dans le régiment Corsica du Roi de Naples. Il étudie à Naples, lit Montesquieu, s’intéresse à la franc- maçonnerie. En 1755, il rentre sur son île.
Je me suis un peu perdue dans les événements décrits avec minutie par Graziani qui n’épargne aucune intrigue entre les protagonistes corses et les rivalités des familles et qui mêle au récit du retour de Paoli une analyse de ses idées politiques. Paoli arrive en Corse porteur d’un projet solide pour la constitution d’un Etat. en Aout 1755 il écrit :
« Ce peuple au cours d’une assemblée générale unie juridiquement, a décidé de m’obliger à abandonner mon service pour que je gouverne, il m’a concédé plus d’autorité que n’en aurait voulu avoir aucun roi de Corse parce que le décret n’a aucune limitation »
Le préambule de la constitution corse de 1755 évoque celui de la future Déclaration d’indépendance américaine : « la Diète générale représentant le peuple de Corse – seul habilité à décider légitimement de ses destinées – convoquée selon les formes dans la cité de Corte par le général.... »
« En 1764, il parlera à Salvini d’un grand projet constitutionnel et s’il présentera à Symonds quatre réformes qu’il veut voir instituer dans son île : abolition de la torture, la nomination à vie des juges de la Rota civile, l’introduction des procédures anglaises du cautionnement et du système du jury »
Le pays est divisé, Pascal Paoli doit lutter contre des factions. On assiste à une véritable « guerre civile » ou une « vendetta » à grande échelle. Paoli fut confronté à la pauvreté de la communauté insulaire et n’était pas toujours à même de payer ses soldats. Les réalisations de Paoli sont impressionnantes, entre autres la création d’une université, d’une marine, y compris pour la course, développement du port de l’Île Rousse et même l’introduction de la pomme de terre…
Là, je décroche un peu dans la lecture…les dissidences corses, les différentes consulte m’embrouillent. Les relations avec le Saint Siège sont également compliquées. Il faut être plus au fait de l’histoire corse pour suivre sans difficultés.
Un anglais, Boswell, introduit justement auprès de Paoli, en 1765, après une visite chez Rousseau se fera le chantre de cette lutte et de son champion Paoli.
Par le Traité de Versailles, le 15 mai 1768, Gênes cède la Corse à la France à la condition très révélatrice : « que jamais la Corse ne puisse devenir souveraine et indépendante ni posséder aucune place ou établissement maritime, ni être en état de causer préjudice à la navigation ».
J’ai eu du mal à comprendre la véritable nature des relations de Paoli avec Marbeuf et Choiseul et de suivre les batailles de Borgo et à Ponte Novu; encore plus les division des Corses entre « parti français » et paolistes.
Après la défaite de Ponte Novu (1769), c’est l’exil de Paoli et de ses partisans, par l’Italie et jusqu’en Angleterre où Paoli reste 22 ans, accueilli comme le « Thémistocle de notre siècle ».
Paoli ne sera rappelé en Corse qu’après la Révolution de 1789. Les rapports entre Paoli et les révolutionnaires sont aussi compliqués. Cette histoire est passionnante. Au début, les rapports sont bons « Le mentor de Paoli à Paris est La Fayette[…]belle image sans doute que de voir le héros de la liberté corse aux côté du héros français de l’indépendance américaine! »
Paoli sait qu’on l’a fait venir en Corse pour rétablir l’ordre. Au début il est accueilli par un immense succès.Il est ensuite fragilisé par les divisions des Corses puis la situation politique se brouille, les « intriguants » envoient des doléances à la Convention fin 1792. Une expédition en Sardaigne est une catastrophe qui contribue à pourrir la situation. L’arrivée de volontaires « Marseillais » à Ajaccio en 1793« anarchistes semant la terreur » provoque une presque guerre civile. La calomnie atteint Paoli qu’on soupçonne de prendre le parti de l’Angleterre, même de vouloir se faire roi. On cherche à le piéger en l’attirant en métropole. Lucien Bonaparte, lui-même dénonce Paoli à Toulon, « Paoli est la victime des affrontements entre Montagnards et Girondins’.
