Du côté de Ferrières, non loin de Guermantes ou du Château de Rentilly ou d’Armainvilliers, se trouvent châteaux et parcs, forêts giboyeuses où l’on traça pour les chasses au 18ème ou 19ème siècle de longues allées rectilignes.
Pratique
Cette région de Seine-et-Marneest facilement accessible en voiture par l’autoroute A4 (sortie 12 Bussy-Saint-Georges), par le RER A(Bussy-St-Georges)RER E (Ozoir-la-Ferrières ou Gretz Armainvilliers) .
L’office de Tourisme Marne et Gondoire met à disposition un livret téléchargeable de randonnées pédestres.
Névada?
Sur suggestion de Télérama-Sortir qui promettait le Névada, nous sommes parties avec le pique-nique par une belle matinée ensoleillée.
Château de Ferrières
Un coup d’œil au château de Ferrières derrière ses grilles, immense, de style Renaissance italienne, il fut construit par l’architecte anglais Joseph Paxton de 1855 à 1861 pour le baron James de Rothschild. Il ne se visite pas (ou très exceptionnellement) mais deux restaurants gastronomiques y sont installés. Non loin d’ici, à Armainvilliers, Isaac et Emile Pereire, à la même époque, firent construire un château qui n’existe plus mais dont il reste le parc. On dit que la proximité des deux domaines causa de la confusion chez les invités qui ne savaient pas où se rendre! les forêts de Ferrières et d’Armainvilliers étaient très fréquentées sous le IIème Empire!
la buanderie du château se reflète dans l’étang de Taffarette
Après avoir traversé le village de Ferrières-en-Brie tout à fait charmant avec ses maisons de pierre, sa petite église Saint Rémy nous laissons la voiture au parking à l’extrémité de l’Etang de Taffarette où se reflète le très beau bâtiment de bois qui était la buanderiedu Château de Ferrières.
En passant derrière la buanderie, je trouve une petite route tranquille (cul de sac) qui se transforme en allée piétonnière bordée de très grands et très beaux poiriers. Ces arbres fruitiers couverts de fruits sont tout à fait remarquable par leur âge et leur taille.
l’allée de Taffarette bordée de poiriers vénérables
Eu bout de l’allée nous croisons l’allée des Lions appelée également Allée des Séquoias. 96 arbres géants sont alignés. Immenses, impressionnants.
Allée des séquoias
En rentrant des statues attirent notre attention. Télérama promettait le Névada pas l’Île de Pâques!Ils ne sont pas en pierre mais taillés dans des troncs
taillés dans les troncs
Nous reviendrons bientôt préparer une randonnée dans les grands allées ou les petits sentiers de la grande forêt!
Retour par le chemin des écoliers, ou plus précisément par le Parc Régional des Boucles de la Seine Normandie.
Nous quittons l’autoroute A13 à Pont-Audemer , passons par la Mailleraye et le Pont de Brotonne. je suis étonnée par les forêts que nous traversons dans les Boucles de la Seine : hêtres de taille imposante, chênes et conifères. Après avoir traversé la Seine nous longeons le fleuve dans un paysage étonnant mi-agricole, mi-industriel. Interminable traversée d’un bourg : Le Trait avant de trouver Jumièges et son abbaye ruinée mais très imposante.
Jumièges : la grande nef romane vue du choeur
A la Révolution, l’abbaye est vendue comme Bien National et devient une carrière de pierre. Le Romantiques vont redécouvrir ses ruines qui seront mises en valeur dans un parc romantique planté de tilleuls, de hêtre pourpres et d’arbres remarquables. C’est dans cette optique de « ruine romantique » que je vais visiter Jumièges sans intention historique précise.
Le monastère bénédictin est très ancien : fondé en 654. Au 11ème siècle l’abbatiale fut reconstruite, une des plus hautes églises romanes du dûché. Cette haute construction romane me fait penser aux églises normandes des Pouilles : Saint Nicola de Bari ou Trani qui sont du 11ème siècle, romanes et très hautes. La nef et ses deux tours carrées sont impressionnantes (46 m). L’hôtellerie, date du 12ème siècle. Le choeur de l’église, reconstruit au 13ème est gothique. Un passage voûté 14ème relie la grande église Notre Dame à l’église Saint Pierre remaniée au 14ème siècle et gothique.