Tandis que les royalistes corses prennent contact avec l’Angleterre, Paoli reste d’abord fidèle aux républicains mais quand Paoli se trouve « hors la loi », « traître à la République française » il fait sécession, récupère ses couleurs et se considère sous la protection de la Grande Bretagne.
la Corse en 1793 est redevenue indépendante. en 1794, les anglais débarquent . Devant Calvi l’amiral Nelson perd son oeil gauche.
A nouveau l’exil…Paoli termine sa vie en Angleterre…
Malgré des longueurs et des passages embrouillés pour la non-spécialiste que je suis, j’ai été passionnée par l’étude de l’Histoire des idées politiques, et les rapports entre Paoli et la Révolution de 1789.
« Le premier soir de pleine lune, au printemps, nous chassons la nuit en meute. Une fois l’an, nous nous retrouvons, hommes femmes et chiens sous le grand chêne blanc, près de la rivière. L’eau est la demeure des esprits. Celle des morts qui n’ont pas encore expié leurs fautes et se cachent dans les eaux vives. »
La chasse de nuit est celle du mazzeru.
Le mazzeru est le « chasseur d’âmes« , celui qui chasse de nuit les animaux avec son gourdin et qui lit dans les yeux de ses proies le destin de ceux qui vont mourir. Chasse-t-il éveillé ou somnambule? Une sorte de sorcier qui a reçu le don de divination.
« Avant de commencer la battue, je ramasse un peu de terre, m’en frotte les paumes, en respire l’odeur. Je n’ai ni fusil ni poignard. Mes seules armes sont un bâton, la mazza, taillée dans un sarment de vigne, et mes dents; Je deviens l’animal. Je suis le mazzeru, celui qui frappe et annonce la mort »
Roman fantastique donc. Roman d’un village corse avec des familles ennemies. Roman de paysans, de chasses. Le narrateur est fils de notable, qui vit sobrement de ses rentes. Quand il doit annoncer la mort de Petru, le médecin, d’une famille concurrente, Lisa, la femme de Petru se rebelle contre le sort et vient trouver le mazzeru
« vous êtes le diable » dit Lisa
A ces mots , je ne sais ce qu’il advint, le sol se déroba sous moi et je tombai sans connaissance… »
Cela commençait donc très bien, fantastique, tragédie, traditions rurales. Mais les séductions bien terrestres, les rapports amoureux ou tout simplement sexuels s’en mêlent et brouillent le récit. Le sorcier est envoûté par la femme interdite, il couche avec la servante, vit avec une troisième. C’est un peu trop pour moi. Tout se mêle, jalousies, désir, sorcellerie….J’ai du mal à suivre. Quel indécis! cet homme qui se laisse aller à ses rêves et ne sait pas choisir. Il m’agace. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Agnès, ancienne sorcière qui connaît les remèdes, qui chasse le mauvais oeil.
Cette chasse de nuit fascine et agace mais je laisse pas indifférent. Je me suis laissé prendre et ne l’ai pas lâché.
17€ – L’excursion dure une heure sur un confortable bateau hybride vert-blanc et bleu qui utilise son moteur thermique au départ (discret, aucune odeur). En face de la grande île Mezzu Mare, il semble s’immobiliser et vogue dans le silence total d’un véhicule électrique. Maintenant il n’y a plus aucune activité en dehors du phare qui est un des plus puissants de Méditerranée mais automatisé et fonctionnant à l’énergie solaire. Autrefois, il y avait également un sémaphore d’où la Marine Nationale contrôlait le trafic des bateaux dans le golfe d’Ajaccio. Ce contrôle a été transféré à terre. La Marine compte aménager le bâtiment de l’île pour accueillir des classes vertes et des animations pédagogiques sur la flore et la faune de l’île. Les pêcheurs de corail revenant d’Afrique étaient mis en quarantaine dans un lazaret dont il reste des morceaux de murs.
Mezu mare
Certains malades du lazaret étaient saignés. Le sang rejeté en mer coagulait formant des plaques noirs les« sangui neri » qui ont donné le nom aux îles. Contrairement à ce qu’on pense à priori, elles n’ont causé aucun naufrage terrible, elles ne prennent pas la couleur du sang (rouge) au coucher du soleil comme le prétendent certains guides touristiques, elles sont noires. Autre étymologie possible : elles sont notées sur une carte ancienne comme Sagonaires (de Sagone qui était le siège de l’évêché, donc ville importante).
murs du lazaret
Une petite tour carrée : castelluccio était une tour défensive pour protéger l’ile des attaque d’artillerie tandis que les tours à signaux génoises rondes étaient vulnérables aux boulets de canon.
Trois autres îles beaucoup plus petites dans l’archipel servent de refuge aux cormorans. L’isoletta di Porri (îlot des poireaux) rappelle que des pêcheurs contrains d’y attendre les secours pendant une tempête y subsistèrent une semaine en suçant les tiges des poireaux sauvages (qui ressemblent à de l’ail).
La Parata : Tour génoise
Deux itinéraires permettent de faire le tour de la Pointe de Parata : la première par un cheminement facile (piste cyclable et piétonne) va jusqu’à la brasserie/magasin de souvenirs puis passe à la base de la Tour Génoise de Parata très bien restaurée qui possède encore son dispositif de télégraphe. La presqu’ile ressemble à s’y méprendre à l’île de Mezzu Mare, elle est reliée à la corse par une fine bande de terre.
plantes du maquis
Le sentier est balisé avec des panneaux botaniques présentant les plantes du maquis. Je mets un nom sur cet épineux sec en été énigmatique : le Calicotome velu, Lentisque pistachier, salsepareille ont aussi leur présentation. Un petit sentier escarpé lait le tour de péninsule du côté de la mer. C’est une promenade tranquille. Derrière la brasserie ce chemin continue taillé dans les lentisques pistachiers qui poussent serrés. Une heure plus tard je suis de retour à la Maison du Site.
Déjeuner sur la plage
A midi nous trouvons une charmante plage au pied de la paillote « le Goéland », restaurant nous prenons place à l’écart à l’ombre d’un mûrier. J’en profite pour aller me baigner avant le déjeuner.
Sable blanc, eau turquoise très tranquille ; Je nage de bouées en bouées m’étonnant de la douceur à la fin septembre. Service très attentif et prix raisonnable 13.90€ pour le plat du jour : dos de cabillaud servi avec une purée de carottes, une sauce fine citron et du riz. Dominique prend des moules farcies délicieuses.
Après le repas je retourne me baigner. Des jeunes jouent au foot tennis pieds nus.
Je termine par un café gourmand après de longues baignades.
Premières découvertes autour de la Résidence des Crêtes. Nous allons jusqu’au bout de la route à La Parata pour nous renseigner sur l’excursion aux îles Sanguinaires. Nous pensions y passer la journée. On nous dissuade : sur la grande île Mezzu Mare, il n’y a rien, pas une buvette, même pas un banc, ni de l’ombre ; si je veux faire la promenade au Sémaphore Dominique attendra en plein soleil une bonne heure jusqu’à l’arrivée du bateau suivant.
Dans la belle Maison du Grand Site on trouve des dépliants des promenades à la Pointe de la Parata. Une navette électrique conduit gratuitement les personnes mal-marchantes au restaurant.
Ajaccio : CasinoDominique me dépose à Ajaccio sur la Place Miot, non loin de la Grande Roue. Je marche le long de la mer sur le Boulevard Rossini, belle corniche bordée de hauts palmiers et de maisons décorées de stucs et frises.
Oscar Rabine – Tatiana Polischuk
A côté du casino jaunes relevé de guirlandes blanches, se trouve L’Espace Diamant, de construction moderne sans charme mais hébergeant une exposition temporaire de Oscar Rabine et Tatiana Lysak-Polischuk « Sur les chemins de la Liberté ». Oscar Rabine a eu deux carrières.