Jumièges gothique
Je suis munie d’un plan et si j’en avais fait l’effort, j’aurais pu, sur place identifier les différentes structures avec leur style. Je suis plus occupée à faire des photos, à imaginer les contrastes entre les ruines minérales et la végétation omniprésente sur les murs, dans les ouvertures.
l’Hôtellerie
Les tilleuls embaument, les graminées sont secouée sur la terrasse qui était autrefois le potager des moines. On accède à cette terrasse par un magnifique escalier à double révolution 17ème, construit en même temps que le logis abbatial classique avec son toit à la Mansart et son double fronton triangulaire. Je profite de la promenade sans me poser trop de questions.
terrasse ds potagers des moines
Le retour nous offre une surprise : la Seine se passe en bac. On a à peine le temps d’admirer les falaises de craie et on se retrouve de l’autre côté du fleuve.
Enfin une belle journée de Juillet! Suivant encore les conseils avisés de François je reprends le Chemin du Chanteur ravie de cette répétition. La D20 est toujours aussi passante, je l’emprunte dans la direction de l’Est, traverse une autre voie, contourne un lotissement en périphérie de Blonville sur un chemin interdit aux automobiles. Après avoir passé la voie ferrée la montée commence sur une petite route bordée de haras aux pelouses vertes et bien tondues. Plus haut, à la base du Mont Canisy boisé se trouve le Parc Gulbenkian ; malheureusement, il n’ouvrira qu’à 11 h, m’informe au téléphone l’employée de la Mairie de Deauville qui gère le site. Après l’entrée du Haras des Enclos il faut prendre un petit escalier qui coupe l’épingle à cheveux et conduit à l’entrée du site historique.
Butte de 110 m d’altitude surplombant le littoral et gardant l’estuaire de la Seine. Le Mont Canisy occupait une position stratégique. Fortifié depuis les années 1930, il fait partie du Mur de l’Atlantique. Sans être fan d’histoire militaire, il faut reconnaître que les souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale sont encore bien présents, sans parler des plages du Débarquement. Le Mont Canisy est aménagé en batteries, truffé de béton et de blockhaus. Je passe vite les installations militaires cherchant plutôt à profiter de la vue exceptionnelle sur Le Havre et ses docks d’une part et de l’autre côté jusqu’à Ouistreham.
le site, comme le Marais, est une Znieff (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique. On pourrait herboriser sur la pelouse calcaire.
Bénerville : villa cossue
je descends par Bénerville dont certaines maisons ne manquent pas de charme. L’église (11ème siècle) est entouré du cimetière du village. Sur une tombe proche de l’église on a planté deux pommiers. Sur la route qui déscend à la place, certaines villas sont cossues.
Je retrouve Dominique sur les planches de Blonville. On a monté les tentes bleues, certains parasols sont déployés. Le Key West – un snack avec une belle terrasse sur la plage – vient d’ouvrir aujourd’hui. Comme ils refusent de prendre la réservation d’une table sur la plage nous remontons en voiture et allons voir ailleurs : à Villerville dont j’ai acheté l’itinéraire de promenade dans le Parc des Graves (6km). Google nous indique un restaurant Les Pieds dans l’eau qui nous tente.
Eugène Boudin : la plage de Villerville
Villerville était un village de pêcheurs au bord de l’estuaire de la Seine; accroché à la Falaise des Vaches noires. Il est devenu dès le 19ème siècle une station balnéaire où l’on construisit des maisons un peu extravagantes avec tourelles et toits pointus, manoirs de brique avec vue sur le Havre. Une baleine vint s’échouer, on utilisa l’huile et on construisit un théâtre dans son squelette….En 1962, nouvelle célébrité quand Henri Verneuilvint tourner avec Gabin et BelmondoUn Singe en hiver, des panneaux rappellent le tournage du film et une grande fresque montre Gabin et Belmondo.