Oscar Rabine (période soviétique)
La première en URSS avec une seule et unique exposition des peintres non conformistes écrasée par des bulldozers, la seconde après 1978, après son voyage à Paris, il se trouva privé de passeport et de sa nationalité soviétique. Les tableaux peints en URSS ont une dominant très sombre, les thèmes récurrents : vodka et harengs. Pendant s période parisienne sa peinture devient plus lyrique avec du champagne. Je ne suis pas sûre d’apprécier ces tableaux très empâtés (un peu comme Soutine) très sombres.
Oscar Rabine (période parisienne)
En sortant de l’exposition dans la pénombre, sur le front de mer je suis éblouie, étonnée de la transparence de l’eau, de la blancheur de la plage, en pleine ville. Un gros bateau de croisière est arrivé, il est monstrueux.
Ajaccio
La citadelle ne se visite pas – terrain militaire.
Cathédrale d’Ajaccio
La Cathédrale est un peu en retrait. Cathédrale baroque terminée en 1597, peinte en trompe-l’œil. Le décor est 19ème . Par chance un groupe visite avec un conférencier et je glane discrètement quelques explications. Il insiste sur l’autel et le tableau « offert » par Elisa Bonaparte, provenant de Lucques (c’est-à-dire razzié comme les Bonaparte en étaient coutumiers).
chœur cathédrale Ajacciochœur cathédrale Ajaccio
Ce tableau sombre ne m’intéresse pas spécialement. Devant la chapelle de l’Immaculée Conception, le guide insiste sur la relation de la Corse à la Vierge. Toute tentative nationale est sous l’égide de la Vierge, le blanc du drapeau corse fati référence à l’immaculée conception, l’hymne corse Salve Regina…Puis il montre le baptistère où Napoléon a été baptisé. Partout à Ajaccio, on troue prétexte pour évoquer Napoléon ?
Maison des Bonaparte
A une très courte distance de là je me retrouve devant la maison natale de Napoléon. Cette Maison Bonaparte occupe un bloc entre deux rues. Presque un siècle pour que la Casa Bozzi devienne Casa Bonaparte. Pour qu’un bien immobilier reste dans une famille il fallait faire des contreparties aux filles mariées et faire entrer dans les ordres les garçons. La maison a été redécorée par Napoléon III, les peintures murales ont été redécouvertes en 2003.
chambre de l’alcove
De nombreux documents historiques sont présentés comme cette lettre de Charles Bonaparte (père de Napoléon) à Paoli.
pendule
En revanche il y a très peu de souvenir de Napoléon qui a quitté la Corse à 9ans, comme se deux ainés, il a obtenu un bourse grâce à Marbeuf pour étudier au Collège d’Autun puis à l’école militaire de Brienne. Dans la « Chambre de l’Alcôve » Bonaparte aurait dormi lors de son dernier séjour en Corse au retour de la Campagne d’Egypte. Au 1er étage quelques pièces sont meublées avec les meubles de Madame Mère ; une jolie crèche rapportée d’orient, de belles commodes. Napoléon III aurait racheté les meubles en 1860 au cours d’un voyage. Dans une petite pièce on voit la trappe qui a permis à la famille Bonaparte de quitter discrètement la Corse.
A la sortie de la Maison Bonaparte, j’arrive au Port puis au Marché Central où on trouve tous les produits alimentaires corse : charcuterie, fromages, confitures, mais aussi légumes frais et olives. C’est là que je vais trouver mon piquenique : une Bastella aux blettes et bruccio, pâte feuilletée. A Piana c’était de la pâte à pain. Pour le dessert je m’installe à la terrasse d’un glacier rue Fesch.
Musée Fesch
Je termine ma visite d’Ajaccio par le Musée Fesch installé dans un palais de taille impressionnante qui comprend le musée et également un mausolée dans la chapelle pour plusieurs membres de la famille Bonaparte. Le Cardinal Fesch, d’une richesse immense, souhaitait constituer un véritable musée s’inspirant du Musée du Louvre. Il possédait à Rome une collection de 16.000 tableaux majoritairement de la peinture italienne mais pas que. Certains retables sont de taille énorme, on passe dans les salles « caravagesques » mais sans un seul Caravage, un « d’après Preti ». Dans la « salle florentine » , une découverte pour moi : Jacopo da Empoli (1551-1640), avec des allégories qui m’ont bien plu. Dans la salle Renaissance un Botticelli se remarque tout de suite .
Allégorie de l’enfance
Dans un couloir, je vois une plaque honorant Jean Henri Fabre qui enseigna ici les Sciences Physiques(1849-1853). Je suis sortie au bout d’une heure et demie un peu déçue. Si la quantité est au rendez-vous, les chefs d’œuvres véritables ne sont pas si nombreux. Tendant l’oreille, j’entends une guide expliquer que Fesch achetait des lots de peinture, peintures inégales à l’intérieur des lots, sans doute.
Jacopo da Empoli : maturité
Trois autobus desservent notre Résidence des Crêtes. Impossible de se tromper d’arrêt : il faut descendre à un rond -point juste après les immenses cimetières (on dirait une véritable ville, les tombes ont souvent des pignons pointus mitoyens). Je rentre assez tôt pour songer à une baignade ; la plage est située juste en dessous à 200 m du studio. Malheureusement pour se baigner il faut des chaussons pour marcher sur les rochers et comme l’eau est peu profonde j’ai peur de me racler les cuisses et les genoux en nageant, une baignade pour me rafraîchir, donc mais pas pour le sport.
Plaisir de repasser par les calanche de Piana, de revoir les rochers bizarres, les échappées sur le Golfe de Porto. La route d’Ajaccio D81 quitte le littoral, nous ne retrouverons la mer qu’à l’approche de Cargèse. La route traverse une très belle forêt de chênes ; Le long de la route on a planté des eucalyptus aux troncs géants qui s’épluchent en lambeaux verticaux retombant comme des serpentins après une fête.
Le maquis est formé de buissons plus bas, plus sec. On ne voit plus les arbousiers bien verts.
Eucalyptus sur la route
Cargèse est une petite ville dont l’histoire est singulière. En 1676, 600 Grecs, venus de Vitylo, fuyant l’occupation turque, s’installèrent à Paomia, un village de l’intérieur. A la suite de conflits avec les bergers corses, Marbeuf fit construite en 1773 120 maisons et deux églises. Dans Colomba de Mérimée que j’ai lu récemment, Miss Nevil, la jeune Anglaise snob, notait que les villages corses étaient bâties sans plan et qu’il fallait aller à Cargèse pour voir une rue que Marbeuf avait construite.
Cargèse : église catholique
Autour de la table d’orientation, en haut du village plusieurs panneaux racontent l’histoire de Cargèse depuis la Préhistoire (plusieurs dolmens et une statue-menhir figurant un visage se trouvent dans les environs). Je descends dans le village qui est bien tel que l’avait décrit Mérimée : des rues parallèles des raidillons qui les recoupent à angle droit. Les maisons ont généralement deux étages et des balcons de fer. Peut être sont celles que Marbeuf a fait construire ? La plupart sont plus récentes. Une petite maison jaune porte une plaque bilingue corse/grec rappelant qu’ici vivait un prêtre grec. Sur la mairie, une autre plaque célèbre le jumelage Itylo/Cargèse.
Carghèse : églises
Deux églises se font face, chacune sur une petite place perchée séparée par un vallon fleuri de plumbagos, Yuccas, hypomées, lauriers-roses. Elles sont symétriques. L’église catholique est très décorée à l’intérieur avec de nombreuses statues. L’église Grecque fait l’exact pendant, seule l’iconostase et les fresques (modernes) diffèrent.
Le port est une petite marina avec de jolis restaurants et des départs pour les excursions à Scandola.
Le soleil a dispersé les nuages, il est bien chaud. Temps de trouver une plage. Juste avant Cargèse, il y avait une grande plage de sable. Nous n’avons pas envie de revenir en arrière. Nous ne trouvons pas l’accès (à pied) à la plage de Menasina, repérée de la marina, celle de Stagnoli ne nous attire pas trop : il y a des rochers, des vagues et des écriteaux signalant que la plage est dangereuse.