Le village est très en pente, les rues étroites, le GPS ne parvient pas à nous conduire à la Terrasse des Pieds dans l’eau (les voitures n’y arrivent pas, il faut se garer en haut du Parc des Graves et descendre à pieds. Nous trouvons un parking sur la digue en face de la fresque et à côté la terrasse d’un hôtel très chic Le Paquebot, construit en style Paquebot- Art déco.
Restaurant style snack, chic&cher. Au diable l’avarice et la gastronomie! Je commande une assiette de fromages normands (camembert, Livarot, Pont Lévêque) pain beurre et Dominique des toasts avec des rillettes de poisson. Pour terminer une coupe de glace du paquebot avec du caramel fondu et de la crème chantilly. Le soleil tape, on déploie pour nous un parasol. Excellente étape!
Villerville : épave dans la tangue
je pars pieds nus sur le sable mouillé. La mer s’est retirée si loin que je ne tente même pas d’y arriver. Un petit tour vers Deauville, sur une plage sauvage. J’arrive Aux Pieds dans le sable. Pas de regrets, Dominique n’aurait pas pu descendre! Un autre tour, côté Honfleur, le désert, il n’y a personne vraiment personne, seule des carcasses de bois (la baleine à l’envers) d’anciens bateaux de pêche dont il ne reste que les côtes. Des piquets sont fichés dans la tangue formant comme une allée. Je commence à paniquer. S’il n’y a personne, c’est peut être dangereux. Je gamberge : une marée qui monterait comme au Mont Saint Michel à la vitesse d’un cheval au galop? Des sables mouvants? Je fais demi-tour.
Promenade dans le Parc des Graves en haut de la falaise. Je n’ai plus le temps de faire les 6.8 km de l’itinéraire. Et nous voulons rentrer tôt pour profiter de notre dernier soir au Lieu Bill.
Notre hôte m’a donné une carte avec un itinéraire de promenade : 4 km jusqu’à la mer. Je donne rendez-vous à Dominique un peu plus loin à Blonville où nous devrions trouver un restaurant de plage.
Sous un soleil agréable, j’ai emprunté le chemin qui part derrière la Maison d’Hôtes entre des barrières de bois. Sur la droite, une très belle chaumière coiffée d’iris. Un petit troupeau de vaches blondes au pré.
Le hangar de la propriété est couvert de panneaux photovoltaïques – véritable petite centrale – Le chemin herbu longe des vergers de pommiers. De l’autre côté de la route, un portail monumental précède une propriété luxueuse. Je prends la petite route goudronnée jusqu’au carrefour marqué le Droulet, départ du Chemin du Chanteur. la circulation sur la petite route est réservée aux riverains, puis la route se transforme en sentier entre les arbres formant des haies descendant au ruisseau qu’on passe à trois reprise sur des petits ponts de planches. La D20 est une route passante mais on la quitte au bout d’une centaine de mètres pour trouver le Chemin du Chesnoye qui traverse la voie ferrée et arrive dans le Marais Villers-Blonville. Ce Marais est une Zone Naturelle Protégée d’environ 120 hectares de praires bocagères drainées par des canaux. De nombreux cheminements ont été aménagés pour les piétons et cyclistes avec des bancs. Un cordon de dunes le sépare de la plage. On voit le Paléospace (musée de Paléontologie) construit près d’un étang et des constructions modernes sans intérêt.
Plutôt que de rejoindre la mer au niveau du Paléospace, je préfère rester dans le Marais espérant suivre le GR mentionné sur la carte. Le GR n’est pas balisé, je me perds un peu. C’est une balade facile avec des chemins cimentés rouges bien propres et des ponts de bois pour franchir ruisseaux et canaux. Impossible de s’orienter « à la boussole » à cause des cours d’eau. Je marche parallèlement à la plage jusque au Camping de Blonville.