Près de Sagone
Nous ne trouvons qu’à Sagone une grande plage de sable blanc proche de la route, des restaurants. Nous nous installons sur le parking du Restaurant Torraccia : beau mobilier blanc, une voile triangulaire qui fait de l’ombre, un filet comme ceux qui camouflent les tanks mais blanc, . Dominique s’installe à une table. On se régalerait bien d’une pizza. Aujourd’hui, mercredi, c’est fermeture hebdomadaire. Après une très longue baignade nous pique-niquons sans vergogne sur les tables blanches.
Une vieille sorcière vient à ma rencontre pendant que je longe le bord en nageant, poussant une frite rose recourbée dans l’eau. Elle mâche du chewing-gum en grimaçant. Elle s’amuse à me faire peur « il y a une méduse » . Comme je ne semble pas effrayée par la prétendue méduse, elle m’avertit qu’il y a un étron flottant à côté de moi. Cela me dégoûte et je sors.
plage
Après Sagone, la route 81 est en travaux. Les nuages envahissent le ciel La route est moins agréable. En regardant vers la mer, nous voyons la merveilleuse plage blanche de Liamone, Ancone et le Golfe de Lava. Nous nous promettons de revenir.
la vue du balcon sur les îles Sanguinaires
Le GPS nous fait tourner dans les zones commerciales d’Ajaccio, l’arrivée paraît interminable. Nous aboutissons dans le parking de la Résidence « Les Crêtes » au-dessus de la route des Sanguinaires. Mauvaise surprise, nous sommes au second étage sans ascenseur. La vue du balcon est merveilleuse.
Nous avons attendu une belle journée pour faire l’excursion à la belle plage d’Arone. Pour éviter ‘affluence sur la corniche, nous sommes parties tôt. Les calanches dans la belle lumière du matin sont un enchantement ! Sans chercher à faire des photos, nous profitons des formes fantastiques. Après Piana, c’est l’inconnu. La route D824 dessert les plages. D’un mirador nous avons une vue plongeante sur Ficajola accessible par un raidillon qui descend aux maisons mais pas à la plage, vue sur les crêtes et sur Scandola qui a une magnifique couleur rouge. Nous découvrons le Capo Rosso, éperon de porphyre rouge et la tour Turghiu qui le surmonte. La randonnée à la tour est trop longue (3h30). Un peu plus loin, un café-boutique touristique propose des balades à ânes.
Capo Rosso
Au petit col (404 m), changement de paysage, plus doux, plus vallonné. Le maquis touffu est remplacé par des buissons plus bas, plus épineux et des oliviers. Les hauts pics déchiquetés sont loin.
Deux routes desservent la plage, la première conduit au restaurant Casablanca, passant par un portail imposant, son parking est vaste et ombragé. Un escalier descend à une ravissante plage équipée de lits luxueux avec même des serviette-éponge. Le restaurant est composé de deux parties distinctes : un restaurant très chic aux belles tables, nappes et argenterie, des tables et des bancs de bois pour un « glacier, panini, pizzas ». Le côté panini a l’air fermé. Nous avons revêtu nos plus beaux atours, ce n’est pas pour nous contenter d’un sandwich !
Plage d’Arone – « côté plage »
Deuxième essai : « Le Café de la Plage », même disposition : un restaurant s’ouvre sur la rue, menu dégustation 65€ aucun plat à moins de 25€ ( des entrées froides) inaccessible pour notre porte-monnaie ! Comme chez Casablanca, « côté plage » est une annexe, snack de luxe qui sert des pizzas, seulement le soir. Dans le décor enchanteur, à l’ombre de filets, dans d’agréables fauteuils Dominique commande un verre de vin blanc (belle corolle à moitié vide, 6€40, quand même !
La plage d’Arone est merveilleuse avec son sable blanc très fin, son eau limpide, turquoise comme un lagon, presque sauvage, 3 établissements avec des lits et des parasols, peu nombreux et discrets, un chalet-poste de secours. Un seul voilier amarré, un seul zodiac en action. C’est donc une baignade de rêve. Quelques dames du 3ème âge s’essaient au paddle. A voir les efforts désespérés d’une grande blonde à silhouette sportive, hissée par son mari sur la planche et sa chute quelques minutes plus tard, cela me dissuade définitivement d’essayer. Je préfère nager mes longes traversées entrecoupées par la marche sur le sable fin.
plage d’Arone
Il existe quelques méthodes d’éviter le tourisme de masse sur les plages : autour de Calvi on empêche les voitures d’approcher des plages en installant les parkings tellement loin que les visiteurs, portant glacières et parasols, qui doivent venir à pied (ou en train) hésitent. A Arone : sélection par l’argent. Aucune buvette, aucune cafétéria ; seulement des établissements de luxe. Les fauchés poseront leur serviette pour une heure et rentreront déjeuner chez eux !
soupe de poisson au Robinson
12h15, nous quittons cet endroit paradisiaque pour un restaurant aux prix plus abordables : leRobinson à Porto sur le port où nous commandons une soupe de poissons. Samedi, quand Dominique attendait le retour de mon bateau le fumet de la soupe de poisson l’avait alléchée. Cette soupe est servie dans une belle soupière blanche, accompagnée de croûtons faits maison et de gousses d’ail à frotter nous-même, de la rouille excellente et du gruyère râpé. Nous pensions terminer par un moelleux aux châtaignes. Après 3 assiettes de soupe nous n’avons vraiment plus faim. Sans attendre le café, je monte à la tour génoise qui domine le port.
La tour Génoise et quelques personnages
La Tour génoise de Porto
Une exposition historique raconte qu’entre 1510 et 1620 une centaine de tous furent construites, formant une ceinture de surveillance avec tours à signaux. La Sérénissime Gènes avait cédé la gestion de la Corse à l’Office de Saint Gorges.
Le gardien de la tour, le Torregiano était faiblement armé, rarement une pièce d’artillerie, le plus souvent des arquebuses ou mousquets. En plus du rôle de surveillance, il exerçait le contrôle sanitaire du port, était un agent du fisc, prélevait le droit d’ancrage et les taxes de chargement sur l’huile et le vin.
Au 16ème siècle les Barbaresques dominaient la Méditerranée, le Cap Corse était ruiné. L’expédition de 1540 par Gianettino Doria aboutit à la capture de Dragut. Dragut est un personnage récurrent dans mes carnets : j’ai mentionné sa razzia sur Gozo, son échange contre l’île Tabarque en Tunisie (Tabarka), je l’ai retrouvé à Mahdia, à Djerba (horrible anecdote de pyramide de crânes) dans le siège de Malte où il finit sa vie.
Les pirates barbaresques attaquaient les bateaux razziaient les villages pour emporter les habitants esclaves vendus sur le marché d’Alger. Parallèlement il s’était constitué un commerce florissant du rachat des esclaves.
Sampiero Corso (1498 – 1567) était surnommé « le plus brave des Corses » ; condottière au service de Jean de Médicis, puis de François 1er en 1536, en 1553 il embarque sur els galères d’Henri II à côté de la bannière de Soliman. 1559, par le Traité de Cateau-Cambrésis, la corse est restituée à Gènes. Catherine de Médicis, épouse de Henri II fut la protectrice de Sampiero. Elle plaida en sa faveur alors qu’il avait tué sa femmeVanina 1563, demandant l’abandon de toute sanction pour les hommes ayant combattu sous la bannière du roi de France.
Gènes imposa sa volonté de repeupler la zone littorale et pratiqua une politique de colonisation agraire imposant aux propriétaires de greffer et planter de la vigne et 4 arbres fruitiers et au moins un châtaigner.
Dans le prix du billet est incluse la visite du « musée de la Bruyère » que je ne trouve pas. C’est un petit appentis dans lequel des panneaux racontent l’histoire de la bruyère qui a trahi Jésus alors que les Romains le poursuivaient ou plutôt qui l’a mal caché alors qu’il tentait de se cacher dans son feuillage. La bruyère n’est donc pas la bienvenue dans les maisons corses sauf sous forme de balai ou de pipe ! Musée insignifiant !