Plage de Blonville
Le ciel devient très menaçant et l’averse commence quand j’arrive sur la plage. Après une demi-heure de pluie, nous fixons rendez-vous au Restaurant La Digue à Villers. Le ciel se dégage vite en bord de mer, la promenade pieds dans l’eau est bien agréable. La Digue est un beau restaurant très bien situé, un peu cher. Le service est parfait. les MOules à la crèmes de Normandie très bien servies et délicieuses. Sous une nouvelle averse, la mer est grise.
très riches en fossiles dégagés à marée basse pour le plus grand plaisir de nos élèves de 5ème qui ont toujours bien profité de cette journée à la mer et rapporté gryphées,ammonites et coraux. Le « troupeau » de vaches noires sur l’estran est formé par des blocs de craie dégringolés de la falaise couverts de moules et de balanes, les goélands s’y perchent et dégustent sur place les coquillages.
De la Digue à la sortie d’Houlgate, la promenade dure près de deux heures.
De retour au gîte, la chambre est inondée de soleil. La chaleur est si douce après cette journée pluvieuse que je me cale dans le fauteuil devant la fenêtre pour prendre un bain de chaleur jusquà la tombe de la nuit, passé 22 heures.
Ce village est très joli et très touristique. Si la Covid a défiguré Crèvecoeur avec ses affichettes bleues, elle a aussi chassé les hordes de touristes sur la route du Mont Saint Michel dont les cars ont l’habitude d’y faire étape. Nous avons donc le privilège de voir le village animé de quelques couples de retraités paisibles assis en terrasse des cafés ou de la crêperie. Les boutiques sont un peu fermées mais les vitrines nous suffisent.
Le village est très fleuri. les maisons sont normandes mais variées, toits de tuiles ou d’ardoises, pans de bois mais aussi briques. Les boutiques et cafés sont encore « à l’ancienne » même si l’épicerie ne vend plus d’alimentation courante mais des objets artisanaux, paniers en grillage, chapeaux de paille … j’aurais volontiers acheté un des pièges à guêpes en verre de très belle facture à un prix raisonnable. Les bijoux fantaisie sont aussi tentants.
Crêperie Colomb’Auge
Nous attendons que se libère une table en terrasse à la Crêperie à l’enseigne de Colomb’Auge. Je choisis la crêpe Super byin de T’cheu nous garnie de camembert, livarot, Pont Levêque, pomme cuite au pommeau et poitrine de porc. La petite pomme a été cuite sur la plaque du four dans le pommeau et tranchée en rondelles. Elle donne une note tout à fait originale tandis que les fromages fondus forment une crème onctueuse.
Le château de Crèvecoeur est un château rural du 15ème siècle.
Propriété des Schlumberger, il a été restauré et aménagé pour des animations touristiques et des reconstitutions de la vie médiévale : « Un été médiéval », La Fête des Traditions…. Comme la saison n’est pas encore commencée la visite du site est individuelle.
Crèvecoeur : potene
Le site est entouré de douves, on entre par une jolie poterneoù se trouve la billetterie puis on passe un petit pont pour arriver dans la Basse cour où se trouvent les bâtiments à vocation agricole : une belle ferme qui ne logeait pas un simple paysan : beau logis de ferme à étage mais plutôt l’intendant. Aligné le long de la douve qui forme un anneau : le beau colombier à plan carré, une grande grangequi sert de hall d’exposition et différents enclos ronds en bois tressés pour les troupeaux. En face de la grange : une chapelle romane toute simple.
Crèvecoeur : pigeonnier carré
La Haute Cour est enclose par une haute enceinte, elle contient le logis seigneurial (15ème siècle) plus haut que le logis de ferme mais de construction analogue avec des pans de bois.
Crèvecoeur : Haute Cour et château rural
Le site est remarquablement bien préservé (ou très bien restauré) dans une campagne très agréable et sauvage :un marais dans lequel on peut se promener sur deux itinéraires partant de la poterne.
En revanche, je suis un peu déçue de la visite. Pas de l’absence des animations qui ne me disent rien. Plutôt de la présentation des panneaux pour la visite individuelle libre. Détail : la signalétique « Covid » avec ses panneaux bleu clair défigurent l’endroit, difficile de les éviter pour prendre des photos (ou alors Photoshop que je n’ai pas!). Mettre à disposition le gel hydroalcoolique, c’est bien, mais on peut prévoir une borne moins visible. De même pour les consignes officielles que tout le monde connaît, on aurait pu faire plus discret comme affichage.
Plus grave, le contenu des explications. Ils semblent plutôt cibler un public d’enfants de l’école Primaire qui n’ont jamais eu de leçon sur le Moyen Âge. Les panneaux sont nombreux, les explications abondantes mais tellement vagues. Si peu de références locales sauf en ce qui concerne la race locale de moutons. J’ai vainement cherché des anecdotes précises concernant les châtelains ou l’histoire locale et je me suis un peu ennuyée à lire les considérations générales. Peu de références à des historiens ou des archéologues, ici on célèbre les « reconstituteurs » et les reconstitutions. Pour l’authentique, vous repasserez.
J’ai regretté que l’exposition sur l’exploitation pétrolière des Schlumberger ne soit pas visible en ce moment. Au moins j’aurais appris quelque chose!
Le Pays d’Auge est très vallonné.La route de Cambremer tortille entre les haies du bocage normand. Par les trouées, on entrevoit des haras, des fermes cossues, des vergers de pommiers, des vaches normandes, paysage de cartes postales. Pans de bois et chaumières, certaines maisons sont bâties de briques, d’autres allient brique et bois ; sophistication de celles dont les briques forment des damiers entre les poutres. Vente de cidre et de pommeau à la ferme.
L’église de Cambremer se trouve sur une place tranquille sous le crachin.
Les Jardins du Pays d’Auge
jardins d’Auge puits
Entrée 8.5€. Un livret illustré et détaillé avec un plan est fourni . Créé en 1994, le jardin est composé d’une vingtaine de tableaux ou de saynètes végétales : « jardin de la lune », « jardin du Diable« , « jardin pourpre »…..des allées conduisent aux différentes parties, des flèches guident le visiteur qui parcourt des boucles compliquées pour une longue promenade pleine de surprises. Pour les curieux (ou ceux qui aménagent leur jardin personnel) de nombreux végétaux sont étiquetés pour faciliter l’achat en pépinière.
Jardins d’Auge Hortensia gouttes de pluie
L’allée des Tilleuls conduit à un petit pigeonnier carré « le poulailler« . Pas de volaille mais de jolies gallinacées en céramique ou en métal. L’âne, dans son écurie est bien vivant, lui! Après la pluie, les larges feuilles bleutées des hostas mauves sont parées de gouttelettes. L’atmosphère humide confère une ambiance romantique rappelant les jardins irlandais ou écossais. En Irlande, personne ne se plaint de la pluie qui fait pousser une végétation luxuriante dans les jardins. Sur les fleurs des hortensias les perles de pluie brillent comme des bijoux. Hydrangeas et hortensias fleurissent à profusion, Variétés de grosses boules blanches, vertes ou roses vif presque carmin, ou de cônes blancs étroits et pointus, boutons prêts à exploser, feuilles rondes ou triangulaire.
Jardins d’Auge : oratoire passiflore
J’arrive dans un labyrinthe bordé par un mur et trois petites guérites carrées abritant des statues : Saint Michel terrassant le dragon, Vierge et SaintFiacre, patron des jardiniers. Ce parcours initiatique me conduit à l‘Oratoire dans la senteur des roses blanches. Une douce musique s’élève. Une liane s’enroule dans un coin, passiflore blanche que j’ai confondue avec une clématite. La symbolique mystique est redoublée par la présence de l’olivier et du figuier, arbres chargés de spiritualité. Les agapanthes annoncées ne sont pas encore fleuriez .
Du Jardin du soleil, feuillages jaunes on parvient au jardin de la Lune orné d’un bassin rond et de belles poteries émaillées bleues. Une Allée de Noisetiers mène à une vaste pelouse avec des bosquets à l’anglaise et des petits salons de fer forgé.
Jarfdins d’Auge
Le plan révèle une construction rigoureuse, un alignement de carrés selon un axe. Le relief vallonné brouille la perspective. Les maisonnettes de l‘écomusée contiennent une collection d’outils anciens ou l’atelier du savetier.
Un grand cloître végétal d’ifs est planté autour d’une fontaine comme le lavabo des moines. je découvre le Jardin de l’Amour courtois qui est une roseraie. jeux d’eau dans la mare; au lavoir ou dans une succession d’auges de granite. Chants des grenouilles, bruissement d’une cascade miniature.
jardins d’Auge jeux d’eau
je photographie, filme, fascinée par les gouttelettes déposée sur le feuillage délicat d’un fenouil soulignant les ombelles.
Nous avions prévu de déjeuner à la Crêperie mais il est vraiment trop tôt.
Le Lieu Bill est situé un peu à l’écart de la D118 au bout d’une belle allée de peupliers. Ne pas confondre le Gite Rural avec le village de vacances situé un peu plus bas. Les chambres d’hôtes sont dans la grande maison ancienne précédée de maisons normandes basses et d’une grande et belle chaumière.
A notre arrivée un très grand chien gris aux longs poils se lève. C’est un lévrier irlandais : Pomme, très gentille mais impressionnante.
Un séquoia géant plus que centenaire est planté devant la maison. Cet arbre américain était à la mode dans les villas normandes à la Belle Epoque. Sous le soleil, on se reposera dans les salons de jardin ou sur le banc de bois laqué. Deux vieux cerisiers ont donné assez de fruits pour faire 50 pots de confiture mais je découvre un merisier couvert de petits fruits noirs acidulés qu’on a négligé de récolter et qui sont délicieux.
L’accueil est très chaleureux. Notre hôte nous offre le verre de bienvenue, du jus de pomme de sa production, puis les jours suivants le jus de poire, et le pommeau (17°). François, le propriétaire nous tire une photocopie de la carte au 1/25.000 ème et trace des itinéraires de promenade. Il est aussi de très bon conseil pour planifier les visites touristiques.
Notre chambre, Séquoia, a deux lits jumeaux et une belle salle de douche. Située à l’angle du bâtiment, elle possède deux grandes fenêtres habillées de double-rideaux gris clair et soulignées par les volets pliants bleu-vert d’eau. De mon lit, je suis fascinée par les arbres géants qui se dessinent derrière les petits carreaux. A l’arrière-plan,les branches tortueuses, puis le feuillage léger d’un frêne, plus près un marronnier aux épaisses feuilles et plus proche l’arbre de Judée vert tendre. Je regrette d’avoir oublié mon matériel de dessin.
Murs blancs, deux lits séparés par une table de nuit au plateau de marbre noir. Dans un coin, une commode ancienne avec des motifs peints. Deux étagères avec des livres, 8 cintres suspendus en dessous. Une grande sobriété, rien de trop, rien d’anachronique qui choquerait. Bon goût et simplicité.
Confort de la salle d’eau contemporaine avec sa vasque de pierre ronde et sa cabine de douche à l’italienne vitrée.
Quand on se réveille, le lendemain matin, il pleut à verse. Les frondaisons agitées dégoulinent et me rappellent la forêt des nuages de Monteverde au Costa Rica.
le petit déjeuner est servi
Le petit déjeuner est servi dans la belle salle à manger avec glaces et moulures. Pots de confitures maison. Bustes et têtes en terre et en bronze. Nous logeons chez des artistes sculpteurs. Jolie vaisselle, pain frais et chouquettes. yaourts Blonvillais, produits dans une ferme toute proche, excellents.
En cette étrange année 2020 de Covid, où les voyages lointains sont impossibles, la balade normande prend un air d’aventure que nous ne lui connaissions pas. A peine trois heures d’autoroute, et nous voici parties….Pour mettre tous les atouts dans notre jeu nous allons directement à l’Office de Tourisme chercher de la documentation bien décidées à de nouvelles découvertes (même si je suis venue dix fois au moins auparavant, avec ou sans élèves, pour la visite du Paléospace et la chasse aux fossiles aux Vaches Noires). Un petit salut au dinosaure végétal qui orne le square.
Le ciel, bien gris, ne tempère pas ma joie de marcher pieds nus jusqu’à Blonville. Fouler les plages, un temps interdites, décuple mon plaisir . Les goélands ne sont pas dérangés pour une pêche de gros poissons plats aussi grands qu’une sole portion.
Villers : les cabines de plage
Pour déjeuner près de la mer, nous nous installons à la terrasse couverte du Mermoz. Les autres restaurants sont sur la rue piétonnière qui monte, bordée de commerces, mais nous ne verrions pas la mer. Le Mermoz est un restaurant plutôt chic avec des serveurs stylés et masqués qui propose, le midi, un menu complet à 16,5€. Je commande en entrée un Effiloché de raie au vinaigre de framboise qui est une salade complète – salade verte, câpres, croûtons, tomates cerises et dés de betterave rouge – le plat est du Parmentier de boeuf et pour dessert deux boules de glace. Dominique choisit à la carte un saumon à la sauce citronnée servi sur une patate douce.
Les vaches noires de Villers
Basse mer à 14h30, la mer remonte déjà quand je pars vers les Vaches Noires, je n’irai pas jusqu’à Houlgateaujourd’hui, j’ai peur d’être rejointe par la marée qui monte au ras des falaises.
Les chemins de fer, dans un avenir aujourd’hui peu éloigné, doivent faire disparaître certaines industries, en modifier quelques autres, et surtout celles qui concernent les différents modes de transport en usage dans les environs de Paris. […]Nos neveux ne seront-ils pas enchantés de connaître le matériel social d’une époque qu’ils nommeront le vieux temps?
Et bien moi, je suis enchantée de découvrir ce nouvel opus de la Comédie Humaine : roman d’apprentissage comme le titre Un début dans la vie le laisse entendre : Oscar Husson, 17 ans à la fin du lycée, fils posthume d’une ancienne gloire du Directoire tombée mariée à un fonctionnaire, s’en va à Prêles rejoindre Moreau, régisseur du domaine du Comte de Sérisy, qui le protège. A peine sorti de l’adolescence, par vanité, il commet un impair qui compromet son avenir. On ne donne pas cher du futur de ce benêt sans ambition ni caractère, sans nom ni fortune, naïf et influençable. Son oncle lui donne une seconde chance : il fera son Droit et et son apprentissage dans l’étude d’un notaire. Son avenir semble assurer quand il commet une nouvelle bévue. Lâché par ses protecteurs à quelques jours de la conscription, il sera soldat!
Le personnage est falot. Le lecteur devine de loin ses bévues. L’intérêt du roman est ailleurs : dans les intrigues compliquées autour des propriétés du Comte de Sérisy de leur gestion par Moreau qui s’est passablement enrichi. Ce dernier deviendra marchand de biens, on devine les spéculations et magouilles. On voit aussi comment, à travers les régimes qui se sont succédé : Révolution, Directoire, Empire, Restauration, et finalement Monarchie de Juillet, les fortunes et les influences se font et se défont, ascension sociale ou déchéance. Qui aurait deviné que le balourd fermier Léger deviendrait un propriétaire influent, que Pierrotin qui conduisait lui-même son « coucou » tiré par des chevaux poussif deviendrait un entrepreneur, un Monsieur?
« Oscar est un homme ordinaire, doux sans prétention, modeste et se tenant toujours, comme son gouvernement, dans un juste milieu. Il n’excite ni l’envie ni le dédain. C’est un bourgeois moderne.
Paris, février 1842″
Ainsi se termine l’histoire.
Balzac est un analyste et un peintre fabuleux quand il décrit les rouages de la société et ses contemporains au travail dans leur décor familier. J’avais adoré les descriptions de l’atelier du peintre dans la Vendetta, l‘étude de notaire dans le colonel Chabert, les spéculations de la Maison Nucingen.
La pièce de choix se trouve dans les voyages entre Paris et Beaumont. le roman commence dans une voiture hippomobile modeste, le coucou de Pierrotin et se termine dans la diligence de ce dernier une décennie plus tard. Je jubile en découvrant l’installation des voyageurs, en écoutant les conversations, en imaginant les paysages de la Seine-et-Oise et de l’Oise, paysages que j’ai traversés en train, ou parcourus à pied. J’imagine leurs transformations dans les deux siècles qui séparent 1820 de 2020!
Certains sautent les descriptions dans les ouvrages de Balzac. J’en redemande!